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 Home sweet home | Gaby
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HARLEY QUINN
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MessageSujet: Home sweet home | Gaby   Ven 8 Juil - 22:41

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J
e sursaute en revenant à moi de l'autre côté de l'écran, le coeur pulsant à plus de cent battements par minute tellement je suis encore sous le choc de cette mort plutôt brutale. En même temps, à jouer les acrobates... J'arrive à peine à réaliser ce qui vient de se passer. Sous le coup du stress, je me redresse, aux aguets, pour remarquer que le moindre de mes mouvements me fait hurler de douleur, une douleur insupportable ; inimaginable. Je me remets aussitôt sur le lit et lâche un gémissement algique, tâchant d'éviter au maximum de faire un mouvement brusque. Le tatouage, sur mon aine droite, brûle plus que jamais. Bon. Sept vies. Super. Je lance un regard désespéré vers Gabriel qui lui, continue de fixer son écran impassible. Il est pas mort, regardons le côté positif des choses. Et s'il se suicide, je crois que je le frappe. ...quand j'aurai retrouvé mon énergie. Parce que là, j'ai surtout l'impression qu'un camion m'est passé par-dessus et a brisé l'intégralité de mes os un à un. Remarque ... c'est sans doute ce qui s'est passé. Je n'ai rien réalisé ; simplement que le sol se dérobait sous mes pieds, puis j'étais de retour à la réalité.

Une chance qu'il soit pas mort avec moi, sinon j'aurais ça sur la conscience en plus. Je grimace et rampe pour ajuster les coussins sous ma tête et être vaguement plus confortable. L'envie de me reconnecter est forte, mais je n'en ai absolument pas l'énergie. Je ne me sens apte qu'à une chose : comater et attendre, sans bouger, qu'il revienne. Et comme il n'est pas éclaireur, ça pourrait durer des heures. Probablement que je finis par m'assoupir, sans vraiment le réaliser. Un sommeil fait d'inquiétude et de douleur, décidément mourir de la sorte ça a beau se faire rapidement, s'en remettre est une toute autre histoire. « Su ! Tu vas bien ? » C'est sa voix qui me réveille, et je tente un mouvement qui me fait grimacer de douleur. Je tâche de pas faire trop de bruit et ne fais que tourner les yeux dans sa direction. «Compte tenu qu'un immeuble s'est effondré et que ses murs ont vaincu mes os ... ouais ; c'est l'éclate ! » Je fais dans l'humour moi monsieur. Sisi ; j'ai même un diplôme en la matière. Plus sérieusement, je suis surtout incapable de faire ne serait-ce qu'un mouvement trop vif, alors que je n'ai qu'une envie c'est le rejoindre pour vérifier qu'il va bien ; qu'il n'est pas mort ou ne s'est pas suicidé. « Ta main. » J'essaie de me redresser, mais apparemment c'est pas encore le moment, alors j'attends qu'il se rapproche. Puis j'vais pas le dire mais j'aurais vraiment besoin de le sentir contre moi, là. Quoique peut-être c'est lui qui a été traumatisé par ma disparition ? ...j'en sais rien. Je sais juste que l'idée de retourner en hauteur me fait plus d'appréhension qu'avant. « Steplaît dis-moi que t'es pas mort.» Je réprime une vague de larmes qui fait trembler ma voix, voulant encore me montrer comme la plus forte ; la plus inébranlable. J'sais pas pourquoi je me tue à cette comédie sans queue ni tête. S'il est à trois vies, j'le supporterais pas. Je mordille ma lèvre et poursuis, toujours en légumineuse affalée sur le lit. S'il est descendu à trois vies je deviendrai officiellement cinglée. « ... j'en suis à sept. C'est un chiffre porte-bonheur, y paraît. Alors on va se dire que j'ai eu la classe et les feux d'artifices en mourant écrasée par un immeuble en construction hein ! ...et on va surtout pas trop le divulguer. « J'ai un petit rire qui sonne complètement cassé, et je déglutis. Ça fait combien de temps, que je suis revenue ; que je l'ai attendu ? Quelques heures, peut-être. Au fond, on s'en fout.



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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Ven 22 Juil - 4:26
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La première chose qui me frappa, lorsque je revins à le réalité, ne fut pas la douleur pour une fois mais la fatigue, une fatigue inexplicable que je n'avais jamais ressenti, ou voulu ressentir auparavant mais qui me donnait l'impression que tout, n'importe quel geste, n'importe quel mouvement même respirer, cligner des yeux ou bien parler comme lorsque je demandais à Suzanne dont je devinais la silhouette à mes côtés, comment elle allait, était devenu un effort insupportable.
Pourtant, je n'osais pas me plaindre, n'osais pas lui dire à quel point je me sentais affaibli, pour la simple et bonne raison que de nous deux, c'était elle qui venait de se prendre un immeuble en construction sur le corps, pas moi, et je me passais bien de correspondre au cliché du mâle fragile et geignard, se plaignant à la moindre petite douleur, et encore plus lorsqu'elle me fit remarquer la stupidité de ma question, avec un humour tellement décalé, qu'il m'arracha malgré moi un sourire.
C'était aussi pour ça au fond qu'elle était celle que je pouvais nommer, femme de ma vie, peu importe la situation, peu importe sa gravité elle trouvait toujours le moyen de me faire sourire alors même qu'en ce moment c'était quelque chose qui devenait rarissime, que je n'arrivais plus à faire avec la même facilité qu'avant, mais venant d'elle il suffisait d'un mot, d'un geste pour chasser la morosité du quotidien, que mes lèvres finissent par s'étendre à nouveau et mes yeux se remettent pétiller, elle était mon pilier, mon gage de stabilité, en peu de mots, en toute simplicité.
Je finis par souffler un « Oui...Bon...Certes », étouffant un rire alors que déjà, elle, redevenait sérieuse et essayait de se déplacer vers moi, voulant à tout prix vérifier le tatouage qui ornait ma main, me suppliant, devant son échec, soudain au bord des larmes de lui dire que je n'étais pas mort, que j'avais survécu.
Sur le moment je ne me sentis pas en état de gérer ça, les drames, les changements d'émotion, les morts, le jeu, c'était juste trop, trop pour moi, je ne rêvais que de m'enfoncer la tête dans mon oreiller et dormir au moins 24h d'affilé mais je savais que je ne pouvais pas agir ainsi, être lâche, si elle avait besoin de moi alors je devais répondre présent pour elle, c'était aussi ça un couple, aider l'autre alors même qu'on ne s'en sent pas capable.
Je me forçais à me lever du lit, étouffant un gémissement, me rattrapant d'une main au mur pour ne pas vaciller.

«Doucement, je reviens dans cinq minutes. Je vais bien d'accord ? Panique pas »

Par aller bien, il fallait bien entendu comprendre que j'avais encore mes quatre vies bien en place et que je n'étais pas mort durant notre funeste expédition, ayant réussi à trouver, malgré un sens de l'observation plutôt aléatoire une porte de sortie au détour d'une ruelle.
Pour le reste, je titubais jusqu'à la salle de bain, me donnant l'impression de vivre la pire gueule de bois de mon existence sans avoir pourtant ingéré la moindre goutte d'alcool, m'échouant contre le lavabo pour me passer de l'eau sur le visage, essayant tant bien que mal de me forcer à sortir de mon état léthargique.
Je finis par relever la tête pour tomber nez à nez avec mon reflet et écarquiller les yeux en réalisant que mon visage n'avait rien à envie aux maquillages les plus réussis de The Walking Dead.
Retenant un rire, à la limite du rire nerveux, je m'en détournais, peu friand de films d'horreurs, pour rejoindre Suzie dans notre lit, me glissant à ses côtés, tout proche d'elle alors que je lui montrait ma main, où le chiffre quatre n'avait pas bougé, toujours aussi menaçant, un présage de mort imminente.

« Tu vois toujours quatre, tout va bien »

Tout va bien...Ou peut être plutôt rien n'est pire...Mais j'évitais de commenter le fond de ma pensée à voix haute, préférant simplement attirer Suzanne dans mes bras, essayant de ne pas lui faire mal.

« Viens là »


Je glissai mon visage dans ses cheveux, lui caressant le dos avec douceur alors qu'elle revenait sur les événements, me demandant de faire comme si elle avait été classe et d'éviter d'ébruiter l'affaire.
Je retins de justesse un rire, camouflant mon sourire dans ses longues mèches blondes pour qu'elle ne puisse pas le voir avant de commenter, d'un ton un brin moqueur, un ton qu'elle n'avait plus entendu depuis bien longtemps dans ma bouche.

« Tu sais, si on excepte la partie où tu as fini en crêpe, tu étais plutôt classe mon amour »

C'était ma manière, bien tordue certes, de lui faire des compliments, le genre de manière tellement tordue qu'à chaque fois je récoltais à peu près autant de baisers passionnés que de coups d'oreillers

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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Mar 2 Aoû - 22:50

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C
'est avec humour que je fais remarquer qu'avec ce qui vient de se dérouler dans le jeu, je pourrais effectivement aller pire. Mais que ce n'est pas l'éclate, malgré ce que je veux bien dire. Au contraire ; j'ai l'impression que la totalité de mon corps ne répond plus. Ce n'est effectivement qu'une impression, mais la douleur est bien présente. Ma seule fierté ? Que ça le fasse sourire malgré tout. Pendant quelques instants, c'est comme si ce mal écrasant m'avait quittée. « Oui...Bon...Certes » Mon vague sourire s'efface tandis que je m'inquiète quant au nombre de vies qui orne sa main ; parce que je m'étais promis de le sortir de là et que j'ai fini par crever lamentablement comme une bleue. Je le vois bien, qu'il ne veut pas répondre tout de suite. Qu'il n'en a pas la force. Et ça, ça m'angoisse. Encore plus que quand j'ai senti le sol s'écrouler sous mes pieds. Je le regarde droit dans les yeux, sans même faire l'effort de cacher mes émotions ; sans même tenter de dissimuler l'anxiété que me provoque ce silence. Il se lève ; doit se tenir au mur pour ne pas tomber. Je ne dis rien de plus, mais tente un mouvement pour l'aider ; pour savoir.

...J'en suis bien incapable. «Doucement, je reviens dans cinq minutes. Je vais bien d'accord ? Panique pas » Je hoche vaguement la tête, mordant ma lèvre et tentant de retenir mes pensées les plus sombres. Panique pas. Oui ... comme si de me le dire allait changer quoi que ce soit. Je sens mon coeur s'affoler dans ma poitrine, comme s'il tentait à tout prix de s'évader ; de trouver un moyen pour en sortir. Et bientôt, c'est ma respiration qui s'accélère, témoignant bien d'à quel point je me sens inutile ; impuissante. Prisonnière de mon propre corps. C'est presque sans m'en rendre compte que mes yeux se noient de larmes et que ma vision se floute. « ...Gaby... » Un murmure ; inaudible. Je n'ai pas la force de plus. Reviens. Steplaît, reviens. D'un geste instinctif, je me replie sur moi-même et me mets à ronger l'ongle de mon pouce ; mordant presque nerveusement dans la chair. Comme si cette douleur là allait effacer les larmes ; comme si elle allait me rendre plus forte. Ce n'est qu'une illusion. Tout n'est qu'une putain d'illusion. L'air me manque ; un peu comme si je ne savais plus comment faire pour respirer. Pourtant, c'est censé être un réflexe. La panique gagne du terrain, et je sens à peine le corps de Gabriel quand il grimpe sur le lit en faisant bouger le matelas avec son poids. Non ; je suis trop concentrée à tenter de me calmer ; à tenter de rester dans cette réalité. À ne pas partir dans des recoins de mon esprit que j'ai jusqu'à maintenant évités comme la peste ; me disant que si je n'y pense pas ils partiront. ... Ils ne partent pas.

« Tu vois toujours quatre, tout va bien » Je cligne des yeux plusieurs fois, en fixant à travers mes pupilles rougies ce chiffre qui n'est pas descendu ; qui est resté identique à tout à l'heure. Je prends lentement sa main, faisant appel au semblant d'énergie qu'il me reste pour le toucher, comme pour m'assurer que ceci est bien réel. Mon index vient caresser le symbole GAIA et son chiffre ; ce décompte mortel et terriblement glauque. « Tout va bien. » Jamais je n'ai semblé aussi déboussolée ; aussi vulnérable. Cela sonne presque comme une question. Je le regarde une nouvelle fois, comme pour revérifier que je ne rêve pas. Tout va bien. Il est là. « Viens là » Je n'ai aucune envie de me faire prier et pourtant je ne parviens pas à faire autre chose que le fixer et tenir sa main ; le reste me demanderait trop d'efforts ; trop d'énergie. Je ferme les yeux et me laisse faire, le sentant m'envelopper avec une douceur extrême, comme s'il avait peur de me briser. Brisée ... Le suis-je ? Non, probablement pas. ... Pas encore. C'est le jeu ; ce jeu et sa tendance à lui de ne pas valoriser sa propre vie. J'y survivrai pas. Est-ce qu'il s'en rend compte ?

Je déglutis et frissonne en sentant sa caresse dans mon dos. Caresse qui me fait un bien fou ; qui m'ancre. Ici et maintenant ; avec lui. Pas ailleurs ; pas dans mes peurs ni dans mes souvenirs désagréables. Ici. Je prends une grande inspiration, me sentant doucement me libérer au fur et à mesure que je le sens, là. Juste là. Puis, comme à mon habitude, je tente de dévier le sujet ; d'alléger ma tension. Et sa réponse me fait sourire ; un sourire amusé tant sa façon de parler me rassure. « Tu sais, si on excepte la partie où tu as fini en crêpe, tu étais plutôt classe mon amour » Je recule légèrement la tête et lâche un léger ricanement amusé. Salaud. Mes doigts se perdent sur sa joue comme si je la dessinais, puis le long de sa mâchoire. Les larmes ne coulent plus, Dieu merci. « Je t'aime. Okay ? »





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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Ven 5 Aoû - 6:57
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Délicatement, je pris Suzie dans mes bras, attirant son corps contre le mien et, alors qu'elle caressait distraitement le tatouage sur ma main, notre discussion, celle que nous avions eu avant que l'immeuble ne s'effondre, se mit à résonner à nouveau dans mon esprit.
J'avais assez de recul à présent, suffisamment pour repenser à ses mots et m'interroger, une seule et unique question tournant en boucle, semant les graines du doute: Et si elle avait eu raison ?
Et si c'était vrai que je n'avais pas à me racheter, à me mettre en danger à cause de l'acte de Drew ? Et si c'était vrai que m'infliger une telle souffrance n'aurait pour seul résultat que de le faire gagner, à la fin ?
Je ne pouvais pas ignorer le fait que ça avait du sens tout comme je ne pouvais plus ignorer les inquiétudes de Suzanne.
Un an, ça allait faire un an que nous étions ensemble tout les deux et même si je venais seulement de le lui dire, je savais que je l'aimais, que c'était elle l'amour de ma vie depuis le premier jour, depuis le premier regard, elle ne méritait pas une telle vie, elle ne méritait pas de s'inquiéter constamment, de se demander continuellement si elle pourrait me revoir en vie ou non, elle ne méritait pas la peur que je lisais dans ses yeux à chaque fois qu'elle regardait le chiffre sur ma main. Tant de sacrifices que j'avais fait, pour des joueurs qui au final n'avaient eux pas hésité à trahir la paix qu'on leur proposait..Alors à cet instant je me fis une promesse, j'allais certes me venger des terroristes, les éradiquer un à un de la map mais après ça, une fois leurs corps sans vie étalés à mes pieds, ce serait terminé, plus de risque insensés, plus jamais je ne me jetterais à nouveau entre un joueur et une arme, parce qu'avoir enfin dit ces mots m'aidait à comprendre maintenant, je voulais vivre, je ne voulais pas mourir, je voulais construire quelque chose avec Suzie, quelque chose de stable, de beau, de durable et tant pis si ça impliquait que je devienne un peu plus égoïste dans le jeu, Colin ne m'en voudrait pas, il n'était plus là, et dans le pire des cas, nous réglerions ça au Paradis quand mon heure serait venue.
Pour le moment ce qui importait c'était Suzanne, et le mal que je lui avais fait, que je ne voulais plus jamais lui faire, plus jamais je ne voulais la voir aussi vulnérable, aussi angoissée, par ma faute, je ne voulais plus de ça.
Malgré tout je trouvais la force de plaisanter de la situation, ma voix sonnant presque comme avant, comme au commencement, quand tout allait encore bien, avant que les responsabilités s'entassent et que le jeu s'installe dans notre couple, troisième passager muet, comme une menace constante au dessus de nos têtes dont nous nous serions bien passé, mais ça changerait, et en l'entendant rire je ne pouvais que le vouloir encore plus.

Doucement, j'attrapais sa main qui caressait ma joue, la portant à mes lèvres pour l'embrasser avec une douceur infinie, c'était la première fois qu'elle disait m'aimer, on y était, elle avait prononcé les mots et mon sourire s'accentua, illuminant mon visage comme il ne l'avait plus été depuis des mois, c'était une véritable renaissance que de l'entendre dire ça.
Pour la plupart des couples « je t'aime » n'était jamais que trois mots balancés en quelques semaines, vides de sens, un rituel qui perdait de son charme avec les années mais pour nous c'était bien différent, une véritable étape à franchir, pour nous, dire je t'aime c'était confier ne plus avoir peur de nos sentiments et moins peur de notre engagement.

« Je t'aime aussi Suzie, tellement  »

Je l'embrassais doucement avant de m'écarter d'elle caressant sa joue du bout du doigt.

« Tu sais...J'ai repensé, à ce que tu m'as dit tout à l'heure, à propos de ce que je fais dans le jeu...Et, j'ai réalisé que je veux vivre, que j'ai pas vraiment envie de mourir. »


J'avais compris que je m'étais fait souffrir pour me punir de ne pas avoir su protéger mon petit frère mais que malgré tout, malgré tout ce que je pouvais me reprocher, je n'arrivais pas à avoir envie de le rejoindre, malgré le monde qui s'effondrait autour de moi, l'Apocalypse imminente, je n'avais pas envie de mourir mais plutôt celle de vivre intensément jusqu'à mon dernier souffle, jusqu'au jugement dernier.

« Je vais faire des efforts, accepter ce qu'il s'est passé avec mes frères, peut être même songer à revoir Drew....Je vais arrêter de me mettre plus en danger que les autres, mes vies vont remonter et tout ira bien pour nous, je te le promets »

Et cette promesse valait plus que toutes les autres que j'avais pu faire jusque là, c'était la promesse d'un avenir, un futur pour nous deux, tout les deux.
Je plongeais mes yeux dans les siens, avant de reprendre, toujours aussi sérieusement

« Je voudrais juste te demander quelque chose d'important avant »

Quelque chose que je n'aurais jamais pu penser demander même dans mes rêves les plus fous, mais étrangement, aujourd'hui, je me sentais prêt.


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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Ven 12 Aoû - 23:29

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I
l est en vie. Je répète cette simple phrase dans ma tête, comme on chanterait une litanie religieuse. C'en est toujours à quatre ; décompte salement morbide et pourtant réjouissant, aujourd'hui. Car ce n'est pas descendu. Il est pas mort ; il s'est pas bêtement suicidé. Un vague sourire anime mes lèvres, même si je ne lui lâche toujours pas la main. Je me sens comme une gamine qui aurait trop peur de lâcher son doudou, parce qu'il pourrait disparaître à tout jamais. Je reste dans la même position sans avoir la force de bouger, d'une part parce que - ne l'oublions pas -  je viens de me prendre un immeuble dans la face et, d'autre part, parce que je suis exténuée. C'est lui qui m'enveloppe ; me soutient. Je ferme les yeux quelques instants, me demandant si on va un jour retrouver l'insouciance des premiers jours. Quand on ne pensait pas aux conséquences de ce jeu terrible ; quand on croyait encore en maîtriser les effets. Mais de plus en plus, j'ai l'impression que c'est lui qui nous contrôle ; que nous ne sommes que des pions, voués à crever derrière un écran au nom de la loi du plus fort. On n'en était pas là, quand on s'est rencontrés dans cette allée sombre, proche du lycée. Quand je l'ai abordé, goguenarde, pour l'avoir observé à maintes reprises tuer vicieusement par derrière. Quand il se demandait si j'étais réellement une psychopathe ou bien si ce n'était qu'un jeu...le jeu. Toujours ce putain de jeu. Pourtant je n'arrive pas à le maudire car bien qu'il soit responsable d'atroces inquiétudes de ma part, il n'empêche que sans lui, je n'aurais jamais rencontré Gabriel. Sans lui, j'enchaînerais encore les conquêtes d'un soir censées revigorer mon ego et asseoir mon influence sur les autres. Parce que Suzanne, ce qu'elle aime, c'est la conquête ; le pouvoir sur les autres. En un mot, le jeu ... encore le jeu. Gabriel, c'est le premier que j'aie jamais vraiment aimé de cette façon ; le seul pour qui je serais capable de tout. Le meilleur comme le pire. Il me demanderait n'importe quoi et je serais prête à le faire, sans même réfléchir. Dix mois après l'avoir rencontré, je suis enfin capable de prononcer ces trois mots qui ont toujours été un tabou à mes yeux.Je t'aime. Une évidence, mais dure à avouer. Parce que le dire, c'est verbaliser qu'on est vulnérable ; que l'autre a un ascendant sur vous. Et il n'y a qu'avec Gabriel que ce détail ne me dérange pas.

Je caresse sa joue avec délicatesse après mon aveu, comme si je voulais avant tout graver ce moment dans mon esprit pour m'en remémorer tous les détails plus tard. Lui aussi, m'a dit m'aimer. Tout à l'heure, dans un décor de centre-ville en ruines. Ça lui est sorti tout seul et moi j'ai juste ricané bêtement. Comme fière. Sans forcément prononcer les mots moi-même ; garantissant juste que 'moi aussi'. J'avais pas la force de plus, sinon de garantir qu'il le savait. Moi aussi, tu sais ? ...encore trop timide. Mais maintenant ... maintenant, il sait. Je sens mes joues rosir légèrement tandis qu'il embrasse ma main et je lui souris en voyant l'air heureux qu'il a juste parce qu'il m'a entendu l'avouer. Pourtant je n'ai fait que souligner une évidence, si je ne l'aimais pas je ne m'inquiéterais pas ainsi pour lui. « Je t'aime aussi Suzie, tellement  » Mon sourire s'élargit et il n'y a pas à en douter, que je suis raide dingue de lui. Je sais pas comment on a fait pour nous voiler la face des mois durant. Je ferme les yeux lorsqu'il m'embrasse, profitant pleinement de ce moment où il n'y a plus que nous deux au monde ; le reste n'étant que garniture. « Tu sais...J'ai repensé, à ce que tu m'as dit tout à l'heure, à propos de ce que je fais dans le jeu...Et, j'ai réalisé que je veux vivre, que j'ai pas vraiment envie de mourir. » Je hausse un sourcil et laisse mon regard pénétrer le sien, comme si je tâchais de déceler le sens de ses paroles. ...moi aussi, je n'ai pas vraiment envie qu'il meure. Si on peut verbaliser de la sorte mon angoisse à l'idée que quelqu'un puisse un jour effacer son existence de la surface terrestre. J'ai un frisson et je l'encourage à continuer sa tirade avant que mon imagination ne se mette à me jouer des tours.

C'est pour cela que je crois presque rêver, quand je l'entends promettre que jamais plus il ne se mettra en danger inutilement ; pour des gens qui n'en ont strictement rien à foutre de son bien-être. J'ouvre de grands yeux, comme pour m'assurer qu'il n'est pas en train de mentir pour me tranquilliser, et je sens l'émotion qui me gagne. « Ce serait ... wow. » J'en perds mes mots. Tout ira bien pour nous. Voilà une phrase que je ne pensais pas entendre sortie de sa bouche. J'y crois presque ; j'ai envie d'y croire. Que tout puisse aller bien. Alors je me colle contre lui, en recherche de réconfort. « ...ce serait bien. » Mon ton se fait rêveur et je lui prends la main, la serrant fort dans la mienne. J'veux pas le perdre. ni maintenant ni jamais. « Je voudrais juste te demander quelque chose d'important avant » Je fronce les sourcils. Quelque chose d'important ? ...qu'entend-il par là ? Rapidement, mon rythme cardiaque s'accélère et je me retrouve de nouveau en marge d'un retour de panique. Je pince mes lèvres et le regarde dans les yeux, appréhensive. « Quelque chose d'important ? ... tu m'fais peur Gabs. ... qu'est-ce qu'il y a ? »





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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Dim 18 Sep - 20:55
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Je ne saurais dire quel avait été le déclencheur exact de ma prise de conscience, probablement un enchaînement d'événements dans un cycle parfait, la trahison des GAIA tout d'abord qui avait brutalement fait vaciller la confiance aveugle que je leur avais accordée, la peur dans les yeux de Suzanne à l'idée de me perdre, ce premier je t'aime échappé, envolé de mes lèvres sans mon consentement, puis ces confessions sur mon frère, sur sa mort, ce qu'il s'était passé ce jour là, suivi de l'accident et des heures à déambuler seul, retranché dans mes pensées, forcé de constater que toute la réalité que je m'étais bâtie depuis plusieurs mois n'était qu'un amas de mensonges, de fausses croyances et d'excuses.

Il y avait des milliers de façon de s'auto-détruire, de se mener au suicide, au bord de la mort et sans m'en rendre compte à l'instant même où le corps sans vie de Colin s'était dématérialisé, à l'instant même où je m'étais déconnecté pour le retrouver mort dans sa chambre, j'avais emprunté ce chemin sinueux, cette pente dangereuse, celle de la négation de soi.
Je n'avais pas soudainement aimé les Gaia, j'avais simplement cherché à me racheter, à me racheter en me faisant souffrir un peu plus à chaque instant, cherchant dans chaque nouvelle mort, une paix intérieure qui ne venait pas, un pardon que je ne m'accordais pas.
Dans ma tête à présent restait une question: Et si ? Et si je n'avais pas réalisé ce que je faisais ? Et si j'avais continué ? Une question obsédante, une question qui me faisait réaliser à quel point silencieusement, sans un bruit, j'avais frôlé la catastrophe, nous avions frôlé la catastrophe. 4 vies c'était peu, mais 4 vies c'était toujours suffisant pour respirer, toujours suffisant pour aimer, pour espérer, pour promettre.

Alors c'est ce que j'avais fait, le corps de Suzanne fermement serré contre le mien j'avais promis, de faire des efforts, d'arrêter mon sombre jeu avec la faucheuse et dans un souffle je lui avais juré que tout irait bien pour nous, le monde pouvait bien s'écrouler autour, à deux nous serions toujours victorieux.
Et soudain, comme pour sceller cette promesse qui valait bien plus que toutes celles que j'avais pu lui faire auparavant sans les penser, les yeux baissés, bredouillant des mots sans conviction aucune, pour sceller ce nouveau départ, une idée me traversa l'esprit, que je n'aurais même pas imaginée dans mes rêves les plus fous, une demande qui ici et maintenant changerait tout.
Ma main trouva son menton, et je lui relevai le visage afin qu'elle puisse me regarder dans les yeux, espérant bientôt voir une toute autre émotion y remplacer cette appréhension que je devinais.

« Je sais que c'est pas vraiment comme ça qu'on fait ce genre de choses d'habitude, et je dois avouer que je ne m'étais même jamais préparé à ça »

Après tout, à mes yeux l'amour n'avait jusque là été qu'un concept abstrait, destiné aux autres, ou à la fiction mais pas pour moi alors ça, le fait que ce genre d'événement soit envisageable dans ma vie était de la pure science fiction, il m'avait toujours paru plus crédible que les extraterrestres envahissent la planète plutôt que je ne prononce ces mots si éculés par le temps et les couples d'amants mais pourtant, je continuais, de cette voix douce, si calme que je me découvrais.

« Plus le temps passe et plus je réalise que j'ai besoin de toi dans ma vie, pas seulement pour un temps donné, mais pour le temps que ce putain de bon Dieu s'il existe voudra bien encore m'accorder. Tu es ma seule constante dans ce monde qui part à la dérive, toujours là fidèle à toi-même, et à ta personnalité qui m'a séduit dés le premier jour »

Je souris en coin, les yeux brillants d'émotion à ce souvenir qui me paraissait déjà si lointain, d'une autre époque, un autre monde, un autre temps.
Derrière le lycée, elle, si directe, moi, si beau parleur, ce jeu du prince et de la princesse, ce jeu de la séduction qui avait duré quelques instants avant que nous ne succombions aux plaisirs de la chair. Chaque détails de cette soirée était gravé en moi, dans ma mémoire, je me rappelais son parfum, la douceur de ses mains, ses cheveux en bataille, ses joues rosies par l'excitation, et je pouvais dire sans me tromper que j'avais dés cet instant perdu la raison, vendu mon âme non pas au diable mais à un démon d'un autre genre.

« Je crois que si je devais être honnête, je dirais que je ne me vois plus me lever ou me coucher sans toi à mes côtés, que je ne vois plus ma vie sans toi, alors... »

Je me mordis doucement les lèvres, c'était le moment, celui qui allait tout changer je le savais, c'était le moment où enfin j'acceptais de grandir, d'évoluer, où enfin j'arrêtais d'être cet enfant, cet adolescent qui avait refusé de vieillir, c'était l'instant où j'affrontais mes angoisses, mes peurs, où je regardais en face mes faiblesses, mon refus de l'engagement, c'était le dernier des combats

« Suzanne, est-ce que tu veux devenir ma femme ? »


Et je venais de le remporter.


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HARLEY QUINN
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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Mer 2 Nov - 1:16

West Side  ◈ Suzanne Walker & Gabriel Ivanov
❣ Home Sweet Home ❣
the ache for home lives in all of us. The safe place where we can go as we are and not be questioned.


 




C
elui qui m'aurait dit un jour que je me mettrais à vivre avec quelqu'un ; que je pourrais ainsi déposer ma confiance en quelqu'un d'autre que moi, je lui aurais simplement ri au nez. Car avec ma mère ; mon enfance ; Javi' ; la prison ; l'épisode Duncan et enfin Barbara, je pensais avoir perfectionné mon armure la rendant impénétrable... Je pensais ainsi devenir invulnérable ; forte. La force ... Ah ! Quelle drôle d'idée ! Sans tomber dans la niaiserie d'une meringue au goût de fraises tagada, je sais que je ne pourrais pas supporter qu'il lui arrive quelque chose. Alors quand il annonce qu'il va faire des efforts, je suis tranquillisée... un peu. Je ferme les yeux, collée à lui. Réalisant que je n'échangerais ma place pour rien au monde.

Mais quand je l'entends dire qu'il a une question à me poser ; un truc à me dire, cela ravive en moi des craintes longtemps enfouies sous un masque de flirts et de faux semblants. Suzanne, l'insaisissable. Guess the joke's on me. Parce que maintenant, après presqu'un an à ses côtés, je ne pourrais m'imaginer une vie sans lui. Il doit sentir ma soudaine tension parce qu'avant même que je lui  avoue oralement qu'il me fiche les boules, il me relève le menton, d'un air rassurant. Qui ne marche qu'à moitié, soyons honnêtes. J'entends à peine ce qu'il dit, trop occupée à ne pas me perdre de nouveau dans les méandres de mon imagination. J'ai juste capté qu'on ne fait pas ça comme ça, d'habitude. Ça ? Sais pas. « Plus le temps passe et plus je réalise que j'ai besoin de toi dans ma vie, pas seulement pour un temps donné, mais pour le temps que ce putain de bon Dieu s'il existe voudra bien encore m'accorder. Tu es ma seule constante dans ce monde qui part à la dérive, toujours là fidèle à toi-même, et à ta personnalité qui m'a séduit dés le premier jour. » Je fronce les sourcils, peu sûre de comprendre où il veut en venir. Avec la vague impression d'être en dehors de mon corps ; comme si je voyais l'instant présent au travers d'un écran et pas de mes propres yeux. Puis j'ai un petit air amusé en repensant à notre première interaction ; à ce début de soirée qui s'avérait aussi monotone qu'un autre et qui a fini par me donner l'envie de jouer avec celui que j'avais pu observer par moments dans des actions pour le moins vicieuses et assassines. Un jeu du chat et de la souris s'était installé alors, sans qu'il ne soit trop possible de savoir lequel de nous deux avait joué le rôle de la proie. Sans doute qu'on s'y connaissait trop, à ce jeu-là. Et moi j'ai bien évidemment préféré foncer ; laissant tous mes faux semblants à la porte ; m'embrasant sans même prendre la peine de le dissimuler. Bien sûr, après cela, je n'ai pu m'empêcher de me mentir à moi-même... sans doute qu'il a fait pareil. Car ce n'était qu'une relation sans lendemain ; faite de rencontres nocturnes et dont les maîtres mots étaient désir et plaisir.

Et sans Darwin ; sans ce jeu qui menace maintenant de tout détruire sur son passage ; probablement que je serais encore en train de me voiler la face... qui sait ? Sans l'incendie de l'usine, je n'aurais jamais eu le courage de m'avouer à moi-même l'importance qu'il a prise dans ma vie. Peut-être qu'on n'en serait pas là. En silence, je serre ses doigts entre les miens. Tâchant de ralentir le temps qui passe, de graver ses traits dans mon esprit. Parce qu'il n'y a rien de plus important à mes yeux que lui et moi ; ce nous qui aurait semblé si étrange à la Suzanne de 2015. je dirais que je ne me vois plus me lever ou me coucher sans toi à mes côtés... Un rictus presque niais anime mes lèvres et je tente tant bien que mal de le dissimuler sous des airs d'adulte et non d'adolescente de quatorze ans. Je me racle la gorge et me retiens à grand peine de l'interrompre alors qu'il semble si sérieux. La phrase suivante, j'ai de la peine à l'intégrer et la comprendre réellement, tant elle me paraît invraisemblable. « Suzanne, est-ce que tu veux devenir ma femme ? » Je cligne des yeux en le fixant, plusieurs fois d'affilée. Sa femme ? Je ne dis rien et le regarde, immobile. Je déglutis, la gorge soudainement sèche et apparemment aphone. C'est comme si je n'étais pas sûre d'avoir bien entendu, comme si j'avais de la peine à capter qu'il vient de me demander ma main, comme ça. L'air de rien mais avec sérieux ; comme s'il venait de me demander si je préférais un sofa bleu ciel ou bordeaux. Je reste perplexe quelques secondes, simplement parce que c'est là une situation que je n'aurais jamais pensé avoir à affronter. Une demande en mariage ? Je comprends mieux ce qu'il disait tout à l'heure. Une boule se forme dans ma gorge mais j'écarte rapidement toutes ces craintes d'abandon stupides et vieilles comme Mathusalem. Au lieu de m'enfuir, comme la Suzanne de 2015 l'aurait probablement déjà fait, je me contente de lui offrir un hochement de tête convaincu. « Oui ! ... enfin c'est pas comme si je ne l'étais pas déjà mais ... oui. » J'ai un air un peu nerveux et souffle, puis, sans plus tenir, je prends possession de ses lèvres comme pour signer un pacte ou encore vendre mon âme à une entité de l'Autre Monde. Sa femme ... mon homme. J'ai la tête qui flotte, d'un coup, et je me recule de quelques centimètres pour le regarder droit dans les yeux, avec un sérieux tout à fait feint. « J'pensais jamais dire un truc pareil, mais 'va falloir que tu me trouves une bague digne de ce nom. » Et je ris doucement, avec insouciance, avant de le réembrasser, sourire aux lèvres.



Lost in translation


HARLEY'S OUTFIT
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Home sweet home | Gaby   Sam 12 Nov - 0:06
Home Sweet Home
Gabriel&Suzanne


C'était comme si quelqu'un d'autre avait pris le contrôle de mon corps soudainement, mes lèvres s'animant toutes seules, articulant des mots que j'oubliais à peine prononcés, mes mains serrant les doigts de Suzie  désespéramment comme si elle menaçait de m'échapper à chaque instant...
C'était peut-être vrai au fond et ce que j'avais vu là bas, quand l'immeuble s'était effondré, l'avait confirmé : Rien n'existait pour toujours, rien n'était gravé pour l'éternité, le temps qu'on a n'étant qu'une illusion, on ne savait jamais vraiment à quel point nos heures étaient comptées, c'était probablement pour ça, face à cette réalisation, que mon inconscient avait pris le contrôle sur tout le reste, qu'il avait envoyé au diable mes peurs, mes traumatismes, décidé de tout ignorer pour finir par prononcer cette phrase, quelques mots qui suspendirent le temps.

«  Suzanne, est-ce que tu veux devenir ma femme ? »

Ma femme, à moi, un engagement, un mariage, quelque chose qui allait nous changer à tout jamais.
Mes yeux accrochèrent les siens, c'était comme si soudainement la Terre avait cessé de tourner et le monde s'était tu, je la regardais intensément, gravant le moindre de ses traits dans ma mémoire, l'apprenant par cœur jusqu'à retenir la plus subtile nuance de la couleur de ses yeux. Je me forçais à me rappeler son expression, son sourire enfantin maladroitement dissimulé, ses yeux légèrement écarquillés, de surprise, de perplexité, je me forçais à me souvenir de tout, de cet instant, des sensations jusqu'à celle des draps contre ma peau, les picotements de mon tatouage, parce que je savais qu'après ça, plus rien ne serait comme avant. C'était un de ces moments où on sait que tout va basculer, où on sait que lorsqu'on fera le point sur notre vie, il fera partie des événements inoubliables, on sait que c'est une étape, que c'est important, et je me questionnais, je me rappelais aussi, de notre première rencontre, nos jeux de séductions, nos nuits de plaisir à simplement s'abandonner à la luxure cette déesse du pêché, puis l'incendie de l'usine, la peur, la douleur, ma mort aux mains des CAHO et les larmes de Suzanne quand elle était arrivée chez moi, paniquée, ce jour qui avait tout changé. Tout nos moments défilaient devant mes yeux, nos rires mais aussi nos peurs, nos craintes, chaque petite seconde à ses côtés pour en arriver exactement ici, aujourd'hui, à cette demande en mariage que je n'avais pas prévue et qui pourtant prenait tout son sens, c'était ainsi c'était écrit.

Puis le temps reprit enfin son cours normal, le monde s'anima à nouveau alors qu'elle répondit, d'abord par un hochement de tête puis par des mots dont je me rappellerait jusqu'à a fin de ma vie, ce oui tant attendu et aussi  c'est pas comme si je ne l'étais pas déjà » et elle avait raison, ce n'était jamais qu'une officialisation, elle avait été ma femme, j'avais été son homme, depuis des mois à présent.
Doucement, délicatement, je glissai une main dans ses cheveux en l'embrassant, comme pour signer un pacte, ce baiser là non plus je n'étais pas prêt de l'oublier, parmi les milliers d'autres que nous avions pu échanger, échangeront encore, celui là était particulier, porteur d'espoir.
Ce baiser, ce mariage, c'était redonne sa place à la vie, à la joie, au milieu de la dévastation et de la mort. Nous étions forts, l'avions toujours été et le prouvions une nouvelle fois.

Un sourire finit par se dessiner sur mes lèvres et un rire par m'échapper lorsque je l'entendis parler de la bague, je lui fis un clin d’œil, l'air de dire « compte là dessus », ce qu'elle ne savait pas encore et qu'elle apprendrait bien plus tard, c'était que sur plusieurs comptes en banque à travers le monde, dormaient des économies, suffisamment pour lui payer le mariage de ses rêves et toutes les merveilles qu'elle méritait.

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