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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 RETROGRADE / martin
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MessageSujet: RETROGRADE / martin   Mer 27 Juil - 15:50
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jacob + martin
L'air était sec et chaud, comme l'on pouvait s'y attendre en cette période de l'année, mais l'atmosphère était plus lourde qu'habituellement. Si l'on ajoutait cela aux teintes grises du ciel nuageux, il n'y avait nul doute qu'un orage allait éclater dans les prochaines heures. L'on aurait dit que les cieux voulaient justifier les plages désertes malgré la saison estivale bien entamée alors qu'en réalité, personne n'ignore pourquoi familles, groupes d'amis et jeunes couples sont aux abonnés absents. Comme si le jeu en lui-même n'était plus une excuse suffisante, les villes de Chicago étaient maintenant devenues à craindre depuis l'évasion massive de la prison et les émeutes causées par les lois anti-Darwin's Game. On n'est en sûreté que chez soi dorénavant et le couvre-feu établi l'a bien fait comprendre. Alors les plages ne sont plus excessivement remplies avec un brouhaha constant d'enfants jouant avec le sable, d'adolescents jouant au volley et d'adultes profitant des rayons du soleil. Même par temps couvert, habituellement l'on pouvait toujours apercevoir des baigneurs téméraires au loin. Il y a encore un an, le monde évoluait toujours normalement.

Jacob n'était pas mécontent qu'un orage daigne enfin montrer le bout de son nez sur Chicago. Il n'avait jamais grandement apprécié la chaleur mais par-dessus tout, il ne supportait pas la lourdeur de l'air sur sa peau, il trouvait ça étouffant. De nos jours, il n'avait plus vraiment de raisons de sortir dehors de toute manière mais lorsqu'il quittait le jeu, il appréciait parfois prendre l'air à l'extérieur lorsque observer la rue par la fenêtre ouverte ne lui suffisait plus et qu'il voulait sortir de ce foyer qui n'en portait plus que le nom.
Cependant, s'il se trouvait aujourd'hui assis sur un banc à l'ombre des arbres longeant la plage en train d'observer le lac, ce n'était non pas parce qu'il avait seulement souhaité sortir de chez lui mais également parce qu'il devait y retrouver quelqu'un. Entre les commerces et cafés ouverts et ceux fermés indéfiniment, les meilleurs points de rendez-vous étaient devenus les lieux publics extérieurs où l'on était dorénavant sûr qu'ils ne seraient pas bondés.

À ce moment précis, Jacob regrettait amèrement d'avoir arrêté de fumer il y a plusieurs années. Il n'aurait pas dit non à avoir une cigarette entre les lèvres ne serait-ce que pour l'occuper quelques minutes. Au lieu de cela, il se contenta de tapoter du bout des doigts le dossier du banc sur lequel il avait étiré son bras. Les tabacs étaient-ils encore ouverts ou avaient-ils fermé boutique, comme lui ? Il en doutait. Fumer est une habitude dont on ne se défait pas si facilement et le jeu n'était pas une raison d'arrêter, bien au contraire. Et puis, acheter un paquet de cigarettes ce n'était certainement pas le même prix ni le même engagement qu'acheter une maison. Ils devaient se faire un argent monstre avec tous les anciens et nouveaux fumeurs souhaitant trouver un exutoire au stress procuré par leur autre exutoire à la mortalité déjà bien plus considérable que celle d'un vulgaire cancer du poumon. C'était le bon filon, le tabac. Toutefois, il imaginait sans aucune difficulté que certains se soient déjà rabattus sur des choses moins légales qui devaient se vendre encore mieux. Heureusement, il n'en était pas encore à avoir besoin de petites pilules ou de poudre blanche pour être à moitié conscient dans le monde réel.

Il jeta un coup d’œil à sa montre pour observer l'heure. Martin ne devrait plus tarder maintenant. Dire qu'il rencontrait l'un des avocats d'affaires les plus côtés de la ville et qu'il pouvait même le qualifier d'ami, plus ou moins. Martin lui avait permis d'éviter de se faire complètement avoir dans une histoire de rachat de son agence. S'il n'avait pas été là, Jacob aurait probablement fini ruiné ou relégué à un poste misérable et pour avoir empêché cela, il lui en est terriblement reconnaissant. Ils ont sympathisé et même si Jacob regarde d'un œil moqueur les apparitions télévisuelles de Me Hadley, avoir une quasi-célébrité et un très bon avocat dans son cercle d'amis n'était pas forcément déplaisant. Toutefois, il ne s'attendait pas à avoir des nouvelles de sa part dans le contexte actuel. Il l'imaginait croulant sous les affaires juridiques liées au Darwin's Game et il était donc curieux qu'il puisse avoir le temps de le rencontrer en pleine après-midi. De son côté, Jacob n'avait plus aucune contrainte de ce type, même si ça lui ferait mal au cœur de l'admettre devant Martin qui avait déjà une carrière bien plus épanouie et admirable que la sienne, lorsqu'il avait encore une véritable carrière. Maintenant, il n'avait rien de mieux à faire qu'être ignoré par sa femme, se connecter au jeu pendant plusieurs heures d'affilée et attendre assis sur un banc devant une plage délaissée.

Enfin, il vit la silhouette de Martin s'avancer vers lui pour le rejoindre et il salua amicalement l'arrivée de son ami, le sourire aux lèvres. Puis, il ne put s'empêcher de lui faire remarquer ce qu'il pensait quelques instants plus tôt, avec toutefois une certaine réserve. Malgré tout, il restait quelque peu intimidé par la position sociale de Martin et prétendre le contraire aurait été un mensonge. « Ça fait un moment qu'on s'est pas vu, ça m'étonne que t'ais put te libérer d'ailleurs. »  
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Ven 29 Juil - 18:52
rétrograde
jacob & martin
Ébranlé par l’issue de son dernier combat, Ockham s’évaporait pour laisser la place à un Martin pétrifié avec son téléphone dans les mains, encore chaud de la nuit entière de jeu qu’il venait de passer. Rien n’avait bougé depuis ces dernières dix heures qu’il avait passé plongé dans le DG. Les boites de pizzas et les bouteilles d’alcool s’accumulaient ; un véritable retour dans le passé et ses belles années d’étudiant à New Haven à la fin des années 90. Tout ce succès financier et professionnel pour finalement retourner aux sources et se nourrir de pepperoni, alors que ses confrères de Yale étaient en passe de devenir sénateurs ou membres du Congrès. Il se leva de son fauteuil avec difficulté, et face au spectacle de désolation dans lequel était plongé sa résidence, ne put penser qu’au seul fait qu’il était peut-être temps de rappeler sa bonne. Mais à bien y réfléchir, il préférait que personne n’ait accès à son appartement. La confiance était devenue une chose précieuse dans un contexte où l’ordre public fonctionnait très mal, et nombre d’objets de convoitise pouvaient facilement être volés dans une demeure aussi luxueuse.

Même s’il était mal en point, il devait penser à son rendez-vous avec Jacob. Martin avait progressivement délaissé les affaires pour se concentrer sur l'homme. Autrefois source de revenu, Jacob s'était imposé comme un allié dans la jungle des grandes tours de verre où le billet vert dictait la conduite. Si les rencontres avec Jacob avaient longtemps été motivées par l'attrait du fond de son portefeuille, sa compagnie était devenue un argument suffisant pour déplacer son Altesse. En particulier maintenant que les affaires étaient ralenties au point où les entreprises fermaient les unes après les autres, il pouvait bien accorder quelques minutes à son ami. Sortir de chez lui était toutefois devenu une épreuve particulièrement intense. Son penthouse était le seul refuge qu’il avait, celui où il se retrouvait seul une fois éjecté du jeu et où personne ne pouvait juger son état physique ou mental. L’idée de prendre l’air et d’avoir un contact direct avec le soleil l’angoissait, pour la simple raison qu’il ne savait jamais comment son corps allait réagir. À l’instant où il posa le pied dehors, tout encapuchonné, sa vision se troubla pendant quelques instants, aveuglé par la lumière même au travers de ses lunettes. Il avançait péniblement, le temps que ses capacités lui reviennent.

À le voir aller, on pouvait facilement le confondre avec un mort-vivant. Démarche inégale et bras ballants, le simple fait de se déplacer représentait un effort incroyable. Prenant conscience de son état et de la pitié qu’il pouvait inspirer, il redressa les épaules et étira les bras aussi hauts qu’il le pouvait, puis se remis à marcher. Il fallait qu’il récupère le plein usage de ses muscles, et même si le fait de s’étirer n’était pas la solution miracle à son mal-être physique, c’était certainement un premier pas vers la récupération de ses moyens. L’air nauséeux faisait toujours parler de lui, et Martin manquait de vomir à chaque pas. Aux abords de l’endroit où il devait rencontrer Jacob, il reprit ses esprits autant que possible. Il retira sa capuche pour avoir l’air plus propre. Jacob s’attendait certainement à le voir arriver en costume. À vrai dire, il ne l’avait sans doute jamais vu sans cravate. Même si le monde était le théâtre d’une catastrophe et que la menace d’une vraie guerre civile planait au-dessus de la Cité venteuse, tout demeurait question d’apparence. Il devait avoir l’air en contrôle de ce qui lui arrivait. Face à Jacob, et une pongée de main amicale plus tard, Martin retira ses lunettes et dévoila d’importantes cernes, plus creusées qu’à leur habitude. Il laissa échapper un petit rire avant de répondre à son ami.

« Je suis plein de surprises. T’as pas fini d’être étonné. »

Il s’éclaircit la gorge. Ça devait bien être les premiers mots qu’il avait prononcé à voix haute depuis plusieurs jours. Jacob était un homme intelligent, et il comprendrait rapidement qu’il n’y avait plus grand-chose à envier à Martin dans un jour comme celui-là. Ce dernier ne voulait pas qu’un vague suspens ne continue à planer, et la meilleure chose à faire était encore d’aller à confesse. Son dos était affaibli par toutes ces heures passées inconscient dans son fauteuil, mais s’asseoir était encore la meilleure chose à faire ici. Arrêter de marcher lui avait donné le tournis, et la question du rouquin l’avait mis mal à l’aise. Il aurait pu prétexter une visite à un client dans les environs, le besoin de se rendre en cour, ou tout autres activités avec lesquelles il occupait traditionnellement ses après-midis, mais il n’en sentit pas le besoin. Il était suffisamment proche de Jacob pour lui avouer l’état de sa situation, et ce dernier était suffisamment intelligent pour en comprendre les causes.

« Je pensais que tu en aurais entendu parler. Les partenaires de ma firme sont partis. J’espère que tu ne voulais pas m’envoyer négocier quoi que ce soit, car je suis officiellement sans cabinet, et ça me fait perdre une large part de légitimité. »

Lui qui détestait ne pas être en contrôle de la situation avait réellement l’impression d’être tout nu. Ayant valorisé son ascension sociale et sa réussite professionnelle toute sa vie, et ne respirant que pour atteindre des objectifs toujours plus élevés, avouer cet échec s’avérait plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Il avait toujours redouté le jour où il finirait par tomber, mais il ne l’attendait pas à ce que ça arrive alors qu’il était au sommet de son art. Il n’avait pas engagé de processus pour se remettre sur pied, simplement parce que le DG occupait une vaste majorité de son temps. Il ne souhaitait pas non plus que la conversation tourne uniquement autour de lui.

« Et toi alors ? À cette période de l’année les petits couples riches doivent s’arracher toutes tes villas du Eastside. »
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Dim 31 Juil - 16:31
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jacob + martin
Le Martin se tenant à ses côtés n'était qu'une pale copie du Martin qu'il avait eu l'habitude de côtoyer. Les costumes ajustés, significativement plus chers et mieux coupés que ceux que possédait Jacob, avaient été laissés de côté pour faire place à une tenue des plus ordinaires mais dont les vêtements devaient tout de même être d'une qualité supérieure à la moyenne. Une fois ses lunettes retirées, Jacob remarqua la pâleur inhabituelle de son visage ou bien n'était-ce qu'un effet de contraste avec les cernes sombres en dessous de ses yeux fatigués. Si l'on additionnait à cela le fait que l'avocat normalement surchargé de travail ait pu se libérer en plein milieu de l'après-midi pour discuter avec quelqu'un n'étant qu'un ancien client, il aurait fallu être stupide pour ne pas se douter que quelque chose n'allait pas dans la vie auparavant admirable de Martin Hadley. Plein de surprises. Sa voix devenue sèche et rauque par plusieurs jours de silence ou au contraire, plusieurs jours de cris et de hurlements était en effet surprenante et ne fit que renforcer une série d'éléments déjà inhabituels venant de la part de l'avocat.

Bien sûr, Jacob était lui-même loin de l'homme vif et bien habillé qu'il avait pu être lorsqu'ils s'étaient rencontrés dans une sphère qui n'était encore que professionnelle. L'image furtive qu'il avait pu apercevoir de lui dans le miroir de la salle de bain ce matin n'était pas très glorieuse non plus bien que ses yeux ne soient pas aussi cernés et sa voix aussi rocailleuse que Martin. Il se demanda d'ailleurs si l'apparence de son camarade n'était pas liée au Darwin's Game. Avec les nouvelles lois à son encontre, il était difficile de déterminer avec certitude qui jouait au jeu prohibé mais avec la décrépitude latente de la société, il était également difficile de ne pas supposer que la population tout entière y jouait, à quelques exceptions près. Mais Jacob n'osa pas lui poser la question directement puisque cela entraînerait irrémédiablement un « Et toi ? », question à laquelle il n'avait pas véritablement envie de répondre. Son ami le plus proche l'avait déjà assez jugé comme ça pour son inscription, il n'avait pas besoin d'autres reproches.

Poser cette question aurait de toute manière été inutile puisque après s'être éclairci la gorge – probablement en ayant lui-même remarqué le caractère âpre de sa propre voix – Martin justifia amplement sa tenue et son agenda soudainement libéré et Jacob ne put qu'approuver mentalement les derniers propos de son ami : il n'était pas fini d'être étonné. La base si solidement bâtie, avec acharnement et patience, pour arriver au-dessus du lot, parmi les meilleurs des meilleurs, s'était donc écroulée. Avec l'état actuel du marché et les chutes consécutives de grandes entreprises, cela n'avait rien de particulièrement étonnant mais Jacob ne pouvait s'empêcher d'être surpris de la facilité par laquelle des années de travail pouvaient être balayées sous le tapis. Un jeu vidéo en ligne déchaîne les passions et le monde ne tourne plus rond. Secrètement, une part de lui était réjouie par cette triste nouvelle. Jacob avait certes eu une bonne évolution de carrière, très bonne même dans son milieu, étant parvenu à être directeur d'une agence reconnue parmi une dizaine d'autres comme étant les meilleures de la ville, mais son chiffre d'affaires et son poste perdaient immédiatement de leur prestige lorsqu'ils étaient à l'ombre de ceux de l'avocat des stars, Martin Hadley. Néanmoins, il était en plus grande partie écœuré que les heures de travail de Martin, qu'il avait toujours admiré pour son dévouement professionnel incroyable, soient mises à néant. Il avait été jaloux de cette carrière mais il n'avait jamais jugé que Martin ne la méritait pas, bien au contraire. Et voilà maintenant qu'il se retrouvait soudainement sans cabinet et sans partenaires, sans travail et avec dorénavant une quantité d'heures libres pour observer les plages de Chicago.

« Non, j'en avais pas entendu parler. Avec le flot constant de nouvelles démoralisantes, je sais plus où donner de la tête. » Il cessa de fixer le lac pour regarder brièvement Martin. « Désolé pour ton cabinet. » Il était sincère. Lui et Martin s'étaient évertués à travailler dur, en démarrant en bas de l'échelle pour grimper lentement mais sûrement et l'ascension de Martin avait été tellement grande que sa chute en était d'autant plus impressionnante. Jacob comprenait mieux le visage creusé et les cernes de son camarade qui devait être bien plus démoralisé encore qu'il l'avait été lorsqu'il avait dû s'avouer vaincu devant les bureaux vides et les semaines s'écoulant sans qu'un seul client ne franchisse la porte. D'ailleurs, sans grande surprise, Martin lui rendit la pareille en lui demandant également ce qu'il faisait ici en pleine journée en agrémentant la chose par une remarque qui laissa échapper un rire franc à Jacob. « Même le Eastside ne paraît plus très attractif avec les émeutes et les prisonniers en cavale. Si les gens ne sont pas occupés à s'entretuer en ligne, ils se terrent chez eux. Plus personne ne veut acheter des biens immobiliers et la plupart de mes employés ne venaient même plus travailler. » Il fit une courte pause et continua sur un ton léger, pour dédramatiser son échec. « J'ai dû me rendre à l'évidence et fermer l'agence. »

Étonnamment, il n'avait pas eu autant de difficultés qu'il aurait cru pour avouer son nouveau statut professionnel à Martin. Son sentiment d'infériorité avait été dissipé par la nouvelle sur le cabinet de Martin et dorénavant, ils n'étaient plus que deux hommes avec plus de temps libre un jour de semaine qu'ils n'en avaient eu depuis des années. « C'est pas si agréable que ça d'être en vacances à durée indéterminée hein ? En particulier quand on en a pas demandé. »
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Mer 10 Aoû - 22:27
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jacob & martin
Les nouvelles n’étaient donc pas bonnes de l’autre côté du banc non plus. Les services professionnels étaient en déroute, et les entreprises qui roulaient encore ne faisaient plus confiance à leurs sous-traitants. Sans grande surprise, Jacob lui faisait également part de la réticence des particuliers à acheter et investir. Martin vivait dans le Eastside, et il sortait si peu qu’il aurait été parfaitement incapable de confirmer ce que son ami lui disait. Du danger ? Des émeutes ? Dans le quartier le plus riche de la ville ? Son esprit divagua vers les images du genre de délits qui pouvaient avoir lieu dans son voisinage ; il s’imaginait sa vieille voisine aigrie, madame Wagner, détruisant les vitrines du Louis Vuitton en bas de chez eux avec sa sacoche en crocodile au lieu d'acheter avec l’argent que son défunt mari ne pouvait plus cacher sous le matelas chez sa maitresse. Les nouvelles n’étaient pas bonnes, et même cette vision ne pouvaient pas forcer Martin à sourire.

Apprendre le sort de l’agence de son ami était étonnamment la première grosse mauvaise nouvelle à laquelle il faisait face cette journée-là. D’habitude, cinq minutes de pleine conscience suffisaient à apprendre que quelqu’un d’important était mort à cause du jeu ou qu’une maman des suburbs avait vu ses enfants absorbés par l’univers virtuel. Trouver les mots s’avérait difficile, car il savait combien Jacob aimait ce qu’il faisait. Mais au fond de lui, Martin n’était pas réellement affecté. Être mis face à toute cette violence sociale et physique sur une base quotidienne l’enfonçait progressivement dans une indifférence qui faisait déjà largement parti de son identité en tant qu’homme d’affaires intraitable. Il ne s’était pas hissé là où il était en pleurant. Plutôt que de montrer une réelle forme de compassion, il se contenta d’utiliser l’humour.

« Si c’était toi mon patron, il y a longtemps que j’aurais arrêté de venir travailler. »

À vrai dire, il n’aurait jamais commencé à travailler. Il ne voulait personne au-dessus de lui. Que ce soit Jacob, Bill Gates ou Jupiter en personne ne changeait rien. Il offrirait un semblant de considération à des partenaires ou des associés tout au plus, mais jamais à un patron, et c’était pour cette raison que le format de sa firme était si séduisant pour quelqu’un comme lui. Il trouvait des clients qu’il gardait à vie, les chèques avec trop peu de place pour inscrire les montants des honoraires étaient envoyés, et chacun y trouvait son compte. Martin n’avait jamais considéré ses clients comme des supérieurs. Ils étaient plutôt des machines à aligner les billets verts, et représentaient le principal levier vers la réussite et la réputation qui venait avec. Sauf que là, il n’y en avait plus. Dans son malheur, Jacob soulevait très justement les vacances forcées dont ils pouvaient profiter.

« Mes premières vacances en 15 ans. Moi qui voulait faire une croisière dans les Caraïbes avec Adriana Lima, ça sera pour une autre fois. »

Ça n’était pas vrai non plus. Sous couvert de voyages d’affaires, il s’offrait chaque année une semaine à voguer sur son bateau dans son propre triangle d’abondance, entre Miami, la Havane et Cancún, avec un nouveau mannequin à chaque fois. Même si en cet instant il était trop misérable pour partir, il était plus que tenté. C’était comme si son esprit l’empêchait de prendre une décision rationnelle. Martin avait tant été obnubilé par le jeu dans les derniers mois que toute tentative de sevrage était vaine. Il pouvait partir et vivre sur l’eau pendant des mois et revenir guéri, mais il craignait de devenir fou entre temps et de se laisser avaler par le grand bleu. Être éloigné de son avatar plus que quelques heures lui faisait sentir le poids de la misère du monde sur ses épaules, et il le supportait difficilement ; le simple fait de venir voir Jacob l’exposait à une crise de panique.

« Aussitôt que la situation se calmera, on s’associera et on repartira en affaires. Tous ces vieux phoques du Loop retrouvent une deuxième jeunesse avec ce jeu de merde, la compétition est presque nulle. On revient s’asseoir ici dans un an pour discuter d’un plan, et six mois après ça on sera devenu les rois du pétrole. »

Bien que s’étant lui aussi fait avoir et avoir vu sa capacité de réflexion diminuée par l’entrain du jeu, Martin n’était pas encore complètement abruti par son impact. Il ne voulait pas que son expérience dans le DG s’arrête là, c’était trop tôt et il en avait besoin. Il était toutefois suffisamment prévenant pour entrevoir une porte de sortie au moment où le gouvernement finirait par reprendre le dessus sur ce chaos et ferait fermer ce jeu. Voulait-il vraiment s’associer avec Jacob pour autant ? C’était envisageable, mais il ne lui faisait sans doute pas encore assez confiance. Pour autant qu’il appréciât sa compagnie, le bonhomme à la barbe orangée devait encore faire ses preuves. Pour sa part, Martin avait prouvé sa valeur, ou du moins il en était persuadé. C’était Jacob qui l’appelait en cas de problèmes, pas l’inverse.

L’avocat rêvait en couleur s’il pensait que faire du business après un contrecoup pareil à l’économie mondiale serait si facile. Encagé dans ses rêves de grandeur, il se leva fébrilement et ramassa quelques cailloux qu’il s’amusa à jeter les uns après les autres dans le lac Michigan. Il ne tenait pas en place, et l’appel du jeu se faisait de plus en plus fort. Il se rappelait la fois où il avait été amené à se défendre en lançant des pierres à ses ennemis aux abords de la forêt de Darwin’s Harbor et que cela avait mal fini. Une fois à court de roches, il se tourna vers Jacob, mains dans les poches, et haussa les épaules avec une voix innocente.

« À moins qu’on finisse par découvrir que ce jeu n’est pas une plaie et qu’on trouve le moyen de l’exploiter. »
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Lun 15 Aoû - 11:41
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jacob + martin
Son amertume dissimulée tant bien que mal derrière un ton faussement léger, il expliqua ce qu'il était devenu de son agence. Dans un tel climat anxiogène, dans tous les domaines de la vie courante, les gens n'en avaient plus rien à faire de trouver un pavillon mieux placé que leur foyer actuel ou de trouver la maison de leurs rêves pour enfin quitter leur appartement devenu trop petit pour une famille où les enfants étaient pondus à la chaîne. Tout ce qui leur importait dorénavant, c'était de se sentir en sécurité et en paix chez eux pour qu'on les laisse jouer tranquillement ou pour prétendre sagement que le monde n'avait pas déraillé derrière leurs portes closes. Jacob avait entendu parler de villas de haute sécurité que les plus hauts placés dans la société, craignant pour leur vie ou encore pour leur patrimoine, s'arrachaient. Il savait très bien qui était chargé de leurs ventes et ça lui faisait mal au cœur d'imaginer un tel abruti arrogant s'en mettre plein les poches pendant que lui et nombreux de ses collègues avaient dû mettre la clé sous la porte. Son seul réconfort était d'imaginer que tôt ou tard, toutes ces villas sécurisées auront été vendues et puisque les promoteurs immobiliers avaient, pour la majorité, interrompus leurs projets de construction, faute d'ouvriers, il n'y en aura pas de nouvelles sur le marché avant une éternité et son « collègue » sera contraint de fermer à son tour, comme tout le monde.

Si c'était toi mon patron, il y a longtemps que j'aurais arrêté de venir travailler. Un rire jaune s'échappe de la gorge de Jacob aux mots de son camarade. Parfois, il se demandait s'il avait mal géré la situation. S'il aurait dû instaurer des pauses de quinze minutes régulièrement pour permettre à ses employés de se connecter au Darwin's Game pendant leur temps de travail, pour leur permettre d'assouvir leur besoin inexplicable de s'y connecter tout en les encourageant à se rendre à l'agence pour travailler un minimum. Mais il trouva tout de suite l'idée stupide : combien, au bout d'une quinzaine minutes, aurait volontairement trouvé le moyen de se déconnecter, que ce soit par une porte de sortie miraculeusement placée non loin d'eux ou en se laissant mourir au premier combat qu'il rencontrait ? Aucun, ils auraient continué à jouer jusqu'à ce que quelqu'un d'autre décide pour eux que la partie était finie. Et quand bien même il en aurait été autrement, ils n'avaient pas de clients et par conséquent, aucune visite à organiser, aucun dossier à trier et aucun contrat de vente à préparer. Alors Jacob tenta de se rassurer comme il pouvait sur ses méthodes de direction en ses temps difficiles et il finit par estimer qu'il n'aurait rien pu y faire de toute manière, il était donc inutile de ressasser inutilement toutes les options qu'ils auraient pu envisager avant de fermer l'agence.

Pour se changer les idées, il fit une remarque à Martin sur leur statut de vacancier forcé, avec amusement mais aussi avec une certaine rancœur. Il n'était plus rien sans son travail alors il n'était pas difficile de comprendre pourquoi il se focalisait dorénavant tant sur son poste de chef des crieurs au sein du jeu. D'une certaine façon, c'est tout ce qu'il lui restait. Heureusement, Martin lui répondit avec humour, ce qui fit naître un sourire franc sur les lèvres de l'agent immobilier, toujours occupé à observer le lac en face de lui. Une croisière dans les Caraïbes avec Adriana Lima. Il n'y avait que Martin pour sortir des choses pareilles. Jacob se demanda tout de même si cette note d'humour ne comportait pas une once de vérité. Après tout, avec la notoriété et l'argent dont disposaient Martin, il aurait parfaitement pu se prêter à ce genre d'activités bien accompagnées et le contraire serait même étonnant de sa part. « On sait jamais, tu devrais l'appeler pour lui proposer. Ça te ferait pas de mal de prendre des couleurs. » glisse-t-il avec humour à l'intention de son camarade. À ses côtés, Martin devait apparaître bien plus coloré que lui et sa carnation si caractéristique de sa couleur de cheveux mais Jacob avait tout de même été frappé par la pâleur du visage de Martin comparé à son teint habituel.

Ce dernier poursuit néanmoins avec une proposition fort étonnante que Jacob n'aurait jamais cru entendre de la part de Martin. Aussitôt que la situation se calmera, on s'associera et on repartira en affaires. Jacob était partagé entre l'amusement ou la méfiance face à une proposition si insolite, voire même ridicule. Martin, s'associer avec lui ? Foutaises. Les rois du pétrole. Ben voyons. Mais c'est toutefois cette dernière phrase qui fait rire Jacob au lieu de le faire froncer les sourcils. Il doutait sincèrement que le grand Me Hadley, l'avocat des stars, celui qui était passé sur le divan d'Oprah, voudrait s'associer à un simple directeur d'agence, une agence très appréciée certes mais qui ne faisait pas partie de l'élite comme l'était l'agence de son collègue profitant de l'insécurité ambiante pour vendre ses villas sécurisées. Quand bien même cette proposition n'était pas qu'une vulgaire blague, Jacob n'était pas certain de vouloir s'associer avec Martin. Il doutait sincèrement que le prestige de ce dernier puisse se propager jusqu'à lui et le placer lui aussi dans la lumière et bien au contraire, il craignait être plongé dans l'obscurité complète, toujours dans l'ombre de Martin. Et même s'il n'aspirait pas à la notoriété de l'avocat, il ne pourrait pas supporter une telle situation. « Je vois que t'as pas perdu ton ambition en même temps que ton job. » dit-il rieur, sans s'avancer plus.

À moins qu’on finisse par découvrir que ce jeu n’est pas une plaie et qu’on trouve le moyen de l’exploiter. « Oh mais certains en profitent déjà. » Sa réponse fut rapide et sans hésitation. Il n'avait même pas pris le temps de réfléchir quelques secondes avant de parler. Ou alors, il déversait ses pensées directement à haute voix, sans prendre la peine de juger s'il devrait garder son opinion pour lui ou non. « Ce jeu est loin d'être une plaie pour tout le monde. Bien sûr, la plupart de ceux qui l'exploitent le font pas légalement mais il n'en reste pas moins qu'ils en profitent grandement. Les dealers et les trafiquants d'armes doivent certainement s'en frotter les mains. Avec les manifestations qui débordent en émeutes, les gens doivent vouloir se protéger à tout prix tandis que les autres cherchent à oublier leur peur quitte à se ruiner pour quelques grammes de produit miracle... Au fond, je jette la pierre à personne. Depuis la nuit des temps, l'homme se fait de l'argent en exploitant la situation de ses pairs... » Il marque une courte pause et avec dédain, il poursuit. « Même dans des activités plus légales, certains se gênent pas. Un mec spécialisé dans l'East Side se fait un argent monstre en vendant des villas munies des derniers équipements de sécurité : quartiers fermés, caméras de surveillance, volets électriques. Il y en a pas beaucoup sur le marché alors il en profite jusqu'au bout et taxe au maximum tous les idiots friqués se précipitant dans son agence.  » Il s'étonne à peine de la rancœur qu'il déverse dans son discours et il se demande simplement ce qui le rend véritablement si amer. Ce n'est pas vraiment que les gens profitent de l'anxiété générale – c'était plus que prévisible – alors c'était sûrement quelque chose de plus personnel. Ça le réduisait à deux possibilités : son mariage qui se casse la gueule ou le jeu qui lui fait perdre la tête. Probablement les deux à la fois.
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Mar 23 Aoû - 22:03
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Appeler Adriana, ça c’était une bonne idée. Sans un mot, Martin se saisit de son téléphone, navigua au travers de son répertoire pour s’arrêter sur la page de contact de la jeune femme qui affichait une selfie d’elle et Martin. Le bouton d’appel pressé et le haut-parleur activé, il attendait qu’une douce voix s’élève pour impressionner Jacob. Après quelques tonalités, tout ce qui se fit entendre fut un message de répondeur en portugais. Elle ne voulait pas répondre ? C’était elle qui manquait quelque chose, pas lui. Une fois son cellulaire rangé, Martin se concentra à nouveau sur leur vraie conversation. Il constatait que Jacob avait une bien mauvaise opinion de lui-même. Était-ce une perte d’ambition que de vouloir s’associer avec lui ? Sans doute, mais si le contexte l’exigeait, c’était encore la meilleure chose à faire. Le monde des affaires était comme Darwin’s Harbor : trouver des alliés en qui on pouvait avoir confiance était une véritable épreuve, mais une fois lancés rien n’était impossible. Martin tapota l’épaule de son ami comme un père rassure son fils. C’était un geste un peu moqueur, mais l’heure était à la plaisanterie. « Quand je dis s’associer, ça veut dire que je considérerai la possibilité de t’embaucher pour être ma secrétaire. » Le plus misérable des deux n’était peut-être pas celui qu’on pensait, après tout.

La frustration dictait vraisemblablement les paroles de Jacob. Martin ne l’avait jamais vu s’exprimer avec autant d’ardeur ; lui qui se démarquait par son flegme et son attitude réfléchie s’était transformé en une boule de nerfs qui n’exprimait rien de plus que de la jalousie. Vendre des villas sécurisées au moment où le monde en avait le plus besoin ? Simple mécanisme d’offre et de demande. Toutes les richesses de ce pays avaient été exploitées par des hommes qui avaient été au bon endroit au bon moment. Être au bord d’une guerre civile n’allait pas défaire 400 ans de traditions entrepreneuriales. L’avocat n’allait pas jusqu’à se dire déçu de la naïveté de son ami, mais il le trouvait quand même candide. « Depuis quand ça te pose problème ? Tu es un homme d’affaires toi aussi, oses me dire que si tu en avais eu les moyens, tu n’aurais pas fait la même chose. Ton succès ne s’est pas construit en distribuant de la soupe aux pauvres, que je sache. » À sa grande surprise, parler affaires et débattre était plus que revigorant. Martin n’avait plus eu d’entrain pour quoi que ce soit dans les dernières semaines, et parler d’argent avait sur lui un effet libérateur. Il en oubliait les douleurs chroniques, l’envie d’alcool ou l’attrait du jeu pendant quelques instants et se sentait muer. Sa nouvelle peau lui donnait une impression de grandeur, la même qui l’avait guidé toute sa vie.

S’enflammer de la sorte avait pour effet de jeter un froid sur la bulle qu’ils partageaient. Mais après tout, Jacob s’était enflammé le premier. Tous deux avaient beaucoup de choses à dire et étaient tendus, c’était un fait. Même si les raisons de cette tension étaient différentes, elles tournaient toutes ultimement autour du jeu. Le maudit jeu. Le petit blond n’avait pas assez de doigts pour compter ses problèmes, et à en juger par la contrariété de son ami, la tourmente de Jacob allait également plus loin que la seule perte de son emploi, aussi dramatique soit-elle. À ce stade, Martin était curieux de savoir ce qui se tramait. Il était affaibli moralement autant que physiquement, mais n’était pas complètement idiot. Aussi loin qu’il s’en rappelle, et même dans les moments d’intense stress quand il s’agissait de sauver son agence d’une catastrophe légale, Martin n’avait pas le souvenir d’un Jacob aussi fâché. « Les problèmes sont plus graves que la fermeture de ton agence, hein ? » Son inquiétude était légitime. Si même quelqu’un comme lui pouvait perdre pied, ça signifiait que la situation était grave. La conversation avait fait volte-face et était désormais centrée sur Jacob. La curiosité de Martin reprenait le dessus sur les problèmes. Au final, il n’était pas certain d’avoir saisi la position de son ami sur tout ce qui se passait. Il avait un regard critique sur la situation, c’était certain, mais que pensait-il de la source du problème ? Il s’autorisa une question, au risque de laisser planer un nouveau malaise.

« T’as déjà pensé à essayer ? Le jeu, je veux dire ? » Martin avait demandé timidement. Il ne souhaitait pas trahir l’excitation qu’il ressentait face à la réponse que Jacob s’apprêtait à lui fournir, lui qui était complètement absorbé, sans vouloir l’admettre. Il ne manquait pas grand-chose pour qu’il devienne littéralement l’avocat du diable, celui qui se mettrait à défendre les bienfaits d’un jeu qui en apparence causait le chaos. Il n’avait jamais senti le besoin ou l’envie de prendre la parole publiquement en faveur du Darwin’s Game. Il n’avait d’ailleurs plus eu l’occasion de s’exprimer devant les médias depuis son passage chez Oprah. La lenteur de l’économie, le manque d’apparitions publiques des personnalités importantes, ou encore la perte d’intérêt générale pour les scandales juridiques de grande envergure avaient contribué à écarter Martin du devant de la scène. De toute façon, cette politicienne qui montait en puissance était le nouveau visage pro-DG, et si l’avocat pouvait éviter d’exposer au monde entier sa misérable condition, c’était encore mieux.
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Dim 28 Aoû - 22:17
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La réponse de Martin à son flot de paroles emplies de colère mais surtout d'amertume ne se fit pas attendre. Depuis quand ça te pose problème ? Tu es un homme d’affaires toi aussi, oses me dire que si tu en avais eu les moyens, tu n’aurais pas fait la même chose. Ton succès ne s’est pas construit en distribuant de la soupe aux pauvres, que je sache. Même si cela n'était sûrement pas l'intention de l'avocat, ses mots lui firent comme l'effet d'une claque parce qu'il estimait que c'était faux. Certes, l'on pouvait lui reprocher beaucoup de choses par rapport à l'évolution de sa carrière. Son opportunisme, sa flatterie et son hypocrisie pour n'en citer qu'une poignée. Il avait souvent agi selon son propre intérêt avant tout mais sans jamais dépasser les limites. Les éloges et courbettes qu'il avait destinés à ses anciens supérieurs pour avancer dans sa carrière étaient au mieux des exagérations et au pire, des mensonges, mais il n'en reste pas moins que cela ne faisait aucun mal à qui que ce soit. Il se contentait de flatter un ego qui ne demandait que ça, sans causer de torts. Et ces promotions, il avait travaillé dur pour les mériter. Il ne faisait que s'assurer qu'il serait effectivement récompensé pour son dur labeur, c'est tout. Il avait certainement enjolivé certaines choses lors de visites immobilières pour s'assurer davantage la vente mais il n'avait jamais menti sur quoi que ce soit et n'avait jamais caché les défauts d'un bien. Il avait simplement apporté des solutions avec entrain ou tenter de montrer les points positifs d'un défaut en particulier, quitte à exagérer quelque peu. Mais il n'avait jamais abusé de la confiance de ses clients. Il ne leur avait jamais promis des choses impossibles. Il ne les avait jamais volé. Alors, il n'est peut-être pas un homme admirable et pieux mais l'associer à un escroc exploitant la situation ou la naïveté d'autrui sonnait comme une insulte à ses oreilles. « Non, mais il s'est pas construit non plus en profitant de personnes qui ont peur pour leur vie. J'ai quand même une éthique et faire payer 30% plus cher une maison à des nouveaux riches qui se doutent de rien, c'est peut-être tentant sur le papier mais ça n'en reste pas moins abject. Mais bon, si c'est ce qu'il faut faire pour garder la tête hors de l'eau dans un contexte pareil, soit. Tant mieux pour lui et tant pis pour eux je suppose. C'est comme ça que ça marche maintenant de toute façon, non ? » Après tout, on ne pouvait rien y faire. Comme il l'avait déjà dit, l'homme exploitait ses pairs depuis le début de l'humanité et les choses n'avaient fait qu'empirer au cours des siècles. Et malgré la frustration que l'on pouvait deviner sur son visage, il ne  blâmait pas entièrement ces profiteurs, il pouvait les comprendre. Il n'appréciait pas forcément leurs méthodes et leur vision des choses mais leurs actes restaient compréhensibles et de toute façon, qui était-il pour leur jeter la pierre ? Au moins, ces gens-là avaient encore de quoi occuper leurs journées contrairement à lui.

Il n'avait pas pris la peine de se tourner vers Martin pour se défendre, préférant poser son regard sur la promenade devant lui, non pas parce qu'il avait honte d'avoir un tel point de vue, auquel cas il se serait tu. Il estimait simplement qu'il était préférable de regarder au loin, le temps que les tensions suscitées par leur bref échange s'estompent, en particulier puisqu'il n'en voulait pas à Martin en premier lieu même s'il avait été déçu et agacé par ses propos. Visiblement ce dernier avait d'ailleurs senti qu'une partie de l'animosité du rouquin était mal placée et qu'elle n'était que le résultat d'une situation plus complexe que l'exploitation de personnes crédules par des plus rusés qu'eux. « On peut dire ça comme ça... Mais j'ai pas vraiment à me plaindre, certains connaissent bien pire et puis je suis toujours en vie, ce qui est plus  forcément un acquis vu l'hostilité ambiante. » Certes, il considérait Martin comme plus qu'un simple collègue mais il ne lui faisait pas suffisamment confiance pour se dévoiler plus que nécessaire et s'il avait déjà du mal à parler de son ressenti à son plus proche ami, il en était tout bonnement incapable avec l'avocat qui devra donc se contenter de ces quelques mots sans pour autant savoir quels sont les problèmes en question qui agitaient l'esprit de Jacob. Il avait déjà avoué son échec professionnel alors évoquer l'échec de son mariage lui semblait inconcevable et bien trop personnel pour qu'il ne puisse l'aborder en détail avec qui que ce soit.

T'as déjà pensé à essayer ? Le jeu, je veux dire? La question manque d'assurance, est presque timide, et c'est ce qui fait tourner les yeux soucieux de Jacob vers ceux son camarade. Il n'aurait pas pensé qu'ils viennent à aborder le sujet du Darwin's Game, du moins pas aussi vite, et il en était presque gêné même s'il se garda d'en montrer tout signe extérieur. « Qui n'a pas pensé à essayer ? glisse-t-il à l'intention de Martin avec un léger sourire aux lèvres. Quand on entend tout ce qui se dit à son propos, il y a de quoi être curieux. » Il n'osait pas s'avancer davantage sur la question, préférant laisser en suspens l'éventualité qu'il a fait bien plus que penser à ce que cela ferait de jouer au Darwin's Game. Il ignorait s'il pouvait se permettre d'en parler ouvertement avec Martin, s'il allait le juger pour son inscription comme Edgar avait pu le faire avec des mots acides qui résonnaient encore dans son esprit. Alors, il hésite et il tâtonne, préférant rester sur ses gardes et se contenter d'une simple question mais aux implications un peu plus poussées qu'elle ne le laissait paraître. « Et toi ? T'as pensé à essayer ? » Tu t'es inscrit ? reste coincé au bout de sa langue. Il n'a pas le courage de poser cette question alors qu'au fond, c'est celle-là dont il veut la réponse, parce qu'il craint une réponse négative teintée de jugement envers ceux ayant cédé à la tentation. Mais alors qu'il observe le visage pâle et creusé de Martin, il se demande si c'est simplement la perte de son cabinet qui l'avait plongé dans un état pareil.
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Lun 19 Sep - 23:41
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Martin n’avait pas voulu remettre en cause les principes de son ami, et il se rendait compte qu’il y allait un peu fort. Dans cette situation, Jacob n’était pas la partie adverse et des millions n’étaient pas en jeu ; il n’avait pas besoin d’être agressif et de prouver que c’était lui qui contrôlait la discussion. Il redescendait d’un ton. « S’ils ont les moyens de payer 30% de plus, ils doivent être assez intelligents pour faire des calculs ou pour payer quelqu’un pour en faire pour eux. En bout de ligne, ils sont soit très malins, soit très cons. Mais de ce que j’entends, parier sur très con a l’air plus judicieux ! » Son ardente passion des joutes verbales faisait surface dans une situation où elle n’était pas nécessaire et dans laquelle elle pouvait lui brûler les ailes. Jacob était un homme vertueux, Martin un peu moins. Sa propre éthique professionnelle était un sujet sensible dans ce contexte où elle avait récemment été bafouée. Il se plaisait à dire qu’il était invincible, mais visiblement il ne l’était pas. Il en avait finalement eu la preuve.

Son ami se considérait chanceux d’être sain et sauf. Pussy, pensait Martin. Dans tous ses malheurs, il trouvait une forme d’excitation à vivre ce qui se déroulait sous leurs yeux ; des manifestations extrêmement violentes, une guerre civile sur le point d’éclater, une société entière mise à mal et qui traversait une des pires crises de sa jeune histoire. Tout ça dans un pays occidental, il fallait le vivre pour y croire. « Toute cette hostilité, ça a quelque chose d’excitant. Peut-être qu’on va avoir droit au premier assassinat d’un président depuis Johnny Kennedy. On est entrain de vivre l’histoire. » Il s’était quand même tenu loin des hostilités en question et n’avait participé qu’à une seule manifestation, par curiosité. Trop enfermé dans son monde, Martin ne se rendait probablement pas compte de la violence des échanges entre les représentants de l’ordre et les assaillants. Son esprit embrouillé le rendait irresponsable, et Jacob était bien celui qui avait raison. Dans le jeu, les erreurs fatales étaient pardonnables jusqu’à dix fois. Dans la vraie vie, il suffisait d’être au mauvais endroit au mauvais moment une seule fois pour se faire taire.

L’excitation doublait d’intensité alors que s’ouvrait la boite de pandore. C’était lui qui avait mis et tourné la clé dans la serrure. Il avait voulu savoir ce que son ami pensait du jeu en tant que tel, et Martin se rendait compte qu’il perdait ses tous moyens à la moindre mention du jeu. Il était vendu à ses vertus, il ne contenait pas son engouement pour ce que lui offrait le jeu, et il en oubliait tous les méfaits. Qu’importe la ruine, tant qu’il vibrait à l’intérieur. Il avait l’impression de passer son temps à se confier sur des sujets qu’il préférait garder secret. Il était à nouveau temps de se confesser. Martin était vulnérable et sentait le besoin d’admettre ses pêchés. « J’ai fait plus qu’y penser, j’ai essayé. » Il marqua un temps d’arrêt pour essayer d’entrevoir un semblant de réaction de la part de son ami, pour savoir si la sentence serait en sa défaveur et si la lame du bourreau tomberait. Il ne put rien distinguer et reprit, comme pour se justifier.  « Jake, tu devrais voir ça. C’est incroyable les possibilités que ça te donne, j’ai jamais fait quelque chose comme ça. » La justification était médiocre, mais il en pensait chaque mot. Le Martin pré-DG avait trop de principes pour s’essayer à ce genre d’exercices, mais le Martin en crise renaissait littéralement à chaque fois qu’il se connectait au jeu. Il retrouvait une deuxième peau bien plus en forme et qui faisait disparaitre tous ses problèmes : il souhait bonne route aux problèmes de travail, de drogue, de stress, de femmes ou de scandales. Ockham était le Martin des jeunes années, celui à qui un monde aux milles possibilités ouvrait ses portes et qu’il promettait d’exploiter jusqu’au summum du succès.

La curiosité avait eu raison de lui, et son enthousiasme à parler de cette faiblesse pouvait lui coûter cher. À chaque fois qu’il informait une nouvelle personne de son addiction au jeu, il s’exposait davantage. La situation était cependant différente que celle qu’il avait pu avoir avec Zoey. Jacob n’était pas une simple relation d’affaire, il était digne de confiance sur le plan personnel jusqu’à un certain point. En l’occurrence, Martin avait besoin de soutien plus qu’il avait besoin de se méfier de tout le monde autour de lui. « C’est mal, illégal, immoral ou tout ce que tu veux, mais ça fait un bien fou. » Il avait l’air d’un hérétique qui tentait de recruter des passants dans sa secte. C’était comme s’il avait trouvé son propre salut biblique. Il était aveuglé par le réconfort de son messie et en oubliait le mal physique et moral qu’il lui faisait. Sous le coup de l’excitation, l’avocat ne considérait pas une seconde que Jacob puisse être lui aussi embarqué dans cette malsaine aventure. Dans sa tête, c’était un homme trop réfléchi, intègre et intelligent pour tomber face à quelque chose comme ça.
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MessageSujet: Re: RETROGRADE / martin   Ven 14 Oct - 22:53
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On est en train de vivre l'histoire. C'était incontestable. Mais toute la question était de savoir si cette histoire serait enseignée avec une portée funeste ou heureuse, si elle serait admirée ou serait teintée d'une noirceur semblable aux bribes de passé dont l'humanité a honte mais dont elle s'impose le souvenir pour ne pas commettre la même erreur une seconde fois, comme si cela pouvait l'empêcher de commettre des erreurs tout aussi aggravantes. Néanmoins, l'excitation présente dans la voix de Martin était contagieuse et Jacob ne put s'empêcher de rire face au ton employé par son ami qui semblait exalté aussi possible d'assister à une période cruciale aux premières loges, dans l'attente insoutenable de savoir quels grands événements mémorables viendraient la ponctuer. S'il était vrai qu'il était inquiet et reconnaissant de ne pas encore s'être pris une balle perdue dans une réalité bien moins indulgente que ne l'était le Darwin's Game avec ses multiples vies, il était évident que son inquiétude prenait sa source dans quelque chose de plus grand et plus important qu'était sa curiosité car en toute honnêteté, bien qu'il semblait regarder les choses d'un plus mauvais œil que son camarade, il était tout aussi curieux que lui de voir ce qu'il adviendra des événements demain, dans une semaine ou encore d'ici quelques mois avec l'influence toujours plus croissante du jeu sur la population.

Au fond, il aurait dû se douter que le Darwin's Game vienne sur le tapis. S'ils étaient en train de vivre l'histoire, c'était bien suite à ce jeu, si l'on remonte à la source de tout. S'ils discutaient de l'état pitoyable de leurs vies professionnelles respectives et de la vie à Chicago en général, c'était bien parce que le jeu était venu tout chambouler et par conséquent, sa surprise mais surtout sa gêne à voir le sujet abordé par son camarade étaient mal placées. Si Jacob était gêné, c'était principalement parce qu'il avait cédé à la tentation comme tout le monde et que l'espace d'un instant, il craignait à nouveau être jugé par l'un de ses proches pour sa décision, peu importe si elle avait été réfléchie ou non. Alors il reste vague, préférant attendre de connaître la position de Martin afin de savoir s'il pourra avouer son inscription ou abjurer le jeu sur lequel il passait des heures pour éviter d'entendre davantage de remontrances sur le sujet. De la lâcheté ou de la tromperie, que cela soit pour l'un ou pour l'autre, il n'avait jamais prétendu en être exempt. Voilà au moins une chose que personne ne pourrait lui reprocher.

Un soulagement inespéré vient balayer ses appréhensions lorsque les mots de Martin s'imprègnent dans son esprit. Il a essayé, il s'est inscrit et s'il s'était inscrit, cela signifiait qu'il jouait encore puisque chacun finissait par apprendre les conséquences dommageables que pouvait engendrer une trop longue attente entre deux connexions. Martin n'allait pas le regarder avec dédain et déception en lui crachant des mots amers au visage puisqu'il avait cédé tout comme lui. Toutefois, craignant de s'empresser trop vite d'avouer à son ami qu'il était inscrit également seulement pour entendre ce dernier poursuivre sur le regret incommensurable qui l'habitait depuis qu'il s'était connecté pour la première fois au Darwin's Game, Jacob se contenta de lever la tête vers Martin avec une lueur d'espoir d'être compris, et non jugé, perlant au fond de ses yeux, sans pour autant prononcer un seul mot. Mais l'usage de son surnom par son camarade lui fit esquisser un sourire, renforcé par l'exposé admiratif que Martin lui faisait du jeu comme s'il cherchait à le convaincre de ses bienfaits et de ses merveilles pour que Jacob vienne l'y rejoindre, ses propos semblant penser qu'il n'envisageait même pas la possibilité que l'agent immobilier ait déjà un tatouage caractéristique ancré sur sa peau. J'espère bien que t'as jamais fait exploser des gens dans la rue ou alors vidé un chargeur sur un inconnu avant. pensa Jacob avec un sourire amusé envers l'attitude extatique de son ami, le laissant cependant poursuivre sur sa lancée. « Tu prêches un converti. Cela lui échappe alors qu'il continuait d'être amusé par l'éloge que Martin venait de faire au Darwin's Game, comme si le jeu en avait besoin quand on voit le nombre de visages différents que l'on pouvait croiser en son sein. Ses yeux verts  se rivent sur l'horizon instinctivement. Enfin, j'irais pas jusqu'à dire que ça fait un bien fou alors que ma gorge se souvient encore de l'ours détraqué qui l'a déchiré mais je vois où tu veux en venir. » précise-t-il dans un rire étouffé. Il avait une terrible envie de fumer une cigarette à cet instant précis, plus qu'il n'en avait eu envie pendant toutes ces dernières années et aussi décida-t-il d'aller acheter un paquet dès lors qu'il en aurait l'occasion, au diable si cela venait mettre à mal une résolution qui avait réussi à durer plusieurs années sans fléchir. Il voyait certes où son camarade voulait en venir avec ses louanges mais, sa rencontre infortune avec la faune du Darwin's Game mise à part, il ne partageait pas tout à fait son avis même si cela serait revenu à mentir que d'affirmer que le jeu n'avait pas ses intérêts, tels que se défouler, se vider l'esprit ou encore occuper ses journées.

« C'est étonnant qu'on se soit pas croisé dedans, j'aurais pensé que tu finirais chez les eshu. Visiblement ce n'était pas le cas, sinon les deux hommes auraient bien dû finir par se rencontrer au sein de la Pieuvre Mélomane. Jacob se permet tout de même de dévoiler son appartenance à l'équipe, estimant qu'il pouvait bien faire ça après avoir laissé Martin se jeter à l'eau le premier quant à la fameuse première connexion. Cela lui faisait étrange de parler aussi ouvertement et librement de jeu en dehors de celui-ci, en dehors de toute dispute ou échanges vénéneux et aussi insolite que cela lui paraissait sur le moment, ce n'en était pas moins agréable de se voir ainsi soulager de pouvoir parler avec quelqu'un qui ne décriait pas son geste, bien au contraire. Alors, t'es tombé chez qui? Le rouquin finit enfin par se retourner à nouveau vers son ami un sourire franc aux lèvres cette fois-ci, curieux de savoir à quelle équipe Martin appartenait.
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