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 and suddenly, i felt everything ✗ ruben
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MessageSujet: and suddenly, i felt everything ✗ ruben   Dim 18 Oct - 16:56
and suddenly,
i felt everything.


tu n'as jamais vraiment ressenti la vie.
celle qui vous prends aux tripes, vous tue en un rire, vous martèle la tête de pensées destructrices et non destructibles.
t'as toujours été qu'à demi-vivante, une poupée arborant une couronne de lauriers, non méritée, mais dressant ta chevelure de lionne.
ou à demi-morte.
tu vivais sans même y penser, tu marchais sur les émotions de tout un peuple se lamentant dans la détresse des sentiments.
sauf que toi, gala, t'en as toujours été dénuée. t'étais reine de l'insensibilité, tu riais à gorge déployée sans jamais avoir senti ton cœur s'emballer, s'embraser, se retourner en tout sens face à l'appel désespéré de l'amour. tu l'as toujours repoussée, cette vague sensation n'apportant qu'affliction et désespoir. tu as jouée des sentiments de tout un chacun, tu as crachée sur leur cœur mortellement en vie, sans jamais en payer le prix.
parce que tu te pensais invincible, tu tombas de haut. au-dessus des étoiles, la chute aux enfers fut longue et périlleuse, une descendante qui causa le réveil de tes émotions.
comme si soudainement, tu retrouvais tout.
la peur, l'espoir, le mal. la réalité se dérobant sous tes pieds, te condamnant à la trappe. t'étais destinée à sombrer, mais jamais tu aurais pensée finir ainsi.
en un monde de guerre et de violence qui n'est pas le tien, un univers qui se referme doucereusement sur tes pas, te condamnant à l'immortalité au cœur de ce paradis d'obscurité.
un jour, tu t'évaderas, tu t'envoleras, une nouvelle fois entre tes étoiles. et tu pourras clamer haut et fort, que tu ne ressens plus rien.
pourtant, cela signifiera ta mort. ton cœur bat si vite, si fort, que seule la faucheuse parviendrait à arrêter cet engrenage infernal te prenant à la gorge.
à la moindre secousse de ces battements paraissant emplir la pièce d'un rythme intemporel, tu sursautes à en bondir.
tu as peur de toutes ces émotions qui te grignotent, peur de ce que tu ressens , au creux de ta poitrine.
ce fardeau inlassable, tu aimerais le poignarder, le laminer, lui infliger la liberté. mais jamais tu n'auras le courage de te porter le coup fatal. tu peux à peine toucher une arme.
parce qu'au fond, t'es qu'un nid d'angoisse et d'horreur. tu ne peux plus quitter ta vaste et solitaire maison sans ressentir le poids de la peur, épée de damoclès suspendu au dessus de ta tête, menaçant de s'effondrer sur ce qu'il demeure de ton être.
une clope dans la bouche, tu te contemples dans ce miroir trop lisse, ne reconnaissant pas les traits de l'âme te faisant face. la volupté de la fumée vient danser sur ton visage, traçant des nuées de gris sur ta peau blafarde. tes yeux cernées révèlent une fatigue qui t'oppresse, tes lèvres gercées semblent bleuis par la crainte. tes cheveux pourtant si blonds, paraissent alors si ternes, sans vie.
tu devrais regorger d'existence à présent que tu ressens toutes les étendues du sentiment humain.
néanmoins, tu sens la mort, la fin, le déchirement de ton être se lamentant.
tu ne cesses de ressentir la lame de la faucheuse te prenant ta vie, une fois. tu as connu le pire, tu ne peux plus en dormir.
dès que tu fermes tes yeux, tu la revois, cette nuit sombre dans laquelle tu fus jetée et destinée à crever la bouche ouverte, nageant dans le sang et les regrets.
tu regrettes tout ce que tu as infligée, aux autres et à toi aussi. tu t'es rendue détestable, pensant que le monde t'aimerait pour ce que tu dégages, les reflets de l'argent sur lesquels tu reposais.
mais personne n'aime ceux qui osent jouer les dieux.
joue à dieu.
paie en le prix.
tel est ta destinée.


subir les vagues d'émotions salées que tu as infligée à tous les autres. vêtue de noir, t'as l'air de rien.
tu n'es plus rien.
personne ne reconnaîtrait la gala qui se pensait reine et infaillible dans sa perfection constante.
tu portes une robe de deuil, le deuil de ta vie passée, le deuil d'une existence à ne pas ressentir.
à présent, tu te prends tout dans la gueule, soudainement.
tu te sens divaguer, cela semble faire une éternité que tu n'as pas senti la douceur du soleil caresser ta peau.
tu as bien trop peur de sortir de cette maison qui te protège des afflictions d'un monde qui n'est plus sûr à présent pour toi.

pourtant, tu descends les marches de ta demeure, ta main se dépose sur la poignée de la porte d'entrée. et tu sors à la lueur du jour traître, te jugeant en un sourire vengeur.
le monde rit de toi, toi qui n'es plus qu'une charogne vagabondant entre les ruelles.
sans but précis.
tu ne sais pas ce que tu recherches, tu ne sais pas ce que tu fuis.
si ce n'est tout, cette avalanche de sentiments qui t'oppressent.
tu suffoques de douleur, tu as ce sentiment perpétuel de mourir à chaque seconde. et pourtant, les battements de ton cœur engourdissent tes oreilles.
un paradoxe qui t'achève littéralement.
au fond, gala, t'es pas faite pour la vie.
tu n'as pas ta place en ce monde, ni en aucun autre.
que te reste t-il à présent ?
si ce n'est la plénitude de tes émotions se déchaînant en toi tels des ouragans à la magnificence dérisoire.

tu ne sais plus où tu es, tu as marché sans réfléchir, marcher à en perdre le souffle. tu vois autour de toi des regards qui te dévisagent, te déshabillent de leur incompréhension. aucune jeune fille n'ose s'aventurer dans les parages de ce quartier malfamé, vêtue d'une robe et d'une détresse aussi marquée.
parce que les âmes qui vivent ici se nourrissent du mal des autres, les engloutissent.
tu le sais, gala, si tu restes ici, tu vas crever.
tu vas crever et elle en sera heureuse, comme tous les autres.
ils auront gagné.
et tu ne peux pas laisser ça arriver.
tu ne peux pas baisser les bras sous prétexte que tu ressens la vie vibrer en toi.
alors, en un ultime geste désespéré, tu t'apprêtes à tourner les talons, tirant une taffe sur ta clope en un soupir inaudible.
jusqu'à ce que tu vois ces deux jeunes de l'autre côté de la rue. l'un pose la main avec une certaine violence sur l'épaule de l'autre, qui t'aurait fait esquisser un hurlement.
et ce simple geste paraît alors être de trop. le poing du garçon file à toute vitesse sur la gueule d'ange de son assaillant. parfaitement ajusté, majestueusement centré. tu es soufflée face à la précision de son geste.
lui, il sait se défendre.
il sait encaisser les coups de putes de la vie.
alors que toi, t'as jamais su, jamais sans papa et maman, jamais sans ton argent. t'es qu'une gamine élevée avec une cuillère en argent dans la bouche qui est dans l'incapacité de se défendre dans un monde où violence et horreur en sont les piliers.
gala, pour une fois dans ta vie, tu n'hésites pas te diriger vers le garçon. tu n'as pas peur, tu es comme poussée par le désespoir, le désespoir de vivre un peu plus longtemps. un peu plus, toujours plus.
le désir de survivre en un univers qui n'est pas le tien.
et il semble être la clé de tes désirs.
tu t'avances alors vers lui, tandis que la victime s'enfuit sans demander son reste. et tu déclares simplement, sans même te poser de question, tu parles comme si ta vie en dépendait:
" salut. ça va paraître étrange, mais peu importe, j'ai besoin de ton aide. question de vie ou de mort."
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: and suddenly, i felt everything ✗ ruben   Dim 18 Oct - 18:26
the nights were mainly
made for saying things that you can’t say


L’humanité est destinée au néant. Avec ou sans ce jeu, c’est sûr, c’est clair, les humains se détruisent eux-mêmes dans le sang et dans la guerre. Violence sanglante encrée dans leurs veines que personne ne leur enlèvera jamais. Conquérant des terres brûlées, ange déchu et même renié par leur propre créateur. Enfants d’un Dieu irréel et décidant de faire couler le sang de ses frères en sans régalement, couleur pourpre donnée par le fer ingéré par la viande d’un animal brutalement assassiné. L'humanité court encore un peu plus à sa perte avec un sourire goguenard sur le visage. Tous, personnes n’en réchapperont, pas même les êtres les plus purs de cette maudite planète appelée Terre. Humains pathétiques faisant l’amour comme la guerre et se détruisant de l’intérieur pour des territoires ne leur appartenant pas. Jamais la terre n’a appartenu à l’homme, ou bien, équitablement avec toutes les forêts, les océans et les animaux. Dans sa folie des grandeurs l’Homme a décidé de tout avoir, orgueil pathétique de sa part. La nature lui rendra. Elle rend déjà le nucléaire fou, se déchaîne sur ce peuple bien trop narcissique, elle les punit et c’est tant mieux, planète en colère, mère nature, ou Dieu immortel ? En tout cas, la chose ne se laisse pas faire mais l’Homme dans sa stupidité continue de la torturée, encore et encore, souhaitant la détruire de l’intérieur plus violemment qu’un cancer.

Or, argent, nucléaire, pétrole. Cadeaux de la Terre à un être prônant la violence et la destruction. Pires animaux que les bactéries et les années ont engendrés. Rage bouffant ces êtres bien trop sûrs d’eux, envie de sang, de meurtres, de douleurs sur le visage d’autrui, yeux fous et pétillants. Ils ont détruit cette Terre leur donnant tout, terrassant ses géants, détruisant ses magnifiques créations, versant de l’huile chaude sur le paradis qu’elle avait construit, fous sont ceux rêvant d’une utopie car elle existait pourtant avant que leur espèce la détruise. Cruel, traitant les autres habitants de leurs planètes comme des sous-fifres, test médicamenteux et d’allergie sur ces pauvres créatures n’ayant rien demandé. Décès à la chaîne pour nourrir une population grouillante de vermisseaux qui plus tard continueront le travail de leurs parents, détruire leur planète nourricière. Bande de cons. Ils dégomment leur Terre pour vivre mieux, à force mieux vouloir vivre la Terre les brûlera vifs et ils ne pourront pas se plaindre, elle les aura prévenu. Et toi, petit vermisseau né dans ce grand système où l’avis de la planète n’est pas pris en compte. Cette Terre qu’on veut creuser de plus en plus profond, touché son centre, comme on arrache le cœur d’une femme, sauf que cette femme-là est la mère de tout, et que son explosion toucherait des milliards de planètes. Infime grain de poussière que tu serais, toi, dans toute cette infamie. La violence sévit aussi dans ton cœur, Ange lunaire, enfant de la lune de sang.

Pourquoi mal le vivre ? Tes pieds trainent sur ce sol mouillé, macadam souillé, et tu penses à ta vie. Pas de jeu aujourd’hui, c’est convenu comme ça, pas de jeu pour un jour, ensuite tu pourras le retrouver. Tu traînes, tu effleures, et quand une main brûlante atterrie sur ton épaule glacée tes pupilles se rétrécissent. Colère, peur, fusions des deux, ton poing s’attaque à ce visage d’un geste, violemment, il ne doit plus rien comprendre, mais ton teint à rougis et tu as des yeux de tueurs. Pourtant, quand tu réagis, tu te sens mal, tu l’as frappé vraiment fort. Ta respiration est devenue erratique, d’un coup, et lui s’enfuit, comme un lâche, chien galleux qui vient de s’en prendre une dans la truffe. T’aurais presque l’envie de lui cracher dessus, t’es Percy à cet instant, Ruben n’est certainement plus là mais il va revenir, dans peu de temps, à un prochain attouchement, horreur dans ton cerveau, ça te hurle d’être plus prudent, de ne plus laisser un de ces cafards te touchait, mais pas le choix, si tu veux vivre. Un cliché s’avance vers toi, celui de la blonde pétée de tune et qui suce pour dix dollars un garçon pré pubère dans les chiottes du lycée. Elle ouvre sa bouche, elle n’aurait peut-être pas dû, parce que tu as un air tendu sur le visage, et tu te demandes ce qu’elle veut que tu fasses. Déjà, le fait qu’une personne vienne te parler dans la rue tu n’aimes pas ça, mais en plus qu’elle te demande un service. « J’y gagne quoi à part ma place au paradis ? » Parce que cette place, tu l’as perdue depuis longtemps, ou du moins, dans le jeu.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: and suddenly, i felt everything ✗ ruben   Mar 20 Oct - 0:03
and suddenly,
i felt everything.


le désespoir.
comme une lueur des profondeurs, aveugle et sourde, inondant ton regard de sa majestueuse langueur. tu t'y perds, tu t'y noie, tu ne vis plus que pour elle gala.
triste chanson résonnant entre tes pensées laminés par ces feuilles calcinés brûlantes et s'envolant dans la nuit noire, tels des néons jouant les étoiles.
t'es plus grand chose, t'es plus que ce désespoir. ton âme d'ange maléfique s'abreuve du noir de ce monde détruit.
et tu brûles avec lui, avec cet univers tombant en poussière, dans le silence éternel et suffisant du néant.
tu n'aurais jamais pensé le ressentir ici, en ton cœur frétillant, cette sensation de ne pas être, de ne plus être. cette sensation de perdre pieds, de vaciller vers les abysses d'un enfer plus brûlant encore que tes prunelles humides du feu de la rage.
la rage s’immisçant des valses d'émotions t'assaillant, te percutant. au fond de toi, tu ressens cette violente sensation d'être affligée par milles et unes lames pénétrant en toi, ces milles lames méritées que tu endures, encore et encore, perdant tout espoir de ressentir à nouveau ce vide sentimental qui te caractérisait.
tu te dis qu'il n'y a pas de juste milieu, et que tu ne le connaîtras jamais. tu as connus le néant des sentiments, tu ressens à présent toutes les complexités de l'âme humaine.
et t'aimerais la balancer cette âme, l'offrir à un passant et partir en courant.
mais, tu peux pas, ton corps ne veut pas céder à tes caprices, d'enfant brimé par l'existence, qui ne peut plus endurer les calvaires de la souffrance.
alors tu pleures. tu pleures face à ce type inconnu, ce type qui apaise pourtant le temps d'un instant ton désespoir écœurant. tu crois en lui, tu vois en lui tout ce dont tu as besoin.
la force de se battre.
et de vaincre. de tous les buter, tous autant qu'ils sont, eux qui te font endurer la peine de dix morts brûlés vif, sans remords.
tu le fixes dans ses yeux, tu tentes d'y dénicher l'espoir. et tu vois bien qu'il ne te comprend pas. à ses yeux, tu n'es que cette fille de riche perdue dans ses beaux souliers noirs, tentant de joindre les deux bouts en jouant les p'tites rebelles.
mais toi, toi, t'as jamais voulu tout ça, t'as jamais prier pour ça. tout ce que tu voulais, c'était vivre en paix du haut de ton trône de fer, à contempler les proies du sentiment.
à présent, tu es la proie.
et tu détestes ça.

les larmes inondent doucereusement ton visage pâle, tu te laisses envahir par le désespoir, pour qu'il l'entrevoit, toute cette douleur qui t'accable de jour en jour, de nuit en nuit. tu veux lui partager ta souffrance, qu'il comprenne ce que tu ressens, qu'il comprenne que tu es plus qu'une gosse de riche perdue dans cet univers bien trop vaste pour les étoiles dans ton genre.
" tu me demandes tout ce que tu veux en échange, du plus insolite au plus extravagant, je te l'offrirais. en plus d'une place au paradis." tu peux lui offrir le monde. tout ce que tu demandes, c'est un peu d'aide, un peu d'aide pour combattre cette douleur despotique qui ondule au fond de toi. tu ne souhaites que l'étrangler, la lacérer, jusqu'à ne plus rien ressentir.
jusqu'à retrouver le vide du sentiment, ce vide que tu aimes tant.
en un mince sourire, tu tentes de le convaincre, ou du moins, de le pousser à écouter ta demande.
" au passage, je suis gala. " murmures-tu en un demi sourire vacillant.
tu ne sais pas ce que tu fais, tu ne sais pas où tu en es, mais tu n'as plus rien à perdre gala.
mis à part ton âme.
mais qui voudrait d'une étoile fébrile et infime dansant élégamment entre les planètes, seule et désabusée, saignant abondamment jusqu'à en crever.
gala, l'étoile sanguinolente.

(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: and suddenly, i felt everything ✗ ruben   Mar 20 Oct - 18:54
the nights were mainly
made for saying things that you can’t say


Fataliste que tu es, tu l’as toujours été, tu as toujours su que l’être humain serait la cause de sa propre mort, pion despotique qui croit régner en maître sur la mère de tout. Tu as toujours été ainsi, créature larmoyante d’un côté du globe attendant à ce qu’un jour la Terre s’arrête de tournée, achevant l’existence banale de milliard de personnes sur cette planète. Se lever, dormir, manger. Rien de bien extraordinaire. Cruauté malsaine qui sévit chez certains, tueurs, violeurs, ils ont des âmes rongées de mal, tracé noir sur leurs peaux écorchées. Mort-vivant dans cette société les étouffants. Nés privilégiés mais morts en paria de la société. Tout est déjà écrit. La Terre suivra le même parcours désastreux que je. Naître, vivre, mourir. Elle s’éteindra comme une étoile explose, d’un coup, sans crier gare, et à ce moment-là tu observeras ta mort dans les yeux des autres. Tout semble différent, elle semble différente, comme ces personnes qui attendent la mort avec des yeux vides, elle est sans doute vide, elle. Crânes jonchant le sol, sang perlant de tes blessures. Tu te sens comme Percy, pas comme Ruben, plus comme Ruben. Ton âme s’exprime devant cette fille, trop blonde, trop mince, avec un visage royal que tu avais sans doute vu comme hautain. Mais pauvre enfant qu’elle était aux yeux larmoyants. Créature trop fragile pour ce monde, elle aurait mieux fait de rester dans son château d’argent en se noyant sous l’or sur lequel elle semblait marcher. En dix-sept ans de peines et d’horreur, tu n’avais jamais vu quelqu’un de si pathétique dans son espérance, et quelle espérance ? Tu n’allais pas tarder à le savoir.

Oh, si, tu te souviens, en dix-sept ans, tu avais été aussi pathétique qu’elle dans ton espérance. Douleur de la vie mordant ta peau et t’arrachant des cris de douleur, flash nocturne te faisant te déchirait les cuisses à coup de lames acérées et tranchantes, envie de vomir, blessures sanguinolentes, intimidations perpétuelles, peur. Espoir infime de se faire sauver. Mais tu as compris que la seule personne pouvant te sauver c’était toi-même, gosse perdu dans une trop grande ville. Paumé comme personne, cherchant du fric, tombant dans les pires travers de la société, enfant déjà meurtri, propulser au sommet d’une chaîne dégueulasse qui résume bien la vie. Baiser ou se faire baiser. Philosophie de vie qui est ancré dans ta peau, dans ta tête, goût âcre et violent dans ta gorge. Ouais, baiser où se faire baiser, c’est poétique non ? Tu le ressens comme ça aussi, pas deux choix, tues de ceux d’en haut ou juste la populace se faisant tuer à petit feu par eux ?  Aucun des deux, esprit libre se jouant de tout avec malice, étude à payer et thérapie avortée. Gosse trop perturbé à ce qu’il paraît. Tu leur en foutras du perturbé. Enfant sage, visage triste, œil vide de malice, tristesse sans bonheur, sourire faux, c’est ton être pourtant si beau qui est constitué de toutes ces ignominies en même temps. Pas bon de te croiser, de te parler, de voir tes larmes coulées.

Elles sont acides et trouent la peau, laissant des cicatrices brûlantes et douloureuses. Nettoyer à l’eau salée ces blessures coagulées, faire saigner, encore et encore, juste pour le plaisir de ressentir la douleur encore une sainte fois, arme bénie. La blonde semble te supplier, elle pourrait se mettre à genoux devant toi ça aurait eu le même effet, incompréhension dans tes yeux. « Qu’est-ce que tu veux, toi ? » Ta voix s’est radoucie, un peu, beaucoup, comme si tu parlais à une enfant. Tu veux juste comprendre, tu veux juste connaître, réfléchir, dire oui ou dire non. Tu réfléchis, qu’est-ce que t’aimerais ? Rien, en réalité. « Je voudrais un café. » Après tout, t’as bien le droit à une pause toi aussi, non . Elle se présente. Gala, comme galaxies, choses abstraites que jamais tu n’atteindras de ta taille insignifiante. « J’aime beaucoup ton prénom. Il est poétique. » Et il fait un peu snobinard aussi. « Ruben. » Tu balances, sans la moindre explication derrière.

(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: and suddenly, i felt everything ✗ ruben   Dim 25 Oct - 16:17
and suddenly,
i felt everything.


L'odeur nauséabonde de ce lieu où règnent sauvagerie et pauvreté paraît danser autour de ton corps de princesse perdue.
Perdue en elle-même, perdue en cette ville sans couleurs, aussi fade que fut son règne. La reine qui pensait voler au-dessus même de ce ciel aux consonances claires n'est plus qu'un oiseau blessé, tentant de ramper sur ce sol boueux entravant sa marche. Et face à la misère de son regard, mille et uns rapaces s'amusant de ses afflictions éternelles.
Parce qu'au fond de ton cœur, tu sais pertinemment que tu ne pourras plus jamais régner sur quiconque, ton royaume n'est plus que ruines brûlants sous la chaleur d'un soleil enflammé de la fatalité. Cette odeur embaumant tes narines est à présent ta réalité. Tout comme cette peur, fière et vainqueur, s'insinuant en toi tel le venin du serpent. Et pourtant, un jour, ce fut toi le serpent, choisissant ses proies en un sourire mortel, doucereusement cruel.
Qu'es-tu à présent, Gala ?
Le silence de la nuit, l'amertume du jour, une enfant apeurée tentant de fuir sa destinée.
Tu n'as plus aucun désir, plus aucune envie, ta vie ne rime plus qu'à la survie. Et tu haïs cet état de fait te prenant aux tripes. Tu haïs l'idée d'appartenir au néant de ces âmes à vifs, confuses et obscures. Tu haïs le monde, ta fade existence et les feuilles automnales quittant les branches de ces arbres dénudés au fil du temps qui passe, qui casse.
Es-tu cette feuille aux reflets orangés, autrefois d'un vert éclatant, s'échouant lamentablement sur la surface brut du macadam.
Ou cet arbre nu, à la merci du monde entier, frissonnant de solitude et plus que tout, de ce froid mordant sa peau brutalement, en des saccades infinis. Jusqu'à ce que sa chair ne soit plus que des ribambelles abandonnées dans le néant.

Tu ne veux pas être feuille dévastée, ou arbre solitaire.
Tu veux être plus que ce masque de pathétique ornant ta peau d'ivoire. Tu veux rayonner du fruit de la victoire, être libérée de toutes ces émotions dramatiques écorchant tes pensées embrasés, tu veux tant, mais tu ne possèdes aucune arme entre tes mains.
Et lui, lui, cet inconnu posté dans cette rue tel un ange gardien guidant tes pas, est ton ultime chance de combattre la morsure glaciale de l'hiver guettant ton cadavre bleuté. Tu lis en lui cet espoir que tu pensais avoir perdu, au détour d'une ruelle, entre tes larmes affligés et tes émotions-blizzards. Il est celui qui t'aidera inévitablement à ramasser ces milles et uns morceaux de verres brisés reflétant ce que tu étais. Égarés dans un au-delà paraissait inatteignable, il te suffit d'un peu d'aide pour y parvenir, caresser du bout de tes doigts l'insensibilité qui étreignait alors ton cœur.
La voix de l'inconnu de la rue paraît se radoucir, doux velours d'espoir apaisant les saignements infinis de tes plaies. Il te demande ce que tu veux toi, princesse sans désirs si ce n'est celui de ne plus être.
Mais, que veux-tu réellement Gala nébuleuse aux pensées infondées ? Pourtant, ton inconscient connaît exactement les désirs enfouis qui t'égaillent douloureusement.
" Je suppose que j'en ai assez d'encaisser sans riposter. Je ne veux pas mourir sans aucune cicatrices, je ne veux pas vivre sans avoir ressenti plus que cette peur étouffante."
Un sourire peint alors tes lèvres gercées. Tu veux simplement apprendre à te battre, apprendre à user de tes poings pour triompher. Tu n'es pas prête à passer une vie entière le visage dans la poussière. La violence te répugne, mais tu réalises alors à peine, qu'elle est , somnolant au creux de ta poitrine. Elle attend simplement ce poing qui viendra lui ôter le souffle et éveiller sa fibre sauvage.
Ton sourire s'élargit davantage lorsque tu entends la requête de l'inconnu au poing de fer. Simple, si simple que tu pourrais presque en rire. Il paraît alors si authentique dans toute cette simplicité qui le caractérise. Et tu aimes ça, Gala. Tu aimes le fait qu'il n'est pas plus à désirer qu'un insolite café.
" Je pense que je peux t'offrir ça." réponds-tu, d'une voix plus claire, sans te départir de ton sourire.
Tu l'intimes d'un mouvement de tête de te suivre. "Aux abords du quartier su se trouve un café, si mes souvenirs sont exacts. Il paraît assez accueillant, je ne suis jamais entrée mais j'ai foi en l'inconnu aujourd'hui."
Tu n'es pas toi-même Gala. Jamais tu n'as réagi ainsi, foulant le sol d'un quartier dépravé par le temps et l'humain. Le fait même d'être ici ne te ressemble pas. Le désespoir t'a conduit jusqu'ici, et ce sont les lueurs de l'espoir qui te poussent à marcher vers ce café.
Pour une fois depuis une éternité, tu as un objectif clair et net se profilant dans l'horizon. " Poétique... si je me souviens bien, il signifie chant. En d'autres termes, mes parents ont foiré leur coup s'ils pensaient que j'allais être doté de capacité vocales phénoménales. Ce n'est pas le cas." déclares-tu en un léger rire, comme pour détendre cet atmosphère lourd pesant sur ton corps.
" Ruben... origines italiennes non ?"
(c) AMIANTE

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