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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE
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MessageSujet: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Mar 14 Juin - 14:31

THE GAME SHALL BEGIN
jacksons




Un sac en papier remplis de courses bloqué contre une épaule, son sac à main sur l'autre, Lenny fait passer une à une les clefs de son trousseau pour retrouver la bonne. Chez elle, chez ses parents, son casier, certaines portes de l'hôpital... Ah. Elle se saisit de l'intéressée et la fait tourner dans la serrure, prenant garde à ne pas l'insérer trop loin et bien la pousser vers le bas. Un rien la fait bloquer. La vieille porte un peu défoncée s'ouvre sur l'appartement, lui aussi pas au mieux de sa forme. Même les murs ont des tâches de crasse, auxquelles plus personne ne fait attention. Elle va directement au coin de cuisine, pose son fardeau sur la table. Terrence n'est probablement pas là, au boulot ou à la rôde. C'est tellement automatique chez elle, ça ne lui est même pas venu à l'idée de frapper. Bwarf, si elle ne peut pas être sans gêne avec lui, avec qui le peut-elle ? Elle déballe ses achats, pose quelques légumes au frigo, des biscuits dans les placards, des friandises dans les tiroirs. Ouais elle lui a fait les courses comme une bonne petite maman. Ne pas lui faire la remarque cependant : elle se vexerait, enverrait une bonne réplique bien sentie dont elle a le secret. Malgré tout le respect qu'elle doit à sa mère, elle a tendance à tenir ce genre de rôle pour faible et insipide. Une insulte en somme. Pourtant elle-même n'écarte pas totalement l'idée d'avoir un enfant un jour... Ces paradoxes que crée les stéréotypes créés par notre société hein.  

Elle a tout rangé, donné un coup d'éponge rapide à la table. Ce n'est que maintenant qu'elle lève les yeux et pose son regard sur le salon. Son frère est là, assis sur le canapé. Elle ne l'avait pas remarqué, silencieux comme il est. Elle le voit de dos, seul le sommet de son crâne dépasse de la banquette du sofa. Il est penché un peu en avant comme s'il regardait avec attention un quelconque objet qu'il tiendrait dans les mains. Ou peut-être le sol ? Elle se décale pour ne plus avoir le canapé qui obstrue son champ de vision, un peu flippée de ne l'entendre dire mot. « Terrence ? » Elle s'avance davantage, le voit absorbé par son téléphone. « Arrête de mater tes sex snaps et viens dire bonjour à ta soeur. » Elle a beau le bâcher, il ne bouge pas d'un centimètre. Alors elle se plante carrément devant lui, hausse la voix : « Oh, je te parle. » Toujours pas de réponse. Pas la moindre réaction. Elle ne le voit même pas ciller. Okay, là ça devient glauque. Elle lui tapote la jambe, lui pince le bras. Rien. Aux grands maux les grands remèdes... Le bruit de la baffe résonne, elle n'y est pas allée de main morte. Toujours le néant. Carrément glauque. Son état vient clairement de son portable, qu'il fixe avec intensité.

Est-ce que... est-ce qu'il ne ferait pas partie de ses addicts au jeu meurtrier dont tout le monde parle ? Lenny n'a jamais vraiment eu de contact avec le Darwin's Game, ni n'a vu quelqu'un y jouer ni ne l'a testé elle-même. Un genre de jeu à réalité virtuelle, absolument saisissant et inexplicablement dangereux. Les médias racontent des malades qui tueraient sans merci, faisant diminuer les vies d'autrui jusqu'à épuisement et mort du joueur irl. Elle ne comprend pas le lien qu'il peut y avoir entre le monde réel et ce jeu, comment les conséquences peuvent se répercuter dans la vraie vie, mais les statistiques sont sans appel et ne laissent plus place au doute. Mourir définitivement dans le jeu, c'est mourir définitivement ici. Mais l'influence qu'a le Darwin's Game ne s'arrête pas là, elle a entendu des histoires inquiétantes sur des personnes qui changeaient de comportement, devenaient violents, irritables. Il paraît même que les joueurs les plus importants reçoivent des menaces, se font agresser irl. De la pure folie. Le gouvernement a été obligé de prendre des mesures et a voté des lois pour réglementer tout ça. C'est encore frais, elle ne suivait pas mais se rappelle des chaînes d'infos qui retraçaient la manif' contre les nouveaux textes et surtout des blessés dont elle a du s'occuper en urgences après les émeutes. Elle a de la peine à l'admettre mais ça ne l'étonnerait qu'à moitié que son aîné trempe dans ce genre de trucs. Merde. D'un geste brutal, elle essaie de lui prendre son téléphone. Effort vain, il semble agrippé à l'engin avec une extrême volonté. « C'est quoi ce délire... » Là elle n'en mène pas large la Jackson. Elle se promet de trouver un moyen de déconnecter son fichu frangin et de lui faire passer un sale quart d'heure pour toute l'épinéphrine qu'il fait couler dans son corps actuellement. Bon, jeu en ligne, internet. Elle va exploser sa box. Faisant fi des fils électriques, elle arrache l'engin et la balance à l'autre bout de la pièce. Sang chaud la demoiselle ? Tout juste.
 

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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Jeu 16 Juin - 16:13
the game shall begin
lenny + terrence

Il avait reçu les ordres, alors il était sorti du QG. Il était seul, Kilmeny n'étant pas dans le coin – mais ce n'était pas très grave, puisqu'il se chargeait d'aller inspecter l'hôtel délabré, qui se situait sur le territoire ATOM. Donc a priori, il n'y avait pas plus de danger là-bas qu'ailleurs, et il était peu probable qu'il ne tombe sur un ennemi. Sa petite mission consistait donc à aller voir si une porte de sortie ne se cachait pas dans les alentours de cet hôtel, ou bien à dénicher des choses qui pourraient être utiles au QG. Il était arrivé près de l'hôtel assez rapidement. L'endroit était complètement abandonné, noirci, abîmé. Pour la plupart des joueurs, c'était sans doute assez décourageant d'y rentrer. Mais pas pour Butcher – au contraire, cet endroit lui inspirait à la fois quelque chose de réconfortant, et quelque chose d'excitant, parce qu'il ne savait pas sur quoi il allait tomber. Il n'avait pas encore eu l'occasion de rentrer à l'intérieur de l'édifice, passant quelques fois seulement aux abords de celui-ci. Ouais. L'endroit semblait glauque à souhait, et il ne doutait pas qu'il allait pouvoir raconter de bonnes histoires au reste de sa team.
Restant prudent, il glissa la hache dans sa main, avant de finalement ouvrir la porte. L'endroit poussiéreux semblait figé dans le temps – un temps et une poussière parfaitement inexistants. Il se déplaçait dans la première salle de réception plus comme un amateur d'art – lui qui n'est jamais allé dans un musée – que comme un cambrioleur, effleurant délicatement les objets et les tentures. Il ouvrit un tiroir, qui libéra un fin nuage de poussière. Il aurait dû tousser un peu, dans le pire des cas. Mais la situation est étrange, l'aveugle … Et soudain, c'est comme si son corps s'enflammait, brûlant sa peau …

Le souffle court, respirant à grandes goulées, il se retrouve chez lui, à Chicago. Il ne sait pas ce qui lui est arrivé, la sensation de sa déconnexion n'étant pas habituelle. Serait-ce la fumée ? Ce qu'il y avait dans ce tiroir l'aurait-il ramené chez lui ? Cela semble encore inédit, et, paniqué, il cherche frénétiquement à se calmer … Jusqu'à ce que la silhouette de Lenny se dessine dans son champ de vision. Une attaque cardiaque n'aurait pas été de meilleur effet.
Il comprend. Il n'est pas stupide, il sait très bien que c'est elle qui l'a forcé à revenir à Chicago, et non pas le tiroir. Il sait qu'elle sait. Et que ça va le tuer de l'admettre, mais pour le moment, il se contente d'exulter, car il découvre bien vite sa box internet au sol … Mais qu'est-ce que tu fous ici ? C'est quoi ce bordel, qu'est-ce qu'il t'as prit ? Il se lève, brusque et presque gauche, et va ramasser l'objet au sol délicatement. Il paraît encore entier, c'est déjà ça. Glissant son téléphone dans sa poche, Terrence récupère son précieux et le réinstalle à sa place, avec les fils, sans se soucier de sa sœur. Le tout a l'air de se remettre à clignoter dans tous les sens normalement.
Il lui fait face. Il n'a pas honte de ce qu'il fait, mais il sent qu'il l'a déçoit. Le Darwin's Game est au centre de nombreuses conversations, nombreux débats. Si ça se trouve, elle joue aussi à ce jeu, mais, pas dans la même team que lui. Alors, elle pourrait comprendre. Désolé, j'voulais pas te crier desus. lui accorde-t-il en levant les mains au niveau de sa poitrine. C'est une posture défensive, mais il sait que l'ouragan Lenny lui fonce droit dessus, et que ça ne va pas être gai à voir.
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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Sam 18 Juin - 19:35



Elle jette de nouveau le regard sur son frère, espérant que son acte de vandalisme connaisse l'effet escompté. Sinon elle pourra fracasser l'objet sur les murs, sauter dessus, l'exploser de nombreuses autres manières. Pas certaine que cela ait plus de succès si le fait de la débrancher ne suffit pas à déconnecter Terrence mais elle a besoin de se lâcher sur quelque chose. Sa colère lui a donné un surplus d'énergie qu'il faut qu'elle consomme. A en croire les cris énervés, Lenny n'a pas besoin de réfléchir à comment se défouler sur la box, son propriétaire est tout disposé à recevoir les coups. Pas selon son bon gré mais parce qu'il vient de prouver, par son réveil subit, sa participation au Darwin's Game jusqu'alors seulement hypothétique. Elle ne manque pas de remarquer la maladresse avec laquelle il se meut, comme s'il venait de sortir d'une profonde torpeur. Cela lui rappelle lorsque leur aîné les tirait du lit aux aurores, gueulant qu'ils étaient en retard, ils cherchaient à s'habiller en tout hâte, la tête dans le cul. Terrence a cette même grâce quand il se baisse pour prendre l'appareil et vérifier son état. « Qu'est-ce qui m'a pris ? Je sais pas, j'imagine que retrouver son frère paralysé sur son canapé a quelques effets sur les nerfs, » ironise-t-elle.

Elle le regarde tout remettre en place, un peu paniqué. C'est dingue. Il en a rien à foutre de sa frangine, c'est pour sa liaison internet qu'il panique. Vu le prix et sa paie, elle comprend presque mais il ferait bien de saisir qu'il a d'autres problèmes sur le feu. Elle le fixe, de ce regard souverain qu'elle tient de leur père. Elle même ne sait pas vraiment ce qu'elle exprime, elle tente juste de se contenir avant d'exploser. Jouer au Darwin's Game, c'est presque se rendre coupable d'un crime au vu des législations en vigueur. C'est mettre en danger sa vie, placer soi-même une épée de Damoclès au-dessus de sa tête pour... son plaisir personnel ? Son goût de l'adrénaline ? Et Terrence fait comme si de rien n'était, nie ces dangers inconsidérés en s'offusquant de quelques débris en plastique qu'elle a pu causer. Sa patience s'effrite sous l'absurdité de la situation. Elle se retient mais il a intérêt à dire quelque chose, et vite. Des explications, des excuses, elle ne sait pas trop à quoi elle s'attend, elle a toujours tendance à avoir de hautes et imprécises attentes. Elle veut juste croire qu'il n'est pas assez con pour prendre ce genre de risques (la mort ou au mieux, la prison) sans une putain de bonne raison derrière.

'Désolé, j'voulais pas te crier dessus.' Encore une fois, elle s'attendait à mieux. Mais elle va faire avec. Elle cherche ses mots, par où commencer ? « Merde Terrence. » Ca c'est de l'opening. « Le Darwin's Game. » Elle ne demande pas s'il y joue, c'est stupide, elle le sait déjà et elle n'a pas besoin de l'entendre l'avouer. Elle ne prend même pas la peine de faire une phrase, elle balance le sujet sur la table. Pas de fioriture. « Tu peux pas t'empêcher de faire de la merde hein ? T'es au courant que si tu te fais chier il existe tout un tas d'activités légales qui en prime n'impliquent pas de risquer ta vie ? » Référence à son appartenance à un gang et, de manière générale, à ses tendances récurrentes à toucher à tout ce qui est réprouvé par la loi et passablement dangereux. Lenny doit toutefois reconnaître qu'ici, ce qui est légal est souvent payant... Vive l'Amérique.
 



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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Jeu 30 Juin - 22:31
the game shall begin
lenny + terrence

Il s'emporte, vite, trop vite, les nerfs à fleur de peau. La sensation étrange le secouait encore lentement, ses terminaisons nerveuses le chatouillant d'étrangeté. Les déconnexions classiques, il s'en remettait assez vite, commençant à s'y habituer. Les morts … étaient toujours quelque chose de spécial, de traumatisant. Mais cette déconnexion forcée … c'était encore autre chose. Comme si son corps lui disait que quelque chose n'allait pas, n'allait plus. Alors, il veut se retrouver, réparer les dégâts – et avec la surprise de constater que sa propre sœur est à l'origine de ce douloureux moment, il s'emporte un peu. Il replace les branchements, abasourdi et un peu perdu, rééquilibre son univers de manière presque méthodique.
Ensuite seulement, il se rend compte de ce qu'il a fait, et s'excuse platement. Il a entendu ses raisons d'une oreille distraite, mais il peut comprendre, une fois le contre-coup de sa déconnexion passé. Il peut imaginer ce qu'elle a vécu, trouvant son corps inerte ou presque sur le canapé, inactif aux simulations externes. Il l'a blessé, il le voit. Il s'excuse et attend que la tempête Lenny ait fini de traverser son appartement. Ce qui … finira bien par arriver, tout du moins l'espère-t-il.

Il ne faut pas être né de la dernière pluie pour comprendre qu'elle n'apprécie pas du tout. Elle a comprit ce qu'il faisait, où il était. Ils en parlent partout, dans les journaux, à la télé … et quand bien même, il suffisait de descendre dans la rue pour apprécier le spectacle, comprendre le problème. Lorsqu'elle prononce le nom du jeu, avec amertume et dégoût, Terrence ne fait pas le fier. Ce n'est ni une question ni un réel besoin d'approuver ses paroles, mais il ne peut s'empêcher de le faire, pourtant. Ouais ... avant de se faire attaquer par Lenny. Alors il l'écoute, et prend la mouche. Elle l'a un peu cherché, il faut bien l'avouer.
Faire de la merde ? Eh ! J'vends pas de drogues, j'vends pas des armes, j'ai un taff comme toi, j'paies mes factures putain ! Et le voilà qui s'emportait, à nouveau. Oui, il avait vendu de la drogue quand il était plus jeune et oui, il avait sans doute violé la loi à de nombreuses reprises. Il fallait bien vivre, et l'argent qui lui servait à payer ses factures était tout ce qu'il y avait de plus légal. Il n'avait pas fait d'études, et le quartier n'était pas des plus glorieux. Ils étaient noirs, lui n'avait pas fait de longues études. Ils étaient condamnés depuis leurs naissances, et ils le savaient tous les deux. Et alors ? Et … alors, Lenny ? Finalement, il n'était pas en colère après elle – il n'a pas la force pour ça -, il était plus déçu par son attitude, ses reproches, qu'autre chose. Jusque-là, on l'a fait, pas vrai ? Ils ne sont pas morts, pas en prison, pas handicapés à cause d'une balle perdue. Et ouais, il cherche ça dans le jeu. C'est stupide. C'est con, c'est vrai. Mais qui d'autre que lui était mieux placé pour survivre dans ce milieu-là, dans ces conditions-ci ?
Jusque-là, ils ont survécu. Ils ont fait avec les galères, les moments de joie. Ils s'en sont toujours tirés – en ayant qu'une seule vie au compteur. Mais il ne savait pas exactement ce qu'elle savait à propos du jeu. T'y joues, toi ? Oui, il avait osé. Après tout, si elle n'était pas de sa team, il était très probable qu'ils ne se soient jamais croisés. Alors certes, elle allait encore jouer la carte de l'infirmière – il la voyait venir, celle-là – mais si ça se trouve … elle cachait bien son jeu. Il ne la jugeait pas, ni ne la jugerait.
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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Dim 17 Juil - 14:13


Alors lui aussi, il éclate. Elle regrette un peu les paroles proférées. Elle déteste se rétracter alors elle ne lâchera pas une excuse. Cependant son regard se fait moins dur, plus... triste, fatigué ? Fatigué que les Jackson n'aient pas gagné le gros lot à la loterie de la vie. Elle sait qu'elle est rude avec lui, qu'elle a poussé le bouchon. Elle sait que ce n'est pas Terrence qui cherche les emmerdes mais les emmerdes qui viennent à lui naturellement, parce que c'est ce qui te tombe dessus quand tu es d'Englewood. Entre tous, lui a réussi à se démerder au mieux avec ce qu'on lui donnait. Secrètement Lenny l'a toujours admiré pour ça. Si elle s'en est sortie pour sa part, ce n'est que grâce à des prédispositions scolaires. Des privilèges, encore. Terrence s'en est toujours sorti sans privilège. Et désormais qu'il semble à l'abri, avec un bon boulot, il s'inscrit au Darwin's Game. Comme pour en remettre une couche dans sa liste de problèmes. Pourquoi chercher à retrouver dans le jeu les mêmes éléments qui ont pourri leur vie ? C'est ça que Lenny ne comprend pas, ça qui la fout en rogne.

Son frère reprend la parole, sous-entend que leur quotidien a de toute façon été fait de dangers. Risquer sa vie, un peu plus ou un peu moins qu'importe ? semble-t-il demander d'un ton un brin défiant. Surtout amer. Elle soutient son regard. Elle brûle elle aussi. Les souvenirs sont comme des allumettes attisant le feu de sa colère. Des armes qui tonnent pour d'autres qu'eux, des détours dans la peur, des balles perdues, des potes éteints d'un coup de couteau, des règlements de compte à la con. Non, leurs vies n'avaient rien à envier à ces conneries virtuelles. Elle crache : « Oui on l'a fait. Mais t'as vu où qu'on avait le choix ? On a subi. On s'est pas inscrit pour ça ! »

Elle rumine, détache le regard de son aîné dont la vue lui fait monter la moutarde au nez. Ses yeux se baladent dans l'appartement, se pose sur les murs et le mobilier. Des petits détails qu'elle a mémorisé avec le temps. Il y a quelques changements çà et là qu'elle n'a pas remarqué avant, une marque sur un meuble, un bibelot en plus. Un rien qui la fait réfléchir. Combien de détails de la vie de Terrence a-t-elle loupé... Elle ne peut s'empêcher de penser qu'elle a négligé son frère ces dernières années. Elle a beau l'engueuler, une part d'elle se sent coupable. A-t-elle été là pour lui ? Non. Elle a passé des coups de fil distraits, elle est venue de ci de là quelques minutes, laissant des achats et parfois quelques mots, elle est restée pour des conversations téléphonées où elle donnait vaguement des nouvelles. Mais elle n'a pas pris le temps de partager un repas ou un après-midi non, tout était fait rapidement, en un battement de cil. Elle évitait Barbara. C'était vrai au début mais n'était-ce pas un peu devenu une excuse ? Pour cacher le fait qu'elle s'éloignait de sa famille de son propre chef. Inconsciemment. Parce qu'elle sentait bien qu'entre son ancienne vie et son nouveau copain, ça ne collerait pas. Comme elle a pu être conne.

"T'y joues toi ?" Lenny hausse un sourcil. Il lui pose sérieusement la question ? « Clairement j'ai rien de mieux à faire, » soupire-t-elle. Et bien sûr, elle se sentirait légitime de lui faire la morale après ça. Elle est atterrée qu'il puisse la croire aussi incohérente. Pourtant elle a un instant visible d'hésitation après ça, l'idée germe en elle. Le meilleur moyen de l'avoir à l'oeil dorénavant, c'est d'y jouer. Elle ne sera jamais tranquille en le sachant seul là-dedans. Sans allié dans un endroit où tout le monde cherche à te tuer. « Tu sais quoi ? Maintenant oui. » Sa décision est prise en un rien de temps. Elle sort son téléphone et se connecte au réseau, tape darwin's game dans la barre de recherche. Elle va s'inscrire, là maintenant.



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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Mar 19 Juil - 21:12
the game shall begin
lenny + terrence

Colère, tristesse, surprise, il ne sait pas laquelle de ces émotions prend le pas sur l'autre. Il ne sait pas ce qui le guide, ce qui l'anime. Il est blessé et ne peut pas rejeter la faute sur sa sœur, pas entièrement. Il sait qu'il a toujours pu faire ses choix, il n'a plus qu'à les assumer – ce qui est fait est fait. Il frotte l'une de ses mains sur son crâne, embarrassé. Les arguments de sa sœur sont à peu près aussi injustes que les siens. Ouais. Ils étaient nés dans ce quartier et n'y pouvaient rien – mais il avait choisi de s'inscrire. Elle avait raison sur ce point, même si Terrence avait trouvé bien plus à l'intérieur de Darwin's Game qu'il ne l'aurait pensé.
La chaleur des ATOM était quelque chose qui ressemblait et était bien contraire à ce qu'il avait pu trouver à Chicago, au sein d'un gang. Un groupe de gens contre d'autres groupes. Stratégie de territoires qu'il faut protéger. Et … il a eu peu d'occasions de se trouver si … important. Même à sa petite échelle, même avec sa faible contribution, il n'a jamais eu ce sentiment d'appartenir, d'être entouré comme ça. En aucun cas il ne remet en cause l'amour qu'il porte à sa famille ou à sa sœur en cause, mais … quand même. Il ne pourrait pas le lui dire. Il y a trop de mauvais côtés, la violence oui, et la mauvaise presse. Jamais elle ne le croirait … sauf si. Sauf si elle joue, elle aussi. Cela semble bien dérisoire, bien utopique.
Il sait qu'il a ravivé les flammes de sa colère lorsqu'elle hausse un sourcil à sa question. Terrence a encore raté une bonne occasion de se taire, sur ce coup-ci. Sa réponse se fait moins grinçante qu'il ne l'aurait cru, pourtant. Il se dégonfle et se ravise bien vite. Il n'a pas envie de lui mentir, et il ne peut pas la protéger en lui racontant la vérité. Il se détourne d'elle, lui faisant sans doute honte. Elle avait eu la chance de se trouver une vocation, et la volonté de se donner les moyens de réussir. Certes, elle travaillait comme une dingue et son niveau de vie n'était pas grandement meilleur – mais elle avait un but, une vocation, une force de caractère qu'il respecterait toujours Son avis avait toujours compté, même s'il passait souvent outre. Il ne s'arrêterait pas de jouer à ce jeu mortel pour autant, mais aurait peut-être quelques remords qui iront brouiller ses prochaines connexions. Petit ange ou petit démon sur son épaule.

Il ne faudra à Lenny que cinq mots pour capturer l'attention de son frère plus que jamais. Surpris de son ton sérieux, de ses phrases décidées, il lui fait face si vite qu'il aurait pu en attraper un torticolis. Quoi ? Ah non, non, non. Oh la mauvaise idée qui se profilait, la voyez-vous ?
Il ne peut déjà pas rattraper le temps perdu avec elle ici, à Chicago, alors comment pourraient-ils le faire là-bas ? Non, il ne voulait pas qu'elle joue, qu'elle mette sa vie en danger sur un coup de tête, qu'elle signe avec le diable à cause de lui. Il voit son téléphone aussitôt brandi – peut-être qu'elle se joue de lui, peut-être n'a-t-elle jamais été plus sérieuse. Il s'en fiche de passer pour l'idiot qui a foncé dans le piège minable de sa sœur, mais il n'a rien d'autre que ses nerfs et une impulsion. Il se jette sur elle maladroitement et réussit à lu soutirer son téléphone plus facilement qu'il ne l'aurait cru. Un bref coup d'oeil lui montre qu'il a mit trop de temps à réagir, que le nom du jeu s'affiche déjà sur l'écran … qu'il porte aussitôt à bout de bras, vers son plafond. On dirait deux gosses qui n'auraient toujours pas grandi, lui le bras en l'air et elle cherchant à récupérer son bien.
Non, non, non. se répète-t-il. Jamais assez. Oui, je sais, j'avoue, je connais les risques, j'avais lu des trucs, entendu deux trois rumeurs. Ok. Mais j'pensais pas que c'était aussi réel. Mais toi, t'as pas la moindre idée de ce que tu vas y trouver. Tu vas te faire manger toute crue, Lenny, tu vas crever en un claquement de doigts. Oublie, oublie cette idée, ok ? Je sais pas ce que tu cherches, ce que tu veux prouver, mais t'y vas pas. Fais ce que je dis et pas ce que je fais. Il n'a pas la moindre idée du mal qu'il peut lui dire en lui disant de telles paroles, en cherchant à la dissuader par tous les arguments stupides qu'il peut trouver, en la suppliant de ne pas finir ce qu'elle a commencé.
Il ne veut juste pas la perdre.
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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Lun 1 Aoû - 18:31


Et Terrence de crier des "non" à tout va. Dont Lenny se fiche éperdument. Là-bas, c'est certes plus violent qu'ici, mais là-bas il n'a personne. Elle le connaît, elle sait comme il est facile de le rouler dans la farine. Il est trop gentil, elle ne sait comment il a réussi à le rester jusqu'ici malgré les épreuves, malgré la vie qui ravage tout sur son passage. Il est trop gentil et, en prime, il a des principes à la con. Rien que son histoire de "je ne frappe pas les femmes" ça suffit pour le faire tuer. Hors de question de le laisser seul. Lenny finit par trouver le logo de l'application et clique immédiatement dessus. Juste à temps avant que son frère ne s'empare de l'appareil et le mette hors de portée, en haut de son bras tendu vers le ciel. Comme un air de déjà vu. Sérieusement ? « Rends moi ça. » Elle ne s'évertue pas à sauter dans tous les sens pour le récupérer, sachant déjà à quel point ce serait vain. Alors elle se raccroche à son regard dur, son haussement de sourcil condescendant. L'air de dire "mon vieux, si t'as cru que t'avais voix au chapitre tu t'es fourré le doigt dans l'oeil jusqu'au coude". Une expression qui ne disparaît pas tandis que Terrence déclame son couplet de mise en garde. Elle va mourir direct, elle ne sait pas dans quoi elle s'engage, etc. Rien qu'elle ne sache déjà.

Il n'a pas l'air de comprendre, ce n'est pas à propos d'elle. Elle a l'impression que ça a toujours été à propos d'elle, qu'il fallait faire des économies parce qu'elle allait faire des études de médecine, qu'il fallait être calme pour qu'elle travaille, qu'il fallait des sacrifices pour la porter loin. C'est fini tout ça. Aujourd'hui c'est à propos de lui. Cela doit être à propos de lui, seulement lui. Enfant, il l'a protégée, peut-être même plus qu'elle ne le sait. Maintenant les rôles s'inversent et il doit l'accepter. Certes, pour l'heure elle n'est pas à la hauteur mais Lenny apprendra. A combattre, à survivre. En attendant elle peut toujours lui prêter son bon sens, ses quelques connaissances, son caractère de merde. Qu'importe, elle pourrait n'avoir rien à partager, cela ne changerait rien. Il faut qu'elle soit présente pour lui. C'est écrit dans ses tripes, qui se retournent rien qu'à l'idée de le laisser seul dans cette horreur. Et Terrence qui croit qu'elle est là pour prouver quelque chose... Quelle blague.

« Je cherche à ne pas laisser mon frère crever seul, si c'est pas assez clair ! » Elle s'est emportée, elle a crié. Elle ne crie presque jamais Lenny. Elle en a le corps encore tremblant tandis que, silencieuse, elle laisse passer la vague de colère. Ses yeux la piquent, son cerveau semble embrumé. Elle se mord intérieurement la lèvre, écarquille les yeux pour les garder secs. Elle ne pleurera pas putain. Elle va oublier un instant le sens de ses paroles, elle va faire semblant de ne comprendre aucun des mots employés. Pour effacer l'envie de se mettre en PLS et de hurler quand elle pense au corps froid de son aîné. Elle inspire, fait le vide. Calme sa respiration. Passe rapidement sa main sous son oeil droit et reprend d'un ton posé. « Je sais que c'est réel Terrence. Et c'est pour ça que je ne lâcherai pas. » Sa gorge est serrée, son coeur aussi. Elle a l'impression qu'à l'intérieur, tous ces organes se sont rabougris. Recroquevillés sur eux-même d'angoisse. « T'as pas le droit de me demander de t'abandonner. »

Elle sent ses yeux devenir chauds à nouveau, détourne le regard un instant. Bat des cils pour chasser les larmes naissantes. Quand elle pose de nouveau les yeux sur son visage, c'est avec détermination. « De toute façon tu sais très bien qu'une fois sortie de cet appartement je vais essayer de me connecter. Tu ne pourras pas m'empêcher de m'inscrire. Le seul choix que tu as c'est de m'aider ou non. » Simple constat. Ils savent tous les deux que quoi qu'il arrive elle ne flanchera pas. Pourtant Lenny a l'impression désagréable de lui faire du chantage et ça la met mal à l'aise. Elle chasse cette idée en continuant à parler. « Ca fait longtemps que tu y joues ? Il te reste combien de vies ? » Pitié, faites qu'il lui en reste une tripotée. Elle n'est pas prête à l'entendre dire trois ou deux.



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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Dim 7 Aoû - 19:01
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lenny + terrence

Elle ne comprendrait pas. Elle ne le peut pas. Elle essayait tant bien que mal de se mettre à sa place à lui, mais c'était impossible. Oui, qu'elle lui reproche donc le fait d'être faible, le fait d'être galant, celui de ne jamais porter atteinte aux femmes. Ouais, c'était pas un atout dans ce jeu mortel, réalité bien trop virtuelle à son goût. Elle pouvait tout essayer, il ne lui resterait qu'une seule conviction, qu'une seule vérité, à la fin : il ne voulait pas qu'elle joue, et le prendrait comme une défaite si jamais elle cliquait sur ce maudit bouton. Voilà, il l'avait dit. Si elle jouait, alors … alors il aurait perdu. Il aurait perdu son respect, celui de leur mère sans doute, et il la perdrait, elle aussi, à petit feu. Il ne pouvait pas se le permettre. Si elle y touchait, c'était comme s'il acceptait de s'enlever deux, trois, quatre de ses propres vies. Il se rapprocherait de la mort, de la fin. Il serait la honte, la désapprobation. Il ne serait plus digne de confiance ; il aurait déçu dans son seul job : prendre soin des siens, de sa famille, de sa sœur.
Alors, il tente, son téléphone à bout de bras, de la dissuader de continuer ce qu'elle a commencé. Il est encore temps pour elle de passer son chemin, d'éviter de marquer sa peau d'un redoutable compte à rebours. Toujours fatal. Elle lui crie ses motivations au nez, mais il n'en veut pas. Il se contentera de les ignorer. Aucune motivation n'est valable. Lui n'avait que l'ennui comme motivation. On crèvera tous seuls ! C'est moi que tu vas tuer, Lenny, si tu t'inscris ! Il préférait cent fois, mille fois, mourir seul que dans ses bras. Ou l'inverse, la voir mourir sans qu'il ne puisse rien y faire.
Ils ont le même tic, et il peut la voir se mordre les lèvres – lui préférait torturer ses joues en silence. D'aucune manière que ce soit, il ne voyait une bonne issue à cette histoire. J'te demande pas de m'abandonner. Je te demande de te protéger. Quel frère je ferai si je cherchais pas à te protéger, hein ?
Peut-être que c'était personnel. Oui, ça l'était. Il ne voulait pas qu'elle crève. Comment elle pouvait parlementer avec ça ? Comment elle pouvait chercher des excuses pour … y jouer ? C'était ça, son seul désir ? Trouver une bonne raison d'appuyer sur ce bouton ?

Putain. Vraiment. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait, toutes ces conneries que sa sœur lui versait sans ménagement. Elle, l'infirmière, la médecin, prête à venir dans ce jeu « pour lui » quand lui, tout ce qu'il voulait, au juste, c'est qu'il n'y aille pas. Il est impuissant face à l'émotion qui submerge les yeux de sa sœur, il le voit bien. Elle a vraiment eu peur pour lui. Il s'en veut, bien sûr, de ne pas lui avoir dit, de ne pas l'avoir prévenu – mais ça ne changeait rien au reste. Joue pas à ça. Joue pas à ça avec moi. Oui, elle pouvait s'inscrire à la seconde où elle franchissait la porte de son appartement, à l'instant où elle aurait son téléphone et son libre-arbitre. Mais il espérait de tout coeur qu'elle ne le ferait jamais. J'ai besoin de toi ici, pas là-bas. Il ne voulait même pas imaginer sa sœur dans le jeu. Elle était encore plus gentille que lui, si c'était humainement possible. Et puis … dans quelle team se retrouverait-elle ? Non, il ne doit pas y penser. L'éventualité, il la chasse de son esprit. Je vais bien, je t'ai dis. J'aurais dû te le dire, j'suis désolé pour ça. Elle ne saurait pas depuis combien de temps il joue, ou combien de vies il lui reste. Il lui en reste suffisamment. Sous son pied s'étalerait presque le signe de l'infini, si on n'y faisait pas trop attention. Huit. Il s'en sortait pas trop mal, jusqu'ici. Mourir était étrange, à chaque fois. Et parler du jeu lui donnait envie d'y retourner. Mais il ne devait pas le lui montrer.
D'un autre côté, il ne pouvait pas retenir son téléphone en otage indéfiniment. J'ai pas envie de te voir là-dedans, pas envie que tu risques ta vie pour … quoi, moi ? Ouais, ça le faisait chier. Il lui rendit son téléphone, la défiant du regard. Serrant les lèvres. Si elle rouvre l'application, il ferait peut-être exploser le téléphone accidentellement contre son mur. Oups.
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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Lun 22 Aoû - 12:27


Le débat est vain. Chacun campe fermement sur ses positions et toutes les paroles du monde ne les feraient pas bouger d'un iota. Lenny ne sent que le chagrin qui s'accumule, pesant. Pour l'un comme pour l'autre on touche à ce qu'ils se sont toujours promis de défendre. C'est peut-être inné, peut-être acquis, ça ne change pas que c'est ancré en eux au plus profond de leur chair. Si elle s'y attardait, Lenny comprendrait son frère. Parce qu'en sa situation elle ferait les choses à l'identique. Avec le même acharnement. Leurs arguments respectifs sont en tout point semblables, mais utilisées à des fins différentes. C'est comme un miroir. Se battre avec son reflet, l'issue du combat est connue. Match nul.

Pourtant ils persévèrent tous les deux. Les mots se marient en phrases. Lancées avec le cœur, elles se transforment en balles. Touchent ou blessent parfois dans leur folle course. Joue pas à ça. Joue pas à ça avec moi. Avant que le rythme ralentisse, que les tirs s'adoucissent. Je vais bien, je t'ai dis. J'aurais dû te le dire, j'suis désolé pour ça. Bien. Quatre lettres, un pauvre mot. Pas assez convaincant pour calmer pourtant un rien rassurant. Si tant est que'il ne lui ment pas.

La façon dont Terrence a esquivé les questions n'échappe pas à Lenny. Elle comprend qu'elle ne peut compter sur lui pour répondre à ses questions. Il ne veut rien lui lâcher, pas la moindre information, probablement pour garder autant de distance que possible entre le jeu et elle. Tant pis, elle réussira avec ou sans son aide. Il lui facilite les choses en déposant le téléphone dans ses mains. L'air de dire "attention je te fais confiance, n'en abuse pas". Comptant sur la culpabilité pour la dissuader de se connecter devant ses yeux quand c'est lui qui fait le premier pas vers elle. « Très bien. Alors explique moi comment tu veux faire ça. Tu continues de jouer dans ton coin et je vis dans la peur constante qu'il te soit arrivé quelque chose, sans avoir aucun moyen de le vérifier ? » Elle dit ça juste pour la discussion, la distraction. Son doigt appuie déjà sur l'écran tactile. Elle a déjà rempli les détails, répondu au test. Ne reste que ce bouton. Créer votre compte.

La sensation est étrange. La transition est étrange. L'instant d'avant dans cet appartement du Southside de Chicago qu'elle connaît si bien, maintenant au milieu d'une ville en ruine. Les rues sont vides, silencieuses. Le soleil n'arrive pas à réchauffer ses bâtiments mornes. Le gris est la couleur prédominante ici. Tout semble indiquer que la mort règne en maître ici, des fois que l'inconscient joueur l'ait oublié. Lenny entend un lointain coup de feu, des cris. Elle n'est pas trop film mais elle s'imagine que c'est à ça que ça doit ressembler les films de fin du monde. Avec cette ambiance dérangeante. Elle regarde autour d'elle, se demandant "et maintenant ?" Que faire en effet, elle n'en a aucune idée. Il doit bien y avoir un but, des quêtes secondaires ? Autre chose que cette simple idée de survie. Lenny se rend compte qu'elle est à découvert lorsqu'elle manque de peu une balle. La tête devait être visée, elle ne fait que toucher son épaule gauche. Un sniper. Un mauvais sniper. Putain, déjà. Elle court se cacher dans un bâtiment, en profite pour chercher une arme. Elle s'est retrouvée dans un immeuble de co-propriété, les portes des appartements sont par bonheur défoncées. Elle fouille tout, les tiroirs de chaque meuble, le placard sous le lavabo, la taie d'oreiller, le matelas, l'armoire à pharmacie de la salle de bains. Elle réitère l'opération dans le second logement. Rien trouvé de concluant cependant elle a quand même pris un couteau dans une des cuisines. Au cas où. Le bout n'a pas l'air bien tranchant. Elle ouvre la porte de l'appartement et la ferme aussitôt. Une femme dans la cage d'escalier. Lenny va se coller derrière un mur. Sa respiration bloquée, elle attend. Le sang bat à ses tempes. Bordel, tout va si vite. La porte s'ouvre.  



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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Lun 22 Aoû - 20:00
the game shall begin
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Inspirant, expirant, priant. Il connaît sa sœur, et sait qu'elle est particulièrement têtue quand elle a quelque chose en tête. Il lui en a dit le moins possible, au sujet de sa vie virtuelle, pour ne pas l'inciter encore plus, pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Moins elle en saurait et plus elle risquait de s'inquiéter, mais c'était un risque qu'il prenait. La confiance et la raison n'étaient malheureusement pas des choses similaires, et leur dispute ne menait à rien. C'était lui le grand-frère, à lui de la protéger, mais il ne pouvait pas la priver de son téléphone, non plus. Alors il le lui rendit, du bout des doigts.
Il fermait les yeux, se pinçant l'arrête du nez. S'il le pouvait, il retournerait en arrière, pour que Lenny ne le surprenne pas. Elle l'attaquait encore, encore … de ses mots couteaux, lames tranchantes qui s'attaquaient à son cœur. Il ne savait plus quoi lui dire – il avait déjà tout dit. J'dis pas … J'dis pas que tu dois avoir peur ... Il rouvrit les yeux, releva la tête, et comprit.
Elle n'était déjà plus là.
Il était partagé entre la fatigue et la colère – une colère qu'il ne pouvait que reporter contre lui. Il avait envie de la gifler, pour la ramener à la réalité, de se gifler lui-même – et une partie de lui avait juste envie de pleurer. Il avait échoué. C'était comme ça qu'il le prenait, comme un échec, pur et simple. J'te déteste, tu le sais ça hein ? Il frappa deux coups dans le vide, libérant une mauvaise énergie. Bien sûr, cela serait loin d'être suffisant. Il avait besoin de chairs à frapper. De Darwin's Game.
Il emporta sa sœur sur le canapé, là où elle ne tomberait pas de haut. Puis, estimant que sa partie avait assez duré – le temps ne se déroulant pas exactement de la même  manière dans le jeu qu'à Chicago. Alors, de la même manière qu'elle l'avait fait, mais en moins violent. Il se contenta de débrancher sa box, en douceur. Au moins, dans les deux minutes où elle était ailleurs, elle ne s'était pas faite tuer. Il s'assit en face d'elle, alors qu'elle revenait péniblement de ce monde, arrachée sans ménagement.

Il lui laissa quelques instants pour revenir à elle. Il était irrité au plus haut point, et serrait les mâchoires. Puis il finit par cracher : Trouve ton foutu tatouage. Peut-être qu'elle l'avait déjà deviné, peut-être que non. Il avait toujours une salle de bains, dans la seconde éventualité. Il voulait savoir dans quelle team elle avait atterri, comment il allait devoir gérer ça. Il espérait fortement qu'elle tombe dans la même que lui. Cela serait tellement plus simple, pour tout. Il n'aurait pas à se soucier de devoir l'affronter, à tout hasard. Parce  qu'il n'avait pas l'intention de l'abandonner. Il lui demanderait ensuite de détailler son apparition, de décrire les lieux – en espérant qu'elle ne lui parle pas d'arbres en tous genres. Il la retrouverait. Il ne pouvait pas la laisser seule, là-bas.
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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Mar 4 Oct - 17:53



Putain. Sa tête tourne, elle retrouve autour d'elle un nouveau décor. Un ancien décor. Il lui faut un moment avant de reconnaître l'appart de son frère, de se sentir à l'aise dans son propre corps. C'est comme s'il y avait aussi un moment de connexion pour ce monde-ci. Un instant elle flotte, réapprend la conscience de soi. Que ce bras et ces doigts sont à elle, qu'elle peut les actionner. C'est peut-être infime cet instant, peut-être qu'une fraction de fraction de fraction de seconde, mais ce qu'elle perçoit est si étrange qu'elle ne peut passer à côté. Et puis elle essaie de remettre ses souvenirs en ordre, comme un ordinateur prend le temps de charger les fichiers de sa mémoire. Elle se rappelle sa main refermée sur le couteau mal aiguisé, sa respiration qui se bloque, l'attente et la panique quand elle a vu le pistolet dans les mains de la joueuse. Elle se rappelle l'affrontement qui s'engage, la rage de vaincre, le coup qui part...

Est-elle morte ? Est-ce que c'est ça mourir ?

On la tire de ses grandes réflexions existentielles sans ménagement. Terrence la fixe de ses deux yeux furieux. Bah, il l'a bien cherché. Elle au moins elle a la décence de ne pas le lui cacher. L'énervement le maintient dans un curieux mutisme, jusqu'à ce qu'il lui demande sèchement de trouver son tatouage. Lenny ne comprend pas tout de suite. Le tatouage de son équipe, le jeu inscrit jusque dans sa chair. Un petit dessin qui pourrait lui ramener bien des ennuis s'il est découvert ici, dans la réalité. Elle le cherche immédiatement sur ses mains, ses bras, ses épaules. Frénétiquement, parce qu'il n'a que sur lui qu'elle peut compter pour en avoir le cœur net : a-t-elle perdue une vie pendant son bref passage sur le jeu ? Elle commence à soulever son t-shirt et elle le voit. Deux chiffres, un soulagement. Terrence l'a déconnectée juste à temps. En même temps, mourir comme ça sans douleur, ça parait trop facile. « Alors, je suis chez qui ? » Elle demande en désignant à son frère le point entouré d'un cercle. Une ligne part d'un côté, s'arrête en touchant la bordure du cercle, puis repart à l'autre extrémité comme une flèche transperçant un corps. Lenny ne s'est jamais vraiment renseignée sur le sujet, elle n'est même plus sûre du nombre de teams : trois, quatre ? Si elle est dans la même que Terrence cela simplifiera les choses, sinon cela ne changera rien du but qu'elle s'est fixée. Le protéger envers et contre tout, même (surtout ?) sa volonté. Même la logique qui voudrait qu'après cette courte immersion elle pense qu'elle ne fait pas le poids.

« Quel chef, quels règles, quel territoire ? » Plus vite elle aura compris les fondements de ce jeu mieux ce sera. Elle aura de quoi construire un semblant de stratégie pour ne pas trop se retrouver dans la merde quand elle y retournera.



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MessageSujet: Re: (FB) THE GAME SHALL BEGIN — TERRENCE    Mar 18 Oct - 18:35
the game shall begin
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Il avait échoué. Raté. On aurait pu penser qu'avec les événements dans Chicago, ses expériences sur la confiance dans le jeu même, il aurait dû être plus méfiant. Mais qu'aurait-il pu y faire, de toute manière ? Il ne pouvait pas l'empêcher de vivre … il pourrait seulement essayer de l'empêcher de mourir.
L'angoisse le guettait. Elle connaissait ses habitudes, ses faiblesses, trop familière. Il brise le silence qui suit le réveil de sa sœur par une phrase qu'il lui crache, pleine de douleur – pleine d'amour aussi, signe qu'elle l'avait blessée en appuyant sur ce maudit bouton. Il n'avait pas envie de faire face à la réalité, d'écouter ce qu'elle avait à dire. Mais il ne pouvait ni ne voulait non plus y renoncer, et la laisser amère, seule et perdue dans ce jeu. Il ne pouvait pas concevoir la retrouver de l'autre côté de l'écran, mais il ne pouvait pas la savoir mourir à petit feu et ignorer la situation.
Finalement, ses mots semblent avoir fait leur chemin dans la caboche de sa sœur, si intelligente d'ordinaire, et il peut la voir commencer à chercher l'encre nouvelle sur sa peau sombre. Ses mains, ses bras ne donnent rien, et il commence doucement à s'impatienter. Ce n'est pas dans sa nature, mais il fallait croire que cela avait trop d'importance à ses yeux pour que la raison l'emporte sur le reste. Sur son coeur qui battait comme un fou, si prêt de l'implosion. Il était à deux doigts de se lever pour dépouiller sa sœur lui-même, n'en ayant que faire de son intimité dans cette situation – jusqu'à ce qu'il voit finalement une courbe lisse qu'il ne lui connaissait pas, encercler le nombre dix. Il ne put retenir un énorme soupir de soulagement. C'était toujours ça de gagné, dans ce monde de brutes.

Chez moi, idiote. Mais dans sa voix résonnait un brin de sourire. Au moins ne risquait-il pas de l'affronter, de devoir lui faire du mal, forcé ou accidentellement. Il aurait presque pu la prendre dans ses bras. Mais la frayeur qu'elle avait fait couler dans ses veines aujourd'hui ne méritait pas une embrassade. D'un autre côté, ça le rassurait franchement de la savoir chez les ATOM et non pas chez ces brutes CAHO. Et dans la même team que moi. ATOM.
Sa sœur ne lui laisse pas tellement le temps de s'étendre sur le sujet qu'elle l'attaque avec ses questions, auxquelles il acquiesce légèrement. Lui voulait replonger dans le jeu au plus vite pour retrouver l'avatar de sa sœur dans celui-ci – ok, peut-être après avoir mangé un morceau et être passé dans sa salle de bains – et elle, plus réfléchie, voulait connaître le jeu avant de s'y replonger. Comme, dans tous les cas, il n'aurait pas gain de cause … il se lança dans des explications. Mais rien ne prendrait vraiment son sens que lorsqu'elle vivrait l'expérience.
Il n'y a pas de règles officielles. Pas de lois. Mais c'est la loi du plus fort, qui règne. Comme dans la rue. Il y a quatre gangs et certains sont alliés, d'autres ennemis. Bah oui, Terrence prenait les références qu'il avait en commun avec sa sœur, pas celles du jeu. Parler de gang aurait plus de sens que parler de team. Team ça faisait … équipe de football ou de cheerleader. C'était innocent. Ironiquement, on est chez les plus « gentils ». Il mima les guillemets, roulant des yeux. Il n'y avait pas vraiment de gentils. Tout le monde perdait des vies. Le territoire ATOM est dans une partie de la ville appelée Darwin's Harbor, et se confronte à un autre gang dans cette ville. En dehors, y'a les deux autres. Et on bouffe du poisson, putain.
Ouais, il aimait ce jeu.
Le chef … déjà c'est une cheffe. Dagger. Elle a beau être une blanche, blonde et c'que tu veux, elle me fait penser à une maman … elle est … chais pas. Oh, si, il savait. Il lâcha un franc sourire, en espérant que sa sœur ne capterait pas toutes les conneries qu'il allait débiter, sans complexe. Des impressions qui lui étaient personnelles et des expressions échangées avec ses frères Darwiniens. C'est genre, une personne qui semble vache de l'extérieur, mais qui est assez protectrice au final, une bonne vivante, un peu alcoolique, un peu colérique, sadique aussi. Euh … Agressive aussi, sous ses tresses là, et mauvaise perdante, bien sûr. Puis elle a pas trop de respect pour les noirs, ou ptete que c'est que moi. Bon après, tu la reconnaîtras avec son gros fessier et ses gros seins, tu peux pas la louper. Mais faut pas croire. J'crois qu'elle est gentille au fond. Bon, bah voilà. Il avait fait le tour.
Le reste, tu l'apprendras sur le tas, de toute façon. Toi, maintenant. T'es où ? De quoi tu te souviens ? T'étais en forêt, en ville ? T'as vu, entendu quelque chose de particulier ?
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