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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 enjoy the silence. (hart)
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MessageSujet: enjoy the silence. (hart)   Lun 31 Aoû - 1:13


   
   Hart & Aúra
   silence is the most powerful scream.




L
e silence hurle son impuissance. Pas un son ne vient contrarier ses plaintes muettes. Le ciel, obscur et menaçant, ne prononce pas un mot, se contentant d'un mutisme indescriptible. Au loin, les cris ne résonnent plus entre les plaines, tandis qu'aucunes lames ne chantent sous cette peur, intense et fourbe. Un calme apparent semble régner sur ce monde de terreurs. Elle, la jeune fille perdue en son cœur, fut durant toute son existence une fille de papier dans un univers sans émotions, sans même un  frisson. Un univers fait de papier, tout comme sa peau, tout comme son cœur.
Pourtant, à présent, elle n'est plus cette ombre, vagabonde et solitaire. Elle ne ressent plus la peur, ni la solitude. Elle ne ressent plus cet immense vide béant la rongeant auparavant de jour en jour, de nuit en nuit.
Elle ne ressent plus rien.
Respire t-elle encore à peine, dans la pénombre de ses pensées. Ses pas, doux et gracieux, semblent flotter au-dessus du sol. Son visage pâle parait imperturbable. Elle est prête, prête à affronter ses démons. Et à les vaincre, les terrasser, les exterminer. Jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Celui menant son cœur et sa raison. Esclave du mal, elle boue d'une rage qu'elle n'avait encore jamais connu, auparavant. La jeune femme aurait dû ressentir la peur, en cet instant, alors qu'elle s'engouffre, doucereusement, dans le gouffre de la mort.
Le labyrinthe.
Comme pour se retrouver, elle décida, en ce matin paisible, d'errer là où personne ne pourra la dénicher. Personne. Elle le sait, rares sont les fous à y poser les pieds. Ceux qui s'y perdent n'en reviennent jamais. "Triste histoire..." murmure t-elle en un soupir, inaudible. Son regard, impassible, ne transmet que cette soif de découverte. Sur elle-même. Et sur ce monde qu'elle découvre de plus en plus à chacun de ses pas. Elle n'a peur de rien.
Ni de cette obscurité aux valses fascinantes.
Ni de cette perdition, amère et éternelle.
Se perdre pour mieux se retrouver. Une devise qu'elle se répète, en boucle, dans sa tête. Sa main, fine et gracieuse, trace les courbes des haies mal taillées. Certaines branches viennent parfois la griffer. Mais, elle n'est plus Alaska. Elle n'est plus faible.
Elle n'est plus qu'Aúra, assoiffée de sang et de démence. Et elle aime cette idée. Elle aime l'idée même de ne plus être cette enfant apeurée. Elle aime l'idée d'être le monstre des histoires, celle qui arrache les têtes et rit d'un rire déjantée. Au fond, les plus tordus meurent en dernier. Alors, pourquoi ne pas l'être ? Sa vie paraît alors inespérément plus longue que les médecins en blouse blanche ne lui promettaient. Mauvais oracles qu'ils étaient.
Un sourire léger se glisse sur ses lèvres. Les yeux clos, elle défie le destin. Elle le nargue. Elle en rit.
Et ainsi, durant des heures, elle use de son instinct, et tourne sans même réfléchir. Peu importe où elle se rend, elle finira bien par trouver la sortie. Elle n'a ni eau, ni vivre. Mais, elle le sait, comme une certitude, elle va la trouver, cette putain de sortie. Elle a foie en elle. Pour la première fois de sa vie, elle a confiance en ce corps qui la guide, en la force sculpté dans ses bras, en son esprit futé. Elle a confiance en elle, putain.
Pour rien au monde, elle ne voudrait retourner dans son ancienne vie. Pour rien au monde, elle ne voudrait quitter ce silence glissant sur sa peau, tel un soupir fin lui promettant tout ce à quoi elle rêva jamais. Certaine d'elle, elle perpétue son chemin sans un mot. Les heures filent, la reine du chaos demeure pourtant imperturbable.
Et, plus l'obscurité l'engloutit, plus elle se sent bien. En parfaite harmonie avec cet univers qui la façonne.

Et, soudainement, le silence n'est plus. Rompu par des pas précipités, un souffle saccadé, l'harmonie se brise. Un sourire se dessine pourtant sur les lèvres d'Aúra. Une proie pour se divertir vient d'annoncer son entrée. D'une discrétion légendaire. Éveillant sa lame, elle la brandit, la sentant glisser dans les airs en un scintillement unique. La chasse commence.
" Cours, cours, cours." chantonne t-elle en une voix cristalline, comme celle d'une petite fille.  
Elle aime ça. Jouer les prédateurs. Elle sent sa proie courir, s'éloigner le plus loin possible d'elle. Elle le poursuit, sans un bruit, en un simple sourire esquissé entre les ténèbres. Et elle ne cesse de chantonner ce simple mot, le poursuivant sans un arrêt, laissant percer un certain amusement dans sa voix. Jusqu'à ce que sa proie arrête de se méprendre. Une ombre ne peut échapper au soleil de l'enfer. Il semble résigné à se battre. Elle l'entrevoit alors enfin. Sans même prendre le temps de l'identifier, elle fond sur lui, son katana en main.
Il se retourne alors.
Elle s'arrête net dans son élan, les yeux écarquillés.
Le silence reprend ses droits.    
WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Lun 31 Aoû - 16:56


   
   Hart & Aúra
   silence is the most powerful scream.


L
a mort. Le silence. Deux choses étranges, deux choses pas rassurantes. La mort, elle fait un bruit, un bruit sourd, il fait mal au cœur, un bruit d'un objet qui se casse, d'une respiration qui se bloque, d'un cri de douleur, la mort, tu la côtoies chaque jour maintenant, et, une fois, tu l'as croisée en dehors du champ de bataille. La mort, elle arrive parfois d’un coup, parfois elle se fait lente, douloureuse. Tu aurais préféré que ton père meure d’une façon rapide. Oui, tu aurais préféré qu’il meurt rapidement, pas douloureusement, qu’il n’ait pas eu le visage d’un médecin comme dernière image, tu aurais préféré qu’il voit son fils, qu’il te voit toi, qu’il te dise quelques mots et que ça fasse comme dans les films, qu’il meure comme ça, avec une des choses les plus importantes pour lui devant les yeux. Oui, tu l’aimais ton père, il paraît que tu lui ressembles beaucoup, les mêmes traits le même caractère. Les gens te traiteront de froussard, de gamin, de chochotte, mais tu ne veux pas mourir. Les gens sont cruels dans ce jeu, tu fais attention à tes vies, tu ne veux pas te voir dépérissant, tu ne veux pas avoir cette image de toi en tête, alors quand tu perds une vie, tu la rachètes avec tes écus, directement, pour ne pas t’affaiblir, pour ne pas mourir dans la vraie vie, pour ne pas être comme eux, ces gens, dans des lits, dans des hôpitaux froids et tristes, tu ne veux pas te voir triste et dépossédé de ton humanité par un jeu vidéo.

Tu as suivi la mode, tu aimerais tellement te déconnecter et ne plus jamais revenir, mais cette chose et une drogue, une de ces drogues auxquels ont deviens accros dès qu’on y a gouté, une drogue dur, et comme toutes les drogues, ce jeu tue. Alors, c’est vrai, tu as rencontré des gens, des gens bien, avec qui tu t’entends extrêmement bien, avec qui vous avez échangé des numéros de téléphone. Des numéros à retenir avant de revenir dans la réalité. Car il faut faire la différence entre le jeu et la vie, c’est une des choses qui semblent la plus difficile. Le temps de faire une partie ne dure que le temps qu’un battement de cils, en restant un mois là-bas tu ne restes que le temps d’un clignement d’œil en réalité. Le temps passe doucement là-bas, ou bien c’est juste comme ça, c’est tout ? Mais, la mort t’a donné quelque chose que tu gardes précieusement, le regret de faire mal, de faire souffrir avant de mourir, c’est ça, tu ne veux pas faire souffrir en tuant, c’est pour ça que tu ne tires qu’une balle, une balle fatale, dans la tête, parce que c’est le cerveau qui commande.

Si le cerveau est détruit, plus rien ne marche correctement. C’est le cerveau qui ordonne au cœur de battre, une fois le cerveau mort, le corps suit. On t’a dit ça, tu le crois aveuglément, parce que c’est une façon de te repentir d’une façon. Le silence, lui fait un bruit terrible. Parce qu’il fait perdre le sens de la réalité. Le silence n’existe même pas vraiment, à chaque fois, il y a un bruit de pas, un bruit de bébé, le ronronnement d’une voiture. Le silence extrême, c’est du vide, et le silence est un bruit à proprement parler vu que tu l’entends. C’est parfois compliqué, tu l’admets, mais c’est un des seuls moyens que tu as trouvés pour expliquer ça. Tes mains, tes mains sont posées à deux endroits distincts, une main sur un couteau caché dans ta manche et l’autre tenant ton flingue. Tu viens de courir, ton souffle erratique, ton cerveau t’annonçant que cette porte ne devrait pas être trop loin, si tu la trouves, tu pourras enfin sortir. Pourtant, une voix, une voix enfantine, elle te dit de courir. Et tu le fais, innocemment, tu veux juste sortir, pas une confrontation. Pourtant, quand tu réfléchis tu connais cette voix, tu le connais ce rire, tu connais la personne à qui appartient cette tonalité, tu sais qui te parle mais tu ne veux pas vraiment être certain de ce que tu avances.

Oui, tu te résignes finalement, tu abandonnes la partie, tu es sur tes gardes, un bruit métallique derrière toi, tu te retournes bloquant la lame contre celle de ton couteau, la lame d’un katana qui n’avait pas encore fini son ascension sur toi, qui s’était bloqué juste avant, tu venais de l’atteindre dans un geste avec ce couteau, celui tellement aiguisé que rien que touché la pointe fait couler du sang au sol. Ce couteau est son jumeau dans ton autre manche, ils ont tellement servi. Oui, toi tu tues également, même si généralement tu préfères t’expliquer, même si normalement tu ne veux pas ôter de vie. Parfois tu n’as pas le choix, un couteau tranchant la carotide l’autre planté dans le dos, c’est ce que tu fais pendant des combats au corps-à-corps. Ici, tu as juste ton couteau étant allé un peu trop loin et ce flingue directement pointé vers la tête de la femme qui t’agresse. Tu ne bouges pas, tu remarques juste qui c’est, une personne te manquant dans la vraie vie, celle qui t’a abandonné à tes histoires, celle qui te manque même si tu ne lui diras sans doute pas sans effort, cette fille, cette poupée, celle à qui tu lisais tes histoires, celle qui t’a abandonné pour ce jeu.

« Alaska. » Ta voix se brise mais tu restes sur tes gardes, tu sais qu’elle risque d’attaquer, elle risque d’être différente tu le sais. « Il est chargé. » Tu sais comment les gens deviennent à force de jouer à ce jeu, alors, oui, tu la menaces, mais d’un air triste, d'un air déçu, peut-être qu’elle va vouloir te tuer, elle ne risque plus rien ici, pourtant, tu lui en voudrais, tu ne lui as jamais fait de mal, vous vous connaissez depuis que vous êtes gosse. « Fait pas de connerie s’il te plaît. » Tu l’adores, elle est ta complice, tu l’as vu dans les pires moments mais aussi les meilleurs, vous étiez comme les trois mousquetaires, mais seulement à deux.
WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Lun 31 Aoû - 19:49


   
   Hart & Aúra
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S
emblable à un hurlement, la plénitude de ce silence pesant boue au creux de l'esprit d'Alaska. Le temps semble s'être arrêté. En un regard, soupçonné d'amers souvenirs, le feu de la guerrière s'est éteint. Certains la surnommeraient meurtrière. Un monstre sanguinaire sans pitié, déjouant les pensées de ses victimes et les poignardant de son arme fétiche. Pourtant, lui, cette ombre lui faisant face ne penserait jamais cela d'elle. A ses yeux, elle n'est qu'une poupée de cire, aussi fragile que les ailes d'un papillon. Une seule caresse et son cœur cesserait son engrenage infernal. Il ne connait qu'Alaska, cette princesse au regard lunaire d'une douceur irrévocable.
Il ne connaît pas Aúra. Il ne connaît pas le démon séjournant en elle, qui, tel un marionnettiste, tire sur quelques ficelles de cette poupée inoffensive afin de la rendre indestructible. Quitte à perdre son âme. Vile créature, susurrant au fond d'elle, des mots dorées de saveurs, la touchant en plein cœur. Vis. Cours. Bats-toi. Prouve à ceux qui ne t'accordaient pas même un regard qui tu es réellement, à présent que les balances sont égales. Et elle l'écoute, cette voix glaciale la tirant vers les abysses de son être. Elle embrasse le côté obscur, ne jure plus que par ce démon menant la danse. Elle ne peut plus rien ressentir.
Ne ressens pas. Ne ressens pas. Ne ressens pas.
Mélodie ténébreuse embrasant son être d'un mal effervescent. Elle y croit, elle la caresse de ses pensées, cette nécessité définissant son existence au sein du Darwin's game. Si elle réfléchit, ne serait-ce qu'une seconde de plus, ce sera lui qui la tuera. Il deviendra le héros de ses putains d'histoires. Il sera le vainqueur, alors qu'elle, elle en a toujours rêvé de pouvoir jouer les survivantes, de prouver à dieu, ou quiconque lui ayant infligé cette maladie, qu'elle vit au-delà de cela. Qu'elle est parvenue, la tête haute, à s'extirper de ses prises de sangs et larmes de sels. Elle n'est plus la même. Elle ne le sera plus jamais.
Mais, le pire entre tous ses sentiments éparpillés, demeure l'idée même qu'elle ne sait pas, si le fait de se laisser diriger par la facilité du sang est une bonne chose, ou non. Pourtant, combien de fois son frère lui répéta t-elle que toute personne causant la mort en un sourire n'est plus que l'ombre de soi-même. Et ne peut plus être sauvé.
Alors, c'est ainsi. Elle est devenue ce qui la terrifiait étant gamine. Tous ces monstres aux dents aiguisées, au regard enflammé et à la cruauté dégoulinant sur leurs traits.
En un seul regard, toute sa confiance s'est évaporé. Elle n'est plus certaine de rien. Retour à la case départ. Le monde qu'elle s'était efforcé de construire autour d'elle vole soudainement en éclat. En un silence pourtant fatal.

La voix de son ami se brise. Le cœur de la jeune femme se brise également. Elle ressent cette affligeante sensation de ne plus contrôler la situation. Elle qui pensait être le prédateur, elle se retrouve subitement la proie de sa propre humanité. Une humanité qu'elle voudrait bien envoyer au diable, une bonne fois pour toutes. Il s'agit probablement de l'une des premières fois qu'elle réalise ce qu'elle est devenu. Elle le lit, dans le regard de Lola. Triste. Et déçu. Jamais elle n'aurait pensé que sa déception l'affecterait autant. Du moins, elle n'avait pas même pensé qu'elle serait affecté par quoi que ce soit. Pas ici, dans cet univers qu'elle juge parfait pour le manque de sentiments qu'elle ressent. Elle peut enfin s'amuser, oublier et vivre une putain de vie sans restrictions. Mais, son passé a décidé de se ramener. Il n'est pas prêt à l'abandonner. Il la menace avec son flingue. Elle en rit. Un petit rire, moins convainquant que celui qu'elle offre à ses victimes avant de leur infliger le coup de grâce, mais un rire empreint de cruauté et de cynisme tout de même.
"Ce n'est pas un flingue qui va m'arrêter..." murmure t-elle, d'une voix translucide, sans pour autant se départir de son léger sourire. Elle ne doit pas lui montrer ce qu'elle ressent. Il ne peut pas voir la guerre qui sévit en elle, en ce même instant baigné par le mutisme du lieu. Pourtant, Lola, c'est plus qu'un simple ami. Il a vu Alaska dans ses pires moments, lorsque celle-ci était incapable de bouger, pleurant toutes les larmes de son corps face à l'impuissance qui la tiraillait alors. Lola, il a passé des heures, des journées, des mois probablement, à lui conter ses histoires, toutes plus extraordinaires les uns que les autres. Il l'a fait rire quand elle était au plus mal, il l'a rassuré quand elle se sentait en insécurité, il l'a pris dans ses bras quand elle ne pouvait plus marcher. Ce n'est pas son prince charmant, plus le complice auquel personne ne pourrait jamais rêver. Elle n'est pas prête à le tuer, du moins pas tout de suite.

Baissant son arme, elle recule de quelques pas. Comme pour l'inciter à baisser sa garde, elle sourit. De ce sourire qui n'appartient plus à Aúra. Mais, celui-ci définissant Alaska, la poupée en porcelaine au cœur d'or.
"Je ne suis plus Alaska. Ici, on m'appelle Aúra." réplique t-elle tout de même, afin de conserver un minimum de pouvoir sur la situation.
Elle le jauge du regard. Il a changé. Bien moins qu'elle, mais il demeure différent. Elle ne l'avait jamais encore imaginé en tant qu'héros de l'une de ces histoires qu'il lui racontait. Il n'en a ni l'allure, ni le caractère. Mais, elle le sait mieux que quiconque, ce jeu parvient à nous transformer définitivement. Se mordant la lèvre, elle cherche un moyen de justifier ce qu'elle est devenu. Elle n'a pas honte de ce nouveau visage qu'elle aborde. Mais, face à lui, et plus que tout face à sa tristesse, elle se sent démunie. Alors, elle murmure simplement en le regardant droit dans les yeux, espérant qu'il comprenne.
" Peut-être que les histoires sont justes des histoires. Ou peut-être que je, nous pouvons faire de nos vies une histoire."

WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Mar 1 Sep - 17:33


   
   Hart & Aúra
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A
laska. Pas l’État, non, juste, ce prénom. Un petit prénom qui voulait tout dire pour toi, qui signifiait une naissance, une renaissance, une amitié que tu pensais indéfectible, une amitié que tu pensais invincible. Alaska, c’est ta meilleure amie. C’était ? Tu ne sais pas, ton cœur est rongé par le désespoir à son propos, ne plus la voir, ne plus l’entendre rire, ne plus entendre sa voix, sait-elle à quel point ça te touche ? Sait-elle à quel point tu avais besoin d’elle pour être heureux ? Maintenant tu n’as qu’un regard presque terne, un sourire presque faux et des larmes aux coins des yeux à chaque fois que ta mère te demande quand la petite Alaska va revenir, quand est-ce que tu vas aller la voir. Tu aimerais bien, mais ce qu’il t’attend à chaque putain de fois c’est une porte close. Alaska, la petite Alaska, quand tu l’as rencontré tu lui as dit que tu voulais être écrivain, sans même la connaître, juste parce qu’elle avait un petit livre rempli d’images au creux de ses petites mains pâles. Alaska, tant de synonyme pour un si innocent prénom. Pure, douce, triste, rire, sourire, beauté, innocence.

Alaska, la petite Alaska, la douce Alaska, la jeune fille en larmes dans tes bras, toi, la portant jusqu’à sa chambre parce que ses jambes avaient lâchée subitement en pleine rue. Toi, petit gosse tout chétif portant une jolie princesse au creux de tes petits bras, toi, lui caressant les cheveux pour que ces larmes disgracieuses disparaissent, avec en toi, l’espérance vaine que ça serait à jamais que ces perles d'eau salée se tariraient. Alaska, la personne que tu imaginais en personnage de tes histoires, en personnage principal de son histoire, en premier plan dans la tienne. Chaque rire et sourire qu’elle t’offrait tu voulais les cacher dans une boîte et les revoir à chaque fois que tu serais triste. La petite Alaska si chétive, la petite Alaska, malade. Jamais sa maladie n’a été une option, pour toi, cette maladie n’existait pas, tu savais pourtant, mais tu faisais abstraction, elle était une chose fragile, pas à cause de sa maladie, mais à cause de son caractère, de son apparence, de ce qu’elle était et ce que tu voulais préserver chez elle. Tu savais à chaque pas qu’elle faisait encore qu’elle était juste elle, et que rien ni personne ne pourraient lui enlever, ça, tu savais qu’elle était forte, elle l’avait toujours été.

Alors, que toi, par rapport à elle tu n'était rien, juste le personnage secondaire meilleur ami et bout en train qui fait sourire et rire, et cette place tu l’acceptais très bien, tant que c’était pour elle et seulement pour elle, tant qu’elle t’appréciait comme ça, tant que tu étais important pour cette princesse maîtresse et personnage principal de son propre conte de fées. Tu ne l’as jamais vu comme une chose trop fragile, juste qui se laisse envahir par les sentiments, juste une personne forte coincée entre la maison et l’hôpital, Juste elle, que tu admirais, elle, à qui tu jouais tes nouvelles et mettais l’intonation pour la fait rire, te mettant parfois dans des situations complètement idiotes et parfois sans aucun sens réel et profond. C’est elle, qui te conseilla de regrouper tes nouvelles, de faire un recueil, c’est elle qui t’ordonnait de faire publier le roman que tu venais d’écrire. Toute ta vie n’avait tenu qu’à elle, juste, un prénom. Alaska. La voir, maintenant te rappel qu’elle t’a tout donné, que tu lui as tout donné, et que maintenant elle te rejette dans la vie réelle, presque prête à te tuer dans le jeu alors qu’elle sait que c’est peut-être ta dernière vie. Qu’est-ce qu’elle ferait à ton avis ? Tu ne sais pas si elle serait capable de sortir de sa chambre.

Tu ne sais pas si elle te pleurerait, tu ne sais pas si tu tiens encore pour elle, tu t’imagines son arme te transperçant, pas besoin, elle a des yeux pour ça. Sa voix ne te parle plus comme avant, toi, tu as toujours fait comme si elle était la huitième merveille du monde, tu le pensais, tu le savais. Ce n’était pas de ces relations amoureuses dont tu n’aurais pas voulu, c’était juste toi et elle, pas d’amour, juste de la confiance, de la compréhension, de l’amitié que tu pensais pure et durable. Pourtant, elle t’avait oublié, oublié en se plongeant dans ce jeu. Ce n’est même pas de la rancœur que tu ressens, juste de la tristesse, une immense tristesse, un vide dans ton cœur, elle avait pris une place importante en toi, elle était ta raison d’écrire, elle l’est encore, mais pour écrire des histoires plus sombres dont elle est encore le personnage principal. Tu le savais, ce jeu fait changer les gens, et il change Alaska encore plus. Elle est enfin libre de sa coquille de verre, elle peut être qui elle est. « Je sais. Rien ne t’a jamais arrêté, pas même la maladie. Alors je sais que cette arme ne te fait rien, ne te procure aucune peur. Je sais, mieux que quiconque. » Est-ce qu’elle remarque tes yeux ? Ceux qui pétillaient de malice quand elle riait à tes histoires, est-ce qu’elle remarque que tes yeux noisette ne sont plus joyeux juste synonyme d’une tristesse sans nom ? Tu ne sais pas, vu comme elle te connaît, c’est possible qu’elle le remarque, mais peut-être que ça ne lui fait rien, son mal est derrière elle et donc toi aussi. Peut-être que maintenant c’est différent et qu’elle ne veut plus de toi comme ami, parce que au fond tu es pathétique et tu l’as toujours été, parce qu’il n’y avait que toi qui t’intéressais à elle et qu’elle devait te supporter.

Tu n’arrives pas à croire que tu penses ça, mais ce regard, celui que tu aimais tant, il a changé, il est presque moqueur, dédaigneux, haineux. « Je me fiche de l’endroit où tu es, où nous sommes, dans mon cœur tu es Alaska. » Tes larmes coulent presque, ça te fait mal, de la penser capable de te tuer comme si tu n’étais rien de plus qu’un mort de plus dans ce monde. Ton cœur se brise un peu plus, tu ne baisses pas le flingue, tu ne peux pas, tu vois presque au fond d’elle. Son sourire ne te rassure pas pour autant, sa phrase non plus, elle, sa vie a toujours été une histoire. Un roman que tu as écrit différemment, sans inclure la maladie, mais qui cartonne même sans ça, elle, elle est ton roman, le livre que tu as écrit et qu’elle a écrit avec toi. Est-ce qu’elle reste la même, au-delàs de ses maux ? Peut-être pas. Une larme coule sur ta joue et tu essayes de te calmer, tu respires. « Ta vie est une histoire que je lisais tous les jours. Elle a toujours été une histoire que je lisais et que je contemplais. » Alaska, un prénom te faisant serrer les dents à présent, un prénom qui te faisait verser de larmes et taper du poing. « T’as toujours été l’héroïne de ton histoire ! Et de la mienne aussi. » Non, tu ne baisses pas ton flingue, tu ne t’en sens pas capable, tout est nocif dans ce jeu même elle. « Et si, tu m’avais tué ? Imagine que ce soit ma dernière vie. Juste deux secondes. Dis-moi. Comment est-ce que tu aurais réagi si tu avais appris que tu m’avais tué. Toi ? Si j’avais appris que tu étais morte, Alaska, j’aurais arrêté de vouloir vivre. »
WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Mer 2 Sep - 19:59


   
   Hart & Aúra
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I
l était une fois, une âme belle et pure. Si délicate qu'un seul susurrement l'anéantirait. Le souffle du vent, caressant les contours frêles de cette petite chose causerait des ravages, la destruction de l'existence même de cette coquille emplie de passion, et de rage, un peu, probablement beaucoup. Un beau jour, celle-ci fut comme transcendé en deux parties distinctes que les humains appelant bien et mal, offrirent un nom sans en comprendre le sens. Bientôt le monde redouta le simple son de ce prétendu mal, tandis que le bien, pourtant si obscur, représentait à leurs yeux une idéalisation de l'humanité. Ils souhaitaient tous baigner dans cette idée du Bien, grand et puissant, bien plus que ne l'était cette fragile âme, incapable de respirer sans se fissurer. Et ça cogne, et ça saigne, et ça sent la fin du règne. Comme toute définition que l'Homme s'approprie, ces deux antonymes furent modifiés, malaxés, réinventés selon les désirs d'un tel ou d'un autre. Et ainsi a débuté la perte de l'humanité. Dominante, mais aussi chétive que l'est cette âme flottant entre les espaces temps. Tout n'est qu'une mer de confusion. L'Homme s'est perdu entre deux vérités qu'ils s'approprient tous à leur façon. L'humanité ne s'éteindra pas, ni par la faute du réchauffement climatique, ni par l'implosion du soleil, qui égoïste, anéantirait ses proches, à la façon des humains s'entre tuant sans le moindre scrupule. Non, nous, vous, eux, ils allaient quitter ce monde par leur faute, leur aveuglement cupide constituera leur fin définitive. Leur besoin indéfini de n'être et de ne faire que ce qu'ils souhaitent. Et elle le sait, mieux que quiconque, cette âme. Elle le comprend, elle l'entend. Alors, elle décida, sans réfléchir, imitant les mirages de la société, de s'approprier sa proche vision du bien et du mal, comme tous les autres. Et ainsi devint-elle un monstre sanguinaire oubliant les parcelles de son passé, pourtant si beau. En un sens, elle n'a eu que la vie qu'elle méritait, la poupée. Elle s'est éteinte, avec tous les autres, dans le silence aveuglant de leur vérité, pourtant falsifiée.

Alaska, elle a toujours compris qu'elle avait fait le mauvais choix en se projetant dans un univers de désirs et de mensonges. Elle ne sait ce qui est le pire. Être incapable de vivre comme une putain de personne normale, ou être tout simplement aveugle au sein de ce jeu destructeur ? En cet instant, face à lui, lui putain, elle est définitivement perdue entre deux notions, altérées bien trop de fois pour pouvoir retourner aux origines de leur réelle signification. Pourtant, elle se souvient de ce qui lui semblait beau, au cœur de son ancienne vie. Et, lui, Lola, est le maître qui tire les ficelles de son bonheur passé. Personne n'est jamais parvenue à la comprendre, cette infime âme perdue dans le désert de la déchéance. Pourtant, avec ses yeux, son regard la transperçant de toute part, elle ne ressent plus le besoin de tuer, encore, encore, comme un drogué ne pouvant quitter sa came bien-aimée. Elle n'a plus conscience de ce qu'elle ressent réellement. Un vide, peut-être ? Immense et abyssal, il l'envahit et la noie de sa rage confuse et chaotique. Elle se dit qu'il était beau, son héros au rire unique et au talent d'écrivain irremplaçable. Un peu comme un second frère. Un meilleur ami. Une personne avec qui elle ne ressentait plus ni la douleur, ni le chagrin de sa différence. Avec lui, elle se sentait normale. Et c'était cela, qui lui manquait. La normalité. Mais, ne lui avait-il pas apporté avec son regard doré et son talent d'acteur fantasque ? Il lui avait tout apporté du haut de son cheval blanc digne des contes de fées dont elle rêvait. Elle se souvient de son cœur palpitant à l'idée de l'entendre lui conter à nouveau des merveilles provenant de son esprit, certes, dérangé, mais irrévocablement brillant. Son regard palpitait lorsqu'il se posait là, face à elle, un sourire malicieux aux lèvres. Et alors, il débitait son histoire comme s'il la vivait, avec elle. Ensemble, ils ont traversés des océans à la nage, bravant l'ardeur des créatures les plus abominables, terrassant les vices des humains les plus sombres, fuyant un destin dont ils ne voulaient pas. Qui aurait pensé que la petite Alaska cambriolerait une banque, délivrerait des prisonniers d'une prison à haute sécurité et braverait les flammes de l'enfer pour jouer au poker avec Hadès ? Personne. Pourtant, lui, Lola, il a toujours cru en elle et en ses histoires. Elle l'a déjà eu sa putain de vie d'aventurière. Grâce à lui, uniquement grâce à lui.
Elle recule de plusieurs pas, comme pour se protéger. Elle déteste ce sentiment, Alaska. Elle déteste lorsque ses yeux osent se voiler, lorsque la mélodie de son cœur chante à nouveau tel un oisillon, une belle chanson. Somptueuse. Elle ne veut pas paraître faible. Pas dans ce jeu, pas ici. Alors, quand il lui répond, elle ne peux que reculer à nouveau. Ce n'est pas de la peur. Plus de l'appréhension face à ce qu'elle compte faire ou ne pas faire.
Dès qu'il parle, elle n'est que plus détruire, encore, plus encore. Amer poison qu'est la compréhension. La compréhension qu'elle était prête à tuer la seule personne qui l'aima et l'aida jamais sans jamais rien demander en retour. Aurait-elle pu au moins lui offrir un sourire ?
Son
cœur
se
fissure.

Un peu plus, toujours plus. Elle aimerait qu'il arrête de parler et de la contempler avec ce regard, méfiant et empli d'une déception qu'elle ne peut pas supporter. Elle n'en a plus rien à foutre qu'un caho débarque et la voit ainsi. Elle le sait, elle ne pourra jamais lui faire du mal. Pas maintenant, plus maintenant.
Lui, il en est peut-être capable, à présent qu'il voit ce qu'elle est devenu. Il a plongé ses yeux dans les siens et il a su qu'elle n'était plus la même. Elle aimerait retrouver son meilleur ami à présent qu'elle le voit. Et pourtant, elle n'est plus capable d'esquisser un mouvement, d'entrouvrir ses lèvres pour y déposer quelques mots, des mots doux et sincères, comme avant. Probablement n'en est-elle plus capable. Les ténèbres l'ont emporté trop profondément pour qu'elle puisse en réchapper. Mais, il est là. Elle le voit. Il est dans sa mer d'obscurité avec cette lanterne à la main, cette infime lumière permettant à la belle de retrouver son chemin. En cet instant, Alaska se dit qu'elle ne le mérite ni lui, ni toutes les personnes qu'elle a abandonné dans sa folie des grandeurs. A commencer par son grand-frère, qui, étrangement, lui ressemble particulièrement.

Son sourire mesquin et faux s'efface. Elle entrevoit les larmes qui brouillent la vue de son meilleur ami. Elle ne peut pas. Elle ne veut pas contempler ce putain de spectacle sans réagir ! Il a tant fait pour elle, et tout ce qu'elle lui donne en retour, ce sont des larmes, chargés de regrets et des mots empreints de violences âcres. Il aurait arrêté de vouloir vivre. Elle l'a entendu, mais, elle ne bouge pas d'un seul traître centimètre. Elle est comme pétrifiée, le regard figée par une certaine violence brûlant en elle. Ses yeux se brouillent. Elle ne cesse de contempler le sol, ce sol obscur l'envahissant d'un frisson. La lutte est finie. Le démon reprend ses armes et ses ficelles, traînant des pieds en retournant dans l'ombre de son cœur, brûlant.
Et cette autre partie de son âme, fragile et pure, qu'elle ne serait définir, plane sur son visage. Ses joues humides sont striées de larmes, impossibles à retenir. Alaska, elle n'a jamais été forte pour exprimer ce qu'elle ressent, elle ne débite jamais de grands discours, elle n'est pas faite pour cela. Elle se contente de laisser son visage parler. Il dévoile sa propre histoire, la véritable histoire d'Alaska Jenkins, amie dévouée à Lola Holloway, maître conteur et futur grand écrivain, sans nul doute.
Elle ne tient plus. Peu importe qu'elle soit pathétique, elle est ce qu'elle est. Elle fonce littéralement vers son ami, ne se préoccupant pas du flingue et le prends dans ses bras, éclatant en sanglot. Et alors, elle murmure simplement en un demi-soupir:
" Je suis désolé."
WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Sam 5 Sep - 20:05


   
   Hart & Aúra
   silence is the most powerful scream.


T
on histoire as-t-elle déjà eut un début ? Tu ne sais pas. Pourtant, tu as l’impression qu’Alaska est là avec toi depuis le début, tu as l’impression qu’elle est une partie de toi. Alors, maintenant, quand ton racontes ton histoire, tu parles toujours d’elle, toujours. Alaska c’est comme une sœur pour toi, c’est une partie de toi qui est blessée et que tu essayes de guérir. Alaska, elle est belle, douce, courageuse, elle voit le monde différemment de toi, pour elle, le monde et un obstacle et tu as essayé de limiter la casse. Toi t’es juste Lola, Lola Holloway, le petit garçon rêveur, absent, lunatique. Toi, t’étais un petit garçon normal, en bonne santé, un peu petit et maigre, mais t’étais là. Toi, tes yeux marron s’ouvrant sur le monde comme ceux de Zeus jugeant les humains. Toi, t’es juste toi. Petit gars trop timide, sans amis, sans personne, un petit gars de Chicago plongeant dans l’écriture et dans ses études pour se dire qu’il va survivre. T’es juste ce gars dans un coin de la cour du lycée faisant semblant d’être sur son téléphone alors qu’il rêve silencieusement, écrivant aussi sur son portable pour commencer un roman. Le petit brun dans son coin n’ouvrant pas sa bouche, celui aux yeux dans le vide, l’air un peu perdu dans ce monde trop rapide, trop démuni d’imagination. Alors quoi, t’étais celui-ci tapant machinalement sur les touches de l’ordinateur en fermant les yeux pour décrire au mieux les mondes que tu t’imaginais dans ta tête, dans ton petit cerveau, les mots venaient, dans toutes les langues, dans toutes les traductions, tout était normal pour toi, fluide, doux, sans accroche et d’une manière logique. Dans ta quête pour la perfection des mots, il y avait aussi Alaska, ta meilleure amie, oui, Alaska, chaque nouvelle phrase, chaque nouveau mot, chaque destination, chaque endroit décrit, tu l’y emmenais avec toi, Alaska elle était toute petite dans ta valise.

Alaska tu lui disais tout, tes insécurités, tes tristesses, tu lui confiais tes larmes. Et maintenant ? Maintenant en la voyant dans cet état, tu as juste peur pour ta vie. Tu te souviens de tes mains tapant inlassablement sur cet ordinateur qu’on t’avait offert, entendant les engueulades entre ton beau-père et ta mère, les hurlements qui t’inspiraient un volcan et de la lave dégoulinant doucement de cet étau brulant, et puis, tu imaginais Alaska, descendre la pente raide de ce volcan, courant pour sa vie, les yeux remplis de courage et d’adrénaline. C’était elle qui était la reine de tes histoires, Juste elle, ce n'était jamais toi. Tu ne te voyais pas aventurier, dresseur de dragon, non, tous ces rôles lui allaient mieux. Toi t’étais juste l’écrivain, celui qui inventait ces histoires pour la faire vivre, parce que pour toi elle avait besoin de vivre, par toi, toi t’étais un exclu et t’assumais. Alaska elle vivait à travers tes histoires, et toi tu la voyais vivre. Tu te souviens des larmes sur son visage et des tiens la rejoignant quand elle était à l’hôpital. Tu t’es endormi tellement de fois sur ce lit où elle-même était trop fatiguée pour ouvrir les yeux. Alors, Alaska, c’est Alaska, une poupée que tu as pris tellement de fois dans tes bras, que tu as câliné tellement de fois, que ça en deviendrait une habitude. Tu te souviens quand tu t’es heurté à un mur quand tu as toqué chez elle, à la porte de sa chambre, tu te souviens que tu n’as pas pu lui montrer la pochette du livre, tu n’as pas pu lui lire la fin de l’histoire, sur le moment, tu as même cru que tu avais fait quelque chose de mal.

Mais, tu t’es rendu compte que non, tu n’avais rien fait de spécial au final. Alaska, elle était perdue dans un autre monde et ça te détruisait. Alors, quand, d’un geste, elle se dirige dans tes bras, tu la serres, comme tu n’as jamais pu le faire avant, de peur de trop la blessée. « Tu sais que t’es qu’une idiote ?! Je n'ai rien pu te montrer, je t’ai pas lu la fin de l’histoire ! » Tu lui en veux encore, c’est normal, tu lui en veux violemment parce qu’elle n’a pas fait l’effort de penser à toi, elle t’a laissé dans la réalité perdue, sans ami, sans repères, alors tes larmes glissent encore et encore sur ton visage. « Tu m’as abandonnée Alaska, tu sais que les portes closent ça fait mal. » Tu la serres fort et fort, encore plus, comme si tu voulais t’imprégner d’elle, de son être, de tout ce qu’elle est au fond et pas à l’extérieur en ce moment même. « N’essaie pas de m’abandonner, ça fait mal... » Tu ne lui as jamais donné de surnom sans doute parce que son prénom était trop doux pour le diminuer. « Je veux te raconter la fin. » Tu lui fais sans doute presque mal, mais au fond, c’est peut-être mieux comme ça, tu veux lui faire sentir, qu’elle t’a manqué, que t’avais besoin d’elle et qu’elle t’a lâché comme une merde, comme si ne t’n'était rien, comme si t’étais juste celui qu’on pouvait laisser derrière. « Me lâche plus. » Tu serres les dents, tu te fais sans doute mal et tu la serres beaucoup trop fort également, mais t’en as besoin, vraiment.

WILDBIRD
 

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MessageSujet: Re: enjoy the silence. (hart)   Dim 6 Sep - 22:31


   
   Hart & Aúra
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A
un certain point, vient le néant. Semblable à la majestueuse carrure d'une tempête, celui-ci s'élance vers votre être et l'enlace de ses ténèbres. Depuis des jours et des mois, Alaska ne ressentait plus que cette obscurité l'étranglant de sa puissance dévastatrice. Pire encore, elle ne ressentait plus rien. Cet étouffement était devenu un soupir lointain inaudible sous le massacre de ses victimes. Elle tuait, encore et encore, en oubliant qu'un jour encore, son rêve avait été d'être le héro d'une histoire réelle et non la prédatrice sanguinaire d'un rêve de papier semblant pourtant si concret. Et grâce à Lola, son rêve avait été à demi-exaucé. Elle savait que dans chacune de ses histoires, la princesse aux os de verres demeurait sa plus ardente inspiration. Il croyait en sa force, la force de son âme, la force de son corps. Et pourtant, après des semaines coincée derrière une porte, au creux d'une pièce morne, Alaska en avait oublié ces histoires dans lesquels elle jouait les gentils, et non les méchants. Jamais elle n'avait rêvé de devenir la personne qu'elle était. Etant enfant, elle rêvait d'aventure et de quête qui la conduirait à la gloire éternelle. Mais, à présent, qu'avait-elle accomplie ? Si ce n'est des massacres emplis d'horreurs et d'effrois, des hurlements se dissipant sous la brise du matin, aussi frêle que l'est le ciel de ce monde. Un ciel prêt à s'effondrer sur votre tête, d'un instant à un autre. Si elle avait pris le temps de lever les yeux, et de ressentir cet univers constituant probablement un enfer, elle aurait entrevu la fausseté de ce ciel imparfait, ne possédant ni nuages délicats, ni soleil éclatant d'une vie sans pareille. La nuit, la lune qui y brillait ne se trouvait pas être aussi vive que la véritable. Ici, tout était faussé. L'authenticité semblait n'être plus qu'un souvenir lointain de l'autre monde. Ce mirage avait remplacé la réalité, au point de devenir sa réalité. Si elle avait lu avant ce jeu une telle histoire, elle en aurait haï le personnage principal. Elle aurait haï la façon dont il délaisse sa famille et plus que tout, ce meilleur ami tapant à sa porte durant des semaines dans l'espoir qu'une réponse surgisse de son néant doré. Baignant dans le chaos d'un nouvel univers sans pitié, Alaska en avait oublié qui elle était et pourquoi, dans un premier lieu, elle souhaitait connaître cette sensation d'immortalité. Et, là, entre les bras de son ami de toujours, conteur de milles et unes histoires, elle ressentait enfin ce qu'elle avait toujours souhaité ressentir. Il l'étouffait des bras, de son amitié, de toutes les émotions qui l'envahissait. Il pouvait enfin la serrer de toutes ses forces, sans se préoccuper de sa condition. Et c'était probablement pour cela, qu'elle avait un jour rêvé d'un tel univers. Peu importe à quel point le ciel est faux, cette étreinte ne l'est pas, dévastant toute imposture sur son passage. Lola, il est plein authenticité et lui partage en ce même instant sa sincérité. Il est comme né pour lui offrir une vie, né pour lui offrir du courage, né pour l'extirper de ce néant éreintant. A présent qu'elle quitte les abysses du chaos, elle réalise tout ce qu'elle a fait. Le fait d'être si proche de son passé lui rappelle qui elle était. Et cela la tue. Réaliser que tu n'es pas ce dont tu as toujours rêvé est la pire des sensations. Plus que tout, réaliser ce qu'elle a fait endurer à son seul ami véritable la tue à petit feu. Elle s'en veut tant, en cet instant. Il murmure tous ces mots, emplis de tristesse, qui semblant la transpercer de leur amère souffrance. Elle se dit durant un cours instant qu'elle ne veut plus rien ressentir, comme avant. Parce que la prise de conscience de ce qu'elle est et de ce qu'elle a fait la détruit littéralement. Elle n'a jamais été assez forte pour tout ça, jamais assez forte pour endurer un tel degré de douleur. Lola a toujours pensé le contraire, mais il devrait savoir qu'elle n'est ni puissante physiquement, ni brave mentalement. Elle n'est qu'une poupée, une poupée se tenant au bord du précipice, sur ce long fil de fer, en équilibre. Tel une funambule, elle tente d'aller de l'extrémité à l'autre, constamment prête à sombrer dans le néant glacial l'attendant patiemment.
Une nouvelle fois, Lola l'a retenu avant qu'il ne soit trop tard. Aussi, elle l'enserre à son tour aussi fort qu'elle le peut, sans prononcer un mot, se contenant de transmettre ses sanglots éternels. Elle ne cesse de pleurer, elle ne cesse de l'enserrer de peur qu'il ne parte, qu'il ne s'envole. Et qu'elle réalise qu'il n'était qu'un mirage du jeu. "Je suis désolé d'avoir fermé la porte, et de ne te l'avoir jamais ouverte à nouveau." murmure t-elle à son oreille en étouffant un nouvel assaut de larmes. Elle ne le lâche plus, comme il le lui a dit. Elle ne veut pas. Et, peu importe qu'un caho surgisse du labyrinthe et la surprenne ainsi, dans un tel état. En cet instant, elle ne pense plus qu'à sa véritable vie et son ami y appartenant. "La seule chose pour laquelle je suis douée est me détruire moi-même et tous les autres autour de moi. Je pense que tu devrais le noter à la fin de ton histoire, et en devenir le héro, parce que tu es le mien depuis toujours." Ses mots sont engloutis par le flot de sa peine, et de sa joie, en un sens, elle se retrouve enfin. Elle n'est définitivement pas douée pour exprimer ce qu'elle ressent. Se reculant de quelques pas, elle le regarde dans les yeux et déclare: "Raconte moi la fin de ton histoire."



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