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 (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.
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MessageSujet: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Jeu 26 Nov - 16:17
Le filet de sang s'écrase sur l'asphalte, sans bruit. Il pourrait presque crisser, hurler, trembler. Mais c'est avec silence que le pourpre vient tacher le bitume. Hannibal a mal. La douleur lui vrille les os. Elle sent chacun de ses muscles chacun de ses os se broyer sous sa peau de porcelaine. C'est à peine si elle arrive encore à marcher. Un pas après l'autre, même ça ; même ça, elle en est incapable. La cascade de ses cheveux a perdu toute vivacité, elle-même a perdu toute vivacité, dans son allure, dans sa silhouette. La douleur est trop forte. Alors dans les rues désertes du Darwin's Game, elle rampe, avec le peu d'énergie qui lui reste, elle s'agrippe aux murs, et tant qu'elle peut elle puise dans ses dernières forces pour ne pas lâcher. Ses jambes tremblantes, elle n'a plus rien de la fière Hannibal. Elle n'est plus qu'une frêle créature, tient à peine ; mais elle n'a rien perdu de sa superbe. Elle reste digne malgré la douleur, malgré les os qui craquent, les muscles tus qui voudraient hurler leurs maux. Elle souffre, Hannibal, elle souffre mais elle avance. Elle se hisse jusqu'aux bancs, jusqu'à l'église, et le sang peu à peu autour de sa bouche se met à sécher. Mais ça n'enlève pas la douleur. Et dans son esprit, les images sont là. Elles résonnent, glaciales, dans sa tête. Torture, douleur. Elle n'oubliera pas. Elle gardera indélébiles sur son corps, sur sa peau, les traces, les marques laissées par le bêta-testeur. Pourtant, elle ne lui a rien demandé ; mais elle se souviendra. Elle se souviendra de ses coups, des blessures. Elle se souviendra. Et puis dans ses yeux il n'y a pas que les blessures du bêta-testeur. Il y a celles, plus silencieuses, de l'ombre d'Hanni, qui ne cesse de la hanter, qui réveille en elle des pulsions trop mélancoliques, trop nostalgiques. Elle la happe, cette douleur-là, mais elle la rend vivante. Tout le monde peut disparaître. Aussi vite qu'une flèche. Aussi vite qu'une goutte de pluie qui tombe sur la feuille de l'arbre. Et désormais, la solitude résonne trop différemment pour elle. Elle est seule désormais. Hanni a disparu et ne subsiste pour Cosmo que les images, que les cheveux blonds dans lesquels elle voudrait perdre ses mains, comme avant. Mais il n'y a plus rien, plus rien si ce n'est cette lettre. Cette foutue lettre. Les derniers mots d'un amour qui ne connaîtra rien d'autre ; qui ne connaîtra pas d'autre fin que celle-ci. Hanni, illusion perdue. Elle est à la recherche du temps perdu, Cosmo. À la recherche du passé, des souvenirs qui pourtant ne reviendront jamais. Il ne lui reste plus rien sauf le jeu. Et le jeu elle s'y est plongée, elle n'a plus fait que ça. Dommage pour toi, tu n'as trouvé que torture. « Ostatki. » Elle a poussé la porte avec peu d'énergie, mais le bois a cédé. Presque pliée en deux, elle a fait quelques pas dans la pièce à peine éclairée, ne disant rien de plus. Sa voix est calme, chancelante. Elle tente tant bien que mal de masquer ce qui lui est arrivé, mais le sang lui rappelle amèrement ce qui s'est passé. Pas qu'à elle, d'ailleurs. Ça se voit. Elle respire la douleur et le tourment ; quiconque jetterait sur elle le moindre regard peut aisément deviner que ses dernières heures n'ont pas été joyeuses. Elle aurait presque pu être moins torturée par les ATOM ou les GAIA. Comme si elle avait été attrapée. Alors elle garde tête baissée, elle est restée prostrée. Rompant ainsi le silence, intimant un contact avec le chef qui regarde sur la table sans doute les plans des autres qg, elle est passée devant les autres sans plus de mots sans faire d'autre geste qu'avancer, pas après pas, la tête à demi baissée, les poings serrés, les dents qui ne peuvent plus se serrer.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Dim 29 Nov - 5:35

Je voudrais, une nuit avec toi, tes bras enroulés autour de moi, ton corps collé contre
le mien, ton souffle chaud sur ma nuque et tes baisers.
Derrière ce masque se cache un visage presque exsangue. Tranché par le gris bleuté de deux grands yeux inquisiteurs dans lesquels semblait se refléter toute la dureté de ce monde. La froideur de ce regard que l’innocence avait quitté depuis longtemps en n’y laissant que son ombre. Et entre deux éclairs de haine, la vérité de sa jeunesse vous explosait au visage comme on poignarde une bête pour l’achever. Prédateur adulte. Au bord de la folie, c’était là que tu dansais jour après jour et nuit après nuit, depuis une semaine. Le silence n’existe pas. Pire que la faim, le froid et la douleur, le bruit était probablement la pire immondice. Impossible de trouver le sommeil, la fatigue s’ajoutait aux innombrables maux dont tu souffrais. Au bord du gouffre. C’est ce que t’étais. Cette guerre, elle t’avait conduit à mi-chemin entre la mort et la liberté. Tu savais que pour changer les choses, tu devras en sacrifier d’autres, peut-être même te sacrifier aussi. Mais étais-tu prêt à perdre le peu que tu possédais? Non. Aussi égoïste cela pouvait-il être, tu ne voulais pas abandonner ce que tu avais acquis. Il y avait des gens ici-bas que tu affectionnais... Jusqu’à présent tu t’étais toujours interdit d’y penser, n’envisageait même pas de leur dire...

Du haut de l’église, tu observes. Marchant doucement, ton regard lunaire passait sur les gens en contrebas, parfois tu t’abandonnais à quelques rêveries notamment quand les cris de joie en provenance de l’entrée te parvenaient. Fatiguée moralement, tu haïssais plus que jamais ta solitude. Tu te remettais en question à chaque seconde, tes décisions, tes plans, l’alliance incertaine entre vous et les eshu. Tu te demandais si tu devais tout simplement craquer ou bien... Ou bien quoi? Rien n’était envisageable. Et encore moins craquer et se laisser aller à la crise de nerfs. Il te fallait trouver un autre moyen de se défouler et d’apaiser ton esprit.

L’affrontement, le combat, la mise à mort. C’était ce qui calmerait ton esprit sauvage, ton esprit tourmenté. Abandonnant les tiens sans supervision. Ils se débrouilleront sans toi, sans Hannibal, pour quelques heures. Ils le pouvaient. Tu avais vu juste, puisqu’à ton retour, il n’y avait eu aucun problème, aucune attaque de l’ennemi. Dans l’église vidée de ses occupants, un grognement sourd t’échappe tandis que tu te débarrasses de ton vêtement trempé de sang. La prochaine fois que tu trancheras une artère, tu te souviendrais de t’éloigner. Vite de préférence. Le vêtement te collait à la peau, raidit par le sang. Un bleu te marbrait tout le côté droit du torse, c’était encore léger, mais nul doute que tu allais arborer une admirable teinte violacée. Ta cheville droite t’élançait légèrement et à en croire la sensation profondément désagréable du froid dans son articulation, tu allais boiter pendant quelque temps. Mais le truc le plus chiant se situait sur ta lèvre. Effleurant la blessure du bout de la langue. Une nouvelle victoire au combat, tu étais toujours en vie, contrairement à l’autre. Tu aurais dû en concevoir quelque joie, quelque satisfaction… mais il n’y avait qu’un énorme vide seulement comblé par la certitude que ce n’était pas terminé. Il aurait d’autres combats, d’autres blessures, d’autres vêtements trempés de sang, d’autres mises à mort. Ça ne s’arrêtera que lorsque l’un des cadavres appartiendra à l’un des deux chefs de clan. Puisque tout n’est qu’une question de fatalité. Loups au milieu des chiens, chiens au milieu des loups.

Trouvant une once de courage là où tu pensais ne plus en posséder, tu finis par quitter la pièce où tu t’étais changé et à peu près soigné, pour te poser devant le début d’esquisse des différents quartiers généraux. Tu n’avais que d’autre choix que de faire venir Lola, enfin Hart, pour t’y aider. Toutes informations qu’il te dévoilera seront utiles à mettre sur papier. Tes talents en art, t’avais été d’une grande aide, pendant l’élaboration de ses cartes. Dévoilant ainsi les faiblesses, les forces sur laquelle leur base principale était érigée. Puis, tu entends le bruit de la porte perturbe ta concentration, ton silence, presque qu’harmonieux. « Ostatki. » En contrebas, l’une de tes semblables. Hannibal. Future reine de cette armée. Blessée. Amochée, mais surtout épuisée. « Laisse-nous. » T’adressant au jeune soldat. À Hart. Pour autant, ton regard n’avait quitté le corps ensanglanté de ton bras droit. Il n’avait pas d’autre choix que de s’exécuter. T’avances vers elle, tu connais pas encore les dégâts sur son corps, mais elle pourrait s’écrouler d’une seconde à l’autre, tu le vois. Dans sa façon de se tenir. Elle souffre. Horriblement. Tu lui fais quitter le sol, sans même lui demander l’autorisation. Les quelques pas à traverser, tu les fais avec ta favorite, dans les bras, avant de la déposer sur la table, trois marches plus haut. Elle n’était pas lourde, pas trop du moins, au moins, ta cheville avait tenu le coup, le temps du court trajet. Ton regard est dur, mais calme, quand ta main vient poser contre sa joue, tes yeux bleus se posent dans les siens. « Il est mort? » Tu voulais savoir. Savoir si vengeance avait été faite. Ou si elle devait être faite. Personne n’avait l’autorisation de toucher Hannibal. Personne n’avait le droit de la faire souffrir autant qu’elle ne pouvait souffrir à cet instant présent. Personne, pas même toi. « Dis-moi, au moins que ça en valait la peine, que ce n’était pas pour rien. » Ta tête vient se poser contre la sienne. Tes yeux se referment lentement, avant de se rouvrir dans un battement de cil. Depuis le temps, tu ne lui avais offert ni affection ni paroles réconfortantes. T’avais toujours été beaucoup trop exigeant envers elle. Beaucoup trop dur. Tes sentiments à son encontre avaient toujours été enfuis. C'était ta spécialité, garder les gens loin de toi, les garder à distance. Les préserver. Jusqu’au moment où tes lèvres frôlent les siennes. Tu n’en avais rien à faire de ce sang contre ses lèvres, que ce soit à elle, ou celui de son opposant.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Ven 4 Déc - 16:23
Ta douleur, elle empeste l'ironie. L'ironie mordante. Il aurait fallu jeter les dés, crier la fameuse expression latine, puis il aurait fallu tirer les cartes. Plusieurs fois. Tout ça, pour rien. Se retrouver comme à la case départ. Ne pas se douter que, dans l'ombre, ce ne serait ni un ATOM ni un GAIA. Que ce ne serait pas un stupide joueur prêt à se sacrifier lui-même ; prêt à tout pour faire changer ton tatouage. Finalement, ça aurait été mieux. Ça aurait été préférable, presque. Ne pas se douter que, dans l'ombre, ce ne serait que colère que rage dans les yeux du joueur qui connaît trop bien le jeu. Se méfier elle a oublié, Cosmo. Elle a cru que ce serait un combat comme un autre, un « tuer ou être tué » comme tous les autres ; mais ça ne l'a pas été. Elle se souvient. Elle se souvient de chaque instant. De chaque pierre qui a roulé sur ses os. Qui a broyé la peau, sans pitié ni compassion. Le bêta-testeur n'avait pas peur. Sans un bruit, il s'était glissé dans son dos. Elle n'avait pas compris, ne comprend toujours pas. Ses gestes violents. Sa rage. Sa colère. La manière la force avec laquelle il l'a empoignée. Dans ses bras elle n'était plus que poupée, que poupée fragile. Dans ses bras elle devint poupée brisée ; poupée cassée. Poupée à jeter ? Elle avait pris conscience de muscles et d'os qui semblaient n'avoir jamais été là. Et elle n'avait pas ri. Pas une seule fois. Elle n'était pas le prédateur, cette fois, mais la futile proie qui attend de savoir à quelle sauce elle va être mangée. Attendre. Espérer que ça va s'arrêter. Oh, oui, cette fois elle n'avait pas envie de rire. En vain, elle avait tenté de se débattre. Mais il fallait se rendre à l'évidence, arrêter de se mentir, de nier. Il n'avait aucune raison de la frapper. D'en faire son quatre heures. Il n'avait aucune raison de se montrer si barbare, si dur. Aucune raison. Parce qu'il ne faisait pas la guerre ; il n'y avait même aucun intérêt. Foutu solitaire. Il n'avait aucune raison de prendre part à la boucherie. Il n'avait aucune raison de s'en prendre à elle. Il n'avait même aucune raison d'être là. Tous sont cachés, loin ; d'habitude. Mais l'habitude, elle n'a pas joué en ta faveur, là. Et elle aurait voulu courir. Ne plus penser à rien, juste à sa survie. À son tatouage, qui ne changerait pas. Pas tout de suite pas maintenant. Elle ne succomberait pas. Juste courir un pas après l'autre, sans vraiment réfléchir, juste agir. La poupée toute chiffonnée. La poupée donnée.
À elle de se glisser dans l'ombre de l'église, de se perdre dans l'obscurité si chaleureuse de ce lieu qu'elle ne connaît que trop bien. Qu'elle ne voudrait plus quitter ; qu'elle ne pourra plus quitter, du moins pas avant un moment. Le temps que, le temps que ses blessures guérissent, le temps que les bleus se forment sur sa peau. Le temps. Elle se sent impuissante ; elle déteste. La sensation la paralyse, la brutalise, la secoue. La réveille mais endort la folie qui prend place tout près de son cœur, la folie de sa pyromanie, la folie de ses meurtres, la folie du sang. La folie CAHO.
C'est insupportable, d'être impuissante.
C'est insupportable, parce qu'elle n'est plus aussi forte. Parce que son corps est faible. Parce que c'est la guerre et qu'elle se doit d'être forte pour les siens, pour les ESHU, pour Ostatki, pour elle. Et la guerre elle l'aime sans désormais pouvoir en profiter. Dessiner sur les murs avec le sang de ses ennemis. Car pour le moment Hannibal elle a mal, et la douleur se répercute dans le corps de Cosmo, juste derrière l'écran. Résonne dans la cage thoracique, dans les os, les muscles. Mais on ne peut pas simplement cliquer sur « Déconnexion ». On ne peut pas simplement quitter le jeu et y revenir dès que le corps va mieux, dès que les blessures sont guéries. Pas possible, dans ce jeu mortel. Dans ce jeu sadique. Elle se croirait dans une salle pourrie, prise au piège dans le puzzle d'un fou, ne pouvant pour se libérer qu'amputer sa cheville. Dis-moi Cosmo, vas-tu te regarder mourir aujourd'hui ? Ou vas-tu agir ? Ne pas te laisser faire ?
« Laisse-nous. » La voix, sa voix, a résonné dans la pièce. Elle a attendu, en bas des marches, n'ajoutant pas plus de mots ; tout simplement incapable d'en ajouter d'autres. Elle était forte, impérative. Comme d'habitude. Elle le connaît maintenant, cet homme. Elle le connaît maintenant, cet homme qui lui a tout appris. Cet homme dur mais juste, cet homme froid mais sincère. Hart est sorti, sans plus de mots, ne jetant qu'un bref regard à la jeune poupée amochée. Ses iris l'ont fixé, et le regard noir, empli de méfiance qu'elle lui a lancé a suffi à lui faire baisser le sien. Elle ne leur fait pas confiance, aux deux ATOM. Elle ne leur fera jamais confiance. Elle se force à tolérer leur présence. Sur ordre d'Ostatki, parce qu'elle les aurait tués depuis longtemps, sans cela. La porte se referme avec plus de douceur que lorsqu'elle-même l'a ouverte, péniblement. Ostatki l'observe. S'avance. Elle ferme les yeux un instant, se perd dans un monde puis dans un autre, ne devient qu'illusion. Lorsqu'à nouveau elle croise d'un regard l'ombre de la petite pièce elle ne touche plus le sol et instinctivement, sans vraiment réfléchir, elle enfouit quelques secondes sa tête près du cou d'Ostatki. Se repose enfin ; ne pense plus à rien, si ce n'est qu'elle y est arrivée. Si ce n'est que déjà, des pensées de vengeance trouvent leur chemin, jusqu'à son esprit. Électrisant son corps faible, mais digne.
Il la pose sur la table, et le froid de la table apaise un instant la douleur sous son pantalon noir en lambeaux. « Il est mort ? » Il a beau la regarder avec ce même regard froid et glacial qui le rend respecté, qui lui donne du pouvoir, qui oblige les autres à respecter ses ordres, sa main sur la joue d'Hannibal est douce. Paradoxe de délicatesse dans son geste, dans sa posture. Elle secoue doucement la tête, baisse les yeux. Qu'est-ce, dans tes yeux, Cosmo ? Serait-ce de la honte, par hasard ? « Demain. » Elle articule avec peine, crache un peu de sang, laisse glisser un mince filet au coin de la lèvre blessée. Finalement, parler s'est révélé moins difficile que ce qu'elle avait imaginé, quelques minutes auparavant. Alors, la poupée n'est peut-être pas à jeter ? Gardons-la. Pourtant, elle sait que demain, elle sera incapable de tuer cet homme ; et pas seulement à cause de ses blessures. Trop difficile de retrouver le bêta-testeur, de le défier. Trop peu de chances de réussir, trop de risques. Et elle doit pourtant se venger. Ostatki ne sait pas que ce n'était pas un ATOM ou un GAIA. Il ne sait pas que personne n'a rien pu prévoir, que personne n'est responsable. Qu'il n'y a personne fautif sauf un solitaire connaissant le jeu trop bien pour se laisser attraper. Il s'enfuira par une petite allée perdue entre deux ombres ou la conduira au QG des GAIA, des ATOM, la laissant se débrouiller seule face à une autre armée. Deux autres armées, si les uns ont envoyé des soldats aider les autres sous le signe d'une alliance naturelle bien plus facile à maintenir que celle des ESHU et des CAHO. Elle ne sait pas si elle peut leur faire confiance, Cosmo. Hannibal. Ils sont trop fourbes ils sont trop manipulateurs, et elle a peur. Peur qu'ils se retournent contre les CAHO, un jour, lorsque leurs intérêts changés leur donneront envie d'aller voir ailleurs ; lorsqu'Aluvaiá décidera que pour son goûter, elle ne veut plus du sanglant, plus de l'impulsivité. Plus d'Hannibal. Elle se souvient, la blonde, de leurs samedis, dans le même lit. Elle en voulait plus, à une époque. Elle en voulait plus, mais Hanni est revenue. Hanni est passée, a tourbillonné de nouveau dans sa vie. Fantôme, elle s'est faite désirer, comme en Angleterre ; comme avant, comme il y a longtemps. Mais maintenant, le joli fantôme a disparu. Évaporée ; la fusée qui s'éloigne vers un autre monde. Qui ne laisse que d'infimes traces, que quelques foutues lettres sur le papier. « Dis-moi, au moins que ça en valait la peine, que ce n’était pas pour rien. » Elle n'en sait rien. Elle ne sait pas. Sans doute que non. Sans doute que ça n'en valait pas la peine, que toutes ces blessures, tout ce sang coulera pour rien, puisqu'il ne mourra pas demain. Puisque d'autres mourront, dans la guerre, dans un combat perdu, dans le jeu, dans une vaste et futile histoire de vengeance. Mais pas lui. Pas lui, parce qu'il le connaît trop bien, ce jeu où désormais, il ne peut plus vraiment compter les heures, les jours, les semaines qu'il y a passé. La tête d'Ostatki vient se poser contre la sienne. Ce geste-là aussi est doux. Délicat. Ses yeux se ferment, de même que ceux de la poupée blonde. Le silence danse avec les deux cœurs qui battent. Elle ne sait pas quoi lui répondre, ne préfère rien dire, parce que sa réponse serait non. Non, ça n'en valait pas la peine. Non, elle n'aurait pas dû rester, tenter de le vaincre ; elle aurait dû fuir mais elle ne fait pas ça, Hannibal. Elle se bat, jusqu'au bout.
Leurs yeux clos encore quelques secondes. Leurs têtes là, l'une contre l'autre. Leurs battements de cœur. Et leurs lèvres, leurs lèvres qui s'approchent ; qui se touchent. Le sang qui se mélange au baiser timide, pour ne pas réveiller la douleur, qui vient juste danser avec la douceur, faire corps avec elle. Elle ne réfléchit plus. Ses mains se posent sur la mâchoire d'Ostatki, tiennent faiblement son visage près du sien. Lui rend son baiser. Et peu lui importe le sang, peu lui importe la douleur, elle se perd dans ce baiser, elle puise dans ses dernières forces pour l'embrasser, pour fermer les yeux, pour ne plus penser à rien et pour se perdre avec cet homme qu'elle croyait connaître.
Et puis, le manque d'air. Elle laisse ses mains sur son visage, mais recule ses lèvres de quelques centimètres, inspirant et laissant l'air parvenir – certes difficilement – jusqu'à ses poumons. Un maigre sourire se dessine sur son visage. Elle sait quoi lui répondre, désormais, et son regard soudain timide croise le sien. « Rien que pour ça... Ça en valait la peine. » Et pourtant, elle ne sait plus quoi penser, Hannibal. Tout ce qu'elle sait, c'est que la douleur s'est tue un instant. Que dans le corps affaibli tout est devenu calme.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Sam 5 Déc - 9:54

Je voudrais, une nuit avec toi, tes bras enroulés autour de moi, ton corps collé contre
le mien, ton souffle chaud sur ma nuque et tes baisers.
Dans cet univers monochromatique, où tout n’était que mort et désolation. La sensation est agréable aux cris des râles humains qui détonent. Dans cet univers, dans les bourgs de la ville, la peur est l’instrument merveilleux qui rythme leur vie. Tu es démon. Tantôt calculateur, tantôt menteur. Un sourire sur tes lèvres, une assurance indéniable qui lacère d’autres vers. Las, parfois, ennuyé d’un monde où souffrance n’est qu’une mélodie persistance à tes oreilles, joueur à l’esprit tortueux. Qui sera ta victime? Quelle que soit la nature. Elle y passerait. Humaine ou animal. Rien ne t’échappe. La mort, ce point de non-retour, c’est ce que tu veux. Ce pouvoir, de te sentir supérieur face à ton adversaire. La souffrance, la peur, c’est aussi ta victoire.
Hannibal, fille vestale de la Mort, créature recluse à la fureur et aux envies incontrôlables. Lorsque l’ombre ne te recouvre plus que les quelques rayons, elle découvre ton visage froid et dur, tu tends vers elle tes bras parsemés à l’ancre noire. Vous n’êtes que des morceaux de chairs pourris sortis de leur tombeau. Tes bras finis par se loger au creux de ses genoux, tandis que l’autre que sous ses bras. Elle quitte le sol. T’uses de ta force, pour la soulever, pour l’amener sur la table, au centre de la ''scène''. T’as mal toi aussi, tu l’as ressens cette douleur qui te lacère les cotes. Et ta cheville, elle est salement amochée, elle aussi. Pourtant, tu ne laisses aucune plainte quitter tes lèvres. Elle reste enfuie dans ce corps trop souvent meurtri, trop souvent saccagé par la violence de ce monde. Elle est devenue autre chose, ta douleur. Elle est devenue ta motivation, ton espoir, ton envie de vivre, elle devint ta survie. Tu l’as provoqué, comme tu l’as cherché, cette merde qui te donne l’impression d’être en vie. D’être vivant. Tu l’as désir. Obsession, elle est devenue. Tu vis pour elle. Tu tues pour elle. Tu souffres pour elle. Elle est ton tout. Ta nécessité, ici, à Darwin' s game. Tu ne l’as quitte plus.. Tu ne plus vivre sans. C’est clair comme de l’eau de roche, dans ta tête. Elle secoue doucement la tête, éviter ton regard. « Demain. » Elle articule crache un peu de sang, laissant glisser un mince filet au coin de sa lèvre blessée.
Tu ploies, décroches tes orbites insondables de ses yeux. Sur tes mains, des trophées incarnats. Chaque cicatrice qui entrecoupe l’ancre fait partie de tes victoires, de ton ascension, ici. Elles sont ton histoire. Chair battue, abîmée. Violence. L’hémoglobine sale s’envole, elle a moins le goût de rouille et fer habituel, elle est drainée par le sang contre le corps d’Hannibal, contre cette vision. La violence est le propre de cette insipide espèce. Tranquillement, posant à nouveau tes doigts contre ses traits, tu effaces les dernières marques de son combat, son visage demeurant intactes, en affreuse tribu, quelques ecchymoses négligeables allaient apparaître, d’ici quelques heures, signe de la souffrance qu’elle avait dû endurer durant cet affront. « Demain. Pas possible. Repos. » Son corps en demandera, son esprit aussi. Vengeance, elle demandera. Mais t’as besoin d’elle. Près de toi. Avec toi. Ce combat, c’était le vôtre. Celui qui vous rapprochera de votre victoire. Tu ne peux pas le faire sans elle. En forme, elle sera, parce que te lui ordonnera, s’il elle te l’oblige.
Ta tête vient se poser contre la sienne. Tu laisses tes orbes bleus disparaître derrière tes paupières. Tu voudrais t’imaginer ailleurs. Quelques parts ou les coups bas n’étaient pas le mot d’ordre. Quelques parts ou ce sentiment qui poignarde le cœur pourraient ne pas exister. Il n’y a que le silence. Il perdure. Et tu viens à deviner la réponse. Elle n’avait plus besoin de parler, tu la connaissais. Même si sa voix tardait à prononcer ce mot. Tu ne lui en veux pas. Tu t’en veux à toi, de lui avoir appris de ne jamais fuir, toujours affronter. Elle se met en danger, pour toi, pour te prouver qu’elle a bien appris les leçons que tu lui avais offertes. Puis, il y a tes lèvres, qui frôlent les siennes, qui posent. Ce sang qui te laisse un fin goût de fer, au fond de la gorge. Ça ne t’arrête pas, ça ne vous arrête pas. Ce goût qui est devenu un peu trop régulier, dans ce bas monde. Ce goût, qui n’est devenu que normalité et banalité. Elle pose ses mains sur ta mâchoire, tenant faiblement ton visage près du sien. Espérant faire durer le moment plus longtemps. Et l’air se fait plus rare. Son souffle de fait plus court. Ses lèvres qui s’écartent des tiennes. Tes lèvres qui voulaient s’accrocher aux siennes, qui ne voulaient pas que le moment se termine. C’était ça ton échappatoire, ça a toujours été ça. Oublier, c’était ce que tu recherchais, en ce moment.
Pourtant, ce n’est pas ça qui te préoccupe. C’est ton geste. Tes gestes. Doux contre sa peau. Tu ne voulais pas faire ça. Pas ici. Pas à elle. Pas à personne. Pas ses démonstrations d’affection. Tu ne voulais pas que ta vulnérabilité s’échappe de sa pièce bouclée à double tour. Tu ne voulais pas qu’elle s’échappe au grand jour. Tu ne voulais pas qu’elle voie ça. Qu’elle se rend compte que le Ostatki, sur lequel, elle s’est toujours appuyé, reposé, durant ses mois d’apprentissage, n’était pas l’être dénué de sentiment comme tu voulais qu’on te perçoive. Tu te maudis de l’intérieur. Tu ne voulais pas. Revenir en arrière, agir différemment. Mais, évidemment, tu ne peux pas. Ne pas reculer le temps, pas même de quelques secondes. Tu dois faire avec. Tu dois vivre avec. «  rien que pour ça... Ça en valait la peine. » Tu laisses retomber tes bras, mains que tu finis par poser contre ses cuisses. Ton regard se fait plus serein, plus banal, mais il reste toujours confiant. Tu ne le montres jamais ici. Te montrer impassible, c’était ce que tu voulais, ici. Droit, fort, intouchable. Tout ça pour qu’on te respecte, pour qu’on se batte pour toi. Mais ce masque, il s’est volatilisé, il a quitté ton visage, au moment où tes lèvres ont touché les siennes. Tu laisses tes mains caresser sa peau partiellement recouverte par son pantalon en lambeaux. Tu ne devrais pas, tu ne devrais pas t’exposer à elle, comme si tu continues a le faire. C’est plus fort, plus fort que le désir de la repousser, d’éviter le contact de sa peau contre la tienne. Tu l’as veux plus près, encore. « Tu sais ce j’aime le plus maintenant? » Sur tes lèvres, s’y dépose probablement la plus magnifique de ses victoires. Un sourire, aussi fin soit-il, mais il était bien là, sur ton visage, rarement illuminé. Presque qu’impossible à entrevoir, en règle général. « Ton désir. » Tu l’avais perçu au fond de son baiser. Tu l’avais perçu dans son geste. Mignonne petite Hannibal. Délicieusement belle. Tes mains se font plus fermes, plus oppressantes sur son corps. Le tien, il en demande plus, plus de sang, plus de chair, plus de tout. Plus d’Hannibal. T’aurais voulu que la situation soit plus propice, qu’elle soit différente, qu’elle ne souffre pas. Que douleur n’existait pas. Tu ne voulais pas lui faire mal, pas à elle. Tu glisses tes mains au creux de ses reins, tandis que tes lèvres finissent par se poser dans le creux de son cou. Des baisers tantôt doux, tantôt plus pressants. Tes caresses plus envieuses, plus curieuses, à chaque parcelle de sa peau que tu découvres. Tes lèvres viennent à nouveau rencontrer les siennes, qui demandent encore plus, toujours plus.
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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Sam 12 Déc - 22:40
Elle n'avait jamais connu que l'ombre. Après tout, quoi de mieux que l'ombre sied à une Hydre ? À une Bête des Enfers, éduquée pour tuer, élevée sans pitié ? Dans le jeu elle est née dans l'ombre, et elle a fini par s'habituer à cette obscurité ; elle a fini par aimer cette sensation de puissance. Sortir de l'ombre, bondir sur sa proie, celle qu'elle a observée, celle qui a été jetée en pâture à la louve immortelle, à la louve aux douze têtes. Celle que dans l'ombre elle a dénudée du regard et qu'elle a désirée, désirée si fort que son cœur en a palpité un instant. Ah, tuer, c'est si bon. C'est la drogue de l'addict qui quémande encore, et encore, c'est la bouteille de l'alcoolique. Elle a fini par se complaire dans l'ombre, elle a fini par ne, avec le temps, plus pouvoir résister à la tentation du sang. Elle n'avait jamais connu que l'ombre. Elle avait appris à s'en servir, elle avait appris ses points forts. Puis elle était morte, plusieurs fois, pour apprendre ses points faibles. Il lui avait fallu trouver autre chose, pour compenser. Et l'Hydre s'était réfugiée dans la chaleur, dans la beauté d'une flamme. Alors elle n'avait jamais plus quitté son feu. Son si beau feu. Elle avait fini par se complaire dans le spectaculaire, dans le sang et dans la beauté de la douleur qui se voit, qui se sent. Dans la beauté des traces indélébiles sur la peau, celles qui jamais  ne partent et ne pourront le faire. Hannibal, elle s'est montrée orgueilleuse. Elle voulait prouver au monde sa puissance ; sa force. Et surtout, sa folie. Parce qu'elle est folle, sans doute ; elle est folle, quand elle rit, ignorant sa propre douleur, elle est folle, quand elle refuse la défaite, quand elle refuse de fuir, de partir. Elle est folle, quand elle laisse son orgueil, son obsession prendre le dessus. Quand elle laisse l'ombre, les ténèbres, prendre le dessus. Parce qu'au fond, il y a aussi, tapie, Cosmo qui se tait, Cosmo qui se débat mais Cosmo qui reste silencieuse, Cosmo qui aimerait reprendre son corps, mais Cosmo qui ne peut pas. Parce qu'Hannibal ne partage pas. Hannibal n'a jamais partagé et ne le fera jamais. Et elles auront beau se battre, l'une prendra toujours le pas sur l'autre, l'une sortira toujours vainqueur parce qu'elle est plus forte et plus déterminée. Parce que cette victoire, elle la veut ; elle la quémande, elle la mérite, elle la désire tellement qu'elle ne pourra pas faire autrement que de gagner. Gagner. C'est trop important pour elle, de gagner ; c'est ça qui la fait vivre, c'est ça qui lui donne toute son adrénaline, toute son énergie. C'est ce qui le rend fier. Il en est fier, de son Monstre, de son jaguar, de son Hydre. Hadès et l'Hydre. Le duo mortel, le duo parfait, le duo sublime. Dans la guerre, ils sont là ; les deux fous, les deux meurtriers, les deux qui semblent n'avoir peur de rien. Les deux qui veulent conquérir le monde ; ou bien le changer, peu importe finalement. Elle n'a jamais connu que la fournaise. Que le chaos des Enfers. Que tendre, tendre douceur mortelle. Elle a appris à se battre. À ne pas renoncer. À ne pas oublier. Pardonner. Mais cette fois, elle ne pourra qu'oublier. « Demain. Pas possible. Repos. » Il n'y a plus que la voix d'Ostatki. Et l'appel. L'envie le besoin de vengeance. Elle doit se venger, demain, après-demain. Si seulement elle n'avait pas appris qu'à foncer, sans réfléchir, ne serait-ce qu'une seconde aux conséquences de ses actes. Si seulement elle n'avait pas appris à se battre à tout prix, à tuer pour ne pas être tuée. Si seulement elle n'avait pas appris à laisser son impulsivité la combler. « Je déteste ça. » Sur son visage, la main d'Ostatki efface les traces encore indélébiles de son combat. Le sang n'a pas encore séché sur sa peau ; il ne coule cependant plus autant que lorsqu'elle se traînait dans les rues. Dans l'ombre, encore, dans l'ombre, toujours, il y a leurs têtes, légèrement appuyées l'une contre l'autre, il y a le silence, que vient parfois briser, le vrombissement lent de la machine, les bruits de pas dans le couloir derrière la porte massive les rires, les cris. La vie. Ironique qu'il y ait tant de vie, dans un lieu où l'on célèbre la mort. Ironique qu'il y ait tant de cris, de rires, alors que non loin de là, c'est la guerre ; et que chacun est prêt à tout pour voir le sang d'autres couler. Il n'y a plus que la voix d'Ostatki. Au-delà de tout le reste, au-delà du silence, de la vie, de la guerre, de tout. Il n'y a plus que ses mains, ses – étrangement – douces mains, posées, doucement, lentement, sur les cuisses de son bras-droit. Que la tendresse, lorsque leurs lèvres dansent et qui enlacées ne veulent plus se quitter. Mais il y a le manque d'air, le besoin de respirer, parce que déjà les poumons blessés, trop faibles ne peuvent plus. Alors elle est obligée, elle se force à se reculer. À ne pas écouter son esprit, à juste obéir à son corps, et  elle le regarde, elle laisse ses iris se fondre dans les siennes, et elle laisse ses mains accrochées faiblement à sa mâchoire alors qu'un maigre sourire se dessine sur les lèvres d'Ostatki. « Tu sais ce que j’aime le plus maintenant ? » Un sourire ; elle n'en a jamais vu, sur ces lèvres. Elle ne les regardait pas tant que ça, elle n'y prêtait que trop peu d'attention, mais un sourire, jamais. Ne serait-ce qu'un rictus. Ne serait-ce qu'une once de pliure au niveau de ses lèvres. « Ton désir. » Et. Et le temps prend de l'âge. Le temps glisse. Le temps se perd dans l'ombre. Le cœur d'Hannibal bat plus vite, plus fort. Elle ne pense plus à la douleur, elle ne pense plus au sang, à ses os qui la font souffrir. Elle ne pense plus aux cris, aux bruits de pas, à la guerre, elle ne pense plus à ce foutu bêta-testeur. Ostatki est plus pressant ; plus ferme. Plus passionné. Il se rapproche, il rapproche leurs corps ses mains. Les cœurs s'échauffent les cœurs s'allument. Les mains dans le bas du dos les lèvres qui découvrent, les lèvres qui prennent pleinement possession de la peau. Peu importent les blessures. Forcée, elle lâche le visage d'Ostatki, et ses propres mains viennent tenir sa nuque ; sa tête se penche sur le côté, se laissant peu à peu emporter par les baisers passionnés du CAHO dans son cou. Elle ne répond plus de rien. Elle ne répond plus, elle se laisse malmener, se laisse mener, elle vient chercher ses lèvres pour ne plus les quitter, elle s'abandonne aux caresses endiablées. Elle lui tient la taille, le tire plus encore vers elle, continue à l'embrasser sans même penser à respirer. Elle a mal, la douleur lui vrille les tympans, les muscles, les os, mais elle se laisse dominer par la passion, par l'envie presque bestiale. « Le mien... ou le nôtre ? », chuchote-t-elle en tentant d'enlever le t-shirt d'Ostatki. Là, tout de suite, sentir sa peau contre la sienne. Là, tout de suite, s'abandonner à ce corps qui quémande, à ce corps qui semble supplier et en veut plus, encore plus, toujours plus. Un instant, son regard glisse sur son propre t-shirt à demi-déchiré qui ne ressemble plus à rien, mais très vite elle se perd à nouveau dans celui de l'Hadès de ses Enfers, dans celui dont elle a soudain trop envie pour ne serait-ce que tenter de résister à cette tentation.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Mer 23 Déc - 7:50

Je voudrais, une nuit avec toi, tes bras enroulés autour de moi, ton corps collé contre
le mien, ton souffle chaud sur ma nuque et tes baisers.
Il te fallait puiser dans tes forces, au sein d’un corps aux côtes efflanquées. La paresse de son étreinte affectueuse recouvrait chaque membre, la pensée lourde, tandis que l’oreille s’ouvrait au monde les premiers sons extérieurs apparut nette. On pouvait entendre d’ici, chaque cri, chaque intonation, de ces hommes ou femmes accaparés par leur tâche. Les hurlements, les râles de douleur et l’écho des lames s’entrechoquant avaient remplacé le silence morbide qui régnait habituellement autour de l’église, délaisser. Pourtant, à l’approche des portes grandes ouvertes, le sang venait tacher la terre souillée, alors que tout près, les cris redoublaient. L’enfant quant à lui pouvait encore se prélasser dans l’indolence, sentir l’humidité courir le long de ses tempes et de son front. Savourer ce paradis au calme enivrant. Il n’y a qu’Hannibal qui vient interrompe cette accalmie. La fine odeur âcre du sang contre la peau de la blonde, venait plomber l’ambiance de la salle lugubre dans un tourment de décadence et de ténèbres. Les fenêtres au verre brisé et sale ne laissaient plus passer les pauvres rayons du soleil, qui n’aurait sans doute même pas pu réchauffer la pierre froide et noire de ce qui semblait être votre donjon. Ce fut pourtant le regard dénué d’expression de ton bras droit, ou de ce qu’il en restait, et qui se posa sur toi, qui la fis le plus frissonner. Le sang et les morts étaient ton lot quotidien. Mais le visage maculé de sang de ta protégée, sa silhouette presque trop maigre, et son visage blême digne d’un revenant lui firent mal au cœur. Son regard ne quittait plus celui de la belle ou plutôt, de son ombre. Qu’avait-elle pu bien vivre pour devenir ainsi ? Quelles tortures, quelles punitions lui avait-on infligé durant ce combat pour la remplacer par cette face fantomatique. Je déteste ça. Bien sûr. Comment pourrait-elle le vivre autrement ? La défaite avait jamais été une option pour toi et tu lui a imposer cette évidence, cette réalité. La vengeance était votre victoire. Elle était votre soif de pouvoir, de supériorité. Tu l’auras, ne t’en fais pas. Tes paupières se ferment. Un calme presque impénétrable vient s’immiscer, dénudée de la réalité qui t’entourait. Et demain, j’ai besoin de toi, ici. Tu laisses s’étendre une courte pause. Puis, dans cet état, tu risques de pas en ressortir vivante, si je te permets d’aller assouvir ta vengeance. Puis, il a à nouveau ce silence qui se glisse entre vous, qui vous emporte dans un autre monde, qui vous transporte ailleurs.

Terrible, dans le silence qui t’environnait tel un linceul, tu sentais ton bon sens s’émietter, piégé dans les affres d’une passion délétère qui, à la manière du plus exquis des venins, rongeait ton âme jetée en pâture sur l’autel de ce que certains osent appeler affection, amour. Quelle est donc cette odeur ? Ah, oui, c’est l’avarice qui te ronge, qui sillonne, sans arrêt, le sentier fugitif entre cœur et tête. Tu l’avais toujours senti, comme la chaleur d’un brasier sur le visage. Mais jusqu’ici Tu avais les yeux bandés. La chaleur te faisait du bien. Et tu n’en voyais pas l’obsédante lumière. Les ténèbres t’ont avalée. Facilement. Ridiculement facilement. Tu t’es presque jetée sur la mort, sans rien penser, sans penser à quel point la lumière te manquerait. Ta peau s’est couverte de cicatrices. Tes yeux sont devenus troubles et se sont remplis de larmes de sangs. Mais tout cela n’était rien, rien, comparé à la douleur que tu as éprouvée en tendant la main vers le haut, à chercher la lumière que tu avais laissée tomber sans même y penser, obnubilée par le pouvoir. Tu étais comme une âme damnée, fantôme indistinct qui glissait soigneusement tes mains sur la peau meurtrie de la belle. Son corps t’avait appelé et, ne vivait plus que pour l’instant où, enfin, l’attention pleine et entière d’Hannibal se tournait vers toi, libérée de cette aura de dureté permanente causée par l’usure et les combats perdus d’une vie qui aurait dû être bien plus douce, bien plus calme.

Si tu ne te laissais pas facilement aller au sentimentalisme, que tu considérais comme l’une des pires faiblesses au monde, tu ne pouvais qu’accepter le fait que ton cœur même se retrouvait piégé au sein d’une toile dont la complexité te dépassait. Regarde-moi , hurlait chaque fibre de ton être sans que ta bouche ne module le moindre mot. Touche-moi , et l’image se propage comme la gangrène sème ses graines, te privant de tout libre arbitre. La racine devient champ. Trop grand, impossible à arrêter Bien évidemment, jamais ces mots ne franchiraient la barrière mince de ta bouche sur laquelle un sourire désabusé se formait peu à peu. Tu aurais presque pu sourire en te voyant dans toute cette démente folie. Les hommes sont des hommes, et tu n’échappais pas à la règle, malgré ta vie dans la solitude. Tu ne se laissais pas écraser par une blessure, ni par les sentiments tu tentais de soutenir sa présence, son regard. Qu’on respecte les hommes, n’est-il pas, qui savent cacher qu’ils souffrent comme les bêtes qu’ils sont ? Tu es homme. Et toi aussi, tu essaies de le cacher. Ton esprit méthodique et ton intelligence affûtée, de même que ton expérience des autres ne lui servaient hélas à rien dans la situation présente.

Il y a tes mains contre sa peau, sa douce peau qui continue son chemin, qui découvre. Tes baisers qui parsèment le creux de son cou. Tu fermes les yeux t’oublie le reste, tes responsabilités, tes obligations, tes obsessions. Tout. Ses mains à elle, finissent par se glisser contre la taille, elle insiste, elle te veut là, plus près, contre elle. À quelques centimètres à peine d’elle. Vos lèvres se retrouvent, s’entrechoquent, s’anime un peu plus à chaque seconde. L’entrain, l’envie, la passion s’enflamment. Ils finiront par se brûler, à vouloir aller trop vite. Le mien… Ou le nôtre ? Dans ses gestes, elle demande, elle veut. Elle exige. Elle veut sentir ta peau contre la sienne, que vos corps se mêlent l’un à l’autre. Tu lui offres ce qu’elle désire. Ton visage change, au moment de retirer ton chandail. La douleur de ton précédent combat devenait de plus en plus difficile à ignorer. L’adrénaline qui coulait dans tes veines s’escompte peu à peu. Un bleu te marbre tout le côté droit du torse, c’était encore léger, mais nul doute que tu allais arborer une admirable teinte violacée, bientôt. Tes mains vont frôler à nouveau sa peau avant d’agripper son t-shirt. D’un seul coup vif, le tissu se déchire entre tes mains, tu le laisses retomber contre sa peau. Ah, tu disais ? Tes prunelles quittent ses yeux, pour glisser sans gène contre la vue qui s’offre à toi, tes mains se dirigent vers clavicule, pour finir de retirer le lambeau de tissus qui couvrait une partie de son corps. L’un de tes mains s’arrête contre son cou, ta poigne est ferme, peut-être un peu plus qu’il n’en était nécessaire. Tu la jauges du regard, tu la provoques. Comme si.. Comme si la mort allait l’emmener. Comme si elle était comme les autres. Tes soufres douleurs. Tes victoires. Il te suffirait d’un simple coup sec pour lui briser la nuque, pour l’anéantir, pour qu’elle disparaisse sous tes yeux. Mais, elle, Hannibal est différente. Elle est le dernier morceau de ton puzzle, elle est ta moitié, elle est à toi. Elle n’obéit qu’à toi. À personne d’autre. Ce n’est pas le moment de faire une autre connerie, ce n’est pas le moment de tout foutre en l’air. L’envie de faire souffrir, elle devient de jour en jour plus difficile à contrôler. Elle devient permanente, même ici, même parmi les tiens. Tu finis par lâcher prise, posant tes mains de part et d’autre de ton bras droit, paumes contre la table. Tes orbes bleus se cachent derrière tes paupières. On devrait éviter. Laisses-tu finalement sous-entendre. Pourtant, tu ne bouges pas de la, tu restes près d’elle même si le geste le plus sensé était de t’en éloigner.
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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Sam 26 Déc - 13:07
Et les corps s'échauffent. Malgré la douleur, malgré les muscles fatigués, les muscles tordus, les muscles dépouillés, elle puisait dans ses forces. Elle se sentait vivre. Vivre, ce doit être une sacrément belle aventure. Elle se sentait vivre, quand les corps carbonisés quémandaient son regard, exigeaient sa folie, attendaient d'être observés, d'être désirés. Elle désirait ces corps, ce sang, cette odeur de brûlé qui la faisait frémir. Elle laissait volontiers son cœur battre, elle attendait la lèvre mordue, de s'enivrer des morts. C'était plus que sa drogue, c'était son orgasme, sa jouissance, son désir. Elle était folle la CAHO, elle était folle, folle de la Mort, folle du sang, folle du feu. Elle aimait trop le spectaculaire. Elle contemplait les restes de ses envies dans les flammes du feu de sa vie. Vivre, ce doit être une sacrément belle aventure ; et elle vivait, là dans les rues du jeu. Elle avait appris à vivre l'arme au poing, la folie dans les yeux, des couteaux dans les sourires, elle avait appris à rire face à l'ennemi, à se moquer constamment des joueurs. À se moquer constamment de la Mort, tourner, tourner en ridicule le destin et ses foutus dés. Et pourtant elle avait beau se sentir vivre, se sentir vraie, elle était perdue ; trop perdue pour savoir ce qu'elle devait faire, comment agir. Elle n'avait pas appris, à ne pas laisser ses sentiments, ses émotions, prendre les devants, dans le jeu. Elle n'avait pas appris à les taire, à les forcer au silence, parce que c'était plus facile. Parce que pour tuer, c'est mieux d'être impassible, sans cœur, mais elle avait fait taire Cosmo. Elle avait appris à se perdre dans sa mission, elle avait appris à n'être qu'Hannibal, elle devenait croyante d'un dieu à l'aura trop diabolique, d'un dieu qui lui susurrait à l'oreille de ne pas penser. D'agir. Elle s'était bercée dans un corps, dans les corps de ceux morts pour son bonheur, elle avait accepté d'écouter ses pulsions dès qu'elle appuyait sur connexion.
Mais cette fois, elle était perdue.
Elle tentait de se convaincre mais le cœur n'y était pas. Le cœur y était trop. Elle était perdue, perdue par cet homme qui depuis son arrivée l'avait façonnée, l'avait éduquée. Lui avait tout appris. Avec lui, elle était devenue Hannibal, la vraie, la sans pitié. Avec lui, elle avait laissé parler ses sentiments comme jamais, elle s'était donnée pour tuer, pour devenir le parfait soldat. Pour laisser l'impulsivité, la folie. Pour lui elle avait sombré dans la folie, dans la folie heureuse. Elle était prête à tout. Alors, ne pas avoir sa vengeance, c'était la priver de son droit. De son droit naturel, de ses envies. Plus qu'y avoir droit, elle la voulait, cette vengeance. Celle-ci plus que les autres. Parce qu'elle avait été faible, faible parce que ce n'était que le hasard, faible parce qu'elle avait perdu, faible parce que son sang avait trop coulé, et qu'il s'était enfui, qu'il ne reviendrait pas. Même si elle le voulait, il ne se jetterait pas dans son piège c'était certain. Elle aurait beau se débattre ou hurler, crier, s'époumoner, il resterait libre. « Tu l’auras, ne t’en fais pas. » Non, elle ne l'aura pas, ne peut pas. Mais ça il ne le sait pas, et elle-même se refuse à le penser, à l'assumer. « Puis, dans cet état, tu risques de pas en ressortir vivante, si je te permets d’aller assouvir ta vengeance. » Dans son obstination elle avait du mal à l'admettre, elle refusait de le comprendre, mais il avait raison. « Ça me saoule que t'aies raison. »
Et les corps s'échauffent. Elle se perd dans son étreinte, et malgré la douleur, elle le veut plus près, toujours plus près. Il enlève son t-shirt et elle pose un regard sur ce torse qu'elle s'est toujours interdit de contempler, sur ce corps sur lequel il n'y avait pas à poser les yeux. À admirer. Les mains toujours sur sa taille, elle le maintient près d'elle. Pour la réchauffer et la rassurer. Pour se perdre. Pour oublier. Pour tout. Elle n'en sait rien, elle ne sait pas ce qu'ils font, elle ne sait pas s'il faut, s'ils doivent, mais elle a envie qu'il soit près d'elle. Alors quand il arrache sa chemise, quand ses doigts glissent sur son dos et détachent son soutien-gorge, elle lève un peu la tête et s'offre à son regard. Regarde-moi, elle pense, regarde-moi, encore, encore. « Ah, tu disais ? » Ses jambes glissent derrière lui, pour l'approcher plus encore, ne plus le lâcher ; l'empêcher de s'enfuir. Un petit sourire se dessine sur ses lèvres. Et pendant que la main d'Ostatki presse sa nuque et que sous sa force elle suffoque, dérape et oublie d'inspirer, la sienne se pose sur sa joue, sur sa mâchoire. Elle y dessine, elle y est douce, elle y est faible. Comme si elle n'avait plus l'énergie. Elle ne répond rien pourtant, elle le laisse la découvrir et elle se laisse le découvrir. C'est nouveau. C'est différent. C'est presque malsain, ce qui se passe. Ils ne devraient pas, il y a des relations malsaines et celle-ci en est une. Mais elle répond à l'appel des corps. De son corps. Et là, en plus de ses blessures, elle est incapable de s'écouter. Incapable d'être raisonnable. Pourtant, Ostatki refuse, Ostatki recule. Ostatki regrette ? « On devrait éviter. » Non.
C'est son esprit qui a hurlé. Non. Son monde était en train de tomber en miettes, mais elle continuait à vouloir se perdre, à vouloir jouer la luxure. Elle avait envie. Elle le voulait. Et lui aussi. Elle le sait, elle le sent. Ses mains viennent encore agripper sa mâchoire, et elle approche sa bouche de la sienne et elle l'embrasse, elle l'embrasse jusqu'à suffoquer, perdre haleine, dévorée par la passion, consumée par le désir. « Tu sais ce que j'aime le plus, maintenant ? » Un sourire sur ses lèvres. Un petit rire. Elle le fixe, et ses mains descendent, prennent possession de son torse. Doucement, elle effleure les marques, le bleu. Elle continue à descendre, elle déboutonne le pantalon, et elle l'embrasse à nouveau. Elle se perd dans ses lèvres, encore et encore. Il sait ce qu'elle va dire, ensuite. Parce qu'il l'a déjà dit, quelques minutes auparavant. Parce qu'elle sait qu'il a autant envie d'elle qu'elle de lui. Parce que quand le pantalon tombe au sol, quand elle jette un œil au caleçon d'Ostatki, une bosse s'est déjà formée dessous. Et avec un sourire, elle approche sa tête d'elle et à son oreille elle susurre, déposant un baiser sur le lobe. « Ton désir. » Et ses jambes viennent s'accrocher encore à lui, pour l'attirer, pour l'approcher. Et elle se recule un peu, juste assez pour le fixer dans les yeux, juste assez pour prendre l'une de ses mains, pour l'approcher de ses lèvres, pour y déposer un autre baiser. Juste assez pour prendre l'autre, et avec douceur la poser sur ses propres hanches, sur ses propres reins. Juste avoir sa peau contre la sienne, encore et encore.
Elle pourrait s'écrouler de désir.
Parce qu'elle le désire, elle aussi. Elle le désire tellement.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Mar 26 Jan - 5:08

Je voudrais, une nuit avec toi, tes bras enroulés autour de moi, ton corps collé contre
le mien, ton souffle chaud sur ma nuque et tes baisers.
« Ça me saoule que t’aies raison. » C’était ça leur problème les CAHO, leur obstination, à leur attachement à toujours vouloir repoussé leur limite, toujours regarder la mort droit dans les yeux, la frôler d’un unique et pauvre cheveu. Il a pas plus têtu qu’un CAHO en manque de vengeance. Tu le sais, parce que de ceux-là aussi. T’es comme eux. Ceux qui demandent une vengeance, qui réclame, de ceux qu’ils veulent voir enfin la couleur du sang de son ennemi, encore invaincu. Cette victoire, vous la désirez autant que notre soif de sang, de morts. Vous exigez souvent. Vous ordonnez. Ils n’ont jamais réellement le choix avec vous. La fuite n’est jamais réellement une option face à vous, parce qu’importe ou ils iront, à un moment ou à un autre, vous les aurez, vous allez les tuer,les torturer, d’autant plus lentement. Pour votre simple plaisir de les voir souffrir.

Le grondement de gorge venait bien de toi, tandis que ta peau soudain aux aguets te susurrait des choses fantastiques au contact de la sienne, que tes doigts ne lâchaient que pour mieux en visiter d’autres étendues. Les attentions de cette bonne femme avaient chassé le froid, et vous ne vous contentiez plus de cela seulement. Ce corps-à-corps était bien sûr bien différent de ceux qui s’opposaient à des frères joueurs ou méritants une correction, et tu en étais presque niaisement émerveillé, enivré par ces délicieuses sensations. Cette nuit se chargeait d’exquises promesses, ton sang désormais tempêtait dans tes veines... Dévorer du regard l’éclat d’une épaule, la courbe des seins, imaginez les merveilles qui se cachent dans l’ombre, mais glissent sur ton ventre... Mais arrête donc de penser et de t’émerveiller, savoure plutôt! Tant que cela t’est possible. Découvrir avec les yeux, explorer avec le corps.

Une tension. Une hésitation. Un relâchement. Une reprise de conscience. Tu rebrousses chemin, tu reprends tes distances. Elle te dit de tout arrêter, mais ton corps ne le souhaite pas. Le démon ou l’ange. L’ange ou le démon. Ça se bouscule dans ta tête. Tu t’appuies de part et d’autre d’Hannibal, ne n’ose même ne pas la regarder droit dans les yeux. T’évites son regard, parce que tu sais, qu’autrement, ta prise de conscience sera vient. Le pic de l’angoisse se tint là au-dessus de mon cœur. Une once de surprise alors que ses mains viennent agripper ta mâchoire, et elle approche sa bouche de la tienne et elle t’embrasse. Elle te retient dans ton élan pour te retirer. Tu laisses sortir un grognement. Elle fait mine de ne pas l’avoir entendu. Elle l’ignore tout bonnement. Sa respiration diminue au fur et à mesure que les secondes s’écoulent. Elle suffoque. Tu l’obliges à s’arrêter, tu la forces, comme elle l’avait fait précédemment à son tour. « Tu sais ce que j’aime le plus, maintenant? » Sa voix joue aussi sur la boule de désir qui te nouait le ventre et te réchauffait le corps. Ses mains descendent, prennent possession de ton torse. Doucement, elle effleure les marques, le bleu. Elle continue à descendre, elle déboutonne le pantalon, et elle l’embrasse à nouveau. L’envie est là, impossible à cacher, mais... tu ne comptes pas te presser. À vrai dire, tu craignais un brin d’oublier de te retenir une fois arrivé là, et de passer à côté de beaucoup de choses. Ah les femmes... Et tu t’étonnes encore parfois de la folie qu’elles font naître chez vous autres. Le pantalon tombe au sol, avec un sourire, elle approche sa tête près de ton oreille et elle susurre, déposant un baiser sur le lobe. « Ton désir. »  Et ses jambes viennent s’accrocher encore à toi, pour t’attirer. Et elle se recule un peu, juste assez pour le fixer dans les yeux. Puis, elle s’approche à nouveau pour y déposer un autre baiser, après qu’elle a insisté pour que tu poses ta main contre sa joue. Puis, elle prendre l’autre, et avec douceur la poser sur ses propres hanches, sur ses propres reins. L’air de rien, tu la tenais, tu l’enveloppais... Et tu prenais tout ton temps. Concentré sur l’instant, cette rédécouverte inespérée d’un plaisir stupidement devenu rareté, rêve tenace qui si souvent s’évanouissait. Petite touche de gourmandise par petite touche de gourmandise, tu descends le long de sa gorge, tandis qu’une de tes mains faisait de même de l’autre côté, pour ensuite se glisser pour suivre la ligne du dos, puis un galbe doux et ferme. Pas le temps pour les questions, pour l’étonnement... Plus que les sensations, sa chaleur. Un manque pour un temps fut comblé. tu n’en demandais pas plus.
Peut-être bien que c’était une folie. Mais au sein d’un peuple devenu fou, quelle importance?

Et puis, tu t’empares de la bouche d’Hannibal. Sans douceur, mais sans fermeté. Tu poses ta l’une de ses mains contre elle, tu t’approches, il n’y a que la table qu’il devient dérangeante entre vous. Tu l’insistes à reculer. Ta jambe te faire trop souffrir pour supposer son poids en plus. Tes lèvres s’échappent des siennes, sans pour autant aller trop loin. Juste de quelques cimetières. Juste pour voir son visage. « J’aurais droit à mes propres représailles? » Tu te fais joueur. Elle recule et tu t’avances encore plus, une de tes jambes finit part se poser contre le rebord de la table, tandis que tu te hisses au-dessus d’elle, alors que ta main glisse vers le bas de son ventre, lentement, avant de finir par déboutonner le bouton de son pantalon. Tu t’éternises, alors que tes lèvres viennent faire pression contre les siennes. Tu joues de tes caresses contre le bas de son ventre. Juste encore un peu. Quelques secondes, avant de laisser ta main se glisser sous son sous-vêtement. Tes doigts s’arrêtent près de son intimité. Tu la jauges rapidement du regard, avant de laisser tes doigts s’occuper d’elle. S’occuper de son propre plaisir. Et l’image floutée de ton ancien amour s’en alla loin du feu et de ces deux corps enlacés, laissant aux vivants le plaisir de vivre et d’oublier. Tu étais fatigué et tu avais envie d’aimer, d’aimer un peu, à ta façon, et sans lendemain.
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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Mer 17 Fév - 23:04
C'est le bordel. C'est le bordel dans son cœur, dans son corps. Et même le cerveau a l'air d'avoir dit tant pis. Il a rendu le gun, il a déposé les armes sur le sol et il lui a craché de se débrouiller seule. Seule avec quoi, alors ? Un cœur qui bondit quand elle relit la lettre de son fantôme, quand chaque mot vient se crasher sur l'organe – il peut à peine envoyer le sang maintenant, putain, fais un peu attention – et le broie aussi facilement que la main broie l'orange pour en extirper le jus ; c'est trop facile d'être brisée, qu'elle pourrait rétorquer à tous ces cons qui se moquent. Avant de les brûler vifs avec tous ces sentiments pour essence, colère en tête, colère en première ligne. Pourquoi, qu'elle aimerait hurler. Comme si Hanni pouvait entendre, alors qu'elle était peut-être même plus sur le continent ; peut-être qu'elle se la coulait douce sur une de ces îles qui font rêver les couples, à bronzer sur la plage, en sirotant un cocktail. Mais qu'est-ce que tu crois Cosmo ? Tu croies que tu lui manques ? Mais dans quel monde tu vis ? La lettre c'était l'abandon, c'était signé de son sang, l'adieu du démon, comme si elle avait signé un pacte de satan pour ta mort. Elle a voulu que ça te broie le cœur, elle a voulu que tu aies mal comme ça, à plus pouvoir respirer dans ce foutu appartement parce qu'il y avait trop de son odeur, trop d'elle de sa présence fantôme. C'était le spectre blafard qui venait te réveiller les premières nuits, c'était pour elle que tu pleurais, sans arrêt, que c'en devenait insupportable. C'était pour elle que t'avais voulu te détruire, parce que c'était plus facile. De l'oublier, de pas vouloir y croire. C'est le bordel, dans ton cœur, ma pauvre Cosmo. Et le virus gangrène même Hannibal qui ne sait plus quoi penser, qui a le cœur en pause parce que le cerveau a déposé les armes. Alors quoi ? Oublier Hanni, se lancer dans l'auto-destruction ? Pourtant, elle ne l'a pas touchée, la bouteille sur la table. Elle l'a fixée des heures, elle s'est dit qu'elle finirait par la boire, quand ce serait trop dur, quand l'absence ferait trop mal. Mais la douleur est restée la même et pourtant la bouteille est encore pleine. Peut-être qu'elle s'est dit que ça arriverait un jour, que ça ne durerait pas de toute façon ? Qu'il fallait relativiser, qu'elle en trouverait une autre ?
Une de perdue dix de retrouvées, c'est pas ce qu'on dit ?
Mais elle y croit pas vraiment.
Mais c'est le bordel aussi dans le corps.
Parce qu'elle oscille entre désir et retenue, parce qu'elle ne sait pas si elle a vraiment le droit de s'y perdre, dans les bras d'Ostatki. Parce que ses baisers broient la peau à leur manière, et qu'elle aimerait arrêter le temps. Il a hésité. Il pourrait, s'en aller, la laisser là frustrée, se frustrer lui-même et aller baiser Hart parce que c'est ce dont il a vraiment envie. Après tout c'est pour lui que la guerre a débuté, non ? Elle n'a pas posé une seule question, même si ça lui brûlait les lèvres, de savoir ce qui s'était passé. Et ça lui aurait brûlé le cœur, de savoir ce qui s'était passé entre eux. Parce qu'elle avait beau ne s'être jamais perdue sur les lèvres d'Ostatki, parce qu'elle avait beau ne jamais avoir eu droit à un de ses sourires elle était à lui comme il était à elle. Le duo de démons, les fous qui n'avaient peur de rien, le roi et la reine. Elle aimait la sensation de puissance quand elle était à ses côtés. Mais là ça s'était envolé parce que son corps n'avait plus de prestance et se plongeait dans l'absence de logique. C'est insupportable, d'être impuissante. L'est-elle tant que ça ?
Pourtant c'est dans son cou qu'Ostatki abdique, c'est dans son cou qu'il dévore la peau, qu'il prend son temps, le salaud à les faire languir tous les deux. « J’aurais droit à mes propres représailles ? » Et alors qu'il se hisse au-dessus d'elle, que sa bouche dévore la sienne, elle frémit. Oh oui, qu'elle pense, mais elle ne dit rien pour le moment, elle essaie de faire le tri entre les émotions, entre le bordel de son cœur, de son corps, de son esprit. Tout crie à la déraison, et au milieu de ça, Hannibal n'écoute plus rien si ce ne sont les cris qui leur parviennent de l'église, si ce n'est son cœur qui bat un peu trop vite, si ce n'est celui d'Ostatki qu'elle croit entendre par-dessus la peau. S'ajoutent ses gémissements, quand elle sent les doigts du CAHO entre ses cuisses et que par réflexe elle mord sa lèvre, celle qu'il avait de blessée. Sans vouloir lui faire mal, ou en voulant lui faire mal. Pour qu'il sente quelque chose, de plus fort, de plus passionné.
Elle voudrait lui dire, goûte-moi, touche-moi, dévore-moi, mais elle reste muette alors que son corps se cambre sous les caresses divines de ses mains. Elle voudrait lui dire, encore, plus fort, plus vite, mais la voix se brise dans la gorge alors qu'elle vient embrasser son cou, alors que ses mains viennent chercher son crâne, avec presque trop de force – toute la force qui lui reste – et que ses baisers se crashent sur son épaule nue.
« Dans les flammes et dans le sang. » Mais finalement elle chuchote quelques mots à son oreille, pendant que ses mains se glissent dans le dernier vêtement qui lui reste, pendant qu'avec un sourire malin, le sourire du démon à peine réveillé, elle entreprend de le guider vers le plaisir. Ses gestes sont pourtant lents, d'une lenteur assassine, ils sont, suaves, susurrants, lancinants. Parce qu'elle veut le tuer, le tuer de la petite mort, le faire languir jusqu'à la dernière once de raison qui lui restera. Parce qu'elle veut l'amener jusqu'aux portes de la fin. Se venger du plaisir de ses doigts, auquel elle répond par quelques gémissements de bonheur. Mais elle ne lui dira pas prends-moi tout de suite, parce que ce serait perdre la course. La course de celui qui résistera le plus longtemps aux supplices de l'autre.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Ven 19 Fév - 7:25

Je voudrais, une nuit avec toi, tes bras enroulés autour de moi, ton corps collé contre
le mien, ton souffle chaud sur ma nuque et tes baisers.
Cette distance que t’as créé au fil des jours qui s’était écoulée, entre lui et toi. Le recul que t’as décidé de prendre, face à notre relation. Décision que tu pensais être la meilleure pour toi, pour lui. Elle te détruit, te consume à chaque millième de seconde qui s’écoule. T’as envie d’être là, à ses côtés, alors que tu t’y refuses catégoriquement. Ressasser, tourner éternellement en rond. Ses heures qui s’écoulent te semblent devenir des jours, voir des semaines, t’as perdu le fil depuis longtemps. Tu t’occupes l’esprit autrement, tu t’occupes à l’intérieur du Darwin's Game. L’entrainement n’arrive plus à canaliser ta rage, ta colère, ta haine. Tu n’arrives juste plus à rien. La culpabilité te ronge tout autant. C’est de ta faute, tout ça et pas celui du voisin de palier du gamin. T’es conscient de ça et ça te fait extrêmement mal, parce que tu l’avais prévenu. Maintenant, tu t’éloignes un peu plus chaque jour, tu te refermes à nouveau sur toi-même. T’essayes d’oublier la douleur, la souffrance que tu crées autour de toi. T’essayes d’oublier ton enfer, votre enfer créer pour vous deux. Tu refuses de lui faire subir le supplice du damné, tu ne veux pas de ça pour lui. Tu crées ton Nouveau Monde, tu crées l’obstacle qui vous séparera l’un de l’autre. L’obstacle qui restera à jamais infranchi. Bientôt, il devra qu’un souvenir, qu’un gamin, qu’un homme de plus sur ta liste de conquête. Bientôt, il n’existera plus que le souvenir d’une nuit passé. D’une nuit horrible. D’une nuit malsaine. D’une erreur monumentale.

Mais, pour l’instant, pour éviter cette sensation de néant intérieur, tu essaies simplement de ne pas rester seul, mais même un corps chaud contre le tien ne t’aide pas... C’est agréable, certes, et le plaisir est réel, pendant un instant. Mais aucune présence ne peut combler le trou laissé par l’absence, de son absence. Tu enchaines les conquêtes, sans vraiment les choisir, passant du temps avec toutes celles qui sont d’accord, sans te soucier ni de leur apparence ni de leur façon de penser. Tu n’as retenu aucun de leurs prénoms et leurs visages sont déjà flous. Est-ce que tu en suis fier? Non. Est-ce que tu culpabilises? Certainement pas non plus. Dans le cas, inverse, le reste de ton temps, tu vis qu’au sien du jeu, qu’au sien du Darwin's game. t’existes plus là-bas, dans l’autre monde. Tu te laisses dépérir, tu te fais de plus en plus imprudent dans tes boulots, dans les contrats qu’ils t’offrent. T’es plus totalement là-bas. T’es ici, alors que t’es de l’autre côté. Tu joues, toujours maintenant. Le sang de tes ennemis coule à flots, celui des atoms, celui des gangs adverses. Cette barrière entre les mondes s’écroule. Ça se voit dans ton comportement. La différence, elle s’amincit. Dmitri devient Ostaski, Dmitri disparait. Chaque ennemi qui s’écoule à tes pieds, chaque ennemi qui est prisonnier de ta propre prison, t’enfonce un peu plus dans le trou béant de ta propre prison que tu t’es créée. T’oublies tes principes, t’oublies ta façon de fonctionner. L’instinct prime maintenant sur tes actes, sur ta survie. T’oublies ton identité, ton nom, tu n’es plus que l’ombre de toi-même. Que l’ombre du démon qui te hante. T’es devenu la mort, elle-même. Tu l’offres, tu l’ordonnes au nom des CAHO, au nom de ton clan. Tu te réfugies auprès des tiens, auprès d’Hannibal, que ce soit par de simples caresses tout bonnement ''professionnelle'' ou passionnelle. Tout ce que tu veux, c’est d’oublier de passer à autre chose, de dire au revoir au passé.

Tu fermes les yeux. T’oublies ou tu es, qui tu es. T’oublies tes responsabilités, t’oublies ton rôle. Puis, tu finis par t’abandonner. Tu finis par laisser parler ton envie, ton désir. Tes mains se faufilent contre son corps, tes lèvres contre ses lèvres, contre sa peau meurtrie. T’oublies que dehors, derrière ses portes, n’importe qui pourrait se présenter. Il n’y a que vous deux et votre monde et cette douleur qui te parcourt à nouveau ta lèvre, ce fin filet de sang qui s’écoule, pour se retrouver contre les siennes. Le gout de fer vient s’imprégner entre baisers et caresses. « Dans les flammes et dans le sang. »  Chuchote-t-elle à ton oreille. Un fin murmure. Quelques mots alignés alors que ses mains se glissent sous ton sous-vêtement. Ses mouvements se font lents, trop lents. Pour autant, tu te concentres sur elle, sur sa respiration, sur ses gémissements, tu laisses toutefois, quelques bruits sourds, sortir entre tes lèvres, sans réellement t’en apercevoir, sans réellement vouloir lui offrir sa satisfaction. « Juste ça? » Une provocation de sa réponse donnée précédemment, une provocation face à sa tentative de te faire craquer, de te faire prononcer les mots, ceux qu’elle souhaite attendre, à coup sûr. « Allez, j’suis certain que tu peux mieux faire. » Une invitation à prendre les choses en main? Possible.

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MessageSujet: Re: (-18) ostatki ✞ to live will be an awfully big adventure.    Lun 7 Mar - 23:34
Dans l'obscurité, dans ce je ne sais quoi teinté d'inhumanité, ils plongent tous les deux vers l'Enfer, celui qu'on murmure en prenant garde aux démons sous le placard ; celui qu'on craint mais surtout celui qui fascine. Il fascine ce paradis diabolisé, ce bordel où la douleur prime, où c'est sûr il y aura une souffrance éternelle pour ceux qui franchissent la mauvaise porte. Et dans l'ombre de la pièce, leurs mains liées, ils se mettent à voltiger tout près du vide, s'approchant juste assez pour regarder les autres souffrir en bas. Sans tomber. C'est dangereux mais ils aiment trop la sensation procurée pour s'arrêter, pour reculer et dire adieu à ce danger qui les fait triper. Pour une autre dose, encore une, la dernière qu'ils disent, alors que leurs esprits leur crient, leur hurlent que ce sera sûrement pas la dernière, parce qu'ils aiment trop ça. Ils se sentent comme des moustiques, à avoir pris la dose de sang, un peu groggy à voler sans vraiment savoir où ils vont, ce qu'ils font. Ils entament le ballet qu'ils ont trop envie de terminer mais ne font pas la course au premier. Chacun veut que son alter ego soit frustré, soit au bord du précipice et tombe désespérément. Les dés sont jetés, il y en aura bien un pour abandonner, pour se laisser plonger dans les affres du plaisir sans chercher plus à gagner la course, à tenir plus longtemps que l'autre. Pour l'instant ils se battent, se cherchent, se trouvent. S'embrassent comme si c'était la première (ça l'est) et la dernière fois (pourvu que ça ne le soit pas). Et leurs baisers ont le goût du sang, du mauvais, mais paradoxalement c'est trop bon, si bien qu'ils ne reculent que pour respirer, pour éviter l'asphyxie.
Et ça fait mal, ça brûle tous ses os, mais elle continue Hannibal à quémander toujours plus, à s'en abreuver, de ses lèvres. Et ça fait mal, ça lui raidit les muscles, mais elle s'adonne, se donne, elle s'abandonne pour plus de baisers, de caresses, pour du plaisir brut et presque bestial.
C'est comme le découvrir à nouveau ce chef qui lui a tout appris, qui lui a greffé des crocs et qui lui a montré tous les secrets. Elle se souvient de leurs entraînements, du plaisir qu'elle prenait à faire couler le sang, malgré les os cassés, les bleus et les cicatrices, malgré la dureté d'Ostatki, comme s'il voulait leur apprendre que ses airs sévères ne cachaient que ça.
Pourtant au creux de ses reins, son corps contre le sien, sa bouche se pressant contre la sienne, ses mains qui ont faim, faim de sa peau, il n'a plus l'air sévère. Il a l'air passionné, animé de cette violence et de cette brutalité caractéristiques des jeunes couples qui découvrent le sexe, habité au plus profond de lui-même par cette envie de se perdre, encore une fois. Lui aussi, s'adonne et puis s'abandonne au gré de leurs baisers. Il en aurait des représailles, il aurait droit à un brasier dans le creux de son bas-ventre, à une marée, un tsunami d'écume qui vient s'écraser contre les rochers, sur la falaise. « Juste ça ? Allez, j'suis certain que tu peux mieux faire. » Elle est presque vexée, sa main se tord sur la verge tendue, et ça lui fait mal, parce que les veines sont sensibles, parce qu'il ne s'y attendait sûrement pas alors ça lui arrache un gémissement de douleur qui peine à se noyer dans le plaisir, ça fait mal et Hannibal n'a qu'un sourire sur les lèvres, le sourire de démone comme s'il n'était qu'une nouvelle proie, une victime, un de ces joueurs dont elle aime changer le tatouage et entendre leurs supplications avant le coup fatal avant le dernier soupir, la dernière extase. Parce que quoi, il croit qu'elle va l'obliger à se retourner, s'allonger sur lui pour de nouveaux baisers, que ses mains iront le chercher, ou peut-être même sa bouche ? « Putain Ostatki. » Mais la fin de sa phrase se noie dans la douleur, dans le plaisir elle ne sait pas trop. Elle a presque rendu les armes sous la douleur, sous les souvenirs de torture, sous la baston dont elle sort à peine et qui a laissé des traces.
Mais Hannibal elle essaie de s'en foutre, de passer outre. Alors oui, elle l'oblige à se retourner, elle vient le dominer, même si c'est dur de s'appuyer sur ses bras parce qu'ils tremblent un peu trop. Et sa bouche de venir à nouveau se fondre dans la sienne. Et son bassin d'accompagner ses doigts, sans pudeur, en laissant échapper quelques gémissements de plaisir, quelques râles incontrôlés, des soupirs au bord de ses lèvres. Un Mhh avant de l'embrasser à nouveau. Elle aimerait pour une fois ne plus rien contrôler et abandonner, le laisser gagner, lui demander de la faire sienne par le plaisir mais elle se retient parce qu'il y a sa fierté, sa dignité. Et qu'il l'a défiée. En grimaçant, elle laisse ses mains griffer légèrement sa mâchoire, sa gorge, descendre sur son torse. Elle griffe, elle fait mal, pour qu'il se souvienne, pour qu'il garde une trace presque indélébile de ce moment.
De leur moment.
Cette fois elle baisse complètement le caleçon, faut dire que c'est gênant.
Cette fois elle va plus vite, pour qu'il perde pied. Pour que ce soit lui qui supplie, qu'il se cambre en sentant le sang affluer encore et encore dans ses veines.
Cette fois il n'aurait pas dû la défier, parce qu'elle veut le frustrer, elle veut qu'il en ait presque mal, alors elle puise dans le peu d'énergie qu'elle a.
Mais elle en peut plus, et ma pauvre tu as beau avoir une fierté et une dignité tu vas clamser si tu continues à te malmener. Alors elle s'arrête (il a quand même eu le temps de se cambrer un peu, sinon de la vouloir plus que jamais), elle s'affaisse légèrement et elle vient s'appuyer sur sa joue, l'embrassant à moitié, comme elle peut, mais elle rend les armes, faute de physique convenable, parce qu'ils partaient pas à égalité. Lui il avait qu'un bleu sur son torse d'Apollon et un peu de sang sur la lèvre, elle c'était un cadavre, un truc plus bon qu'à jeter. « Putain j'en peux plus, j'vais te clamser entre les doigts. » Fallait pas prendre les choses en main, Cosmo, tu pouvais pas. Pourquoi il a fallu que ta fierté se ramène ?

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