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 the kids aren't alright △ (isaïah)
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MessageSujet: the kids aren't alright △ (isaïah)   Sam 28 Mai - 11:44

now the neighborhood's cracked and torn
the kids grew up but their lives are worn

Sur le bois vernis du bureau s'entassait inlassablement la paperasse aux constats rendus toujours plus alarmants par la crise économique qui foudroyait les rues chicagoanes des plus miséreuses aux plus fastueuses, licenciait les pères, accablait les mères, ôtait le pain des assiettes de leurs enfants, coulait des entreprises entières, décuplait le taux de chômage, de suicide, de précarité. Craignant son hostilité, les initiés monnayaient la protection du loup en chuchotant préalablement à son oreille les résultats catastrophiques de leurs entreprises, lui permettant de vendre ses actions avant de ne voir leur cours s'effondrer. La crise n'épargnait pas les casinotiers, cependant, et, si sa clientèle la plus aisée continuait de noyer ses soucis causés par une perte d'argent minime dans les jeux d'argents et les bras de ses prostituées, le monstre de south side voyait sa clientèle plus modeste diminuer considérablement, quittant le divertissement légalement offert par ses établissements au profit de sa came, de ses armes et de ses filles. Trop d'argent à blanchir, et pas assez d'argent propre, de toute sa vie il n'avait jamais été aussi angoissé par le fisc. Si son frère, avant de quitter quelques jours le sol chicagoan pour l'asphalte new-yorkaise afin de rendre visite à leur mère et de négocier avec leurs parrains quelque éventuel coup de pouce relationnel ou financier, l'avait débarrassé d'une liasse de papiers conséquente, il restait au cadet Pimkins un certain nombre de signatures à griffonner, d'appels à passer et de timbre à coller, alimentant toujours un peu plus les valises bleues qui bordaient ses yeux, les claquements de ses mâchoires et le nœud dans son bras.

Quelqu'un demande à vous parler, Monsieur. Un certain Kowalski...

Des liasses de papiers administratifs jonchant le bureau, les iris gelées du loup s'extirpent, interrompant ses comptes et la lecture de ses dossiers à l'évocation du vieil associé aux épaules devenues sûres et fidèles depuis l'époque révolue où ils n'étaient que minot fraîchement envoyé par les parrains new-yorkais et jeune entrepreneur récemment débarqué avec femme et enfant. Deux petits princes délogés trop tôt du royaume qui les avait vus grandir et brûlant de se faire rois d'un indomptable empire, deux garçons qui n'aspiraient qu'à devenir hommes et quémandaient au cœur d'une ville de fous le respect qui leur était dû, deux mômes un peu trop ambitieux que les grands avaient, à tort, cru inoffensifs. Foutaises, les gosses aux yeux d'anges s'étaient hissés au sommet de la plus vile des façons, se serrant les coudes et teintant de rouge les murs d'un royaume qu'ils s'étaient égoïstement octroyés. Près de dix ans s'étaient écoulés depuis que leurs paumes avaient scellé un accord qu'aucun d'entre eux n'avait à ce jour brisé, et s'il n'obtenait en cette sombre période que peu de nouvelles de son cher allié, chacun honorait encore loyalement sa part du marché, l'un évinçant de la sphère chicagoane toute firme hostile à la société du fidèle compère, et l'autre permettant à son acolyte aux mains sanglantes d'exercer une certaine pression sur les quartiers adverses et de fouler l'asphalte des quelques rues qui redoutaient sa présence sans voir son corps entier criblé de balles nationalistes.

Dites-lui de patienter dans le couloir, j'arrive.

En silence, l'homme s'exécute, non sans déceler l'once d'agacement dans les grognements du loup à la fois absorbé par ses tâches administratives et intrigué par la présence de son ami en ces lieux, ce même ami qui pourtant connaissait assez bien la violence de ses humeurs pour avoir de ses yeux vu sa rage appuyer sur la détente comme un réflexe anodin, ce même ami qui le savait particulièrement irritable dès lors qu'il se trouvait en son domaine dérangé par une quelconque présence imprévue le retardant dans ses activités. Les visites impromptues lui hérissaient le poil tant et si bien que ses compères avaient pris l'habitude d'annoncer à l'avance leur présence imminente au risque malheureux de n'interrompre la bête de south side dans ses corvées bureaucratiques ou en plein milieu d'une valse bestiale entre les reins d'une femme, et aucun, pas même le riche entrepreneur polonais, ne dérogeait habituellement à la règle. Rassemblant d'un air las ses papiers dans un coin du bureau et préparant sa langue acerbe à gronder quelque remontrance au visage de son vieil ami, le diable des bas-fonds chicagoans se soustrait à son fauteuil et, agacé, ouvre la porte d'un geste sec. Aussi ne parvient-il que très difficilement à retenir sa surprise lorsque l'azur de ses iris préparées à cracher leur foudre sur les vieux os du Kowalski père ne parvient seulement à capturer que le visage juvénile de Kowalski fils.

Je peux faire quelque chose pour vous, mon garçon ?

Doucement hébété, le criminel pose sur l'enfant des yeux empreints d'une indéniable curiosité, l'ire de son regard précédemment gorgé d'une mauvaise humeur au goût amer s'adoucissant considérablement à la vue du garçon. Parce qu'il se faisait vieux et faible, le loup, sans perdre pour autant l'immonde noirceur qui de l'intérieur rongeait son cœur, il se faisait envers la jeunesse plus doux, plus patient, plus tolérant qu'il ne l'était envers ceux qui, comme lui, avaient dans les vertèbres le poids de plusieurs décennies. L'aiguille cruelle du temps qui filait entre les doigts de tous insufflait dans les bras des enfants la rage et la fougue d'une jeunesse brûlée et corrompue par un système défaillant. Une seringue de haine et de débauche au creux du bras, injustement négligés par les adultes déments d'un monde absurde qui tournait à rebours, plus que quiconque les enfants souffraient. Plus jeunes, plus fragiles, ils étaient cibles premières, ils étaient principales victimes. Le taux de mortalité dans la sphère des moins de trente ans croissait vertigineusement, les pompes funèbres n'avaient jamais vendu autant de cercueils pour adolescents, les bébés naissaient suicidaires, sauvagement étranglés par leur propre cordon ombilical. Les rangs funestes de la pègre, et ceux du loup n'y échappaient pas, berçaient en leur sein un nombre grossissant de jeunes gens sans avenir, sans emploi, déscolarisés, les mains rouges sanglantes et les veines blanches droguées, des enfants déchirés, désillusionnés, déboussolés, mais peureux comme des chiens et inexpérimentés. Ils mouraient en masse, dans les émeutes, les règlements de compte. Une autre forme de suicide.

Et quand bien même ses propres actes le révoltaient, le monstre des entrailles chicagoanes demeurait impuissant face à ces mômes qui ne lui quémandaient qu'un peu de travail, un emploi miséreux du mauvais côté de la loi, de l'ordre et de la justice qu'ils prenaient en grippe depuis les récents événements. Ils venaient se tuer entre ses griffes, sur ses trottoirs, au sein de son royaume, incompris, abandonnés, le visage rougi d'hématomes laissés en cadeau d'adieu par un père agacé de voir ses fils au chômage arpenter son toit comme des parasites, par une mère fatiguée d'être contrainte de les nourrir lorsque les placards étaient vides, par des parents outrés de trouver dans les affaires de leurs garçons une arme et des paquets de came. Un spectacle alarmant qu'était la jeunesse en ces tristes jours, et qui ne faisait que conforter la bête de south side dans son absence de désir d'enfant. Seulement, dans sa gorge, les termes pas ici et pas maintenant avaient amèrement cédé la place à nulle part et jamais. D'un mouvement de la tête, le loup intime à l'enfant d'entrer dans la pièce, de prendre place face au bureau, de lui confier ses problèmes, ses interrogations, une éventuelle requête, et lorsque sur son siège il se rassoit lentement, en travers de ses yeux d'azur sillonnent l'espace d'un instant des éclairs d'inquiétude.




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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Sam 11 Juin - 3:32
Je n'aurais jamais dû venir ici, c'était la phrase que je me répétais en boucle intérieurement alors que j'attendais de pouvoir rentrer dans le bureau de l'ami de mes parents, et pas seulement parce que la question que j'avais à lui poser, à savoir si ces derniers le payait pour me surveiller, était plutôt embarrassante mais aussi parce que je détestais, de près comme de loin tout ce qui avait un rapport avec le milieu social de ma famille adoptive.
Les costumes, les cravates, l'argent, les faux sourires et les bonnes manières, je ne m'y étais juste jamais habitué, j'avais eu beau tout essayer, ça n'avait juste jamais été pour moi et c'était entre autre pour ça que j'avais préféré partir alors que j'étais à peine majeur.
Bien sûr mes parents avaient blâmé la boxe pour ça, et ils avaient eu raison dans un sens, sans la boxe j'aurais probablement essayé encore quelques années de me fondre dans le décors, de devenir exactement l'héritier qu'ils avaient recherché en m'adoptant mais avec le recul, partir avait juste été libérateur, presque salvateur.
Je n'étais pas comme eux et même si ça me gênait, si je détestais savoir que je tenais probablement ça de mes parents biologiques, de mon père qui n'avait même jamais accepté de me reconnaître ou de ma mère qui m'avait juste abandonné sans un mot quand j'avais seulement six ans, au final, c'était juste mieux ainsi, pour tout le monde, du moins, c'était ce que j'avais fini par me dire.
Non, vraiment je n’aurais jamais dû venir ici et me rappeler aussi douloureusement à quel point je n'appartenais pas à ce milieu, alors que je restais debout comme une plante verte, faisant tâche dans mon jean troué et ma veste trop large au milieu de tout ces requins aux dents aussi blanches que leurs chemises.

Puis soudain la porte s'ouvrit, m'arrachant à mes pensées alors que mes yeux rencontraient ceux de l'homme, teintés d'une brève lueur de surprise. Je me mordis doucement les lèvres, sans pour autant me sentir parfaitement en confiance, je me sentais déjà moins gêné, après tout je le connaissais depuis des années maintenant, il m'avait vu grandir et il savait qui j'étais, au moins avec lui je n'avais pas à essayer de prétendre quoique ce soit, de prétendre être qui que ce soit, je n'avais pas à avoir honte ou à me cacher.
Souriant timidement, comme si soudainement je redevenais le jeune adolescent qu'il avait connu il y a de cela dix ans, j'acceptais son invitation, prenant place face à lui en silence.
Et maintenant quoi ?

« Je sais que vous me faites suivre. »

Les mots étaient sortis, calmement, posément, une simple affirmation qui n'attendait pas la moindre tentative de contradiction
Je savais que j'étais suivi, c'était tout, c'était un fait, je les avais repéré depuis plusieurs soirs déjà, au club de MMA, des mecs qui me guettaient comme s'ils attendaient que je fasse le moindre faux pas et je n'avais pas mis très longtemps à comprendre, ou du moins, à imaginer un scénario plausible.
Mes parents avaient dû demander à leur vieil ami de me faire surveiller, probablement pour que je ne franchisse pas la frontière de l'illégalité, parce que le MMA était controversé ou parce que j'avais décidé de déménager dans le quartier le moins bien réputé de Chicago, je n'en avais pas la moindre idée et au fond de moi, tout au fond même si je ne l'admettrais certainement pas, j'avais peur qu'ils aient fait ça pour que je ne salisse par leur nom.
Je n'avais jamais cherché leur reconnaissance, je ne leur avais jamais réellement montré un amour sans faille, je ne leur avais même jamais entièrement fait confiance, ne suivant pas les chemins qu'ils avaient tracés pour moi, choisissant ma propre voie, mais je les aimais sincèrement, ils comptaient pour moi, ils étaient ma famille et je ne cessais de douter. Regrettaient-ils de m'avoir adopté ? Avaient-ils réussi à surmonter le deuil de leur potentiel héritier, leur enfant rêvé ? S'inquiétaient-ils vraiment pour moi, pour ma sécurité ou plutôt pour eux, pour leur entreprise, pour leur nom, celui qu'ils m'avait donné ? C'était pour cela que j'avais besoin de mes réponses, c'était ça la vraie raison plus qu'un besoin inconditionnel de liberté.

« J'ai besoin de savoir pourquoi. Est-ce que c'est une autre brillante idée de mes parents ? »

Le ton était ironique comme toujours, toujours caché derrière mes sarcasmes incessants, mon incapacité à parler sérieusement mais mes yeux eux ne mentaient pas, je voulais vraiment une réponse à mes questions, j'en avais besoin., besoin d'être rassuré.
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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Mer 27 Juil - 20:07

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Comme une bombe à retardement, comme une épine dans le pied, comme la morsure d'un piment âpre qui lui brûle les lèvres, il balance, crache, se débarrasse du petit tracas qui le tourmente, le môme, sans préliminaires, sans préambule, sans jamais un instant s'encombrer des habituelles conventions, des formalités traditionalistes, des assommantes formules de politesse, il va droit au but, le gamin, surprend le vieux loup de par son aplomb, sa spontanéité, gonfle un peu son cœur d'un soupçon de fierté. Parce qu'il l'avait vu grandir, ce marmot, comme il avait pu en voir grandir tant d'autres, et parce qu'en son cœur, leurs pères étaient des frères, il éprouvait une certaine difficulté, le monstre cruel, à se faire imperméable aux progrès de la jeunesse, à la poigne, à l'énergie, à la candide et inébranlable assurance des garçons devenus hommes, tandis que lui chaque jour voyait ses yeux dans la glace s'embuer de la nébuleuse sagesse d'un vieillard. Donnant au Pimkins une autre raison de croire les liens adoptifs aussi forts que la génétique, Kowalski fils, tout comme Kowalski père, avait l'incroyable qualité d'être certain de sa volonté et de ne pas tourner autour du pot. Mais si les petits tracas du môme semblaient indéniablement lui peser, la gravité de sa venue se révélait finalement bien plus minime que ce qu'avait pu imaginer l'assassin, et les mots balancés avec moins de subtilité qu'un taureau dans l'atelier d'un verrier ne lui arrachèrent qu'un rire à la fois rassuré par la modique sévérité des soucis de l'enfant et gêné par l'apparent manque de discrétion de ses hommes.

Pendant un instant j'ai cru qu'il vous arrivait quelque chose de grave.

Par quelques mots ôté du poids de l'inquiétude, le cœur du loup se fait plus léger et dans un interminable soupir bordé d'un indéniable agacement, sans pudeur il expulse l'anxiété qui fallacieusement obstruait ses poumons, confie au môme devant lui vissé sur sa chaise toute l'étendue de son soulagement, ponctuant d'un souffle le rire nerveux qui faisait frémir ses babines, y mettant fin aussi vite qu'une bourrasque de vent chasse les mauvais nuages vers d'autres malheureuses têtes. Alors, le palpitant gonflé de l'insolent flegme propre aux adultes, de cette condescendance accordée négligemment aux petits problèmes quotidiens des enfants, si futiles, si dérisoires à leurs yeux rendus insensibles par les larmes versées, par la haine crachée, par la misère trop souvent regardée dans le blanc de l’œil, à cette époque candide où il croyait ses rétines à l'abris de toute brûlure, il se lève, le monstre, décolle sa carcasse de son siège, et progressivement l'enfant perd l'attention dont il bénéficiait alors, entièrement captée par la soudaineté de sa venue. Lentement, il contourne le bureau et s'avance vers le gosse, réprimant un rire amer, étouffant l'ironie qui, insidieuse, vient chatouiller ses cordes vocales sans parvenir à traverser la prison de ses lippes closes. Puis, sans réellement parvenir à réprimer l'once de mépris tapie au fond de sa gorge et qui à ses derniers mots suspend un timbre de voix plus rauque qu'à l'accoutumée, plus grave, plus sombre, le ton des mauvais jours, le grondement sourd d'un orage attendu pour les aubes à venir, à son tour il expose sa maîtrise de la rhétorique.

De qui d'autre voudriez-vous qu'elle vienne, cette idée ?

S'il doutait les attaches du jeune polonais très nombreuses outre-atlantique, il les savait indéniablement peu nombreuses de ce côté-ci de l'océan. Qui d'autre, mis à part ceux qui avec eux l'avaient entraîné dans la gorge du monstre qu'était cette ville, se souciait paradoxalement de sa sécurité, de son bien-être, de sa santé ? Américain factice était le petit qui jusqu'alors n'avait jamais rien fait de plus qu'emprunter une patrie étrangère à ses aïeux de sang, emprunter une langue qui jamais de ses comptines n'avait bercé son enfance, emprunter un patronyme auquel il n'avait par son patrimoine génétique jamais été affilié, emprunter un arbre généalogique dont il ne descendait en aucun point, enfant voué à demeurer éternel pionnier d'un arbre biologique aux branches ancestrales perdues, abandonnées, oubliées, sommet de son arbre comme tout orphelin de sang, et pour l'heure encore unique représentant. Si le diable de south side, Pimkins d'emprunt, pas plus génétiquement héritier de son patronyme que ne l'était le fils Kowalski, n'ignorait, de par son statut, les difficultés qu'impliquaient le port d'un nom d'adoption, il avait, lui, et contrairement à l'enfant qui lui faisait face, été nourri au sein de celle qui, à défaut de l'avoir porté et mis au monde, l'avait appelé son fils.

Parce que vous êtes le fils d'un vieil ami, je vous apprécie, mais pas assez pour gaspiller mon temps et mon argent à vous faire suivre de mon propre chef. Navré.

Se décollant du bureau, il assène à l'épaule encore juvénile mais déjà robuste du jeune homme quelque légère flatterie paternelle avant de se diriger d'un pas calme et assuré vers le fond de la pièce. C'est qu'il ne lui semblait à sa place nulle part, ce petit. Avait-il seulement jamais défendu le sol qu'il foulait désormais ? Avait-il quelque fois rêvé en la langue progressivement domptée ? S'était-il un jour montré digne du patronyme par le cœur hérité, ou exprimé sa gratitude envers l'arbre adoptif qui par la solidité de ses branches lui épargnait pluies et tempêtes ? Jamais, ou que trop rarement selon les dires du paternel. Le fils abandonné à qui l'on avait par son ballottement arraché les racines, avait-il une idée de ce qu'était le sentiment d'appartenance ? L'enfant solitaire qui, durant huit années cruciales de sa vie, jamais n'avait eu l'occasion d'appartenir à une famille stable, à un clan fidèle, pouvait-il seulement comprendre la prépondérance du Nous sur le Je ? Avec une certaine inexactitude, sans doute. La capacité de faire passer les intérêts du groupe avant les siens était une valeur, et les valeurs sont des héritages, elles se transmettent. D'héritage moral, le fils Kowalski n'avait plus l'âge d'en recevoir. Déraciné, il flottait au-dessus du sol américain sans jamais s'y ancrer, bredouillait la langue de Shakespeare sans la chérir, et semblait visiblement incapable de laisser la volonté des siens primer sur la sienne, leurs projets influencer son avenir et leurs attentes dicter sa conduite. Il était l'ingrat et égoïste Je dans l'incapacité de dire Nous, de s'identifier comme faisant partie d'un tout, la définition même de l'électron libre. Un curieux mystère pour le loup terrible des entrailles chicagoanes qui, comme tous les loups, ne vivait qu'en meute.

Il ne me semble pas que vous soyez encore mineur, je me trompe ? Votre père ne m'en voudra donc pas si je vous propose quelque chose à boire..?

Au fond de la pièce aux odeurs poussiéreuses de l'encre déversée et des livres vétustes, la voix du loup gronde et résonne, contrastant avec elles le tintement fluet de la précieuse cristallerie et les couinements plaintifs de leurs socles contre le bois verni du bar qui, en ces heures funestes, se couvrait d'une fine pellicule de poussière, pour le plus grand bonheur du foie du loup, pour le plus grand malheur de son moral. Les occasions d'extirper du placard une bouteille hors de prix vieille de quelque décennie pour fêter une importante rentrée d'argent, pour célébrer la naissance d'une alliance nouvelle, ou pour le simple plaisir de ravir les papilles de ses comparses se faisaient rares. En ces temps, les hommes buvaient seuls. Leur paranoïa éclatait les familles, les peuples, les ethnies, les nations, en sept milliards d'êtres humains disparates que les religions et les drapeaux ne parvenaient plus à unir. Insignifiants étaient désormais les castes, les rois, les dieux, il n'existait ores pas plus de quatre couleurs de peau, quatre symboles gravés au fer rouge sur l'épiderme de chacun, qui se répandaient plus vite que la petite vérole. Pour d'autres raisons, Kowalski fils n'était plus le seul à troquer au profit du Je l'incontestable Nous, qui même au sein de la pègre se faisait progressivement plus fragile, ébranlant l'équilibre des meutes régies par les loups.




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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Sam 30 Juil - 0:59
The kids aren't alrtight
Jip & Isaïah

Cela faisait quelques soirs qu'en rentrant du club de MMA je me sentais suivi, voyant des silhouettes derrière moi qui se hâtaient de disparaître dans l'ombre dés que j'avais le malheur de me retourner.
Si au début j'avais mis ça sur le compte de la fatigue, d'un mauvais coup ou même de la paranoïa, lorsque les faits s'étaient reproduits encore et encore, je n'avais pas mis très longtemps à comprendre ce qu'il se passait, et pour cause, ce n'était pas la première fois que mes parents me faisaient suivre, c'était déjà arrivé au lycée puis à l'université lorsque les professeurs se plaignaient trop de mon comportement déviant.
Globalement chaque fois que je faisais quelque chose qui ne leur plaisait pas, ils me mettaient sous surveillance, cette fois ne faisait pas exception, mon engagement dans le MMA, ainsi que mon déménagement dans le South Side avait dû déplaire plus que je ne le croyais.
Ce qui me rendait le plus fou dans cette histoire, outre le fait de savoir que cinq gorilles me suivaient, prêts à intervenir au moindre faux pas de ma part, restait surtout que je n'avais jamais vraiment su si les Kowalski, mes « parents » s'inquiétaient vraiment pour moi ou plutôt pour le si précieux nom qu'ils m'avaient transmis par adoption.
Plus je grandissais et plus j'avais l'impression que c'était ce nom qu'ils voulaient protéger plutôt que moi, l'individu qui le portait et ça me rendait malade parce que je n'avais rien demandé de tout ça, ni à être adopté, ni à atterrir dans cette famille là, je n'étais qu'un gamin sans attaches à qui on avait voulu imposer un destin tout tracé et qui avait lamentablement échoué, déjà bien trop brisé...

Cette histoire me torturait tellement que j'avais fini par me décider à aller voir l'ami de mes parents, et ce, malgré le fait que je haïssais le milieu dans lequel il évoluait, m'y sentant encore plus marginal que d'accoutumée, pourtant, je ne m'étais pas laissé le choix, j'avais besoin de réponses, pour éviter de devenir dingue, du moins encore plus que je ne l'étais déjà.
Alors j'avais confronté cet homme que tout le monde craignait, sans la moindre subtilité, avec toute la brutalité qui me caractérisait mais comprenant bien vite face à l'expression et aux paroles du plus âgé que mes problèmes paraissaient insignifiants à ses yeux à lui, probablement habitué à voir le pire chaque jour que Dieu fait, il ne me uffit que de ça, cette vague sensation tenant à peine à une intonation, pour que je renonce à insister et me referme aussi vite que j'avais pu m'ouvrir.
C'était comme ça que j'avais toujours fonctionné, je n'arrivais pas à exprimer mes sentiments et chaque fois que je voulais le faire, n'importe quel prétexte était bon pour me taire, pour fuir...Qui sait pourtant peut être que l'homme aurait compris mes inquiétudes, cette souffrance qui me rongeait peu à peu, aurait même pu m'apporter l'aide que je désirais, si seulement j'avais un peu insisté...Mais non, je me contentais juste de ravaler ma peur, ma colère et toutes les émotions négatives qui me parasitaient et qui devaient par ailleurs se refléter au fond de mes yeux azurés.
Je pouvais me mentir autant que je le voulais, tout dans mon comportement montrait que les choses n'allaient pas si bien que je voulais le faire croire, et même mes mots allèrent dans ce sens quand en réponse à la question de Pimkins, je sifflais entre mes dents

«Il n'est pas mon père... »


Des propos amers que je n'avais plus tenu depuis des années, depuis mon adolescence, période où j'avais refusé d'admettre que monsieur Kowalski restait bien plus un père que mon géniteur, celui qui m'avait abandonné avant même ma naissance, probablement après avoir simplement couché avec ma mère, lui glissant quelques billets après l'affaire, remontant sa braguette sourire satisfait aux lèvres avant de partir sans demander son reste...
Du moins c'était toujours ainsi que j'avais imaginé ma conception, ce qui n'avait pas aidé l'image que j'avais moi-même, j'étais un gosse de la prostitution, une erreur née du pêché, de la luxure, qui n'avait rien à faire au milieu de tout ces riches, ces gens comme eux, comme Pimkins, j'appartenais bien plus aux quartiers pauvres, j'appartenais à la crasse, la saleté, la violence et la drogue, j'avais ma place seulement au milieu des parias, des autres de mon espèce.
Je soupirais, passant une main distraite sur mon visage, j'étais fatigué de tout ça, je n'aurais jamais dû venir ici, je le savais depuis le début.

« Peu importe. Oui je suis majeur »

Pas un mot de plus ne franchit mes lèvres et j'attendis que le plus vieux revienne avec de quoi boire pour lui exposer à nouveau avec un calme, cette fois teinté d'une lassitude palpable ce que j'attendais de lui.

« Je veux que vous arrêtiez de me faire suivre Je sais pas ce qu'ils vous donnent en échange, mais je suis prêt à offrir mieux, à vous donner n'importe quoi, tant que je peux retrouver ma liberté »

J'étais prêt à faire un ultime sacrifice, à acheter ma liberté mais après ça je ne voulais plus jamais entendre parler des affaires de mes parents, des choses qu'ils faisaient et que je préférais ignorer, après ça je voulais juste pouvoir vivre ma vie comme je l'entendais, sans être suivi, sans être regardé, quitte à reprendre même mon nom de naissance dans certains milieux si le compromis pouvait rassurer
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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Dim 14 Aoû - 20:50

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Aux dires du jeune homme, ouvrant un placard duquel il extirpe une vieille et onéreuse bouteille de whisky, il se met à rire, le loup, d'un rire plus sincère et paternel qu'ironique ou méprisant. Partiellement dissimulé par l'avarice de l'éclairage au fond de la pièce, il choisit avec soin les verres appropriés à l'alcool sélectionné, se remémorant, un faible sourire fiché sur les lèvres, les propos similaires d'un garçon d'une douzaine d'années contrarié par le nouvel amant de sa génitrice et profondément révolté par la simple présence de l'homme avec qui il devait désormais partager la première femme de sa vie. La terreur de south side avait maintes fois entendu ces amères paroles, ce même discours cruellement craché par des enfants contraints de se plier à une autorité indésirable bien souvent issue d'un remariage ou d'une adoption. Tenter d'offrir un semblant d'éducation à un être avec qui l'on ne partageait pas le même sang devenait, dans leurs bouches, le plus abject des crimes. Seulement, tandis que certains, en grandissant, finissaient par se laisser adopter, motivés par des centres d'intérêts communs ou domptés par la patience de leur parent de substitution, d'autres, comme le fils Kowalski, n'y parvenaient jamais.

Pas votre père ? Dites-moi, vous retombez en enfance, mon garçon ? Peut-être voudriez-vous plutôt que je vous serve un verre de grenadine ou de Coca..?

Étonnamment nombreux étaient les enfants que le Pimkins prenait parfois à cavaler dans le couloir des bureaux du casino tandis que leurs pères, aux étages du dessous, s'adonnaient aux différents jeux d'argent, et le nombre de marmots courant et gloussant entre les murs du second étage se mettait à tripler lorsque commençaient les vacances scolaires. Chères et tendres têtes blondes familières au loup de south side pour être nées des ébats de ses collègues et alliés de passage pour quelque réunion, négociation ou convocation, il suffisait à ces messieurs qu'à leurs bras l'irréductible et tyrannique épouse ait l'idée saugrenue d'abandonner leur rejeton le temps d'un rendez-vous chez le coiffeur pour que l'espace administratif du bâtiment habituellement strictement réservé au personnel et visiteurs importants se retrouve submergé de bambins privilégiés galopant entre ses murs. Si les plus grands ne résistaient que rarement à la curiosité et s'éclipsaient bien souvent afin de rejoindre les joueurs aux étages inférieurs, les plus jeunes adoptaient bien vite l'idée de profiter du nombre de bureaux afin d'abîmer leurs chaussures cirées et de froisser leurs chemises aux quatre coins de chaque pièce dans une hilarante partie de cache-cache. C'était donc tout naturellement que le diable des bas fonds, en plus de la portée de sa voix grondant pour les rappeler à l'ordre, avait muni ses placards de boissons non-alcoolisée afin d'occuper quelques temps les petites bouches braillantes qui couvraient les conversations les plus importantes des adultes.

D'un pas lent et calme, il revient vers son invité, le loup, déposant les deux verres et la bouteille près du jeune homme avant de longer le bureau à la recherche d'un objet visiblement précis, ouvrant, puis refermant un à un les quelques tiroirs qui constituaient le meuble, avant d'enfin mettre la main sur une tétine abandonnée à laquelle il ne soupçonnait plus aucune utilité jusqu'alors.

Tenez, un gosse a oublié ça ici, la semaine dernière, ça vous sera utile...

Ouvertement provocateur, après avoir préalablement essuyé entre ses doigts la poussière déposée sur le caoutchouc, il fait gober au jeune homme l'objet infantile dont s'était débarrassée la fillette en bas âge d'un de ses collègues, en jouant dans ce même bureau quelques jours plus tôt. Peu désireux de s'épancher sur le sujet, de gaspiller son temps et sa précieuse salive dans un énième et inutile sermon, d'embrouiller l'esprit du garçon de palabres réchauffées clamant la légitimité d'un parent adoptif, la suprématie de qui élève un enfant sur qui le met au monde, la puissance d'un amour filial éprouvé en dépit des liens du sang, et sachant son interlocuteur malgré ses dires assez mûr et intelligent pour comprendre la puérilité de son comportement, le criminel n'ajoute pas un mot de plus. Le morceau de plastique aux corolles roses bonbon, gage d'un infantilisme évident, parlait de lui-même tant et si bien qu'aucune parole niaisement gorgée de bonnes intentions ne pouvait prétendre rivaliser, et que le maître des lieux, en plus de n'éprouver aucune envie de s'attarder sur le sujet à l'aide de banalités aussi mièvres que rébarbatives, n'en voyait ni l'intérêt, ni l'utilité. Calmement appuyé contre le bureau, passé le ton de la raillerie et de l'humiliation, il fait glisser l'un des deux verres sur le bois vernis du meuble, positionnant la fine cristallerie face au jeune athlète.

Au delà d'une simple histoire d'argent, votre père est un précieux ami et un fidèle allié, je crains que tout ce que vous ayez à me proposer ne puisse rivaliser contre ce que m'apporte le soutien de vos parents. C'est tout à votre honneur de vouloir vous conduire en homme et oser emprunter des chemins que personne n'a tracé pour vous, et je comprends que vous soyez contrarié par les nourrices que j'envoie assurer vos arrières, mais comprenez aussi que je ne peux pas me permettre de trahir un ami, même pour son fils...

Tout en parlant, d'un geste machinal, il ouvre la bouteille de scotch et, non sans un certain flegme, verse une partie de son contenu dans chaque verre, servant naturellement son invité avant sa personne, bien que la présence surprise du garçon s'avère contestablement désirable. Puis, préférant rester à hauteur de l'enfant, transgresser la distance imposée par le bureau austère afin de faciliter le dialogue, le monstre de south side fait crisser une chaise jusqu'à lui, s'y installe calmement. A sa manière, il l'avait été aussi, ce môme individualiste et réfractaire qui, enragé par la fougue de sa jeunesse, crachait délibérément sur toute notion d'équipe, d'allégeance et de sacrifice, pensait ne rien devoir à ses semblables, se croyait dénué de tout impératif, exempt de tout devoir, épargné de toute corvée. Il avait cru, également, comme tout enfant de son âge, les adultes libres de leurs choix, libres de leurs actions, libres de penser, de parler, de s'en aller, comme la loi elle-même autorisait tout homme de le faire. Mais, enchaînés aux pieds de chaque individu, les terribles sentiments de redevance et de reconnaissance envers autrui restaient des entraves contre lesquelles les précieux droits de l'Homme demeuraient éternellement impuissants, et dont la famille, les amis, les amoures, se servaient perpétuellement, allant parfois jusqu'à prendre la liberté d'en abuser.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes quelqu'un d'important, Monsieur Kowalski, vous devez remplir vos devoirs et tenir vos responsabilités envers votre famille, quand bien même il s'agirait d'un fardeau un peu lourd à traîner. Faire une croix sur ses rêves de monde idéal exempt de toute contrainte, et se débarrasser de son égoïsme d'enfant au profit d'un sens du sacrifice, c'est ça devenir adulte.

Parce qu'il avait lui aussi, en son temps, été un enfant important entre de trop mauvaises mains, parce qu'il avait lui aussi, en son temps, été contraint d'étouffer ses désirs au profit de desseins manifestement plus importants que sa volonté, parce qu'il s'était lui aussi, en son temps, cru capable de nager à contre-courant, d'échapper aux griffes de ses doyens, à l'autorité, à la conformité, il comprenait plus pertinemment qu'il ne le voulait lui-même le mal-être du garçon. Lui aussi était passé par le rejet des valeurs du groupe, clamant son individualité et tentant de s'affranchir des règles, des obligations et de la hiérarchie que lui imposait le monde de la pègre. Lui aussi avait tenté de rejeter le groupe, une demoiselle à son bras, avant de comprendre ses chaînes plus puissantes que ses amoures, et surtout moins éphémère que la vie volée de sa dulcinée. Comme le fils Kowalski, le cadet Pimkins avait tenté de résister. Comme le cadet Pimkins, le fils Kowalski échouera. Le désormais diable de south side était finalement devenu ce que d'autres voulaient qu'il devienne, annihilant ce qu'il avait d'honneur et de morale pour noyer définitivement ses mains dans le stupre et le sang, troquant son naturel entêtement et son habituelle insoumission contre un sens aigu du devoir et de l'autorité, jusqu'à ancrer en son être cette rigidité factice, cet esprit d'équipe superficiel, des valeurs qui lui étaient jusqu'alors étrangères, comme faisant partie intégrante de son tempérament, de son identité. Comme toute jeunesse, il avait voulu exister, s'était brûlé les ailes, et avait accepté ce qu'il avait combattu.
Le sentiment d'appartenance.




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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Dim 18 Sep - 21:26
The kids aren't alrtight
Jip & Isaïah

Comme je l'avais prévu, le plus vieux ne fut pas très long à relever les mots qui s'étaient échappés de ma bouche sans que je ne le contrôle réellement, se moquant ouvertement de cette phrase digne d'un enfant, ce « il n'est pas mon père » que pourtant je pensais réellement. Je les entendais encore, je les devinais dans son regard, ces arguments qui clament haut et fort que l'éducation prime sur les liens du sang mais en tout les cas, je ne me sentais pas lié aux Kowalski, ni par le sang, ni pas l'éducation, je ne m'étais jamais senti à ma place dans cette famille.
L'argent, le pouvoir, les affaires, les responsabilités, la politesse, ce n'était juste pas moi, ce n'était pas ce que j'étais et n'importe qui, qui prendrait le temps de me regarder vraiment quelques secondes le verrait, c'était inscrit sur mon visage, comme au fer rouge, que je n'étais jamais qu'un paumé, un marginal, il suffisait de s'attarder sur mes jean troués, mes vestes à capuche trop larges, mes cheveux trop longs ou encore les cernes qui bordaient mes yeux bleutés pour s'en douter, je n'avais pas l'allure du gosse de riche, j'avais l'allure du camé, au mieux celle du dealer, fils de la rue, enfant perdu. J'aurais aimé au fond de moi, que l'ami de mes parents comprenne ça, qu'enfin quelqu'un lâche prise, arrête cet acharnement inutile à vouloir faire de moi ce que je n'étais pas mais tout ce que je récoltais n'était que moqueries, humiliations que j'encaissais en silence, même quand Pimkins me força à gober une tétine oubliée, la retirant simplement de ma bouche, pour la poser négligemment sur la table, conservant ma dignité malgré l'envie de hurler qui se mêlait à celle de pleurer et de fuir, retourner dans le South Side, retrouver la sécurité de mon appartement, ce petit monde que je m'étais créé pour m'évader, mais je me forçais à rester fort, conservant un vague sourire sur les lèvres alors que la tempête se déchaînait au fond de mes yeux.

« Je ne crois pas que ce sera nécessaire »

Ne voulant plus perdre un instant, j'exposais clairement à mon interlocuteur la raison de ma venue, cette liberté que j'étais prêt à monnayer, j'aurais vendu mon âme ou peut-être même plus, à condition qu'enfin on me laisse, je n'aspirais qu'à vivre en paix, vivre seul, loin de ce monde qui me rattrapait toujours, à chaque fuite, en la personne des hommes payés pour me surveiller.
J'aurais tout donné, mais l'homme en face de moi ne l'entendait pas de cette oreille, sa loyauté envers mes parents bien trop forte et moi, si faible en comparaison, je n'avais pas assez à offrir et dés cet instant je savais que j'avais perdu que j'allais devoir simplement m'accoutumer à la présence des ombres derrière moi, accepter le fait que mes parents sachent tout de moi, et dans un éclair, ce fut l'image de Micah qui apparut derrière mes paupières. Micah...Je n'avais jamais eu le courage de dire honnêtement à mes parents qu'il y avait autant de chances qu'ils se retrouvent avec un beau-fils qu'avec une belle-fille, et maintenant ? Savaient-ils déjà ? Que leur héritier s'affichait main dans la main avec un homme depuis quelques temps déjà ?
Je chassais vite cette pensée de mon esprit, la classant dans la liste des problèmes que je réglerai plus tard, et, pour me redonner une contenance, je pris le verre entre mes mains, espérant trouver dans le liquide ambré, des solutions, des réponses à mes questions.


A cet instant précis, il était clair pour moi que l'entretien était terminé, que dés l'instant où j'aurais fini ce verre, je n'aurais plus qu'à me lever, remercier et prendre congé, m'avouant ainsi vaincu, mais, Pimkins me surprit, s'approchant de moi pour reprendre la parole à nouveau.
Il aurait dû s'en abstenir pourtant, chaque mot qui sortait de sa bouche me blessait plus que de raison, à chaque phrase la colère me gagnait, j'en avais assez de leurs histoires de responsabilités, de devoirs, d'honneur de la famille à préserver, assez d'entendre tout ça, d'entendre qu'un jour j'allais devoir renoncer à mes rêves, pour des inconnus avec qui je ne partageais rien, rien d'autre qu'un nom insupportable à porter. De nouveau ces voix en moi me hurlaient de crier, de tout briser autour de moi, ces voix de la rébellion, qui m'avaient toujours empêché d'accepter, mais je luttais contre elles, pour ne pas faire de scandale, pas ici, pas maintenant. En vain.
Dans tout mes efforts pour conserver une apparence stoïque alors qu'une apocalypse émotionnelle faisait rage en moi, je n'avais pas réalisé que je serrais les poings, trop violemment, trop fort, si bien que, le verre que je tenais n'y avait pas résisté, se fissurant sous ma peau. Ce ne fut qu'en ressentant le pincement familier d’une coupure que je revins à la réalité, reposant le verre sur la table, restant subjugué quelques instants par le sang qui coulait de la paume de ma main, gouttant sur le sol dans une sordide peinture.
Je savais que selon les règles de bienséance, j'aurais dû m'excuser, mais je n'en avais ni le courage, ni l'envie, préférant me lever, prêt à m'en aller lorsqu'on me le demanderait, rabattant ma capuche sur mon visage pour que l'homme ne puisse pas voir mon expression alors que je posais les yeux sur lui.

« Alors je ne serais jamais adulte. »

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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Mer 26 Oct - 3:53

now the neighborhood's cracked and torn
the kids grew up but their lives are worn

Stoïque, il ne bouge pas d'un pouce, le loup chthonien, lorsque le verre se fissure entre les doigts du gamin et qu'une goutte du liquide carmin s'écrase finement sur le sol, mais il arque un sourcil narquois au dessus de son œil droit et laisse le soin à son sourire moqueur de trahir le fond de sa pensée, par provocation, peu impressionné par ce qui lui semblait être la vulgaire démonstration de force d'un enfant trop gâté pour riposter d'une quelconque autre façon. Car les vieilles mains du monstre avaient connu de plus vives douleurs que la morsure du verre pilé et le parquet de ce bureau absorbé une quantité plus abondante d'hémoglobine que ces quelques malheureuses gouttes. En se levant lourdement, il laisse échapper un ricanement sourd. C'est qu'il croirait entendre dans les dires du môme le discours d'un Peter Pan de contrebande et se demande bien comment de telles niaiseries pouvaient sortir d'un esprit aussi vivace et brillant que celui du petit Kowalski. Décidé à lui faire cracher la matière grise qu'il avait dans le crâne et l'aplomb qu'il avait dans le ventre, le monstre marmonne amèrement, comme pour lui-même.

Si une telle chose était possible, vous auriez devant vous un enfant de dix ans...

Mais il ne s'étend pas sur le sujet, le loup, et sa complainte se meurt au creux de sa gorge. Parce qu'il abhorrait l'immonde pitié qu'il pouvait inspirer mais contre laquelle il se défendait avec rage et ferveur comme l'animal féroce dévore la main qu'on lui tend, il ne parlait jamais de lui-même, ne se plaignait pas de sa condition et se taisait lorsque sa parole semblait pourtant légitime. Il avait bien trop de pudeur et de fierté quant à ses sentiments pour être capable, malgré sa rhétorique mordante, son éloquence savante, son parlé fluide et calculé, d'y mettre des mots sincères. Il savait l'enfant agité par des tourments que son expérience aurait pu apaiser, il se doutait que confier les grandes lignes de son passé au garçon aurait pu lui apporter les réponses qu'il était venu chercher dans ce bureau, il était conscient que le discours du petit aurait changé du tout au tout s'il avait su à qui il s'adressait réellement, mais il gardait obstinément le silence, déterminé cependant à faire parler le jeune homme. Parce qu'il s'était progressivement cloîtré sous un mur épais de quarante années de souffrances muettes, le vieux loup n'était pas prêt à crever l'abcès, mais le petit avait un cœur encore tout neuf, il était pur et tendre, récupérable, le prédateur aux yeux glacés n'aurait pas à trop lutter afin de briser la fragile coquille du garçon et de le mettre à nu.

A votre âge, on croit toujours porter sur ses épaules le fléau de l'humanité toute entière. C'est normal, l'égo d'un enfant est souvent disproportionné. Mais avouez qu'il y a plus épouvantable, comme destin, que celui d'hériter d'une fortune et d'un titre qui implique, certes, quelques responsabilités, mais aussi un grand nombre d'avantages. Et vous ne pouvez pas nier la banalité de votre cas. Prêtez un peu attention aux conversations des jeunes garçons de votre âge et de votre rang, vous vous rendrez bien vite compte que l'idée de ressembler à leurs pères et de reprendre le flambeau des affaires familiales les écœure, les chagrine ou les révolte. Casser le fil est le propre de la jeunesse, la vie d'un homme commence lorsqu'il quitte celle de ses parents. Je pense que votre réticence à suivre les pas de vos proches vient moins de votre sang que de votre âge. Votre père se trompe en vous brusquant comme un adulte, s'éloigner de ses parents est une étape incontournable dans la vie d'un individu, qu'il soit fils d'un prince ou d'un mendiant.

Si la naissance de son neveu comptait parmi ses plus amers regrets, la féroce bête de south side devait bien avouer que l'avènement de cet enfant lui avait permis d'apprendre bien des choses sur cet ardu et redoutable périple qu'était la vie d'un homme, et qu'observer l'évolution d'un être humain depuis les prémices de son existence lui avait conféré un certain pouvoir de recul sur son propre parcours. Être l'ironiquement heureux parrain d'un jeune humain lui permettait également d'en côtoyer d'autres, pour le meilleur et surtout pour le pire, ainsi que de façon bien moins superficielle que les fois où il s'était trouvé contraint de faire la connaissance des rejetons de ses collègues et alliés pareils à celui qui lui faisait face présentement. L'assassin, en quarante ans d'existence, avait eu maintes occasions d'écouter de son oreille faussement distraite les voix railleuses de garnements de tous âges, de tous milieux et de toutes époques à commencer par la sienne, nébuleusement illustrée par le souvenir des gouailleries de ses camarades d'enfance. Des sales petits rats d’égouts et crapules de ruelles avec lesquels il jouait dans les sordides coupe-gorges new-yorkais, étant gamin, aux précieux trésors fortunés, jeunes princes de bonne famille, avec lesquels son neveu se réunissait dans les cafés les plus cossus de la ville, les propos restaient les mêmes, ne changeait que la délicatesse du langage. Qu'il soit vêtu d'un costume ou de guenilles, un garçon à dix ans idolâtrait son père, à quinze ans lui déclarait la guerre et à vingt était pris de sueurs froides à l'idée de lui ressembler.

Lentement, mais avec une certaine prestance dans le pas et une solide fermeté dans les gestes, il regagne les ténèbres sibyllines du fond de la pièce pour y dérober un troisième verre similaire aux deux autres, et par la même occasion une autre bouteille. Dos au jeune fugitif, il ne lui accorde plus le moindre regard mais continue cependant, encouragé par l'attention que semble lui porter le petit.

Je pense que si vous mettez autant de rage dans votre aspiration à ne pas ressembler à vos pères, c'est parce qu'aucun d'entre vous n'a encore l'âge de succéder au sien : si le prince hérite du trône, c'est que le roi est mort. Vous n'êtes peut-être pas encore prêt à envisager le fait que vos parents puissent passer l'arme à gauche et vous laisser seuls maîtres de leurs biens les plus précieux, vous n'avez pas les épaules. Si succéder signifie que vos parents doivent mourir, vous préférez ne jamais avoir à le faire. C'est plutôt rassurant que vous ne soyez ni précoce, ni cupide, vous ne risquez pas de précipiter la mort de votre père. En grandissant, vous verrez que votre jeunesse et votre volonté ne peuvent rien contre la vieillesse et la mort, peu importe combien vous aimez vos aînés.

Parce que l'individu, après avoir connu l'enfance soumise, l'adolescence guerrière et la jeunesse farouche, devenait homme aux alentours de ses trente ans, et en devenant homme se débarrassait de l'individualisme et du narcissisme propre à la candeur et à l'insouciance des enfants. En devenant père et époux à son tour, ou en traversant des épreuves similaires, il prenait conscience d'avoir assimilé malgré lui ce qu'il avait passé son adolescence à rejeter et sa jeunesse à craindre, et bien souvent était soudainement pris d'une bouffée d'empathie comme il n'en avait jamais soupçonné l'existence en son cœur, empathie qui le menait à la compréhension, puis au pardon. Il se surprenait alors à prendre en pitié ces aïeux qu'il avait successivement adulé, combattu et craint, à reconnaître leur raison, à excuser leurs écarts, à assumer leurs exigences. Voyant le petit disposé à lui échapper, maniaque du contrôle et n'ayant pas décidé de lui-même que la conversation devait s'arrêter là, le criminel avait fait sa voix plus mielleuse, son sourire plus grand et ses propos plus caressants. Il semblait presque qu'il aurait ronronné pour calmer et rassurer le chaton fougueux, s'il en avait été capable, et ainsi l'attirer de nouveau entre ses griffes, mais il se contente de remplir un autre verre au jeune homme et de lui proposer poliment de se rasseoir, d'un geste de main savamment mesuré afin de ne paraître à l'enfant ni trop impératif, ni trop peu.

Allons, ne vous fâchez pas pour si peu, et reprenez un verre. Votre tort n'est pas d'être né d'un autre homme, ni dans un autre milieu, mais d'être jeune. Soyez sans craintes, la jeunesse ne dure qu'un temps. Quand vous verrez une ride dans le miroir, vous regagnerez de vous-même les bras de votre père.

Et ce non pas égoïstement par peur de la vieillesse de soi-même et l'appréhension de sa propre mort, mais parce que la première ride cruellement renvoyait à la prolifération de celles de ses parents, parce que la sénescence d'une tierce personne demeurait futile à ses propres yeux mais lui révoquait avec la violence d'un choc électrique celle de ses aînés qui progressivement fatiguaient, parce que les enfants ne prenaient réellement conscience du déclin et de la mortalité de leurs parents qu'en se sentent vieillir eux-même, au même titre qu'un individu ne pouvait se sentir réellement vieux et dépassés que dans les yeux de son enfant qui, comme tout enfant, se mettait à rougir de ce qui lui semblait être du gâtisme. Le vieux loup chicagoan avait atteint l'âge où l'on voyait ces vieillards que l'on avait au cours de sa vie simultanément idéalisés, déifiés, doutés, remis en question, rejetés, défiés, méprisés et pardonnés, tomber un à un dans les bras funestes de l'impitoyable Faucheuse, si bien que, progressivement privés de ceux qui avaient de leurs yeux vu les dents manquer à ses premiers sourires, l'on était en ces sombres années d'humeur à ne porter plus que le noir du deuil.




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MessageSujet: Re: the kids aren't alright △ (isaïah)   Sam 12 Nov - 0:22
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Alors que je m'étais brusquement renfermé sur moi-même, stoïque, comme vide de toute émotion, ma capuche rabattue sur son visage dans l'espoir de devenir impossible à déchiffrer et qu'on me laisse m'en aller, je fus pris de court par la phrase qui échappa au plus vieux, en écho à mon propre cri de désespoir, à l'expression de toute ma frustration, à mon « je ne grandirais jamais », une réponse à laquelle je ne m'étais pas attendue et qui me perturba, me déstabilisa, suffisamment pour que je retrouve un semblant d'intérêt pour l’interaction, une étincelle de curiosité. Je dévisageai l'homme à l’abri de ma capuche, me demandant si lui aussi était ou avait été comme moi, si finalement il pouvait comprendre ce que je ressentais, quels pouvaient bien être ses secrets...

L'homme semblant réaliser qu'il avait de nouveau toute mon attention, se lança alors dans un nouveau discours mais que cette fois je tentais de comprendre sans tout rejeter en bloc, j'écoutais les mots au lieu de simplement les entendre et à ma plus grande surprise j'arrivais à admettre que ce qu'il disait était loin d'être stupide.
C'était probablement vrai au fond, que tout les jeunes de mon âge, de mon rang, même si j'abhorrais  ce terme, passaient par la même épreuve, par ce moment de peur, de rejet et de haine envers leurs pères et les responsabilités que leur succéder impliquerait. C'était probablement tout aussi vrai que cette aversion venait plus profondément de la peur de la mort des parents, de l'impossibilité de se l'imaginer. J'arrivais parfaitement à l'envisager, à le concevoir, le conceptualiser, mais chez les autres, pas chez moi et c'était justement ce qui me dérangeait, ce qui me faisait me sentir si à l'écart, j'aurais aimé pouvoir me contenter des explications qui convenaient à la majorité mais ce  n'était pas le cas, ça ne fonctionnait pas, mon mal être était bien plus profond, et je n'arrivais pas moi-même à mettre les mots dessus, pourtant j'essayais, faisant  fonctionner mon cerveau mais rien ne venait.

Le silence retomba lentement sur la pièce alors que finalement j'acceptais de rejoindre ma place et de boire le verre qui venait de m'être servi, j'avais toujours ma capuche sur le visage, comme pour me protéger encore un peu du monde extérieur buvant rapidement, cherchant des réponses.
Je portais mon pouce à ma bouche et en mordit l'ongle délicatement, dans un geste que je faisais uniquement dans des moments de stress intense, avant de voir quelques éléments de réponse se dessiner enfin et de me décider enfin à parler, d'une voix hésitante en premier lieu qui finit par devenir plus ferme ensuite.

« J'entends bien ce que vous dites, je suis assez d'accord à vrai dire, je trouve même ça intéressant comme arguments et je suppose que dans une immense majorité des cas ils suffisent à tout expliquer mais... »

Mais, c'était là tout le problème, mais, ça ne pouvait jamais être simple.

« Mais mon problème est différent. Les Kowalski, je ne les considère pas comme mes parents, et ce n'est pas une phrase d'adolescent stupide mais une réalité, j'ai essayé de m'en convaincre longtemps, j'ai essayé de faire des efforts parfois, mais je dois me rendre à l'évidence, je ne ressens rien pour eux. Je sais que c'est horrible, je sais ce qu'ils ont fait pour moi, je sais leurs espoirs, leurs désirs, je les remercierai toujours pour la chance qu'ils m'ont donné, qu'ils ont essayé de me donner en tout cas, mais tout ça... »

Mon regard engloba toute la pièce, s'arrêtant sur chaque petit détail autour de moi, cette richesse, ce business qui ne me parlait pas

« C'est juste pas moi, pas la personne que je suis vraiment, je suis pas leur enfant, je me rappelle de ma mère, je me rappelle de mon enfance en Pologne... »

Je marquai une pause, assailli par trop de souvenirs qui se succédaient violemment.
Je ne l'avais jamais dit à personne tout ça, pour tout le monde j'étais trop jeune là bas à Varsovie, pour tout le monde je n'avais rien vu, ne me rappelais de rien mais en réalité je me rappelais de beaucoup de choses, je me souvenais du visage de sa mère, de sa voix, sa douceur, la manière qu'elle avait de me protéger, quand elle m'interdisait d'aller dans la chambre, quand elle me mettait devant les dessins animés dans le salon en espérant que je n'entende rien de ce qu'il se passait, je me souvenais aussi du jour où elle m'avait laissé à l'école et où elle n'était jamais revenue, où des policiers s'étaient présentés à sa place..Je n'avais pas oublié qui j'étais, je n'avais pas oublié d'où je venais et c'était probablement pour ça que j'avais la sensation d'être prisonnier, tout ça ce n'était pas ma réalité.

« Mon nom c'est Romanovski, pas Kowalski, je les blâme pas, c'était juste probablement trop tard pour moi »


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