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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 NIGHT BIRDS / ARIA
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MessageSujet: NIGHT BIRDS / ARIA   Mer 1 Juin - 7:22
night birds
Mera s'assit sur les rebord du lit d'Aria et l'observa en silence quelques instants. La nuit était tombée depuis longtemps et la chambre de sa sœur était plongée dans le noir, en dehors des rayons de la lune qui offraient une clarté maigre mais suffisante pour discerner les traits graves de sa cadette. Elle caressa son front chaud du bout des doigts. Aria transpirait, signe qu'elle avait de la fièvre, ou peut-être qu'elle s'était déconnectée du DARWIN'S GAME trop peu de temps auparavant. Devoir l'arracher au sommeil lui brisa le cœur.  « Aria ... » l'appela-t-elle dans un murmure. Mais comme cela ne suffisait pas, elle insista un peu plus fort :  « Aria, réveille-toi. » Pour ne pas l'effrayer, Mera laissa glisser sa main sur la joue de sa sœur, tandis qu'elle caressait de l'autre son ventre rond sous son pull noir trop grand. Elle donna le temps à Aria d'émerger de sa léthargie et retira sa main pour la poser sur sa propre cuisse, un peu nerveusement. Ce qui s'apprêtait à se passer était loin d'être agréable, pour aucune des deux. Des trois en réalité, puisque bébé choisit ce moment-là pour lui donner un coup de pied qui lui arracha une grimace de douleur. Avec ses sept mois de grossesse qui approchaient à grand pas, elle aurait donné n'importe quoi pour regarder Friends devant la télé en se gavant de chips plutôt que de prononcer ces mots :  « Prépare un sac, seulement les affaires dont tu as réellement besoin et quelques tenues de rechange. Quelqu'un va venir nous chercher, on s'en va. » Mera se releva péniblement et poussa un soupir de fatigue et de lassitude.  « Je t'expliquerai tout ça plus tard, d'accord ? Tu dois simplement me faire confiance. Fais-vite et retrouve-moi dans le salon quand tu as fini. Ah, et n'allume pas la lumière dans la mesure du possible. » A ces mots, l'aînée disparut dans le couloir sombre pour se diriger vers sa propre chambre. Un sac de voyage à moitié rempli était déjà posé sur le lit. Elle y fourra d'autres vêtements, ainsi que son ordinateur, ses papiers et aussi les faux. Son regard émeraude s'arrêta alors sur un élément auquel elle n'avait plus prêté d'attention depuis trop longtemps, le petit porte-clé bateau posé sur sa table de chevet, cadeau de Roy des mois auparavant. Son visage se fendit d'un sourire ému, elle se mordit la lèvre et l'attrapa pour le jeter dans son sac. Hors de question de partir sans. Quelques coups frappés à la porte d'entrée la firent sortir de ses pensées. Elle jeta son sac sur son épaule, se pencha vers son oreiller qu'elle souleva pour en extirper le couteau avec lequel elle dormait en permanence depuis des mois et fonça vers la porte d'entrée qu'elle ouvrit à la volée, prête à poignarder le premier intru qui chercherait à leur nuir. Mais le visage de Connor apparut à la porte et Mera manqua de fondre en larmes.  « Birdwhistle. » souffla-t-il, et Mera sourit. Il s'approcha pour l'enlacer, recula presque instantanément.  « Putain t'as grossi depuis la dernière fois, t'as pensé à faire un régime ? Tu devrais mettre ta sœur au régime ! » continua-t-il à l'attention d'Aria qui venait d'entrer dans la pièce. Il s'approcha d'elle pour l'enlacer à son tour comme s'ils s'étaient toujours connus, ce qui n'était absolument pas le cas.  « Au lieu de raconter des conneries, qu'est-ce qu'on fait pour le labo ? » demanda Mera en jetant un coup d'oeil anxieux vers le couloir.  « Ca, je m'en occupe. On va utiliser le garage de Francesco pour entreposer vos affaires quelques jours, le temps que vous trouviez un truc à louer pas cher. J'foutrai ton bordel dans les coussins du canapé, les pots de fleur et les merdes comme ça. » intervint Maya en entrant à son tour dans l'appartement. Son regard émeraude se posa sur le ventre de Mera à son tour. La brune observa cette amie de l'âge d'Aria qu'elle n'avait pas vue depuis une éternité. Elle avait sale mine mais l'air déterminé de celle qui avait trop vécu et n'avait peur de rien.  « Aria, je te présente Connor et Maya, de … Vieux amis. »  « Ta sœur a l'air définitivement plus intelligente que toi. » fit remarquer Maya.  « Vous êtes prêtes ? Il faut qu'on file. » Mera acquiesça, et se tourna vers sa cadette pour s'assurer que c'était le cas pour elle aussi, tandis que Connor s'emparait du sac d'Aria – et non du sien, alors qu'elle était bien celle qui ne devait pas porter de poids.



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MessageSujet: Re: NIGHT BIRDS / ARIA   Mer 20 Juil - 0:17
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La nuit s'agite sous ses paupières. C'est le syndrome du loup-garou qui s’éveille, ce sont ses démons ressortent avec la lune. Chaque nuit, c'est la même routine. Elle tourne encore et toujours dans ses draps. Suffoque dans son propre corps. Revit le cauchemars. Tout tourne dans sa tête comme une vieille cassette rayée, les cris en grésillement et les ricanements entre-coupés près de ses tympans. Alors, souvent, elle attend.
Elle se pose sur le rebord de la fenêtre et livre un duel à l'épée contre la fatigue pour repousser les monstres accrochés sous ses paupières. Elle a peur de ses souvenirs. Alors elle attend. Aria observe la ville enveloppée dans sa robe de chaos nocturnes depuis son perchoir, sa tour de princesse effondrée. De là-haut, elle pourrait presque se sentir immunisée. Elle regarde les manifestations remuer la ville en attaquant par tout les fronts, elle entend les revendications scandées à la lune, elle capture de son regard les loups sortant leurs crocs, ceux qui cherchent à déchiqueter le papier de lois qu'on leur impose contre leur gré. Elle sent l'odeur du sang. Hémoglobine incrustée dans les pavés, insérée sous les ongles. Mais, à présent, elle sait que la guerre ne se déroule pas de l'autre côté d'un écran, dans un décor en fond vert ou au début d'un reportage télévisé. Non. La guerre, elle est sous ses fenêtres, à ses pieds.
Fut un temps où elle aurait laisser l'utopiste en elle rejoindre la meute pour défendre un monde d'illusions pixelisées dans lequel elle se croyait épanouie, dans lequel elle se sentait guérie. Mais, maintenant, elle sait. Elle a apprit. On lui a ouvert les yeux avec des lames.
Et chaque nuit, les plaies se rouvrent.
« Aria... ». La jeune fille s'extirpe de sa prison en gémissant de douleur. La chaleur de l'été retombe sur ses épaules quand elle quitte le sommeil agité et la douce main de sa sœur sur sa joue la transporte en enfance, quand elle était haute comme trois pommes et que sa mère la réveillait de son amour le matin d'un départ en vacances. Mais l'éclair de bonheur ne dure qu'une seconde. Elle retrouve trop vite sa peau d'adolescente dégénérée. « Aria, réveille-toi. » Elle gémit encore face à la triste chute, la retombée dans la réalité. « Qu'est-c'que...? », articule-t-elle d'une voix encore étouffée par la léthargie. « Prépare un sac, seulement les affaires dont tu as réellement besoin et quelques tenues de rechange. Quelqu'un va venir nous chercher, on s'en va. » L'ombre de Mera se relève, laissant la petite déboussolée mais pas étonnée. Elle hoche la tête gravement dans l'obscurité après s'être frotté les yeux pour se redresser sur le matelas grinçant. Ses pensées articulent mille et unes interrogations mais elle n'en choisie qu'une : « Tu as pris un livre à lire au bébé ? ». C'est presque comme un automatisme. Une question rhétorique. Dans la panique, la petite préfère se raccrocher aux futilités de l’existence, aux plus petites beautés.  « Je t'expliquerai tout ça plus tard, d'accord ? Tu dois simplement me faire confiance. Fais-vite et retrouve-moi dans le salon quand tu as fini. Ah, et n'allume pas la lumière dans la mesure du possible. » Et sur ces mots qui traîne encore derrière elle dans le couloir, Mera s'évapore comme un rêve. La cadette, quant à elle, se lève un peu maladroitement mais lentement, ne sachant où donner de la tête, son esprit à présent bien échauffé s’entraînant à proposer une multitude de scénarios improbables. Elle vide le contenu de son sac de cours sur le parquet de la chambre et remplace les fournitures par quelques vêtements, son ordinateur, un bouquin pour elle et un autre pour la petite, une trousse de couleurs, un couteau papillon et sa peluche en forme de girafe qui veille toujours sur elle depuis le haut de l’armoire. Puis, sagement, elle va s’asseoir sur le canapé, droite et les mains sur les genoux comme lors des fameux départs en vacances. Loin d'elle l'idée de prendre cette escapade comme un voyage pourtant. Mais c'est ainsi gravé dans ses mécanismes rouillés. Ses yeux ne quitte le fauteuil abîmé que lorsque l’aînée débarque dans la pièce, armée. Aria n'hausse pas un sourcils. Le tableau dépeint exactement la réalité de ce nouveau monde. Elle sait.
Pourtant, lorsque les embrassades démarre, il y a comme une brisure dans la scène. Aria se lève doucement pour se poster derrière sa sœur, et elle observe comme une spectatrice. Comme une intrus. Elle a le coeur qui bouillonne de sentiments, mais le tout semble presque trop innocent pour être assimilé par son cerveau estropié. Elle reste debout et droite, silencieuse et envieuse, alors qu'une larme roule sur sa joue.
Un sourire lui éclaire le visage quand l'inconnu la tire de sa planète en ruine pour la ramener auprès des siens d'une étreinte. Elle reste un béate, se sent un peu stupide, mais les barrières sont tombées. « Aria, je te présente Connor et Maya, de … Vieux amis. » Elle hoche la tête, sourit, dévisage. Elle assimile. Il flotte dans l'air ce sentiment familiale qui réchauffe le coeur, comme un fils invisible entre chacun et qui s'étend progressivement jusqu'à elle. Elle est décontenancée. Elle aime ça. « Vous êtes prêtes ? Il faut qu'on file. ».
Quand ses pieds frôle le trottoir, Aria est enfin sortie de sa torpeur. Sa main perdue cherche celle de sa sœur dans laquelle elle vient se nicher et elle se hisse sur la pointe des pieds pour chuchoter à l'oreille de celle-ci. « Je les aime bien. Et où qu'ils nous emmènent, je suis d'accord du moment qu'on reste ensemble. ». Puis en redescendant, elle fixe son regard sur la rue d'en face, complètement vide, et hoche les épaules d'un air qui se veut nonchalant quand il est pourtant clair que la question lui brûle les lèvres. « Mais, quand même, j'aimerais bien savoir où on va. Et puis pourquoi aussi. ». Son regard trouve le bout de ses chaussures et sa voix diminue. « C'est pas que j'ai peur, hein... »


Dernière édition par Aria Birdwhistle le Lun 8 Aoû - 0:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NIGHT BIRDS / ARIA   Lun 25 Juil - 12:17
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Ses doigts se refermèrent autour de ceux d'Aria qu'elle observa avec une attention quasi-maternelle. Un sourire doux naquit sur ses lèvres.  « On ne sera pas séparées, pas une seule seconde. Et quand je m'absenterai, tu pourras avoir une confiance aveugle en eux. Pour le reste, je vais t'expliquer. » répondit-elle aussi bas, pour que seule Aria entende sa réponse. Mera se surprit à repenser à Vincent. Lui aussi aurait pu être là, avec eux. Lui aussi était leur ami. Son cœur se serra à cette idée, mais la jeune femme n'en montra rien. Connor leur ouvrit la portière et prit leurs bagages qu'il jeta dans le coffre de la bagnole. Mera se blottit contre sa cadette.  « Toujours aussi pourrie ta caisse à ce que je vois. » provoqua-t-elle.  « Ta gueule Birdwhistle, qui c'est qui l'a conduite sans permis et est rentrée dans le mur, hein ? » Mera sourit à ce souvenir. Mais encore une fois, cela lui fit penser à Vincent. C'était il y a deux ans, alors qu'elle empruntait la voiture de Connor pour aller le chercher à sa sortie de prison. Sous effet de la drogue, complètement angoissée, maigre comme un clou et maquillée comme une pute, elle avait bien failli créer plus d'un accident. Mais elle avait survécu, et avait grandi.  « T'as changé Birdwhistle. Ca fait plaisir de te voir comme ça. » Elle sourit, et Maya alluma l'autoradio pour laisser un peu d'intimité à Mera et Aria, à l'arrière. Ces deux-là étaient définitivement les êtres les plus intelligents, amicaux et intéressants qu'elle ait rencontrés de toute sa vie. Une bouffée de tendresse l'envahit, et sa main se referma sur celle de sa cadette sur laquelle elle posa les yeux à nouveau.  « On ne va pas très loin. On va rester chez eux un moment, le temps de trouver un moyen de regagner notre indépendance. » La brune se mordilla lèvre et détourna le regard. Elle avait pensé offrir à Aria le moyen de grandir, et une vie décente. Mais en réalité, elle lui offrait tout le contraire. Elle aurait mieux fait de la laisser à Felicity ou même obliger leur père à retrouver sa garde.  « On n'a pas payé le loyer depuis plus de quatre mois, Aria. J'ai arrêté de bosser quand j'ai appris pour ma grossesse et euh … Il y a de gros clients qui ne rigolent pas avec la marchandise qui attendent que je leur livre ce pourquoi ils m'ont payée. Je n'ai pas pu les rembourser, pas plus que je n'ai pu payer notre propriétaire. Et puis, il y a un problème plus grave. » Parce que ça, ce n'était rien à côté de la seconde menace.  « Tu sais, quand vous avez attaqué Camden Church, tu t'es battue contre un homme qui se fait appeler Cerberus. Je le connais bien. Joseph-Isaac Pimkins me tient depuis le jour où j'ai commencé à bosser dans le quartier. Il est le … Parrain de South Side, en quelques sortes. Il me menace et me fait du chantage depuis des années. Je l'ai confronté quand il t'a ôté une vie et … Je l'ai peut-être un peu frappé. Il a dit qu'il ne me ferait rien tant que je serais enceinte, mais qu'ensuite aucune de nous trois ne serait à l'abri. » Sa voix mourrut dans sa gorge. C'était difficile pour Mera de dire tout ça sans pleurer, en gardant un semblant de pureté aux yeux d'Aria. Sa sœur allait la haïr, c'était sûr. Le retour de bâton pour la vie qu'elle avait mené pendant deux ans, et qui mettait tout le monde en danger. Elle retint un sanglot tandis que son regard se perdait dans les lumières de la ville à travers les vitres de la voiture.  « En toute honnêteté Aria, est-ce que tu veux retourner vivre chez Felicity ou aller vivre chez papa ? Ce sera toujours plus sûr qu'avec moi, je suppose. » Son regard se planta à nouveau dans le sien. Elle n'avait aucune envie d'être séparée de sa sœur. Mais si c'était ce qu'elle voulait, elle comprendrait. Depuis le jour où elles avaient fui toutes les deux, les choses avaient changées. Autrefois, elle était encore capable de la protéger, puisqu'il n'était pas question de vie ou de mort. Il était juste question de manger autre chose que des nouilles chinoises et payer des frais de scolarité. Autrefois, les emmerdes du quotidien étaient complètement futiles, comparé à ce qu'elles vivaient aujourd'hui.  « Je ne t'en voudrais pas, tu sais. Je pensais bien faire avec toi, mais je t'ai condamnée à cette vie. C'est entièrement ma faute si on en est là aujourd'hui. » Mera sourit faiblement, l'air triste mais déterminé.



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MessageSujet: Re: NIGHT BIRDS / ARIA   Ven 12 Aoû - 16:49
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Les promesses de sa sœur s'envolent droit à son coeur, ce sont des paroles sacrées, des formules magiques. Elles l'ont toujours été, c'est le statut que les liens du sang ont offert à ces mots ensorcelés. Les deux petites Birdwhistle ne trahissent pas les serments qu'elles s'offrent l'une à l'autre, aucun, jamais. Pas de mémoire d'homme, pas même sous le joug de la triste colère ou l'influence de la maudite jalousie. « On ne sera pas séparées, pas une seule seconde. Et quand je m'absenterai, tu pourras avoir une confiance aveugle en eux. Pour le reste, je vais t'expliquer. » Alors elle ne peut que la croire, et, doucement, la cadette laisse ses poumons s'ouvrir, ses yeux se fixer et ses doigts se reposer. Elle cesse d'agiter ses pensées de tout les côtés, de balader les mots de son esprit dans tout les scénarios possibles et inimaginables. Elle retrouve la confiance aveugle de la gamine attachée, de l'enfant qui ne peut se permettre de se suffire à elle-même et se doit de compter sur d'autres pour subsister. Sauf qu'Aria ne se repose sur presque personne. Elle n'a pas "d'autres", elle a juste Mera. Seulement Mera. Elle se laisse attirer vers sa sœur, s'accrochant à elle comme une naufragée. Quand les piques fusent entre les amis de longue date, Aria sourit béatement en silence. Elle a l'impression d'assister à une sortie entre amis sous le clair de lune, des retrouvailles comme tant d'autres entre jeunes libérés de toute peur ou responsabilité. Quatre joyeux ignorants qui peuvent se permettre de faire les insouciants en éclatant leurs rires sur les pavés. On évoque les conneries des uns et des autres, on rit des événements du passé qui n'étaient pas si drôles que ça au moment du vécu, et on s'insulte avec amour, même. Aria, elle, elle ne retient pas un gloussement en entendant parler de cette nouvelle perle du passé de sa sœur dont elle n'avait jamais entendu parler - ou peut-être l'avait-elle entendue sans l'écouter. Car, après tout, combien de temps avait-t-elle passé dans le noir le plus complet ? Combien d'années à s'enfermer dans son propre corps, à se couper du reste de l'univers ? Combien de discussions tuées dans l’œuf et de relations oubliées ? « T'as changé Birdwhistle. Ça fait plaisir de te voir comme ça. » Elle prend presque ces paroles pour elle, l’espace d'une fraction de seconde. Elles ont changées, toutes les deux. Elles se sont retrouvées. Il aura fallut la destruction des mondes, mais elles se sont finalement retrouvées. « On ne va pas très loin. On va rester chez eux un moment, le temps de trouver un moyen de regagner notre indépendance. » Elle hoche la tête, déterminée mais toujours dans l'attente d'explications. Elle sait qu'elles viendront, qu'elles ne tarderont pas, mais sa sœur semble doucement préparer le terrain, et Aria craint le pire. Elle a envie de s'affirmer pour rassurer son aînée, de lui dire qu'elle peut tout encaisser, qu'il faut tout lui dire, qu'elle n'a plus rien de fragile, plus rien d'une enfant, qu'elle comprendra, qu'elle acceptera tout et n'importe quoi du moment que c'est la vérité. Elle veut articuler tout cela mais n'y parvient pas. Les mots qu'elle ne sait placer s'échappent par son regard qu'elle encre dans celui de sa sœur qui, lui, tente de s'échapper. « Un problème plus grave ? », répète-t-elle, un peu tremblante. Aria a soudainement l'impression de ne rien savoir, d'être à côté de tout, de venir d'une tout autre dimension. Comment a-t-elle pu manquer tant de choses si importantes pour la seule personne qui partage sa vie, des événements intimement liés à sa propre existence, qui plus est ? Elle se sent tant stupide qu'inutile, à ne pouvoir prêter main forte à personne pour toujours se faire secourir par les autres. Imprudente et immature qui ne voit pas plus loin que le bout de sa lame pixelisée. Elle est passée où, l'atom en elle ? « Cerberus. » Le nom se décompose dans son cerveau, les lettres séparées tournent et se retournent jusqu'à se graver dans les parois mêmes de son encéphale abîmé. Voilà où est passé l'atom en elle. Elle a été torturée à l'excès, on lui a extirpé la moindre étincelle d'innocence des pupilles, la moindre once de naïveté du sourire. L'atom est morte dans leur prison. Les caho l'ont achevée. Cerberus, lui, l'a empêché d'être sauvée. Elle se souvient comme de la veille de ce soir de feu d'artifice où elle s'était sentie plus sanguine que jamais. Le soir où elle était devenue caho afin de retrouver l'atom en elle. Le soir où Aestus avait cherché vengeance pour pouvoir se décharger de la rage et de la honte de l'ex-torturée, et que, dans sa misérable colère, elle s'était laissée si facilement tuée. Plan échoué, enfant déshumanisée. Cerberus victorieux sur les restes de ses données évaporées. Elle serre les dents au fur et à mesure que Mera lui explique la dangereuse situation. « C'est ma faute, j'aurais pas dû. J'aurais jamais dû me reconnecter après tout ça. J'aurais dû rester ici, avec toi. On en serait pas là aujourd'hui si... ». Elle perd le contact avec le regard de sa sœur, s'égarant dans les méandres du regret de la culpabilité alors que sa soeur semble se plonger elle-même dans des émotions similaires. « En toute honnêteté Aria, est-ce que tu veux retourner vivre chez Felicity ou aller vivre chez papa ? Ce sera toujours plus sûr qu'avec moi, je suppose. Je ne t'en voudrais pas, tu sais. Je pensais bien faire avec toi, mais je t'ai condamnée à cette vie. C'est entièrement ma faute si on en est là aujourd'hui. » Elle reste interdite un instant. Elle n'avait jamais songé à s'en aller, jamais songé à vivre ailleurs, à quitter sa sœur, alors elle prend une seconde pour réfléchir à la question, retournant les scénarios envisageables dans son esprits jusqu'à trouver une réponse à ses nouveaux doutes. « Et te laisser seule face au danger ? Jamais. Je ne vivrais pas mieux toute seule loin de toi, sans savoir ce qui t'arrive ou là où tu te trouves. » répond-t-elle avec franchise, secouant la tête et serrant les lèvres d'un air déterminé. « Puis, tu as besoin de moi pour veiller sur toi, n'oublie pas. », finit-elle avec un sourire mi-taquin mi-triste et un clin d'oeil.  « On part à l'aventure sestra, c'est ce qu'on s'était promis. D'accord, les circonstances ne sont pas les meilleures, mais c'est toujours ça de gagné, on doit en profiter. C'est le moment de trouver notre île déserte et de construire cette fameuse cabane au soleil. On commence petit en restant ici, en ville, mais ce n'est qu'un entrainement pour quelque chose de plus grand. », raconte-t-elle à la façon d'un conte en rattrapant les paillettes échappées pour les replacer dans ses yeux brillants. « C'est l'heure de notre grande odyssée. ».
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MessageSujet: Re: NIGHT BIRDS / ARIA   Lun 15 Aoû - 1:44
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Mera était impressionnée par le courage de sa sœur qui, même dans le cas présent, arrivait encore à tirer du bon de la situation. Elleacquiesça lentement et sourit.  « Ouais, t'as raison. Toi et moi on va s'en sortir, Aria. Mais pas l'une sans l'autre. » lança-t-elle, comme une promesse. Elles n'étaient qu'au début de leur odyssée, et ni l'une ni l'autre ne savaient ce qui les attendaient encore. Des choses peut-être bien plus terribles que ce qu'elles avaient connues jusqu'à maintenant. Mais la perspective d'affronter ces choses ensemble était bien moins terrifiant que de les affronter seule. Mera se serait déjà perdue en route depuis bien longtemps, sans sa cadette. Elle était la boussole qui la guidait vers la lumière, la bouée qui la maintenait hors de l'eau, le port d'amarrage qu'elle appelait maison et où il faisait bon rentrer le soir. Peu importe qu'il s'agisse de leur appartement qu'elles venaient d'abandonner, celui de Maya et Connor, celui de Felicity ou n'importe qui d'autre : Mera était chez elle tant qu'elle était au côtés d'Aria.  « Il ne nous arrivera rien. On deviendra les Reines de notre univers, et rien ni personne ne pourra nous atteindre. Notre île déserte sera notre forteresse. » […]  « On est arrivés. » informa Maya, plus pour Aria que pour Mera qui connaissait déjà les lieux depuis fort longtemps. Connor et elle récupérèrent les sacs et les guidèrent jusqu'à l'immeuble. L'intérieur était aussi peu fameux que l'extérieur : tout était taggué, décrépi, sale, malodorant. A l'intérieur de la cage d'escaliers, les néons grésillaient et quelques jeunes dont les visages étaient masqués par des capuches fumaient des joints, appuyés contre les murs. Ils se donnèrent des coups de coude à leur passage, auxquels Mera ne prêta pas attention. Dans d'autres circonstances elle n'aurait pas hésité à leur demander quel était leur problème, mais pas en la présence d'Aria, ni enceinte.  « Bienvenue dans votre palace. » lança joyeusement Maya en poussant la porte de l'appartement du troisième étage. Mera, pliée en deux sous le coup de la fatigue et la douleur, ne prit pas le temps d'apprécier la blague à sa juste valeur.  « Faites comme chez vous. Je vais mettre ça dans votre chambre. Tu viens Aria ? Je te fais visiter. » A la grande surprise de Mera, les lieux avaient un peu changés. Ils étaient plus sobres, plus matures peut-être. Les murs bleu vif recouverts de posters avaient laissé place à des murs blancs sans fioritures. Les meubles étaient neufs – quoi que déjà un peu usés – et l'ambiance générale moins pesante, si ce n'était les quelques seringues et le paquet de coke posé sur la table basse, sur un plateau de ferraille. Mais Aria n'était pas dupe : tous les anciens amis de Mera trempaient dans la drogue. Ceux-là particulièrement. Maya particulièrement.  « Tu veux que je range ça ? » demanda cette derière en découvrant le regard de Mera posé sur l'équipement. La brune tourna la tête de gauche à droite en signe de négation et suivit Connor et Aria dans le couloir. Elle s'appuya contre l'encadrement de la porte pour les écouter, tandis que, comme d'habitude, Connor déblatérait un nombre impressionnant d'informations à la seconde.  « […] Et donc voilà, j'ai du me débarrasser du lit, parce que de toute façon toutes les lattes étaient cassées et que vous seriez passées à travers. Donc, vous dormirez sur un simple matelas. Ah, Mera ! Est-ce que ça va aller, ma grosse ? » Elle leva les yeux au ciel et hocha lentement la tête. Elle n'était plus à ça près, de toute façon. La chambre sentait le renfermé et Mera fila à la fenêtre pour l'ouvrir. Il faisait une chaleur à crever. La pièce était impersonnelle, mais de taille suffisante. Elles combleraient l'absence de chaleur par l'amour qu'elles partageaient. Ils leur donnèrent des couvertures propres, ainsi que des oreillers, et Mera se laissa tomber délicatement sur le matelas d'un propreté bien plus douteuse. Tout cela était familier pour elle, mais c'était nouveau pour Aria à qui elle avait toujours fait en sorte d'offrir le meilleur parmi le pire.  « Maya et Connor sont des amours. Ils ont énormément souffert tous les deux. Surtout Maya. Mais ils prendront soin de toi s'il devait m'arriver quelque chose. » Il ne lui arriverait rien. Elle l'avait promis à sa sœur. Son regard azur se perdit par la fenêtre ouverte, puis dans la contemplation dans cette lune superbe, presque pleine.  « Est-ce que t'as l'impression de devenir dingue, toi aussi ? Comme si tout ça, tout ce qu'on a vécu était tellement … « trop » que c'en paraît ridicule ? Comme un long cauchemar duquel on arrive pas encore à se réveiller ? » Son regard s'arracha à l'extérieur pour se poser sur Aria qui s'allongeait à ses côtés.  « Et pourtant, je ne sais même pas si je pourrais recommencer à vivre normalement. Tu sais, aller à la fac, sortir avec des amis, draguer des garçons, puis avoir un diplôme, aller au travail, acheter une maison, une voiture, me marier … C'est ça, maintenant, qui me semble irréaliste. » Il arrivait que Mera se sente seule, dans cet état d'hébétitude constant. Pourtant, le monde entier était dans son cas, mais ça n'en rendait pas moins solitaire.



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