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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 (erin| nsfw), let it all go
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MessageSujet: (erin| nsfw), let it all go   Dim 3 Avr - 4:15

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Y’avait des choses là-dehors, qui avaient encore leur propre attrait – l’inconnu imprévisible, l’âme du jeu, de laquelle il n’avait fait que dessiner de vagues contours. La forêt revêtait plus que jamais son allure mystérieuse, alors qu’au firmament s’étendait une nuit qu’il savait factice. C’était un peu comme entrer dans une salle de cinéma en pleine journée, regardant celle-ci se baigner de plus en plus de ténèbres, alors même qu’au-dehors, y’avait un jour resplendissant qui l’attendait. Une part de lui savait, murmurait que dans le réel, un nouveau jour à peine commencé attendait d’être vécu. Mais l’ici-bas avait ses propres lois, et le Marsden n’était pas l’genre de farouche résistant à s’entêter inutilement. Le réel attendrait, alors que l’irréel, lui, revêtait des saveurs dont le monde décharné n’était pas, et n’serait jamais doté. Chicago était vide de toute manière ; dénuée de sens, d’attrait, de dimension – quel paradoxe. Mais ça f’sait bien longtemps déjà que Braith Marsden n’croyait plus en la salvation d’son monde. L’échappée n’en avait alors pas l’allure, plus celle d’une aventure décidée d’manière impulsive, les pas de l’égaré foulant le fourrage de la forêt comme s’il était le propriétaire du coin. Il aurait dû s’méfier des bestioles qui devaient rôder ; ou du moindre petit frisson de bruit qui léchait sa nuque et faisait s’réveiller la chair de poule sur celle-ci. Mais chaque pulsation d’son cœur était, pour une fois, un regain de vie salutaire.
Scipio n’était pas voué à avoir la même vie que Braith- et Braith s’mourait à petit feu sous les exploits d’son adversaire de vie ; c’était bizarre, quelque part, d’considérer que la vie courait plus ardemment en lui alors même qu’il n’vivait même pas. De manière pragmatique, le jeu avait tout pour être un piège- une mort annoncée et ambivalente, planant sur l’être et certainement pas un moyen d’vivre autrement, ou mieux. Oh, rien qu’par orgueil, il aurait bien voulu pouvoir éternellement faire partie des sceptiques qui auraient ri au nez des imbéciles qui s’perdaient dans ce vide tortueux d’inexistence ; mais fallait croire qu’il avait fini par en prendre l’habitude, de voir son arrogance écrasée par le poids d’adversaires invisibles.

Ici, au moins, les ennemis étaient là, palpables, pressants, tout juste bons à être tués s’il le fallait- et quel contrôle jouissif ça pouvait offrir sur sa simple existence, que la liberté d’arracher à l’adversaire une vie déchue pour sauver la sienne. A croire qu’il avait bien b’soin de ça, pour reconnaître la valeur de l’être miséreux qu’on lui avait dit qu’il était, un jour. L’errance, ici au moins, elle avait du sens- une saveur, appelant les naufragés à voguer toujours plus loin, toujours plus imprudemment dans les affres d’un inconnu hostile. Ici, ouais, tout était hostile- et l’adrénaline, elle pulsait, pulsait dans ses veines comme une danseuse incandescente, portant aux aguets le moindre des sens du prédateur qu’il était. Et pourtant, putain, Braith n’aimait pas la forêt- il n’y avait déjà jamais foutu les pieds dans l’monde qu’était le sien, c’n’était pas pour apprécier d’s’y perdre encore et encore dès lors que son être appelait à l’évasion ultime. Et pourtant – pourtant – la forêt semblait porter Son parfum, l’aura d’une Créature mystique, hypnotique, intrigante bien plus que les secrets qui s’lovaient dans un programme informatique quelconque. Ouais, tout n’était qu’illusion, des codes qui défilaient à l’unisson entre les parois d’son esprit – un délire, une transe. Pragmatique contre échappatoire, le Marsden luttait encore contre l’abysse qui l’attirait dans ses filets.
Mais ici, maintenant, si Braith s’était perdu dans les méandres des bois gagnés par l’obscurité, c’n’était pas pour la bête mystique qui était dite cachée au cœur de Ruderoche. Qu’est-c’qu’il s’en foutait, d’la gloire héroïque d’un acte inconsidéré et impétueux qui l’mènerait irrémédiablement à sa mort- ouais, fallait croire qu’il n’avait pas complètement perdu la boule encore. L’imprudent errait juste, de son impertinence défiant le silence de fondre juste devant ses yeux sombres ; mais aucune bête n’sortit, aucune bête ne le dévora alors même que ses pieds foulaient impétueusement le sol sans discrétion aucune. Qu’on vienne le trouver, qu’on l’cherche comme s’il était le gibier offert en pâture au premier ennemi qui sortirait des fourrés. Mais ce soir, les ennemis, les bêtes sauvages, la vie tout court, semblaient complètement l’ignorer. C’était pourtant ici qu’ses pieds l’avaient mené, une curiosité malsaine et dérangeante le faisant flirter avec des promesses qui n’viendraient pas. Il aurait pourtant juré, que partout où s’posaient ses prunelles, y’avait une aura douce-amère qui l’frappait en plein visage ; l’appétit, amené par un hasard qui relevait de l’ironie. Cette même salope d’ironie qui lui arracha un sourire torve, dès lors que les frissons dans la nuit s’répétèrent, s’écrasant avec lourdeur contre la cime des arbres, chaque tronc, chaque souffle d’air qui planait ici et là. Instinctivement, la main du jeune homme avait atteint sa ceinture, où se trouvait son arme, l’alliée fidèle et glacée qu’il coinça entre ses doigts comme s’il s’accrochait à une vie qu’il n’se sentait pas le devoir de chérir autant. Quelle drôle de chose, qu’l’instinct de survie.
Dans l’empressement du moment, les ténèbres furent son refuge, dès lors qu’il s’enfonça dans celles-ci, aux frontières noircies par les parois de la grotte dont il ne passa pas le seuil pour autant ; ça n’avait pas été son intention, que d’parcourir les méandres d’un endroit réputé dangereux juste pour la gloire- c’que pensaient les CAHO de lui, il s’en foutait éperdument. Mais parcourir dangereusement les zones ici et là, chercher des recoins où tendre l’oreille et s’attirer des sympathies illusoires, c’était c’que demandait son rôle au sein de sa team, non ? Personne n’lui posait de question, et c’était tout ce qui importait. Braith était trop l’hostile qui survivait seul- et Scipio n’était nullement différent. Alors dès lors qu’une silhouette s’détacha du néant, l’échevelée blonde qui tombait comme un cheveu sur la soupe, il sentit son cœur manquer un battement- comme si, pour une fraction d’seconde, tout ce qu’il avait cru connaître sur cet univers, s’dérobait sous ses pieds. Heureusement pour lui, les ombres lui permirent de s’faire oublier, spectateur aux aguets, silencieux et immobile – mais c’n’était pas la méfiance qui tendait ses muscles, arque-boutait son échine et fit vibrer sa peau dans une caresse ; un sourire mutin vint darder la commissure de ses lèvres, le rictus affamé de l’amusement du chasseur d’un tout autre type que ceux qu’on trouvait dans les forêts, habituellement. Et la blonde sauvage, nymphe des arbres faisait presque tâche dans cet endroit, tout autant qu’elle semblait y appartenir comme un animal chimérique. « Qu’est-c’que j’en sais, y’a bien des gens qui viennent s’perdre dans cet endroit désolé. » parce qu’apparemment, même la fameuse bestiole légendairement dangereuse n’semblait pas être là. La voix moqueuse, mielleuse- le Marsden avait quitté son inexistence baignée de noir pour arpenter quelques pas, écrasant toujours un peu plus la forêt sans la moindre discrétion. « T’es arrivée après moi techniquement, alors c’est à moi d’poser la question. Est-c’que tu me stalkes, blondie ? » ou peu importait son pseudo finement choisi pour le jeu : il s’faisait un malin plaisir pour l’ignorer et en oublier la mention – en apparences ; le jeu du feu et d’la glace, ils y étaient plutôt habitués maintenant, leurs regards fuyants, provocateurs, s’retrouvant dans un duel sous les étoiles naissantes, Braith pouvait très bien être tombé au milieu d’une embuscade de ces abrutis de GAIA- mais… elle le protégerait s’il le fallait, n’est-c’pas ?


Dernière édition par Braith Marsden le Mar 17 Mai - 15:30, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mar 12 Avr - 23:40

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Et si le ciel se teintait d'une palette de couleurs surprenantes, là où des éclairs roses transperçaient les nuages pourpres, le cœur de la joueuse était sombre et dénué de toute valeur. La demoiselle en détresse errait tel un fantôme au travers des bois. Elle traînait là, son ombre obscure trahissant l'état de son âme.  La blonde se disait que cela faisait bien trop longtemps qu'elle était là, mais savait désespérément qu'elle ne pouvait plus faire marche arrière. Jusqu'à la mort, elle était contrainte de subir la violence muette des hommes. Cette violence dont elle était elle-même coupable , dont elle était elle-même victime. L'abysse entre Erin et Lagertha était devenue immense, comme si il y avait deux femmes dans un même et unique corps.  Et peut-être que tout ce qu'avaient besoin Erin et Lagertha, c'était un peu de réconfort. Mais auprès de quoi ? Auprès de qui ? Elle n'avait plus personne. La Whitaker ne savait toujours pas avoir confiance en sa soeur, surtout depuis son ascension en tant que princesse ESHU. La Whitaker ne voyait plus Mera. La Whitaker était désespérément seule et confrontée à elle-même. Et peut être que c'était bien la première fois de sa vie qu'elle était si terrifiée.

Son corps élancé caressait le tronc des arbres, la désolée créature se mouvait dans les touches de verts et de greiges.  Puis son regard azur translucide se posa sur une forme sombre au loin. Elle y était, Ruderoche. Elle ne saurait  dire si elle l'avait voulu, mais elle y était, c'était certainement tout ce qui comptait. De toute manière, le ciel sombre s'assombrissait à une vitesse folle et Erin était beaucoup trop éloignée de son quartier général. C'est ici qu'elle devrait passer la nuit. La chose que l'on disait tapir au fond de cette grotte, Erin n'y croyait pas. Elle avait bien apprit que le plus grand des dangers, ici dans ce jeu, c'était les hommes, pas les bêtes. Pas les mythes. Alors sans une once de faiblesse, son être avança de lui-même vers cette abysse noire. Mais une ombre fugace l'arrêta. Erin écrasa son corps contre l'arbre le plus proche, là où il ne pouvait pas la voir, là où elle était invisible parmi les invisibles. Elle observait cette chevelure sombre, ce corps brut. Elle n'avait aucune idée de qui il pouvait-être. Alors elle empoigna le manche de son katana. Peut-être qu'une mort de plus pourrait l'aider à se perdre un peu plus.  Mais ce visage se fit un peu plus perceptible et ce profil fit rater un battement au cœur de la blonde. C'était donc lui. Elle voulait croire qu'elle avait trouvé cette personne qui pourrait l'aider. Erin devait être bien naïve et désespérée pour croire une seconde que cet homme qu'elle connaissait si peu pourrait résoudre tout ses problèmes existentiels.

Mais elle voulu prendre la fuite. car elle avait peur de lui. Peur des mots qu'ils pourraient lui dire et sans doute serait-elle plus en paix si elle était seule. Son cœur se tiraillait, devait-elle le tuer ? Non. Elle n'était plus capable d'éteindre la lumière des regards qu'elle connaissait. « Qu’est-c’que j’en sais, y’a bien des gens qui viennent s’perdre dans cet endroit désolé. »  Ses yeux se pressèrent si fort qu'elle en avait mal. Non. Il ne fallait pas qu'il lui parle. Parce que cette voix, rauque et attirante, lui empêcherait d'aller plus loin. Elle avait besoin de lui. Elle avait besoin d'aide. Mais elle ne pouvait pas lui dire. Mais elle ne pouvait pas paraître si faible.  Si dépendante. Elle osa enfin poser le regard sur l'homme, celui qui s'approchait dangereusement d'elle. Lagertha déglutissait avec difficulté et tentait vainement de calmer le tremblement incessant de ses mains. "Scipio..." osait-elle murmurer, osait-elle croire qu'il ne l'entendrait pas. Elle le fuyait du regard. Son cœur battait alors toujours plus vite, toujours plus fort et s'écraser contre sa cage thoracique compressée. « T’es arrivée après moi techniquement, alors c’est à moi d’poser la question. Est-c’que tu me stalkes, blondie ? »  Erin goûta au sang qui perlait sur ses lèvres bleuies par le froid de la nuit. Oui, elle se mordait à s'en faire mal. Echouée, désillusionnée mais attirée par cette étrange aura que le CAHO dégageait, ce corps frêle s'approcha enfin, se dégagea de l'obscurité pour atteindre cette chaleur étrange. Elle n'était désormais plus qu'à quelques centimètres de lui, de ce visage narquois. Elle posa enfin son regard bleuté sur les prunelles sombres de cet homme à la fois fascinant et terrifiant. "Tu ne comptes pas t'en aller, pas vrai ?" La blonde ne voulait pas qu'il ne soit qu'un mirage. Mais elle savait, au plus profond d'elle, que les espoirs sont illusoires.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Jeu 21 Avr - 4:30

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Sous la voute qui s’assombrissait, il semblait presque que le duel était stellaire, doux-amer- de ces arômes déjà portés par un air salvateur, qui s’insufflait dans les poumons de Scipio. L’illusion avait subitement revêtu une toute autre apparence, de laquelle il se serait laissé ensorceler sans concession, hypnotisé par l’apparition chimérique qui s’était défaite des limbes verts qui l’avalaient. Braith habituellement, il dardait de ses yeux sombres le reste du monde, majoritairement indifférent, intouchable, inatteignable du commun des mortels qui s’éloignaient toujours un peu plus de lui. Il détestait, adorait orgueilleusement c’sentiment qui lui retournait les tripes, nouveau et acide au bord de ses lippes. Combien de temps avaient-ils ? Ici-bas, ils semblaient avoir l’éternité devant eux. L’éternité à s’dévisager en chien de faïence, prunelles dans prunelles, iris provoquantes contre celles fuyardes de l’autre ; elle fuyait pour l’heure, glaciale et impétueuse, l’apparition vers laquelle il avait laissé le mener ses pas cavaliers. De la tête aux pieds, si près qu’il avait l’illusion d’en humer le parfum, le brun sondait la blonde, des questions brûlant la frontière de ses lèvres : était-ce vraiment un hasard, qui venait de les mener, tous les deux, aux abords du même endroit délaissé de la map ? L’univers n’était-il pas assez grand, pas assez haut, pas assez hostile et dangereux pour qu’ils aient quelque chose d’autre à faire que s’retrouver là ? C’était comme s’ils s’étaient donnés le mot.
Se l’étaient-ils ? Pendant une seconde, il eut presque l’impression d’avoir perdu la mémoire, peut-être entre deux sauts dans l’jeu, et d’en avoir perdu un quelconque souvenir de la guerrière adversaire. Ce serait triste- la provocation comme du venin racla sa gorge, d’un air goguenard éclairant son visage en la voyant ployer. Elle avait pourtant toute une réputation ici, comme une impératrice désignée par son caractère impulsif, ses belles prouesses dans l’Arène. Elle marquait les esprits – Lagertha. La confession n’passerait pas ses lèvres à lui, question d’orgueil, question d’ego qui s’enfuyait à travers le jeu, sans jamais être mâté. Heureusement pour lui. Alors peut-être n’aurait-il dû pas sortir des ténèbres pour engager la conversation, parce que déjà, ses yeux sombres s’attardaient en des détails, sur le visage de la jeune femme, l’allure de la jeune femme, les attitudes de la jeune femme, desquels il n’aurait jamais tenu compte. Dans une autre vie. Autre part. Où c’était, déjà ?

"Scipio..." qu’elle daigna au moins lui offrir comme vague considération- de celles qu’il ne lui avait pas faites encore. Quelle affection particulière était-il censé éprouver pour ce nom qu’il s’était choisi au hasard, de toute manière ? Il l’amusait, plus qu’autre chose, encore plus murmuré des abords de la bouche de la si agile GAIA qui fuyait son attention. Etait-il censé se sentir vexé ? Ou tout au contraire, était-ce légitime qu’une moquerie grimpe à travers son échine, en un frisson délicieux qu’il maîtrisa à l’orée de sa nuque ? C’était comme un instinct, une caresse, déposée du bout des doigts par elle. Elle qu’il revoyait sur le fond de sa rétine, si souvent, trop souvent, dans les méandres du Jeu et même au-delà. Elle transcendait ce voile qu’il aurait voulu être immuable, entre réalité et virtuel, Braith et Scipio. Et y’avait que dans son cas à elle, qu’il était incapable de dire s’il détestait ça, ou si c’était tout l’inverse. Et Lagertha s’était rapprochée, insidieuse proie devenue prédatrice, brisant une de ces frontières invisibles qu’il croyait avoir dressées en prenant les pleins pouvoirs sur le début de la conversation. Instinctives, les réactions de Braith coururent tout le long de sa peau, ses épaules se redressant, ses mâchoires se crispant dans ce spasme qui donnait toute sa structure tranchante à son visage. Insondable, le temps qu’il court de son regard tout le long de son visage, le noir de ses pupilles s’accrochant à l’éclat carmin, à peine visible, qu’il détailla comme une pièce d’art sur ses lèvres. Ses lèvres, peut-être bien que c’était elles les pièces d’art.
"Tu ne comptes pas t'en aller, pas vrai ?" la question le laissa hagard, hostile ; l’attaquait-elle, le priait-elle sans le dire d’être bel et bien palpable, là, atteignable ? Vivant, quand bien même ils n’étaient que des morts en suspens ? Tout près d’elle, la peau de son masque d’indifférence écorchée par le grivois de la voix de Lagertha, Braith parvint à transformer son indécision en un ricanement, qui s’étouffa au creux de sa gorge nouée. « Quoi ? J’suis censé partir parce que tu t’es pointée, c’est ça ? » il avait été mordant, comme il l’aurait été avec n’importe qui dans c’t’endroit où les ennemis étaient partout. Etait-elle un ennemi ? Y’avait en lui une assurance belliqueuse qui disait que non- mais après tout, n’était-elle pas la grande gagnant des Arènes, la GAIA à la suprématie alarmante ? Elle pouvait bien avoir ce p’tit côté aventureux. Lui, il s’y frottait, il s’y confrontait sans vraiment s’retenir. Presque. Parce que les mots se pressèrent hors de sa bouche ensuite, avant qu’il ne les retienne, penchant ostensiblement la tête, un rictus léchant la commissure de ses babines. « Est-c’que tu veux que j’m’en aille ? » on aurait presque pu croire que c’était une question honnête, un souci qui dépassait les distances créées par leurs supposées appartenances à leur équipe. Qu’elle murmure une approbation quelconque, et peut-être bien qu’il s’en irait, sans demander son reste. Rien que pour lui faire plaisir. Ou pour la protéger, la guerrière aux allures de biche. « Ou alors p’tèt bien que t’as besoin de compagnie au contraire. » et y’avait presque – presque – pas de sous-entendu grivois ou moqueur derrière l’allusion. Celle qu’il appuya d’une œillade. Celle qui flotta, s’envola dans l’air. Il les reconnaissait, les solitaires, les brisés, les fuyards- les comme lui. Elle n’en faisait pas partie, alors y’avait forcément quelque chose d’autre. Quelque chose qu’il était presque enclin à vouloir découvrir, pour goûter à l’humanité – son humanité à elle, peut-être bien plus que les autres. C’était toujours intéressant, non, de découvrir c’qui pouvait faire fonctionner la grande héroïne des GAIA ?

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mar 26 Avr - 19:53

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La lune éclairait de son aura céleste ce visage qu'elle commençait à bien connaître. Et si la nuit est sombre et pleine de terreur, elle pouvait espérer ne pas se perdre un peu plus dans les ténèbres si il était là. La Whitaker ne pouvait plus être seule, elle ne le supporterait pas. Ce n'était peut être pas Scipio, cet homme là que finalement Lagertha ne connaît guère plus qu'il ne fallait pour avoir confiance en lui. Ce n'était peut être pas lui qui la sauverait. Mais l'instant présent, elle ne voulait pas le briser, cette ambiance cabalistique entre ces deux êtres distincts et imparfaits, solitaires et errants. Elle observa un court instant cette fossette au creux de ce sourire badin. La bouche de Lagertha s'étira à son tour en un fin sourire mutin. Le brun avait ses airs-là contagieux. Et ce silence pesant n'était pas pour autant déplaisant. Il n'y avait pas grand chose à raconter, de toute manière. Rien de bien concret, de bien utile. Que des moqueries, et surtout des regards. Mais pourquoi était-il là, si loin de son quartier général, à errer seul et dangereusement dans ce coin si fuit de la map ? Lagertha était folle de croire que c'était pour les mêmes raisons qu'elle. La fuite. La recherche.

La belle au visage baigné par l'éclair lunaire était soucieuse. Elle ne se sentait pas à sa place. Elle avait encore la possibilité de fuir à toute jambe comme elle sait si bien le faire. Sans mot, faire marche arrière et le laisser là, rejoindre la cabane en silence et en vitesse. Mais le magnétisme ambiant ancrait ses jambes sur le sol si ce n'est attirait ce corps longiligne vers lui. Était-ce lui, qui possédait en son être, en ce regard sombre, en ce visage brut, en ce sourire mielleux, cette fourbe attraction ? Blondie n'aimait pas ça comme elle en raffolait. C'était ce qui lui plaisait énormément, chez Scipio, cette influence sur les battements de son cœurs et la connexion de ses pensées. Ce charisme comme elle n'en avait jamais vu chez un autre.
« Quoi ? J’suis censé partir parce que tu t’es pointée, c’est ça ? » Elle sursauta à ces mots, avait oublié ce qu'elle avait dit plus tôt. Elle questionna à son tour ce regard troublé sans savoir le tenir longtemps. Car chaque fois qu'elle posait son regard azur sur celui ombreux de l'homme, il construisait sans savoir un empire. Mais elle sentait toujours les prunelles appuyées s'attarder sur son visage rougi par la bêtise. Lagertha leva alors les yeux vers les étoiles, puis sur une roche quelconque jonchant le sol, puis enfin et de nouveau sur ce visage. Comme si il n'y avait pas d'autre solution, aucune échappatoire.  « Est-c’que tu veux que j’m’en aille ? » Le talon droit de la guerrière tâtonna un peu plus fort la terre sous ses pieds avant d'avancer un peu plus son corps vers celui de l'autre. Elle avait tort de faire cela, il pourrait croire qu'elle voudrait l'attaquer. Mais c'était tout le contraire. Tout ce contraire qu'elle ne pouvait pas expliquer. Tout ce contraire qu'elle ne voulait pas comprendre. « Ou alors p’tèt bien que t’as besoin de compagnie au contraire. » L’œillade appuyée qui accompagna ces mots fit échapper de la gorge de la blonde un hoquet de surprise qu'elle aurait voulu étouffer de toute ces forces si elle avait pu. Elle recula d'un pas face à ce sourire moqueur et entreprenant. Erin ne savait plus ce qu'elle voulait, déchirée entre solitude et compagnie. Elle chercha un instant les mots qui ne vinrent pas et pour toute réponse, elle lâcha un long soupir frustré. Il y eu comme un flottement, un duel de regards. « Arrête un peu, s'il te plaît... » Il l'agaçait comme personne n'avait jamais su le faire. Oui, elle avait besoin de lui, irrésistiblement. A chaque œillade, à chaque  mots voluptueux, les frissons qui parcouraient et courbaient l'échine de la joueuse étaient brûlants. Ardents. Embrasés. Avant qu'il ne puisse faire une quelconque autre remarque déstabilisante, elle s'en alla vers la grotte. « Suis-moi. » qu'elle murmura. Certainement qu'il ne le ferait pas, certainement qu'il la laisserait tomber là. Elle ne l'entendait pas le précéder, alors elle s'arrêta, sans pour autant se retourner. Lagertha sentait suffisamment ce regard appuyé, sur ce qu'elle espérait ne pas être seulement son dos, pour ne pas avoir à le regarder encore et encore. C'était à son tour de jouer, de prendre le pouvoir. « Viens, Scipio. Personne ne te fera de mal. » Parce qu'elle était rusée et savait pertinemment que jouer avec l’ego d'un CAHO lui ferait avoir ce qu'elle voulait.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Dim 1 Mai - 11:46

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Il en avait déjà vu, des blondes ; elles n’étaient pas d’ces espèces exceptionnelles, en voie de disparition, qui dardaient le monde de leur présence inédite. Non, ces nanas couraient les rues de Chicago à chaque recoin où il tournait son regard. Elle n’avait rien d’particulier, alors, Lagertha, murmurait l’orgueil mordant les chairs du Marsden. Ici-bas, aussi, elles étaient partout, des guerrières impétueuses, qui brûlaient les chairs, aussitôt s’approchait-on trop près d’elles. Elles avaient quelque chose de solaire, sauvage- semblables aux flammes dorées d’un incendie imprévisible. Mais finalement, dans l’indifférence de laquelle il s’drapait, elles se fondaient dans le décor. La plupart du temps.
Il n’avait jamais offert son cœur à qui que ce soit, Braith, pillant celui des femelles avec un contrôle presque malsain pour le genre humain. On n’récolte que c’que l’on sème, disaient les rumeurs. Blondie était-elle le fruit qu’il cueillait, alors, au cœur de la forêt le sang affolé et enragé à ses tempes ? Il la détaillait, de ses yeux sombres, ses prunelles aussi offensives que devaient l’être celles de tous les CAHO – y paraissait qu’il faisait partie de la team des soldats sanglants et dangereux. Etait-ce pour ça, que dans l’étreinte de la nuit tombante, la blonde sembla frissonner de ses attentions ? Et lui qui n’avait fait qu’ouvrir la bouche- à peine la provoquer, la titiller. C’n’était pas comme si elle n’avait pas son propre renom, après tout – sa tête mise à prix par tous les envieux qui voudraient lui voler sa couronne. Et pourtant, elle n’semblait pas graviter ici-bas, égarer ses pas dans ces lieux déserts, avec l’allure d’une princesse quelle qu’elle soit. Il s’en fichait, lui, il aimait trop son visage, son regard comme fenêtre à son âme, pour choisir la violence à l’admiration belliqueuse. Fallait croire qu’il avait quelque chose d’un artiste, préférant la poésie insidieuse d’un silence moqueur, plutôt que le glacé évident des armes qu’ils vouaient à d’autres. Elle, probablement plus que lui. La gloire, ça n’l’intéressait pas, ça n’l’avait jamais intéressé ; gamin des rues pourries de Chicago, il n’avait pas l’orgueil de grimper une échelle sociale qui n’avait eu de cesse de l’renvoyer à même le sol, toujours plus ardemment. Il savait d’quoi il était fait, et l’reste… c’était bon à l’utilisation.

Son seul caprice, fallait croire, c’était de mettre la GAIA en déroute. Elle était humaine, après tout, la grande Lagertha. Il en admirait la splendeur fanée sous les ténèbres qui grandissaient ; ses cheveux, si blonds dès qu’elle était arrivée, se teintaient peu à peu des ombres qui grandissaient partout autour d’eux, étouffées par les feuillages épais des arbres et des zones hostiles où ils n’offraient ni attention, ni regard. Comme s’ils n’étaient que tous les deux- déjà, la muse sortie de son recoin d’inconnu s’était gravée dans sa rétine, piquant son intérêt de curiosité, d’animosité, d’amusement tout à la fois. C’était un cocktail de délicieuses émotions qu’il n’avait ressenti pour aucune blonde depuis un moment. A Chicago ou ici.
« Arrête un peu, s'il te plaît... » et comme toutes les blondes, toutes les putains de nanas, elle était bien contradictoire. Il aurait pu la railler, s’moquer, mais dans la pénombre, à l’analyser loin du masque de la légendaire GAIA, il s’prit à l’admirer, se mordillant la lèvre, sardonique, en un rictus mi-désolé, mi-ironique. Il était un connard, lui, après tout. Et il avait saisi chacune des petites faiblesses, humanités humaines, qui avaient fracturé les apparences et passé sa bouche si résolument neutre. Il avait été trop occupé à la défier de ses yeux noirs, à l’adorer avec ce sourire irrésistiblement accroché à ses babines- lorsqu’elle s’éloigna, il n’avait même pas daigné répondre quoique ce soit. Il avait arrêté, après tout. « Suis-moi. » et la réplique ne s’fit pas attendre, en un ricanement qui avait plus du renâclement buté, alors qu’il avait juste bougé pour pouvoir la défier du regard à nouveau ; « Viens, Scipio. Personne ne te fera de mal. » touché. Dans une échappée vers l’alentours, le brun en leva les yeux au ciel, trop conscient que ses options étaient limitées. C’n’était pas pour autant que la guerre était finie. Et les secondes de flottement semblèrent s’allonger, alors qu’il pensait chacun des pas qu’il accomplissait dans sa direction, pour arriver à proximité de là où elle s’était arrêtée, patiente, provocatrice, aventureuse. « Tu prévois d’me donner en pâture à peu importe quelle bête s’cache là-dedans ? » la fameuse légende, presque aussi légendaire que la GAIA aux cheveux d’or qui arguait sur le monde un regard trop assuré. Il aurait presque pu en douter, là. Ses deux pieds s’enfoncèrent un peu plus dans le sol, tandis qu’il esquissait quelques mouvements pour glisser devant elle, entre sa destination et le chemin duquel ils venaient – ils n’allaient pas très loin, à prendre leur temps et peser leurs faits et gestes comme ça. « J’sais pas si j’peux te faire confiance, au point de t’suivre aveuglément, à vrai dire. » ç’aurait presque pu paraître offensif, avec le sel dans sa voix, l’amertume provocatrice dans son regard, si seulement il n’y avait pas ce sourcil arqué, interrogateur, comme s’il attendait qu’elle se confronte à cette croyance, on n’peut plus légitime. Ils n’étaient pas dans la même team, après tout, et il n’était pas fou. Il avait plutôt un bon instinct de survie, d’ailleurs. Généralement. C’était peut-être pour ça, qu’il savait si bien qu’il pouvait s’aventurer jusque-là.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mer 4 Mai - 22:55

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Elle savait qu'il y aurai du boulot, beaucoup de boulot. Scipio, c'est le genre de grand gaillard sûr de lui, avec un certain ego et des valeurs bien fondées, peut-être trop fondées. Il ne faisait pas partie de ces hommes là, qui se donne une allure et finissent toujours par courir après les filles. Scipio, c'était le feu. Un feu brûlant que lui seul savait maîtriser. Scipio, c'est l'indomptable. Erin en étant bien consciente, le fait qu'elle adorait cela, ce jeu dangereux où elle ne pourrait jamais être sûre d'en être l'heureuse victorieuse. Les cœurs ne sont pas des arènes. Même si l'on gagne ou même si l'on perd. Avoir Scipio est bien plus qu'un jeu, ce n'est pas pour la gloire. Scipio, c'est pour la renaissance, c'est pour l’exaltation des sens. Erin en acceptera les conséquences.
Elle qui pourtant ne s'était jamais arrêté sur ce genre de choses. Ce qu'ils appellent les corps brûlants. Cette idée de l'harmonie des êtres, d'une certaine complémentarité. La blonde n'avait jamais connu ce phénomène métaphysique. Elle n'y a jamais cru et a préféré ne jamais se poser de questions sur son lendemain. Ils furent tous des hommes d'un soir, un mois tout au plus. Non, elle n'y croyait pas non plus avec Scipio. Mais peut-être que la fleuriste bourgeoise n'était plus. Depuis Lagertha, Erin n'était plus. Mais était-elle prête à l'accepter et l'affirmer ? Et si il pouvait l'aider ?

Elle ne pouvait nier le feu chatoyant approchant avec une discrétion et une rupture qu'elle ne lui connaissait pas. Malgré la proximité, elle sentait la certaine distance, comme une crainte pesante, deux animaux, deux êtres bestiaux, s'apprivoisant. « Tu prévois d’me donner en pâture à peu importe quelle bête s’cache là-dedans ? » La glace brûlante est brisée, un sourire innocent s'esquisse sur le visage de porcelaine de la princesse en détresse. Non, il n'y croit pas, c'est évident. Elle aurait voulu croire, elle aurait voulu aimer être la bête. L’échevelée blonde aurait aimé qu'il fasse allusion à elle. Mais dans une seconde furtive, elle balaya ce sourire candide aussi vite qu'il était apparu. Peut-être par peur, peut-être par fierté.
Et les deux fourvoyés se retrouvèrent, encore et encore, l'un en face de l'autre. Comme si il ne pouvait pas se contenter de la simple vue de l'échine. Que pour se faire comprendre, ils avaient besoin des yeux. « J’sais pas si j’peux te faire confiance, au point de t’suivre aveuglément, à vrai dire. » La joueuse arqua trop vite le sourcil, presque avec brutalité, avec une déception démesurée. Et un embarras loin d'être anodin. Crispée, elle remonta et serra ses bras fort contre elle, sous sa poitrine, le regard fixant de nouveau l'horizon, les prunelles posées sur un arbre au loin. Elle resta ainsi, sentant pourtant le regard pesant de Scipio, comme la narguant, quémandeur. Elle resta ainsi, les lèvres pressées, les traits tirés pour feindre une apparente concentration. Il en était tout autre chose. "Moi j'te fais confiance. Peut-être un peu trop, qui sais. Je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs. Je ne devrai pas, CAHO ?" Provocatrice et touchée, méfiante et attirée, elle osa de nouveau le regarder. Avec cette habituelle insistante, en plus de la contrariété. En avait-elle fait trop ? Mal réagi ? Ses nerfs à fleur de peau avaient incorrectement reçu la remarque cinglante. Peut-être qu'elle avait trop attendue de lui. "Je ne te forces  à rien. Vas rejoindre ta sainte église." Furieuse, emplie d'amertume et tout cela par sa propre faute - elle avait bien conscience que le grand brun n'y était pour rien - elle fit volte face et pénétra dans la caverne sombre. Son dos s'écrasa contre la paroi rocheuse dans un bruit sourd, avec une telle violence qu'elle en eu mal. Elle laissa glisser son corps pour se retrouver assise, les jambes ballantes contre le sol. Mais il était toujours là, à la fixer. Lagertha releva le regard, aucune émotion ne transperçant son visage, du moins c'est ce qu'elle voulait croire.  "Laisse moi seule." Et pour rien au monde, Lagertha voulait que Scipio parte. Elle ne voulait plus jamais être seule.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Lun 9 Mai - 2:38

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Etaient-ils sûrs de quoique ce soit ? Ni conquérants, ni conquis ; tantôt flamme, tantôt glace, pas vraiment CAHO, pas vraiment GAIA. Il pouvait laisser tomber ces masques-là bien assez vite – il suffisait de réussir à l’en convaincre ; attacher sa destinée à celle d’une team d’inconnus lui paraissait illusoire, risible, une obligation de laquelle il n’avait que trop rarement envie de s’encombrer. Il était un loup solitaire, le prédateur qui se fondait plus souvent dans les ténèbres qu’il ne sautait à la gorge – audacieux, certes, sans pitié, et pourtant, avec trop d’instincts pour crever comme un imbécile. Et il semblait y avoir trop d’gens, ici, qui s’tuaient pour la prospérité, une immortalité aussi illusoire que l’monde qui les entourait. Il était trop pragmatique, p’t’être, Braith pour être pleinement Scipio ; et bien souvent, il riait d’ceux qui revêtaient des traits guerriers quasi désespérés. Comme s’ils étaient à la recherche d’quelque chose, d’une identité. Comme si la vie dehors, à l’air libre, n’était pas d’jà assez merdique comme ça. Elle d’vait avoir une belle vie bien confortable, la frêle nymphe aux cheveux d’or, frissonnante, ardente. Tantôt capricieuse. Elle avait cette façon d’se porter, d’se mouvoir, de dévisager le monde qui n’appartenait pas à l’univers où il avait gravité, lui ; les bas-fonds de Chicago, il les connaissait, il les côtoyait, et c’n’était certainement pas d’cette jungle qu’elle venait. Et que faisait-il, à essayer de deviner quoique ce soit de l’humaine qui se cachait derrière Lagertha ? C’n’était pas demain la veille, qu’il la laisserait face c’pas décisif entre la réalité, et l’miroir qui n’faisait que vaguement la refléter. Et pourtant, enivré, galvanisé, une curiosité malsaine piquée à vif, il s’demandait bien laquelle pouvait être la plus intéressante – ouais, il n’se contentait que rarement de c’qu’il avait sous les yeux. La combattante des GAIA, un faciès de cire qui fondait sous les flammes brûlantes qui avaient toujours brillé dans son regard à lui. Sa volonté à lui, déconcertante, c’était son arme favorite, c’qui lui avait permis de survivre dans la fange du reste du monde ; ici ou ailleurs, il en était habité, et fallait croire que contre les roches tranchantes de celle-ci, la grande héroïne blonde, avec son katana, ses beaux atours, s’fracturait comme l’humaine qu’elle était.
Il s’en serait moqué volontiers, Braith, des attitudes qu’elle se donnait : la houle de son humeur était amusante à regarder, à deviner, à darder – il aurait bien voulu pouvoir la piquer, dans son âme et sous ses chairs, rien qu’pour la voir rétorquer, encore et encore. De quoi les GAIA étaient-ils faits, dans leurs tripes, dans leurs convictions. De quoi elle était faite ; parce qu’au fond, n’s’étaient-ils pas dit, sans se l’dire, qu’ils abandonnaient les illusions inhérentes à ce monde-là ? Il savait déjà qu’il aimait, c’qui se cachait sous son armure, sous ses apparats – c’qu’il dessina d’un regard lascif, insistant, dès qu’elle eut l’œil ailleurs. Fuyarde ; elle n’pouvait s’en prendre qu’à elle-même, d’abaisser si aisément les armes. "Moi j'te fais confiance. Peut-être un peu trop, qui sais. Je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs. Je ne devrai pas, CAHO ?" et le ricanement qu’il lâcha était tout aussi franc que le reste ; il était franc, pleinement offert, jusqu’aux limites qu’il avait lui-même décidés, à une ennemie qui s’était elle-même jetée, lovée dans ses filets. « Peut-être que tu devrais pas. » s’en amusa-t-il, quand bien même ses iris devaient livrer un autre message ; fallait juste qu’elle soit un tant soit peu réceptive, plutôt qu’hermétique, orgueilleuse. Fâchée, comme une gamine habituée à être pourrie-gâtée, peut-être flattée à chaque tournant d’une discussion. Il n’était pas comme ça ; il n’lui demandait pas de l’être non plus. « Faut croire que j’ai ce charme naturel. » qu’il ironisa, piquant dans ce cœur qu’elle avait au bord des lèvres, au bout des doigts, si visible dans ses attitudes trop impétueuses. Lagertha la farouche, fallait croire, avait les nerfs en pelote et n’savait pas les maîtriser aussi bien que son précieux katana.

"Je ne te forces à rien. Vas rejoindre ta sainte église." il allait s’en fissurer les muscles du visage, la commissure des lèvres à force de garder ce rictus plaqué sur sa bouche ; elle était amusante, à sa façon. Salée, amère, acide – il n’manquait plus que le reste, un sucre qu’il s’rait tenté de venir déguster, cueillir contre ses lippes tordues en une expression vexée. Si seulement. "Laisse moi seule." dans la pénombre de la nuit tombante, il roula des yeux, sans équivoque, sans retenue, aucune demi-mesure teintée de moquerie. « Est-c’que tout l’monde fait toujours c’que tu dis, Blondie ? » parce qu’elle semblait en donner, des ordres, et elle était tombée sur la mauvaise personne pour l’faire. Si elle voulait être seule, elle n’avait qu’à marcher une bonne centaine de mètres, s’foutre dans un buisson, et l’oublier. C’était ça, la loi du Jeu, non ? L’premier qui y est. Il avait été là avant. Et au fond, elle était tellement capricieuse, tellement oscillante – tellement chiante qu’il n’savait pas s’il fonçait droit dans le piège, ou s’il continuait de la provoquer. Tant pis. Il n’eut pas la moindre hésitation quant à partir, rien qu’par fierté, il aurait pu s’mettre à pisser sur un coin de la grotte si sa fierté à lui l’avait exigé ; ç’avait été son coin à lui avant d’être son coin à elle. Et c’qu’il gagnait, il avait l’habitude de l’garder. « T’es quoi- une princesse dans ta vie ? » et il n’avait pas pour habitude d’aimer les princesses, ou d’s’en enticher d’une quelconque manière – l’évidence, il la cracha probablement avec le mot : les privilégiés, ils lui avaient toujours marché dessus pendant qu’il leur faisait les poches.
Et il était arrivé aux abords de la grotte, la surplombant de toute sa hauteur- elle, assise dans la terre et les feuilles sauvages ; ça n’devait pas être très confortable, pour une princesse. Lui, il était habitué à la merde et à la misère, alors il n’eut aucun problème à rejoindre sa hauteur, s’asseyant contre la paroi en face de celle où elle se trouvait ; il la dévisagea, comme ça, entre la lumière qui passait encore, un peu, diffuse, de l’extérieur et les ténèbres opaques qui venaient de l’intérieur de la grotte. Il n’avait pas la trouille, à l’idée qu’une bête sauvage vienne les attaquer, mais si cette saloperie pouvait s’abstenir, il n’aurait rien contre. « Qu’est-c’qu’y te tracasse, alors ? » il ne retint pas plus longtemps la question primordiale qui flottait dans l’air depuis qu’elle s’était pointée, si seule, si perdue. Ça n’semblait pas être une attitude qui lui ressemblait, ni quelque chose dont elle avait l’habitude. Lui, ça n’lui ressemblait pas, d’toute manière, d’être le psychiatre, le confident, mais fallait croire que s’ils devaient partager sa grotte, autant qu’il s’en donne la peine- il avait presque déjà l’impression, que ça pourrait l’intéresser. Parce que c’était elle, avant l’reste.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mar 10 Mai - 18:41

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Ils avaient toutes les raisons d'avoir peur l'un de l'autre. Elle, malgré son aspect solaire, était une farouche prédatrice, mordante et énigmatique. Ici, elle avait su instaurer un certain mythe, une certaine aura autour d'elle. Lagertha, c'était la guerrière au katana, indomptable et joueuse. La Beatrix Kiddo de Darwin's Game. Et il y avait lui, Scipio. Son appartenance pouvait faire froid dans le dos à certains. Mais il n'était pas effrayant, ni repoussant. Au contraire, il avait ce charme lunaire, tantôt mystérieux, tantôt apaisant. Il faisait partie de ces rares hommes à qui on peut tout livrer sans prendre la moindre précaution. Lagertha était la proie, Scipio en est le piège. Et si elle en avait pleinement conscience, elle feignait de ne rien savoir. La blonde savait qu'il ne s'arrêtait pas qu'à cette image mutine et rebelle. Or, c'était tout. Et elle était bien déterminée à en apprendre plus.

C'est un drôle de phénomène qu'est Scipio, à se rire de vous lorsque vous criez, lorsque vous pleurez, lorsque vous pestez contre le monde entier. Ce rictus, il faisait crisper les poings, rougir les jointures des mains, mordre la langue et tendre l'échine. Mais elle, l'étrange joueuse de la forêt, ne s'en souciait guère. Elle, ce sourire, elle l'aimait. « Est-c’que tout l’monde fait toujours c’que tu dis, Blondie ? » Son sourcil blond se arqua de plus belle. Il avait marqué un point. Elle l'observa, un air interrogateur sur le visage qui était plutôt destiné à elle-même qu'à lui. Elle préféra rester muette, soucieuse. Elle n'avait peut-être pas assimilé le fait qu'elle pouvait avoir cet air là. « T’es quoi- une princesse dans ta vie ? » Il lui avait sorti les mots de l'esprit. Une princesse. C'était donc l'image qu'elle donnait, cette image que durant toute sa jeunesse elle s'était forcée à rejeter. Parce que Erin Whitaker avait toute les aptitudes pour se comporter en petite princesse pourrie gâtée. Fille de médecins, baignant dans un milieu social mondain, on lui a toujours apprit à s'élever au dessus des autres et ne pas partager ses jouets. On lui a apprit à être supérieure, à être autoritaire. Or, elle l'avait toujours refusé. Les courbettes, les airs narquois et le profit, c'était pour Riley. Dès sa jeune adolescence, Erin s'était insurgée contre tout ses principes qu'elle ne supportait pas. Humaine, sensible, Erin n'était sans doute pas née dans la bonne famille. Au lycée, elle traînait avec les marginaux et a développé son goût et son talent pour la peinture. Elle avait fait hurler son père en abandonnant la psychologie pour le langage des fleurs. Erin était alors éventuellement une princesse, mais une princesse insurgée. Celle qui n'accepte pas son statut. Celle qui n'accepte pas les statuts. Cependant, il n'y avait pas de quoi se mettre en rage contre Scipio pour avoir employé ce terme. C'était de sa faute à elle, après tout, si elle avait donné cette image, si elle agissait comme une gamine capricieuse de douze ans. "Si seulement tu savais." Ni plus, ni moins. Il se contenterait de cette explication. Si il voulait comprendre, il devrait apprendre à la connaître. Le mystère était sacré pour elle. Avec insistance, la proie observa l'homme qui lui faisait face, à hauteur égale. C'était étrange, qu'il soit si décontracté alors qu'elle, elle était tendue comme la tige d'un arc. Elle ressentait comme un malaise que lui ne semblait pas surprendre. Mais elle en mourrait d'envie, elle voulait terriblement le mettre à l'épreuve, et repousser ses limites. Histoire de voir qui était Scipio lorsqu'il n'avait pas ce contrôle permanent sur lui-même. Histoire de voir jusqu'où il pourrait aller, pour elle. « Qu’est-c’qu’y te tracasse, alors ? » Elle le sonda plus intensément, sceptique et déroutée par cette question. Il y avait comme du faux-semblant mêlé avec une pointe de sincérité. Parce que la garçon des ténèbres se baladait avec cette nonchalance provocatrice, elle doutait fortement qu'il puisse se soucier d'elle, alors qu'elle se souciait - peut-être trop - de lui. Pourtant, il avait fait cet effort. Pourquoi ? Et puis, peut-être qu'il fallait bien répondre à sa question. Ses lippes rouges s’entrouvrirent mais aucun son ne s'en échappa. Parce qu'elle ne savait pas répondre, Lagertha, la blonde qui avait la réponse à tout. Déboussolée, sa bouche carmin prit une forme boudeuse. Peut-être que s'en était trop, tout simplement. Qu'elle ne supportait plus la violence des hommes et sa propre violence à elle. Pauvre victime de l'humanité. C'était certainement une quête identitaire qu'Erin traversait. Mais qu'est ce que ça ferait bien tâche de dire ça au Scipio moqueur. La longue silhouette longiligne de la jeune femme se releva dans la pénombre, et gracile, s'approcha. Elle n'en pouvait plus de la pression négative. Tout ce qu'elle avait besoin, au final, c'était de l'adrénaline et de la passion, mais dans le genre humain, pas sanguine. Pas cette adrénaline dans laquelle elle était baignée lors des courses poursuites meurtrières. Pour être toujours plus solaire, Lagertha avait besoin de la chaleur.

Et sans demander quoi que ce soit, sans prendre aucune mesure des risques qu'elle encourait - de toute manière, qu'avait-elle à perdre ? Elle avait tout à gagner, désormais - la naïade des forêts s'assit à califourchon sur son adversaire. Le temps ne s'écoulait plus, le temps n'importait plus. Car les yeux fermés, Lagertha ne faisait plus qu'attention aux battements des cœurs. Ce qu'elle pouvait dire, c'est qu'un -ou peut-être les deux- battait à la chamade sans pouvoir distinguer lequel c'était. Elle pouvait sentir le souffle chaud de Scipio sur son visage, les lèvres respectives à seulement quelques centimètre l'une de l'autre.  "Il serait peut-être temps de m'empêcher de faire une connerie, tu crois pas ?" Elle jouait avec le feu, terriblement. Elle devait être ce genre de cinglée à aimer se faire peur. Mais Lagertha croyait en la possibilité des surprises. Car elle n'en doutait pas : dans ce domaine, Scipio devait être plein de ressources.


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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Sam 14 Mai - 3:03

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"Si seulement tu savais." J’demande qu’à voir – la réponse, trop honnête, avait écorché en une balafre sanglante, ses tripes et son crâne, avant que l’orgueil ne la ravale jusqu’au creux de sa gorge. Et le silence fut ; où il tenta d’embrasser les ténèbres de l’indéfini en un rictus goguenard. Proie. Prédateur. Prédatrice. Charmeur. Charmante. Qu’étaient-ils, dans ce débat feutré, tâtonnant au crépuscule mourant, d’œillades brûlantes en répliques cinglantes. Elle avait la langue acérée, pour une princesse – avec sa façon de mordre dans le verbe, de se glisser en quelques répliques sous ses côtes, jusqu’aux tripes du CAHO ; réveillant en plein dans sa façon, les empreintes de son orgueil. Braith n’perdait jamais l’nord : ça faisait longtemps qu’il avait aiguisé ses œillades pour qu’elles soient provocatrices, brûlantes comme le feu de ses volontés. Il avait été c’gamin, trop jeune, déposé dans les bras de l’abandon, toisant le monde comme s’il en était le maître, alors même qu’on l’avait toujours plus profondément enfoncé dans le néant. L’oubli. S’il devait crever dans cette forêt, souffler sa dernière vie, personne n’viendrait le pleurer, et c’était tant mieux. Il n’était pas v’nu pour ça, il n’vivait pas pour les autres, quand bien même ils s’plaisaient tant à l’croire.
Et ouais, la fameuse Lagertha, avec sa stature, son renom, sa putain d’attitude, elle n’faisait pas exception ; il avait beau lorgner sur elle, les babines retroussées en des sourires carnassiers, ça n’voulait pas dire qu’elle valait plus que le monde. Et dusse-être le cas, il serait le connard qui la ramènerait brusquement sur terre, plus que celui qui lui baiserait les pieds. Il n’aimait pas les princesses. Alors il espérait bien s’tromper. Comme quoi, pour quelqu’un qui sortait tout droit des caniveaux d’un Chicago désolé, il était exigeant, demandeur – le genre d’âme qui cherchait à inspirer les autres. Cruellement. Parce que la vie était une chienne, et qu’il valait mieux l’apprendre tôt que tard, histoire d’bien savoir comment lui retourner sa mauvaise fortune dans la gueule. Combien d’leçons avait-il appris, lui, à la dure ? Quand sa mère l’avait laissé au milieu d’un poste de police, son visage s’effaçant peu à peu d’ses souvenirs avec les années ? Elle avait eu les cheveux noirs, comme lui, et l’odeur dégueulasse d’un mélange de clope, d’alcool et de dépression semblait coller aux narines de l’orphelin, quand il pensait à elle. Qu’est-c’qu’il détestait cette odeur. Heureusement, ici, les sensations, les senteurs, il s’plaisait à les dépeindre dans sa raison comme des illusions ; une réalité juste pour ses prunelles, qu’il plierait à ses caprices rien qu’par la force de sa volonté, son arrogance. Ou juste parce qu’il avait un flingue, et qu’ici, tuer c’était comme respirer.

Et combien d’gens, la princesse blonde avait-elle déjà charcutés, avec son beau katana si effrayant ? Elle n’payait pas de mine, comme ça, à accrocher des regards lascifs en direction de l’ennemi, à avoir l’air si fragile, prête à se fracturer sous la gifle des mots qu’il venait de lâcher. Pourtant, ils n’avaient pas été agressifs, ni moqueurs – presque soucieux, ça lui apprendra, à Scipio, à essayer d’être sympa. Depuis le début de leur entrevue, pourtant- dès l’instant où elle s’était détachée des fourrés, comme une sauvage se détachant de sa planque de verdure, il avait cessé d’être un CAHO, espion qui glanait des informations des attitudes et des silences qui tendaient l’air. Dans la grotte, il semblait faire trop chaud, maintenant : pourtant, y’avait pas à douter que les nuits tombantes dans le Jeu soient hostiles, peut-être froides, peut-être impétueuses. Aussi imprévisibles que les guerriers qui scrutaient les ténèbres, et habitaient les cœurs déshumanisés de c’monde hostile. La réalité aussi, elle avait sa façon d’être hostile. Lui, il l’était aussi, avec d’autres ; pas avec elle. Alors le silence de la guerrière le surprit presque, il s’en était retrouvé suspendu à ses lippes, demandeur d’une réponse qui se faisait désirer – le savait-elle, à quel point elle pouvait faire languir quelqu’un ? Elle avait sa façon d’parler sans parler, avec ses yeux, avec sa bouche, avec les traits de son visage, le tout baigné des derniers éclats de lumière qui se mouraient, étouffés par l’épaisseur des arbres, au dehors. Peut-être que dans la ville, il faisait encore assez jour pour y voir plus attentivement. Mais ils n’étaient pas dans la ville, ils étaient là. Abandonnés. Seuls. Y’avait pas à douter que si elle le décidait, elle pourrait lui trancher la gorge pour bonne mesure, rien que parce que. Et peut-être qu’il la laisserait faire, tendant le coup. Rien que parce que. Voir c’que ça faisait.
Ce n’fut pourtant pas l’instinct de survie qui pompa son sang, et pulsa à travers les fibres de son corps, une vague de vie submergeant toutes ses chairs, tendant ses muscles, au moment où elle quitta son pan de mur pour venir jusqu’à lui. Sur lui. Contre lui. Est-c’que son palpitant fondit comme neige au soleil, cessant de battre et d’exister ? Il aurait pu en jurer, pour une poignée de secondes, avant que l’hémoglobine grondant à ses tempes, le nœud au creux de sa gorge, n’lui prouvent le contraire. C’était bizarre, d’se sentir aussi vivant, dans un endroit où il n’l’était pas vraiment. "Il serait peut-être temps de m'empêcher de faire une connerie, tu crois pas ?" croyait-elle avoir affaire à un gentleman ? L’ironie aurait pu le faire ricaner à nouveau, mais il s’abstint – il en fut presque désolé pour elle, la pauvre petite blonde qui cherchait un Prince au mauvais endroit, dans les abysses des bas-fonds desquels il s’était si bien acclimaté. Il savait c’que c’était, survivre coûte que coûte ; et ça n’avait pas fait d’lui un gentleman. Ni un Prince. Dans son regard noir, brilla la défiance, donc, à ces paroles qui devaient sous-entendre que ‘s’il était quelqu’un de bien’ il devrait faire les choses ainsi ; comprit-elle son erreur, au moment où il lorgna sans vergogne sur elle ? Là, de ses yeux plongeant sur chaque détail offert juste sous son nez ; elle avait un putain de décolleté, et il n’allait pas s’en cacher, ni même se fustiger pour l’impression électrique qui s’étendit tout le long de ses chairs. C’était elle qui était venue, dardant la bête, comme s’ils s’connaissaient. « Pourquoi j’ferais ça ? » qu’il demanda enfin, la voix rauque, comme une confession, l’acidité d’une moquerie provocante glissant dans sa gorge avec ses désirs. Il avait envie, subitement, d’égarer sa main là. Ou là. Ou peut-être d’utiliser celle-ci pour faire ployer encore plus Lagertha, amenant la Princesse encore plus dans son jeu dangereux, contre ses chairs tendues par la faim. « Tu l’sais pas encore ? Qu’les trucs stupides, c’est les meilleurs. » et il était définitivement un truc stupide, sur ça, elle avait raison au moins. Quant à elle, c’était une autre histoire ; toute blonde qu’elle était, aussi commune voudrait-il la déclarer, défiant, indépendant, elle était belle. Appétissante. Ça devait être si bon de perdre ses lèvres, là, au creux de son cou, où il égara un regard insistant, trouvant le pouls nerveux qui battait juste sous sa peau. Elle et ses grands yeux bleus, comme le ciel qu’il n’toucherait jamais. Elle et sa peau si blanche, probablement douce comme du satin, probablement aussi enivrante que la mélodie de ses gémissements. En perdit il le contrôle, hypnotisé, happé, au moment de hisser une de ses mains, la traitresse s’égarant pour être aventureuse, avant qu’il ne se rattrape, tout juste, et la fasse provocatrice à la place ; il vint dessiner la courbe de la mâchoire de Lagertha, juste sous sa joue, une empreinte à demi-fébrile, à demi-incandescente qui grimpa, grimpa jusqu’à sa tempe, ses cheveux chauds comme les flammes jaunes d’un incendie dévastateur. « J’me demande juste quand tu vas t’dégonfler, Princesse. » et y’avait presque une affection mielleuse dans le mot, celui-ci, invisible, en caressa cette bouche rosée et tracée uniquement pour être embrassée avec toutes les passions du monde. Peut-être.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Lun 16 Mai - 23:52

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Les autres dimensions, c'était quelque chose dont elle raffolait, la  jeune blonde. Elle avait de quoi être exaltée, la pauvre gamine dans cette grotte lugubre. Ça pouvait donner peine à  voir, or elle s'en moquait pas mal. Car à l'instant présent, au moment donné, tout ce qui pouvait importer, c'était  eux. Elle n'aurait pas su tellement dire ce qu'elle ressentait, là. C'était vague, c'était flou, ça manquait de sens et de logique. Et pourtant. C'était ce qui faisait la beauté de la chose, non ? Le manque de concertation, les pulsions primaires. Cela l'empêche pourtant de manquer les détails, à la soi-disant princesse. Elle se permet d'admirer, sans toucher, la constellation de tâches de rousseurs qui éclatent sur le visage de Scipio. Il fallait dire qu'ils n'avaient jamais été aussi près l'un de l'autre et rien que pour cela, rien que pour la première occasion, ça se fêtait. Lagertha aurait bien pu murmurer un "enfin" tellement la tension était baissée d'un cran. Un soupir exalté s'échappa d'entre ses lippes souriantes et ses prunelles se relevèrent vers les yeux du CAHO. Elle se permit de faire attention à chaque détail -car les siens étaient visiblement occupé à autre chose-, de l'iris marron aux cils noirs de jais. Il y avait ce détail là, quelque chose de non-visible à proprement parler, qu'elle aperçut enfin. Ce genre de chose que la personne concerné n'aimerai pas qu'elle soit là, ce genre de faille. Comme un miroir dévoilant qui pouvait réellement être Scipio. Mais la guerrière curieuse est vite interrompue. « Pourquoi j’ferais ça ? Tu l’sais pas encore ? Qu’les trucs stupides, c’est les meilleurs. » Les yeux roulent au ciel d'eux-même. Pour qui il se prend ? Et pourtant, elle n'arrive pas à le détester pour son mordant répondant. Au contraire, ce serait pas Scipio sinon, non ? Elle n'ose même pas imaginer cet homme là passif, spectateur. Lagertha, elle aime que Scipio se la ramène, comme si il avait la réponse à tout. Cette arrogance non-feinte et ce désir de contrôle. Elle n'en est que plus pressée, de le faire flancher, de lui ôter les mots de la bouche. "J'imagine que tu te prends pour ce truc stupide. T'en fais pas, je suis de la partie." Mais elle sursaute légèrement quand il pose son doigt sur sa peau. Elle le sait, elle ne peut pas se permettre de trembler. Elle voudrait pourtant s'abandonner totalement sous ses caresses qui lui font frissonner l'échine, peut-être qu'elle en se sent pas encore prête, que ce n'est pas encore assez pour flancher.  « J’me demande juste quand tu vas t’dégonfler, Princesse. » Piquée à vive, révoltée, offusquée, elle a toute la répartie du monde pour le faire taire une bonne fois pour toute. Peut-être. Le rebelle ne lui laisse pas le temps de rétorquer, telle la petite princesse qu'elle est. La chair pêche et liquoreuse se presse sur ses lèvres. Et là, certainement qu'il est temps de la fermer, le temps d'un instant. Le baiser en dit long, de toute façon. Le temps de la bataille orale est révolue, pour en laisser place à une autre. Encore plus brûlante, si fiévreuse. Il serai peut-être donc temps d'arrêter de faire la fière guerrière Lagertha pour laisser place à la femme, tantôt douce tantôt ardente, si ce n'est les deux en même temps, Erin. Cette Erin qui s'abandonne désormais. Elle ne veut plus jouer, elle veut ressentir. Ce corps longiligne se presse toujours un peu plus contre le torse de Scipio. Il ne faut pas qu'il s'en aille, il faut qu'elle s'assure qu'il soit bien là, que ce n'est pas une blague, ni le fruit de son imagination. Mais c'est dur, de réfléchir, quand l'impétueux à son emprise sur chaque cellule qui fait ce que Lagertha peut bien être. Lorsqu'il détache ses lèvres des siennes, elle hésite à ouvrir les yeux de nouveau. Pour profiter encore un peu des sensations, ose t'elle croire.  "Si me faire dégonfler était ton attention, t'es vraiment con." Elle soupire, elle sourit, elle ouvre les yeux. Ses mains glissent habilement sous sa propre veste qu'elle retire sans plus attendre. Son haut subit le même sort et la voilà, la guerrière enfin mise à nue, ou presque. Le froid glacial, nocturne percute sa peau, mais elle compte bien sur Scipio pour y remédier. Elle a bien du mal à rester là, sans bouger. Tout ce qu'elle désire, c'est lui et si avoir ôté ces quelques couches n'est pas suffisant, elle compte bien lui faire comprendre. Malgré le froid qui ourle sans pitié sur son corps, elle se niche dans le cou de son prédateur. Ses lèvres s'en vont glisser le long de son cou, sur la veine palpitante, sous l'oreille, au creux de la mâchoire dessinée, destinée à être touchée, embrassée, embrasée. Ses lippes foulent tout ce qu'elles trouvent, et la peau de Scipio se retrouve facilement parsemée de baisers comme d'un souffle chaud, pressant, hurlant. "Je suis à toi." C'est murmuré, pourtant bien audible. Comme une promesse. Qui sait sans avenir. Et alors ?

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mar 17 Mai - 15:29

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Elle est le diable incarné, Lagertha. Ou une déité dont il n’connaît pas le nom, qui pourtant s’répercute dans les fibres tendues de son corps comme une mélopée enivrante. Partout où l’air de leur souffle coule, c’est une trainée de sensations enflammées qu’elle égare. L’embrasser, déjà, lèvres contre lèvres, avait c’t’arôme fruité, piquant, comme le mien de ses cheveux, associé au mordant de ses mots. Elle reste une guerrière, cruelle GAIA dont les atours frémissent, alors que le CAHO de ses doigts glaçants, pourrait jurer que sa peau opaline s’effrite. Il a bien envie d’voir ce qui s’cache en-dessus : un cœur pompant comme un frénétique ; le sang, courant juste sous le velours blanc pour faire palpiter, trembler, supplier sans mot chaque petite part de Lagertha. Elle est humaine, en fin d’compte, cette putain de blonde hypnotique. Guère princesse dans ses bras, à croire qu’elle a capté à qui elle avait affaire. Un humain aussi, ouais – un CAHO humain – mais un connard avant l’reste. Alors ouais, Princesse, c’était stupide ; mais bon dieu, elle n’pouvait plus espérer y échapper maintenant. Elle était d’la partie, qu’elle avait dit, sauvage et impulsive, frissonnante et grandiose, ses souffles traitres au creux de sa gorge tendue ; ils n’avaient eu qu’une poignée de secondes pour s’dévisager de si près, dans la pénombre de la grotte. Et pourtant, c’était comme s’il avait déjà tout vu, et gravé dans sa tête, chacune des sensations électrisantes qui avaient traversé la nymphe blonde tout contre lui. L’impétueuse, avait jeté son corps frêle au cœur d’une tempête dont la houle capricieuse courait dans ses venaisons à lui, là, un torrent carmin qui grondait contre ses tempes. Lui-même, n’savait pas dans quelle partie ils s’lançaient comme ça, l’échine tendue, leurs âmes criant à l’épiphanie ; c’était dans ces moments, qu’l’infini des sensations dépassait la frontière des mots, leurs langues acérées servant d’autres attentions demandeuses que leurs répliques cinglantes : de sa main ayant glissé jusqu’au creux de sa nuque, il était venu goûter la saveur de la verve de la grande et légendaire Lagertha. Mais dans les tremblements sans détour à la surface de la peau de la blonde, glissant jusqu’à lui à travers la pulpe de ses doigts, il savait que c’n’était pas l’assassine GAIA qui se réfugiait dans ses bras, l’ennemie en pleine provocation était morte, là, quelque part, entre deux de leurs souffles empressés, au beau milieu de l’apnée des sens qui les suspendait à la bouche de l’autre.
Et il n’savait pas à qui il avait affaire alors ; il n’connaissait pas son nom, à la Princesse ; en bon truc stupide qu’il était, il s’en foutait éperdument – ç’avait même sa propre saveur, l’inconnu, l’unicité d’illusions qui demeuraient, tandis que d’autres tombaient comme des feuilles mortes en plein automne, sans égard, sans regret. Braith et Scipio, eux, ils n’étaient pas antithétiques, ils n’étaient pas l’un l’mensonge de l’autre- c’était juste une histoire de nom, un label, mais avec Lagertha mourant dans sous ses mains baladeuses, il découvrait une toute autre facette de la nymphe aux cheveux d’or. Et quelle facette ; ses yeux noirs léchèrent sa chair si subitement exposée, tels une langue suave, qui n’demandait qu’à se perdre sur l’elle tendue et frissonnante. Lagertha n’était plus qu’un souvenir- un bon souvenir ; une chieuse revêche, amusante, aux rixes volant dans l’air. Mais la blonde sans nom perchée, exposée sur ses genoux, il avait bien envie qu’ce soit elle aussi, qui occupe ses pensées nuit et jour. Il n’avait pas encore fini d’l’admirer, comme une œuvre d’art qui aurait mérité toute l’attention du monde, ses seins saillants dont il avait deviné l’allure et la sculpture en la zieutant ; ils étaient si près, encore doucement privés d’une vaste liberté. Sous ses yeux. Contre lui- gronda dans la gorge du Scipio un râle d’aise, lorsqu’elle fut celle d’eux deux qui franchissait la limite du point de non-retour ; comme quoi, elle était vraiment lancée dans la partie.

Et malgré les barrières de tissu qui les séparaient encore, il pouvait la sentir, comme ça, dansant, valsant contre les parcelles de ses chairs tendues, roulant avec les impressions qu’elle égarait à son cou ; il en avait vaguement relevé le visage, exposant ces muscles saillants à ses attentions. Ses deux mains à lui, en des poignes ordonnatrices, avaient trouvé le creux de ses reins, la courbe de ses hanches, collant à lui la GAIA au corps moqueur- juste là, à l’orée du renflement échaudé qui commençait à naître, rebelle, demandeur, derrière les atours desquels il n’s’était pas encore défait. Pas encore. Pas encore. "Je suis à toi." la promesse audacieuse le fit ricaner, sans détour, tandis qu’il en avait assez dégusté, des attentions ; ses paumes n’étaient désormais plus accrochées aux hanches de la blonde – l’une d’elles avait écorché tout le long de sa colonne vertébrale en des attentions fiévreuses, des caresses du bout des doigts ; l’autre, était venue dessiner la courbe inverse, le long de sa croupe, tout le long d’une de ses cuisses, bénissant l’impétueuse de n’pas avoir fait voler tous ses vêtements : c’n’était pas parce qu’ils se perdaient, l’un à l’autre, qu’ils devaient agir trop vite. Non, non, la pauvre, elle avait l’air d’avoir besoin d’oublier le monde pour une éternité toute entière ; et en remontant jusqu’au creux de sa nuque, dans son cuir chevelu, la poigne du CAHO s’ancra dans ses mèches d’or, exerçant une pression ordonnatrice, mais tendre presque, jusqu’à pouvoir retrouver de ses lippes, cette bouche semeuse de désirs. « Ouais, t’es à moi. » qu’il répondit enfin, entre deux baisers incandescents, sa voix comme du satin, se perdant à la commissure des lèvres rosées de Lagertha. Elle savait qu’lui, il n’était pas du genre à faire des promesses en l’air, d’ces blablas qu’ils n’tiendraient jamais – était-elle étonnée, alors, qu’il n’lui réponde pas la même chose, une déclaration mielleuse, salvatrice, excitante ? Au moins dans la valse langoureuse de leurs baisers, le mordant de quelques dents avec lesquelles il laissa une impression piquante à sa lèvre inférieure, il en disait plus long que n’importe quel mot doucereux.
Et sa poigne avait lâché les cheveux d’or de Lagertha, les laissant glisser à nouveau sur ses épaules dénudées, là où une des bretelles de son soutif avait dégringolé, dégageant sa clavicule, le creux de son cou tendu, qui l’appelaient, l’appelaient lascivement. Douce et chaude, la paume de l’amant était alors retombée dans les vallées de cette zone-là, ses doigts accrochant le contour de sa mâchoire pour lui faire ostensiblement pencher le visage, la Princesse offrant les muscles saillants de sa gorge aux babines affamées du voyou. Une vague distraction, qui avait permis à l’autre main voyageuse de remonter vers le nord, juste sous ses côtes, pour venir fouler le tissu fin de ce soutien-gorge aussi salvateur que problématique ; et alors que sa bouche égarait des chemins invisibles de baisers et de langue au creux du cou blanc de la GAIA, il vint offrir de ses mains, de pleines attentions à son buste. Et la frontière de tissu n’en était que plus excitante, un voile qui séparait la tentation de la pratique – le trop de la tentation moqueuse ; il voulait qu’elle grimpe, Lagertha, lentement mais sûrement, de frisson en frisson. Pas trop vite, jusqu’à ce que le reste de l’univers, le Jeu et l’irréalité, fondent complètement de sa mémoire. Et malgré ce fameux soutif, il pouvait déjà la sentir réactive, Lagertha, la tension grandissant jusqu’à la pointe de ses seins, la vallée de ceux-ci tremblant en des souffles erratiques – probablement demandeurs, sans qu’il n’leur offre quoique ce soit de ce qu’il ne daignait pas encore parsemer. Et plutôt que de monter, la bouche de Scipio s’était engagée vers la descente vertigineuse – il avait flatté, un peu, le lobe de son oreille, juste sous celle-ci, là où sa mâchoire rencontrait le début de sa trachée. Mais il était un affamé des affres de ses chairs ; et sur la silhouette creuse de sa clavicule, il y égara une affection mordante, à nouveau un léger pincement de ses dents, pour tendre les nerfs, et effacer la moindre de ses peines avec ses baisers chauds. Il n’était pas l’type qui faisait des promesses, lui, presque plus celui qui parsemait des espoirs à la surface des corps tendus, bourreau et salvateur, selon ses choix et ses caprices.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Mar 24 Mai - 19:19

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 Il était un personnage pas si difficile à cerner, Scipio. Lagertha, elle, ne s'attendait pas à quoi que ce soit de féerique. Scipio n'était pas un prince charmant. Et ce n'était définitivement pas ce que Blondie cherchait. Bien au contraire.
Pourtant, elle n'était pas complètement désespérée, la pauvre brebis égarée. C'était pas Scipio parce qu'il était là, par hasard, foulant de ses pas rudes le sol de la forêt. C'était pas Scipio parce qu'elle avait besoin de se lover dans les bras d'un quelconque Scipio. C'était Scipio parce qu'elle avait envie de lui. Qu'importe le nom qu'il puisse porter, ici ou là-bas. C'était un acte, un geste mûrement réfléchi. Ou peut-être pas. Mais le plus important, dorénavant, c'était l'acte en lui-même. Le passé ou le futur n'importaient guère, tout était présent, tout était instantané, momentané. Et ce n'était pas une quelconque pulsion sexuelle ou un certain manque que Erin devait assouvir. Plutôt comme ci elle n'avait pas eu le choix, et que c'était comme ça, et que c'était pas autrement. Peut-être une affaire de destin, même si elle en croyait pas à ce genre de choses. Parce que Erin, c'est celle qui a trop ou pas assez les pieds sur Terre. C'est tout, ou c'est rien, c'est absolu. Mais toujours avec logique, une logique déconcertante. Elle faisait les choses qu'elle avait envie de faire et personne n'arrivait à lui dicter telle ou telle conduite. Erin, Lagertha, c'était les sauvages, les incorruptibles. Malgré les failles, malgré les plaies parfois béantes. Erin ne cédait jamais à la volonté d'un autre. A moins que.

Parce qu'elle a osé se perdre dans ses yeux et qu'elle ne se retient pas, la naïve. Doucement, elle se laisse glisser un peu plus dans ce mélange sucré de sensations et de sentiments. Court-elle un risque ? Et si finalement, cela importait quelque chose ? Elle sait bien qu'elle n'a rien à perdre, sans doute tout à gagner. Le temps d'une étreinte. Et les doigts qui se serrent sur sa chevelure dorée, et les battements dans les poitrine qui se fait plus fort, plus percutant, plus douloureux. Et ces corps toujours plus proches, toujours plus tendus sous la pression des touchers insistants, provocateurs, possessifs. Et Lagertha qui en a rien à foutre d'être la proie, la possédée. Mais jamais vaincue, jamais victime. Elle le fera flancher, elle le fera sombrer, vers une dimension inconnue, mystérieuse et effrayante. Mais pourtant si attirante. Elle le fera flancher sous les coups impitoyables des baisers brûlants sur la peau dorée, sous la sensation de ses seins tendus contre la paume de ses mains, et de sa peau de porcelaine fracassante, peut-être. Le paradoxe est alarmant, quand on la voit, elle, s'échouer sous les gestes de Scipio; Alors qu'elle grimpe, escalade, franchit des sensations inattendues, inespérées. Elle ne peut plus rien faire, elle ne peut plus rien contrôler, pour le meilleur comme pour le pire. Le corps de la femme se tend toujours plus, jusqu'au moment où elle est incapable de faire le moindre geste de plus. Elle ne peut plus, elle a besoin, elle a envie de lui, ça lui tord et brûle le coeur, les tripes, ça crispe ses muscles et bat dans son sang. Et il se joue d'elle, la pauvre princesse. Elle le blâme comme le remercie. Échouée, perdue, espérante, brûlante. "T'es un adepte des points de non retours, j'imagine." Sa voix est fêlée, ses lèvres rougies par les baisers. "Je ne te supplierai pas, mais assume les conséquences. Tu peux plus faire marche arrière, Scipio." Fais moi l'amour, possède moi, donne un quelconque sens à cette putain de grotte isolée. Presque haletante, les mots ne sortent plus d'entre ses lippes tremblantes. Il doit comprendre, agir, tout de suite. Ou il peut la perdre.

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MessageSujet: Re: (erin| nsfw), let it all go   Sam 4 Juin - 4:52

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Y’avait une certaine ironie, dans la façon dont les choses avaient tourné, non ? Il aurait pu en ricaner, s’en amuser, Scipio, s’il n’avait pas eu ses lèvres, sa langue- sa bouche toute entière trop occupée. Mais dans les frissons qui tendaient la nuit, de ses lippes il semblait plus enclin à graver dans sa mémoire la courbe du cou de la biche aux cheveux d’or qui frissonnait sous le couvert des arbres. Putain, il n’aurait jamais cru qu’il pourrait y avoir quoique ce soit qui lui ferait aimer cette forêt à c’point ; maintenant, fallait croire qu’à chaque fois qu’il aventurerait ses pas jusqu’ici, tout un flot de souvenirs brûlants remonteraient jusqu’à sa mémoire pour l’emporter dans un monde de sens et d’impressions. Elle avait c’talent-là, insidieusement, malgré ses apparences revêches et son sale caractère ; fallait quand même admettre que Lagertha avait ce charme qui faisait fondre les limites de la décence, et happaient l’attention jusqu’au creux de ses lèvres rosées. Ou peut-être n’était-ce que lui. Curieusement, jalousement, pour l’heure Scipio se plaisait parfaitement à s’imaginer être le seul sculpteur des chairs blanches de la nymphe blonde. Elle avait déjà dû en connaître pourtant, des types, pour être tant experte à savoir parsemer l’envie à la surface d’un épiderme comme le sien ; Braith aurait bien voulu être ce chieur qui s’faisait désirer, sarcastique et sardonique. Insidieusement, le contrôle échappait d’entre ses doigts, à mesure que son appétit se sustentait au creux de son cou simplement pour mieux se découvrir insatiable. Quel délicieux paradoxe, qui faisait gronder, gronder le sang à ses tempes, jusqu’au bout de ses doigts, à la veine de son pouls qu’elle pourrait si facilement trancher, la guerrière- de ses dents ou de son arme aussi glacée que le monde. Mais ils semblaient avoir oublié où ils étaient, délinquants et impétueux, indépendants et grandioses – leurs sens échappant aux frontières créées par un univers dont les dictats n’avaient jamais été les siens à lui.
CAHO, GAIA, ça n’aurait jamais été une limite qu’il aurait imposée à ses volontés ; c’t’histoire, elle était entre elle et lui- entre la Princesse blonde et le voyou aux yeux sombres. Lagertha, Scipio, ils étaient morts dans la nuit, entre leurs souffles grimpant en chaleur, leurs sens qui s’répondaient l’un l’autre. Et noblement, il en admira la capacité de Blondie à formuler une phrase, empressée et demandeuse- une phrase faite de mots malgré tout, alors qu’il s’sentait perdre la boule un peu plus à goûter l’arôme de sa peau. "T'es un adepte des points de non retours, j'imagine." et le prédateur avait quitté son terrain de chasse, ses babines guères rattrapées par la lassitude- il avait envie de l’embrasser rien que pour qu’elle la ferme, parce qu’y’avait pas besoin de mots fermes et définitifs pour mettre en exergue les impressions qui planaient si intensément dans l’air. Elles vibraient dans leurs chairs comme des brûlures impétueuses- comment pouvait-il ignorer le désir qu’il avait éveillé en elle ? Oh, il avait bien l’intention d’en jouer, qu’ça lui plaise ou non- à la fin d’l’histoire, elle aurait c’qu’elle voulait- ce besoin qu’elle n’daignait mettre en mots, si orgueilleuse qu’elle était, mais qui se lisait presque comme une supplication à elle toute seule dans ses prunelles si claires. Bordel, même dans le noir grignotant à chaque seconde un peu plus cette caverne, les yeux de Lagertha demeuraient si clairs, si limpides, si faciles à sonder. "Je ne te supplierai pas, mais assume les conséquences. Tu peux plus faire marche arrière, Scipio." et la façon dont sa voix lui échappait, une mélopée gracieuse à ses oreilles, Braith avait presque envie d’s’en enivrer pour de longues secondes, d’infinies minutes à l’entendre perdre son souffle entre ses mots, comme si son cœur allait sortir d’entre ses lèvres, livré à lui sans concession. Il aimait ça, c’sentiment de l’avoir juste entre ses doigts, prête à saisir le moindre signe qui irait dans son sens, prête à recevoir et à déguster sans n’plus penser à rien.

Et il s’en perdit donc, à l’observer, l’admirer – au moins avait-il eu la décence de plonger ses iris sombres dans les siennes pendant de longues secondes, plus tôt ; le reste d’elle méritait tout autant d’attention. Plus encore, d’ailleurs ; et de ses doigts il les lui offrit : tout naturellement, ses mains avaient trouvé un même chemin, glissant juste sous ses côtes, le revêche de ses paumes foulant la peau si sensible, taquinant le tissu de son soutif. Quel gentleman il était. Presque- alors que l’ombre épousait le rictus qu’il lui adressa, en une œillade pour distraction, ses pouces galbant son buste en quelques caresses admiratives- dangereusement moqueurs et adorateurs tout autant. Ils dessinèrent la si belle courbe de ses seins, par-dessus le tissu qu’il sentait taquiner ses propres sens d’une curiosité maladive ; il la savait, la sentait réceptive à ses caresses, aux impressions qu’il lui abandonnait, si cruel- jusqu’aux pointes demandeuses de sa poitrine, alors qu’elle arquait son dos, peut-être bien sans s’en rendre compte, rien que pour mieux épouser ses doigts, il n’pouvait plus faire marche-arrière, après tout. « T’as peur que j’te laisse là, comme ça ? » qu’il la taquina, penchant son visage vers le sien, légitimement curieux, s’demandant si elle s’l’était imaginé comme ça, tentateur sans satisfaire, connard jusqu’au bout des doigts et des pensées. Ou si elle s’attendait à plus, si elle aimait découvrir plus, si elle voulait découvrir plus. Evidemment qu’elle voulait, sa respiration erratique suppliait sans qu’elle n’ait besoin de l’faire – au diable l’orgueil, ses sens parlaient pour elle, et la bosse dans son pantalon parlait pour lui. La nature avait ses propres lois, pas besoin de s’en cacher. « J’ai pas l’intention de faire marche arrière, t’en fais pas. » daigna-t-il au moins confirmer, un sourcil de jais s’arquant explicitement. C’était donc comme ça que la grande Lagertha déposait les armes, abdiquait, faiblissait, l’échine ployant à ses désirs et ses envies à peine masquées. Il put les sentir plus brûlantes que jamais, ses demandes souffreteuses à ses lippes, lorsqu’il revint l’embrasser, presque tendre, admiratif. Il aimait cette douce Princesse-là, qui semblait pouvoir se lover dans ses bras comme s’il était le lieu le plus sûr du monde- alors qu’il n’l’était carrément pas, et qu’ils n’étaient même pas dans l’monde tout court. « Mais, Princesse, j’vais prendre mon temps. » et son ricanement mourut dans un énième baiser, sans cesse plus demandeur, suspendu à leurs lèvres, à leurs langues, leur appétit gonflant comme le sang bouillant dans leurs veines.
La Princesse méritait son petit coin de Paradis, égaré en l’affection de ses doigts caressant sa joue, la courbe de sa pommette avant de s’perdre dans ses cheveux- les fourrageant comme l’or le plus précieux, les froissant comme s’il crevait d’envie de la briser. Si seulement ça pouvait être si facile, juste ça ; ses sens hurlaient autrement, sa bouche ne s’lassant pas de dévorer celle de Lagertha, quitte à l’en écorcher vif, s’en écorcher vif lui-même, le cœur exposé, vulnérable. Heureusement pour lui, digne rappel à l’ordre, son autre main, l’aventureuse, la grivoise, s’était glissée entre eux deux, arpentant la chute vertigineuse de l’abdomen si doux de la blonde, flattant sa chaleur jusqu’aux abords indélicats des vêtements qu’elle portait encore, là en bas. Ceux qui auraient pu être problématiques, s’ils n’étaient pas synonymes d’une promesse de quelque-chose à découvrir de ses yeux. Plus tard. D’abord-… d’abord il y glissa ses doigts ; guère timides, guère retenus, parcimonieux et faussement patients, juste pour en être plus tentateurs. Quelques caresses ici et là, dessinant ces intimes chairs tendres et demandeuses, vibrant comme si elles avaient été délaissées trop longtemps. Il voulait qu’elle soit bien, proie chaude et humide rien que pour lui- juste aux abords du précipice du désir et du plaisir, rien que pour elle, parce que la voir comme ça, le visage mis à nu de toute préoccupation, était la chose la plus délicieuse qu’il avait eu le plaisir de voir dans ce monde factice. Et l’énième moquerie qu’il eut pour elle, agonisa dans un souffle empressé, un râle qui se fondit dans son oxygène à elle, alors qu’il n’l’embrassait même plus, leurs lèvres simplement collées les unes aux autres, leurs sens en éveil à la découverte et l’oasis de chaleur au creux des cuisses de Lagertha. C’était sûr, faire marche-arrière n’avait jamais été une option.

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