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 WHAT WENT DOWN / KOBE
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MessageSujet: WHAT WENT DOWN / KOBE   Sam 30 Juil - 0:35
« Merde ! Casse-toi v'là les flics ! » Les sirènes hurlantes qui retentissaient de plus en plus fort firent détaler les deux hommes plus vite qu'ils furent arrivés. Callie pu enfin respirer. Elle regretta presque quand elle vit le mal de chien que ça lui faisait d'inspirer. Le visage douloureux contre le béton, elle essaya de ramener ses bras contre sa poitrine, s'isoler du monde pour encaisser l'humiliation qu'elle venait de subir. Les sirènes raisonnaient de plus en plus fort entre les immeubles, et le bleu et le rouge répétitif percutait chaque façade. Les vrombissements de voiture passèrent d'écho à véritable fanfare. Et les deux véhicules passèrent devant la détective au sol sans ralentir, ce qui l'acheva. Elle savait pertinemment qu'on ne venait pas pour elle. Mais quelle ironie c'était de voir ses anciens collègues passer sans même lui prêter la moindre attention.

***

« Arrête de me regarder comme ça Kob. Je te dis que c'est rien. J'étais juste pas en mesure de conduire. C'est pour ça que je t'ai appelé. » Callie pose une main sur la cuisse de son frère qu'elle tente tant bien que mal de rassurer. Elle ne voulait pas en faire tout une histoire. Et ce même s'ils se retrouvaient à passer la soirée aux urgences, son chemisier rougit par le sang et la moitié de son visage bleuté par les coups. Le brouhaha qui régnait en salle d'attente lui donna un mal de crâne infernal. Elle mit son pouce et son index de chaque côté de son crâne et tenta de faire abstraction de l'effervescence des lieux. Elle inspira profondément puis lança un autre regard en direction de son frère à qui elle adressa un léger sourire. « Et puis c'est loin de la première fois. » Plus jeune, bien plus jeune avant d'entrer à l'école de police, Callie était une habituée des chamailleries qui finissaient mal. Beaucoup trop souvent même. Et puisqu'elle refusait d'inquiéter sa mère, elle préférait se tourner vers Kobe. Ce n'était donc pas la première fois qu'elle lui faisait perdre une soirée à cause de son tempérament.

La blonde ne fait que dédramatiser la situation. « C'est qu'une agression, une parmi des centaines en ce moment. » Il n'y avait qu'à voir la salle d'entente qui ne désemplissait pas et les médecins, infirmiers, qui n'en voyaient pas le bout. Alors oui, pour sa sécurité -comme elle aimait le croire- elle ne s'étendait pas sur le sujet. Callie n'avait pas la force d'affronter la logique imparable de son frère ou da morale habituelle. Elle désirait simplement l'avoir à ses côtés, se sentir accompagnée quand au fond d'elle, elle bouillonnait de mille feux. Ce fut d'abord la rage amenée par l'impossibilité de se défendre contre ses deux agresseurs. Le dégoût et le sentiment d'impuissance pour s'être fait ainsi pitiner à deux pas de chez elle. Mais plus la fatigue l'emportait, plus elle avait la gorge nouée de sanglot qu'elle s'efforçait de contenir. Elle avait eu la peur de sa vie. Elle avait eu peur qu'ils ne contentent pas que de coup, peur d'hurler sans jamais se faire entendre, peur de finir là sans que personne ne le remarque. Aussi elle finit par flancher, venant doucement s’appuyer contre le bras de son aîné et déposer sa tête contre son épaule, fatiguée.

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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Dim 7 Aoû - 18:12
Lorsqu'il débarque, elle est à demi étendue au sol, le téléphone dans une main, sa gueule de rebelle de l'autre, tentant de trouver une respiration à travers sa trachée amochée. Il voit les bleus, il voit le sang, il panique un peu en sortant de la bagnole. "CALLIE !" Il l'avait connu casse-cou, casse-couille, aventureuse et bagarreuse, dès ses premiers pas, dès l'enfance où elle s'amusait à tourmenter sa sœur plus âgée de petits coups fébriles dont seul les enfants ont le secret. Puis adolescente, à se jeter contre plus gros, plus grand, plus fort, parce que la claque n'importait pas, tout ce qui comptait pour Calliopée Morrigan, c'était l'acte. La sensation de bien faire et de l'avoir cherché. De son impuissance comme des carnages de la gosse, Kobe s'était habitué ; mais de voir sa sœur bleutée et sanguinolente, jamais. Il lève les yeux sur la femme et tout ce qu'il voit, c'est ce bébé minuscule, cette enfant pétillante qui arrache son cœur d'une tendresse qui n'appartiendra jamais qu'à elle. Il ne voit que son amour et il oublie le reste.

Il conduit plus vite qu'il ne le devrait et il pense aux trois verres de champagne enfilés avant de venir et à l'officier blessée qui somnole sur le siège passager et Kobe pense que c'est bon, ça y est, si on l'arrête ce soir, tout est fini.

Lorsqu'ils arrivent aux urgences, ça grouille tellement qu'il faut encore qu'il harangue le personnel surchargé pour qu'on leur indique où s'assoir pour attendre. Attendre... Kobe jette un coup d'oeil aux blessures de Callie, qui tient encore debout malgré tout, et son regard parcourt l'assemblée sur le fond sonore de minimalisation de ses blessures : du Morrigan tout craché. "J'aimerai bien que tu m'appelles pour autre chose parfois." Dit-il la mâchoire serrée. Il n'a pas la force de lui en vouloir, pas plus qu'il n'aurait jamais la force d'élever la voix devant elle, mais il n'en pense pas moins. Ses instincts paternels font de son inquiétude une colère qu'il répugne en refermant sa main sur celle de sa sœur. Il ne lui sourit pas pour autant et ignore les coups d'œil qu'elle lui jette. Autour d'eux ça pousse, ça crie, des gosses défoncés dans des fauteuils roulants se font pousser vers des portes de sortie, un homme amputé hurle à la mort alors qu'on l'emporte au loin, et les regards hagards de joueurs littéralement en fin de vie hante l'espace du bleu vitré de leur yeux. Et Callie, Callie qui a beau essayé de dédramatiser la situation, Callie qui lui adressait des sourires à moitié désolé comme des pardons qui ne sortiraient jamais de sa bouche, Callie qui tremblait encore un peu du choc, de la douleur, de la peur sans doute.

Sa tête repose doucement contre son épaule. Kobe appuie la sienne en retour. Malgré sa colère, il aimerait pouvoir l'emmener loin d'ici. Malgré sa déception, il aimerait encore pouvoir la protéger de tout. Du reste du monde qui avançait vite, bien trop vite ; et peut-être aussi et surtout d'elle-même. Elle ne le laisserait pas faire. Mais ça ne l'empêcherait pas d'essayer. Pour attirer son attention loin du brouhaha des lieux, Kobe lança : "J'avais un date." Pas tant pour l'informer de sa vie amoureuse ou sexuelle, mais pour la forcer à la blague, au rire, pour faire descendre la tension d'un cran. Il le regretta aussitôt. "Phd en bio cellulaire. Jolie comme un cœur. Ca se passait bien en plus." Kobe renifle. Pas de tristesse, mais de lassitude. Le restau était bon, la conversation animée. Pas sûr qu'elle le rappelle après qu'il ait quitté la table sous prétexte que sa sœur était dans le pétrin. Il lui ficha un coup de nez dans la tempe en signe de remontrance. Il ne lui en veut pas. Bien sûr que non, il ne lui en veut pas. Il passa son bras autour des épaules de sa frangine. "T'as mal ?" Il lui sourit. Son index vient appuyer sur un bleu plus gros que les autres. "Et là, t'as mal ?" Dit-il en riant, de ce regard joueur, qui dissimulait l'inquiétude derrière un semblant de blague.

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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Dim 14 Aoû - 18:29
L'aîné Morrigan avait le don de placer les remarques comme il le fallait pour faire culpabiliser Callie. Chose loin d'être évidente pour une femme qui se souciait très peu des états d'âme des autres. Mais sa gorge se serre quand Kobe lui reproche ses coups fils toujours improviste. Si elle arrivait à appeler sa sœur aînée de façon plus innocente, elle ne se voyait pas l'appeler pour prendre bêtement de ses nouvelles. Ou peut-être parce qu'elle était se sentait obligée pour sa sœur et indifférente pour son frère, trop honteuse de toujours parler travail. Aussi elle préfère garder le silence tout en tentant quelque sourire désolé. Elle avait mal à ses lèvres fendues chaque fois qu'elle le faisait mais c'était son seul moyen de garder son affection.

Il évoque un rendez-vous et elle comprend l'instant suivant qu'elle a très certainement mis court à sa soirée qui s'annonçait surement meilleure qu'aux urgences. Quelle con elle faisait. Elle aurait mieux fait d'appeler Baker. Mais elle était forcée d'admettre, qu'au moment de faire le choix entre ces deux hommes, elle avait choisi le réconfort de la chaleur familiale. Il était plus simple de jouer aux petites filles aux côtés de son frangin qu'aux grandes filles aux côtés de son ancien collègue. Elle avouait sa faiblesse de la soirée. La blonde cherche quoi dire, autre que des excuses qu'elle sait par avance qui serait refusées. La douleur l'extirpe de ses recherches et, dans un automatisme quelque peu violant, elle claque la main de son frère. « Arrête tes conneries ! » Qu'elle lance dans une grimace douloureuse et un sourire amusé. Bien sûr qu'elle avait mal. Elle ne s'était pas pris une telle raclée depuis quelques temps, et c'était pas faute de les chercher. « Qu'est-ce que tu crois ? ... Elle se redresse alors, quittant son épaule tout en commençant à prendre des airs de dur à cuir. Elle tient quelques secondes puis soupire, rabaissant ses épaules en signe d'abandon. ...Carrément que j'ai mal. Tu te souviens quand je te disais que j'aurais jamais aussi mal que la fois où j'ai pris la rampe au lieu de l'escalier ? Et bien j'ai mentis. J'ai trouvé pire. » Elle se plaint, faiblit. Mais ce qui lui donne réellement mal à la tête, c'est l'excès de rage qui bouillonne en elle quand elle repense au deux connards qui s'en sont pris à elle.

Les médecins courent, les blessés défilent sans arrêt et Callie à l'impression que le temps tourne au ralentis seulement sur sa chaise et celle de Kobe. Finalement, une infirmière vient les voir pour leur demander de s'installer entre deux rideaux tirés, promettant qu'un médecin arriverait. Callie n'en croit pas un mot, la preuve, ils attendent à nouveau. « Comment elle s'appelait ? Ton experte bio-quelque chose ? » Assise sur le rebord du brancard transformé en lit, les deux mains agrippées au matelas, elle le regarde toute curieuse d'en savoir plus. Un peu comme elle venait l'embêter du haut de ses douze ans pour se tenir au courant des amourettes de son frère. « Si elle était si jolie que ça, pourquoi tu la rappelles pas ? Je suis plus à l'article de la mort, tu peux bien prendre cinq minutes pour arranger le tire . Elle hausse les épaules, puis propose. Ou si tu veux je te fais un mot pour prouver que t'étais bien là et que t'as pas fui. »


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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Sam 27 Aoû - 1:16
Le coup part en même temps que la blague, en même temps que le rire, et Kobe s'écarte de sa frangine avant qu'elle ne fasse plus que lui claquer la main. "Mais que fait la police." Ironisa t-il en prenant ses aises sur la chaise de la salle d'attente. Il aimerait pouvoir dire qu'il cherche la vengeance, la petite bête, la mesquinerie pour lui regretter l'idée et l'envie de l'appeler si tard un jour de week-end pour une nuit de folie aux urgences de l'hôpital de la ville. Mais quoi qu'il lui vienne de s'abstenir de gentillesse envers sa petite sœur amochée, une fois de plus, à ses côtés, Kobe ne peut s'empêcher de retenir l'angoisse, le tremblement infime qui lui parcourt les nerfs de la main, comme de minuscules soubresauts nés d'une appréhension plus grande que la rancune. Il les cache en les foutant dans ses poches, tapant nerveusement du pied au sol, comme si seul l'impatience pouvait être la raison d'un tel comportement, d'un tel geste, qu'il dissimulait proprement, et comme à l'accoutumé, aux yeux de tous. Kobe, y'a que son regard qui ment pas ; et lorsqu'il pose le sien sur la gosse apeurée à ses côtés, il lui vient à l'envie de l'enfouir dans le confort et la protection de ses deux pauvres bras, de la serrer si fort pour qu'elle oublie, qu'elle cesse, qu'elle ne souffre plus. Des maux qui l'ont touché comme de ceux qui la rongent. Rien de bon ne sort jamais d'un hôpital, et il n'est pas le dernier à le savoir.

Les murs pâles sont toujours les mêmes, leurs posters accrochés pêle-mêle pour combler les trous, combler les manques. Sa mémoire fait des bonds de l'ennui au souvenir, du souvenir au drame. Son regard parcourt les alentours et sa mâchoire se serre malgré lui. Il n'est même pas certain que ce soit la même salle, le même service, le même établissement. Ca n'a pas d'importance. Il ne se souvenait plus de grand chose sinon la douleur, sinon les visions floues, trouées, par le choc, le déni, la fatigue, du corps d'un enfant mort-né qui portait son nom. Alors non, il ne lui en veut pas. Mais d'entre tous il aimerait être le dernier à remettre les pieds dans un lieu aussi sinistre à son cœur.

A l'évocation de la chute dans la rampe d'escalier, Kobe fronça les sourcils et siffla entre ses dents. Il avait des souvenirs éparpillés de bobos diverses et variés. Mais certains avaient faits plus de dégâts que d'autres à ses angoisses. "Tu penses que c'était une vengeance ?" Le métier de Callie venait avec ses inconvénients et ses dangers, il n'était pas sans l'ignorer et malgré toutes les appréhensions que cela représentait, la famille entière avait fini par accepter les faits. C'était Callie, après tout. C'était la gosse qui manquait de s'ouvrir le crâne sur une longue série de marche et trouvait encore le moyen de se relever derrière pour en demander plus, et plus fort. C'était la petite dernière, la petite coriace, celle qui ne lâchait pas, rien, jamais. Son roc. Sa guerrière. "On va porter plainte après. Quand la police aura repris un peu de couleur." Dit-il en lui donnant un petit coup d'épaule. Il en a finit de la réprimander, et il sait qu'il trouvera bien un autre jour, une autre occasion, pour le lui rappeler, le lui assener, le lui faire rentrer dans le crâne. Il espérait simplement que ce jour là, elle aurait encore assez de force pour lui claquer sévèrement la main.

Finalement, on les lève de leur chaise pour le confort primitif d'une cellule faites de draps et de rideaux, ou une infirmière souriante aux traits tirés les invite à attendre de nouveau. Kobe s'est adossé au cadis d'outils médicaux en face de sa soeur, tandis que cette dernière fait voltiger sa langue dans des contrées qui ne la concernait pas. Il claque la sienne contre son palais en détournant le regard. "Qu'est ce que ça te regarde, toi ?" Qu'il peste comme s'ils avaient dix ans à nouveau. "Je suis même pas sûr de vouloir rectifier le tir, tu vois..." Marmonne l'astrophysicien en faisant jouer ses mains sur les contours d'un sac de coton. Il avait bien conscience d'avoir amené lui-même la discussion comme sujet de divertissement loin des douleurs qu'elles pouvaient ressentir, mais il était revenu sur sa décision devant tant de curiosité. Il restait des embarras dans sa vie dont Kobe ne s'était jamais tout à fait débarrassé, ses relations en étant une. Le gâchis de ses fiançailles avait laissé des marques sur sa fierté. "En parlant d'appeler." Lança t-il soudainement en sortant son portable de sa poche. Il composa le numéro d'un sourire presque mesquin. Une voix féminine décrocha immédiatement à l'autre bout. "Ik ben het." Commença Jakob en riant à moitié devant l'attitude de sa soeur. "Nee, we zijn nog steeds in het ziekenhuis. We hebben niet gezien dat de dokter, maar het ziet er niet zo slecht. Ik zal passeren." Il tendit le téléphone à Callie sans avoir besoin de lui faire les présentations. Maman. "Me regarde pas comme ça, j'ai eu la bonté de l'appeler vingt minutes avant de venir te chercher. Elle est calme là, tu ferais bien d'en profiter."


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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Sam 3 Sep - 22:19
« Porter plainte à la police ? Et la jeune femme ris jaune bien qu'esquisser un rictus réveille les plaies ouvertes de ses lèvres. Je vois pas ce que ces incapables feront pour moi. » Si elle était capable de cacher une part de vérité à son frère, difficile de nier sa haine envers ses anciens collègues. Dans son ironie, elle  faillit préciser qu'elle connaissait le coupable et qu'elle finirait par s'en charger elle-même. Mais elle n'ose même pas imaginer le regard que lui porterait son frère à ce moment-là. Aussi elle se contente de garder ça pour elle. Elle prévoyait déjà que, le coup prochain, ce connard passerait, non pas une soirée à l'hôpital comme elle, mais bien plusieurs jours. Elle éteind la rage dans son regard pour finalement porter une œillade à son frangin. C'est dans ce genre de moment qu'elle le déteste autant qu'elle l'envie pour la sagesse, quoiqu'un peu naïve, dont il pouvait faire preuve.

***

Callie voit dans les manies du blond, ses mains nerveuses et son regard ailleurs, qu'elle a relancé un sujet  que trop délicat si on considérait un passé encore brûlant. Ils en avaient jamais parlé. Pas parce qu'ils refusaient, mais parce que ça n'avait jamais été leur truc. Les Morrigan, particulièrement ces deux-là, vivaient deux vies bien distinct. Personnelle et familiale. Et si d'habitude les deux sont liés, eux avaient fait le choix de jamais mêlé ces deux choses. Ce qui, étonnement les gardait toujours aussi proche sans pour autant empiéter sur l'intimité de l'un et de l'autre. Mais la blonde mentirait en disant qu'elle se moquait ce dont son frère souffrait. Elle entend seulement le verre de trop pour un jour parler plus franchement.

Kobe dégaine son téléphone et, si elle s'interroge quelque seconde sur ses intentions, elle se retrouve très vite dos au mur quand il change de l'anglais au néerlandais. « T'es qu'une putain de balance Jakob. Tu pais rien pour attendre. » Qu'elle crache le plus vite qu'elle peut avant que le téléphone ne vienne à elle et que ses menaces atteigne le bout de la ligne. Elle le foudroie du regard, le faisant au passage patienter bêtement avec le bras tendue avant de saisir d'un geste sec le mobile. Cela changeait de l'affection qu'elle lui portait il y a encore de ça deux minutes. Le téléphone contre son oreille bleuté par les coups, elle ne fait qu'écouter, les yeux rivés sur son frère. Sa mère, au l'autre bout, continue de parler de sa langue natale quelques temps surement pour exprimer à qu'elle point elle était inquiète mais surtout énervée d'être inquiète à cause des bêtises de sa fille. Callie soupire. « Kobe m'avait pourtant dit que t'étais calmée. » Elle ose l'interrompre et regrette aussitôt. Elle baisse alors les yeux, cessant de défier son frère. Elle réponds alors par des oui ou des non tantôt coupable, tantôt exaspérée. La conversation s'allonge et évoque même Tilda alors qu'elle n'est au courant de rien, réussissant à faire culpabiliser la cadette. « Écoute le médecin est là, j'dois raccrocher. Oui. Ou- non. D'accord. » Et elle retire le téléphone de son oreille pour ne pas avoir à répondre à une marque d'affection.

Aucun médecin à l'horizon, mais ça avait tout de crédible pour mettre fin à cette conversation à sens unique. Callie s'accapare le téléphone, refusant de le rendre à Kobe sans même un regard. Elle tape frénétiquement sur l'écran tactile. Elle ouvre alors l'historique des appels et prends le premier nom féminin qui datait de ce soir. Et elle prend le raccourcit pour l'appeler. Le temps de quelques secondes, que l'appel s'établisse et, dès qu'elle voit le compteur du temps d'appel commencer, elle tend le téléphone. Une voix féminine se fait entendre. « Kobe ? » Puis Callie sourit alors qu'un médecin pousse en même temps le rideau qui les gardait dans l'intimité. « Calliopée Morrigan ? Je suis le docteur Duncun et... - C'est mon frère. Mais il a un coup de fils urgent à prendre, vous serez tranquil. »

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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Dim 11 Sep - 19:21
And if you want to bleed, just bleed

(+)


Il tend le téléphone et il attend que la main la prenne, s'en saisisse, l'emporte. Un sourire, mais vraiment, un mensonge. Les doigts se retiennent de trembler, et la voix s'impose, ferme, joueuse, empreint des tons rassurants que prennent parfois les adultes lorsqu'ils ont peurs. Elle lui impose la moue d'une enfant, les gestes brusques, vifs, comme ces ados blessés dans leur fierté, indifférent aux inquiétudes. Choppe le portable dans sa main qu'il manque de lâcher. Crache la remarque à l'interlocutrice qu'il imagine effarouchée, blessée, hoquetant d'une forme de haine que seul l'amour peut faire naître. Callie avait toujours eu cette brusquerie de sentiments, ce jeu perpétuel entre l'affection et la froideur, à demi-chemin de la traitrise. Comme une tête posée contre son épaule qui viendrait à s'échapper d'une claque brutale, soudaine. Et à leur côté, une mère qui lui avait souvent soupiré à quel point elle n'en pouvait plus, de tourner, de jouter, d'attaquer, de défendre ; de combattre cette furie qui avait élu domicile dans le corps de sa fille, sa dernière, son si tranquille et adorable bébé. Ce morceau de chair rosi par le vent d'Amsterdam, qui dormait en serrant ses petits poings dans un coin du landau. Morceau de chair bleuté par les coups, à présent, assis avec ce regard froncé, noir, animal, et une vengeance crachant dans les recoins d'une gorge, inaccessible et aveugle ; mais depuis quand. Depuis quand avaient-ils cessé de se comprendre. Depuis quand devaient-ils s'apprivoiser.

La conversation est à sens unique, des oui, des non, qui se perdent, finissent pas s'entremêler, et elle raccroche d'un geste rageur. Immédiatement, sans s'expliquer, pianote sur l'écran tactile du téléphone. "Calliopée." Prévient Kobe sur le ton de la réprimande. "Geef me mijn laptop meteen.* C'est de l'invasion de vie privée." Il s'avance mais d'un bras étendu, elle l'empêche de se saisir de l'objet. Il se bat l'espace de dix secondes puis abandonne, soupire, secoue la tête à la négative. Son sourire n'inspire pas confiance et lorsque la voix retentit, crépitant, Kobe s'insurge d'un regard, pointant un doigt inquisiteur vers elle, d'un silence qui en dit long. "Bordel de putain de m-" Le médecin fait irruption d'un mouvement de rideau et que Callie enchaine l'arrogance avec plus d'aisance qu'un débat présidentiel. "Les téléphones sont interdits ici." Dit le docteur Ducon sur le ton de la réprimande blasée. Et Kobe de mugir de colère à l'égard de sa sœur. "Faites-lui mal surtout." Qu'elle s'en souvienne. Que l'envie lui passe. "Et prenez des photos avant, on veut déclarer une agression en groupe avec blessures aggravées." Et de s'échapper sans un mot de plus à travers la salle des urgences, à travers la salle d'attente, jusqu'à la sortie où l'air frais de la nuit lui fracasse les poumons.

Elle n'a pas idée. Elle ne réalise pas. A quel point ils ont, tous, peurs. Et à quel point elle leur fait du mal, elle, ses joutes continuelles, ses batailles qui durent, depuis longtemps, trop longtemps. Il aimerait mettre un nom sur l'ennemi mais c'est comme essayer de saisir la fumée ; c'est un concept qui avait besoin de fluidité pour exister. Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus depuis longtemps. Il pensait qu'elle avait fini par grandir, que ça lui passerait, ces mauvaises habitudes, ces tendances à l'insurrection - et peut-être qu'il devait être heureux que ce ne soit pas la drogue, l'alcool, la scarification pour ce qu'il en savait - maintenant il prie pour que ce soit visible, pour que ça se sache, pour que ça fasse parti de ses cordes - mais quel genre d'obscur connard choisit entre la peste et le choléra pour la seule raison de sa compréhension clinique égoïste.

"Allô ?" Dit Kobe d'une voix blanche. A l'autre bout, on lui parle, on lui répond. Ca existe et ça s'inquiète - et ta sœur, ce n'est pas si grave finalement ? - oui je suis bien rentrée - non ce n'est pas grave, je comprends, je comprends, je comprends. Il se répète les mots pour lui-même mais tout s'échappe aussi vite qu'ils y entrent, dans cette caboche sur le point de rupture. Finalement, après deux minutes d'une conversation inintéressante, il raccroche. Il a déjà oublié ce qu'il lui a dit, pas de promesses, pitié, pas de promesses.

Lorsqu'il resurgit à travers les rideaux, Ducon est parti. Kobe s'assoit sur son siège, sagement, range le portable dans la poche de son blouson. Loin de mains agiles de sa sœur et de la perspective d'une autre provocation. Il la regarde longuement. Le regard fixe, le visage appuyé sur une main, le bras sur le genou. Derrière l'intimité du rideau tiré, la vie s'étire et résonne en vacarme. "Quand t'étais petite, peut-être quatre ou cinq ans, tu courais toujours voir papa quand tu t'étais fourré dans des emmerdes pas possible. Jamais maman. Toujours papa." Il lui sourit. C'est un souvenir parmi d'autres, que cette frimousse blondinette se jetant dans les bras du paternel avec force d'amour et de compréhension. "Het is moeilijk voor haar, weet je.** Avec Tilly et-" Il se coupe lui-même avant qu'elle ne le fasse. Parce qu'elle sait. Elle sait sûrement. Il ne peut pas imaginer le contraire. Il le lui rappelle pour la forme. Pour que ça fasse son chemin. Que s'il ne la comprenait pas, elle pourrait peut-être le comprendre lui.

Il enfonce son dos dans le fauteuil, les bras au-dessus de sa tête, écrasant son cuir chevelu jusqu'à l'arrière de son crâne. Réfléchissant. Ses yeux parcourent la pièce et il est pris d'un rêve idiot, fantasme ridicule qui fait son chemin assez brutalement pour ranimer le ton de sa voix jusqu'au murmure. "Tu veux pas venir travailler avec moi à l'Université ? Je te trouverai quelque chose à faire." Il s'interrompt comme pris d'une révélation et d'un geste lent de la main, annonce : "Tu pourrais être ma préposée au café ?" Puis plus sérieusement : "On pourrait être tous les deux, on irait voir Tilly le week-end, ce serait cool." Deux fillettes court sur les quais du port d'Amsterdam, un morceau de bois dans la main, qu'elle balance à hauteur de visage sans crainte, sans peur; et l'odeur de fleurs fait son chemin à travers l'iode et le gasoil des gros voiliers. "Vous me manquez, toutes les deux." Il n'est pas certain qu'il l'a dit, ou si ce n'est qu'un souvenir.


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* Rends-moi mon portable tout de suite.
** C'est dur pour elle, tu sais.



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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Ven 11 Nov - 4:34
Calliopée, l’ex-policière droite dans ses bottes, teigneuse mais d'une rigueur implacable, la détective qui ne jure que sur son professionnalisme, la jeune femme prête à se sacrifier pour ne serait- ce que pour combattre une petite injustice… n'est qu'une enfant capricieuse. Callie est une petite fille qui n’a de cesse de défier l'autorité, tout particulièrement masculine. Si jamais elle oserait faire face à sa mère, elle n’a aucunes hésitations à s'en prendre à son frère. Ce coup de fils, elle le prenait comme une punition. Et si elle détestait ça petite, elle ne le supportait encore moins la trentaine passée. C'est pourquoi elle se venge, défiant son frère en le mettant face à ses propres responsabilités. Il part la mine renfrogné, dans une dernière tentative de riposte, et Callie sourit comme si elle avait gagné. Laissée seule avec le médecin, elle perd aussitôt ce sourire de peste et met en garde le document dès qu'il s'approche avec son aiguille. « Pas de photo. C'est mon frère pas mon père. »

La blonde douille. Elle s'imagine déjà la gueule plein de bleu violacé et des bosses improbables. Son frère revient et la môme l'ignore, trop occupée à examiner du bout des doigts les divers points de sutures. En réalité, elle l'observe là, du coin de l'œil. Il n'a pas l'air fâché. Peut-être parce qu'il ne l'a jamais été. Il se prend à rêver du passé et là, Callie comprends qu'elle a encore perdu. Ou du moins qu'elle jouait seule. Elle est prête à baisser sa garde quand il mêle Tilda à tout ça pour la faire culpabiliser. Parce que non, elle ne comprend pas. « Tilly n'est plus une enfant à couver. » C'était une femme, une combattante, une Morrigan. Finalement la détective bondit du lit et saisit sa veste qu'elle s'empresse d'enfiler alors que ses muscles rougis la tiraillent de part et d'autre. Ce qui est loin de tirer Kobe de ses rêveries. « Mais bien sûr. Et puis je passerais le balais pendant que tu corriges tes copies histoire de m'avoir à l'œil ? Autant faire de moi un rat de laboratoire. » Qu'elle réplique avec son cynisme habituel alors qu'elle rassemble ses quelques affaires. Elle veut finir avec cette endroit et l'utopie de son frère. « Tu me ramènes à la maison ? » Il ne saurait dire non. Elle le sait. La jeune femme esquisse un léger sourire, sans affront, sans défis. En s’arrêtant à côté du fauteuil, elle porte doucement sa main vers la tignasse du blond et tire quelques une de ses mèches fatiguées. « Les coiffeurs mordent pas tu sais. » La tentation est trop forte pour rester sage plus de trente secondes.

Ni une, ni deux, elle s’empresse de remplir la procédure pour sortir. Elle qui était familière des hôpitaux, elle savait qu’il fallait le plus souvent se battre pour sortir au plus tôt. Mais les temps avaient changé et désengorger les couloirs devenait la propriété des infirmières. Ce qui ne manquait d’arranger la jeune femme. Elle ouvre alors le pas, plus rapide que jamais, pour retrouver la voiture qui avait fait office d’ambulance plus tôt. Callie demeure silencieuse, de la sortie de l’hôpital jusqu’à leur arrivée devant son immeuble. Elle fait passer ça pour de la fatigue. Elle ne ment qu’à moitié, elle est vraiment fatiguée. Mais c’est plutôt comme si elle avait laissé en suspens la conversation et qu’elle y réfléchissait encore. Dire que ses aînés lui manquent tout autant lui arracherait la langue. Elle ne peut pourtant le nier. Depuis qu’elle a rendu son badge et son arme, soit ses valeurs et sa force… Elle fait mine de garder la tête haute quand tout ce qu’elle fait en réalité, c’est foncer tête baissée. Il était peut-être temps de prendre une pause et reprendre son souffle. « Je peux dormir sur ton canapé ce soir ? Fait-elle à demi-mort alors qu’elle ne veut pas sortir sur la voiture. Comme ça on pourra se lever tôt et demander à Tilly si elle veut déjeuner avec nous ? » Elle écrase sa chevelure contre le siège et sa tête flanche du côté du conducteur, l’épuisement ayant raison d’elle. Sauf que même la soirée mouvementé qu’elle vient de vivre n’aura pas raison d’elle. Sa porte avait été défoncée, une partie de son appartement ravagée, rien qui pouvait lui inspirer la sécurité nécessaire pour s’endormir. Alors qu’elle savait, à l’instant même où il l'emmènerait à la maison elle dormirait comme une enfant insouciante à peine sa tête sur l’oreiller.



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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Sam 19 Nov - 23:51
Il devrait s'en vouloir de balancer sur elle toute la culpabilité du monde, mais quelque chose lui dit qu'il avait bien fait. Il la voit monter sur ses grands chevaux, chef incontestée d'un troupeau hautain et arrogant qui se veut insurmontable mais qui flanche, rapidement, sous les insinuations répétées. Kobe aime Callie. Il aime sa sœur plus que tout. Pour tout ce qu'ils ont vécu tous les deux, parce qu'elle est comme lui, chair et sang d'une femme qu'il considère être son modèle. Parce qu'elle était la petite dernière et qu'il fallait bien qu'il y ait quelqu'un, dans cette portée, pour la remettre dans un chemin ni trop droit, ni trop abrupte. Mais lorsqu'il évoque le chainon manquant à leur soirée fraternelle, son cœur se serre. L'angoisse monte et la peur s'insinue. Tout ça, leur confort, leur famille, c'est si fragile. Si petit, si insignifiant, pour le reste du monde. Il aimerait qu'ils puissent tous voir de ses yeux, à quel point leur écosystème méritait de persister, à quel point lui-même en avait besoin pour vivre, continuer, se lever le matin, croire en leur persistance plutôt qu'à un quelconque Dieu pour lequel il n'avait ni nom, ni visage, ni foi. Mais il y a Tilda, malade. Il y a sa mère, qui vieillit. Et Callie qui s'insurge et se fracasse contre des murs dont lui-même ne parviendra pas à l'extraire.

Vouloir la garder près de lui n'est qu'une chimère, un bien joli rêve qui n'a de grâce que parce qu'il est irréalisable. Quelque chose dans ses tripes qui ne veut pas encore abandonner. Alors il a beau ignorer la remarque sur Tilda - ils avaient toujours eu des opinions différentes quant à sa capacité à affronter le restant d'un monde qui aurait préféré la laisser à l'abris dans un lit, Kobe y compris - il ne peut s'empêcher de se morfondre dans cet espoir idiot de garder la plus jeune près de lui, même pour quelques temps. "Je suis sûr qu'il y a plus d'un universitaire qui serait ravi de pouvoir te mettre dans une cage et t'observer. T'inventes tous les jours une nouvelle manière de te foutre en l'air, c'est du génie, je t'assure." Il le lui glisse avec la gentillesse moqueuse d'un frangin, mais la vérité est aussi abrupte que le sont ses mots. Elle semble l'ignorer, et Kobe n'insiste pas. Lui aussi commence à fatiguer. Ni une ni deux, Callie est déjà debout, les papiers de décharge dans les mains et il trouve encore, d'il ne sait où, la force de lui dire qu'elle n'est pas en état alors qu'elle tire ses mèches de cheveux comme si ça allait changer quelque chose. "Tu es bien amochée. Tu devrais rester." Et il sait bien qu'il gaspille sa salive pour rien, que cette fille n'écoutera pas, qu'elle ne l'a jamais écoutée. Qu'il perd son temps. Mais il faut bien quelqu'un pour le lui rappeler, car il craint le jour où il ne sera pas dans les parages pour lui assener des remontrances qu'elle pensait acquises. Il y a des constances dont il vaut mieux se conforter.

Il ne peut pas lui dire non. Il n'a jamais su dire non, pas plus qu'à elle qu'aux autres. Il avait toujours été un lâche, c'est ce qu'il se disait en marchant péniblement jusqu'à sa voiture, Callie à ses trousses, les clés dans les mains. Il regretterait sans doute un jour de n'avoir jamais su gueuler, s'énerver, prendre la peine de s'affirmer. Apollo faisait ça bien pour lui, dans un autre monde, une autre vie ; mais ce qui comptait réellement, n'était-ce pas celle-ci, bien réel, bien tangible ? Il fait vrombir le moteur de la bagnole, silencieux, pas mal remonté malgré tout. Il s'en veut de la laisser à cet appartement vide et froid, il se demande ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, aussi. Depuis quand ils ne lui suffisent plus.

Il gare la voiture en face de l'immeuble dans le plus grand silence. Une minute passe. Kobe, les deux mains sur le volant, s'impatiente. Parfois, il a l'impression qu'elle s'essaye à le punir, sans arrêt, pour chercher à la protéger de tout et surtout d'elle-même. Mais au bout d'un moment, la petite voix s'élève, murmurée, dans la plus grande fatigue. Morrigan qui regardait dans le rétro de la bagnole, tourne la tête. Il l'observe et il cherche. Est ce une blague ? Est ce de la pitié ? Il n'est même plus sûr de son sérieux, pourtant lorsqu'elle évoque Tilly et la possibilité d'un déjeuner, le mensonge commence à s'estomper. "Bien sûr." Dit Kobe, soulagé sans le laisser paraître. Il fait redémarrer le véhicule et alors que les lumières de l'autoroute font clignoter l'habitacle, il ajoute : "Tu veux lui laisser un message pour lui dire que tout va bien ? A l'heure qu'il est, elle a sûrement entendu maman se lamenter au téléphone avec une amie." Il lui jeta un clin d'œil. "Tu es le sujet préféré de leurs conversations lors de leurs après-midi thé." Il enfonça le véhicule dans le parking souterrain privé de l'immeuble. Lorsqu'il ouvrit la porte de l'appartement, le rappel de sa vie bordélique s'afficha au grand jour. Les boites de pizza s'entassaient pêle-mêle parmi les feuilles de cours et la télévision, encore allumée, crachait les inepties de ces heures ridicules où personne n'a encore la force de réfléchir devant le poste. "Tu peux prendre mon lit." Dit-il en essayant de minimiser le bordel qui régnait dans l'appartement. "Je dois préparer des cours pour demain, je vais rester debout encore un petit moment. Sers-toi dans la cuisine et la salle de bain." Il ne se rappelait pas la dernière fois qu'elle était venue, mais ce devait être peu après sa rupture avec Félicity. Il se retourna soudainement pour l'observer sur le pallier et le souvenir lui parut flou, lointain. Elle n'était plus cette enfant qui lui avait tenu la main sans savoir quoi faire. Il lui jeta une boite de céréales dans les bras comme pour l'inciter à manger au moins un petit quelque chose et s'affala dans le canapé, une bière à la main, un dossier de notes volumineux dans l'autre. L'estampe gaufrée de la NASA brillait sur la couverture.

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MessageSujet: Re: WHAT WENT DOWN / KOBE   Mer 23 Nov - 15:59
Perdu dans son reflet défiguré de la fenêtre, Callie ne voit pas la réaction de son frère à sa demande. Elle en a pas vraiment besoin à vrai dire. Son imagination lui suffit pour visualiser cet air bêta qu’il pouvait prendre. La dernière fois qu’elle l’avait vu avec ce visage, c’était lorsqu’il était venu lui annoncer la grossesse de Felicity. Ce souvenir remontait à tellement loin qu’elle l’avait finalement épié du coin de l’œil, juste pour le voir sourire. Elle espérait que cela aide, ne serait-ce qu’un minimum, à rattraper tout ce qu’elle avait pu lui faire endurer ce soir. La voiture redémarre alors et la blonde tend sa main pour saisir dans la poche de son frangin son téléphone. Elle s’empresse aussitôt de lui préciser que le sien est dans son appartement ravagé. Elle promettait au passage de ne plus recommencer ce mauvais coup, à condition que lui aussi ne la force plus à confronter sa mère au téléphone. La blonde n’a pas besoin de fouiller loin pour trouver dans l’historique de ses appels le nom de sa sœur aîné. Elle sourit en imaginant ces deux-là s’appeler beaucoup trop souvent, parfois même pour des broutilles. Au bout de quelques secondes, après avoir porté le téléphone à son oreille, la remarque fuse. « Tu sais ce qu’elle dit la teigneuse ? » Réplique aussitôt Callie pour surprendre Tilly qui pensait entendre la voix de Kobe. Elles échangent rapidement sur son état dans un humour léger et taquin et quelques hésitations, la cadette lance sa proposition. Et elle est aussi d’accord, Callie n’a même pas besoin de continuer sur sa lancée pour qu’une heure et un lieu soit fixés. Puis à sa demande, elle met la conversation sur haut-parleur pour qu’elle échange quelques mots dans leur langue natale avec son frère. La jeune femme avait roulé ses yeux avant de raccrocher, soulignant pour la énième fois qu’elle comprenait.

Dans l’appartement de Kobe, elle ne fait aucune réflexion sur le bordel ambiant. parce qu’il faut croire que c’est de famille. Elle ne peut s’empêcher néanmoins de porter son regard sur tout ce qui peut l’attirer, particulièrement ses cours. Elle lit les gros titres, observe les images abstraites qui semblent passionner son frère. Surprise dans son espionnage, elle attrape la boîte de céréale de peu. La blonde ne se fait pas prier pour manger mais, par sécurité, elle vérifie d’abord la date de péremption avant de se faire un bol dans la cuisine. Après avoir laissé traîner son manteau dans un coin pas plus en bordel que d’autre, elle s’avance d’un pas fatiguée vers le canapé et s’y trouve une place, calée contre l’accoudoir. Dissimulant ses pieds entre deux cousins, elle entame son bol en prêtant que peu attention aux sons ennuyant de la télévision. A la place, intriguée par le travail qu’il doit finir, elle désigne ce qu'il écrit du menton, curieuse. « Ça parle de quoi ? Tu me lis un bout ? » Elle veut écouter comme une enfant réclame une histoire avant d’aller dormir. Et alors qu’elle finit ses céréales, déposant le bol en équilibre sur des dossiers empilés sur la table basses, elle se couche replier sur elle-même, la tête contre l’accoudoir. Endroit où finalement, elle finira par s’endormir.


- FIN -

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