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 DELIRIOUS / PV. ASHER
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MessageSujet: DELIRIOUS / PV. ASHER   Mar 26 Juil - 17:47
La dernière rencontre entre les associés avait été planifiée, quoiqu’impromptue. La seconde avait été réglée telle une trotteuse sur une montre, celles faisant environ six fois votre loyer. Lorsqu’il était question de rencontrer, de renouer avec les anciens du milieu, la brune préférait s’en charger selon les noms de son ancien répertoire. Minutieusement réécrit dans les pages d’un annuaire d’une manière méthodique, codée, la jeune femme avait pu récupérer ses anciens contacts, en même temps que ses affaires dès sa sortie de prison. Un vieux contact, de ceux qui avaient participé à leur montée, haussant un sourcil dans leur descente vertigineuse. Les montagnes russes des affaires, sauf qu’il était clair que leur wagon avait prit le chemin d’une rampe à sensations fortes, de celles qui laisse le sentiment de sauter d’un avion sans parachute. Un long appel depuis un portable jetable, des négociations houleuses qui se firent pourtant sur le ton faux de l’ancienne camaraderie, du bon vieux temps. Une sorte de « scout un jour, scout toujours » du milieu afin d’attendrir les esprits rigides des trafiquants. L’accord avait été clair : payer une avance, dont le montant dépassait bien la somme de leurs économies réunies. Même en allant vivre dans un squat, Cecily n’avait pas les moyens, ni même en incluant dans ses calculs — sans son accord — la voiture d’Asher.

N’haussant jamais le ton malgré ses mains crispées, ses coups d’œils inquiets en direction d’Asher, elle ne se laissa pas trahir. « Mh. Mh. Oui, mh. Je note, on y sera. » Écrivant rapidement l’heure et l’adresse sur son avant bras, elle raccrocha, jetant le téléphone sur le canapé, avant de venir s’asseoir sur celui-ci, fourrant son visage dans ses mains, elle poussa un long soupir. « On est tombés bien bas. » Se relevant soudainement elle souffla, le regard perdu dans le vague. Ce n’est que lorsqu’elle se rendit compte que bien qu’Asher soit dans la même pièce qu’elle, il n’avait pas entendu la discussion — mettre sur haut-parleur l’homme l’aurait rendu suspicieux — qu’elle haussa les sourcils. « Oh. » Elle passa une main dans ses cheveux, tournant son visage en sa direction. « C’est vrai que t’attends de moi un résumé. » S’humectant les lèvres, les épaules haussées, pas tout à fait ravie des affaires qu’ils venaient de conclure, elle secoua quelque peu la tête. Ils n’avaient jamais commencés en bas de l’échelle. Même dans leurs débuts les moyens étaient là, à porter de main, il suffisait de se servir, de spéculer, de trafiquer les comptes. « Il s’imagine qu’on a toujours les mêmes moyens, les prix baissent pas. Même avec toutes nos économies réunies, on arrivait pas au prix. J’ai fais en sorte qu’il le baisse, lui promettant par la suite des revenus deux fois supérieurs. On a rendez-vous ce soir. » Elle tendit son bras gauche comme si celui-ci était un post-it à saisir, son autre main venant soutenir sa tête depuis l’accoudoir. Elle n’était clairement pas euphorique de ce qu’il venait de se passer, ils étaient à la botte d’un revendeur. « Little Kevin, c’est le pseudo le plus naze que j’ai jamais entendu. Ça me fait franchement mal de devoir lui demander quoique soit. » Se relevant, une expression outrée au visage, elle alluma une cigarette, son doigt tapant nerveusement. Ce n’était pas tant l’angoisse, la peur de revenir dans les affaires, au contraire. L’excitation sans visage de Cecily se traduisait par de légers tocs, n’explosant jamais de joie.

Quittant l’appartement avec hâte quelques heures plus tard dans le plus grand silence, la jeune femme n’entrouvrit pas une fois les lèvres afin de parler, de bavarder. Scellées, ses lèvres le restèrent jusqu’à ce qu’ils arrivent au point de rendez-vous, allumant une nouvelle cigarette. Regardant autour d’eux, un sourcil haussé, elle s’appuya contre la grande porte coulissante en tôle, shootant dans un caillou se trouvant au sol. Le décor avait plus l’air d’être le type de lieux où on faisait disparaître des corps qu’un lieu où conclure des affaires, mais ne se formalisant pas, la jeune femme resta calme comme à son habitude. « J’ai entendu que tu prenais beaucoup de plaisir à faire affaire ces derniers temps. Pas forcément dans le bon domaine pourtant. » Un léger sourire aux lèvres, elle souffla la fumée, il n’était pas le seul à détenir des informations, à s’en procurer de manière peu morale. Maintenant son sourcil haussé, elle releva la tête, secouant légèrement la tête pour faire fuir les quelques mèches obstruant son visage, lui faisant ainsi face, faussement ingénue. « T’as eu bien raison, elle est rutilante. » Ne sachant si elle parlait de femme ou de la voiture, elle ne fit pas la différence.
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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Jeu 28 Juil - 5:10
Il hausse les sourcils alors qu’il croise pour l’énième fois l’œillade en coin de l’ancienne broker, un fond de whisky calé au fond de sa main. Il fait tournoyer le liquide ambré un instant, impatient, ennuyé; il n’aime pas être relégué au second plan, ne plus être le centre de l’attention constante et soutenue de Cecily. De qui que ce soit, d’ailleurs. Il tente de suivre la conversation, mais les monosyllabes de la jeune femme l’empêchent de comprendre la direction qu’emprunte l’appel. Ce n’est que lorsqu’elle raccroche qu’il lève les yeux, insistant, le regard criant d’une curiosité qu’elle fait mine de ne pas remarquer, en premier lieu. Asher esquisse une moue exaspérée lorsqu’elle finit par reconnaître sa présence et il termine son verre d’une seule gorgée, contrarié. « On va se faire saigner avant même d’avoir repris nos affaires », qu’il fait entre ses dents. D’un côté, il a envie de blâmer Cecily pour le prix éhonté que le dit Little Kevin exige d’eux; de l’autre, il sait qu’il n’aurait probablement pas pu faire mieux, même si ça l’amuse de le penser. Dans tous les cas, le personnage à blâmer semblait bien être le revendeur, qui se joue des envies de grandeur de deux anciens collaborateurs qu’il relègue au statut de pions.

Un silence qui n’était que trop courant entre les deux s’installe, une quiétude presque sereine, opacifiée par la fumée de la cigarette avec laquelle Cecily se brûlait la trachée, entrecoupé par le tintement d’Asher qui se ressert un verre pour mieux noyer son mal-être. Ce genre d’affaires le dégoûtaient au plus haut point -- lorsqu’il était clairement la partie lésée. Or, dans le milieu des finances, la richesse ne venait jamais pour celui qui faisait des affaires sûres. Avant, ils étaient de l’autre côté; ils étaient ceux qui faisaient des affaires presque ridicules tant elles étaient désavantageuses. Savoir vendre son produit était aussi important que le produit lui-même, sinon plus. Savoir qu’ils achetaient un lot d’armes sur lesquels ils ne feraient que des grenailles de profit le répugne. Pourtant, un tic nerveux agite sa jambe alors qu’il relit pour la centième fois l’étiquette apposée au dos de sa bouteille de whisky. C’était un jeu, un concours; ça l’avait toujours été. Et il ne comptait pas perdre. Surtout qu’il avait plus d’un tour dans sa manche.

Il laisse Cecily fumer dans sa voiture même s’il évitait généralement de le faire lui-même. Il avait toujours eu du mal à lui refuser quoi que ce soit. « Ça a l’air crasse comme endroit. » Simple constat qu’il souffle alors qu’il s’extirpe du véhicule, imité par la brune, qu’il suit sans histoire. Asher s’arrête, se postant à une distance raisonnable de son associée, allumant à son tour une nocive cigarette. Il arque un sourcil au commentaire de Cecily. Il n’était pas surpris qu’elle connaisse ce genre de détails. Il s’étonnait simplement qu’elle trouve le moindre intérêt à soulever le sujet à cet instant précis. « Peu importe. Les affaires, c’est les affaires », qu’il fait, exhalant du même souffle une longue bouffée de fumée âcre. La fille n’était rien de plus qu’un nom qu’il appréciait un peu plus que les autres dans la liste de contacts de son téléphone. Il jette un coup d’œil autour, ricanant doucement en croisant l’air naïf de la broker. « C’est pas tout à fait le terme que j’emploierais. » Il maintient son sourire un instant, amusé de maintenir ainsi l’ambiguïté de leur conversation.

Les minutes s’égrènent sans histoire, chacun trop occupé à tirer sur sa propre cigarette pour réellement entretenir une conversation. Un bruit le fait détourner la tête; le chat errant qu’il voit à quelques pas de là lui confirme que ce n’est pas leur contact. Il pose son regard sur sa montre, le sourcil arqué. « Il a intérêt de montrer son cul d’ici les cinq prochaines minutes », qu’il finit par lâcher dans un soupir las, écrasant sous le cuir de sa semelle le mégot de son plus grand vice. Les mains plongées dans les poches de son pantalon, il détaille un peu le lieu du rendez-vous. L’endroit a de quoi arracher quelques questions silencieuses : il s’imaginait aisément, derrière ces portes lourdes, quelque laboratoire clandestin destiné à la fabrication de métamphétamines ou de raffinage de cocaïne, une industrie qui, bien que lucrative, ne l’intéressait pas le moins du monde. « T’es sûre qu’on est au bon endroit? »


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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Dim 7 Aoû - 1:41
Les affaires, c’est les affaires. Son sourcil vînt arquer sévèrement son visage malgré la commissure de ses lèvres étirées en un visage mutin et mesquin à la fois. Elle avait l’impression d’entendre leur ancien patron parler. Elle revoyait le bureau ouvert, fait de verre, d’armature, lumineux dominant Chicago. L’odeur du café, du parfum bien trop cher pour être de bon goût, les phrases toutes faites que seul un homme ayant son expérience pouvait prononcer sans qu’on rit à gorge déployée sous son nez. Asher n’était pas de sa trempe, alors elle se permit un rire, davantage rauque pour marquer son mépris que pour réellement se payer une bonne tranche. « C’est pas tout à fait le terme que j’emploierais. » Croisant les bras, elle le regarda longuement avant d’hausser une épaule. « Moi non plus, c’est pas le terme que j’emploierais pour définir la chose. » Pas besoin de jouer aux jeux des métaphores, de demander des consonnes et des voyelles afin de former le dit-mot, celui qu’ils évitaient clairement. Mais le temps n’était clairement pas à ce genre de détails, aussi distrayant soient-ils dans l’attente pénible. Laissant son esprit divaguer, celui-ci vînt à nouveau penser à ses premières années en tant que broker, avant qu’elle dise oui à la tentation, lorsqu’elle était encore à la botte de quelqu’un. Les chiffres qui défilaient, les appels incessants lorsqu’elle passait dans la grande salle, mais le plus frais dans sa mémoire restait les phrases de son patron. Vous irez loin Cecily si vous continuez dans cette voie, vous pourrez vous permettre de rêver de grandes choses, pour le moment, restez à votre place. Vous me remercierez un jour. Cessez de penser que tout vous est acquis, votre insolence est déplaisante, improductive. Comme une vieille VHS, elle se repassa en avance rapide certains passages, tandis qu’elle s’amusait parfois à s’en répéter certains. Son esprit se devait d’être constamment fixé sur le futur, anticiper, réfléchir, prévoir. Alors les rares moments où elle pouvait se permettre de penser au passé avaient tendance à la plonger dans une autre dimension, comme un vieux grenier comme on a pas ouvert depuis des années, où chaque grain de poussière agresse nos sens.

« Si tu te tournes pour regarder derrière toi, PAN. T'es mort. C'est le Far West. » Lâcha-t-elle soudainement, son regard fixant toujours le vague, le vide. « C’est ce que Warren disait tout le temps. Avec le fameux ‘Les affaires, c’est les affaires’. C’était vraiment un emmerdeur avec des phrases toutes faites en plus d’être un boulet coincé dans le c- » Se stoppant net, ayant ignorée les dernières paroles d’Asher, elle sortit son portable, l’écran venant soudainement illuminer son visage dans l’obscurité constante. Fermant soudainement le clapet du vieux téléphone, se mordant les lèvres, elle se décolla soudainement, une certaine frénésie parcourant ses mouvements. Marchant rapidement jusqu’à l’angle du hangar, elle regarda autour d’eux, revenant vers Asher sans prêter attention à son associé. Plaçant ses deux mains contre son visage, cachant celui-ci le temps de quelques instants, elle le découvrit d’un mouvement vif. On aurait pu croire à des larmes, à un moment de panique. Mais c’était davantage de la colère qui vînt animer son visage de poupée. « Putain! » Balançant le téléphone contre la porte en tôle du hangar, celui-ci rebondit, s’écrasant aux pieds d’Asher. Répétant plusieurs fois l’insulte, brassant l’air afin de se calmer, elle ne fit qu’encourager sa propre rage. Ils venaient de se faire clairement plumer. « On s’est fait avoir. » Mordant sa lèvre, elle poussa un long soupir saccadé marquant clairement son ambition à vouloir tout voir s’effondrer autour d’elle. Les économies venaient de s’envoler, et vu l’heure, il était impossible de bloquer le virement ou d’annuler celui-ci. « Merde. » Bloquée dans l’échec qui venait de la frapper en plein ventre, elle fixa le sol, hochant la tête comme si elle comprenait soudainement leur erreur. « On est vraiment trop cons. Putain, j’y crois pas. » Écrasant le cadavre du téléphone à l’aide de son talon, effaçant les preuves restantes de leur bêtise, elle se dirigea d’un pas décidé vers la voiture de son associé, tendant sa main libre tandis que l’autre tenait la portière. « Donne moi ton téléphone, maintenant. » Dit-elle avant de rentrer en toute hâte, composant rapidement le numéro. Évidemment qu’il ne répondrait pas, qu’elle tomberait immédiatement sur sa messagerie. « Hey. J’espère que tu te marres bien et que tu vas t’étouffer avec ta propre connerie espèce de connard d’obèse parce que je te jure que je vais tout éclater. Ta baraque, ta mère, ton chien, tout. Alors profite de tes cinq minutes de gloire parce que ça va pas durer. » Raccrochant, elle jeta le téléphone sur les genoux d’Asher, appuyant sa tête contre la vitre.
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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Lun 15 Aoû - 0:26
La chose. Il ricane, sans commenter, s’imaginant aisément – pour le bien de son propre ego – que c’est par jalousie que Cecily tient à souligner ses escapades nocturnes. Évidemment, il sait qu’il n’en est rien. Ils partagent le même désintéressement l’un envers l’autre, cette relation de professionnalisme alambiqué, ambiguïté dans laquelle ils se complaisent comme avant. La trahison est venue une fois, il l’avait méritée; il ne retomberait pas dans le panneau. Nulle rancœur, nulle méfiance. Juste une normalité qui sortait de l’ordinaire, mais qui représentait tout ce qu’il connaissait – à part le côté perdant d’une cellule dans une prison fédérale.

Il siphonne distraitement sa cigarette, tiré de sa réflexion par la voix de sa collègue. À vrai dire, il n’avait même pas réalisé qu’il avait tiré cette expression pourrie, celle qu’il avait lâchée, nonchalant, un peu plus tôt, de la bouche farcie de stéréotypes de leur ancien patron. À force, on aurait pu croire qu’il aurait oublié ce genre de phrase toutes faites à la con, tirées tout droit de livres de management à deux balles, ceux que l’on lisait pour faire bonne figure sans réellement en absorber le contenu. Le management, c’était comme les finances : il fallait l’avoir dans le sang. Lui, il avait plutôt un bon paquet d’argent à flamber et des idées de grandeur qui auraient fait rougir les ambitions de Trump. Cecily se tait soudainement et il arque un sourcil, perplexe. Il ouvre la bouche, mais elle ne répond pas, se contentant de river son regard sur son téléphone comme une adolescente en ligne au Starbucks. Ce n’est pas l’exclamation vulgaire de la femme qui le saisit; encore là, ça n’était pas la première fois qu’il voyait la brune dans tous ses états. Non, c’est plutôt le bruit sourd de l’appareil contre la porte du hangar, qui résonne dans ses oreilles, assez fort pour lui faire serrer les dents.

On s’est fait avoir. Il n’avait pas eu besoin d’attendre les précisions pour comprendre. Pourtant, contrairement à elle, il demeure calme, stoïque. Il n’avait pas besoin de s’énerver pour partager la colère de Cecily. C’était toujours la même chose, entre eux; l’un venait toujours, consciemment ou non, équilibrer l’état d’âme de l’autre. Les mains dans les poches, il observe le va-et-vient effréné de la femme, osant espérer qu’elle viendrait à se calmer. Ça aurait été facile pour lui de rejeter le blâme entièrement sur Cecily, vu qu’elle avait été la personne à communiquer avec leur contact. Toutefois, la règle d’or, c’était que l’un n’était jamais plus coupable que l’autre. Il aurait pu dire quelque chose, s’impliquer davantage, mais il ne l’avait pas fait; ainsi, la responsabilité reposait également sur ses épaules. À l’exhortation de la brune, il obtempère, lui tendant à contrecœur son téléphone alors qu’il envisage déjà devoir en acheter un nouveau. Il rejoint Cecily, prenant place dans la voiture. Il la laisse gérer le problème grandissant sans s’en mêler, à moins qu’elle ne demande explicitement son aide. Ils avaient toujours fonctionné comme ça; la leur était une machine bien huilée, qui avait toujours fonctionné à la perfection – et si Cecily n’avait pas volontairement coincé un bâton dans l’engrenage, tout serait encore identique.

Il rattrape le téléphone habilement d’une main, le glissant aussitôt dans sa poche avant que la femme n’ait la bonne idée de l’éclater, celui-là aussi. L’air piteux de l’ancienne broker ne lui arrache aucune réaction. Cœur de pierre, cœur de marbre. Il ne débordait d’émotions que lorsqu’il était réellement sur la sellette; comme lorsqu’il avait dû tenter de l’empêcher de les dénoncer, la première fois. Ça n’était pas son plus glorieux moment. « Je suis persuadé que t’as déjà un plan. » L’inverse était impensable. Il avait bien quelques pistes, lui-même, mais la revanche serait d’autant plus douce si c’était Cecily en était le cerveau. « C’est pas comme si j’avais autre chose à faire de ma journée, alors je veux bien jouer au chauffeur. » Il démarre la voiture, étouffant un ricanement; un rire jaune, sardonique, celui du gars qui réalise à quel point il s’est fait rouler. Or, la vie continue. Ça n’était ni la première, ni la dernière.


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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Mar 16 Aoû - 21:27
Hors d’elle, évidemment, elle l’était. C’était le genre d’erreurs impardonnables que la rouille était venue camouflée, lui soufflant la bonne idée. Le mercure retomba peu à peu durant le trajet, lui laissant toujours la rage au bas ventre tandis que son esprit demeurait dorénavant clair et lucide, quoique concentré sur l’acte finale. « Évidemment que t’as rien de mieux à faire. » Lâcha-t-elle, son regard tourné vers le paysage défilant de manière déformée sous son regard apaisé, son coude soutenant son visage songeur mais toujours de fer. Rassurée de ne pas entendre de remarques cynique sur la situation ou bien qu’un rire ne vienne chatouiller sa fierté, elle s’était attendue à tout de sa part, sauf cette compréhension silencieuse dont il avait fait preuve. Il y avait quelque chose d’étrange, une balance improbable faisant qu’ils travaillaient ensemble plutôt que de s’entretuer. Si on avait retiré de leur ADN toutes ses choses faisant d’eux les individus immoraux qu’ils étaient, il était clair qu’ils ne seraient pas ici dans cette voiture à partager un silence tel et pourtant très parlant pour eux. Un vrai brouhaha en réalité. Ayant l’impression qu’ils ralentissaient, elle se tourna, venant poser fermement sa main sur sa cuisse, celle qui à son extension se devait d’appuyer sur l’accélérateur. « On passe par le hangar avant, le nôtre. » Attendant quelques secondes afin d’être sûre qu’il ait bien compris, elle se retira, revenant à sa position détachée, comme si devant ses yeux défiler les probabilités et non la quadrichromie du paysage.

Arrivés dans ce qui devait être leur future entreprise prochainement, la brune ordonna au conducteur de rester ici, clef sur le contact. Si elle était partie les mains vides, pressée, elle était revenue un carton miteux dans les bras, quelque peu déchiré à certains endroits. Plongeant sa main dans la poche de son pantalon, elle en ressortit son téléphone, ne prenant plus la peine de demander. Non, pire, de quémander. Faisant de rapides recherches, elle posa le dit appareil avec douceur sur le tableau de bord. « On va là. » Le colis sur les genoux, elle attendit qu’ils se dirigent vers l’adresse indiquée par un marqueur. Arrivés dans la petite bourgade en périphérie, la brune claqua la porte, déchirant le carton déjà entamé auparavant, le posant sur la carrosserie de la voiture, sortant avec soins ce qu’elle avait tenue délicatement jusqu’ici. Les bombes étaient artisanales, il n’y avait aucune garantie que celles-ci ne leur explose pas entre les mains. Si elles avaient cependant survécus à la conduite d’Asher, Cee avait foi en leur indice de sensibilité. Déployant l’objet, elle soupira, s’approchant calmement de l’habitation. Passant par-dessus la palissade, elle déposa l’objet encore dans son écrin sur le paillasson, réfléchissant à la manière de faire.

Calme en apparence, il était clair qu’elle désirait voir le tout être engloutie par les flammes, que le masque de perfection s’était sérieusement fissuré aujourd’hui, comme une plaie béante. Mauvaise joueuse qu’on aurait pu l’appeler, elle vous aurait répondu qu’elle s’en foutait, rien n’interdisait de donner un coup de coude à son adversaire lors d’une partie de carte pour que celui-ci délivre son jeu par accident. Pas de règles, seulement de la morale. Retirant sa veste, elle enroula celle-ci autour de son bras, pas tout à fait sûre de savoir ce qu’elle faisait. S’ils ne s’étaient jamais sali les mains et que son partenaire refusait toujours de le faire, l’égocentrique, elle, n’en avait que faire lorsque cela devenait personnel à ses yeux. Elle n’était rien, ni personne, elle n’avait rien à perdre. Donnant un grand coup dans l’un des carreaux de la porte de derrière, elle activa l’objet, balançant celui-ci à l’intérieur. Des aboiements se firent entendre tandis qu’elle décampa, se dépêchant de rejoindre l’autre côté du trottoir afin d’admirer son œuvre. On entendit un homme crier après l’animal, marcher sur les bouts de verres avant qu’un silence ne vienne s’abattre, probablement la réalisation qu’il était dans une sombre affaire, enfin. Cecily vînt s’appuyer contre la portière, les mains dans le dos, son regard ne quittant pas la bâtisse des yeux tandis que les quelques éclats ayant réussi à traverser le tissus vinrent tacheter son chemisier blanc. « Je… Je confesse sans honte que je vais prendre plaisir à voir tout se faire engloutir. » Le regard clair toujours rivé, la détonation se fit, le bruit sourd venant lui faire plisser les yeux, froncer les sourcils, détournant légèrement la tête tandis que son regard était toujours hameçonné à son but. Venant déboutonner les premiers boutons de son haut, elle souffla, comme prise d’une vague de chaleur malgré les frissons. Cee avait beau avoir tué probablement indirectement et inconsciemment de nombreuses personnes de par la vente, elle ne s’était jamais salie les mains, aucunement, jusqu’à aujourd’hui. Les flammes ne tardèrent pas à venir engloutir le tout tandis qu’elle finit par baisser le regard, retournant du côté passager. « On peut y aller. » Souffla-t-elle.
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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Lun 22 Aoû - 22:28
Elle rage, la brune, ses traits jouvenceaux tirés par la haine envers ceux qui avaient osé les emballer. Et lui, éternel méprisant, ne trouve rien de mieux à exprimer qu’un ricanement amusé alors qu’elle aboie, sèche, à son égard. Il se mord la lèvre inférieure, hochant la tête, comme si mille et une répliques s’entrechoquaient dans son esprit; or, il sait que Cecily saura déchiffrer le non-verbal aussi bien que l’éloquence alors qu’il lui rappelle discrètement que son ingratitude est malvenue. A priori, ils étaient tous les deux dans la même merde, et pourtant, il avait la classe de ne pas lui remettre sous le nez qu’ils étaient désormais fauchés plus que raison. Le mot clé était « a priori ». Quel genre de broker délègue l’ensemble de ses économies à quelqu’un après s’être fait baiser une fois? Pas lui. Quelque part dans les Samoa mûrissait encore quelque compte qu’il ne comptait pas dépouiller pour les beaux yeux de sa collègue.

La main qu’elle plaque sur sa cuisse le fait sourciller, mais il hoche la tête, révisant son itinéraire pour prendre le chemin du hangar. Il n’y avait que rarement mis les pieds, voire jamais, mais il savait que Cecily prenait en charge cet aspect de leur entreprise, ce qui suffisait à le convaincre de ne pas y mettre son nez – pour l’instant. Il demeure docilement dans la voiture, observant curieusement la femme alors qu’elle rapporte un carton délabré, qu’elle cale sur ses genoux avant de pêcher d’elle-même le téléphone dans sa poche. « Si tu veux toucher, suffit de demander », qu’il fait, moqueur, bien que passablement agacé; il sait que Cecily ne cherche pas d’excuses pour le tâter, mais le moindre rapprochement a tendance à l’irriter de manière disproportionnée – peut-être que parce que la dernière (et seule) fois où elle avait daigné poser quoi que ce soit dans la région, il avait eu mal pendant deux jours. Considérant que ça durait depuis toujours, c’était peu probable.

Il se contente donc, renfrogné, de conduire jusqu’à l’adresse inscrite dans le téléphone. Le trajet n’est pas long, mais les mène à un endroit qu’Asher ne devine que trop bien. Malgré ses réticences, il ne dit rien, ne fait rien, se contentant d’imiter la jeune femme alors qu’elle sort de la voiture. Il s’appuie contre la carrosserie, osant un coup d’œil curieux – puis abasourdi – à l’intérieur du carton. « Tu déconnes? » La question est rhétorique. S’ils étaient venus jusqu’ici, les chances étaient faibles pour que la brune soit plutôt en train de lui faire une blague élaborée. Où elle avait trouvé ces engins artisanaux n’était plus la question la plus importante qui lui venait à l’esprit, soudainement. « Cecily… » qu’il entame, sans succès; elle est déjà partie, sans se souci de ce qu’il peut bien avoir à lui dire. Il avait toujours refusé de se salir lui-même les mains, de tomber si bas. Voir que sa collègue prenait la mouche à ce point, alors même qu’elle était parfaitement au fait que l’on pouvait à tout moment se prendre un coup bas en pleine gueule (comme il l’avait appris, à ses dépens), lui faisait ressentir un mélange de dégoût et de supériorité qu’il avait bien l’intention de ruminer pendant longtemps.

La vue coupée par la palissade, il se contente d’une série de sons évocateurs : le verre brisé, les aboiements, puis, le silence, alors qu’il voit la brune émerger de derrière la clôture pour s’appuyer contre la voiture. Les bras croisés sur son torse, il jette un œil curieux à Cecily, puis à la maison, avant que la détonation n’ait raison de la maison du responsable. Les fenêtres volent en éclat, les flammes lèchent déjà les châssis, alimentés par cet air nouveau qui s’engouffre; bientôt, il n’y aurait plus rien. À la lueur glauque des flammes, Asher se surprend à être davantage intéressé par le soupçon de poitrine qu’il remarque alors que sa collègue détache quelques boutons. Silencieux, il obtempère alors qu’il reprend place côté conducteur. « Zéro sur dix en discrétion », qu’il finit par entamer alors qu’il démarre le moteur. « Pourtant, te voir t’abaisser à ce niveau a un je ne sais quoi presque sexuellement excitant. »

Il reprend rapidement la route, persuadé que les flics ne tarderaient pas à faire leur chemin jusqu’à la maison, désormais entièrement en proie aux flammes. Il claque sa langue contre son palais une fois que le stress retombe, décochant à Cecily un regard agacé. « T’sais que je vais devoir me débarrasser de cette bagnole, maintenant? » Si l’un des voisins avait eu la bonne idée de remarquer la plaque d’immatriculation – ou même simplement le modèle –, et qu’ils retrouvaient le véhicule, il était grillé; ses empreintes étaient depuis longtemps entrées dans le système. Ainsi, même si la voiture n’était pas enregistrée à son nom et que rien, techniquement, ne les liait au crime, si les flics décidaient de pousser la note, c’était foutu. Il avait appris depuis longtemps à ne pas faire confiance au hasard ou à la bonne fortune. Au moins, cette fois, il pourrait compter sur l’expertise d’une autre brune. Il aurait pu aussi changer les immatriculations, mais ce serait trop long. Les autorités le rattraperaient bien avant qu’il ne puisse faire passer toute cette histoire comme une coïncidence.

« C’est quoi ton plan de génie, maintenant? » Il s’est calmé, là où, quelques instants plus tôt, il enrageait de devoir trouver une façon simple et rapide de faire disparaître sa voiture. Il remarque alors, bien tard, le sang qui imbibe de plus en plus le chemisier de l’ancienne broker. Il soupire. « Ça aussi c’est du genre discret », qu’il ironise finalement. Il sait que ça ne sert à rien de feindre l’inquiétude, aussi se pliera-t-il aux souhaits de la brune quant à la marche à suivre. C’était son plan, après tout.


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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Mar 23 Aoû - 15:32
Le retour dans les entrailles du véhicule l’abasourdit, elle claque la porte malgré une poigne molle appuyant considérablement son crâne contre le haut du siège. Qu’importe la raideur de ses membres, elle se sent glisser, aspirée. Il fallait croire que la fierté avait imprégnée son ADN, tant et si bien que malgré la nausée inexpliquée, l’envie d’air frais, elle se retînt de faire la moindre remarque sur son état, son envie démodée d’hurler, peut-être même de laisser ses yeux s’humidifier. Elle reste de marbre alors que l’intérieur n’est qu’une suite interminable de ruines, comparable à une compilation de vidéos, celles montrant à la suite des bâtiments s’effondrer, comme soudainement aspirés par la gravité, signé jojo47, homme retraité, seul après une vie à épargner dont il ne profitera jamais. L’esprit de Cecily était toujours fertile, même dans les pires moments, des idées grotesques venaient hanter ses états les plus ancrés dans la torpeur. « Pourtant, te voir t’abaisser à ce niveau a un je ne sais quoi presque sexuellement excitant. » Impertinent, inefficace, bienvenue dans le trou noir gargantuesque de la nullité, apporté par les soins d’Asher Sykes. Ne relevant pas la remarque, ni celles qui suivirent, elle préféra se concentrer sur la route que les phares éclairaient, ne prêtant attention ni au fait de répondre, ni à celui que sa chemise s’empourprait.

Elle eut une pensée pour les Comstock, ses frères et sœur, la simple évocation de leurs noms venant lui enlever un poids sur son cœur malade — littéralement, le moment n’étant pas propice à des métaphores sur le mal-être intérieur —. Elle se félicitait, soudainement, d’avoir tout abandonné, de ne plus leur parler. Car si elle pouvait assumer le pire d’elle-même face à son collègue qui n’était pas en reste concernant la morale atrophiée qu’ils représentaient, elle n’aurait jamais pu en faire d’autant face à eux. Il fallait croire qu’elle avait fait quelque chose de bien, un jour, aussi dur à croire que cela puisse paraître. Des relents d’humanités comme jamais elle n’en avait eut, comme des symptômes d’une ménopause de l’activité vereuse. On aurait pu la prendre pour une folle, à cet instant précis, à fixer la route avec autant d’insistance, comme plongée dans celle-ci, à voir quelque chose qu’elle était la seule à pouvoir apercevoir sans pouvoir en parler, s’exprimer sur le sujet. Passant sa main sur son visage, elle la descendit dans son cou, essuyant la pellicule de sueurs étant venue la couvrir. « Ça aussi c’est du genre discret » Ça la réveilla soudainement, comme une piqûre de rappel. Si elle continuait de s’embourbait ainsi, elle savait qu’elle perdrait tout.

La crédibilité, la confiance, le travail acharné pour en arriver là, il viendrait la piquer à nouveau sur ce sujet, si elle continuait de vaciller au lieu de réagir. Plus fort qu’un instinct de survie naturel, elle se reprit soudainement, maladroitement durant la première seconde. « T’as raison. Je devrais coucher avec toi, puisqu’a priori, je suis tombée si bas que ça. C’est l’occasion. » Lâcha-t-elle, amère, malgré un ton se voulant posé, il aurait fallu être bien naïf pour ne pas ressentir l’agressivité dans sa manière de prononcer les mots, lui crachant stoïquement au visage. « Pour ta bagnole, tu t’en rachèteras une autre, avec tes comptes à Samoa. Tu changes de nana comme de voitures, celle-ci aurait pas fait long feu de toute évidence. » Son esprit avait enregistré durant sa latence, sa veille, les informations, afin que lorsqu’elle serait d’attaque, elle puisse reprendre là où elle s’était arrêtée de fonctionner, petite machine court-circuitée. Évidemment qu’elle connaissait la trace des comptes à Samoa, ils avait été élevés ensemble par la même personne, dans le même milieu de requins. Ils avaient appris cette technique ensemble, l’avaient testés, perfectionner. Son erreur d’aujourd’hui ne faisait pas d’elle une naïve, une incompétente pour autant. Reprenant doucement son souffle suite au flot de paroles prononcées, elle vînt relever la mèche de cheveux couvrant son front, afin de faire partir l’humidité de sa peau par un revers.

« Arrête la voiture. » Elle le dit calmement, saisissant sa veste avant d’ouvrir la portière, secouant son habit à l’extérieur afin d’y enlever les derniers morceaux de verres stagnant. Sortant à son tour, elle claqua la portière. « Y a une décharge pas loin d’ici. » Indiquant la direction du bout des doigts, rapidement, elle enfouie ses mains dans ses poches, prête à continuer le reste à pieds.
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MessageSujet: Re: DELIRIOUS / PV. ASHER   Ven 2 Sep - 3:26
Il ne s’inquiète pas outre-mesure pour la blessure autrement superficielle de Cecily. Ils avaient vécu pire, mentalement, et savait que ce n’était pas une poignée de coupures de rien du tout qui viendraient à bout de la pugnacité de la brune – surtout qu’elle menaçait de se briser à tout moment, désormais qu’elle avait franchi un pas qu’il n’aurait jamais imaginé. C’était une chose de contribuer indirectement à des morts atroces et souffrantes; faire exploser une maison et ses habitants en était une autre bien plus personnelle, bien plus exigeante sur le plan psychologique. L’instabilité de Cecily était un terrain de jeu qu’il n’avait jamais réellement exploré, puisqu’elle s’entêtait constamment à demeurer de marbre devant lui. Il l’avait déjà vue ivre, hilare, enthousiasmée par une bonne affaire, l’avait connue terrifiée par les menaces qu’il avait craché à son égard, fière et arrogante alors qu’ils étaient pour la première fois séparés, de chaque côté du même conflit, devant un juge qui les avait tous deux envoyés derrière les barreaux.

Or, il ne l’avait jamais vue aussi délicieusement en colère; si fragilement tendue, prête à éclater, à se briser comme un millier d’éclats de cristal sur du béton armé.

À sa remarque acre, il fait claquer discrètement sa langue contre son palais, agitant un doigt auparavant ancré sur le volant pour signifier son désaccord. « Ça serait même pas un défi, ça serait dommage. » C’est ironique et son ton teinté d’un sarcasme dégoulinant le laisse parfaitement transparaître. Elle sait qu'il déteste les défis dans cette optique, que ses relations sont bancales, précaires; là où la finance comblait son désir de puzzles, il aimait ses filles faciles et ses histoires sans conséquence, deux caractéristiques qui détonnaient grossièrement de ce que Cecily pourrait lui offrir. Il espérait secrètement qu’elle prenne la mouche, mais il savait comment faire définitivement pencher la balance, comme un chat qui étendrait la patte une dernière fois pour faire tomber le bibelot du comptoir.

Il ne répond rien à sa pique, se contentant d’un petit rire narquois. Bien sûr qu’elle savait pour ses comptes; elle avait contribué à la création de certains, qui avaient toutefois été saisis par le gouvernement lorsqu’elle les avait révélés au grand jour. Il s’était naïvement imaginé que celui-là serait différent, mais force était d’admettre qu’elle était encore dans le jeu. Or, à son ordre, il s’exécute, arrêtant docilement la voiture sur le bord de la route, observant peu discrètement les courbes de sa collègue alors qu’elle s’extirpe hors de l’habitacle. Voyant qu’elle compte bien repartir seule, il coupe le contact, fourrant les clés dans sa poche, avant de sortir à son tour. Il se penche sur le capot de son véhicule, écrit frénétiquement sur un petit bout de papier, jetant à l’occasion quelques coups d’œil intéressés à la silhouette de la brune qui s’éloigne lentement. « Cecily », qu’il la hèle finalement d’un ton grave, comme s’il était prêt à s’excuser. Solennel, presque.

Il fait quelques pas rapides en sa direction, la rattrapant sans peine. Le petit bout de papier plié dont elle reconnaîtrait la nature se glisse dans le haut qu’elle avait précédemment déboutonné. « Tu payeras ton loyer avec ça, maintenant que t’es fauchée. Tu peux remercier mon compte aux Samoa, qui te laisse un peu de temps pour te remettre sur pied. » Il ricane. Il ne peut s’en empêcher; c’est Asher, c’est la limite qu’il ne cesse de franchir, jour après jour, année après année. Il a le dessus, cette fois; il avait toujours le dessus, toujours le dernier mot, toujours le geste pour agir de la pire des façons. Il ne hausse pas le ton, cette fois, mais il est tout aussi carnassier.

Malgré tout, il sait qu'elle reviendra.


a city's like
a woman
or a casino
somebody's got
to win, and it's
gonna be me

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