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 baby's got a temper ; quinn
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MessageSujet: baby's got a temper ; quinn    Ven 8 Juil - 21:58
Il regarde sa montre avec impatience, tapotant le bureau du concessionnaire avec l'extrémité d'un vieux stylo. Il déteste la position dans laquelle il se trouve. Il a peine à croire qu'il se trouve dans un tel endroit, forcé de se procurer, bien malgré lui, une voiture... d'occasion. Fini, les balades en Jaguar, en Ferrari, à Dubaï, Macao et Abidjan, confortablement installé sur la banquette arrière; il se retrouvait au volant d'une allemande tout ce qu'il y avait de plus normal et ça le tuait silencieusement. Pas qu'il le laisserait voir, évidemment. Il décoche un coup d'œil à la voiture, qui le nargue de l'autre côté de la vitrine. Le garagiste a ouvert le capot, l'a assuré qu'elle était en parfait état; or, il se permet d'en douter. Si l'extérieur est poli au centimètre près, il reste sceptique quant à l'état général de la mécanique. « Suffit d'signer là mon bon m'sieur », que le vendeur lui indique, remarque suivie du rire gras de quelqu'un qui est persuadé de faire une bonne affaire sur le dos d'un crétin. Asher lâche un soupir alors qu'il appose une signature paresseuse en bas du contrat sans même le lire.

Clés en main, sa première destination, sa première quête, s'avère évidente à ses yeux. Le premier garage qu'il croise et qui ne semble pas complètement délabré devient un véritable oasis où il gare sa nouvelle acquisition, presque honteux d'en descendre. Il entre, s'appuie sur le comptoir, tâtonnant le devant de son veston pour s'assurer qu'il est bien attaché. Personne à l'horizon, sinon un homme d'un certain âge qui semble absorbé dans une discussion houleuse avec une jeune femme. La demoiselle est loin de rejoindre son idéal féminin -- ses doigts huileux, qui s'agitent frénétiquement au rythme de la dispute, son habit noirci par son travail manuel... rien de tout ça n'était réellement distingué. Et pourtant, la voir visiblement tenir tête à une figure d'autorité l'amuse, sentiment trahi par le petit sourire narquois qui étire la commissure de ses lèvres. L'homme, qui semble remarquer sa présence, trottine vers l'accueil, laissant dans la section garage la demoiselle sans plus de considération. « J'ai besoin de faire inspecter ma nouvelle voiture », qu'il mentionne simplement lorsque l'homme lui demande s'il va bien; qu'est-ce qu'il en avait à faire, de toute façon, de ces plaisanteries? « Bien sûr, je m'en occupe à l'instant, monsieur...? », que l'homme chantonne, essuyant ses mains sur son tablier, visiblement charmé par l'allure professionnelle d'Asher. Malgré tout, sous le costume, sous le veston griffé et la chemise parfaitement taillée, il n'en était pas moins au chômage. Comme quoi. « Sykes. Elle peut s'en charger? »

L'expression déconfite du garagiste donne l'impression à Asher qu'il a visé dans le mille. « C'est pas la peine. Elle manquerait la moitié des trucs », qu'il tente de se justifier, avant de se voir coupé par le client. « J'insiste. » Le client est roi, et Asher est le prince du caprice, allant jusqu'à hausser les sourcils, pressant silencieusement l'homme d'un regard agacé. [...] Appuyé contre la carrosserie rutilante du véhicule, Asher se retourne lorsqu'il entend les pas annonçant l'arrivée de la mécano; tirant une dernière bouffée de sa cigarette, il lance le mégot plus loin. Il est con, mais pas au point de fumer à côté d'un moteur à explosion exposé. « Sympa, le patron », qu'il finit par souligner à la demoiselle, arrivée à sa hauteur. « Une vraie fleur. » Elle est plus jolie de près; ses yeux noisette scintillent, exposés aux rayons du soleil. Ça lui ferait presque oublier la trace de suie qui balafre sa joue droite. « Il a pas l'air facile à vivre. » Simple indiscrétion; d'un côté, il s'imaginait aisément que pour faire la conversation, elle lui déballerait l'objet de leur dispute.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Ven 8 Juil - 23:46
Le boss était particulièrement de mauvaise humeur aujourd’hui. Sûrement une histoire de paris qui aurait mal tourné ou une énième dispute avec son ex-femme au sujet de la garde des gosses. Pas que Quinn soit à l’aise avec l’idée de fourrer son nez dans les affaires des autres – elle le reprochait bien assez à Amadeus pour ne pas le faire elle-même – mais il était loin d’être discret lorsqu’il se disputait au téléphone ; et s’il pensait que les murs trop minces de son bureau protégeaient ses discussions des oreilles indiscrètes, il se fourrait le doigt dans l’œil. Jusqu’à l’épaule.

Habituellement, Quinn s’efforçait d’éviter Jack le plus souvent possible. Elle s’affairait sur ses moteurs, jetait un œil aux réserves, se faisait la plus petite possible. Lorsqu’il était là, elle devait se mordre les lèvres pour retenir ses remarques acerbes et ses commentaires désobligeants. Par contre, dès que le chat désertait, la souris se mettait à l’œuvre. Elle commençait lentement à se constituer un portefeuille clientèle conséquent, son travail étant reconnu et apprécié. Il y avait bien deux ou trois types qui pensaient qu’une main aux fesses ne la dérangerait pas, sauf qu’après avoir manqué de se faire écraser les doigts par une clef à molette maladroite, ils n’y revenaient plus. Courte sur pattes, mais teigneuse. Pire qu’un roquet. Et pourtant chaleureuse, lorsque l’on savait s’y prendre.

Mais Jack avait tenté de passer ses problèmes sur elle, et forcément, Quinn avait répliqué. Le plus calmement et poliment possible. Et une chose en entraînant une autre, sa voix s’était élevée presque aussi fort que celle du boss. Elle aurait pu supporter les critiques constructives, seulement il semblait imperméable à tout raisonnement logique. Et lorsque le client avait débarqué, Jack s’était envolé. Maudissant jusqu’à son nom, la jeune femme s’était retournée pour remettre de l’ordre dans ses outils, frottant sa pommette du dos de la main. Y étalant encore plus la trace de cambouis qui s’y trouvait.

« Gamine. » « Quoi ? » « Le gars veut que ça soit toi qui s’occupe de sa caisse. Fais pas de conneries, ok ? »

Elle pinça les lèvres sans relever. Pourtant, sa verve la démangeait atrocement. Resserrant la queue-de-cheval haute qui retenait sa crinière, Quinn essuya ses mains noircies par le travail sur sa combinaison puis rejoignit le client qui attendait à l’extérieur. Sur son passage, Jack lui rappela que c’était lui qui signait les chèques et marmonna quelque chose à propos du type qu’elle ne saisit pas complètement, trop concentrée à lui faire un signe de la main – pas aussi obscène qu’elle l’aurait voulu, mais suffisamment parlant. Elle savait ce qu’elle faisait, quoi qu’en dise le vieux molosse.

« Sympa, le patron. » Elle cilla en parvenant près de l’homme. Son costume impeccable tranchait quelque peu avec la carcasse qu’il se traînait – le capot ouvert trahissait déjà un ou des éléments peu fiables. Esquissant un sourire en coin, Quinn ne répondit pas à sa remarque, préférant se rapprocher de sa patiente. « Une vraie fleur. » Ah, on y venait. Une œillade amusée lancée en direction du type le coupa dans son élan. « Qui ? Elle ? Non parce que, je veux bien admettre que sa carrosserie est impeccable, mais vous vous êtes fait entuber. »

Elle tira une clef de sa poche gauche, testa le moteur en certains endroits. Visiblement, le client n’avait pas été découragé par sa tentative polie de revenir au sujet de sa visite. Il mentionna Jack, sûrement dans l’espoir qu’elle s’épanche à ce sujet, mais ce n’était pas la première fois que l’Anglaise devait jongler entre son travail et des essais infructueux de drague conventionnelle. Parce que c’était bien ça, non ? Du charme. Ou en tout cas, un flirt léger. Ce qui ne l’aurait absolument pas dérangée ailleurs que sur son lieu de travail. S’essuyant une nouvelle fois les mains avec un chiffon pris à sa ceinture, elle se releva pour affronter du regard l’inconnu. Sans animosité aucune, pourtant. Il demeurait courtois, après tout.

« Je ne sais pas pourquoi vous m’avez demandée, mais vous avez fait le bon choix. Elle a besoin de quelques ajustements… et je n’ai pas encore regardé en détails. » Le travail lui prendra sûrement toute l’après-midi. S’ils avaient toutes les pièces nécessaires en stock, évidemment. « Seulement, on va se mettre d’accord sur deux choses. » Elle fit un pas vers lui, levant un index à hauteur de ses yeux. « Oui je suis une femme, et non je ne suis pas une demoiselle en détresse. » Son majeur rejoignit l’index et ses lippes se soulevèrent en un sourire taquin. « Et même si toutes les filles du coin doivent vous tomber dans les bras, ce n’est pas pour ça que vous me payez. » Cette fois-ci, elle lui tendit la main : « Deal ? »
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Sam 9 Juil - 1:22
Elle. Pendant un instant, Asher se demande à qui la mécano fait référence, pour finalement se rappeler de la ferraille qu’il s’est procurée une poignée de minutes auparavant. L’humour de la demoiselle, teinté d’une franchise qui n’est pas nécessairement destinée à lui dorer la pilule, lui arrache tout de même un rictus amusé. « J’aime mes voitures comme mes femmes : avec de jolies courbes, mais un peu endommagées à l’intérieur. » Il lui décoche sans honte un coup d’œil vaguement suggestif, mais n’insiste pas, s’attardant plutôt aux gestes habitués, experts, de la brunette. Il n’y connaît rien en mécanique, mais il semble évident qu’elle sait parfaitement où elle se dirige, vérifiant chaque pièce, chaque composante avec attention, pour finalement lui annoncer le verdict, un peu comme un docteur qui doit annoncer à son patient son espérance de vie. Il fulmine, à l’intérieur – et pourtant il se contente d’offrir à la demoiselle ce constant sourire vaguement charmeur qui lui semble si naturel. Il avait signé trop vite, pris de court par l’aspect nouveau de cette aventure pourtant si banale qu’on n’y repenserait pas à deux fois.

Quelle galère. « Bien sûr que non », qu’il répond simplement, poli, à la déclaration de la demoiselle. Elle n’était pas une demoiselle en détresse, une princesse au sommet d’une tour – et il n’était certainement pas un chevalier en armure rutilante, chevauchant un cheval à la robe immaculée. « Ça me va. » Il ne savait pas où aller sinon ici, et maintenant qu’il s’était frotté à la fort délicate mécanicienne, sa curiosité ne faisait que s’attiser. Il ne relève pas immédiatement la remarque sur son allure, trop occupé à peser le pour et le contre de serrer la main couverte de cambouis de l’autrement charmante demoiselle. Il finit par saisir doucement les doigts de la mécano dans une poignée de main ferme et professionnelle qu’il espérait ne pas regretter – par exemple, en tachant son complet.

« Je préfère largement que les femmes me tombent dans les bras, mais à défaut, j’aimerais bien qu’aucune pièce de cette ferraille ne me reste entre les mains », qu’il finit par soupirer, tiraillé par l’envie de s’allumer une autre cigarette. Or, il sait d’office quel genre de regard la fille lui décocherait, et il opte pour l’abstention. « On peut s’entendre sur un prix aussi? » Elle n’est pas seule à vouloir imposer ses conditions. Ça le met soudainement mal à l’aise de laisser sous-entendre qu’il préfère ne pas payer la bagnole en double, mais il se reprend rapidement. À une autre époque, l’argent lui brûlait les doigts, mais il la gagnait plus rapidement qu’il ne pouvait pas dépenser. Maintenant, c’était une autre histoire, et s’il avait quelques plans pour l’avenir, il ne s’imaginait pas de sitôt ravoir les mêmes moyens qu’autrefois. « Ça me désole quand même de mettre mon argent dans les poches d’un misogyne. » Ironique, venant d’Asher, qui accumulait les conquêtes comme autant de trophées; il avait pourtant le mérite de les respecter, peu importe le peu de temps qu’il pouvait passer avec elles. Cédant finalement à sa dépendance, il s’éloigne un peu, s’appuyant contre le capot d’une autre voiture qui, elle, n’a pas les entrailles à ciel ouvert, pour allumer une cigarette qu’il estime bien méritée. Il demande d’un geste, sans toutefois entrouvrir les lèvres, serrées autour du bâton de nicotine, si elle est indisposée par sa mauvaise habitude, fourrant par la suite ses mains dans ses poches, non sans observer avec intérêt la besogne de la demoiselle.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Sam 9 Juil - 2:22
L’assurance du client n’est pas déplaisante, en cela qu’elle reste somme toute polie. Le filet de charme qu’il laisse entrevoir n’y est sans doute pas pour rien aussi. Quinn a toujours eu un faible inconsidéré pour les hommes un peu plus vieux qu’elle, sûrement une sorte de complexe d’Œdipe féminin, ou tout simplement le désir de ne pas s’embourber dans des relations trop complexes avec des compagnons de sa tranche d’âge. Seules les partenaires féminines peuvent trouver vaguement grâce à ses yeux dans ces critères. Et encore. L’expérience « Helena » l’a énormément refroidie sur ce point.

Chassant ses pensées en se reconcentrant sur la poignée de main qui tardait à venir, la jeune femme détailla avec plus d’attention l’homme qui lui faisait face. Plus de la trentaine, assurément. Propre sur lui – même un peu trop au goût de la mécanicienne entichée des mauvais garçons. Il avait toutefois ce regard un peu joueur qu’ont les personnes habituées à provoquer leur chance par des putschs osés et dangereux. Celui qui était finalement régulièrement associé à ceux qui ne manquaient pas d’argent et qui recherchaient l’excitation de la perte par des paris insensés. Car au fond, lorsque l’or n’est pas un problème, que reste-t-il ? La vie ? Surfait. Il n’y avait que le présent qui comptait, et même sans avoir de magot, Quinn comprenait cette philosophie de vie. Elle l’appliquait même, se targuant de toujours dire ce qu’elle pensait, agir selon ses propres codes. Darwin’s Game avait changé des choses en elle, mais pas sa psyché.

« Je préfère largement que les femmes me tombent dans les bras, mais à défaut, j’aimerais bien qu’aucune pièce de cette ferraille ne me reste entre les mains. » « Une fois que je me serais occupée d’elle, elle ne vous fera pas défaut. Pas comme certaines, en tout cas. » Sourire amusée et œillade entendue. Maintenant que le mot d’ordre avait été énoncé, elle ne voyait plus l’intérêt de marcher sur des œufs. La légèreté de l’homme lui plaisait : ça la changeait radicalement des principaux clients de Jack ou même du boss lui-même. « On peut s’entendre sur un prix aussi ? » Haussant un sourcil, elle s’appuya doucement contre la portière du conducteur. Pingre, le Midas moderne ? « Ça me désole quand même de mettre mon argent dans les poches d’un misogyne. » « Je ne fais pas de promesses. » Elle se redressa d’un coup de bassin. « Après ce que je peux vous proposer, c’est de voir pour les réparations les plus urgentes et de convenir d’autres rendez-vous par la suite. Histoire de fixer ce qui restera. »

Et tandis qu’il s’éloignait en faisant la moue, Quinn revint vers sa patiente. Ses sourcils froncés au-dessus de son regard sombre, elle se pencha sur les tripes mécaniques. Du coin de l’œil, elle perçu le signe d’Asher et haussa les épaules avec un sourire.

« Du moment que vous tenez la dynamite à l’écart de la demoiselle, vous pouvez vous enfiler le paquet. Faut bien mourir de quelque chose un jour… »  Son attention sembla se focaliser sur les défauts, cherchant à les rectifier manuellement avant de devoir faire une opération à cœur ouvert digne de ce nom. « Vous vous appelez comment, au fait ? »

Jusqu’à preuve du contraire, Quinn était une femme : elle était donc apte à faire plusieurs choses à la fois. S’absentant brièvement, elle revint avec une caisse à outils surchargées qu’elle posa à ses pieds – aussitôt suivie d’une planche et d’un cric hydraulique qu’elle disposa dans la foulée. Juste avant de disparaître sous la carcasse de ferraille, elle adressa un sourire au client.

« Soyez sage, hein. » D’une poussée du pied, elle glissa. « Moi, c’est Quinn. »

[…] Une demi-heure s’était écoulée sans que l’Anglaise ne le remarque, trop absorbée par son travail. Ses mains couvertes d’une nouvelle couche d’huile et de cambouis mêlés, elle pestait contre le travail de primate de son prédécesseur lorsqu’elle se souvint de la présence du type. Pourtant, elle savait qu’il était là : elle avait senti son regard sur elle pendant toute la durée du travail. Elle s’immobilisa, les mains dans le moteur, soufflant sur une mèche brune récalcitrante et pencha la tête sur le côté en vrillant ses onyx sur sa silhouette.

« Je vous conseille d’aller faire un tour, Sykes. Je promets de prendre soin d’elle pendant que vous allez faire tomber quelques filles… » Sourire, à nouveau. « Vous pouvez laisser les clefs sur le toit. Je pense que ça sera bouclé dans… » Pas de montre à son poignet. Elle tira sur sa nuque pour chercher le soleil ; passer autant de temps à Darwin’s Harbor lui avait permis d’apprendre à se repérer grossièrement grâce à la boule de feu géante. « Hm, trois ou quatre heures ? »

[…] Et le reste d’après-midi fila aussi rapidement qu’elle le pensait. Mais Quinn avait déjà terminé les tâches qu’elle s’était fixé lorsqu’elle entendit Jack s’adresser au client à l’autre bout du hangar. Elle avait même eu le temps d’effacer la multitude de cicatrices noires qui lui barraient le visage et les bras. Une serviette posée sur les épaules, elle fit signe au cinquantenaire bougon en le dépassant pour se poser devant Asher. Jack renâcla avant de retourner dans son bureau, non sans avoir déposé une pile de formulaires près de la jeune femme.

« Bon. Asher, je vais être honnête avec vous : c’était pire que de devoir réparer l’armure de Tony Stark après un combat. » Et s’il ne comprenait pas la référence, tant pis pour lui. S’emparant de la paperasse d’une main, elle l’enjoignit à la suivre dans le dédale de carcasses en réparation et d’équipements. Tout en marchant, elle commença à remplir les factures. « Je sais pas où vous l’avez trouvée, ni à quel prix vous l'avez eue, mais elle a bien vécu votre vieille dame. Ceci dit… » Et elle s’autorisa un petit sourire fier. « J’ai réparé le plus urgent, comme je vous disais. Et je l’ai fait sans vous surcharger de frais. »

Le boulot était conséquent, mais elle avait apprécié travailler sur cette vieille bécane. Ça la changeait des moteurs à moitié électronique des nouvelles générations. Elle arracha la feuille du bloc pour la lui tendre et s’arrêta devant la voiture.

« C’est comme tenter d’endiguer une hémorragie en faisant un petit garrot sur une seule artère, mais vous êtes tranquille pour le moment. » Elle tira les clefs de sa poche et les lui lança. « Donc je ne pourrais que vous conseiller de revenir. Et si par chance Jack n’est pas dans les parages, je pourrais voir pour piocher dans l’argenterie et donner une nouvelle jeunesse à madame. Aux frais de la princesse, évidemment. » Elle ne faisait jamais payer les heures supplémentaires passées sur un travail – si elle proposait de le faire, c’était uniquement par plaisir. Et les pièces empruntées à Jack ne l’étaient jamais longtemps, puisqu’elle s’arrangeait soit pour les trouver à la casse, soit pour les lui rembourser. « Ah, j’allais oublier ! » Quinn jeta un coup d’œil à l’horloge accrochée au mur. Un étrange sourire habilla ses lèvres. « J’ai terminé depuis dix minutes, donc si vous voulez m’emmener boire un verre, il faudra attendre que je sois rentrée prendre une douche. »

Chassez le naturel et il reviendra au galop. Si elle s’abstenait tout débordement sur son lieu de travail, elle recouvrait son caractère audacieux dès qu’elle était libérée de ses obligations. Tirant sur la serviette pour s’en débarrasser, elle lorgna vers Asher.

« Dans tous les cas, on se reverra si vous suivez mes conseils. »
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 12 Juil - 22:37
La remarque de la mécanicienne amuse Asher. On aurait dit qu'elle savait exactement de quoi elle parlait, lorsqu'elle sous-entendait les nombreuses conquêtes potentielles qui lui auraient fait défaut. Pour tout dire, c'était généralement lui qui s'évanouissait dans l'air; la seule demoiselle lui ayant filé entre les doigts se révélant n'être ni conquête, ni potentielle. Il pince discrètement les lèvres, pensif, lorsqu'elle propose son plan d'attaque concernant la ferraille qu'il avait mise entre ses mains, avant de hausser les épaules. « Je m'en remets à la pro », qu'il conclut, tout de même appréciatif de l'effort de la jeune femme pour l'accommoder.
Avec la bénédiction de la jeune femme, il s'éloigne un peu, siphonnant la cigarette comme si son temps était compté. Son ennui et sa frustration, s'ils n'étaient que vaguement décelables dans son expression faciale, se transposaient dans ce geste autrement banal, dans une mauvaise habitude qu'il n'était pas le seul à couver. Appuyé contre la carrosserie d'une sous-compacte à l'aveuglante peinture jaune poussin, il ne prend même pas la peine de retirer sa cigarette d'entre ses dents pour répondre à la mécano. « Asher Sykes. » Il n'avait pas d'intérêt à mentir là-dessus. Certes, une recherche Google de son nom ferait bien facilement remonter le jugement qui l'avait condamné à la prison; or, dans quelle circonstance une simple employée de garage irait taper le nom d'un client sur Internet?

En plus, il assumait assez bien ses actes. Fallait pas déconner; il estime encore que s'il n'avait pas eu une délatrice entre les pattes, à l'époque, il roulerait encore sur l'or. Les affaires, c'est les affaires, après tout; des présidents avaient fait pire. Comme, par exemple, acheter les produits qu'il vantait sans vergogne.

Il observe la demoiselle opérer ses outils, curieux, sans toutefois l'interrompre. Elle déclame son identité dans une remarque amusée, et Asher ne répond rien -- de toute façon, elle a déjà disparu sous la voiture. Il ne prend pas la peine de lui rétorquer qu'il avait bien remarqué le prénom brodé sur son habit de travail. [...] Il alterne entre une lecture inintéressante sur l'écran de son téléphone à une observation curieuse des manigances de Quinn, bien qu'il ne voie pas grand-chose à son manège. Il ne va nulle part. De toute façon, il n'avait rien d'autre à faire et sa distraction improvisée suffit à le divertir momentanément. Il n'est pas spécialement impressionné par les capacités de la mécanicienne -- pour lui, une fille pouvait bien avoir le métier qu'elle voulait. Or, il se surprend à trouver un certain charme à la figure cambouisée de la demoiselle à l'accent étranger lorsqu'elle émerge de sous la carrosserie. Sa suggestion le prend de court. Il n'imaginait pas que ça puisse être si long, et à vrai dire, il ignorait à quoi s'occuper -- malgré ce qu'elle semble imaginer, il ne jouait pas au tombeur pour le simple plaisir. Même si c'était le cas, dans le coin, il n'y avait pas grand établissement propice à la drague, à moins de se donner comme défi d'obtenir tous les numéros de téléphone des employées du Subway voisin.

[...] Il entre directement dans le garage, en fin d'après-midi, voyant que Quinn ne traînait plus autour de sa voiture, sirotant une boisson gazeuse trop sucrée qu'il abandonne sur un comptoir alors que le garagiste l'interpelle. Asher est presque soulagé de voir que la gamine ne laisse même pas le temps à son patron de lui adresser un autre mot. Au commentaire de la demoiselle, il hausse un sourcil; s'il comprend la référence, ça la fait plutôt paraître avoir autour de 17 ans et demi. « Trop cher », qu'il admet dans un petit sourire amusé, comme s'il avait fini par se réconcilier avec le fait qu'il s'était fait royalement avoir. Son sourire s'étire un peu lorsqu'il capte l'expression emplie de fierté de la mécanicienne. « Très aimable de votre part, mademoiselle », qu'il fait simplement en réponse, à moitié amusé, à moitié reconnaissant. « Par contre, je serais mal à l'aise d'accepter du travail fait gratuitement. Ce serait injuste pour ladite princesse. » Il omet toutefois de mentionner que la nature du remboursement pouvait prendre diverses formes.

Il fourre les papiers que lui tend Quinn dans la poche de son pantalon, prêt à partir. Il ne comptait pas nécessairement s'attarder dans un garage, là où les occasions de se salir étaient bien trop nombreuses. Il n'y avait pas la moindre affaire à conclure ici, de toute façon. Le sourire espiègle qu'il capte lorsqu'il relève la tête le surprend toutefois. La proposition, encore plus. Elle réclame et Asher est ravi de lui donner ce qu'elle souhaite. S'il est saisi par l'absence de subtilité de la mécanicienne, lui qui s'était pourtant gardé de l'embêter avec plus qu'une poignée de remarque vaguement doucereuses -- innocemment, même s'il ne niait pas que la perche ainsi tendue lui obtenait parfois quelques numéros. De là à se faire inviter à l'inviter, surtout quand la demoiselle n'avait pas été spécialement réceptive... Il sourit toutefois, pêchant dans sa poche une carte d'affaires épurée qu'il tend à Quinn, désinvolte. « Fais-moi signe quand t'es prête et j'irai te chercher. Te voir dans quelque chose de plus... féminin ne sera pas tout à fait de refus. » Il hausse un sourcil. Pour tout dire, sous la combinaison, il ne distingue pas grand-chose -- au moins, ça laisse place à l'imagination.

[...] Il s'appuie contre le capot de sa voiture quasi remise à neuf, cigarette aux lèvres, devant l'adresse que lui a donné Quinn par texto. C'était sympa, pour une fois, de ne pas faire d'effort; peut-être qu'en quelques années, les gamines étaient devenues faciles. Il hausse les épaules à sa propre réflexion. Pas qu'il s'en plaigne. Il redoutait toutefois de laisser sous-entendre qu'il n'était pas tout à fait remis à jour; en six ans, tout avait changé, et même s'il refusait de laisser voir ses lacunes, il devait se rendre à l'évidence. Il comprenait encore mal son téléphone, avait entendu parlé d'une bonne dizaine d'applications inconnues au bataillon, et n'avait pas entendu une seule fois Lady Gaga à la radio -- le seul changement positif jusqu'à maintenant. Pourtant, Quinn était une inconnue; s'il faisait un clown de lui-même, il n'avait qu'à disparaître dans la brume, comme il l'avait toujours si bien fait. Les filles qu'il fréquentait se gardaient généralement de commentaire, satisfaites par les endroits où il les amenait et l'argent qu'il dépensait pour leur bon plaisir. Quelque chose lui disait pourtant que la mécanicienne ne serait pas si facile à berner.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 13 Juil - 1:24
Fait intéressant : il est de l’avis populaire qu’un homme qui accumule les conquêtes est un Dom Juan, alors qu’une femme adoptant un comportement similaire est rapidement perçue comme une fille facile. Et ce même parmi les personnes se targuant d’avoir l’esprit ouvert et clamant de ne pas faire la distinction entre les unes et les autres. Quinn avait observé cet état de fait de très nombreuses fois au cours de sa courte vie, étant critiquée à la fois pour son orientation sexuelle pour le moins assumée, sans compter sa façon très détachée d’aborder les relations humaines. Ce qui ne l’avait finalement jamais empêchée de faire comme elle le jugeait bon, que ce soit dans ce domaine ou ailleurs.

Finalement, faire savoir à Asher qu’il ne la laissait pas indifférente n’avait rien d’obscène ou de dérangeant. C’était de l’honnêteté… avec une touche de malice. Et lorsque l’on commençait à connaître la mécanicienne, son humour décapant – ainsi que débridé – finissait par devenir incontournable.

« Fais-moi signe quand t'es prête et j'irai te chercher. Te voir dans quelque chose de plus... féminin ne sera pas tout à fait de refus. » « Sexiste, » avait-elle aussitôt rétorqué en levant les yeux au ciel, amusée.

[…] Pivotant sur ses talons, Quinn attrapa sa pochette, vérifia d’un coup d’œil rapide qu’elle n’avait rien oublié chez elle et tira la lourde porte coulissante pour la refermer derrière elle. Tirant machinalement sur le cadenas, elle repensa un instant à la facilité avec laquelle Amadeus s’était introduit chez elle de multiples fois et se fit la réflexion que quelques moyens de sécurité supplémentaires ne seraient pas de refus. Même si, elle n’en doutait pas, l’ESHU n’aurait aucun mal à outrepasser ces nouvelles mesures. Ce n’était pas pour rien qu’elle avait toujours cette pointe d’appréhension le concernant, cette crainte irrationnelle qu’un jour leur relation étrange revienne au point de départ. Qu’elle redevienne la proie et lui le chasseur impitoyable – parce que pour le moment, elle était persuadée qu’il n’aurait pas le moindre remord à la tuer si nécessaire. Dans la vie réelle ou dans le jeu, d’ailleurs. Et si cette unique pensée lui avait provoqué des insomnies dans les premiers temps, elle s’était apaisée sans toutefois complètement disparaître. Sans doute exacerbée par le fait qu’il refusait de lui communiquer la moindre information à son sujet alors qu’elle savait qu’il savait bien trop de choses la concernant.

Chassant de son esprit le sombre ESHU, elle rejoignit… un autre violet, sans même le savoir. Appuyé contre la carrosserie, une bouffée de fumée opaque dissimulant périodiquement son visage, Asher attendait son arrivée. Elle s’immobilisa un court instant juste en face de lui, à quelques mètres, lui laissant le temps de constater qu’elle n’était pas totalement dépourvue de féminité. Une simple robe noire à la taille marquée avait fait l’affaire pour ce soir ; le bustier laissait ses épaules nues et les volants aériens dévoilaient à chacun de ses pas ses jambes fuselées. Nul besoin d’artifices supplémentaires pour la jeune femme qui abhorrait le trop-plein de mascarade. Unique bijou pour se démarquer d’un autre soir, le collier à son cou, fin et discret. Crinière en cascade, regard de biche – nullement effarouchée, cependant – Quinn s’autorisa toutefois un sourire moqueur en improvisant une courbette sophistiquée.

« Est-ce suffisamment féminin aux yeux de monsieur Sykes ? » Haussement de sourcil droit, moue provocatrice. « Dans le cas contraire, je suis certaine que je n’aurais aucun mal à trouver une autre occupation pour la soirée. »

Une façon comme une autre de lui signifier qu’elle n’était en rien dépendante des décisions d’autrui. S’il n’était pas satisfait, s’il lui prenait la fantaisie d’exiger plus que ce qu’elle ne concédait déjà à lui offrir, elle n’hésiterait pas à disparaître. Il n’était pas le seul à savoir jouer les courants d’air.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 13 Juil - 16:33
Ça n'était pas sexiste, mais simplement un commentaire sincère -- et édicté à la façon Sykes, dans un langage qui ne laissait aucune place à l'interprétation. Il se plaît à croire que ça motivera la demoiselle à prendre quelque attention supplémentaire pour dépasser ses attentes, la remarque ancrée quelque part au creux de son inconscient. La silhouette féminine qui s'arrête devant lui, ne tentant guère de se soustraire au détail son oeillade inquisitrice, ne ressemble en rien à la figure cambouisée qu'il a rencontrée au garage. Outre le regard noisette espiègle qu'elle dardait sur lui, s'il avait dû croiser dans la rue la Quinn d'il y a quelques heures et celle qu'il avait désormais sous les yeux, il n'aurait jamais fait le rapprochement. « Ça fera l'affaire », qu'il s'amuse, laissant un sourire malicieux s'immiscer sur ses lèvres. Il ouvre la portière, davantage par habitude que par réelle envie de passer pour un gentleman, avant de prendre place derrière le volant.
Il pianote un instant sur son téléphone, camouflant autant que possible sa mauvaise compréhension des fonctions qui s'offrent à lui. Quelques semaines n'avaient pas suffi pour qu'il apprivoise avec succès la bête, lui qui, alors même qu'il mettait le pied en prison, n'avait jamais rien possédé d'autre qu'un portable à clavier intégré qui n'avait même pas la capacité d'accéder à Internet.

Il démarre après avoir glissé le téléphone dans sa poche. Heureusement, la destination n'est pas très loin; il prend tout de même la peine de jeter un oeil aux panneaux indiquant le nom des rues, qui ne lui sont pas familières le moins du monde. Après tout, il n'habitait officiellement Chicago que depuis quelques semaines. Il connaissait les alentours de son appartement, quelques points notables, mais rien de très approfondi; il comptait largement sur la merveille qu'était la connexion LTE de son téléphone pour se mouvoir. Quelques minutes suffisent pour arriver à destination -- Asher se range dans l'allée d'un hôtel, laissant en descendant ses clés (et un généreux billet de banque) au valet. « Avant que tu fasses un commentaire désobligeant sur mon choix », qu'il entame, ajustant son veston sur ses hanches, « un ami travaille au bar de cet hôtel. » Il avait découvert, par hasard, en jetant un coup d'oeil à son ancien profil LinkedIn, qu'un ancien employé du casino de son père s'était installé à Chicago en quête de gloire et de reconnaissance. Presque sept ans s'étaient écoulés depuis qu'ils s'étaient vus la dernière fois, mais il était plutôt convaincu de ne pas passer inaperçu. Quinn sur ses talons, il entre, croisant aussitôt le regard de Rodriguez derrière le bar. Le regard du latino s'illumine alors qu'il vient à leur rencontre, gratifiant la demoiselle d'une courbette polie. « Sykes! Putain, ça fait une éternité -- pardonnez mon langage, mademoiselle », qu'il fait d'une voix rapide, son accent hispanique venant ponctuer agréablement la phrase. « Pour deux? Je vous arrange ça immédiatement. On se met au parfum plus tard. » Tapotant amicalement l'épaule d'Asher, l'homme repart, échangeant quelques mots avec une hôtesse qui vient aussitôt les mener à une table bien placée.

Asher tire la chaise de Quinn avant de lui-même prendre place. « J'espère que t'es pas trop déçue. » Pas que ça le dérange si elle est insatisfaite -- ni même qu'il doute que son choix est approprié. L'endroit est décontracté tout en laissant place à une certaine distinction. Sans même qu'ils aient commandé quoi que ce soit, on dépose devant eux deux verres au contenu mystérieux, visiblement offerts par la maison. « Je dois dire que je suis agréablement surpris. Je ne m'attendais pas à une perche aussi bien tendue en me rendant dans un garage de quartier. » Il n'y avait pas à dire, Quinn n'était pas exactement le genre de créature que l'on s'attendait à rencontrer dans un endroit aussi peu glamour qu'un garage. Une pique amusée alors qu'il fait tinter son verre contre celui de la fille. Exit, ses commentaires habituellement calculés à la syllabe près, destinés à jouer avec la psychologie de son rencard du jour; Quinn est un mystère, une forêt vierge qu'il s'amuse à explorer à tâtons. Elle est en tous points différente des filles qu'il a l'habitude de fréquenter et là où d'autres seraient rebutés, il persiste : après tout, elle est loin d'être dure sur les yeux et sait ce qu'elle veut. Il est curieux; il a envie de voir jusqu'où la volonté de la demoiselle peut aller.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Ven 15 Juil - 4:38
Quinn souffla bruyamment devant la remarque taquine d’Asher ; il avait beau dire, elle n’était pas aveugle. Elle avait suivi la direction de son regard, n’ayant aucun mal à deviner les pensées qui lui avaient traversé l’esprit – elle avait les mêmes, après tout – et ce n’était pas la première fois qu’elle surprenait par sa… féminité, que peu supposaient en la voyant dans sa combinaison unisexe au garage. Ses manières avaient beau être quelque peu différentes de ce que l’on aurait pu attendre d’une jeune femme, elle n’en restait pas moins coquette à sa façon. Et si elle n’éprouvait aucune gêne à se montrer sous son pire jour, puisqu’elle savait pertinemment que tout le monde en avait, elle n’était pas totalement incapable de se mettre sur son propre trente-et-un. Même que le résultat n’était vraiment pas désagréable à regarder.

Au bout d’un trajet relativement court, qu’elle passa majoritairement à écouter les fruits de son travail de l’après-midi avec un sourire satisfait, la voiture s’engagea dans l’allée d’un hôtel. Elle leva les yeux vers l’enseigne lumineuse, ses lèvres esquissant un air amusé. Sykes dû le percevoir, car la première chose qu’il fit en sortant du véhicule fut de se justifier. Elle haussa les épaules, une moue espiègle flottant sur ses traits, et noua ses mains derrière son dos.

« Un commentaire désobligeant ? Allons, Asher. » Quinn secoua doucement la tête en claquant sa langue contre son palais en signe de réprobation. « Je pensais qu’on savait tous les deux pourquoi j’avais accepté ta ‘non-invitation’. » Elle l’effleura en passant près de lui. « Mais si tu connais quelqu’un qui travaille au bar, j’imagine qu’on peut y faire un détour. »

Sa malice luisant au fond de ses prunelles noires, l’Anglaise laissa ensuite le criminel reprendre la tête de leur marche. Ses boutades provocantes n’avaient d’autre but que de déstabiliser le trentenaire – peut-être recelaient-elles une parcelle de vérité, aussi. Ils rejoignirent rapidement ladite connaissance, qui quitta son poste pour venir saluer son compagnon. Elle aurait pu prêter une oreille distraite aux retrouvailles s’il ne s’était excusé de son langage. Elle cligna des yeux, une seconde, avant d’éclater d’un rire bref.

« Je fais bien pire que ça, hombre. »

Le terme commençait seulement à couler avec plus de facilités. Sans en toucher un seul mot à Markus, Quinn avait commencé à apprendre les subtilités de l’espagnol. Peut-être que derrière tous ses refus de prétendre renouer avec une paternité absente, la jeune femme tentait de faire en sorte qu’il se sente plus proche d’elle. Asher bougeant à nouveau, elle parvint sans difficultés à se reconcentrer sur la soirée, suivant les deux hommes jusqu’à la table réservée par Rodriguez. Il disparut aussitôt après, non sans avoir marmonné une phrase cryptique au violet, lequel se fendit une nouvelle fois d’un simulacre de galanterie en tirant la chaise de la mécanicienne. Elle jeta un coup d’œil aux alentours pendant qu’il prit place à son tour, ses prunelles vives accrochant le moindre détail. En cette soirée de semaine, la salle était partiellement remplie, un chuchotis régulier et quelques tintements de verres meublant le silence. Sans être pompeux, l’hôtel semblait posséder une certaine prestance à laquelle Quinn était quelque peu étrangère – mais elle n’était pas mal à l’aise pour autant, son assurance naturelle prenant le pas sur son inexpérience.

« J’espère que t’es pas trop déçue. » « Ça dépend si c’est toi qui te charge de la facture, » rétorqua-t-elle au tac-au-tac, posant son menton dans la paume de sa main. Pendant qu’elle renvoyait au criminel son plus beau sourire d’emmerdeuse, une serveuse vint leur apporter deux verres qu’elle déposa avant de prendre la poudre d’escampette. Pour une fois, Quinn n’accorda pas le moindre regard à la créature, son attention focalisée sur l’homme qui lui faisait face. « Je dois dire que je suis agréablement surpris. Je ne m'attendais pas à une perche aussi bien tendue en me rendant dans un garage de quartier. » « Je ne sais pas quel genre de femmes tu as l’habitude de fréquenter, mais je vais prendre ça comme un compliment. Je suis moins compliquée qu’elles, apparemment. Et vu le commentaire de ton ami, beaucoup moins coincée. »

Elle souleva les sourcils, une esquisse moqueuse au coin des lèvres, croisant les jambes sur sa robe noire en se laissant aller en arrière jusqu’à épouser le dossier. De sa main droite, elle leva son verre en même temps qu’Asher pour le faire doucement tinter, ses onyx lançant des étincelles espiègles. Après avoir trempé ses lèvres dans le breuvage, elle s’appliqua à le faire lentement tournoyer d’une torsion régulière et infime du poignet. Son regard rivé à celui de l’ESHU, Quinn pencha la tête sur le côté, mutine.

« Quel schéma est-ce que je dois respecter, maintenant ? Prétendre ne pas savoir ce que je veux, me morfondre sur ma vie trop banale, me suspendre à tes lèvres en quête d’un récit exaltant ? Je m’en voudrais de chambouler les standards. » Ses lippes s’étirèrent. « Ça ne me ressemblerait absolument pas. »
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 19 Juil - 2:56
« À moins que t’aies oublié », entame-t-il alors qu’il entraîne la jeune femme à l’intérieur, « c’est toi qui m’as demandé un verre. » Elle ne peut guère lui reprocher quelque salace intention; et certes, si le choix du lieu de leur sortie n’était pas tout à fait innocent ou aléatoire, Asher avait respecté sa demande à la lettre. Peut-être qu’à l’avenir -- si avenir il y avait -- elle saurait qu’il valait mieux, avec lui, dire exactement le fond de sa pensée. S’il est ravi de constater que sa connaissance est aussi enthousiaste de le croiser, il l’est encore plus de se poser en face de l’Anglaise, qui le gratifie d’un sourire moqueur qu’il ne peut s’empêcher de lui rendre. Il y a quelque chose qui le chiffonne, qui l’intrigue, qui le pique chez cette gamine; une dose d’assurance qui lui rappelle un peu trop la sienne, une répartie aisément discernable qui l’amuse au plus haut point, mais surtout, une aura de provocation qui, conjuguée à la confiance qu’elle exhibe, lui donne un charme indéniable aux yeux du criminel. Une sorte de fascination respectueuse qu’il lui exprime par la pareille.

Elle réplique avec une espièglerie naturelle et ça lui arrache un petit rire discret. « C’est sur le bras de la princesse », qu’il s’amuse, reprenant l’expression de la demoiselle. Bien sûr, qu’il paierait. Il n’avait pas encore perdu sa mauvaise habitude de dépenser en fonction de ses moyens -- moyens qui n’étaient plus les mêmes, il va de soi. Il n’en restait pas moi qu’une soirée agréable n’avait, à ses yeux, pas de prix. Quinn n’a pas tort en utilisant le mot « femme ». La mécanicienne était bien plus jeune que celles qu’il avait l’habitude de trimbaler à son bras. « Je vois pas pourquoi je m’en tiendrais à un seul genre. » Imitant la demoiselle, il porte son verre à ses lèvres : le mélange est fort, mais la douce brûlure de l’alcool le revigore. Il a l’impression que Quinn cherche à lui faire perdre patience; or, elle ignore sans doute que l’une des choses que l’on cultive le plus en prison, c’est bien cela, la patience. Il s’appuie sur la table, nonchalant, esquissant l’ombre d’un sourire en réponse à la question de la jeune femme. « J’en doute pas », qu’il commence; elle ne semblait en effet pas être du genre à faire la conversation pour rien. « Tu peux tenir pour acquis que j’ai ni récit exaltant à t’offrir, ni compassion pour ta vie tristement banale. Je ferai la même chose. »

Asher n’avait pas besoin des soucis des autres; et surtout, moins les autres en savaient sur lui, mieux c’était. Il aurait pu faire un effort pour s’intéresser à l’existence de Quinn, mais de toute évidence, elle semblait plutôt concentrée sur autre chose -- ce qui n’était pas pour lui déplaire. Il replonge dans son verre un instant. « Tu peux me dire, par exemple, où t’as appris l’espagnol. Ou encore, les autres choses que tu sais faire avec ta langue. » L’air impassible, il observe avec attention la réaction de la demoiselle. Elle semble n’avoir aucun filtre et il est prêt à lui rendre la pareille sans rechigner. Il ne s’était jamais imaginé conjuguer les horribles choses qu’il pouvait dire à Cecily et le temps de qualité qu’il pouvait passer avec toutes les autres filles, sauf cette dernière, et ne pas se prendre une gifle monumentale. « Ou alors on peut prendre nos verres et aller boire ailleurs. » Ils avaient perdu du temps parce qu’elle avait usé d’euphémismes; ils pouvaient aussi facilement le rattraper.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 19 Juil - 4:37
Sous son costume impeccable, Asher semblait disposer de cette malice provocante dont elle usait et abusait elle-même. Une agréable surprise qui étira le sourire amusé de la jeune femme, la poussant finalement à une sorte de défi puéril et vieux comme le monde : c’était à celui qui aurait le dernier mot, celui qui ferait le plus bel éclat, celui qui dominerait l’autre dans cette joute verbale. Et sans doute ailleurs, songea-t-elle en plissant les yeux, matoise ; Quinn ne s’attendait guère à autant de divertissements, aussi profitait-elle de cet échange en jaugeant l’homme qui lui faisait face. Juste avant de porter le verre à ses lèvres, Cyrus fit remarquer qu’il ne voyait aucun intérêt à se cantonner à un seul genre de femmes, ce à quoi elle ne put s’empêcher de répondre par un sourire entendu. Sa remarque retenue par l’alcool, elle se garda toutefois de la lui ressortir plus tard. C’était bien pour cette raison qu’elle ne se limitait pas, l’ennui guettait rapidement et il était plus aisé de se prétendre indépendamment romantique lorsque l’éventail de partenaires était plus large. C’était aussi généralement pour cela qu’elle se refusait à revoir ses amants, et qu’elle évitait de fauter avec des amis. Roy avait été une exception, une folie d’un soir commune. Ils étaient meilleurs amis – entendre emmerdeurs mutuels – qu’en liaison sulfureuse.

Asher, ne se laissant pas berner par la question moqueuse de la mécanicienne, lui confirma ce qu’elle savait déjà. Ils n’étaient pas là pour dialoguer de leurs problèmes respectifs, de leur vision d’une vie commune ou d’autres ramassis d’idioties. Le grand amour, de toute façon, ça n’existait pas. Quinn en était intimement persuadée depuis qu’une belle brune lui avait faussé compagnie, alors qu’elle en était follement amoureuse. La fuite était par la suite devenu son mécanisme de défense naturel, avec cette touche d’humour grotesque et ses sourires rebelles. Peut-être ressemblait-elle davantage à Markus qu’elle ne le pensait, au même âge. Tout ce qu’elle espérait, c’était de ne pas avoir la même surprise désagréable dans vingt ans – là au moins, elle était sûre d’y réchapper. Décroisant les jambes, elle se pencha sur la table pour s’y accouder nonchalamment. Loin de l’offusquer, la remarque d’Asher lui tira un rire bref. Elle roula des yeux en le dévisageant.

« Parce que ça t’intéresserait vraiment, de savoir ça ? Si c’est un moyen détourné pour aborder le deuxième sujet, c’est assez banal. » Elle haussa une épaule, pencha la tête sur le côté. « J’apprends seule, avec des logiciels, ce genre de choses. C’est plus long, mais plus gratifiant que de faire appel à un tiers. Puis à l’heure actuelle, c’est de plus en plus facile de se former aux langues étrangères. » Quinn pencha son verre dans la direction de son interlocuteur, soulevant le coin de ses lèvres en une esquisse espiègle. « Quant à ta seconde question, je n’y répondrais pas. » D’un mouvement du poignet, elle ramena l’alcool vers elle pour en prendre une gorgée. « C’est mieux de montrer ce genre de talents. »

Lorsqu’il aborda la possibilité de changer de lieu, elle marqua un temps d’hésitation, surprise par cette proposition. Pas par sa soudaineté, mais plutôt parce qu’elle s’interrogeait sur l’endroit auquel il faisait référence. Son ami latino avait-il également prévu de lui réserver une chambre ? L’absurdité de cette pensée la fit rire doucement et elle releva les yeux vers Asher, cherchant à lire sur son visage la moindre expression.

« Quel homme prévenant : le bar, le verre, l’hôtel. Tes conquêtes semblent avoir besoin de beaucoup d’attentions… J’espère qu’elles ne sont pas trop déçues de ne plus avoir de nouvelles de toi dès le lendemain matin. Après tant d’efforts pour un but somme toute sommaire. » Elle n’avait aucune certitude sur l’attitude que pouvait avoir Asher avec la gente féminine, s’il était réellement un courant d’air ou non, mais ses spéculations n’étaient finalement qu’un énième jeu. Elle savait à quoi elle s’engageait… ou plutôt, refusait de le faire. « Remarque, le grand jeu, ça doit en éblouir plus d’une. Au point peut-être de leur faire miroiter quelque chose que tu ne pourras jamais leur offrir. Ceci dit, Asher… » Quinn laissa le verre effleurer ses lèvres ourlées d’un sourire. « Tu prêches une convertie. Je n’ai pas besoin de toi pour vivre, et je sais exactement ce que je veux. Crois-moi, je ne suis vraiment pas compliquée à suivre. »

La balle revint vers lui, dans un dernier rebond mutin, et elle s’amusa des différents sentiments qu’elle put discerner sur ses traits. Qu’il n’ait pas l’habitude de fréquenter des femmes comme elle ne la dérangeait pas, au contraire. Cela ne rendait la partie que plus intéressante. L’alcool lui brûla la gorge, se déversant dans son corps dans une traînée de flammes et de chaleur revigorante. Pour autant, c’est à peine si elle le sentit : son attention toute entière était tournée vers Asher et leur rixe verbale. Quinn s’amusait comme une petite folle.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 19 Juil - 23:55
Peu importe ce qu’il peut dire à Quinn, il ne perçoit aucune forme d’irritation ou de froissement, une situation qu’il n’est pas habitué à gérer, mais dans laquelle il se complaît énormément. Asher sent qu’ils sont sur une longueur d’ondes commune, que ni l’un ni l’autre n’a quoi que ce soit à faire des détails de la vie de son interlocuteur et qu’ils s’en portent mieux. Pour lui, c’est ça; dans d’autres circonstances, il écoutait d’une oreille les récits insipides de ses conquêtes, répondant avec des questions faussement enthousiastes -- ou parfois légitimement curieuses, lorsqu’il tombait sur une fille avec un peu de substance. Pouvoir éviter cette étape lui semblait une situation gagnant-gagnant. À la question de la demoiselle, toutefois, il ne fait que hausser les épaules, comme s’il estimait qu’une réponse n’était pas tout à fait utile. « Y’a moins intéressant comme détail à connaître. » Et ça restait suffisamment impersonnel pour ses standards. Ayant été élevé dans un milieu très hispanique -- les casinos de Las Vegas étaient un endroit idéal où travailler pour un immigrant, légal ou non --, il était sincèrement curieux, mais sans plus.

Il est surpris, toutefois, de constater une certaine hésitation venant de la jeune femme. Ça lui semblait une remarque s’inscrivant dans la lignée de leur petit jeu, de leur échange visant à déterminer lequel des deux se verrait conquis par les mots de l’autre; qu’à cela ne tienne, Asher profitait davantage de l’occasion pour tester les limites de Quinn. « Quelle femme de peu de foi », qu’il s’amuse finalement, plongeant un instant dans son verre. La fille semblait déterminée à le faire culpabiliser sur ses habitudes présumées -- et pourtant, il lui avait semblé percevoir, avant même que la demoiselle ne le confirme, que c’était exactement ce genre de comportement qu’elle espérait. C’était à ne rien y comprendre. « C’est pas comme si t’avais quoi que ce soit à faire des états d’âmes d’une poignée de conquêtes. Belle tentative, par contre, j’ai failli marcher. » Il étire un coin de ses lèvres dans un sourire moqueur, sirotant une longue lampée de son verre. Elle se fait indépendante, insiste sur le fait qu’elle sait ce qu’elle attend, et ça amuse le trentenaire, qui descend son verre plus vite que raison.

Il se penche au-dessus de la table, les bras croisés devant lui, rapprochant son visage de celui de la demoiselle. « Dis-moi, alors, Quinn », qu’il entame à demi-mot, la forçant à se rapprocher pour mieux entendre. « Qu’est-ce que tu veux? » Elle n’avait qu’à demander et elle recevrait. Un autre verre? Aller danser jusqu’aux petites heures du matin? Un chaton pour lui tenir compagnie? Qu’il transforme la chambre d’hôtel en fort d’oreillers? Faute d’avoir du temps à lui donner et de la tendresse à lui témoigner, il pouvait bien faire ça, et il le ferait. Il suffisait qu’elle le lui demande. Elle lui avait exigé un verre et il lui avait offert exactement ça. Pourquoi la prochaine demande serait-elle différente? Il savait ce que lui voulait, et il l'aurait; ça n'était qu'une question de temps, et il se trouvait qu'il avait du temps à revendre.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 20 Juil - 6:08
Quinn secoua la tête à sa remarque, s’amusant de son commentaire finalement assez proche de la vérité. Il y avait longtemps qu’elle avait cessé de croire en bien des choses, l’Amour en faisant partie. Celui avec un grand « A » qui rameutait tous les oiseaux du coin et un orchestre à lui tout seul. Plus jeune, elle s’était illusionnée de ces contes avec lesquels on berce les enfants, sauf que son prince à elle était une princesse. En dehors de cette subtile différence, elle avait fini comme toutes les héroïnes. Déçue et seule, une fois l’idylle consumée jusqu’aux cendres. Parce que ces absurdités de « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ne prenaient plus avec elle. Et puis les enfants, c’était une source d’emmerdements perpétuel. Elle le savait bien, elle en était encore une. Bloquée dans une éternelle session d’adolescence rebelle. L’âge ingrat, qu’on disait ; finalement, ça n’avait pas vraiment de rapport avec l’âge. La jeune femme remua une épaule pendant que ses lèvres se soulevaient en un sourire de diablesse.

« J’aurais essayé, au moins. »

Bientôt, il ne resterait plus d’alcool pour occuper ses mains. Elle n’avait jamais été très patiente, l’Anglaise, et cela se ressentait dans la vitesse avec laquelle sa propre coupe se vidait. Sans aller jusqu’à l’excès, elle sirotait parfois sans s’en rendre compte, les premières gorgées âcres n’étant finalement que de mauvais souvenirs. Même si elle ne savait pas exactement ce qu’elle buvait, elle l’appréciait. Jetant un œil presque triste aux dernières gouttes miroitantes, elle releva le regard pour observer Cyrus se pencher au-dessus de la table. Sa question lui soutira un rire mutin. Copiant sa position, elle s’accouda pour ensuite poser son menton au creux de sa main.

« Surprends-moi. »

Murmura-t-elle avant de tendre les doigts jusqu’à sa cravate, tirant doucement sur la pièce de tissu soyeux pour l’inciter à se rapprocher. Sans une pensée pour les potentiels spectateurs, Quinn plongea ses onyx fiévreux dans les yeux d’Asher, avant de frôler sa bouche du bout des lèvres, taquine. Après une brève seconde, toutefois, elle lui déroba un lent baiser porteur de promesses lascives. Quand ses paupières papillonnèrent à nouveau, elle s’écarta pour sonder le visage de son vis-à-vis, un sourire flottant sur ses traits. N’avait-il pas demandé ce qu’elle désirait ? N’avait-il pas clairement défini qu’elle n’obtiendrait, de fait, que ce qu’elle énonçait ? Comme un génie des temps modernes, Sykes jouait avec les mots et les formulations. Elle n’allait pas lui offrir le plaisir de déformer ses propos.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Jeu 21 Juil - 22:25
Il humecte impatiemment ses lèvres en reposant son verre désormais vide devant lui. La réaction de Quinn a le mérite de le prendre encore une fois par surprise. Il aurait aisément imaginé ses joues se rosir, un certain malaise la saisir; elle avait beau être dégourdie, il était constamment surpris par son audace. Elle attrape sa cravate et il se laisse faire, approchant doucement son visage de celui de l’Anglaise, le regard ancré dans celui de la jeune femme, un air de défi animant ses yeux noisette. Il sait bien qu’elle n’a pas besoin de la moindre once d’encouragement pour venir au bout de ce projet osé.
Il la laisse docilement capturer ses lèvres, lui rendant la pareille avec une ombre d’engouement impatient, fiévreux. Personne n’avait jamais réussi à faire sa marque sur son cœur de marbre, froid et impénétrable, et Quinn ne serait pas l’exception. Certes, il aime l’aplomb presque outrecuidant de cette gamine quasi inconnue, apprécie les traits fins de son visage aussi jeune que ravissant, se laisse aisément happer par la douceur de ses lèvres sur les siennes. Ils savent toutefois tous les deux que rien ne l’intéresse moins que d’être enchaîné à quelqu’un -- six ans enfermé de prison lui avait donné une envie de liberté encore plus grande que celle qui l’animait déjà.

Il soutient un instant le regard de la demoiselle lorsqu’elle s’écarte doucement, haussant les sourcils. « Si c’est un avant-goût, ça a le mérite d’être convaincant. » Comme s’il avait besoin d’être convaincu. Il étouffe un petit rire, cherchant une conclusion dans son verre d’une œillade brève, se rappelant finalement qu’il était vide. Il hausse les épaules, comme engagé dans un dialogue interne, avant de sortir de son portefeuille un billet qu’il cale avec précaution sous le pied de ce qui fut son coupe-soif. « Tu veux bien m’attendre dans le hall? » qu’il demande, soudainement évasif, sans réellement lui laisser l’occasion de refuser. Il se lève prestement, rattachant par réflexe le bouton devant son veston, puis se dirige vers le bar en la laissant derrière. Rodriguez interrompt sa conversation pour le rejoindre son ami au bout du comptoir. Ils échangent quelques mots et, en échange d’une poignée de billets, l’hispanique lui tend un sac, qu’Asher saisit avant de serrer une nouvelle fois la main du barman. Un bref détour par le comptoir d’accueil lui permet d’obtenir deux clés magnétiques, insérées dans une petite enveloppe sur laquelle on peut lire « Anthony Freamon » et le numéro de la chambre.

« Après vous », dit-il simplement lorsqu’il rejoint la mécanicienne, lui tendant l’enveloppe sans se soucier de ce qu’elle pourrait penser d’un faux nom. Ils avaient tous leurs secrets; et dans son cas, il s’agissait d’une poignée de faux documents, une collection qu’il commençait tout juste à reconstituer, préférant cacher ses activités quotidiennes autant que possible. Une habitude qui l’avait bien servie jusqu’à maintenant, malgré tout.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Ven 22 Juil - 13:03
Il y avait quelque chose de reposant à savoir où terminaient les frontières et quelles étaient les règles du jeu pour une fois. Asher était sur la même longueur d’ondes qu’elle, visiblement, ce qui lui ôtait l’appréhension de la fin. Cette compréhension mutuelle ne rendait le jeu que plus intéressant encore, lui amputant d’éventuels effets secondaires indésirables. Et pour ne rien gâcher, l’homme était délicieusement intriguant. A leur séparation, elle relâcha sa cravate pour lui rendre sa liberté – Ô précieuse délivrance – se contentant dans un premier temps de terminer son verre en lui renvoyant un sourire amusé.

« Comme si tu avais besoin d’être convaincu, » fit-elle doucement, comme en écho aux pensées du trentenaire.

Quelques secondes après, il l’abandonnait là, non sans lui avoir demandé de façon rhétorique si elle pouvait l’attendre dans le hall. Une autre qu’elle aurait pu s’offusquer de son comportement, mais Quinn se contenta d’hausser les épaules en le voyant disparaître ; elle reposa son verre vide, se glissa entre les nouveaux arrivants et n’eut finalement pas longtemps à attendre qu’il revienne. Le portable qu’elle tenait dans sa main disparu aussitôt dans le sac, la distraction offerte par Asher suffisant à la détourner de l’appel du Darwin’s Game. Quatre mois avaient beau s’être écoulés depuis le jugement des traîtres, elle n’en restait pas moins sévèrement tourmentée par ses propres actes. N’avait-elle pas abattu de sang-froid deux anciens compagnons d’armes totalement désarmés ? Même s’ils avaient plus de sang sur les mains qu’elle, cela ne rendait pas l’acte moins perturbant. Or, elle avait beau se marteler qu’elle n’avait fait que suivre les ordres d’Isaÿr, rien ne faisait totalement disparaître le sentiment de culpabilité qui étreignait parfois son cœur.

Asher lui tendit l’enveloppe, la laissant prendre les devants, chose qu’elle fit sans se faire davantage prier. Elle jeta toutefois un rapide coup d’œil curieux aux cartes magnétiques, fronçant les sourcils en découvrant un nom qui, elle le savait, n’était pas celui de l’ESHU. Qu’est-ce qu’ils ont tous avec leur identité ? Elle pinça les lèvres, refusant de laisser ses pensées divaguer ailleurs. Elle avait mieux à faire. Beaucoup mieux. Ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur de droite, Quinn se chargeant de sélectionner l’étage grâce aux indications de la carte. Elle s’appuya ensuite contre la paroi du fond, remuant l’enveloppe sous les yeux du joueur.

« Je préfère Asher à Anthony. Si c’est ta façon de me surprendre… » De sa main libre, elle le tira par la manche jusqu’à le rapprocher. « Je trouve la mienne plus intéressante. »

Une façon comme une autre de lui signifier que si elle n’était pas aveugle, ces mystères ne la regardaient pas particulièrement. Elle n’était ni là pour le juger, ni pour réellement apprendre à le connaître. De toute façon, à première vue, il valait mieux se tenir à l’écart des manigances d’un type qui possédait plusieurs identités. Elle ne le savait que trop bien, même. Tu t’égare, Quinnie. Sentant son esprit dériver, elle l’attira pour l’embrasser : ce moyen s’avéra si efficace qu’elle ne perdit la notion du temps. Ses mains s’aventurèrent sous le veston, défaisant le bouton qui maintenait les pans en place, menaçant de faire de même avec la chemise. C’est le tintement strident de l’ascenseur parvenu à l’étage qui la fit brusquement sursauter, lui soutirant par la suite un rire mutin. Laissant ses doigts entourer le poignet d’Asher, elle s’avança dans le corridor, pointant le bout de son museau espiègle à droite puis à gauche avant de se retourner dans ses bras pour lui mordiller le lobe de l’oreille.

« Tu ferais mieux de trouver la chambre avant d’être en très mauvaise posture… » souffla-t-elle dans le creux de son cou, ses lèvres chatouillant le derme tendre avec la ferme intention de le rendre littéralement fou.

Que lui importait ses occupations sûrement illégales, ou même le nom affiché sur les cartes magnétiques qu’elle venait de lui refourguer, ses mains reprenant leur exploration. Quinn ne voulait pas de ces problèmes-là, elle avait les siens à gérer et ils étaient suffisamment irritants pour le moment. Tout ce dont elle avait besoin, c’était d’oublier et de passer une bonne soirée. Et elle savait qu’il pouvait lui apporter exactement ça. Parce qu’il était comme elle. Parce qu’il était trop indépendant pour souffrir d’une relation indésirable. La jeune femme bifurqua vers sa mâchoire, venant provoquer davantage encore le malfrat avec un rire taquin.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 27 Juil - 4:29
Il se poste devant la jeune femme alors que les portes se referment derrière lui, les enclavant dans le petit espace. « Tu rigoles? C’est justement pour éviter les surprises », qu’il ricane, se laissant volontiers attirer par la demoiselle, ses mains rendues indécentes par la certaine intimité que leur conférait l’ascenseur. Il ne cherche pas à se justifier -- il n’en a rien à faire, de toute façon, de ce que Quinn pouvait bien penser, tant qu’elle ne reculait pas au tout dernier moment. Arrivés au bon étage, il se laisse docilement traîner hors de la cage, reprenant sans la moindre hésitation là où ils s’étaient laissés quelques instants auparavant; il se mord doucement la lèvre inférieure lorsqu’il sent le souffle de la mécanicienne dans son cou. C’est rafraîchissant d’être confronté à une autre personne sans filtre, sans complexe, qui sait exactement ce qu’elle veut; si bien qu’il se laisse momentanément emporter, attrapant les cartes magnétiques d’une main et, de l’autre, soulevant le poids plume de Quinn le temps de quelques mètres en direction de la chambre. Maladroitement, l’esprit occupé par les lèvres de la demoiselle contre les siennes, il finit par déverrouiller la porte. Tour à tour, il dépose le sac récupéré au rez-de-chaussée et les cartes sur le plancher, ferme la porte d’un coup sec du talon, et profite d’avoir récupéré sa deuxième main pour la glisser dans le dos de la jeune fille.

Il prenait généralement le temps de détailler la chambre sur laquelle il était tombé. Or, cette fois, le temps d’entrer, il ne fait que repérer un bureau, où il dépose la jeune femme sans camoufler un brin de hâte, doublée d’une retenue d’autant plus remarquable. Parcourant la peau de sa gorge, puis de ses épaules de baisers fiévreux, il glisse une main dans ses cheveux, l’autre, indécente, remontant lentement contre sa cuisse. S’il sous-entend une certaine tendresse dans la façon dont ses doigts soulèvent la robe noire qui aurait tôt fait de rejoindre le plancher, il ne compte pas leurrer Quinn en lui faisant miroiter une nuit sous le signe du romantisme. Asher fait bien des choses, certaines plus légales que d’autres, plus recommandables, mais il ne fait pas dans le romanesque. Il se détache temporairement du corps de la mécanicienne, retirant une fois pour toutes son veston et sa cravate, détaillant par la même occasion, d’un coup d’œil fébrile, le visage hâlé de sa conquête. Ou alors était-ce elle qui pouvait se targuer de l’avoir hameçonné? Qu’importe, au bout du compte, si tous les deux y trouvaient leur compte.

Il se colle à nouveau aux courbes aguicheuses de la jeune femme, profitant d’un moment de répit. Il ne dit rien -- qu’y avait-il à dire, de toute façon? --, se contentant de déposer quelques baisers impatients là où il le peut. Il débarrasse finalement Quinn de sa robe, après l’avoir supportée bien trop longtemps à son propre goût, envoyant le vêtement valser dans un coin sans se soucier de son sort. La chaleur emplit rapidement la pièce sombre; un geste suffirait à allumer une lampe, mais, obnubilé par la promesse langoureuse qu’elle sous-entend, il ne prend même pas la peine de le faire.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Dim 31 Juil - 5:43
Toute dévouée à son jeu mutin, Quinn savourait la légèreté de l’instant. Il n’y avait nulle ombre à ce tableau-ci, nul nuage jetant des ombres pernicieuses et emplies de doutes. Ils savaient exactement ce qu’ils voulaient tous les deux : ils n’avaient d’ailleurs besoin de rien d’autre. Et ce soulagement partagé les rendait imprudents, teintant leurs actions d’une audace tempérée. Mais ils n’en avaient pas conscience, dévorés qu’ils étaient d’un besoin simple, mutuel. Humain. Asher ne prit pas la peine de répondre verbalement à sa provocation, rivant plutôt ses lèvres aux siennes avant de la soulever sans crier gare, titubant pratiquement jusqu’à leur porte. La jeune femme s’amusa de ses mains occupées, laissant les siennes libres d’explorer, osant même défaire les premiers boutons de sa chemise pour crocheter plus aisément la nuque brûlante. En quelques minutes à peine, il parvint à jongler entre les cartes et elle, s’affairant à se débarrasser de son fardeau tout en refermant la porte, alors qu’elle s’abandonnait à des frivolités plus plaisantes.

Au début, elle n’identifia pas son perchoir, son esprit détourné par l’ardeur du criminel. Il pouvait bien l’avoir déposée sur une table ou sur un comptoir qu’elle n’en avait cure. Quinn chavira en arrière, libérant son cou et ses épaules pratiquement dénudés aux lèvres avides de son partenaire. L’une de ses mains vint accompagner la lente remontée de la dextre masculine, n’hésitant pas à lui démontrer sa propre impatience. Pour une fois, ni l’un ni l’autre n’avaient besoin de prétendre. Ils pouvaient prendre ce qu’ils désiraient sans se soucier de questionnements bancals ou de sentiments parasites. N’était-ce pas le but final de la manœuvre, après tout ?

Finalement il s’écarta, profitant de cette brève accalmie pour se délester de la cravate étouffante, dont elle s’était sagement tenue à l’écart, puis du veston encombrant. Elle l’observa avec un sourire taquin, découvrant le bureau du coin de l’œil avant qu’il ne se rapproche plus doucement d’elle, s’attirant par ce geste son entière attention.  L’empressement maîtrisé les plongea dans un moment vacillant, avant qu’Asher ne cède complètement à ses pulsions en lui ôtant sa robe ; peut-être qu’une autre fille aurait réclamé plus d’attentions, peut-être qu’une autre conquête du brun aurait cherché à le connaître davantage, mais pas Quinn. Elle n’avait pas besoin d’informations inutiles, tout ce qu’elle désirait savoir de lui se trouvait là, sous ses mains et sous ses lèvres. Elle n’avait pas besoin du reste – le reste était souvent trop compliqué pour une seule nuit.

« Je déteste les chemises, » confessa la mécanicienne dans un souffle court, un bref rire amusé éclatant entre deux baisers, alors qu’elle s’acharnait sur les boutons en veillant à ne pas déchirer le tissu.

Son autre main glissa plus bas, la ceinture se révélant un adversaire beaucoup moins récalcitrant. Elle s’autorisa un sourire vainqueur, délaissant son trophée pour arpenter le territoire dévoilé par la chute du premier vêtement. Sous ses paumes, la peau chaude d’Asher se fit brûlante et instinctivement, elle le rapprocha d’elle. Les lèvres de Quinn se perdirent dans le cou de l’homme, sur sa clavicule, sur son torse. L’insouciance avait du bon.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Lun 1 Aoû - 6:52
L’absence de défi pour en arriver à ce point ne le dérange pas outre mesure. Le jeu qui l’a précédé l’a grandement amusé, après tout; tester et être testé jusqu’à réaliser qu’ils n’ont mutuellement aucune limite. C’est presque effrayant que d’y penser – y a-t-il un piège derrière le charme confiant de l’Anglaise? Or, il est trop tard pour faire marche arrière maintenant, pas qu’il le ferait. C’était le genre de risque qu’il aimait prendre, dans tous les sens du terme.

Je déteste quand tu parles. La pensée lui effleure les lèvres, mais il est interrompu par un baiser brûlant qui lui fait soudainement oublier sa brève irritation. Si elle se faisait pardonner ainsi, alors qu’elle parle tant qu’elle le veut; il ne s’en plaindrait plus, même silencieusement – pas maintenant, du moins. La chemise entièrement déboutonnée, il s’en débarrasse, la jetant inconsciemment dans la même direction générale où s’est échouée, un peu auparavant, la robe noire de la demoiselle. La pénombre ne l’empêche pas de distinguer, grâce à la lueur qui filtre à travers les rideaux translucides, les courbes harmonieuses désormais presque entièrement dévoilées de sa conquête, le rendant impatient d’en apercevoir davantage.

Il frémit en sentant les doigts de Quinn descendre dangereusement, lui laisse savoir son impatience en redoublant de fougue. D’un mouvement habile, il fait sauter l’agrafe dans le dos de la jeune femme, s’attarde sur la peau nouvellement découverte dans une hâte modérée. C’est primaire, essentiellement physique, un simple impératif biologique rendu d’autant plus intéressant par la répartie analogue à la sienne; or, si l’allure de Quinn était à l’inverse de repoussante, il se surprend à redoubler d’ardeur lorsqu’un vague souvenir des piques lancées par la demoiselle parvient à se faire une place quelque part dans son esprit. Asher gère avec une retenue qu’il ne se reconnaît pas les frissons que lui arrachent les attentions de la mécanicienne, impatient, toutefois, d’en venir au vif de l’activité.

C’est pourquoi, sans prévenir, il fait glisser ses doigts sur le dos de l’Anglaise, son autre main se calant derrière ses cuisses pour la soulever. Il pivote simplement pour la déposer, avec une délicatesse vaguement lacunaire, sur le lit moelleux qui est le leur pour la nuit. Il se fait pardonner sa brusquerie du bout des doigts, du bout des lèvres, tantôt taquin, tantôt mû par le feu qui court dans ses veines. Presque inconsciemment, il teste encore les limites de la jeune femme; jusqu’où il peut aller avant de l’entendre réclamer ce qu’il est pourtant impatient de lui offrir. Ça l’amuse autant que ça le torture alors même que son exploration se fait plus aventureuse, plus audacieuse. Ça teste également sa résilience à lui, sa retenue; mais il n’allait quand même pas abandonner leur petit jeu alors même qu’il commence à se prouver intéressant.

Ses lèvres remontent lentement, suivant les courbes de Quinn, ne négligeant ni ses hanches, ni sa taille, se frayant un chemin jusque par-delà sa poitrine pour s’arrêter à la frontière de sa mâchoire. Docile, elle ne rechigne pas, ne fait pas le moindre caprice, sait faire comprendre ses envies; et pourtant, quelque chose lui dit que ce calme ne lui ressemble pas, à la tornade aux yeux d’ambre qu’il a à sa merci.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 2 Aoû - 4:15
Quinn avait l’impression que cela faisait des siècles qu’elle n’avait pas eu l’esprit aussi clair. De cette insouciance naissait un certain sentiment de félicité, aux parfums légers et entêtants ; ce maudit sourire semblait ne plus vouloir quitter ses lèvres, se meurtrissant chaque fois davantage lorsqu’elle repartait à l’assaut. Pourtant elle tenait bon, la grimace malicieuse, s’élargissait au contact de ses mains habiles dans son dos. Et même si elle se retrouva rapidement dans une tenue presque similaire à la sienne, exposant de fait le tatouage du Darwin’s Game à son regard, elle n’y songea pas. Ses doigts se mirent à courir le long des muscles électrisés, suivant le chemin des veines gonflées d’adrénaline jusqu’à remonter aux épaules. Grand bien lui prit car ce fut l’exact moment qu’Asher choisit pour la soulever brusquement, lui arrachant un cri de surprise étouffé par un baiser enflammé. Loin de lui en tenir rigueur, Quinn s’en amusa, profitant de cette brève étreinte pour glisser ses fines senestres à travers ses mèches brunes soigneusement coiffées. L’idée que cela lui déplaise ne l’effleura pas, et à dire vrai elle l’aurait fait quand même – apporter une touche de désordre dans l’apparence impeccable du criminel en col blanc la taraudait depuis le début de ce rendez-vous.

Retrouvant des manières plus délicates, il joua sur son corps des mélodies inédites, la poussant à une docilité fébrile alors qu’elle savourait ce contact. Mais comme il l’avait probablement pressenti, la jeune femme ne lui laissa pas la main bien longtemps ; sans un avertissement, elle resserra ses cuisses autour des hanches de son partenaire, se servant de son poids pour les faire basculer tous deux sur le côté, le repoussant fermement pour qu’il s’allonge alors qu’elle le toisait de sa position surélevée.

Mutine, elle poussa le vice jusqu’à se rapprocher dangereusement de son visage, ancrant ses onyx tourbillonnants dans son regard. Si les yeux d’Asher trahissaient son impatience autant que les caresses de ses doigts voyageurs, elle savait qu’en cet instant il pouvait lire tout aussi aisément en elle. Dans ce bref moment d’accalmie, elle leva la dextre pour effleurer la courbe de son menton de l’index, remontant par la suite jusqu’à sa bouche rougie par leurs baisers. Et tout aussi subitement qu’elle avait instigué le calme, elle libéra la tempête.

De ses lèvres, elle traça un sillon ardent le long de sa clavicule, poursuivant l’exploration jusqu’à la ceinture malmenée qu’elle termina de défaire, déboutonnant au passage le dernier vêtement du malfrat – il était plus que temps de rétablir un peu d’équilibre. Tirant sur le tissu pour l’en débarrasser, elle se pressa avec langueur contre son torse, imposant ses désirs aux siens avec effronterie. Le jeu ne la dérangeait pas, bien au contraire, tant qu’elle pouvait sentir l’empressement d’Asher dans ses gestes et dans ses baisers. Le rideau cuivré de sa crinière tomba sur son visage lorsque Quinn se pencha pour lui dérober une étreinte plus passionnée. Ses mains audacieuses s’affairèrent à redessiner la moindre parcelle de son corps, s’arrêtant toutefois à la lisière du sous-vêtement avec une esquisse insolente ; il n’était pas le seul à savoir pousser l’autre à bout.
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mar 2 Aoû - 6:43
Il l’avait prédit et attendait l’instant où Quinn ne se contenterait plus d’être passive; il est simplement surpris de la promptitude du renversement de situation, qui ne lui déplaît pourtant pas. La vue qu’elle lui offre est imprenable et un petit sourire sournois se glisse sur ses lèvres, profitant d’une accalmie passagère pour régaler son regard avide de la moindre parcelle de peau qu’il aperçoit dans la pénombre. Il se montre docile à son tour, conscient que la mécanicienne ne lui laisserait pas, de toute façon, reprendre à nouveau le contrôle de leur ballet lascif – de toute façon, il se découvrait une certaine curiosité devant l’inconnu à venir. Il se laisse prendre au jeu plus tranquille auquel s’adonne la brune, calquant son calme langoureux, sa fièvre lancinante, avant d’être surpris par un changement de cap inopiné qui a le mérite de le prendre au dépourvu.

Elle agit avec habitude, se jouant de ses charmes impudiques et de ses doigts agiles comme un autre jouerait du piano. Quelque part, il ne peut s’empêcher de regretter, l’ombre d’un instant, devoir la laisser derrière pour partir comme un voleur une fois qu’il aurait eu ce qu’il désirait – ce qu’ils désiraient. Ses doigts plongent dans la peau de la fille, parcourent aveuglément ce qu’elle daigne bien lui offrir : tout. Les mains remontent jusqu’au visage aux traits de jouvencelle, se glissent dans la chevelure aux reflets d’airain pour l’attirer dans un baiser insistant.

Quinn se joue de sa patience, se moque de la résilience d’Asher sans même le vouloir. D’autres auraient eu droit à moins d’égard, mais il avait été impressionné par l’audace de la gamine. Il ne fallait toutefois pas le pousser à bout. Il décèle aisément, même sans bien voir, l’amusement qui doit mouvoir la demoiselle, la pousser à faire durer la torture suggestive qu’elle lui inflige. Qu’à cela ne tienne – il se jetterait aux lions le premier si c’était ce qu’elle attendait. Ou alors était-ce simplement lui qui faisait preuve d’une trop grande impatience? La mécanicienne retrouve bien vite sa place, tête contre l’oreiller. Fini de déconner? qu’il semble lui demander, rhétorique, d’un simple regard; or, la réponse à la question sous-entendue demeure importante.



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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 3 Aoû - 4:29
De sa position, l’Anglaise avait une vue imprenable sur les multiples tourments qui assombrissaient l’œil de son partenaire ; et plus elle s’amusait de cette torture indécente, plus il semblait enrager. Jusqu’au moment, inévitable, où il les bascula de l’autre côté pour reprendre le dessus. Lorsqu’il la scruta d’un regard presque excédé, Quinn ne put que rétorquer avec un sourire mordant. Jamais. La vie était bien trop courte pour se plier aux exigences d’un autre, même pour une nuit. Et quand bien même l’avait-elle tourmenté de la plus exquise des façons, le poussant malicieusement jusqu’au point de rupture, elle savait qu’il n’était pas réellement mécontent de la tournure des événements. Ce genre de divertissement méritait un peu de challenge, d’obstacles pour rendre la victoire d’autant plus douce. Néanmoins, Asher n’avait clairement pas dit son dernier mot, et cette rebuffade était loin d’avoir calmé ses ardeurs. Sa main se referma sur sa nuque pour l’emprisonner dans un baiser fiévreux, puis elle renversa la tête en arrière en expirant un soupir dévasté.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 3 Aoû - 6:41

Il profite de quelques instants pour calmer les battements effrénés du muscle qui bat dans sa poitrine avant de se lever, allumant sans gêne ni considération la lampe posée sur la table de chevet. Il peut finalement porter un regard clair sur la silhouette qu’il avait déjà devinée, profitant d’un instant de silence pour détailler sans la moindre discrétion ce qu’il est en mesure de déceler. Et c’est là, seulement là, qu’il remarque le chiffre noir inscrit en plein sur le cœur de la gamine. Darwin’s Game. Où qu’il soit, quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas mettre ce jeu derrière lui, véritablement. Il pince les lèvres. Son téléphone est à portée, mais il attendra d’être confortablement installé chez lui pour s’y connecter. Il finit par décocher à Quinn, croisant son regard, un sourire amusé, presque narquois. « Sympa, ça », qu’il fait, désinvolte, pointant sur son propre torse l’endroit où se trouve le tatouage sur le corps de la demoiselle. Il sait pertinemment ce que c’est, et ça se voit, ça s’entend – pourtant, il ne rajoute rien. Quel dommage qu’elle se soit laissée prendre au jeu.

Il attrape au passage ses vêtements, qu’il remet au fur et à la mesure; quelques secondes suffisent pour qu’il se mette à la recherche de sa chemise, qu’il a complètement égarée dans l’excitation du moment. « T’as mon numéro; tu sais quoi faire avec, si jamais. » Il ne refusait jamais un second rencard du genre, mais ne faisait jamais les premiers pas. Peut-être qu’il ferait une délicieuse exception dans le cas de la mécanicienne. Il passe sa chemise sur son torse, la boutonnant avec soin avant de croiser le regard amusé de la fille. Fronçant les sourcils, il s’arrête. « Quoi? J’ai dit quelque chose d’amusant? » Il sait bien que non, et l’irritation se sent vaguement dans sa phrase. Pourtant, il lit dans les prunelles ambrées de la jeune femme qu’il peut s’attendre à quelque chose de grandiose de sa part… et pas nécessairement dans le bon sens du terme.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 3 Aoû - 8:29
De Charybde en Scylla, leur navire se perdit dans les écueils trop nombreux et dangereusement ensorceleurs. Ce que la traversée avait perdu en charme et en volupté, elle l’avait assurément gagné en intensité ; le voyage la trouva fourbue et pourtant délicieusement apaisée. Quinn resta un bref instant dissimulée dans le creux de son cou, cherchant à retrouver son souffle alors qu’il faisait enfin la lumière sur la scène de leur naufrage. Elle ne chercha pas à se dérober à son regard, son esprit peinant encore à renouer avec l’instant présent. Quand bien même, son tatouage n’échappa guère à l’œil averti du violet, fait qu’elle remarqua rapidement à son expression railleuse. Sa remarque lui arracha un haussement d’épaules, l’incitant à se détacher plus rapidement qu’elle ne l’aurait souhaité, se drapant dans une dignité somme toute sommaire. Ce n’était pas tellement le fait qu’il ait remarqué son appartenance au jeu, que celui qu’il ait pu savoir en un rien de temps son nombre de vies et l’équipe à laquelle elle appartenait. Une vilaine habitude à prendre, qu’elle oubliait souvent – mais qui, curieusement, lui restait en travers de la gorge cette fois-ci. Rien n’indiquait qu’Asher se soit laissé prendre au même pacte vicieux qu’elle, pourtant la méfiance engendrée par l’addiction la poussa à le détailler sous toutes les coutures pendant qu’il déambulait dans la chambre en récupérant ses affaires.

Un instant, la paranoïa manqua de la submerger toute entière jusqu’à la suffocation, mais elle se força au calme. Et lorsque la clarté revint, affluant par vagues indolentes, Quinn se souvint d’un détail qui lui arracha malgré elle un sourire. T’as mon numéro ; tu sais quoi faire avec, si jamais. La jeune femme lui répondit d’un simple signe de tête, optant finalement pour se couvrir du drap léger pour se prélasser de tout son long sur le matelas beaucoup trop moelleux. Toujours en silence, elle l’observa reboutonner soigneusement chaque bouton de cette foutue chemise – elle les détestait vraiment – attendant qu’il croise son regard. Ce qu’il fit, après plusieurs secondes, l’interpellant d’une voix où perçait une pointe d’agacement. Elle tendit les bras en arrière, s’étirant comme un félin interrompu dans sa sieste.

« C’est que… » Un soupir lui fendit les lèvres en un sourire presque condescendant. « Je me demandais si tu avais loué une deuxième chambre ? » Elle roula sur le côté pour le dévisager plus facilement, sa moquerie s’étendant jusqu’à ses prunelles sombres. « Le couvre-feu, tu te rappelles ? On est coincés ici, Asher. »

Quinn tapota la place à côté d’elle, sa grimace ne se faisant que plus insolente encore ; glissant ses doigts à travers les mèches désordonnées, elle repoussa sa crinière en arrière, ne résistant guère à l’envie de chambrer un peu plus le mauve prit au dépourvu.

« La nuit risque d’être longue si tu restes debout là-bas pendant tout ce temps. »  Elle pianota sur le lit. « Je te dirais bien que je ne mords pas, mais tu sais que c’est faux. » La mélodie de son bref éclat de rire sembla se suspendre un instant dans l’air. « Promis, je ne poserais pas de questions sur le fait que t’ai gardé tes chaussettes. »

Comme s’il était le seul à avoir les yeux baladeurs.


Dernière édition par Quinn Saddler le Ven 5 Aoû - 7:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Mer 3 Aoû - 23:29
Il reste un instant interdit, dévisageant Quinn d’un air confus alors qu’il en arrive presque au col de sa chemise. Pendant qu’elle s’étire entre les draps encore brûlants, il cherche sa cravate d’un œil pressé, comme s’il avait simplement hâte de laisser la jeune femme derrière. Il passe le bout de tissu retrouvé autour de son cou, l’ajustant brièvement avant de s’arrêter, abrupt, laissant le mouvement en suspens. Quel con. Elle avait raison, évidemment : un bref regard à l’horloge accrochée au mur lui confirmait qu’il était largement passé 21 heures et qu’il était, par conséquent, mal avisé de quitter l’hôtel. En d’autres circonstances, il aurait tenté sa chance. Or, la liberté, sa liberté, venait à un prix et une poignée de conditions qui ne remettraient directement derrière les barreaux s’il venait à y déroger. Se faire prendre en pleine rue pendant l’interdiction de circuler en était certainement une, et pas la moindre. Toujours immobile, il bat lentement des paupières, comprenant que l’insolence effrontée de Quinn était tout à fait justifiée.

Il se laisse finalement avoir par les exhortations amusées, vaguement moqueuses, de la brune. Ça n’était pas un drame ni un châtiment de devoir partager, le temps d’une nuit, un espace somme toute confortable avec elle, même s’il se devait d’admettre qu’il aurait préféré rentrer chez lui et se brancher à Darwin’s Game en pyjama. Dans un soupir, il retire sa cravate à peine nouée et défait les boutons de sa chemise – du travail qu’il avait fait pour rien – avant de poser le tout, avec son pantalon, sur le dossier de la chaise. Il décoche un regard agacé à la demoiselle, mais finit par se diriger vers l’entrée, où il a laissé le sac mystérieux échangé contre quelques billets à son ami hispanique. « Tant qu’à faire, autant noyer notre peine », qu’il ironise, sortant du sac une bouteille de champagne qu’il ouvre en quelques mouvements habitués. C’était une cuvée qu’il aurait voulu garder pour une occasion spéciale – la partager avec Cecily, peut-être, pourquoi pas –, mais elle serait sans doute tout autant appréciée dans cette situation. Faute de flûtes, il attrape les tasses posées près de la machine à café, les remplissant presque à ras bord.

C’était pratiquement honteux de traiter un fin alcool ainsi, mais tant pis.

Il en tend une à Quinn alors qu’il se remet sous le drap, non sans décocher un coup d’œil intéressé à ce qui est déjà caché dessous. Il ne prend pas la peine d’ôter ses chaussettes malgré la pique de la demoiselle : elle n’avait pas besoin de savoir qu’il avait le luxe de pouvoir cacher son tatouage, lui, dans ce genre de situation. « T’étais plus affectueuse tout à l’heure », qu’il fait remarquer, sur le ton davantage de la taquinerie que du véritable reproche. « Je balancerai pas que tu fraternises, si c’est ça qui te fait peur. » Il se noie un instant dans son champagne, regrettant tout de même de ne pas pouvoir en profiter convenablement. Certes, il sous-entendait une connaissance certaine du jeu, mais sans plus – au pire, elle comprendrait qu’ils n’étaient certainement pas de la même team et ils s’en contenteraient. Or, à brièvement côtoyer la gamine, il n’aurait pas été surpris de la savoir ESHU. Il pose sa main libre sur le corps de Quinn, par lubricité plus que par désir de paraître intéressé, voire affectueux, osant une infiltration peu discrète sous le drap. Tant qu’à être coincé avec elle, autant qu’il puisse en profiter. De l'autre, il cherche, à tâtons, la télécommande pour la télévision, après avoir posé la flûte improvisée.


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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Ven 5 Aoû - 9:11
Quinn pu lire le doute dans le regard de son partenaire, une infime réflexion qui se solda par un soupir défaitiste. Le menton posé au creux de sa main, elle l’observa défaire ses vêtements avec un sourire bien trop large pour être compatissant. Et lorsqu’il ose même la considérer, un brin agacé sans doute par la situation inextricable dans laquelle il venait de se retrouver – ou par les remarques insolentes de la jeune femme – elle lui servit son expression la plus innocente avant de se fondre dans les draps soyeux pour fuir ses prunelles revanchardes. Elle tendit l’oreille à sa réplique, le suivant des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans l’entrée pour revenir ensuite avec une bouteille de champagne, dont il lui servit une tasse avant de la rejoindre. Elle n’était pas particulièrement friande de ce type d’alcool, même hors de prix comme semblait le suggérer la déférence avec laquelle il l’avait ouverte, mais c’était mieux que rien. Du bout des lèvres, elle goûta le liquide ambré : après l’effort, le réconfort.

« T’étais plus affectueuse tout à l’heure. » « Mon affection n’est jamais acquise, Asher, c’est un travail de longue haleine. »

L’Anglaise esquissa une risette sarcastique, laquelle se fendit quelque peu à la remarque qu’il fit par la suite. Darwin’s Game. Je balancerai pas que tu fraternises, si c’est ça qui te fait peur. Fraterniser avec l’ennemi ? Difficile de deviner l’appartenance à une team simplement en passant quelques heures avec une personne. Le jeu décelait des traits de caractère suffisamment enfouis pour être douloureusement vrais. Le besoin de solitude de Quinn, son esprit perpétuellement en mouvement, sa manie de vouloir décortiquer les autres et les situations. Peut-être sa noirceur aussi, à moins qu’elle ne soit venue après la création de Daredevil. C’était sans doute plus rassurant de se convaincre de ça, d’ailleurs. Mais concernant Asher, elle ne pouvait pas être certaine de son affiliation. Il semblait toutefois trop réfléchi et posé pour être CAHO, alors que la manipulation des ESHU lui aurait convenu comme un gant. A cette simple constatation, une grimace tordit ses lèvres – qu’elle camoufla en plongeant le nez dans sa tasse de champagne. Pourquoi fallait-il que les types les plus intéressants soient siphonnés du bocal ?

« J’aurais plutôt dit ‘coucher avec l’ennemi’, mais si tu appelles ça fraterniser… Et puis tu sais ce qu'on dit : garde tes amis proches et tes ennemis encore plus. »

Elle haussa les épaules, cherchant toutefois à chasser le jeu de ses pensées. Il la hantait suffisamment au quotidien pour ne pas réduire à néant ses tentatives d’une vie normale. Ce fut la main baladeuse du mauve qui lui offrit la distraction parfaite – ou qui aurait pu, s’il n’avait pas ensuite cherché à s’emparer de la télécommande. Quinn fronça des sourcils, se tournant sur le côté et posa la tasse sur le torse de Sykes pour le dévisager.

« Sérieusement ? Tu comptes passer le reste de la nuit à zapper sur des chaînes sans intérêt ? » Elle pencha la tête sur le côté. « Comme un pantouflard ? Je dis pas qu’on est obligés de parler de toi ou de moi, te méprends pas, les règles sont toujours les mêmes. » L’Anglaise fit courir les doigts de sa main libre sur son torse, ses lippes soulevées en un sourire presque gamin. « Tu sais que la vie est trop courte pour ce genre de conneries, pas vrai ? »

Non, elle ne portait pas les émissions télévisées dans son cœur. Pour être totalement honnête, elle n’allumait sa télé que pour s’octroyer une soirée film, ayant depuis longtemps perdu son intérêt pour le zapping. Tendant les lèvres pour lui dérober un baiser lascif, elle vint lever sa tasse devant ses yeux.

« On a de l’alcool. Une bonne compagnie. C’est généralement comme ça que se passent les meilleures soirées. Ce n’est pas parce qu’on est confinés à résidence comme des criminels qu’on ne peut pas s’amuser. »
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MessageSujet: Re: baby's got a temper ; quinn    Jeu 11 Aoû - 23:11
« J’ai pas ce genre de patience. » Qu’on se le dise; il n’avait jamais réellement cherché à entretenir l’affection d’une femme pendant plus d’une soirée et n’avait pas l’intention de faire le moindre effort supplémentaire pour la brune. À ce point-ci, toutefois, son avis était partagé quant à Quinn. Le fait qu’elle soit d’une team adverse le dérange peu, voire pas du tout. Il ne voyait pas comment leur escapade chicagoane pourrait se répercuter dans le jeu, aussi se contente-t-il d’imaginer qu’ils partagent, en ce moment, au moins une chose : l’envie difficilement répressible de pêcher leurs téléphones pour se connecter au jeu.
À la remarque de la jeune femme, il ricane. « Et t’appliques ta philosophie avec tous tes ennemis présumés? » À vrai dire, il n’en avait rien à faire. Il n’était pas un enfant de chœur et était bien mal placé pour juger les comportements de Quinn, quels qu’ils soient. Ça lui importait peu qu’elle ouvre les cuisses pour quiconque osait lui accorder un peu d’attention; ça ne regardait qu’elle.

La porcelaine glacée contre son torse lui arrache un sifflement surpris; il darde aussitôt un œil confus sur la silhouette de la diablesse enfouie dans les draps. « C’est péché d’empêcher un homme de zapper sur les rediffusions de Jeopardy », qu’il fait, d’abord sérieux avant de fendre son visage d’un sourire narquois. Ça n’avait été qu’un réflexe – une façon de meubler le silence qu’il anticipait. « Je sais pas. On a sûrement pas la même notion du temps. » Cynique depuis sa sortie de prison, il n’avait jamais adhéré à la philosophie de rattraper le temps perdu. Il avait vécu à une vitesse folle toute sa vie avant d’être balancé au fond d’une cage; pour lui, c’était la normalité. Il avait toujours su que la vie était courte et acceptait qu’il risquait de la voir brutalement s’arrêter.

Devant des réponses loin d’appeler à la conversation, la demoiselle ne semble tout de même pas disposée à lui tourner le dos pour plonger dans un sommeil paisible. Elle lui arrache plutôt un baiser aussi sensuel que joueur qui le laisse un instant perplexe, bien qu’il ne rechigne pas à s’y mêler. Il passe son bras derrière les épaules de la jeune femme, laissant ses doigts courir sur sa hanche distraitement. Les lèvres d’Asher s’étirent doucement, vaguement moqueuses, lorsqu’elle mentionne la réalité dans laquelle ils se trouvent. Comme des criminels. C’était comme si elle savait que son parallèle était des plus appropriés; toutefois, il préférait largement le confort de la chambre qu’ils occupaient à celui du lit dur qu’il avait supporté pendant six ans. Ils étaient ainsi condamnés à demeurer dans l’hôtel jusqu’à la levée du couvre-feu, moment où il s’éclipserait sans demander son reste. Quinn n’était pas inintéressante, au contraire; elle avait tout pour plaire, mais pas à lui. « Ok », qu’il finit par souffler entre deux gorgées de champagne. « On s’amuse, alors. Action ou vérité. J’te laisse même commencer, dans ma grande générosité. » Il a l’impression de retomber 20 ans en arrière, au lycée. Il se noie dans sa tasse, sondant le visage de la demoiselle. Si une question l’embêtait, il se savait suffisamment doué pour mentir sans se faire griller. De toute façon, comme elle l’avait rappelé, les règles n’avaient pas changé.


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