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 les hautes lumières (dorially)
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MessageSujet: les hautes lumières (dorially)   Ven 29 Avr - 1:27
les hautes lumières

ce soir, les nuages logent sous ses paupières.
les constellations se sont cachées, mais, enfants en mal de jeu, elles cherchent les rires dans la gorge du magicien, elles plongent dans ce lac de sang, se perdent et se noient. mais elles ne les trouveront pas, les éclats, pas ce soir.
dorian s'éveille à peine. il est resté quelques éternités dans son univers de pixel, il en a oublié d'exister.
aveuglé par la brume, il s'échoue sur les souvenirs amputés d'une existence entre les caractères de codage. symptôme de jekyll et hyde, dorian n'est pas déimos quand déimos veut être dorian, et dorian se bat pour que déimos ne soit pas.
oui, ce soir, il préfère éteindre les étoiles: elles pourraient guider la bête hors de sa cage pour lui percer le coeur, cet organe-vestige qui se bat pour subsister dans un royaume de poussière. la créature pourrait envahir ce monde qui n'est pas le sien, ce monde qui est trop humain. le fléau de pan qui frappe à nouveau.
alors, c'est les yeux clos que dorian fait danser le dessin. son crayon voltige sur les pages blanches qui s’envolent quand la mine se soulève. le ballet de croquis enferme l'homme dans l’œil du cyclone. il dessine à en perdre la tête pour extérioriser les fruits du démons de son système. il laisse le sol avaler ces visions d'horreur qu'il a lui même créer de ses doigts ensanglantés.
l'arme grise court entre les grains du papier, libérée, tandis qu'il parfume les pages de sa honte et de sa haine jusqu'à ce que, coquille vide, coquillage échoué, il s'effondre vers les cieux.
chaque muscle se détache du suivant, chaque os se disloque du voisin, plus rien ne frémit, plus rien ne vit. il ne reste que lui et ses paupières qui battent pour trouver la lumière qu'expire la fenêtre.
les rayons de lune rallume l'étincelle.
dorian est loup-garou.
guidé par une recherche d'inspiration dystopique, l'homme endort la bête en la berçant de ses pas.
il a dessiné charly, ce soir. il a dessiné charly, comme tout les soirs. son visage sur la page est familier, quotidien. c'est le seul regard qui attend son retour à la maison. mais sa maison, à charly, elle n'est pas dans le studio tacheté de peinture, elle est ici.
sur la stèle.
il pourrait s'allonger sur la pierre et s'endormir là, les galaxies comme oreiller, mais il ne le fera pas. il ne l'a jamais fait, ne le fera jamais. il la fixe des yeux quand elle apparaît, l’effleure du bout des doigts en passant près d'elle, et quand elle est dans son dos, il ne se retourne pas. il ne ralenti même pas.
la grille de fer forgé avale sa silhouette.
de l'autre côté des murs de pierre du cimetière, c'est un autre univers. les astres s'entre-choquent.
cette planète-ci n'est pas plus grande qu'un satellite. le martien traverse le peuple, enveloppé de sa cape d'invisibilité.
sur la planète "terrain vague" du système solaire "northside", les fées ont élues domicile. parce que quelqu'un, quelque part, y a cru (peut-être lui ?).
dans une ville on tire à la carabine, dans une autre on rencontre des fantômes. et partout, les lucioles s'affolent. elles fendent l'air frais de fin de soirée, s'accrochent aux cheveux des jolis filles, se posent aux coins des lèvres des beaux garçons. tout resplendit.
mais ce qui dérobe le souffle de dorian, ce ne sont ni les spots ni les rires, non, ce qui fait dérailler son coeur, c'est cette unique toile de soie diaprée autour de laquelle personne ne tourne. toutes la poussière d'étoile du monde semble s'y être déposée.
elle pourrait s'envoler à tout instant.
alors dorian entre. il veut s'envoler, lui aussi.
il ne demande que ça.


(c) chaotic evil


Dernière édition par Dorian Aström-Riverrun le Sam 30 Juil - 18:23, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: les hautes lumières (dorially)   Jeu 5 Mai - 13:00

dorian & gally

après la nuit avant le jour
et à travers les roselières
après la nuit avant le jour
j'irai chercher les hautes lumières.
la fête secrète tient lieu d'utopie éphémère. le temps n'est pas à la guerre ici. les armes sont factices, tirs de carabines et grosses peluches, gourmandises et lampions, le tout bercé des rires et des sourires de ces grands mômes insouciant.
de sa tente-maison, gally elle entend tout, les yeux clos et ses mains bijoutées qui ne cessent de battre les cartes divines du tarot. à côté d'elle réside l'effluve et l'essence des odeurs parfumées des chandelles qui se consument.
elles dansent sur les tentures, reflets mystiques, et insufflent à l’habitacle une douce odeur de bois automnale.
gally elle entend tout ce qu'il se passe hors de son espace privilégié.
elle entend tout et plus encore.
elle entend le lion qui rugit, le tambour qui rassemble, le feu qui crépite, les danses qui chavirent.
les yeux clos la môme bohémienne elle entend le passé qui fait écho à ce présent.
ce présent presque irrationnel, presque ridicule à côté des racines qui lui lacèrent les jambes.
le passé la rattrape, inlassablement et continuellement.
le crépitement des flashs des photos, l'abusif maquillage qui lui entaille la peau, les robes trop riches pour qu'elle songe à se les offrir un jour. la poupée se martèle le coeur de ce cirque blasphématoire.
parfois chicago n'est qu'une prison.
sa prison dorée, d'une poupée édulcorée que l'on a automatisé.
quand elle se regarde gally, parfois elle se sent grise comme la poussière.
grise comme la cendre d'une chandelle qui a fini de brûler sa liberté.

petite chandelle, elle entend le glissement du tissu. sa cabane s'habite d'un étranger.
les yeux toujours clos, ses paupières satinées, aux pigments dorés, elle cesse de battre son jeu de cartes.
elle écoute avec attention, la démarche, le souffle, la curiosité qui émane du visiteur.
« c'est pour la bonne aventure ? » elle n'attend qu'un léger hochement, même fébrile, même infime pour rouvrir les yeux.
ses deux jolies billes bleus qui ricochent sur le nouveau venu.
sur un homme. un bel homme aux yeux de gally.
peut-être trop.
la bohémienne se méfie des courbes brutes. elle se méfie de la peste des hommes et de leurs mains venimeuses.
mais l'humeur est à la fête et non à la guerre.
ce jeune homme est donc le bienvenue dans son empire céleste.
« mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ; plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours ; quand tout change pour toi, la nature est la même, et le même soleil se lève sur tes jours. de lumière et d'ombrage elle t'entoure encore ; détache ton amour des faux biens que tu perds ; adore ici l'écho qu'adorait pythagore, prête avec lui l'oreille aux célestes concerts. » les vers de lamartine s'échappent de ses lèvres.
là commence la séance divinatoire.
celle en laquelle elle croit, comme on croit à la poésie, celle dans laquelle elle se noie, corps et âme.
c'est un astre scintillant gally, qu'il faut cueillir quand il est encore temps.
sa flamme crépite encore, elle embrasse la liberté qui est venue habiter sa tente ce soir et d'un signe avenant indique le tabouret de velours qui lui fait face.


Dernière édition par Gally-Karmel Tagliaferro le Sam 1 Oct - 14:17, édité 4 fois

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MessageSujet: Re: les hautes lumières (dorially)   Jeu 19 Mai - 17:00
les hautes lumières

dorian est l'alien retourné sur sa planète.
il ne se savait pas paumé, mais ce soir il s'est retrouvé. dans les yeux de la princesse de lune, il a déterré une de ses ailes d'ange et il déploie les plumes pour s'élancer dans les bras de ses amantes pailletées enveloppées dans leurs couvertures d'argent du crépuscule. dans ses yeux stellaires brille un carat de son esprit, une pièce de puzzle qui vient s’emboîter dans les ruines qui l'habitent.
il en oublie le vide.
d'un sourire, elle piétine le démon dévoreur d'âme. elle brise la cage d'acier qui lui enfermait le cerveau, qui lui étouffait le coeur. ses pensées fourmillent dans tout les sens, fées libérées papillonnant dans l'air du soir, clochettes de rire tintant à ses oreilles. pour la première fois, son coeur n'hurle plus dans sa poitrine: il se tait, hébété, ébloui. il a l'impression d'avoir toujours vécu ici, entre les étoffes de soie pourpre et les chandelles lumineuses, dans un brouillard de jasmin, les cheveux saupoudrés de poussière d'astres.
il est déjà venu.
« c'est pour la bonne aventure ? ». un frémissement en guise d'unique réponse, c'est tout ce dont elle a besoin. elle rouvre les yeux comme capable de percevoir les caresses de l'oxygène. il marche comme en apesanteur pour détruire les mètres qui les sépare.  
il a enfin quitté le monde terrestre, brisé le quatrième mur. il est entré dans l'univers de l'invisible, de l'imperceptible. il l'écoute sans oser respirer. il s'accroche aux fragments de ses phrases, au soleil, aux échos et au céleste. un doux sourire grimpe le long de sa nuque pour glisser sur ses lèvres. un doux rictus aux parfums de leurs fleurs qui dégage toute l'innocence dont il se pensait dénué.
tout ça, elle le lui a offert.
cet univers hors du temps ne connait pas la guerre qui rage de l'autre côté de ses frontières. ici, il n'y a pas de lois pour dicter aux âmes libres une manière d'exister que l'on se devrait de respecter. ici, ni sang sur le sol, ni corps jonchant l'avenue, ni armes entre les doigts. les joueurs anarchistes et autres marginaux de la société pourraient venir rugir de l'autre côté de ce palais de féerie qu'ils n'en trouveraient pas l'entrée. tout ici est pur de toute barbarie humaine, semble-il. dans cet autre monde, cette ville dans la ville, on est coincé hors du temps et de la modernité déshumanisante. on a quitté chicago. par magie.
quand il se loge sur le tabouret de velours comme le papillon dans son cocon, dorian retrouve ses dix ans. les racines sauvagement arrachées de son passé volé viennent se nouer autour de ses chevilles. il pose ses deux mains sur la table, prêt à recueillir toute la voix lactée dans le creux de sa paume. une voix à l'esprit parle dans son silence : qui n'a pas entendu cette voix dans son coeur ?
« que disent les galaxies ? »


(c) chaotic evil


Dernière édition par Dorian Aström-Riverrun le Sam 30 Juil - 18:23, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: les hautes lumières (dorially)   Jeu 9 Juin - 21:16

dorian & gally

après la nuit avant le jour
et à travers les roselières
après la nuit avant le jour
j'irai chercher les hautes lumières.
elle lit dans le clair de ses yeux, dans la chair de sa peau, ce destin abrasif qui se redessine dans les lignes. préparez vous monsieur voudrait-elle dire, car le pire est à venir. elle veut prédire des catastrophes, des fins du monde et des apothéoses. elle veut être prise au sérieux, qu'on la croit prêtresse d'outre tombe.
elle veut charrier des navires d'esprits et d'âmes errantes, en quête d'un savoir qu'elles quémandent de leur mains avides. puis les faire sombrer d'un monde à l'autre, les faire s'élever parmi les cieux, assécher leurs coeurs ou purifier leur âme.
elle aimerait arrêter le temps, posséder des yeux et des oreilles partout, toujours, tout le temps.
elle voudrait être l'avenir.
un monstre qui sait tout.
est-ce un monstre gally ? sommes nous des monstres, tous autant que nous sommes ? des monstres de chaire, avide d'un sang nouveau ? c'est ce qui surgit dans son esprit, quand elle se reconnecte à la réalité de ce monde-ci. l'autre monde lui, n'est fait que pour sa rédemption. l'appel d'un paradis terrestre sur lequel elle doit mériter sa place en éradiquant ceux qui pèche et qui ne mérite pas de salut.
les mains massives de l'homme se pose doucement sur la table de la bonne fortune. elle les observe ces mains de soldat. elle les détaille pendant de longues minutes, au son de ces mots célestes. « que disent les galaxies ? »
elle lit ces mains rugueuses, ces mains rougeoyantes à la fleur ardente à de la bougie. elle lit ces veines qui battent le rythme d'un coeur humain, presque serein une fois pénétré dans la tente de la gitane.
« vous êtes le diable en personne. » ses beaux yeux océans remontent sur le visage de ce drôle d'ange. elle ne frémit pas. elle n'a ni peur, ni froid.
ses yeux croisent la chaleur vivante de ceux de son interlocuteur, alors qu'elle saisit sa main gauche, imposante dans ses deux petites paumes fragiles, redessinant les lignes rugueuses, creuses qui sillonnent son épiderme. « ai-je le droit de lire l'avenir d'une entité de l'enfer ? le permet-elle ? »
elle esquisse un sourire sur ses lèvres colorées d'un violet trop prononcé.
une fée trop fardée, dont les paillettes s'émiettent sur la table, se glissent comme une poudre magique dans les doigts brûlants de l'inconscient diablotin.


Dernière édition par Gally-Karmel Tagliaferro le Sam 1 Oct - 14:16, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: les hautes lumières (dorially)   Sam 30 Juil - 18:16
les hautes lumières

l'astre en perdition gravite soudainement autour d'un nouveau soleil. désespéré de pouvoir rester dans la chaleur d'un second jour, ses doigts s'accrochent aux rayons ardents que laisse échapper le sourire de cet utopie. il se bat pour garder en lui la lumière qui scintille, animée par la plus pure des magies. car dorian n'est plus une comète prête à s'écraser ou une bombe sur le point d'exploser. dorian n'est plus une créature de ténèbres en mal de sang pour le simple plaisir perfide de se sentir puissant. dorian n'a plus soif de cris d'agonie. dorian n'est plus déimos. la chimère de pixels a été soufflée à l'entrée avec tout ses vieux démons du passé.
la liberté jette ses paillettes colorées dans les pupilles de celui qui se croyait condamné.
phénix renaît de ses cendres balayées par le temps. il se reconstruit dans la chaire et le sang. recolle les morceaux. frémit de cette montée d'allégresse, étourdis et enivré par ce second souffle qu'il n'attendait plus.
sourire au bord des lèvres, il délecte sa condition humaine avec l’excitation secrète de la redécouverte. les anges battent des pieds, perchés sur chaque parcelle de sa peau qu'ils n'auraient auparavant pas pu approcher sans brûler leurs ailes sur l'aura incandescente de maléfice de cet être à l'âme déchirée.
les anges...
« vous êtes le diable en personne. ai-je le droit de lire l'avenir d'une entité de l'enfer ? le permet-elle ? » non.
ses mâchoires se resserrent sur les mots de l'étoile, un fugace instant, ses traits se durcissent, l'espace d'une inspiration. sa main posée sur la table, une partie de lui exposée en évidence aux yeux des curieux sur la scène d'un freakshow, dans un bocal de verre étiqueté, funeste créature parmi les siens. monstre sur le chemin du retour. l'objet des regards voit chacun de ses doigts se crisper sous la caresse de celle qui se transforme en faucheuse sous ses yeux dénaturés. mais tout cela expire dans la seconde. mort-né.
car, plus loin que des illusions de paradis brisées, autre chose se dégage de telles paroles. ce n'est pas l'esprit de dorian qui, soudainement vulnérable, s'est laissé décortiqué par les iris d'une nymphe sans nom. non, c'est la fille des anges qui doit être munie d'un pouvoir divin pour percer à jour les tréfonds de la nature surréalistes qu'il ne peut pas lui-même nommé. diabolique.
et, soudainement, la destruction de ses fantasmes de nouvel homme, sainte personne noyée dans les galaxies avec un sourire digne du plus grand des phares, n'est plus un drame. c'est une offrande du ciel.
elle sait.
elle sait et l'effleure.
elle sait et demeure.
tel miracle requiert le mérite d'un héros, et jamais dorian n'oserait convoiter un tel titre. à dix ans, ses parents de substitution forcée se sont chargés de graver une interdiction au bonheur sur chacune de ses veines vidées. et pourtant... la féerique demoiselle relève les yeux de cette porte vers son avenir qui repose toujours sur la table nappée. ses lèvres pourpres s'entre-ouvre, laissant échappé un semblant de musicalité en un unique son avant que l'incarnation des ténèbres ne l'interrompe d'un doux chuchotement. « non. » ses traits bougent à peine. dorian a décidé. il pourrait enraciner son âme ici pour la laisser se régénérer dans la douce chaleur des bougies parfumées, mais il n'en fait rien. à la place, il jette l'encre en plein océan: dans ses yeux à elle. c'est dans cet univers qu'il veut venir habiter. « non. je ne le permets pas. » je, synonyme de diable, n'en a pourtant ni la colère sanglante ni l’apparence maléfique, ce soir. mais il ne l'a pas nié, car elle a su percer la vérité.
« et pour pardonner, il me faudra être payé. » sa voix couche encore dans l'onctuosité des mots murmurés. il n'a rien de menaçant, le monstre, ni dans son regard phosphorescent, ni dans son sourire chatoyant, ni dans ses doigts qui se referment lentement sur ceux de la naïade. il se penche légèrement par dessus la table, tressaillant de ce contact depuis longtemps oublié. le regard langoureux s'assorti d'un sourire espiègle. « je demande une nuit. cette nuit. ».


(c) chaotic evil

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MessageSujet: Re: les hautes lumières (dorially)   Ven 12 Aoû - 12:25

dorian & gally

après la nuit avant le jour
et à travers les roselières
après la nuit avant le jour
j'irai chercher les hautes lumières.
Il est des nuits sans lune qui attisent l'éclat des astres. Ceux qu'on ne voit chatoyer que sur le manteau noir des frères nocturnes. Il est des nuits où le confort des quatre murs ne sied plus à cette enfant des rues, des nuits où le béton étouffe son souffle, où les fenêtres ne sont plus que des horizons lointains, d'une liberté qui échappe à ses phalanges baguées, serties d'argent, de rubis et de pierres lunaires.
Il est des nuits où elle s'enfuie l'égoïste bohème, vers ces grands drapés colorés, où les myriades de feu follet redessinent le chemin des curieux passants entre les tentures et les regards engoncés de paillettes. Ces visages d'ailleurs, ces sourires étrangers. C'est un lieu où pavanent de multiples esprits, un lieu où le diable se fond dans les masses humanisées, et où l'ange peut revêtir ses parures infernales. Les noms se mélangent, les identités se disloquent, chacun entreprend de n'être ce qu'il n'est plus, ce qu'il n'est pas, ce qu'il ne sera jamais.
Enfants du monde, c'est ce soir où jamais.
Et si les planètes tournent encore quand Gally ose effleurer ce qu'elle convoite comme un Hadès vivant, c'est que les cartes d'un vieux tarot miteux l'avait déjà bien décidé. Ange mortel à l'esprit bien avisé devait en cette nuit sacrée rencontrer le diable au sourire tétanisé. Car peut-être avait-elle vu juste, la crapule d'oracle, la videuse de poche aux mensonges charmants. Peut-être avait-elle frappé là où résidait le mal entier de cet être curieux.
L'orage menace un instant dans la futile cabane où se moirent les chétives bougies dansantes. Tout ce décor bringuebalant, qu'on emporte sur les chemins pour aller l'étendre un peu plus loin, toute cette mise en scène bohémienne paraissait bien fade à côté de cet homme capable d'influencer les atmosphères.
Mais Gally subsiste en reine dans la chaleur de ce foyer recomposé. Fuyant l'air brûlant de la ville bétonnée, elle vient dans cet îlot se ressourcer, recréer sa belle magie d'antan, celle qui s'échappe de ses rêves et s'insinue dans ce monde qu'elle découvre derrière l'écran. Ses yeux ne flanchent pas quand la négation totale éclot sur les lèvres d'Hadès. « Non. » Encore moins quand il renchérit. « Non. Je ne le permets pas. » Ce sont les rayons lunaires au dehors qui font tambouriner son coeur, invitant la nuit dans cet espace restreint, préfigurant déjà ce qui est enclenché par le destin.
La statue marbrée de l'infernal divinité ne bouge pas. Il est enfant d'Hadès. Il est rejeton d'Apollon. La môme fardée n'est qu'humaine aux yeux éplorés. Elle chute, détrônée de son nuage impénétrable, réduite à son statut d'adolescente désirable. Le ton suave dont il prend soin de l'entourer, réveille entre ses doigts le léger tremblement d'une peur qu'elle croyait avoir échouée. « Et pour pardonner, il me faudra être payé. »
Endettée.
Voilà que la môme s'en va payer son âme au nocher.
Il n'est plus distant l'invité de cette contrée, il est proche à présent, penché au dessus de cette frontière matérielle qui n'arrête pas les plus effrontés. Il s'approche de la princesse tétanisée, ses paumes qu'elle a dévoilé désormais serrées autour des siennes, frêles et palpitantes.
« Je demande une nuit. Cette nuit. »
Djinn affolé, ses paupières se font seule barrière face à ce regard déstabilisant. Elle ferme l'océan de ses yeux, s'offrant une seconde pour dilapider ses pensées sombres. Les harpies se pressent sur sa peau d’albâtre, griffant ses veines pour les faire un peu plus battre. Rien de son comportement récalcitrant ne peut échapper à cet être puissant.
Elle exorcise ce que son esprit mesquin lui offre, ouvrant ses yeux poupins sur le monstre charmant.
« J'offre une âme, et non un corps. » Ses doigts frêles se frayent un chemin hors des paumes rocailleuses, s'écoulant comme une cascade au sortir des rochers montagneux. Ses yeux vacillants, flammes humides ne quittent plus les ambres de l'enfant-dieu, alors qu'elle se lève de ce tabouret pour lui faire face, son regard emprunt d'un défi incertain. C'est à prendre ou à laisser.
Entre son pouce et son index elle mouche la chandelle de la table, élément facétieux qui instaure l'égalité des corps dans l'obscurité des lieux. Sa voix s'achève quand la mèche s'éteint, crevant le silence de ce chuchotement étrange. « Cette nuit accordée, c'est à l'aube que se fera mon réveil. Pas plus tôt. Pas plus tard. »

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