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 « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]
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MessageSujet: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Jeu 14 Jan - 19:33
 

Roy ∞ Drathir

J'avais besoin de ce sang. Je crois. Peut-être. Finalement ça aide pas tant que ça, mais ce qui est fait est fait, non ? Alors dit rien. Ne crie pas. Ne me juge pas. Il m'a fait du mal. Je lui ai fais du mal. Je crois. De toute façon il est mort maintenant, mais c'était mérité. Vaut mieux lui plutôt que moi, non ? Tu préfères pas me savoir en vie, et lui mort ? Tu préfères pas savoir qu'il pourra plus m'atteindre ? Je m'en remettrais va. Je crois. Mais j'aurais besoin de toi. Alors ne dit rien. Ne crie pas. Parce que ça n'aidera pas. J'avais besoin de ce sang, pour oublier qu'un jour il a fait couler le mien. J'avais besoin de ces plaies, pour oublier les cicatrices qui m'ornent désormais. J'avais besoin de sa vie, en juste paiement pour tout ce qu'il m'a pris. Je sais. Il est mort. Définitivement. Mais je savais pas. En fait je m'en fous. Je crois. Tu sais que j'aime faire mes propres expériences, autant que je laisse les autres faire les leurs. Laisse moi m'octroyer des victoires et encaisser mes défaites, laisse moi prendre les bonnes décisions et faire des erreurs. Je sais que t'approuves pas, je le sais bien, alors pourquoi me le rappeler ? On savait tous les deux que ça finirait par arriver. Je suis forte quand tu hésites, tu es fort quand je ne suis que colère. Le sang bout dans mes veines quand la retenue anime les tiennes. Mais c'est ce qui nous rend fort, à deux, pas vrai ? C'est ce qui fait bien qu'on va bien ensemble, pas vrai ? Alors je t'en prie Roy. Ne dis rien. Ne crie pas. Pas trop. Pas trop fort.


Les cris résonnent dans son esprit, le sang imbibe sa conscience autant qu’il souille ses mains et le reste de sa tenue. Elle est allée trop loin, sûrement, pourtant elle n’éprouve aucuns regrets. Elle aurait dû regretter, vouloir revenir en arrière, prendre conscience de la valeur de la vie qui se trouvait entre ses mains, se refuser à s’abaisser à des actes aussi cruels et agir autrement. Mais non. Si c’était à refaire, elle agirait de la même façon, malgré le cadavre désormais dématérialisé de son adversaire. La blonde avait obtenu sa vengeance, elle avait retrouvé le caho qui l’avait torturé et à son tour elle lui avait infligé les mêmes tourments. Si ses connaissances n’égalaient pas celles d’un médecin, elle en savait suffisamment pour faire mal, très mal. Et pourtant au fur et à mesure que sa lame tranchait les tendons, lacérait la chair, que l’eau glacée se heurtait au visage de l’homme avec la même violence que lorsqu’il s’était amusé à la réveiller quelques semaines auparavant, l’infirmière n’avait rien éprouvé de plus que de la rage. Encore et encore. Une colère qui ne faiblissait pas, qui l’avait poussé à hurler contre sa victime qui semblait bien moins touché qu’elle. Il lui résistait, il s’en moquait, alors qu’elle avait passé des nuits et des nuits à cauchemarder à cause de lui, alors qu’il lui avait fallu un temps fou pour oser se regarder de nouveau dans un miroir sans se mettre à sangloter en repensant à la douleur éprouvée. Il l’avait humiliée, blessée. Il avait joué avec elle, la faisant souffrir au-delà du raisonnable et la renvoyant à des plaies psychologiques qu’elle peinait à fermer depuis des années. Et lui il s’en contrefoutait, malgré ses efforts pour le torturer, malgré ses cris, malgré sa patience. Elle était folle de rage et même lorsqu’elle avait réussi à lui arracher quelques grondements de douleur, cela n’avait en rien apaisé sa soif de sang et sa rancune. Ça ne lui rendait pas ces nuits agitées, ça ne lui rendait pas son assurance et même la certaine innocence avec laquelle elle avait considéré le jeu tous ces mois durant. C’est pour ça qu’elle avait fini par hurler contre lui, l’accusant pour son incapacité à être satisfaite de sa vengeance, le blâmant pour ne pas réussir à tirer satisfaction de la torture qu’elle lui infligeait. Naïvement, Dagger avait pensé que la vengeance lui ferait tout oublier et apaiserait son âme torturée. Il n’en est rien. Et ça la tue, ça la tue que d’imaginer qu’elle fasse tout cela en vain, ça la tue d’imaginer qu’elle courrait après une chimère. Alors, malgré les heures passées à tenter d’évacuer sa rage, elle avait fini par l’achever. A moins qu’il ne se soit naturellement vidé de son sang.

En tous les cas, elle lui avait pris une vie, et devenant ses ricanements, devant cet air presque soulagé qu’il semblait arborer, la blonde s’était interrogée. C’était pas normal. Et c’est alors qu’elle comprit, c’est alors que la vérité lui explosa au visage. C’était sa dernière vie. Pas le temps de digérer l’information que déjà le cadavre disparaissait, se dématérialisant sous ses yeux et la laissant là, immobile dans le moulin qui lui avait permis de masquer ses méfaits. Elle avait torturé un homme, aussi malade soit-il. Elle avait tué un homme. Définitivement. Jusque là la blonde avait évité de se poser la question, n’ayant guère le loisir de remarquer le tatouage de ses adversaires et elle ignorait tout des cadavres qu’elle avait pu laisser derrière elle. Cette fois ci en revanche, elle sait. Elle sait aussi, encore une fois, qu’elle ne changerait rien à la situation si elle en avait le pouvoir, pourtant elle suffoque presque à l’intérieur. Elle a torturé et tué un homme. Mettre des mots sur l’acte lui arrache un frisson, baisser les yeux sur le sang qui la salissait lui fait le même effet et ce fut alors dans un grondement furieux qu’elle quitta la pièce prestement, courant en direction de la rivière comme si sa vie en dépendait et n’accordant qu’une attention limitée à ce qui pouvait se passer autour d’elle. Le bord de l’eau atteint, Drathir se jette littéralement au sol, commençant par enfoncer ses mains dans la rivière. Le temps de sa fureur il s’était mis à neiger et une fine couche blanche recouvrait désormais le sol, sans parler de la température qui rendait l’eau absolument glacée. Mais elle s’en fout. Elle se frotte les mains à s’en arracher la peau, cherchant à ôter ce sang qui, pour la première fois de sa vie, la rend mal à l’aise. Elle est nerveuse, agacée, en colère tant contre lui que contre elle. Même mort il la faisait chier, même en tant que victime il parvenait à être plus fort qu’elle. Ça l’écœure, ça lui mine le moral, ça lui fait peur, aussi. La bras droit en profite pour s’asperger le visage, délogeant les quelques gouttes qui avaient pu s’écraser sur sa joue le temps d’une lacération, avant de fermer les yeux avec force. Ce fut avec soulagement toutefois qu’elle constate que rien ne vient la perturber, qu’aucune vision ne vient l’accabler. Seul les cris du caho sifflent encore à ses oreilles, dérangeants, mais ses yeux ne voient rien. Ça la rassure, ça lui donne l’espoir qu’elle a bien fait, que sa vengeance l’apaisera peut être malgré tout, avec le temps. Elle voulait arrêter de réveiller Roman chaque nuit, arrêter de devoir passer ses nuits en dehors du QG afin de ne pas déranger l’équipe –et surtout afin de ne pas révéler des faiblesses qui ne regardaient qu’elle. Le soulagement est toutefois de courte durée car sa conscience la tiraille. Un peu trop.

« Mais ta gueule, qu’elle siffle pour elle-même, passant ses mains sur son visage et sa chevelure, comme si une pression sur cette dernière réussirait à éteindre momentanément ce qui lui servait de cerveau. Et elle poursuit, parlant pour elle-même, se rassurant en quelques mots prononcés sur un ton glacial destiné à renforcer cette allure nonchalante, détachée. C’est pas grave, s’efforce-t-elle de croire. Allez Dra’, c’est rien. Tu connais la règle, tuer ou être tué. Il l’a mérité, il l’a cherché. Tu pouvais pas le laisser s’en tirer après tout ça. Consciente de n’avoir retiré que partiellement le sang qui souillait son corps, l’atom replonge les mains dans l’eau glacée et ce malgré sa peau qui lui demandait en silence de l’épargner au vu de la teinte rouge qu’elle prenait. Elle est gelée, ne cesse de frissonner à cause de ça, mais elle s’en fout. Elle tente d’apaiser les battements de son cœur, et tente encore de se convaincre du bien fondé de son acte. Tu t’en fous des autres, tous ces crétins qui pensent que la vengeance est inutile. Tu devais le faire. Pour prouver qu’elle n’avait rien d’une victime, qu’elle ne se laissait pas faire, qu’on ne pouvait la malmener impunément. Pour faire chier ces enfoirés de caho qui ont osé capturer Aria et qui se pensaient intouchable. Les raisons étaient multiples mais pourtant cela ne suffisait pas pour justifier son geste aux yeux de la société, ça le serait encore moins si le crime avait été commis à Chicago bien qu’elle se sache -ou tout du moins se pense- incapable d’en arriver là au quotidien. Inspirant profondément la blonde conclut pour elle-même dans un dernier souffle, sortant ses mains de l’eau et les contemplant, rougies par le froid. T’as pas le choix. Si c’est pas toi, personne osera le faire. Elle se rassure une dernière fois, ayant toujours estimé qu’elle aurait à s’abaisser aux pires actes juste parce que personne d’autre n’oserait le faire. Roy n’oserait pas, ou ça le détruirait. De son côté elle était suffisamment arrogante pour se penser capable de tout encaisser, plus ou moins difficilement. Sa conscience se bousillerait pas aussi facilement. Elle était faîte pour ça. Ce fut en tout cas sur ces quelques mots qu’elle finit par soupirer avant de relever les yeux, intriguée par un bruit soudain. Elle aurait dû les entendre arriver bien plus tôt mais, préoccupée, cela ne fut pas le cas. L’émeraude de ses yeux se planta ainsi sur la silhouette de Roy, de l’autre côté de la rivière, entouré de quelques atom. Elle sait pas ce qu’il fout là, ce qu’il doit faire, ce qu’il veut. Mais elle sait qu’il n’est pas assez con pour ne pas se soucier du sang qui tâchait l’ensemble de sa tenue, pour ne pas s’inquiéter de la voir le genou à terre. Muette l’espace de quelques secondes, Drathir se redressa calmement, ôtant la neige de ses genoux en quelques gestes secs avant de prendre la parole, se raclant la gorge pour éviter de trahir ne serais ce qu’une émotion. Ouais je sais, je devrais pas me balader seule. » Qu’elle ironise, faussement amusée. Elle espérait avoir la paix, mais savait pertinemment qu’elle ne l’aurait pas.
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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Lun 18 Jan - 7:20
D'un bref signe de signe de main l'atom désigna à son chef la rivière et la joueuse qui se trouvait de l'autre côté de la rive. Le leader savait très bien qui il y trouverait sans même s'approcher de l'eau. Mais il n'était pas sûr de vouloir commencer ça, cette confrontation permanente entre lui et son bras droit. C'était pourtant ce qui faisait leur force. Aussi il n'hésita pas bien longtemps avant de se lancer. Une brève fumée s'échappa de ses lèvres quand il soupira et qu'il s'avança près de la rive. Suivit de près par les quelques atoms qui l'avaient accompagnés, il trouva place parmi les fourrés puis il se planta pile devant la blonde. Son cœur se serra quand il la vit couverte de sang, d'autant plus dans cette neige qui rendait les couleurs écarlates. Faust savait, et ce dès qu'il la vit, ce qu'il s'était passé. Il savait quoi et il savait pourquoi. En fait, il savait depuis le jour où il l'avait récupéré au même endroit quelques semaines auparavant. Ce jour-là, il avait tué pour elle. Pour la libérer des griffes de ce caho enragé, il n'avait pas hésité une seule seconde quand bien même ça l'avait empêché de dormir le soir même. Et en l'extirpant de cet enfer il lui avait fait promettre de ne jamais y retourner pour retrouver ce type. Parce qu'elle valait mieux que ça, parce que Faust faisait parti de ceux qui ne croyait pas en la vengeance. Il ne se voulait pas la face pour autant. Il savait à quel point c'était égoïste et ironique de lui demander de ne pas tuer ce caho quand il l'avait demandé à ses côtés pour cette capacité à faire le sale boulot. Mais là, devant Drathir et ce sang qui la tâchait, Roy comprit que lui faire promettre ce genre de chose était tout bonnement impossible. Elle n'était que colère depuis, comment avait-il pu croire qu'il la changerait ? La seule chose pour laquelle il ne culpabilisait pas c'était d'avoir essayé.

Elle se levait et c'est le plus naturellement du monde (du moins dans sa nature à elle) qu'elle se mit à déconner sans la moindre honte. Autant dire que c'était loin de faire rire les atoms présents derrières Faust. Au contraire de lui qui, après quelques secondes de silence, c'était mis à rire devant l'ironie de la jeune femme. Il était l'un des rares à apprécier l'humour de la blonde faut croire. Ou peut-être qu'il était tout aussi faussement amusé qu'elle. A sa façon de soupirer pour clore son hilarité, on pouvait sentir toute la nervosité du leader. « Vous devriez séparer des deux côtés pour chercher de quoi traverser et aller l'aider, elle a surement besoin de soin. » Il s'était à peine tourné vers ses joueurs pour leur donner des indications qui ne servaient à rien d'autre que de se retrouver en tête à tête avec son bras droit. Elle devait bien connaître la méthode, elle s'était déjà fait avoir plusieurs fois de la sorte. Il attendit que les joueurs disparaissent et soudainement il eut l'air bien moins confiant et fier. « Dis-moi juste que... Je sais pas, qu'il y a un peu de ton sang et pas que le sien... Que t'as fait ça proprement. » Qu'elle ne s'est pas rabaissé à vulgaire statut de boucher. Faust espérait qu'elle lui mente juste pour atténuer cet étrange sentiment qu'il n'arrivait pas à nommer. Il était déçu, en colère, attristé, dégouté même. Mais le tout baignait dans une compassion inévitable. Elle n'était pas la première ni la dernière à succomber à la rancune dans l'espoir que ça apaise sa souffrance. Certain même s'abandonnait à pire et faisait souffrir n'importe qui pour compenser leur douleur. Néanmoins Faust n'était pas là pour la juger sur une échevelle de gravité d'erreur. Lui il était juste là pour la ramener à la raison et ce qui lui semblait juste. La ramener du côté des atoms. « A défaut de ne pas avoir tenu cette promesse est-ce que tu peux me jurer qu'il s'agissait de la dernière fois ?  Il s'était voulu plus calme mais sa voix faisait raisonner la colère et la déception qu'elle avait provoqué en lui. J'ai autre chose à faire que te courir après Dra. Et ne me dit pas que t'as rien demandé, parce que moi non plus j'ai rien demandé ! Mais on est tout le deux dans ce merdier ensemble alors me laisse tomber pour une connerie pareil. »

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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Lun 18 Jan - 14:41
 

Roy ∞ Drathir

C'est dégueulasse ce que tu fais. C'est dégueulasse de réclamer de moi que je fasse le sale boulot quand tu t'avères incapable de le faire, pour mieux me priver d'une vengeance par la suite. C'est dégueulasse d'attendre que je me bousille en ton nom, et uniquement pour ça. C'est égoïste. T'es un putain d'égoïste avec moi. Je sais pas si tu l'es trop ou si au contraire tu l'es pas assez. Sûrement trop, à ainsi attendre de moi que je me plie constamment à tes idéaux, à espérer que je renie et masque ce que je suis juste pour servir tes intérêts. Sûrement pas assez, à ainsi continuer de faire passer l'équipe avant moi, tes valeurs avant moi, toi avant moi. Je mérite pas tes efforts ? Je mérite pas que tu passes outre, pour une fois ? Tu te dis pas que cette expérience était nécessaire, que j'aurais jamais pu continuer à vivre en demeurant inactive ? Cette vengeance me bousille, mais son absence m'aurait tué. Fais un effort, met toi à ma place, voit à travers mes yeux et vis à travers mon âme. Tu vois pas comme ça fait mal ? T'as vu pourtant, t'as vu comme il m'a déglingué ce jour là, comment t'as pu penser que je pourrais vivre ainsi ? Je te demande pas d'approuver, je te demande pas de me mentir. Mais je mérite mieux que tes reproches, je mérite mieux que ta déception. Je suis ce que tu n'es pas. Ne me repousse pas aussi aisément pour ça.


L’ironie de la blonde ne dure qu’un instant et tout sourire la quitte lorsque le meneur atom demande à ceux qui l’accompagnent de chercher un moyen de la rejoindre, afin de l’aider. En d’autres circonstances elle aurait trouvé la situation hilarante, elle-même ne subissait que trop souvent les ordres inutiles de Roy quand ce dernier voulait se débarrasser d’elle pour une raison ou une autre, mais là cela ne fait que l’inquiéter en un sens. Elle ne voulait pas se disputer avec lui, pas alors qu’il lui semblait évident que cette histoire allait se finir ainsi. Avait-il sincèrement cru qu’elle passerait l’éponge ? Qu’elle laisserait cette ordure s’en tirer aussi facilement ? Elle n’était que fureur et rancœur, elle n’était rien de plus qu’une bombe à retardement qui pouvait exploser n’importe quand. Un rien suffisait à allumer la mèche, à actionner le détonateur. Il avait beau essayer de la préserver, s’assurer que malgré tout elle ne se bousille pas pour rien, c’était inutile. Elle ne serait jamais conforme à ce qu’il espérait, elle ne serait jamais la perfection atom, elle ne serait jamais son idéal. Etais-ce si mal que ça ? En tous les cas, malgré ses efforts pour se convaincre du bien fondé de son geste, la blonde peine à retenir un frisson qui n’est nullement dû au froid. Quoi qu’elle en dise, quoi qu’elle en pense, les réactions et avis du brun à son sujet avaient leur importance. Elle craignait son regard, elle craignait son courroux autant qu’il pouvait craindre le sien, bien que cela ne les empêchait jamais de n’en faire qu’à leur tête. Elle avait ri de cet homme, se moquant tout en lui témoignant une indifférence presque glaciale. Il n’avait été rien de plus qu’un patient encombrant, et désormais la voilà en train de chercher à le préserver dans tout ce qu’elle pouvait faire. Elle n’avait pas voulu se faire prendre pour lui éviter de se prendre la tête avec elle, pour lui éviter colère ou déception lorsqu’il aurait à se pencher sur son cas. Elle sait pas comment ils ont fini par en arriver là, elle sait pas non plus comment leur duo parvient à fonctionner. C’est ainsi. Rien de plus. Et si la blonde demeure droite, si elle ne compte pas fuir ses responsabilités et demeure déterminée à lui rendre des comptes, elle ne peut s’empêcher de se sentir coupable. Ça la tue d’ailleurs, que d’envisager qu’elle puisse ne pas valoir mieux qu’une gamine pris en flagrant délit par son père, mais le regard de Roy cumulé à ses propres doutes suffit à la faire réfléchir. Avait-elle vraiment bien fait ?

Son inquiétude s’envole toutefois rapidement, dès lors que son interlocuteur reprend la parole en fait. Il espérait qu’elle ait fait ça proprement, elle aurait pu comprendre la demande, elle aurait pu comprendre cet espoir. Sauf que les premiers mots du brun résonnent dans son esprit, douloureusement. Qu’il y a un peu de ton sang et pas que le sien. Un frisson la parcourt, témoignant de la tristesse soudaine qui semblait emplir son cœur, tristesse qui se voit balayée par la colère, un mépris même qu’elle dédie soudainement à l’ancien militaire. Il ne faut guère attendre longtemps pour l’entendre cracher à son égard et, même de là où il se trouvait, il pourrait sûrement remarquer cette étincelle de rage qui scintillait au fond de ses yeux. « Tu veux mon sang ? Alors ça te fait bander à ce point d’imaginer qu’il puisse encore me faire du mal ? Elle siffle, elle crache son venin, elle ricane aussi, foutrement mauvaise. Un part d’elle-même, une infime partie capable de demeurer lucide, lui chuchote que ce n’est pas ce qu’il a voulu dire. Elle le sait, au fond. Mais c’est pas suffisant. S’il désirait lui faire la morale alors il avait tout intérêt à bien choisir ses mots, elle n’allait pas sacrifier de sa fierté ou prendre sur elle pour éviter de partir au quart de tour, pas alors qu’il était celui qui lui faisait des reproches. En d’autres circonstances elle aurait adhéré au discours de son compagnon, elle aurait compris la notion d’honneur qu’il insufflait dans ses mots, mais en cet instant précis elle en était tout bonnement incapable. Elle avait voulu que ce caho souffre, qu’il paye, qu’il gueule, qu’il supplie. Elle avait voulu qu’il se sente aussi impuissant qu’elle, qu’il prie intérieurement pour que de l’aide arrive ou que tout cela se termine. Rien à branler de l’honneur, de la droiture, ou de n’importe quelle autre valeur qui aurait pu dicter sa conduite le reste du temps. Elle avait voulu sa vengeance, le genre de truc bien sale, la sensation de pouvoir, de toute puissance. En aucun cas elle n’avait désiré faire l’honneur à sa victime de lui offrir une mort rapide, douce. Elle s’était montrée égoïste et hargneuse du début à la fin, et elle ne regrettait que partiellement ce choix. Elle le regrettait moins désormais qu’elle avait l’impression que Faust avait attendu d’elle une attitude irréprochable, au détriment de son bien être. Ne pouvait-il concevoir que cette vengeance l’avait apaisé ?

Bien que furieuse, la bras droit capte légèrement les émotions qui semblent assaillir son interlocuteur. Il semble en colère, déçu aussi et le timbre de sa voix le trahit clairement à ce sujet. Il la blâme de nouveau, tente de la faire culpabiliser en évoquant cette promesse sans valeur qu’elle lui avait offerte. Une promesse qu’elle avait fait juste après avoir été sauvé, une promesse dont elle ne se souvenait même pas à vrai dire. Cela n’avait jamais eu la moindre importance bien qu’elle s’en veuille de lui avoir menti à ce sujet. Elle n’aimait pas lui mentir, préférant largement se prendre la tête avec lui quant à leurs mentalités bien différentes plutôt que de lui faire miroiter une parole sans valeur. Faut croire qu’elle avait échoué. Encore. Faut croire qu’elle l’avait trahit, d’une certaine façon. Encore. Sa gorge se noue, elle en suffoque presque lorsqu’il en vient à demander si elle pouvait lui jurer qu’il s’agissait de la dernière fois qu’elle commettait un impair de ce genre. Oui. Parce qu’il est mort. Non. Parce qu’elle ne tolérerait pas que quiconque s’autorise de nouveau de jouer avec elle de la sorte. Dans le doute, la blonde préfère s’abstenir de répondre, immobile et glaciale au possible. Il n’a qu’à s’imaginer ce qu’il veut, il n’a qu’à aborder le sujet et laisser libre cours à son imagination. Elle ne lui faciliterait pas la tâche, elle ne l’a jamais fait à vrai dire. Une fois de plus cependant elle n’apprécie guère le discours que lui offre Roy, l’entendre lui faire des reproches comme à une gamine qui aurait traversé la rue sans donner la main avant ou demander une autorisation quelconque. Elle tolère encore moins l’entendre dire qu’elle était en train de le laisser tomber car c’était bien tout l’inverse qu’elle faisait, à son sens. C’est pour cela qu’elle peste de nouveau, qu’elle explose. « Te laisser tomber ?! Je t’ai rien demandé, j’ai rien réclamé. Je m’apprêtais à vivre avec ça sur la conscience, à garder le secret uniquement pour pas bousiller la tienne, pour pas que tu culpabilises à ma place. La seule raison qui me pousse à faire ça en cachette, c’est toi. Pour pas que tu ais à répondre de mon comportement face à l’équipe, pour pas que tu penses avoir échoué avec moi. Et toutes ces fois où j’ai fermé ma gueule, où j’ai appliqué tes idéaux, où je me suis fiée à toi. Comment OSES TU dire que je te laisse tomber. Comment OSES TU PRENDRE SON PARTI ! » Elle avait littéralement hurlé à la fin, folle de rage, folle de douleur. Ça lui ressautait à la gueule, brutalement, alors même qu’elle pensait en avoir définitivement fini avec ces conneries il y a de cela quelques minutes à peine.

Elle avait envie de chialer, sous le coup d’une colère monumentale qui faisait trembler l’entièreté de son corps. L’accuser de prendre le parti du caho était fort, ce n’était sûrement pas le cas, mais l’impression était là. Tenace. Ça la prend aux tripes, ça influe un sentiment de trahison terrible. Malgré leurs disputes, malgré leur passé houleux, elle estimait depuis plusieurs semaines qu’ils étaient proches. Alors ça la tue de se dire que malgré cette affection, que malgré ce qu’ils partageaient, les valeurs du brun passaient avant elle. L’honneur, la droiture, c’était plus important que tout ce qui la bouffait depuis des semaines. C’était plus important que sa vengeance, que tout. Elle voit pas l’inquiétude qui se cache derrière le discours du brun, elle n’y voit que de l’égoïsme pur et dur, et ça la dégoûte. Il est pire qu’elle. Il réclame sans arrêt, il la bousille dans ses demandes et dans ses refus. C’est dégueulasse. Le regard étincelant, la blonde ne lui laisse pas l’occasion de répliquer, reprenant d’office après une inspiration aussi profonde que laborieuse. « Il m’a torturé Roy. Il m’a torturé. Tu sais ce que ça fait de passer des nuits à hurler, à souffrir en continu tant les cauchemars sont saisissants ? Tu sais ce que ça fait d’aller acheter une arme parce qu’on a peur, parce qu’on est terrifié jusque dans la chaleur de son propre foyer ? Bordel de merde je pouvais même plus me regarder dans une glace ! Moi, j’en étais incapable, mon propre reflet me dégoûtait, alors que merde PUTAIN ! Dans le même temps elle désigne sa silhouette, peu regardante sur le fait que sa remarque sonnait particulièrement prétentieuse. Elle s’estimait belle femme, cela a toujours été le cas, et pourtant elle n’avait plus osé voir son reflet pendant des jours, car lorsqu’elle le faisait elle ne voyait que des cicatrices dégueulasses qui lui donnaient envie de pleurer. Le souffle soudainement court, comme si elle avait couru un marathon, la blonde s’interrompt un bref instant. La colère laisse brutalement place à quelque chose de plus froid, de méthodique. D’autoritaire aussi. Ça sonne comme une évidence, et il était clair qu’elle ne doutait pas de ses propos. Sa vie m’appartenait depuis le jour où il a levé la main sur moi. » Et rien ne l’aurait détourné de son objectif. Rien.
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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Lun 18 Jan - 23:25
Roy se mordit la lèvre quand l'étincelle de rage éclata dans le regard de la blonde. Il regrettait que ses mots aient sonné de la sorte quand il ne pensait pas un seul moment préféré qu'elle soit blessée pour justifier ce sang. « Dra c'est pas ce que j'ai voulu dire... C'est- Mais non putain ! Joue pas au plus con tu sais que c'pas vrai ! » Ô grand jamais il prendrait plaisir à la voir souffrir. Quelle idée absurde ! Si absurde qu'elle fit entrer Roy dans la même rage qui commençait à animer son bras-droit. Pourtant comme d'habitude, il essaye de jouer au plus calme des deux, au moins enragé, au plus réfléchis. Ce qui n'était qu'une façade, qu'on se le dise. Et cette fois tout particulièrement le leader succombait plus facilement à ses sentiments. Dédain et déception rythmait sa voix rauque alors qu'il la rappelait à l'ordre. Une énième fois. C'était clairement se tromper de croire que Drathir se plierait à ses paroles sans avoir son mot à dire. Aujourd'hui il fallait croire qu'elle était bien plus en droit (et avait raison) de le contredire. Et il la laissait exploser sa rage sans l'interrompre une seule fois. Parce qu'elle avait raison. Elle n'avait rien de demandé, seulement une fois de venir la tirer des griffes du caho quand elle fut en danger. Elle pouvait garder ce fardeau pour elle, c'est vrai. Si seulement il n'avait pas appris à se soucier d'elle. Hormis ses tripes qui le tiraillaient, Faust restait inébranlable devant sa colère. La contredire aurait été le comble de son égoïsme après tout. Mais elle conclut sur le mauvais point. Pendant un instant il eut du mal à croire qu'elle est vraiment dit ça. Prendre son parti. Pensait-elle sincèrement que Roy défendait ce caho ? Qu'il trouvait le cas de ce dégénéré plus acceptable que celui de la blonde ? Ou est-ce la rage qui prenait le dessus sur elle ? Il entrouvrit les lèvres, prêt à répliquer quand elle enchaînait aussitôt non sans moins d'animosité. « Alors quoi ? Tu vas te la jouer bourreau vengeur maintenant ? Le brun eut une sorte de mouvement de recule avec sa tête qui exprimait clairement le mépris qu'il éprouvait en vers ce genre de pensée. Est-ce que tu vas me tuer moi aussi parce que j'ai soi-disant pris parti pour ce caho ? Tout ça parce que... Ah oui, j'essaye de te tirer vers le haut. » Il finit dans un sourire ironique avant de tout relâcher dans un soupir las et désespéré. Il était agaçant de voir à quel point leurs idées étaient à d’exacts opposés.

Il tira sur sa barbe nerveusement et tournait sur lui-même comme s'il trépignait. Devait-il réellement continuer cette conversation –pour ne pas dire une violente dispute- ? Ne ferait-il pas mieux de se taire et de laisser la blonde dans sa torpeur le temps que les atoms arrivent à elle. Peut-être qu'en arrivant au QG ils seraient de nouveau capable d'en parler de façon plus posée (ou du moins à leur manière). Mais un détail rongeait Roy. Drathir sous-entendait, dans une brève mais intense explication de sa souffrance, qu'il n'avait jamais rien ressenti de tel. Ce qui sous-entendait d'autant plus qu'il n'était pas en mesure de lui imposer de tels idéaux s'il ne savait ce que ça faisait d'être tourmenté par des cauchemars et être incapable de se regarder dans un miroir. Si Roy détestait tant la vengeance c'était qu'il avait bien une raison. « Tu crois sincèrement que ça ira mieux maintenant ? Que maintenant qu'il a subit la même chose voir pire, tu te sentiras délivrée ? Il rit, particulièrement moqueur. Ça fonctionne ouais. Ça fonctionne quelques jours et puis d'un coup la douleur revient comme le pire des revers en pleine gueule, les cauchemars te hantent à nouveau, tu briseras chaque miroir que tu croises. Pourquoi ? Parce que tu ne vaudras pas mieux que lui. Alors tu ferais mieux d'apprendre à vivre avec dès maintenant avant qu'il ne s'empare de toi et de tout ce qui fait ta jolie tête blonde. » Roy reprit sa respiration à grande bouffée d'air. Il n'avait pas haussé la voix et s'était exprimé le plus calmement possible. Mais bon sang, chaque fois qu'il la confrontait il s'exprimait avec une telle conviction et hargne qu'il en finissait aussi fatigué qu'après un combat. « Et ne vas pas croire que je sors ça de mon idéal à la con. Il pensait en avoir fini mais il revint à la charge subitement, la pointant du doigt avant qu'elle ne puisse cracher son venin. J'ai passé plus de dix ans de ma vie à venger Oncle Sam ! Crois-moi, je sais TRÈS BIEN ce que ça fait de pas pouvoir se regarder dans un miroir. Alors cesse de prendre cet air arrogant quand j'essaye sincèrement de te tirer là. Un pas de plus Drathir et tu ne vaudras pas mieux que tous ces gosses déchaînés qui tuent à travers un jeu vidéo. Soit plus maline putain et trouve-moi une autre excuse que : c’est lui qui a commencé. »

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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Mar 19 Jan - 1:44
 

Roy ∞ Drathir

C'est dégueulasse ce que tu fais. C'est dégueulasse de réclamer de moi que je fasse le sale boulot quand tu t'avères incapable de le faire, pour mieux me priver d'une vengeance par la suite. C'est dégueulasse d'attendre que je me bousille en ton nom, et uniquement pour ça. C'est égoïste. T'es un putain d'égoïste avec moi. Je sais pas si tu l'es trop ou si au contraire tu l'es pas assez. Sûrement trop, à ainsi attendre de moi que je me plie constamment à tes idéaux, à espérer que je renie et masque ce que je suis juste pour servir tes intérêts. Sûrement pas assez, à ainsi continuer de faire passer l'équipe avant moi, tes valeurs avant moi, toi avant moi. Je mérite pas tes efforts ? Je mérite pas que tu passes outre, pour une fois ? Tu te dis pas que cette expérience était nécessaire, que j'aurais jamais pu continuer à vivre en demeurant inactive ? Cette vengeance me bousille, mais son absence m'aurait tué. Fais un effort, met toi à ma place, voit à travers mes yeux et vis à travers mon âme. Tu vois pas comme ça fait mal ? T'as vu pourtant, t'as vu comme il m'a déglingué ce jour là, comment t'as pu penser que je pourrais vivre ainsi ? Je te demande pas d'approuver, je te demande pas de me mentir. Mais je mérite mieux que tes reproches, je mérite mieux que ta déception. Je suis ce que tu n'es pas. Ne me repousse pas aussi aisément pour ça.


Bien sûr que ce n’est pas ce qu’il a voulu dire. Bien sûr qu’une partie d’elle-même lui rappelait qu’il tenait à elle, qu’il la défendrait contre vents et marées et que, lui aussi, il faisait des sacrifices pour elle parfois. Il en avait fait en venant la sauver, en tuant pour elle autant qu’elle tuait pour lui. Mais cette lucidité se manifeste sous forme de murmure dans son crâne, ça chuchote, à peine de quoi attirer son attention tant et si bien qu’elle ne se focalise que sur une chose : la haine qui réchauffe son sang et palpite au creux du moindre de ses muscles. Parce qu’elle ne voulait pas de lui, pas maintenant, pas dans ces circonstances. Elle voulait pas de son discours moralisateur, de son expérience qui donne l’impression qu’il sait toujours tout mieux qu’elle, de cette arrogance subtile qui lui fait penser qu’il sait mieux que tout le monde ce qui doit être fait ou non. Le meneur atom a des défauts, il en a un bon paquet et ces derniers lui sautent à la gueule désormais, la blonde se rend compte qu’il arrive juste à les masquer habilement. Tout sonne toujours bien quand ça sort de sa bouche à lui, c’est pur, c’est honorable, c’est justifié. Et soudainement ça lui donne la nausée. Qu’il soit aussi à l’aise, aussi confortable avec lui-même, ça lui donne la nausée et elle l’envie pour ça. Elle l’envie pour cette assurance qu’il possède pile quand elle doute, elle l’envie pour sa manière de demeurer fidèle à ses principes. Jalousie. Et si jamais tout cela n’était qu’une façade, alors elle le détesterait pour ces mensonges qu’il lui balancerait à la gueule, elle le détesterait pour ces reproches qu’il lui jette au visage alors même qu’il ne valait pas mieux qu’elle en un sens. L’admiration qu’elle lui voue se mue en quelque chose de plus complexe, de plus douloureux, teinté de colère tant et si bien que cela ressemblerait presque à du dégoût. Elle sait pas trop ce qui insuffle ces sentiments en elle, elle cherche pas non plus à le savoir en vérité. Ça bout juste à l’intérieur, ça la prend aux tripes, ça dicte sa conduite. C’est sûrement pas le bon moment, pourtant ni l’un ni l’autre n’a le bon sens de mettre fin à l’entrevue, d’attendre un moment plus propice, au calme. Il parle, elle s’énerve. Elle l’énerve, aussi.

C’est pour ça qu’il reprend la parole, qu’il se demande si c’est là le seul rôle qu’elle comptait jouer désormais : bourreau vengeur. L’idée la rebute pas. L’idée lui plaît en fait. Le bourreau, il est au dessus des autres. Le bourreau, il risque rien, la mort c’est lui qui la donne et pas l’inverse. De ce fait Drathir ne daigne pas répondre, témoignant silencieusement de son approbation, mais cela ne l’empêche pas de tiquer face au mouvement de recul qu’amorce le brun. Elle frissonne, presque blessée en un sens que lui puisse demeurer à ce point dégoûté face à l’idée qu’il mettait en avant. Etais-ce si terrible ? Etais-ce à ce point mal que d’imaginer que la force résidait là, quelque part dans ce mélange de violence et d’indifférence ? Et si elle s’est emballée un peu plus tôt, faisant dire à son interlocuteur ce qu’il n’avait pas dit, la situation est désormais inversée et c’est à son tour de s’offusquer, sourcils froncés. « Arrête. C’est pas comparable. » Il pouvait pas la penser à ce point cruel, l’estimait capable de telles pulsions uniquement parce qu’on la contredit. Elle avait tout de la grande gueule agaçante, elle était violente aussi, mais le meurtre ne se justifiait pas pour des conneries pareilles. Le caho c’était différent, le caho il l’avait déglingué. Le caho, il l’avait mérité. C’est d’ailleurs en songeant à tout cela, en repensant à ce que ce fumier lui avait infligé, que de nouveau la blonde se laisse gagner par la colère. Si ses précédents propos lui avaient échappés dans un sifflement tout juste agacé, d’autant plus qu’elle s’était sentie coupable en repensant à cette fois où elle l’avait tué, elle explosait de nouveau en évoquant sa douleur et ses angoisses. Elle extériorise absolument tout, ces nuits passées à hurler, ces journées passées à refuser de se regarder dans une glace pour ne plus songer à la douleur éprouvée par l’entièreté de son corps. Elle en parle parce que ça la bouffe, elle en parle pour se justifier, elle en parle pour donner un sens à ce sang qu’elle venait de verser. Elle se donne raison, cherche son approbation à lui aussi. Bordel elle tuerait pour qu’il se range de son côté, même en lui mentant, même pour de faux. Elle voulait juste que, alors qu’il était le seul à savoir qu’elle en était arrivée à de tels extrémités, il lui dise que ce n’était pas en vain. Qu’au pire c’était une expérience qu’elle se devait de découvrir par elle-même, qu’il ne pouvait rien faire et surtout pas la juger pour ça. Pour une fois, viscéralement, elle voulait qu’il se range à son avis. Quelle ne fut pas sa désillusion lorsqu’il reprit la parole à son tour.

Tu crois sincèrement que ça ira mieux maintenant ? Oui. Le mot reste coincé au fond de sa gorge, il la brûle, elle aurait envie d’en pleurer. Oui ça ira mieux. Sur le moment ça n’a rien fait, sur le moment elle n’a fait que s’énerver un peu plus devant le peu d’impact que la torture avait sur elle, le peu de bénéfices que semblait lui rapporter sa vengeance. Elle s’efforce de croire que ça ira mieux après, en vérité elle n’en doute pas : non pas parce qu’elle lui a infligé les pires souffrances, mais parce qu’il est mort. Il est mort. Il ne peut plus rien contre elle, ni maintenant ni jamais. Elle n’aura plus à se soucier d’une visite nocturne de sa part, elle n’aura plus à s’inquiéter de tomber sur lui une fois qu’elle vagabondera sur le territoire. Il était mort. Et le soulagement incommensurable que lui procurait désormais cette nouvelle était bien réel. Un soulagement qui était la source de son mal être également, les normes imposées par la société et également par Roy lui revenant en pleine figure, lui rappelant que c’était mal de tuer, mal de se réjouir, mal de se comporter ainsi. Tout l’accablait, alors qu’elle aurait aimé pouvoir soupirer, dormir en paix, avancer, se reconstruire. C’était une page qui se tournait, mais finalement celle qui venait la remplaçait se voyait teintée de reproches, de jugements. Et tout ça de la part d’un seul homme, ce qui suffisait par ailleurs à la conforter dans son idée première de garder le silence à ce sujet. Elle en parlerait peut être à Roman, si un jour le moment s’y prêtait, mais ça s’arrêterait là. Elle ne voulait pas du regard des autres, ne souhaitait déjà pas celui de Roy en cet instant. Elle voulait encore moins de ce rire, moqueur, qui lui échappe. Dagger se braque d’instinct, jetant un regard assassin au brun, fulminant de colère. Tu ne vaudras pas mieux que lui. Elle nie en bloc, ne pouvant retenir un hochement négatif de la tête. Ce n’était pas comparable. Il fut un psychopathe qui saignait tout ce qui bougeait, elle n’avait fait que lui rendre la monnaie de sa pièce. C’était pas pareil. Elle l’aurait jamais fait en première, elle n’y aurait jamais pensé. Drathir s’apprêtait par ailleurs à se justifier mais il n’en avait pas fini avec elle. L’espace de quelques secondes elle culpabilise, ou plutôt elle se sent conne à avoir ainsi mis de côté le fait que lui aussi avait souffert. Il avait fait la guerre et bien qu’ils n’en aient jamais parlé, elle savait que son handicap résultait d’une mission ayant mal fini. Il n’a peut être pas été torturé, mais il a été blessé et il a vu des horreurs qu’elle n’osait pas imaginer. C’est pour cela qu’elle comprend conscience de la stupidité de ses paroles, mais ce sentiment se voit bien vite balayé par l’arrogance de son interlocuteur qui se permet une fois encore de la juger. De vanter son expérience, de prétendre savoir ce qui serait le mieux pour elle. Elle détestait ça. Elle avait l’impression d’entendre ses parents en train de dessiner un avenir tout tracé pour elle, sans jamais lui demander son avis, sans chercher à savoir ce qu’elle pouvait désirer ou éprouver. En cet instant précis elle comparait Roy à sa famille, et cela n’avait rien de bien glorieux.

« Me tirer de là ? Mais c’est toi qui m’a mis dans cette situation. Elle siffle, elle ricane, elle s’énerve un peu plus. Elle tire sur une corde sensible aussi, elle cherche à le faire culpabiliser, à lui faire mal pour combler la douleur qu’elle éprouve à chaque reproche qu’il lui fait. Là où il ne désire que la préserver et la sauver, elle a l’impression qu’il la rejette. A force de l’entendre se plaindre ce qu’elle était, à force de le voir essayer de la façonner autrement, elle était lasse de le voir la modeler. Il l’avait choisi bordel, pourquoi diable donnait-il l’impression de regretter son choix à chaque instant. Tu t’es jamais dit qu’il m’avait torturé pour mon rang de bras droit ? Tu t’es pas dit que j’ai souffert de ses mains pour cracher des informations, pour te vendre ? C’est bien beau de jouer les chevaliers quand on est celui qui fout les autres dans la merde ! Elle crache son venin, ardemment, consciente intérieurement qu’il s’agissait en prime d’un mensonge car, à priori, le caho n’en avait jamais eu après son titre. Ceci dit il l’avait blâmé pour ses coups envers Alaska dans l’arène, or son passage dans l’arène, elle le devait partiellement à Roy.  Et elle siffle si férocement que, dans un élan de colère et un ultime sifflement, la blonde se jette à l’eau. C’est stupide, c’est con, ça ravage ses muscles, s’insinue dans ses veines, remonte jusqu’à son cœur. Ça la brûle de part en part, ça la contraint à serrer les dents. Elle est conne. C’est tout ce qu’elle arrive à penser sur le moment mais maintenant qu’elle y était, Dagger s’empresse de traverser pour rejoindre l’autre rive, sortant de l’eau à la hâte et ne parvenant pas à retenir les nombreux frissons qui lui parcourent l’échine. Elle est gelée, pourtant l’émeraude de ses yeux brille toujours d’un éclat menaçant et rancunier. Elle capte par ailleurs le regard de Roy, ça l’enflamme, ça lui rappelle pourquoi elle s’est jetée à l’eau comme une idiote et ça la pousse à s’avancer vers lui, déterminée comme d’ordinaire. Comment peux tu te permettre de juger ce que tu as toujours aimé chez moi, poursuit-elle, furieuse. Tu m’as choisi pour ça, tu m’as choisi parce que j’agissais là où tu demeurais inactif. Arrête de te foutre de ma gueule Roy, j’allais me salir les mains pour toi, un jour ou l’autre, en plus de l’arène. J’allais faire le sale boulot, j’allais prendre les décisions de merde pour t’éviter de les prendre. C’est la guerre, ça va se finir comme ça, un jour ou l’autre. Je sais dans quoi je me suis engagée, mais toi arrête de vouloir me préserver un jour pour mieux me demander l’impossible le lendemain. C’est dégueulasse, c’est égoïste, et ça soulage que ta conscience. Achève-t-elle dans un dernier grondement alors qu’elle arrivait à sa hauteur.

Elle est là, immobile face à lui, à quelques centimètres à peine. Elle tremble, de froid et de colère, ses dents en claqueraient presque si elle ne passait pas son temps à se mordre férocement langue ou lèvre pour retenir ses assauts les plus violents. Elle sait plus ce qu’elle veut, ce qu’elle cherche à se prouver ou à lui prouver. Sûrement que, une fois encore, elle désire qu’il prenne conscience de l’égoïsme dont il fait preuve, de l’incohérence de ses discours parfois. Mais surtout du fait que… « Je ne suis pas comme toi. Les mots lui avaient échappés dans un souffle presque douloureux, elle insiste sur ce point toutefois, envieuse de lui faire comprendre ce message définitivement. Ce n’était pas que des mots, ce n’était pas un simple constat, c’est ce qui faisait toute la différence. Elle n’était pas comme lui. Ne serait jamais comme lui. N’agirait jamais comme lui. Elle n’avait pas non plus les mêmes envies, les mêmes besoins, les mêmes pulsions. Ce n’était pas les mêmes messages qui lui vrillaient le crâne, les mêmes espoirs, les mêmes cauchemars. Et c’est vrai, le torturer ça m’a apporté que dalle. J’étais folle de rage mais ses gueulantes ont rien changé à ça, ça m’a pas rendu mes nuits blanches, ça a pas effacé les cicatrices. Mais là, tout de suite, je suis soulagée. Et elle en rit, un instant, comme si elle prenait conscience de la réalité. Je suis soulagée parce qu’il est mort. Définitivement. J’ai vu le un marqué à l’encre noir sur sa peau alors qu’il se vidait de son sang et que je pouvais plus rien y faire même si je le désirais. Et ça me fait un bien fou parce que je n’aurais plus jamais à m’inquiéter, j’aurais plus jamais peur de lui. Les traits de la blonde se figent de nouveau, glaciale qu’elle était désormais. La conclusion arrive alors, froidement. Tu vas me mépriser pour ça aussi Roy ? Ou, pour une fois, plutôt que de me balancer ton expérience à la gueule pour pointer du doigt mes erreurs, tu vas comprendre. Tu vas comprendre que je pouvais pas faire autrement, tu vas comprendre que j’aurais jamais pu vivre autrement. Tu vas prendre le risque de me cracher à la gueule, alors même que tu pourrais avoir besoin de moi ? Dis moi Jaeger. Je suis curieuse. » Elle le teste, teste les limites de sa compassion et de son empathie. Combien de temps passerait-il encore à lui courir après, à la préserver, à la pardonner. Combien de temps avant qu’il ne l’abandonne ? M’abandonne pas. Car elle a beau poser la question, elle a beau jouer les indifférentes, ses tremblements s’intensifient. Parce qu’elle craint la réponse plus que tout autre chose.
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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Sam 23 Jan - 20:08
« C'est bon t'as finis ? »

Roy venait de tout encaisser sans sourciller. Du moins presque. Il aurait bien arrêté la jeune femme avant qu'elle ne plonge délibérément dans la rivière glacée mais elle était prise d'une telle frénésie qu'il n'avait rien pu faire. Alors il s'était planté là, les bras croisés. Il avait tout encaissé. Il avait reçu ces mots poignants, ces reproches et ces accusations à la fois tristement vrais et à la fois infondés, de l'ordre de la paranoïa. Si cruels qu'il avait compris qu'elle ne pensait rien de ce qu'elle disait. Il l'espérait en tout cas. Il croyait sincèrement qu'elle l'accusait pour qu'il réagisse et qu'il hurle comme elle hurlait. Elle avait attaqué pile là où ça faisait mal. Et il mentirait en disant que ça ne l'avait pas touché, que les sueurs froides qui courraient le long de sa nuque ne le faisait pas trembler plus que l'air glacé ambient. C'est bien parce qu'elle avait visé aux endroits parfaitement sensibles qu'il refusait de croire qu'elle l'avait fait pour d'autre raison que le blesser comme il l'avait blessé elle. C'était réussi mais Roy avait pourtant décidé de ne pas rentrer dans son jeu. Parce que son but ce soir était de la ramener au QG moins abîmée qu'elle ne l'était déjà. Son but était de retrouver son bras-droit atom et non pas un semblant de bleus teinté d'idée cahotique.
Bien sûr qu'il était égoïste. Mais il préférait voir ça comme un mal pour un bien. Il lui demandait un oui pour un non. Il critiquait ce dont il avait besoin chez elle. Il reportait sur elle ce qu'il avait de plus en plus du mal à accepter chez lui. Il était tellement plus facile de pointer du doigt la faute des autres quand la faute devait très probablement venir de lui. Et à ce niveau-là, on ne parlait non plus de la torture que son bras-droit avait subi mais bien de la tension glauque qui régnait sur Darwin's Harbor. Le souci était qu'il ne voulait  -ne pouvait pas même- affronter ses remords. Il n'en finirait plus sinon. Alors oui, elle n'était clairement pas la seule fautive dans cette histoire qui prenait plus d'ampleur qu'elle voulait bien en montrer. Mais devaient-ils s'y attarder ? Pouvaient-ils, pour une fois seulement, faire une exception et ne pas s'affronter ? Elle était l'une dernière personne qu'il voulait voir se retourner contre lui. Il était désolé et énervé. Et au lieu de lui dire, d'avouer le foutoir que ça provoquait en lui, le leader atom avait conclus. Il reprit, une seconde fois. « Si ça va mieux, est-ce qu'on peut rentrer maintenant ? »

Les deux groupes d'atom avaient fini par se rejoindre de l'autre côté de la rive et les pauvres remarquaient avec stupeur que leur bras-droit avait finis par traverser. Faust s'excusa à la place de la blonde et préféra leur dire de rester là. Ils les rejoindraient d'ici quelques minutes, le temps de faire le tour. « T'es gelée ma parole. » Il s'était de nouveau tourné vers elle et avait retiré l'épaisse écharpe qu'il portait. Elle était si grande qu'il put couvrir les épaules et en partie les bras de Drathir. Ca ne l'empêchait pas pour autant de serrer les dents, de craindre qu'à tout moment elle se jette à sa gorge pour avoir ainsi mis court à cette confrontation. « Quelle idée sérieusement... Et s'il semblait parlé de son saut dans l'eau froide, il finit par préciser en tentant un léger sourire. Quelle idée, toi et moi, chef et bras-droit. On doit être des putains de masochistes. »

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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Jeu 3 Mar - 21:46
 

Roy ∞ Drathir

Je peux pas. Je peux pas faire ce que tu me demandes, pas si tu me retiens. Je peux pas prendre les décisions les plus immorales qui soient si tu continues de me bercer d'illusions avec tes idéaux. Je peux pas saigner nos adversaires si tu me condamnes pour mes actes. Je peux pas me bousiller la conscience pour notre bien à tous, si tu continues de me maintenir hors de l'eau. L'humanité a pas sa place ici, pas si je dois agir, pas si je dois faire ce que tu n'oses faire. Alors me retiens pas. Me retiens plus... Sans quoi je ne te servirais à rien, et j'en aurai honte.


Elle le détestait. Elle le détestait quand il parlait, quand il l’accusait, quand les reproches fusaient et n’en finissaient plus. Mais elle le détestait en cet instant précis également, alors que, littéralement congelée depuis son saut de la rivière, elle s’était mise à le houspiller sans ménagement, mettant en avant des arguments aussi vicelards que véridiques. Elle faisait mal, sûrement, tout du moins elle l’espérait sincèrement, guidée par sa colère, ses doutes, ses peurs. Mais alors qu’elle le malmenait largement, le chef atom ne daigne pas répondre. Il demeure là, les bras croisés, parfaitement immobile et vrillant sur elle un regard impassible. Il ne s’énervait pas, ne répliquait pas, et ça la rend folle, ça lui donne envie de réfléchir un peu plus afin de trouver de nouvelles saloperies à lui sortir. Elle comprend pas, parce qu’elle mériterait qu’il s’énerve, elle mériterait qu’il gueule pour ce qu’elle vient de le lui dire. Pourtant, dès lors qu’elle met fin à son discours venimeux, rien ne vient. Rien si ce n’est une simple question. C’est bon, t’as fini ? La remarque lui fait l’effet d’une baffe, Drathir blêmit mais reprend des couleurs dans la seconde qui suit, un temps qu’elle met à profit en décochant une droite monumentale à son interlocuteur. Ses prunelles d’émeraudes étincellent de colère et le moins que l’on puisse dire c’est que la blonde n’a pas cherché à faire semblant, son poing s’étant brutalement heurté à la mâchoire du brun. La respiration sifflante, elle se redresse un peu plus. « Maintenant j’ai fini. » En apparence tout du moins et malgré son hésitation, cette envie de poursuivre encore et encore tellement il était difficile pour elle de lâcher prise et d’abdiquer d’une façon ou d’une autre. Elle ne fuyait pas les confrontations, et là en un sens c’est ce qu’elle devait faire : ne pas relancer l’affrontement, suivre Roy dans son désir de s’arrêter là. Il contrôlait tout, encore une fois, et s’en était particulièrement frustrant. De ce fait elle hésite, demeurant immobile devant lui et ce malgré les tremblements liés au froid qui pouvaient la saisir régulièrement. Dagger serre les dents et c’est finalement son interlocuteur qui reprend la parole, n’ayant pas réagi à ce coup de poing somme toute violent qu’elle venait de lui offrir, pour lui demander s’ils pouvaient rentrer. Détournant les yeux, ses prunelles d’émeraudes se vrillant de l’autre côté de la rivière et lorgnant les traces de pas qu’elle avait laissé derrière elle, dans la neige, la blonde se contente d’hausser les épaules, incapable d’offrir une réponse verbale.

Peu importait désormais. La bras droit se sentait soudainement lasse maintenant que l’adrénaline retombait progressivement. Rentrer ou non, cela lui semblait peu important même au final. Finalement la blonde vit son attention accaparée par les atom qui avaient trouvé un moyen de traverser la rive, alors même qu’elle ne s’y trouvait plus. Faust s’excusa à sa place et il eut raison de le faire, car Drathir ne comptait pas le moins du monde le faire, ça n’a jamais été son genre et ça l’était encore moins après de tels évènements. C’est pas comme si elle avait besoin d’aide, surtout la leur. Et le brun poursuit, semblant remarquer soudainement qu’elle était frigorifiée. Nouveau haussement d’épaules alors qu’elle ramène les yeux vers lui et qu’un frisson lui parcourt l’échine lorsqu’elle le voit retirer sa large écharpe. La seconde qui suit et la voilà emmitouflée dans l’épais morceau de laine, ce dernier étant suffisamment grand pour lui couvrir cou et épaules. Ce fut instinctivement, comme si elle prenait enfin conscience de la sensation de froid intense qui la saisissait, que la blonde ramena ses mains à hauteur du vêtement, tentant de cacher ses doigts gelés afin de les réchauffer. « Si t’avais daigné essayer de me casser la gueule, j’aurai pu me réchauffer. Réplique-t-elle, narquoise. A défaut de s’envoyer en l’air avec Roman. Dagger songe d’ailleurs à ce dernier, se demandant comment elle pourrait lui annoncer un truc pareil. Autant elle n’avait pas véritablement hésité à se confier à lui à propos de sa souffrance, et elle ne le remercierait jamais assez pour le soutien qu’il lui aura apporté tout ce temps, autant elle ne se voyait pas lui avouer son crime du jour. Elle ignorait comment aborder le sujet, estimant à juste titre qu’avouer avoir torturé un homme en plein repas n’était pas la meilleure chose à faire, et craignait par ailleurs sa réaction. Le policier était bien placé pour savoir qu’elle avait toujours eu la ferme attention de se venger, mais peut-être avait-il supposé qu’elle trancherait promptement la gorge de son tortionnaire, rien de plus. Sauf que la vérité était bien plus sanglante, menant par ailleurs à la mort définitive du caho. Lâchant un soupir ce fut à ce moment là que l’infirmière demanda alors, détournant les yeux comme sous l’effet de la honte. En vérité elle était juste en proie au doute. Ne dis rien à Roman. Ou Astrid ou… N’importe qui. » Décidément, ça devenait une habitude entre eux. Les secrets. Cette confiance mutuelle, bien que l’on puisse se demander si la blonde ne faisait pas confiance à son interlocuteur que parce qu’elle n’avait de toute manière pas d’autre choix.

Quelle idée sérieusement. La blonde fronce aussitôt les sourcils, ramenant ses prunelles dans celle de son interlocuteur. Il allait pas commencer quand même ? Il n’allait pas oser lui demander si elle avait fini, comme s’il était blasé par leur engueulade, pour ensuite se permettre de la provoquer de nouveau ? Drathir s’apprêtait clairement à montrer les crocs au moindre mot de travers, n’ayant pas la moindre envie de devoir justifier son saut dans la rivière. En même temps les raisons lui paraissaient évidentes : elle avait été en colère et il n’était pas dans ses habitudes de gueuler de loin, préférant largement se confronter ouvertement à ses interlocuteurs. La distance que leur avait imposé cet élément naturel n’avait pas été supportable, tout simplement. Et si c’était à refaire, elle le referait sûrement, malgré ses muscles rendus brûlants par le froid. Fort heureusement cependant ce n’est pas ce que voulait dire Roy, ce dernier précisant dans un sourire qu’il parlait plutôt de l’étrange duo qu’ils formaient. Lui en tant que chef. Elle en tant que bras droit. Ils étaient sûrement fous, ou masochistes comme il le disait si bien et la blonde étouffa alors un rire sans joie. « C’est toi le pire, tu m’as choisie et juste parce que je me suis fait tabasser dans l’arène et parce que je me suis retenue de tabasser des traîtres. Elle plaisante, pourtant pour rien au monde elle ne voudrait changer cette situation. Malgré les difficultés, malgré les crises de nerf et les gueulantes, la jeune femme était convaincue que leur duo était le plus efficace possible, chacun retenant l’autre, chacun incarnant un extrême. Il arrivait à Dagger de penser à Kraken, se disant qu’il aurait été un bon conseiller également, il se montrait bien plus intelligent qu’elle et pouvait faire preuve de plus de sang-froid. Mais malgré son amour pour le policier, cette pensée se voyait bien vite balayée par la certitude d’être le meilleur choix possible. Faust n’avait pas besoin d’un autre pacifiste qui le suivrait dans la majorité de ses choix, il avait besoin d’être confronté tant parce que cela pouvait le ramener sur le droit chemin que parce que cela pouvait parfois permettre de l’empêcher d’en sortir. Toutefois elle finit alors par avouer : Je m’inquiète pas. Pas pour l’équipe en tout cas. Je pense sincèrement qu’on fait la paire, que… C’est une bonne configuration, dans l’intérêt de l’équipe. De cela elle n’en doutait pas, ne doutant ni du bien fondé de la position de Roy ni de la sienne d’ailleurs. Cependant… Mais je me demande parfois si on va tenir la distance. Si on va pas finir par se détester, ou pire peut-être. »

L’aveu lui avait échappé dans un froncement de sourcils, témoignant de ses doutes. Elle ne doutait pas tant du brun face à elle que de son propre comportement. Lâchant un soupir et passant une main dans sa chevelure partiellement humide, elle reprend alors. « J’aime l’équipe, j’aime ces responsabilités que tu m’as donné mais… C’est le jeu. Je me dis que pour le moment on fonctionne bien ensemble, mais que si ça venait à ne plus être le cas… On ferait quoi ? Je ferais quoi ? Jusqu’à quel point j’irai me bousiller la conscience, pour toi, ou pour les autres ? Jusqu’où j’irai avant de me décider à tout plaquer pour penser à ma gueule et à ma survie, au moins mentale ? C’est ce genre de questions qu’elle se posait parfois. Avant de culpabiliser en songeant au fait qu’elle avait aisément blâmé des traîtres, pour finalement se mettre à douter d’elle aujourd’hui. Elle s’estimait loyale au-delà du raisonnable et pourtant… Le jeu était cruel, elle devenait cruelle, les autres le devenaient également. Elle se demandait quand viendra le jour où elle finirait par craquer, par tout plaquer pour ne pas devenir folle, ou bien le jour où elle et Roy en viendraient aux mains un peu trop naturellement. Jetant un coup d’œil à la rivière elle conclut alors dans un souffle : C’est peut être pour ça que tu devrais me laisser faire en fin de compte… Si tu me retiens, si tu t’efforces de me garder humaine, à quoi est ce que je pourrais bien te servir ? Je serais plus utile si j’en avais rien à foutre. De tout. Lâchant un soupir la blonde demanda alors, lasse : Qu’importe… On rentre ? J’ai envie d’une bonne couverture et d’un bon feu. » Admet-elle dans un demi sourire.
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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Lun 7 Mar - 3:23
La langue entre les molaires et l'intérieur de sa joue, Roy n'a aucun doute sur le goût si particulier du sang qui coule dans sa bouche. Il grimace dans une mimique qui déforme ses lèvres et sa joue meurtrie. Loin de dissimuler la douleur qui raisonnait encore dans sa mâchoire, il s'était pourtant refuser de de ployer sous la violence du coup. C'était sa façon de montrer qu'il avait compris la leçon mais qu'il encaisserait encore et encore s'il le fallait. Pour lui, pour eux ou pour la team. Ce coup de poing était là pour remettre les choses en ordre, pas pour le faire flancher. Aussitôt que la douleur fut battue par le froid, il conclut en demandant s'ils pouvaient rentrer. Oublier tout ça, se reconcentrer sur les responsabilités qui pesaient sur leur titre de chef et de bras-droit. Tout en quelques secondes retrouva une sorte de normalité et de plénitude froide que la neige imposait. Il s'excusa au près des atoms qui avaient fait le tour et ceux-ci tournèrent les talons. Dans une veine tentative de changer de sujet, il l'avait couverte de son écharpe pour calmer les petits tremblements qui l'agitait. Et bien sûr, elle n'avait pas manqué l'occasion pour souligner son manque de réaction. « On sait très bien qui aurait gagné si je t'avais rendu ce coup... Il faisait clairement référence à cette excursion dans la forêt qui avait mal tourné. Laissant sa phrase comme s'il ne voulait pas en débattre plus longtemps, il fit mine de guetter le retour du groupe d'atom. Et quand il croisa son regard, il eut un sourire. Moi, bien sûr. »
Plus tard, quand elle lui demande de ne rien dire, le brun ne trouve rien à redire si ce n'est un regard sincèrement et un hochement de tête qui scellait le secret.

C’est toi le pire, tu m’as choisie et juste parce que je me suis fait tabasser dans l’arène et parce que je me suis retenue de tabasser des traîtres. Roy hausse les épaules. Il ne regrettait pas son choix malgré tout. Malgré tout ça. Et il avait l'étrange sentiment qu'elle allait être digne de son choix quand la situation deviendrait incontrôlable. « J'ai jamais osé te le dire mais c'était plus pour garder un oeil sur toi plus facilement. » Il demeure sérieux le temps d'un instant et puis la fumée s'échappa d'entre ses lèvres étirés, riant. Le froid le rattrape et il tire sur son épais manteau fais de plusieurs couche de cuir pour palier à l'absence de son écharpe. « Si ça doit finir, j'veux dire, nous et il fait balancer sa main entre elle et lui pour appuyer ses mots puis la replonge dans ses poches. on sait très bien qui de nous deux restera. C'est la suite des événements qui déterminera qui a le raisonnement le plus juste. » Cette fois néanmoins, il laisse la réponse silencieuse. Parce qu'elle était évidente, bien que difficile à accepter. Il n'osait pas le dire et jamais il trouverait le moyen de le dire... Mais il voyait Drathir comme l'atout des atoms. Roy avait façonné la mentalité de la team de manière à durer et perdurer, et nullement pour ce genre de confrontation. Néanmoins elle avait la hargne nécessaire les aider à survivre à ça. Il était pourtant paradoxal que Roy le pense mais qu'au moindre débordement il vienne à en douter.

Le leader passe le reste des aveux de Drathir sous silence. Il sait que malgré son manque de réponse, elle a conscience qu'il l'écoute et qu'il comprend ce qu'elle éprouve. Mieux, qu'il est d'accord avec elle. Et quand ça arrivait, il préférait ne rien dire. Seul leurs regards comptaient. C'est comme ça qu'ils savaient s'ils pensaient pareil. Et dans le cas contraire... Il se passait ce genre de situation. Il hausse un sourcil à son soupir, l'observant un instant. « T'as surtout besoin d'une douche. » Qu'il charrie avant de se mettre à marcher. Il longe la rive en suivant les traces nettes dans la neige laissé par les atoms. Ils les retrouvèrent sur le chemin du retour et ces derniers s'empressèrent de demander des nouvelles de leurs bras-droit. En tout cas, les plus courageux. Lorsque tous s'assurèrent qu'ils pouvaient faire bon route, ils se suivirent par petit groupe d'affinité. Faust lui traînait quelque peu à l'arrière comme à son habitude pour ne pas prendre de mauvais chemin et la blonde, à ses côtés, était la sécurité qu'il ne s'écarte pas. A plusieurs reprises il avait regardé Drathir, entrouvrant les lèvres avant de se raviser. Le paysage blanc défilait au rythme de leur marche et le silence pesait quand ils en eurent assez des banalités.
La question fuse. Sortie de nulle part. Il était saisissant de voir comment quelques mots pouvaient réanimer des souvenirs morts et enterrés. Il la regarde, se demandant pendant un instant si elle cherchait à réellement remuer le couteau dans la plaie ou si elle demandait aussi sincère que curieuse. Le brun sourit par dépit, souffle une épaisse fumée blanche en levant son menton puis hausse les épaules. « Je sais pas. Non ? Je suppose. » Ce n’était pas vraiment ce que l’on pouvait répondre à une telle question. Puis il se rendit compte que Drathir savait sans savoir finalement. « Comment veux-tu que je me venge sur un gosse ? Il a tiré sans aucune hésitation quand je lui ai tourné le dos. C’est presque comme si je le méritais. Parce que s’il n’avait pas tiré sur cet enfant, il avait en revanche tiré sur ses proches, pour le dire avec retenu. Je suis pas en train de dire que tu méritais ce que t’as subis. C’était gratuit, c’était… Ce que je veux dire que mon cas est trop absurde pour penser à me venger. Enfin si. J’aurais pu en vouloir à ceux qui m’ont ordonné de nettoyer ce village, à ceux qui ont donné l’ordre de donner l’ordre, à ceux qui ordonné d’ordonner…  Tu vois le cercle vicieux ? Je dis pas que je n’y ai pas pensé. Mais chercher un coupable m’a bouffé et m’a empêché de me reconstruire. Il regardait droit devant lui, parlant avec un certain contrôle de sa voix pour qu’elle soit la seule à obtenir ses paroles mais aussi pour dissimuler toute émotions coincés dans sa gorge. D’autant plus que ces ordres étaient eux-mêmes dictés par la vengeance du 09-11. Tu vois où je veux en venir ? J’ai mis longtemps à le comprendre et certain jour j’ai encore du mal à l’accepter donc je dis pas que c’est facile. Mais je suppose qu’il faut apprendre à vivre avec. Et laisser les autres s'entre-détruire tout en esquivant les dommages collatéraux. » Qu’il finit, fataliste. Le brun tire sur sa barbe pour y retirer les flocons de neige qui s’y sont déposés. Après un silence marqué il pousse un rire maladroit. « Bon sang, j’ai l’impression de parler comme un vieux sage, c’est ridicule. Soit pas trop dure tu veux. »

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MessageSujet: Re: « J'avais besoin de ce sang. Je crois. [Pv Roy]   Mer 16 Mar - 23:02
 

Roy ∞ Drathir

J'avais besoin de ce sang. Je crois...


La blonde se contente de l’écouter sans un mot, cherchant à calmer les battements encore irréguliers de son cœur, cherchant à faire taire ses doutes et incertitudes. Elle ne sait pas si sa réaction est la bonne, elle ignore si abdiquer leur permettra vraiment d’avancer. En vérité elle craignait qu’un beau jour Roy ne lui remette sous le nez les évènements d’aujourd’hui, relançant le débat et la dispute auxquels il coupait court en cet instant. Le froid lui rappelle toutefois bien vite où sont ses priorités et la bras droit ne désire plus qu’une chose : rentrer, se réchauffer, dormir en espérant que les cauchemars prendront bien fin. Elle essaye de ne pas penser à l’homme qu’on retrouvera chez lui ou ailleurs atteint d’une crise cardiaque, elle essaye de ne pas penser au sang qui tâchait auparavant ses mains et qui souillait désormais sa conscience. Elle avait tué un homme et bien vite demande à son interlocuteur de garder le secret à ce sujet. Elle ne cherche d’ailleurs pas à rebondir sur le manque de réaction du brun, elle savait ce qu’il voulait dire et sans parler du fait même qu’elle l’avait déjà tué une fois, elle sait pertinemment que s’il avait répondu ça ce serait mal fini. Là encore ils étaient différents et ils se complétaient, il avait le mérite de savoir baisser les armes et mettre sa fierté de côté pour éviter qu’une situation s’envenime. Elle en était bien incapable. Elle l’admirait autant qu’elle le détestait parfois, elle l’admirait pour être ce qu’elle n’était pas. Quoi qu’il en soit la conversation dévie de nouveau, le meneur atom évoquant leur masochisme commun et la jeune femme se contente de se moquer légèrement, son sourire disparait toutefois quand, manifestement pour rire, Faust affirme qu’il a fait cela pour garder un œil sur elle. Elle ne doutait pas du fait qu’il détenait là une part de vérité. Certes il n’était pas assez con pour la placer sur un tel piédestal alors qu’elle ne le méritait pas, de ce fait elle sait que son rang est justifié, cependant… Au vu de la manie de l’ancien soldat à l’empêcher de faire des conneries, Dagger se dit qu’il y a sûrement du vrai dans son discours. Au moins désormais il sait tout, ses plans, ses envies, ses désirs. Elle ne peut rien lui cacher, même si elle le désirait la communication était bien trop primordiale pour qu’elle se permette de garder ses idées pour elle, de ce fait il pouvait indéniablement la surveiller.

Méditant sur la question, sans aigreur aucune toutefois, Drathir se laisse alors aller à quelques confidences auxquelles Roy répond rapidement et son ressenti fait presque tiquer la bras droit. Elle ne comprend pas ce qu’il veut dire, où il veut en venir. Là où elle évoque ses doutes à demeurer à ses côtés, à être la parfaite atom loyale, lui semble certain qu’elle est celle qui restera, surtout au vu des évènements actuels. Elle ne comprend pas le discours ni cette confiance qu’il place en elle presque aveuglément. C’est fou, surtout quand on pense à la relation qu’ils entretenaient au début, quand on se souvient qu’à une époque il lui avait refusé le rang de chef des espions justement parce qu’il pensait ne pas pouvoir se fier à elle. Et maintenant elle était à ses côtés. Il y a définitivement quelque chose qui tourne pas rond chez eux. Cependant Dagger ne cherche pas à relancer le débat, gardant pour elle ses commentaires et pensées, reprenant sa médiation là où elle l’avait laissé. Ce fut une fois de plus Roy qui la sortit de sa rêverie, estimant qu’elle avait besoin d’une douche. Levant les yeux au ciel, faussement exaspérée, elle ne réplique pas et se contente désormais de marcher à ses côtés, suivants les traces fraîches de leurs comparses pour rejoindre ces derniers. Certains s’interrogent, demandent si elle va bien et la blonde se contente d’hausser les épaules. « J’étais pressée de vous retrouver, qu’elle se justifie dans un sourire moqueur. Elle ne cherchera d’ailleurs pas à offrir une meilleure excuse à son saut dans la rivière et se contentera par la suite de reprendre la route en compagnie de toute l’équipe, et ce direction le QG. Malgré les tensions qui règnent dans le jeu, malgré la guerre, la bras droit se laisse presque aller et remet sa vie entre les mains de ses compagnons du moment. Elle est bien trop pensive pour songer aux dangers qui pouvaient les guetter et n’a même pas le réflexe, pourtant habituel chez elle, de glisser ses doigts le long de ses dagues. Non. Un sujet en particulier la chiffonne et si elle voit du coin de l’œil que Roy hésite à s’adresser à elle, Drathir cherche tout autant une façon d’aborder le sujet qui lui brûle les lèvres. Finalement ce sera comme d’habitude avec un peu trop de franchise qu’elle posera sa question et bien que consciente du tabou que cela pouvait engendrer, elle n’arrive tout simplement pas à prendre de gants. « Tu n’as pas essayé de te venger toi ? De cette balle qui t’a cloué sur une chaise. »

Le regard qu’elle vrille sur le brun est teinté de sincérité, une curiosité sans nul doute malsaine pour un œil extérieur mais qu’elle estimait légitime au vu du débat qu’ils avaient eu plus tôt. La vengeance ne rimait à rien et il avait été prompt à juger sa façon de traiter son tortionnaire, aussi se questionnait-elle désormais : ne serais-ce pas là une forme d’hypocrisie ? Et lui, n’avait-il jamais cherché à se venger de ce qui le tuait à petit feu désormais ? Dagger avait beau ne pas se soucier du fauteuil qui encombrait le quotidien de l’ancien soldat elle n’était pas assez stupide pour imaginer que cette nouvelle vie convenait au concerné. Il ne jouait pas pour rien après tout. En tous les cas la bras droit soutient le regard de son interlocuteur, envieuse de montrer qu’elle ne cherchait nullement à le blesser cette fois. Et malgré un court silence, Faust lui répond bien vite. Il n’avait pas l’air bien sûr de lui mais elle imaginait aisément que la situation, et les sentiments qui en découlaient, était bien trop complexe pour pouvoir être évoquée avec certitude. Elle se contente de l’écouter, impassible la plupart du temps si ce n’est lorsqu’il évoque cet enfant. En vérité malgré son statut d’infirmière, elle n’a jamais eu les détails de sa blessure. Elle sait bien évidemment qu’il s’est pris une balle, que ça l’a partiellement paralysé, mais l’histoire s’arrêtait là. Elle sait que c’est un soldat, blessé de ce fait sur le terrain, mais les détails lui étaient inconnus. Elle fut donc surprise de l’entendre parler d’un gamin et la scène prend forme dans son esprit. Cela n’est sûrement qu’une pâle copie de la réalité mais elle commençait à bien connaître son interlocuteur, suffisamment pour imaginer la compassion qui avait pu l’étreindre, suffisamment pour comprendre qu’il ne s’était pas méfié d’un mioche. Qui l’aurait fait après tout ? En tous les cas elle se focalise grandement sur cette histoire et en oublie presque le reste. De toute manière elle n’était pas d’accord, bien qu’il était sûrement plus sage d’agir et de penser comme le faisait Roy, elle savait pertinemment que de son côté elle aurait craché sur la société entière après un coup pareil et aurait blâmé le monde entier pour ses plaies. Mais encore une fois, il n’était pas elle. La jeune femme remarque en tous les cas que son interlocuteur demeure relativement impassible, elle prend cependant conscience du fait qu’il s’oblige à conserver un timbre de voix ferme et de ce fait des émotions l’étreignent sûrement. Elle n’est pas assez sotte toutefois pour mettre l’accent dessus. Et, toujours dans les faux semblants pourtant justifiés, Roy finit par rire légèrement en lui demandant de ne pas être trop dure avec lui.

C’est ridicule, qu’il dit. Bon dieu que non, ça l’était pas du tout et elle n’arrive même pas à sourire de la blague, se contentant au mieux d’être amusée intérieurement par le fait qu’il l’imagine déjà sur le point de le lyncher. Les traits figés en une mimique presque grave qui témoignait d’avance du sérieux de ses propos à venir, ce fut avec une délicatesse déconcertante que ses doigts se refermèrent autour du poignet du brun pour l’interrompre dans sa marche. Les atom s’éloignent encore un peu sans les voir, mais peu lui importait, elle ne les voyait pas non plus. Elle ne voyait que lui. « Je suis désolée. La caresse se mue en quelque chose de plus tendu, les doigts se crispant presque sur ce bras qu’elle retenait sans en avoir vraiment conscience. Elle est perturbée, pas franchement à l’aise avec les excuses en tout genre et les discours qui y sont liés. Mais elle ne flanche pas et poursuit, consciente du fait qu’elle n’avait d’autre choix que de lui dire le fond de sa pensée. Il n’avait pas le droit d’imaginer qu’elle désirait se moquer. Cela ne ferait qu’entacher le respect qu’elle lui portait. Je suis désolée de jouer à la guerre en oubliant que, toi, tu l’as vécue. Désolée d’avoir prétendu que tu ne pouvais rien comprendre à ce qui m’arrivait. Elle hésite, un bref instant de doute qu’elle balaie rapidement, parce qu’elle avait encore quelque chose à lui dire. Et je suis désolée pour toutes les plaies, toutes les cicatrices… T’es un homme bon qui tente de rendre le monde meilleur et tu mérites pas de te bouffer le revers de la médaille systématiquement. Il méritait mieux, tellement mieux, que des coups et des blessures. Mais ça faisait partie des injustices flagrantes qu’offrait la vie, elle n’y pouvait rien, mais elle tenait à lui dire qu’elle aussi trouvait ça dégueulasse. Et au fond elle s’excusait également d’avoir pu, à une époque, faire de son quotidien un enfer. Soudainement mal à l’aise, Drathir le lâche aussitôt et détourne les yeux, imposant de nouveau la marche et ce sans chercher à savoir s’il la suivait. Mais il le fait, parce qu’il a tout intérêt à le faire bien évidemment. Au final, c’est bien quelque chose qu’on peut pas nous retirer… On essaye. Désespérément. » Chacun à leur façon, chacun avec leurs idéaux, chacun avec leurs limites. Ils essayaient de faire au mieux, de protéger les leurs. Roy avait toutefois le mérite d’étendre sa compassion et sa protection à bien plus de monde qu’elle.
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