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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY
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MessageSujet: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mar 9 Aoû - 18:03
FUTURE IS NOW
En sortant ce jour-là pour aller chercher de la bouffe dégueulasse au fast-food du coin emmitouflée dans des habits trop grands déformés par le temps – et aussi rongés par les mites qu'ils puissent l'être – Mera ne s'attendait pas à devoir affronter la plus grande épreuve de sa vie : l'accouchement. Il ne lui restait plus qu'un jour avant le jour fatidique et elle craignait que chaque soir soit le dernier pour les mauvaises raisons. Parce que le DARWIN'S GAME briserait net son avenir de mère et de femme responsable. Or, elle était préparée à cette perspective, bien plus qu'à celle de perdre les eaux au milieu d'une rue crasseuse de Chinatown la veille du jour-j, sans avoir pris soin d'emporter avec elle ni porte-feuille, ni téléphone portable, et encore moins le manuel apprenant comment chier son gosse sur les pavés, derrière deux-trois poubelles remplies de nourriture chinoise. Heureusement, lorsque le moment gênant survint, Mera était complètement seule et personne n'en fut témoin.  « Non, non, non !! Pas maintenant, s'te plaît ! » supplia-t-elle en paniquant, le cœur au bord des lèvres. Cette fois c'était sûr, Mera avait envie de crever. La première contraction lui coupa le souffle, la seconde l'obligea à tituber jusqu'au mur pour ne pas tomber. Ce n'était pas sans lui rappeler le mois précédent, lorsque cet homme, Luke, l'avait tirée d'une situation comme celle-ci. Mais il n'y aurait pas chaque fois une âme charitable pour la sortir de ce pétrin, et il fallait qu'elle réfléchisse vite et bien malgré la douleur qui la terrassait et l'empêchait de se relever. La brune lança un regard noir à son ventre rond prêt à exploser et menaça :  « Tu m'as emmerdée pendant neuf mois, neuf putain de mois ! Si tu sors maintenant, je te jette à la poubelle directement, t'as compris pois-chiche ? Ou j'te file aux chinois pour qu'ils te transforment en nem ! Tu restes là où tu es le temps que je trouve une solution ! » La sueur perlait sur son front et sa nuque, trempait son dos écrasé contre le mur de béton. Rien n'y faisait, elle ne savait que faire. L'idée de se montrer comme ça en public pour demander de l'aide la terrifiait ; elle serait vulnérable, et n'importe qui pourrait prendre avantage d'elle. La paranoïa l'emportant sur le bon sens, Mera décida de se laisser mourir ici. Elle se dégouttait d'imposer une telle épreuve à son enfant, pour qui ce ne serait pas plus facile qu'elle dans un monde comme celui là.  « Quelle vie, hein ? Je suis désolée, désolée, je ne sais pas quoi faire … T'as vraiment la pire mère du monde. T'as intérêt à survivre à ça. Comment je ferais sans toi, moi ? Comment je peux vivre sans toi, maintenant ? » supplia Mera en caressant son ventre d'une main. Elle tenta de reprendre sa respiration et de recouvrir ses esprits. Céder à la panique ne l'aiderait en rien à trouver une solution rationnelle à son problème. Étrangement, la première personne à laquelle elle pensa fut Vincent. Vincent aurait trouvé une solution. Voilà bien longtemps qu'elle ne s'était plus autorisée à penser à lui pour ne pas souffrir ; en l'occurrence, cela lui permit de se hisser sur ses pieds et se relever. Vincent aurait avancé. Mera fit quelques pas, manqua de trébucher, mais ne s'arrêta pas. Jusqu'à ce qu'elle tombe face à cette silhouette inconnue. Le cauchemar recommençait. Cet homme-là était-il bon, ou un danger potentiel ? La jeune femme chercha à tâtons le couteau qu'elle gardait dans sa poche, mais la douleur et les tremblements l'obligèrent à lâcher prise et l'arme roula au sol. Aussi finit-elle par choisir de jouer les candides devant l'homme qui regretterait amèrement de s'en prendre à elle s'il tentait quoi que ce soit.  « Aidez-moi, je vous en prie. Je … » Je vais avoir mon enfant fut sous-entendu, lorsqu'elle baissa les yeux vers son ventre.


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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mar 9 Aoû - 18:13
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Chaque jour qui passe, c'est un peu plus difficile. A plusieurs points de vue : personnel, et extérieur. Les violences, les manifestations, ça n'a jamais été aussi extrême. Parmi tout ce qu'a vécu Terrence, il ne pensait pas que de telles choses étaient possibles, humaines, réelles. Chaque jour ou presque, le jeu faisait la une des journaux, ravissant les quelques gratte-papier qui n'avaient pas coulé. Les boites tournaient au ralenti, et il était de plus en plus compliqué d'arriver à faire n'importe quoi. Se nourrir, même. En revanche, il était de plus en plus simple de trouver des joueurs, partout. Il fallait voir les portables vissés au fond d'une main, les coups d'oeil par-dessus des épaules suspectes, la police débordée. C'était terrifiant, mais il ne pouvait rien y faire, lui aussi enrôlé.
Il longe les façades des immeubles gris, après avoir fini son taff. Il a l'intention de récupérer un reste de nourriture, mais il ne sait pas encore ce qu'il va trouver. Un magasin pillé, volé, braqué sans doute. Une devanture close ou deux. Les ruelles de ce quartier n'ont jamais été très accueillantes, de celles prestigieuses qui attirent les touristes. Il s'assura pour la troisième fois que son portable était bien dans sa poche, se retenant pour la troisième fois de l'allumer. Pas pour consulter ses messages ou ses appels, plus personne ne fait ça. Mais Terrence sait que jouer dans la rue, c'est trop dangereux. Il peut attendre encore un peu, avant de se plonger dans le jeu. Il a faim, et il a envie de pisser, et il sait que ça passera avant Darwin's Game.
D'ailleurs, il n'a pas besoin d'attendre de rentrer chez lui pour se soulager, et personne ne lui dira rien. Personne ne le verra, personne ne relèvera ou s'en souciera. Il cherche un renfoncement, une poubelle, une rue encore moins passante. Il fait son affaire sur un tag d'un gang ennemi, est content de sa connerie, et continue son chemin. Enfin, presque.

T'as vraiment la pire mère du monde. Il n'entend pas la suite, il n'entend pas le reste. Il jette un œil autour de lui pour comprendre, pour voir. Terrence n'est pas de ceux qui vont fouiner dans le vie des autres, s'inquiéter de ce qui ne le concerne pas, mais cette simple phrase l'interpelle. Elle lui parle. Il décide de s'avancer, de s'enfoncer dans une ruelle. Il entend des murmures, des suppliques, mais ne discerne pas les mots. Il a peur, putain. Il a été dans tellement de situations différentes qu'il sait que la violence est partout, plurielle. Il n'a pas envie de se retrouver dans une situation de violence extrême, alors, par pure précaution, il porte une main dans son dos, sur sa ceinture. Les armes à feu sont son quotidien, mais il espère ne pas en avoir besoin.
Il ne s'en rend pas compte tout de suite, mais il n'y a pas de voix masculine, pas d'éclats de voix quelconques. Pas de coups, pas de bagarre. Il se demande presque s'il a prit la bonne ruelle – jusqu'à ce qu'il tombe sur elle. Un bout de femme à peine échappé de l'adolescence. Il voit la panique dans ses prunelles écarquillées, mais il ne saisit pas tout de suite l'ampleur de la situation – il ne voit ni le ventre ni ses habits mouillés. Il scrute son visage, la rue, cherche à comprendre pourquoi elle est terrifiée. Il voit bien son couteau tomber à terre, et il enlève aussitôt sa main de son arme, toujours à la ceinture de son pantalon, derrière.
Il s'approche d'elle quand elle lui réclame de l'aide, inconscient du danger. Ce n'est que lorsqu'il suit son regard, à mi-chemin, qu'il réalise. Oh putain. Terrence n'est pas poli, ni courtois, et surtout pas en de telles occasions. Il ne s'attendait pas à ça.
Putain mais j'fais quoi moi ? Aider oui, mais comment, au juste ? Lui il était pas une femme, n'en avait pas non plus, il savait pas comment ça marche. Enfin si, comme n'importe qui, mais pas cette étape-là, quoi. Il rompt la distance entre eux et passe un bras sous son épaule pour la soulager. Mais maintenant ? On va à l'hôpital ? Il ne sait pas trop si c'est une question ou une affirmation. Il se sent démuni, et cette impression reste très étrange, sur sa peau. Sans doute pas une sensation inédite, mais suffisamment rare pour que ça le dérange. Il connaît le quartier, il connaît les hommes, mais il ne connaît pas cet élément-là et, clairement, ça fait toute la différence. Il n'a même pas de voiture, il s'est pas lavé les mains alors qu'il vient de pisser, mais une chose est sûre : il peut pas la laisser là, accoucher ici seule et dans cet état.
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mar 9 Aoû - 18:17
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Mera souffla de soulagement lorsque l'homme l'aida à se maintenir debout, réellement convaincue qu'elle allait s'effondrer à nouveau. Au moins il ne l'avait pas repoussée, et encore moins agressée. Preuve qu'il restait des gens bien sur cette planète. C'était pour eux qu'elle se battait encore, pour eux qu'elle cherchait à ramener la paix à Darwin Harbor.  « Non, pas l'hôpital ! » se défendit-elle dans un mouvement brusque, qui ne la conduisit qu'à manquer de se rétamer seule sur le bitume. Mera secoua la tête en signe de négation tout aussi violemment pour souligner ses propos.  « Je préfère encore pondre mon gosse ici sur le trottoir qu'aller à l'hôpital, c'est clair ?! » De sa manche, la jeune femme essuya les litres de sueur qui perlaient sur son visage. Elle poussa un cri de douleur et se plia en deux pour tenir le coup. Voilà que les contractions la faisaient souffrir à nouveau. C'était bien le moment.  « J'veux pas crever, et j'veux pas qu'elle crève. Mais faut pas qu'on me retrouve, il faut qu'on aille … Je ... » Mera n'arrivait plus à réfléchir. La violence de la situation – tant d'un point de vue physique que psychologique – l'empêchait de se concentrer et penser clairement. Un peu coupable de lui parler de la sorte, Mera tenta de recouvrir ses esprits malgré les chandelles qui dansaient devant ses yeux et la souffrance démente.  « Amenez moi au 76 Burrough St, à West Side. » Son regard émeraude plongea dans le sien.  « S'il vous plaît. Ensuite vous n'entendrez plus jamais parler de moi. » ajouta-t-elle dans un élan de politesse, alors que Mera n'avait clairement pas la tête aux courtoisies. Chaque minute qui passait les mettaient en danger, l'enfant et elle. Elle ne pouvait pas se permettre de gaspiller ni de la salive, ni de l'énergie à supplier. Si l'inconnu ne l'aidait pas, elle devait prendre les devants. Mera se mit en route pour atteindre le bout de la ruelle et ainsi rejoindre la voiture de l'homme, où qu'il soit garé.  « Elle est où votre bagnole ? » grommela Mera qui se sentait défaillir à nouveau. Les quelques visages qui les croisaient semblaient plus intrigués et hostiles qu'amicaux et bienveillants, à moins qu'elle ne soit en train d'halluciner. Le monde tournait autour d'elle, devenait agressif, et virulent. Pas du tout adapté à la situation. Du revers de la main, elle épongea encore son visage inondé de sueur. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre de donner l'adresse de Roy à cet homme ? Non seulement elle était désormais en danger, mais en plus elle le mettait en danger lui. En la choisissant elle plutôt qu'une autre, il avait accepté le lot d'emmerdes qu'elle trimbalait. Même après qu'elle lui ait avoué toute la vérité sur son identité et sa vie. Mais quand bien même Roy avait été compréhensif, ce n'était pas pour que Mera lui ramène de potentiels dangers sous son toit. Son besoin de croire que l'être humain restait fondamentalement bon finirait par la perdre.  « Putain, ça fait un mal de chien ! Si jamais j'crève … Si je m'en sors pas, ma sœur … Ma sœur, elle devra le savoir ... » La douleur commençait à lui faire perdre pied. Rester debout l'épuisait plus que de raison. Heureusement, elle croyait suffisamment en Terrence pour garder l'espoir qu'elle arriverait au moins chez Roy en vie. La suite ne dépendrait que d'elle – et de l'enfant qui décidait de se pointer un jour en avance. Après tout ce qu'elle avait traversé, Mera ne pouvait sciemment pas se laisser abattre par un ridicule accouchement. De toute époque, les femmes avaient réussi le miracle d'accoucher seules, sans assistance médicale, sans machines, sans médicaments ni tranquillisants. La plupart avait survécu. Mera y arriverait aussi, parce qu'elle en avait cette force. La brune serra les dents et se redressa un peu. Non, elle ne s’évanouirait pas ici. Pas encore. Il fallait rester debout.


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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mar 9 Aoû - 18:24
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Clairement, Terrence n'avait pas envisagé une telle chose, une telle fin de service, un tel événement dans cette ruelle aux relents de pisse – il pouvait plaider coupable – et de poubelles. Cette femme, comme un mirage, qui le fige autant qu'elle secoue ses instinct les plus primaires. Pourtant, il ne peut pas détourner le regard de la scène qui se joue, déjà acteur malgré lui. Il ne pouvait pas fuir ou éviter, pas alors qu'elle le suppliait et qu'elle avait son bébé en route. Il avait vraiment le chic pour se mettre dans des situations improbables. Peut-être le karma, peut-être juste un destin foireux.
Il fonce sur elle, n'ayant aucune idée de la nouvelle galère dans laquelle il s'embarque par la même occasion. Il passe un bras autour d'elle pour la soutenir, pour la guider aussi. Il ne peut pas imaginer ce qu'elle est en train de traverser présentement, avec un enfant sur le point de naître et avec pour seule option de lui faire confiance, à lui, sombre inconnu. Il voulait l'aider pour l'emmener quelque part … oui, mais où ? L'hôpital, elle refuse catégoriquement alors qu'il a à peine évoqué l'idée. Pourtant, c'est la seule chose raisonnable à faire, non ? Il la regarde d'un air ahuri, comme s'ils avaient le temps de débattre de cette question-affirmation, et elle lui répliqua qu'elle préférait rester là que d'y aller. Bon, ok, ok, pas l'hôpital. Il tentait de réfléchir, mais plus les secondes passaient et plus il était sujet à la panique. Ce n'était pas tous les jours qu'il devait aider une femme enceinte qui ne voulait pas se rendre à la maternité. Il devait réfléchir à quelque chose – mais elle se tordait de douleur et il usait de toutes ses forces pour la retenir, pour ne pas qu'elle s'effondre sur le sol dégueulasse.

J't'emmène où alors ? Il la presse un peu, s'impatiente presque. Il ne faut pas oublier qu'une vie est en jeu, et que même si les femmes ont donné la vie pendant des millénaires sans aucune assistance médicale, leurs chances de survie étaient aussi plus limitées. Elle lui file une adresse mais ne la reconnaît pas – une adresse trop élégante, un West Side qu'il ne côtoie que trop peu. Il continue d'avancer avec elle sous son bras vers la route, histoire au moins de sortir de la ruelle entre les deux immeubles mal famés. Elle le supplie enfin, alors qu'il avait déjà mentalement accepté de l'emmener. Il s'accroche un instant dans ses prunelles vertes. Ouais, ouais. Tu connais la route ? Si ça lui fait plaisir de penser qu'il ne se souciera jamais de la femme qu'il a sauvé d'un accouchement dans la rue, qu'elle le pense. Il espérait aussi qu'elle pourrait le guider, et qu'il n'aurait pas à s'encombrer du GPS de son téléphone, auquel il ne faisait pas confiance. Ils atteignaient enfin le trottoir, et la brune chercha sa voiture. Elle parlait beaucoup trop à son goût – qu'est-ce que sa sœur venait faire dans cette histoire ? Il ne prit même pas la peine de l'écouter jusqu'au bout – il faudrait qu'elle apprenne à se modérer pour accepter aveuglément l'aide qu'il lui offre, et ne pose pas de questions stupides. Lui ne s'embarrassait même pas de savoir les motivations de cette femme, ou bien même où est-ce qu'ils allaient. Bon. Comme ils étaient partis, peut-être qu'ils n'atteindraient jamais le West Side, finalement. Elle arrive.

Il y avait bien deux ou trois voitures qui reposaient sur les trottoirs, mais vu leur état et le quartier, il avait tout aussi peur qu'elles ne soient pas en état de les transporter quelque part. Dans ces moments-là, il faut donc chercher une voiture qui est sûre de rouler, et qu'il ne mettra pas deux heures à faire démarrer avec des fils. La seule réponse, unique solution : en braquer une. Mais bon, sans doute aucune personne d'autre avait quelque chose de mieux à faire aujourd'hui que de mettre quelqu'un au monde. La fin justifierait les moyens. Il lâche la brune alors qu'il voit une voiture avancer dans leur direction. Jamais il n'avait braqué une voiture avec des intentions aussi nobles. Il traversa la route devant la voiture, dégaina dans le même temps l'arme à feu qu'il garde entre son jean et ses sous-vêtements, et fonce presque sur la portière conducteur alors que la voiture freinait pour l'éviter. Il ouvre la portière et vise le type à l'intérieur – une chance, il ne sait pas ce qu'il aurait fait avec une femme sur ledit siège. Enfin, il sait pas trop. Il tombe sur un chinois (un asiatique), ce qui paraît normal ici, à Chinatown. Un homme, une femme … il se fie aux fringues, presque unisexe, et n'a pas le temps de réfléchir, de toute façon. Allez dégage de là l'chinois, on a pas de temps à perdre. Du bout de son arme, il fait un léger va-et-vient entre la tronche du type et la future mère sur le bas-côté. Et, parce qu'il ne fallait pas oublier les bonnes manières : Appelle la fourrière dans deux jours.
Le type à peine libéré de sa ceinture de sécurité, il le force à sortir de là en le tirant par une épaule. Et alors qu'il commençait à s'éloigner, Terrence tira un coup de feu en l'air pour l'inciter à se presser et à ne surtout pas se retourner – ou aller à l'encontre de sa passagère. On ne sait jamais – c'est difficile à déchiffrer, les asiatiques, il n'aime pas trop ça. La voiture abandonnée sur la route, il retourna vers cette dernière pour l'aider à entrer dans « sa » bagnole. C'qu'il ne ferait pas pour le sexe féminin … c'était franchement risible.
Il s'installe enfin dans l'habitacle, prend place sur le siège encore chaud de son prédécesseur et démarre aussitôt. L'habitacle sentait fortement la nourriture chinoise, un mélange entre la puanteur et les menus à emporter, un mélange indescriptible qui lui fit froncer le nez et les sourcils. Avec un peu de chance, y'avait encore un reste de nouilles coincé derrière son siège. Il se concentra à nouveau, jeta un oeil à sa passagère puis dans son rétroviseur - décoré d'un désodorisant qui était donc parfaitement inutile, selon lui. Va falloir que tu fermes tes jambes et que tu m'donnes la direction. Ce bébé n'avait plutôt pas intérêt à se pointer maintenant. Et il serait capable de prier tous les dieux existants pour ne pas que cela arrive.
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Lun 15 Aoû - 1:46
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Mera regarda la scène se dérouler devant ses yeux, bouche-bée, les yeux exhorbités. Ca tournait au sketch international. En demadant de l'aide à cet homme, jamais elle n'aurait cru en arriver au point de voler une bagnole pour arriver à destination. Pourtant, il n'y avait plus de temps à perdre et la jeune femme se résoluter à faire le tour de la voiture pour s'installer sur le siège passager. Elle ne prit pas la peine de s'attacher, pas plus que d'accorder la moindre attention à ce pauvre homme dépouillé de ses biens qui regardait son véhicule démarrer en trombe sur la plus grande avenue de Chinatown.  « J'essaye bordel ! » s'offusqua Mera, prise au dépourvu.  « Tourne à droite ! A droite ! » cria-t-elle en tournant brusquemment le volant pour qu'il ne manque pas le croisement. S'il continuait tout droit, ils ne s'en sortiraient jamais et risqueraient de rester coincés. Heureusement, Mera imprimait toutes les cartes et plans dans son esprit et ne les oubliait jamais ; ils manquèrent de percuter un camion qui dévia de sa route. La frayeur passée, ils reprirent leur route normalement.  « Au prochain, prend à gauche. » indiqua-t-elle cette fois plus sereinement. La jeune femme posa ses mains sur son ventre prêt à exploser, inspira, expira, inspira, expira. […]  « J'ai besoin d'un médecin. J'vais mourir. » gémit-elle pendant alors qu'ils étaient coincés à un feu rouge, derrière une dizaine de bagnoles sagement arrêtées, comme si le monde tournait encore rond. Dehors, un coup de feu retentit et plusieurs personnes partirent en courant dans tous les sens. Ca, c'était le monde actuel. Mera se recroquevilla sur son siège au cas où le fou aurait la bonne idée de tirer sur les voitures. Tout prétexte était bon pour ne pas s'intéresser à ce qu'il se passait entre ses cuisses. Bébé devait rester là encore un peu. Juste un peu. Mais le sang qui tâchait désormais son jean en témoignait autrement.  « Ok, ne pas paniquer. Surtout ne pas paniquer. » La brune s'évanta avec sa main, prête à tomber dans les pommes. Son cœur battait si vite qu'il menaçait de s'arracher de sa cage thoracique à tout instant.  « JE PANIQUE PUTAIN ! » beugla-t-elle.  « BOUGEZ VOS GROS CULS, ON S'EN BRANLE DU FEU ROUGE ! TU VAS AVANCER ESPECE DE CONNARD ? » hurla-t-elle encore par la fenêtre de la voiture restée ouverte, au moment où le feu passait à nouveau au vert. Elle eut à peine le temps d'apercevoir le doigt d'honneur que lui faisait le passager de la voiture de devant, par sa propre fenêtre. […] Ils n'étaient plus très loin. Heureusement, la ville de Chicago était nettement moins grande qu'il n'y paraissait. Surtout maintenant que les gens ne sortaient plus de chez eux, et que le nombre de voitures sur la route avait chuté de soixante pourcent. Si le monde n'avait pas frôlé la guerre civile, on aurait presque pu dire que Chicago était devenue une ville calme.  « On est bientôt arrivés. Tu vois le bâtiment là-bas, plus haut que les autres ? C'est là qu'on va. » Mera poussa un nouveau gémissement de douleur et épongea son front du revers de son coude. Cette fois, elle était à bout de force et de courage. La souffrance la terrassait, et le sang coulant le long de ses cuisses ainsi que l 'odeur de friture et de nouilles chinoises lui donnaient la nausée. Le pire dans tout ça était de ne pas pouvoir prévenir Aria. Comment lui apprendre qu'elle allait mourir ? Qui serait-là pour lui dire ? Pour la surveiller ? La protéger. Elle cacha son visage dans le creux de son coude pour ne pas pleurer devant l'homme assis à ses côtés. Mera ne pouvait pas se montrer faible devant qui que ce soit. Bon ou mauvais. Allié ou ennemi. Ce temps-là était révolu. Et puis, s'il fallait crever aujourd'hui, autant le faire dans la dignitié.  « On va chez … Chez Roy et Charles Jaeger. Mera. Mon nom c'est Mera. » bégaya-t-elle entre deux sanglots, alors qu'elle sentait la voiture se garer le long du trottoir. Elle n'était plus réellement en état d'appuyer sur le bouton de l'interphone et se présenter gentiment en attendant que son handicapé de compagnon bouge les roues de son fauteuil jusqu'à la porte. Et puis, s'il était en train de jouer, ils étaient foutus. Elle était foutue. Mera n'aurait plus qu'à accoucher ici, avec pour seule aide un inconnu qui en avait déjà trop fait pour une étrangère qui se montrait bien ingrate à son égard.


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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Lun 15 Aoû - 16:46
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Et maintenant ? Maintenant, ils n'avaient plus qu'à prier. De plans foireux en plans foireux, il se retrouvait donc avec une parfaite inconnue, enceinte jusqu'aux dents et refusant d'aller à l'hôpital, dans une voiture braquée d'un chinois mécontent. Un jour ordinaire. Il vérifia qu'elle était bien installée, et après une dernière recommandation – il ne voulait pas être seul dans cette voiture avec elle quand le mioche viendrait au monde – il démarra la voiture.
Elle lui répliqua qu'elle essayait d'éviter de donner naissance, elle aussi, d'un ton énervé. Il pouvait comprendre. Il aurait dû comprendre. La panique commençait à vagabonder dans ses veines, pulser le long de ses doigts qui agrippaient le volant. Au dernier moment, elle lui dit de tourner à droite, et si elle n'avait pas tourné le volant aussitôt, ils auraient loupé la voie. Heureusement que les rues n'étaient pas si bouchées que ça, à cet endroit-là. La frayeur n'était pas passée qu'ils avaient échappé aux roues d'un camion, qui klaxonna lourdement sur leur passage. Il se remit dans sa file prudemment, et souffla un bon coup.
Il n'avait pas le permis, et roulé que quelques fois dans des voitures qui ne lui ont jamais appartenu. Il estimait que s'il s'en sortait vivant aujourd'hui, il pourrait prétendre au permis sans le passer. Elle continua de lui donner des indications sur les routes à prendre, et il devait au moins se féliciter parce qu'elle connaissait la route pour aller dans le Westside. Les exercices respiratoires qu'elle entamait, eux, n'étaient pas de bon augure. Il lui jetait des coups d'oeil à la dérobée, pour surveiller son état, et pour se demander s'il ne l'avait pas déjà vu, ailleurs. Il ne lui semblait pas, mais le monde était vaste. Il reportait finalement son attention sur la route, et sortit de ce Chinatown et de ces mœurs asiatiques. Peut-être les odeurs si caractéristiques s'atténueraient enfin.

Peu après, dans une artère visiblement plus fréquentée, ils se retrouvèrent coincés derrière une longue file de voitures, stoppée à cause d'un feu rouge. Il serrait déjà ses mâchoires, refoulant l'envie de faire quelque chose de stupide. Il devait penser à la sécurité de sa passagère, mais il savait que chaque seconde était importante. La voix brisée de la brune à ses côtés lui changea les idées, le ramenant à une réalité bien plus terre à terre. Un médecin. Il ne savait pas pourquoi il n'y avait pas pensé avant – sans doute parce qu'elle avait refusé d'aller à l'hôpital. Il n'avait fait qu'exécuter du mieux qu'il l'avait pu ses ordres, ne pouvant se résoudre à l'abandonner, quand le monde semblait déjà l'avoir fait.
Un coup de feu retentit, et par réflexe, Terrence se ratatina sur lui-même, tentant de chercher l'origine du tireur. Ce n'était pas le bon moment. Il ne vit que des passants courir dans tous les sens. Il ne devait pas se préoccuper d'eux. La voix de sa passagère résonna, criant d'un appel à l'aide qui trahissait sa panique. Il partageait sa panique, et toute la situation l'empêchait de réfléchir convenablement. Il sortit son téléphone de sa poche au moment où elle se mit à insulter les autres conducteurs. Le feu rouge était vraiment beaucoup trop long. Garde ta tête dans la voiture, certains sont morts pour moins que ça. Il ne voudrait pas se retrouver avec une femme enceinte, morte. Merci, mais non merci. Un œil sur la route qui commençait enfin à se dégager, un autre sur son écran, il appela Lenny au moment où il surprit le doigt d'honneur du conducteur devant lui. Il klaxonna pour lui rendre la pareille, sur les nerfs. Il faillit ne pas entendre sa sœur à l'autre bout du fil. Lenny ? J'vais avoir besoin de toi - commença-t-il, avant de se faire arrêter net par sa voix affolée, ou juste choquée. « Mais attends tu conduis là ? » Il leva les yeux au ciel, ignora le regard de sa passagère qui devait sans doute être posé sur lui, et coinça son téléphone contre son épaule alors que la file se débloquait enfin. Putain mais on s'en fout y'a pas de temps à - Une fois encore coupé dans son élan, il chercha la ceinture de la voiture chinoise pour la passer. Elle le menait à la baguette, il en était conscient. Il savait aussi que sa tête de mule préférée saurait si il lui mentait. Oui j'suis attaché ! Il s'énervait progressivement, la tension le mangeant doucement. Il perdait du temps inutilement, alors il enchaîna. Rends-toi à WestSide maintenant, j'ai un sérieux problème sur les bras et j'ai besoin de toi, okay ?
Il ne s'étonna pas vraiment du manque de réaction de sa sœur. La plupart des gens auraient sans doute bondi face à un tel coup de téléphone. Pas Lenny. Combien de fois ses frères et lui lui avaient fait ce genre de frayeur ? Il ne saurait dire. Il passa le téléphone à sa passagère avec juste un mot à son attention : L'adresse.

Le médecin, c'était réglé. Il tourna dans une énième rue selon les indications données. Ils ne devraient plus tarder, maintenant, et au moment où cette pensée surgissait, sa voisine le confirma. Il repéra le bâtiment sans soucis, et accéléra encore. Il ne savait toujours pas où – chez qui – il se rendait. Il ne connaissait pas grand-monde dans ce quartier, donc c'était un sentiment très étrange. Ils s'étaient bien éloignés des sentiers familiers de Terrence. Il se gara sans aucun ménagement sur le bas côté, puisque de toute manière, la voiture ne lui appartenait pas. Il n'avait pas fait attention à elle juste avant, mais alors qu'elle annonçait l'identité des personnes qu'ils n'allaient pas tarder à rencontrer, et la sienne, il remarqua que la panique avait cédé la place à l'épuisement. Sa voix s'était brisée, et elle réussissait à masquer son visage. Il pouvait figurer les larmes, il n'y avait rien de honteux là-dedans. OK, Mera, c'est pas le moment de craquer, et de laisser l'enfant passer entre tes jambes, continua-t-il mentalement, on est arrivés chez les bourgeois, il ne savait pas s'ils étaient assez proches pour qu'il puisse tenter ce genre de blagues, mais il fallait se rendre à l'évidence : aucun type de son quartier ne s'appelait comme ça. Et tout va bien se passer. J'suis Terrence. finit-il enfin, en se présentant comme elle l'avait fait. Il sortit enfin de la voiture, laissant sans une once d'hésitation les clés sur le contact, et fit le tour pour ouvrir la porte de la dénommée Mera. Il n'avait reconnu aucun des noms qu'elle avait cité.

Il passa un bras sous les genoux de la brune, et l'autre dans son dos. Il la souleva sans effort, et la sortit de là. Laissant la porte négligemment ouverte – ils n'avaient pas besoin de se préoccuper ou de craindre qu'elle ne se fasse voler – il réfléchissait déjà à comment ils allaient pouvoir passer la porte sécurisée. La première porte vitrée, menant dans le sas, n'était pas un souci. Avec un sourire, il appuya tant bien que mal sur une majorité des boutons de l'interphone, appelant au hasard la moitié de l'immeuble. Il avait toujours Mera dans les bras, mais même enceinte, elle ne pesait pas bien lourd. Et puis, il lui évitait de marcher, ou de se ridiculiser si jamais elle n'y serait pas arrivée. Une voix sortit de l'interphone, et Terrence prit sa plus belle voix d'enfant innocent : Bonjour, je viens voir ma grand-mère, mais elle est à moitié sourde, est-ce que vous pouvez ... Il n'eut même pas à finir sa phrase qu'un long bip signala l'ouverture de la porte. Ouais. Les bourgeois doivent bien vivre entre eux.
C'est au combien ? demanda-t-il à la future mère alors qu'il s'engouffrait dans l'immeuble, dans l'ascenseur. Il laissa la porte se refermer sur eux, lâchant un soupir de soulagement quand il constata qu'ils n'avaient croisés personne. Le cinquième. Il ne leur faudrait que quelques secondes pour y arriver. Dans cet étrange espace intime, il ferma les yeux, et récita faiblement une courte prière, de celles qu'il n'avait pas évoqué depuis des années. Il se fichait que Mera l'entende, puisque la prière lui était aussi, en partie, destinée. Mais cela eut au moins pour effet de le calmer, lui.
Enfin arrivés devant la porte, il reposa les jambes de la brune sur le sol, laissant son autre bras autour d'elle pour la soutenir. Il sortit à nouveau son téléphone pour envoyer le numéro de l'appartement à Lenny, puis avisa la porte face à eux. Il plaça la paume de sa main sur le judas de manière à boucher la vue, et ils sonnèrent enfin. Si la fille était en cavale, et qu'ici était son dernier repère, alors peut-être que les habitants à l'intérieur refuseraient de la voir. L'influence du Darwin's Game était partout. Peut-être bien que rien que le fait de voir un noir derrière sa porte suffirait à ne pas l'ouvrir. Pour toutes ces raisons, il laissa sa main fermement collée au bois de la porte. Pourvu qu'il y ait quelqu'un à l'intérieur. Il lança un regard sur la femme, en espérant qu'elle savait ce qu'elle faisait.
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Sam 20 Aoû - 23:20
Le brun fronça les sourcils lorsqu'il n'entendit pas la punch line de l'antagoniste de son film, le son de la télévision dominé par l'horrible bruit de l'interphone. Il n'hésite pas une seconde à rester à sa place. Il n'avait rien commandé, il n'attendait personne. Et il doutait sincèrement que Charles n'ait pas ses clefs, trop minutieux pour un tel oublie. Alors il monte le son et passe aussitôt à autre chose. Jusqu'à ce que l'on tambourine à sa porte. L'agressivité des coups portés à la porte l'empêche d'ignorer une nouvelle fois ce qu'on lui voulait. L'appel à l'interphone était bien pour lui. Mais personne lui vient à l'esprit, aucune hypothèse sur ce qu'il peut bien se passer. « Qui c'est ? » Même au bout du couloir il arrive à porter sa voix au-delà de porte. L'oeil méfiant en direction de l'encadrement, il s'approche avec une certaine crainte malgré la sécurité que lui offrait la serrure. Comme un enfant à qui on aurait pour la première fois confié l'appartement, il se refuse d'ouvrir avant que la voix de Mera surgisse depuis le couloir. Le doute n'est plus, l'handicapé se jette sur la poignée pour se faire pardonner de cette méfiance. Il tente un sourire, prêt à mieux l'accueillir. Si seulement elle n'était pas seule.

Resté planté dans le couloir alors qu'il laissait rentrer Mera et l'homme qui l'accompagnait, Roy reste spectateur passif d'une situation qui pourtant urge. Réveillé par le claquement de la porte, il pointe du doigt le second couloir qui mène aux chambres. « Emmène-la dans ma chambre, la porte du fond. Allez ! » Qu'il le presse alors qu'il prend enfin conscience des enjeux de sa venue. Du moins, il prend instinctivement les responsabilités pour ne pas empirer la situation. Autrement sa tête bouillonne : stresse, angoisse, incompréhension.
Il roule sur les pas de l'inconnu mais s'arrête à mi-chemin dans la salle de bain. Il charge ses genoux de la première pile de serviette qui lui vient et passe l'une d'entre elle sous l'eau sans vraiment savoir à quoi ça servirait. Il les rejoint alors dans la chambre, ne manquant pas de percuter l'encadrement de la porte sous la précipitation. Il ignore tout d'abord l'homme avec eux pour se mettre aux côtés de la jeune femme. « Hey, ça va allez. Ca va allez, ok ? » Qu'il lui confit alors qu'il porte sa main à son front dans une caresse réconfortante. Durant quelques instants, il n'y a qu'eux dans cette pièce. Le brun fait preuve d'un étonnant sang-froid pour apaiser les maux de la gaia. Il passe la serviette humide sur son visage avant de lui confier en pensant qu'elle en ferait meilleur usage si elle en avait vraiment besoin.

Son cœur se calme alors, la tension d'apaise comme si tout pour mettre le tout en pause. Mais ça ne dure qu'un instant avant que Roy vienne enfin à se demander ce qu'il allait se passer maintenant. « Pourquoi tu ne l'as pas amené à l'hôpital ?! » Il comprend alors que la situation n'a rien de rassurante et que ce n'est pas sur ce matelas que Mera irait mieux. Il se tourne vers le gaillard qu'il considère comme responsable. Il serre les dents, prêt à en rajouter une couche sur l'absurdité de sa décision quand il porte enfin attention à son visage. L'un des siens. Son pseudo ne lui revient pas immédiatement mais il est sûr qu'il s'agit d'un joueur atom, un éclaireur même. Le jeu venait soudainement de rattrapé réalité. Et Roy se sentait exposé, si ce n'est en danger. Et ce malgré qu'ils étaient dans la même équipe. « Laisse tomber. Tu ferais mieux de partir. » N'ayant nullement conscience de ce qu'avait fait l'atom pour Mera jusque-là, il se met sur la défensive. Il n'a pas envie de gérer ses deux aspects de sa vie. L'atom en avait déjà trop vu. Le brun saisit alors son téléphone et jette un regard inquiet en direction de la jeune femme. « Je vais appeler mon frère, on va te conduire à l'hôpital. » Le nez rivé sur écran, recherchant le nom de son cadet dans le répertoire pour faire au plus vite, sans prendre en considération ce que l'un des deux avait prévu. Particulièrement Mera.
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Dim 21 Aoû - 0:11
FUTURE IS NOW
Tout se passa bien trop vite pour Mera qui ne suivait plus réellement la cadence depuis un moment déjà. Elle répondit mécaniquement aux questions de l'inconnu, mécaniquement aussi à Roy quand sa voix s'éleva derrière la porte. Il ne jouait pas. Elle n'était pas totalement fichue. Un soulagement immense s'empara d'elle quand son visage familier apparut devant eux. Toute notion de danger potentiel disparut de son subconscient. Elle était à la maison.  « Roy ... » souffla-t-elle avec un mélange d'affection, d'amour, d'embarras et de détresse. Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu ici ? Trop longtemps. Roy ne l'avait jamais vue ainsi, dans cet état. Elle tendit la main vers lui pour espérer le toucher – et s'effondrer dans ses bras – mais personne ne lui en laissa le temps, et à nouveau elle dut courir dans son état pitoyable jusqu'à cette chambre où tout avait commencé neuf mois plus tôt. Telle une enfant, elle aurait aimé geindre et protester pour rester avec sa moitié. L'homme l'aida à s'allonger sur le lit ; cela lui sembla être le paradis, en comparaison avec ce qu'elle venait de vivre. La brune esquissa un sourire reconnaissant en soufflant comme un bœuf, tordue de douleur et de terreur. Heureusement, Roy revint rapidement, et la jeune femme se raccrocha à une réalité qu'elle aimait par dessus tout.  « Oui … Oui, ça va aller. » Elle ferma les yeux pour profiter de la fraîcheur du linge mouillé sur son front brûlant. L'altercation qui s'en suivit la fit revenir à elle. Cet enfer ne cessait jamais : tous semblaient aussi inquiets qu'elle, même si Roy gardait un calme apparent dont elle serait reconnaissante pour le restant de ses jours. C'était une déferlante d'émotions qu'elle n'arrivait plus à gérer dans le cas présent.  « Attend, non … Je … Il … Il m'a sauvé la vie et … Je ne peux pas aller à l'hôpital … Je t'en prie. Il connait quelqu'un … Qui va m'aider. S'il te plaît, fais-moi confiance. » Faiblement, la demoiselle leva la main vers le téléphone de Roy pour l'empêcher d'appeler Charles. Si Roy n'avait pas confiance en son sauveur, elle oui. Et elle prenait la responsabilité de tout incident qui pourrait survenir entre ces murs.  « J'y arriverai pas. J'vais crever si je bouge d'ici Roy. Je peux plus. » Elle n'avait d'autre choix que d'accoucher ici. Elle n'arriverait jamais en vie à l'hôpital, perdant déjà du sang depuis trop longtemps maintenant. Son seul espoir, c'était ce contact que l'inconnu avait appelé dans la bagnole en arrivant et qui ne devrait plus tarder. C'était sa seule chance de s'en sortir vivante.  « Je suis désolée pour tous les problèmes que je te cause tout le temps … Je te promets que je ferai le ménage et je rachèterai un matelas. Je voulais juste … Venir là où je me sentais le mieux. » sanglota-t-elle, comme si c'était la priorité dans le cas présent de penser à acheter un matelas et du linge de maison. Mais penser à autre chose qu'à la vie qui risquait de s'échapper d'elle à tout instant lui faisait le plus grand bien. Comme le fait d'être à ses côtés; peu importait la maison ou le lieu, tant qu'elle était avec lui, alors Mera était chez elle. La brune cacha son visage livide derrière la serviette trempée qu'elle étala sur sa tête toute entière pour sangloter et transpirer et faire d'horribles grimaces sans être vue. Elle ignorait que c'était possible de souffrir autant avant de mourir. Si elle avait su, elle se serait laissée emporter par la mort le jour où Smash lui avait tranché la gorge au milieu d'une ruelle de Chicago. Mera n'aurait pas eu à supporter toute cette souffrance et cette peur. Et puis, lentement, elle retira le linge qu'elle laissa glisser dans son cou, tandis qu'elle attrapait la main de Roy de la sienne, couverte de sang séché.  « Je peux y arriver. On peut y arriver tous les deux. On a traversé beaucoup d'épreuves ces derniers mois. Celle-là ne sera pas la plus dure et sera la plus belle d'entre toutes. Tout ira bien. Demain, tu tiendras ta fille dans tes bras. » assura-t-elle en refoulant la nouvelle vague de larmes qui lui montait aux yeux. Elle serra les dents et grogna en fermant les yeux. Impossible de revenir en arrière, il était trop tard. Elle frotta ses pieds sur le lit pour tenter d'arracher ses chaussures qui eurent un mal fou à gicler.


trust no kings, kings put girls in towers. trust your wings. for girls with wings will soar passed kings as they watch up from towers. (—— atticus)



Dernière édition par Mera Birdwhistle le Jeu 22 Sep - 0:37, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Dim 21 Aoû - 22:47
future is now
mera + roy + lenny + terrence

Il sonna. Et quand ça ne marcha pas, il tambourina à la porte. Il l’enfoncerait s'il le fallait. Une voix faible retentit de l'autre côté de la porte, et il laissa Mera faire la conversation. En espérant que cela leur suffise à les faire entrer. Il entendit les loquets se déverrouiller, et bientôt, la porte s'ouvrit. Sur tout sauf ce à quoi il s'était attendu. Sans vraiment un regard vers son interlocuteur, il soutint Mera et l'aida à rentrer aussitôt. Sans invitation. Quelques mots sont lancés à son attention, et il respecte l'ordre à la lettre. Il pense chambre, il pense lit, et acquiesce mentalement. A deux, ils trouvent la pièce en question, et il l'aida à s'installer confortablement.
Il a vu l'hôte en fauteuil roulant – pas sa tronche. Non, il a juste vu le fauteuil, et rien que le fauteuil, et une poignée de cheveux sombres par-dessus. C't'handicapé avait un meilleur appartement que le sien. Ouais, il s'arrêtait sur ce genre de détails, et se disait que tout le monde n'avait clairement pas les mêmes chances à la naissance. Il espérait que l'enfant de la brune en aurait plus que lui – qu'il aurait un peu participé à ça. Le type s'avança jusqu'à Mera, l'aidant du mieux qu'il le pouvait. Roy, l'avait appelé la femme enceinte. Si sa détresse à elle avait jusque-là accaparé toute son attention, mais maintenant que le danger était globalement derrière eux, il pouvait découvrir son nouvel environnement – et donc, le type chez qui il avait atterri sans trop savoir comment ni pourquoi.

Il les laissa se retrouver, tentant de deviner s'il était le père ou le grand-père, un ami ou un amant. Jusque-là, il s'était dit que se fondre dans la tapisserie, au point de s'être appuyé sur le mur, c'était pas trop mal. Imposer une femme au bord de l'accouchement dans l'appartement d'un mec, il l'avait quand même encore jamais fait. Ce n'était même pas sur sa bucket list. Bon, il se doutait quand même que c'était le père, parce que n'importe quel autre type aurait vaguement cédé à la panique bien avant.
Il ne lui fallut pas longtemps avant de soudainement se concentrer sur lui, et Terrence put enfin vraiment voir son visage. Un visage dur, froid, dont les premières paroles furent globalement les mêmes que les siennes. S'il savait seulement pourquoi il était ici et pas dans un hôpital, il se serait fait une joie de lui répondre.
Si seulement il n'avait pas déjà vu ce visage.
Il lui fallut un moment pour en être absolument certain – si bien qu'il n'entendit qu'à moitié Mera le défendre. Il n'avait jamais vu ce mec en fauteuil roulant. Non. Il l'avait déjà vu marcher, déjà vu courir, déjà vu souffrir. C'était le chef ATOM. Celui qu'il ne connaissait pas, celui pour qui il a sacrifié l'une de ses vies. Puis il a été quasiment remplacé, il ne sait pas trop, et il avait prit sa retraite, ou quelque chose du genre. Ils ne se connaissaient pas plus que cela, mais il avait déjà vu sa carcasse fantomatique sur les quais ATOM. Pour une surprise …
Il espérait que lui ait écouté le discours de Mera, et qu'il ne se déciderait pas à le foutre dehors. Se faire mettre à la porte par un handicapé, ça aussi, c'était de l'inédit. On reste. Il ne sait pas trop ni quand son intervention prit place, mais il n'avait aucunement l'intention de bouger de là. Ce n'était même pas une option. Il pouvait appeler son frère, les flics, les ambulances, ou bien lui rouler dessus, il allait pas laisser la pauvre seule avec un handicapé. Enfin, sans rancune quoi, mais déjà que lui-même était incompétent dans le domaine de la … de l'accouchement, il doutait que l'autre soit plus doué.
Mera paniquait, sanglotait, se prenait pour la femme de chambre. Il comprenait pas trop son délire, mais pourquoi pas. Au moins ne lui avait-elle pas encore sauté à la gorge, poussée par ses hormones. Puis elle disparut sous une serviette.
Il s'apprêtait à dire autre chose quand il se souvint d'un détail, d'un tout, tout, tout petit détail. Les rumeurs du QG, de celles qui vont bon train, vraies ou fausses. Il faisait seulement le rapprochement maintenant, entre cet homme handicapé, leader à la dérive, celui qui avait combattu dans l'arène … et celui d'avant, celui qu'il n'avait jamais connu. Celui des rumeurs. La palme de la création de l'alliance ATOM-GAIA … revenait à une partie de jambes en l'air, incluant leurs leaders. S'il mettait les pièces bout-à-bout, alors … était-il possible que la gamine soit la leader GAIA ? Il n'en était pas certain, mais cela pouvait coller. Il avait toujours pensé que tout s'était fait dans le jeu mais … peut-être s'était-il trompé.
Dans quelle genre de merde intersidérale venait-il de se fourrer ?

Heureusement, Mera revint de sous sa cachette, cherchant à attirer l'attention du mec et lui évitant l'embarras le plus profond. Quelque part, il était bluffé par sa force de caractère, par sa presque poésie – il fallait bien chercher entre les ordres et les lamentations. Il était bien le père. Et il était vraiment dans la merde. Lui – et Lenny, donc – n'avaient plutôt pas intérêt à se louper. Il reçut l'une de ses chaussures sur ses cuisses, et comprit qu'il était enfin temps de se bouger. Mera avait largement fait sa part en convainquant l'autre qu'ils devaient rester, et le plus gros l'attendait encore.
Lenny devrait pas tarder … Et elle ne se doute pas une seule seconde de la situation dans laquelle il l'a gentiment invitée à venir se noyer. C'est ma sœur, elle est doc ... Elle est ATOM, mais elle en sait peut-être moins que lui à son sujet. Il tira son téléphone de sa poche et regarda son écran, voir si elle lui avait laissé un quelconque message. Il se dégagea de son mur et se glissa dans le couloir. Il trouva un angle où le lit avait disparu de son champ de vision, mais où il pouvait voir Roy.
Il coula un œil en sa direction, avant de soutenir son regard. Il y avait bien des mots qu'il ne pouvait lui dire, pas dans leur positions. Mais il savait que quelque part, l'ancien chef comprendrait. Que lui, il avait rien demandé de tout ça. De tomber sur cette femme enceinte, de venir l'amener ici plutôt que dans un hôpital. Qu'il savait qu'il était handicapé, pour une raison qu'il ignorait encore. Qu'il s'en foutait, et le respecterait quand même. Qu'il ne partirait pas avant de les avoir aidé, jusqu'au bout. Et qu'il allait le détester de ramener quelqu'un d'autre, une autre ATOM, droit dans son domicile, mais que ce n'était pas le plus important, au final. Il ne regrettait rien. Et il le referait sans doute, à choisir.

Il se posta enfin près de la porte d'entrée, son regard coulant en un dernier regard sur l'appartement autour de lui. Ouais, c'était quand même pas la même chose que le sien. Il jeta un nouveau coup d'oeil à  son téléphone, presque au même moment où sa soeur le contacta à nouveau.
Il ouvrit donc la porte pour retrouver Lenny, qu'il accueillit du mieux qu'il le put - entre la tension, l'épuisement, et les attentes de Roy, sans doute. Il l'attira contre lui, dans une étreinte qui avait pour but de l'apaiser. Ok, merci d'être venue aussi vite, lui murmura-t-il, encore dans l'entrée, voilà le topo, y'a une femme enceinte sur le point d'accoucher, et un père en fauteuil. Il la lâcha enfin, confessant en un triste regard qu'il lui revaudrait ça, si jamais ils s'en sortaient.
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mar 4 Oct - 15:23

Qu'est-ce qu'il s'est encore passé. C'est la question qui tourne et retourne dans la tête de Lenny depuis que le frangin l'a appelé en urgence. Ce qui en soi n'est pas aussi exceptionnel que cela en a l'air. Résignée, elle a abandonné l'idée de jouer aux devinettes et d'élucubrer des scénarii plausibles avec le peu d'informations qu'elle a à sa disposition. Elle espère juste que personne n'est mort. Le quartier que Terrence lui a indiqué, bien qu'intrigant, la rassure un peu. Westside, ça n'empêche rien certes mais ça calme quand même quelques inquiétudes. Et si Lenny se demande ce qui emmène son aîné là-bas, ce n'est rien comparé aux questions qui lui viennent à propos de la voix qui lui a donné l'adresse précise au téléphone. Une voix de jeune femme éreintée, un voix ferme qui répondait presque automatiquement. Mais elle roule Lenny, pas le temps pour toutes ses interrogations.

La voiture est garée derrière une bagnole que quelqu'un a posé là en toute hâte, négligeant même de fermer les portes. En d'autres temps, une vieille commère aurait appelé la police pour signaler ce véhicule louche mais avec ce que certains journalistes appellent " l'ère DG " rien n'est sûr. Les flics n'ont déjà pas le temps de se déplacer pour les braquages alors... Elle sort de la voiture, récupère son matériel d'urgence dans le coffre. La portière claque, les feux clignotent en un bip bip, les talons claquent sur le goudron. Une cadence dictée par l'urgence. L'immeuble qui se dresse devant elle est sobre mais propret. Rien dans son architecture ne le distingue du paysage environnant. Quartier aisé aux haies bien taillées, interphones derniers cris et CCTV en opération. Même les trottoirs sont nettoyés. Pas vraiment le genre de lieu dans lequel elle arrive à projeter Terrence... Le mystère s'épaissit. Au téléphone de nouveau, pas de questions sur la situation inhabituelle, juste quelques mots échangés pour lui ouvrir l'accès et la guider dans l'immeuble. L'ascenseur s'étire en longueur, attente. Son pouls résonne dans le silence, l'impeccable miroir lui renvoie son inquiétude dans un froid reflet. Le temps est trop long avant qu'elle ne passe enfin cette fichue porte.

Si elle avait quelques hypothèses sur le sujet, Lenny s'attendait à tout sauf à ça. Un accouchement ? Merde. Elle n'est ni sage-femme ni obstétricienne ni quoi que ce soit, ses connaissances sur le sujet sont limitées, ses années d'internat lui semblent trop lointaines. Demander son aide à elle ne paraît pas être une décision des plus pertinentes. Et accoucher chez soi au lieu d'aller à l'hôpital, se priver de péridurale, de césarienne, de tout ces mots magiques qui signifiaient en clair "tu vas en chier mais tu souffriras moins ma fille"... La cadette Jackson adresse à son frère une expression perdue, surprise, pleine d'incompréhension. WTF en est la traduction la plus claire. Elle n'a pas vraiment tilté sur l'histoire du père en fauteuil : l'association des deux mots lui renvoie un homme affalé sur un canapé, une image qu'elle a bien trop vu pour trouver étonnante. « Où est-ce qu'elle est ? »

La jeune femme est allongée sur le lit dans la pièce d'à côté. Et par jeune, on entend ici la vingtaine récemment entamée, à la lisière de l'âge adulte. Elle porte des fringues sombres et usés, qui semblent assez robustes pour survivre à la rue et au froid. La fatigue se lit sur son visage, mélange d'une vie compliqué et des contractions qui ont commencé. Et ce n'est rien comparé à ce qui l'attend. Lenny ne se pose plus de questions sur les raisons pour lesquelles la future-mère ne s'est pas rendue à l'hôpital, elle en connait les tarifs. Il y a cet homme qui lui tient la main, le père probablement, en un bref moment d'intimité. Ce qui frappe tout de suite l'intruse, c'est le contraste entre les deux. Lui bien habillé, propre et net, barbe entretenue, elle parée pour un monde post-apocalypse-zombies. Encore une histoire compliquée sous roche. « Je m'appelle Lenny, je suis médecin. » Elle en sait rien qu'elle ne fait que répéter ce que Terrence leur a dit un peu plus tôt. Elle sourit, se veut douce. Essaie d'instaurer un climat de confiance. Parce qu'il va lui en falloir de la confiance à la miss pour pondre un gosse, d'autant plus dans ce contexte merdique.

« Vous avez une idée de la fréquence de vos contractions ? » C'est encore assez espacé, elle a l'air capable de bouger moyennant un peu d'aide. C'est soit ça soit la laver au gant de toilettes dans ce lit, hors de question de la garder dans cet état. « On peut pas vous laisser comme ça, vous avez besoin d'une douche... vous pensez que vous pouvez le faire ? » En parcourant le corps de sa patiente des yeux, elle note cette tache d'un noir qui fut rouge. Du sang. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »


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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Dim 9 Oct - 0:41
FUTURE IS NOW
Mera observa Terrence disparaître de la chambre pour revenir avec une jeune femme quelques instants plus tard. Ses airs doux et calmes rassurèrent Mera qui poussa un soupir épuisé. Elle tenta d'esquisser un sourire qui se voulut serein, mais cela ressembla davantage à une grimace.  « Je m'appelle Mera, je suis désolée. » répondit-elle d'un air amusé, faisant echo aux paroles de présentation du médecin. Elle aurait pu dire la vérité, dire  « je suis Mera, narcotraficante. », mais elle n'aurait pas été certaine que le médecin accepte de l'aider dans ce cas-là.  « Merci d'être venue aussi vite. » conclue-t-elle, qui sentit un peu de sa frayeur s'évaporer et un regain de confiance l'envahir. Cependant, la suite la ramena durement à la réalité. Elle réfléchit à toute allure, observa son ventre qu'elle effleura du bout des doigts. Malheureusement, Mera n'avait pas un chronomètre en main pour calculer la fréquence de ses contractions. Elle fronça les sourcils et souffla d'un ton incertain :  « Je ne sais pas, je … Je dirais toutes les cinq minutes, peut-être six, peut-être moins ... » La question la paniqua un peu plus que nécessaire. L'idée de bouger lui fendit le cœur mais la jeune femme prit une grande bouffée d'air et acquiesça lentement, avant que l'anxiété ne la gagne de nouveau lorsque Lenny aborda la question du sang.  « Rien … Rien je crois. J'ai commencé à saigner en arrivant. » Elle n'osait pas demander si c'était mauvais signe ou non, pas certaine de vouloir entendre la réponse. Et puis, parler et se laver étaient les dernières choses dont elle avait envie là tout de suite : tout ce qu'elle voulait, c'était expulser le gnome de son corps une bonne fois pour toute et arrêter d'avoir mal. Dormir 48h, et qu'on la lâche. Sérieusement. Mais ces gens étaient là pour l'aider, aussi dut-elle se résoudre à obtempérer.  « Terrence ? » réclama-t-elle d'une voix douce en lui tendant la main. Elle avait besoin de lui pour se relever, au bout du rouleau. Une fois debout, elle se tourna vers Roy.  « Je peux t'emprunter un vieux tee-shirt au passage ? » Elle s'empara du tee-shirt volontairement trop grand généreusement prêté et prit la direction de la salle de bain. Là, elle se déshabilla entièrement se rendit enfin compte de l'état dans lequel elle était : ses cheveux, son visage, ses vêtements, tout faisait peine à voir. Quitte à mourir en couches, autant être un peu jolie. Elle laisserait un souvenir moins amer. Difficilement, Mera frotta ses cheveux et sa peau nue, grimaçant à chaque nouvelle contraction un peu trop virulente. […]

Seulement vêtue du tee-shirt sombre qui lui arrivait au milieu des cuisses, les cheveux humides mais revigorée, la jeune femme rejoignit Lenny qui veillait au grain en titubant légèrement. Cette fois, elle ne pourrait plus fournir aucun effort. Elle était crevée, ses membres étaient douloureux, et son courage commençait à s'effriter.  « Lenny, si jamais … S'il fallait faire un choix entre elle et moi … C'est elle qu'il faut choisir, d'accord ? Je vais survivre, mais … Au cas où. C'est elle, c'est tout, la question ne doit même pas se poser. Il faudra juste apprendre à Roy comment nourrir un bébé. » dit-elle un peu gênée en se grattant la nuque, après s'être assurée que seule la femme l'entendrait. Mera retourna vaillamment s'allonger sur le lit, aidée par Terrence qui la soutint sur le chemin inverse et poussa un soupir de désespoir en retrouvant la quiétude du matelas. Vivement que ce soit terminé. Vivement qu'elle puisse passer à autre chose. Elle caressa son ventre douloureux de la main en plongeant son regard émeraude dans celui de son médecin d'un jour.  « Qu'est-ce que je dois faire ? » demanda-t-elle sans détour, déterminée à en finir le plus vite possible.  « La douleur ne me fait pas peur, tout ce que je veux c'est que ça se fasse le plus vite possible. » Et elle était sérieuse. Ces derniers mois, Mera avait suffisament souffert pour ne pas  être (trop) effrayée par cette nouvelle épreuve. Les côtes cassées par les coups, le bras cassé, l'égorgement à Chicago qui avait laissé une cicatrice sur sa gorge, c'était son quotidien. Elle savait que c'était juste un mauvais moment à passer. Il fallait s'en persuader. Et survivre. Comme toutes les autres fois, il fallait s'accrocher à la vie. La demoiselle ferma les yeux un instant pour faire la liste des choses auxquelles se raccrocher pour ne pas mourir : 01. Aria. 02. Roy. 03. Le bébé. 04. Le sourire d'Aria. 05. Les lèvres de Roy. 06. Le rire de bébé qui résonnerait un jour dans la maison. 07. Les GAIA. 08. Encore les GAIA. 09. Le café. 10. La bouffe de manière générale. 11. faire l'amour dans le bunker. 12. Racheter un matelas à Roy quand tout cela serait fini. 13. Faire un doigt d'honneur à la mort, cette fois encore.
Mera serra les poings autour des draps du lit et rouvrit les yeux.  « Je suis prête. » conclue-t-elle.

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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mer 19 Oct - 21:17
future is now
mera + roy + lenny + terrence

Elle n'avait pas vraiment tardé, Lenny. Elle aurait pu mettre bien plus de temps, mais il lui était reconnaissant d'avoir fait aussi vite. Le malaise qui régnait dans la chambre de ce Roy, ce Faust, était bien trop palpable pour être soutenable. Le seul hic, c'est que ça ne risquait pas de s'arranger puisque sa sœur jouait aussi au Darwin's Game, et risquait donc de reconnaître ces personnes. Bien qu'il n'était pas certain que Mera soit la cheffe GAIA, il avait des raisons de le soupçonner. Et peut-être que sa sœur, elle, aurait rencontré cette joueuse sous son autre visage.
Face à elle, il lui résuma la situation le plus brièvement possible, et put lire la surprise sur son visage. Pas de blessé grave aujourd'hui, mais cela pouvait vite le devenir si l'accouchement se passait mal. Pour sûr, elle ne s'était pas attendue à ça – et il s'était bien gardé de la prévenir en amont. Il la suivit finalement, alors qu'elle se dirigeait vers la chambre. Se confronter, à nouveau, à cette scène surréaliste alors que sa sœur avait déjà endossé son rôle d'infirmière. Il allait, encore une fois, lui être redevable de faire ça pour lui.
De retour dans la chambre, il prit tant bien que mal position, entre le secret espoir de devenir tapisserie, et l'envie d'aider. Il avait envie d'être sourd alors que sa sœur commençait à parler fréquence de contractions. Il avait beau être ouvert sur pas mal de sujets, Terrence n'était pas de ceux qui parlent dilatation de l'utérus d'une femme qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam. Heureusement, il fut appelé par Mera assez rapidement pour la soutenir, et il l'emmena dans une pièce adjacente, la salle de bains.
Il se détourna par politesse, restant tout de même à ses côtés au cas où elle aurait besoin de son soutien à nouveau, puis finit par sortir de la pièce, laissant les deux femmes seules.
Il récupéra la future mère quelques longues minutes plus tard, et l'aida à nouveau. Il ne savait pas comment les aider, elle, Lenny ou même Roy, sans paraître … déplacé. Alors il gardait sa bouche fermée et tâchait de ne pas les gêner, à défaut de pouvoir les aider. Puis, les minutes passèrent, lentement, se transformant bientôt en heures.

***

Oh, Terrence n'était pas resté dans la chambre. Il avait fait les cent pas dans le couloir – luxe qu'il ne pouvait même pas s'offrir dans son appartement – et il avait résisté, malgré l'ennui et les souffles déchirants qui lui provenaient de la pièce d'à-côté, à se connecter au Darwin's Game.
Et puis, n'y tenant plus, il prit la première porte de sortie qui s'offrit à lui et interrompit l'accouchement – ou la scène de torture, puisque les cris ne semblaient pas vouloir cesser – de la manière la plus improbable qui soit. J'vais aller chercher de quoi … patienter … manger. Chinois, à tout hasard. Euh … Roy ? Tu veux quelque chose ? Il écouta la réponse de ce dernier, et s'éclipsa aussitôt de la chambre, puis de l'appartement.
Il ne chercha pas à se presser particulièrement, mais les commerces se faisaient tout de même de plus en plus rares, même dans ce quartier-ci de Chicago, pourtant plus … ou disons moins défavorisé que le sien. Il s'attendait à ce que les commerces tiennent plus le coup que dans son quartier, mais le Darwin's Game avait gangrené la ville entière, et le monde même.
Finalement, il trouva tout de même de quoi prendre à manger quelque chose qui semblait pas trop mauvais, et il retrouva tant bien que mal le chemin de l'immeuble, les bras chargés. Sur le perron, il constata que personne n'avait tenté de défoncer la porte de l'appartement, signe qu'aucun habitant ne semblait encore dérangé par l'accouchement en cours chez leur voisin. Peut-être qu'ici aussi, il valait mieux ne pas se mêler aux affaires de ses voisins si on ne voulait pas finir avec une balle dans le crâne.
Terrence déposa la nourriture sur la table de la cuisine assez bruyamment, pour signaler aux autres qu'il était de retour. Il répartit la nourriture en plusieurs portions, dont une bonne partie qu'il réussit à mettre dans le frigo. Il doutait que sa sœur ou Mera soient en état de se tailler une bavette … mais elles auraient sans doute faim après tout ça. Il divisa le reste en deux, et retourna dans la chambre. Jaugeant la situation – qui n'avait globalement pas changé – il prévint l'handicapé que le repas était servi et retourna dans la cuisine, dans cet appartement qu'il commençait à plutôt bien connaître. Ici, ils pourraient avoir une conversation … le genre que l'on a avec un illustre inconnu quand sa copine est en train d'accoucher dans la pièce d'à-côté, quoi.
Face à lui, et enfin seuls, il ne sut quoi dire. Il n'avait aucune envie de parler de la nourriture, ou bien de s'excuser pour être entré chez lui avec la jeune femme sous le bras. Il n'osait pas aborder le délicat sujet de Darwin's Game en premier – d'un certain côté, cet homme était son supérieur, bien qu'il ne l'ait jamais vécu comme tel et qu'il ait même perdu l'une de ses précieuses vies pour lui. Ce qu'il ignorait sans doute. A court d'idée intelligente, il fit un vague geste en direction de lui – Roy, et son fauteuil roulant. Il s'est passé quoi ? Forcément, c'était du Terrence tout craché. Il n'arrivait pas à se trouver de point commun avec lui, alors peut-être que dans les pires côtés de la vie de cet homme, il pourrait trouver des résonances avec sa propre vie. Simple curiosité pour entamer la conversation.

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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Lun 7 Nov - 19:26
Roy avait entendu son nom et il avait bêtement hoché la tête. A l'instant même où Terrence claqua la porte, le brun se souvenait plus de ce qu'on lui avait demandé. A trop vouloir en faire, sans savoir quoi faire -justement, le brun ne faisait qu’acte de présence physiquement. Son esprit, lui, s’était perdu à travers mille doutes que lui posait cette enfant arrivant. Alors que les deux femmes s'exprimaient dans un langage qu’il peinait à saisir, ou ne serait-ce que compatir, Roy s’éclipsa de la pièce. Après avoir promis à Mera qu’il reviendrait au plus vite, il s’enferma dans la salle de bain pour passer son visage sous l’eau, à plusieurs reprises même pour tenter de faire meilleure figure. Parce que jusque-là, même Mera avait meilleure mine que lui.

En sortant son visage du creux de ses mains, il entendit le bruit des sacs posés sur la table, signe que le jeune homme était déjà revenu. C’est en arrivant dans le salon que le brun se rappela de ce pourquoi il avait dit oui. Dans l’encadrement de la porte, là où avait marqué l’arrêt en voyant toute cette bouffe sur la table, il trouva l’idée totalement absurde de s’installer mangé. Puis l’odeur arriva jusqu’à lui et son estomac se tordit de faim, signe que Terrence n’avait pas eu une si mauvaise idée. C’est quelque peu coupable qu’il s’approcha de l’assiette qui lui était réservée et qu’il fit taire sa faim. « Ex-marines. Un gosse m’a tiré dessus. » Qu’il répond la bouche pleine. Le même genre de gosse que sa nana était en train de mettre au monde. Qui grandira et qui sera capable de tenir une arme et d’abattre un homme comme on l’avait abattu. Et malgré l’évocation de ce cauchemar, Roy sourit en relevant ses yeux vers Terrence. « Fais gaffe, tu vas devenir tout blanc. » Il ne s’était pas gêné pour lui demander, alors Roy avait fait de même pour lui répondre. Il ne lui en voulait pas, bien sûr. Il préférait de loin ceux qui ne le jugeait pas. La situation s’y prêtait déjà suffisamment pour subir un énième regard critique.

Le silence revient, si on faisait abstraction des couverts qui raclait le fond de nourriture. Il est pesant mais lourd de sens. Les deux hommes se connaissent. Et si le pseudo du joueur ne lui revient pas, il est quasiment certain que lui le connait mieux sous l'identité de Faust. Le problème ne vient pas cependant de là. Le vrai problème c’est l’identité de Mera. Alors que Roy avale sa dernière bouché, il finit par se lancer. « Tu sais qui c’est ? La femme que tu viens de sauver. Elle doit forcément te dire quelque chose. » Il était persuadé qu’il était dans le jeu depuis suffisamment longtemps pour avoir déjà entendu parler d’Isaÿr et d’avoir vu son visage. « T’es peut-être un type bien Terrence. Tu dois être un type bien. T’as ramené Mera ici, t’as appelé ta sœur et… Et t’es un atom. J’ai vraiment envie d’y croire. Mais des atoms m’ont déjà trahi. Mais me retirer une vie au chantier et me retirer ma famille… C’est deux choses différentes. Alors soit un type bien. Semper Fi, comme on dit. »


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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Mer 9 Nov - 22:49
future is now
mera + roy + lenny + terrence

Plusieurs heures avaient passé depuis qu'il avait amené Mera dans cet appartement. Pourtant, en y revenant, peu de choses avaient changé. Il pouvait toujours entendre les cris plus ou moins étouffés de la chambre, signe que le bébé n'était toujours pas venu au monde. D'un autre côté, il n'entendait pas d'autres cris de panique, donc ce n'était pas nécessairement négatif. Enfin, ça, c'est ce qu'il pensait.
Du coup, ce n'était pas si mal. Et pour alléger l'ambiance, maintenant que Roy l'avait presque rejoint dans la cuisine, il entama la discussion sur le sujet si gai et si raffiné de l'accident qu'il avait visiblement vécu. Ou peut-être était-il né ainsi, ou son état faisait suite à une maladie. Dans tous les cas, il était curieux d'une chose qui ne le regardait certainement pas. Il avait réparti la nourriture dans deux assiettes, et fut satisfait quand il s'approcha pour se servir.
Il met quelques secondes à assimiler les infos qu'il lui donna. Ex-marines. L'oeuvre d'un enfant. Il se mordit sévèrement l'intérieur des joues pour ne pas répliquer quelque chose de blessant – lui qui a reçu sa première arme à treize ans. Lui qui a vécu dans un rejet ambiant du pouvoir blanc, et des forces de police. Enfin, l'armée, ça restait différent. Au bout d'un moment passé à contempler ce Roy, où le seul truc qui lui passait par l'esprit fut « ça aurait pu être moi, j'aurais pu être ce gosse », il finit par plonger le nez dans son assiette. Avant d'entendre la réflexion stupide – il n'avait pas d'autres mots – de l'handicapé. Un sourire écorcha ses lèvres, alors qu'il cherchait un moyen de détourner le sujet de conversation, doucement. Ce serait bien, ça ! Si mon salaire augmente et que les flics arrêtent de m'courser ... Si seulement c'était aussi magique que cela. Mais, il y avait de l'amélioration. Après tout, le jeu était une zone de non-droit et il connaissait certaines de ses relations qui prenaient un malin plaisir à dégommer des flics virtuellement. Simple retour de bâton.

Mais le reste du repas s'effectua plutôt calmement, si l'on exceptait l'accouchement dans la chambre d'à-côté, et cette gêne naturelle après s'être imposé chez un (presque) inconnu. Et puis, il n'osait pas vraiment parler de Darwin's Game. Pas si ses soupçons étaient fondés, ce serait … bizarre. Déplacé. Et il avait eu sa dose pour le mois à venir. Puis, alors que les assiettes se vidaient, c'est Roy qui brisa la glace. Terrence, attentif, le remercia silencieusement avant de l'écouter pleinement.
Mera ? Il s'est étonné presque trop vite, avant de commenter en un souffle, presque pour lui seul : Elle est pas encore sauvée … Mais il se ressaisit, conscient qu'il n'offrait pas vraiment de réponse à son interlocuteur. Je ne l'avais jamais vu. Il répondit par la vérité pleine et entière, certes, mais il esquivait aussi la réelle question. Et puis, en y réfléchissant, c'était sans doute faux, d'ailleurs. Il avait bien du la croiser durant ce festin … mémorable, mais il n'avait jamais vraiment prêté attention à la politique Darwinienne et ne l'aurait sans doute pas reconnu, de toute manière.
Il préféra rester évasif sur ce qu'il pensait savoir, pensant la question trop inappropriée dans de telles circonstances. Il se voyait mal affirmer « mais j'ai entendu dire que l'alliance ATOM-GAIA reposait sur une histoire de cul entre toi et leur cheffe, donc j'en ai déduit que ça devait être elle » alors que ce « elle » en question était dans la pièce adjacente. Et puis, il ne savait pas ce que Lenny savait, de son côté, et ne voulait pas l'alerter non plus.
Bénis soient les simples d'esprit, n'est-ce pas ?
Ce que Roy dit ensuite … le mit mal à l'aise. Chaque phrase, pleine de doutes et de suspicion, ne faisait que renforcer ce sentiment, au point qu'il frottait nerveusement ses mains sur son jean, ne sachant quelle était sa place alors qu'il s'était imposé dans cet appartement. Au fur et à mesure, ses paroles étaient plus … personnelles. Il ne comprit pas tout de suite pourquoi il parlait de perdre une vie sur les quais du QG ATOM, alors que lui en avait perdue une lors de son sauvetage.
Et puis, trois syllabes. Deux mots, beaucoup trop familiers. T'as trop traîné avec Barbie, toi ... fut la première chose, amère, qui passa ses lèvres. Avant qu'il ne se souvienne, bêtement, que Roy avait avoué être un ex-marines. L'homme avait bien plus de raisons d'employer cette formule que lui. Il y a bien longtemps, il s'était fait tatouer les symboles de son gang sur la poitrine. Plus tard, il y avait rajouté la phrase latine. Et longtemps, ce furent ces seuls tatouages – qui disparaissent sans qu'il ne sache pourquoi virtuellement. Il avait toujours suspecté une manière de prouver que là-bas, les teams étaient supérieures à tout le reste, y compris une telle appartenance. Enfin, il ne comptait pas lui offrir un strip-tease non plus. Si j'avais jamais trahi l'un de mes frères, tu peux être certain que je serai pas là aujourd'hui. Et j'étais là, le jour où t'as quitté les CAHO.
Oui, il n'avait pas pu s'en empêcher. Sortir de cette conversation où il allait encore passer pour la victime. Alors il l'avait gentiment remis à sa place, et sans même évoquer sa mort, ce jour-là. Même si il ne suffisait pas d'être un génie pour s'en douter. Mais il était plutôt content de lui, sur le coup, car dans cette situation, il n'avait même pas attendu de le connaître pour lui prouver sa loyauté – même si la vérité avait plutôt goût d'inconscience et de mission suicide.
Cependant, il était toujours gêné, alors il se leva nerveusement et mis les restes du repas à la poubelle, histoire de s'occuper les mains et de ne plus avoir à le regarder. Les plats à emporter offraient ce luxe de ne laisser aucune vaisselle derrière eux et, considérant le sujet clôt, il offrit une dernière chose à l'ATOM. Tu veux y retourner ?
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MessageSujet: Re: FUTURE IS NOW / TERRENCE, LENNY, ROY   Jeu 10 Nov - 18:57
FUTURE IS NOW
Quand les premiers cris de l’enfant retentirent dans la chambre, Mera tourna lentement son visage vers le réveil électronique posé sur la table de nuit et fit un rapide calcul pour garder l’esprit clair. 20H18. Non il n’était pas 20h18, mais ça faisait 20 heures et 18 minutes qu’elle était allongée sur ce lit à se battre pour donner la vie, et garder la sienne. 20H18 qu’elle se retenait de crier – jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus – et attendait le moment où elle serait enfin libérée de ce cauchemar. Son attention se reporta sur le médecin qui l’avait accompagnée courageusement pendant le travail et tenait entre ses mains le petit être qui était le sien. Pourquoi avait-elle si peur de regarder le bébé ? Sûrement parce qu’elle savait qu’il serait trop tard une fois qu’elle aurait posé le regard dessus. Trop tard pour fuir encore ; elle l’aimerait au premier regard. Son coeur s’affola tandis que Lenny contournait le lit pour approcher, explosa dans sa poitrine quand elle la déposa dans ses bras. L’enfant était si petite qu’elle craignit un instant de la briser en l’attrapant mal. Mais finalement, cela se fit plutôt naturellement et Mera se remercia d’avoir daigné faire quelques recherches au préalable.  « Merci Lenny … » souffla-t-elle en lui lançant un regard sincèrement reconnaissant. C’est ce moment que choisirent Roy et Terrence pour revenir dans la chambre. Instinctivement, Mera tenta de replacer de sa main libre quelques mèches de cheveux emmêlées et d’essuyer du revers de son bras la sueur qui perlait sur son visage et dans son cou. Mais cacher l’état dans lequel elle se trouvait était impossible ; elle était au bord du malaise, crevait de chaud, de douleur, avait envie de dormir pour le restant de ses jours. Elle n’était même pas tout à fait heureuse. En fait, Mera n’en savait tout bonnement rien. Elle se sentait étrangement seule et vide ;  « Merci ... » répéta-t-elle à l’ensemble des présents, avec un faible sourire. Parce qu’ils l’avaient supportée tous les trois dans cette épreuve alors que rien ne les y obligeait – surtout pas Terrence et Lenny.  « Je suis désolée de vous avoir demandé ça, je … Vous m’avez sauvé la vie. Et à elle aussi. » Mera baissa à nouveau les yeux vers la minuscule chose vivante qu’elle tenait entre ses bras, enveloppée dans un petit linge chaud et propre. Elle tourna doucement la tête vers Roy venu se placer à ses côtés et sourit à nouveau, du mieux qu’elle put.  « C’est moche un bébé, non ? » murmura-t-elle, légèrement hilare, pour que lui seul entende alors que Lenny et Terrence échangeaient quelques mots de leur côté. Certes la fillette était rouge, un peu fripée, mais c’était le plus beau bébé que Mera ait vu de toute sa vie, ce qui n’était pas objectif le moins du monde. Elle était en admiration devant cette créature pure et innocente qu’elle avait engendrée, la seule part à peu admirable de sa misérable vie. Epuisée, à bout de force et de courage, elle se pencha lentement vers Roy pour déposer le bébé dans ses bras sans lui laisser le moindre choix.  « Surtout, met toujours ta main sous sa tête. » dit-elle dans un souffle. Elle avait lu quelque part que la tête du bébé était l’endroit de son corps le plus fragile et qu’il ne fallait pas la lâcher un seul instant. Mera se recroquevilla légèrement contre l’oreiller et lâcha un soupir de soulagement. C’était terminé. Enfin.  « Avec tout ça, je n’ai même pas pris la peine de réfléchir à un prénom. » Par tout ça elle entendait bien sûr le DARWIN’S GAME, et ses emmerdes personnelles.  « Aria voudrait qu’on lui donne le prénom de notre mère comme deuxième prénom, Alice. Alors j’ai pensé qu’on pouvait aussi lui donner le prénom de la tienne, et puis … Lenny, aussi. » Ses joues s’empourprèrent alors qu’elle tournait la tête vers le médecin, avant de reporter son attention vers Roy.  « Mais pour ce qui est de son premier prénom … Est-ce que tu as des idées ? » Soudain, elle se sentit transie de froid et releva la couverture jusqu’à son menton en grelottant. Elle avait envie de sortir de ce lit et de le nettoyer de fond en comble, et de prendre un bain chaud. Manger quelque chose de gras et sucré et de regarder une connerie de télé-réalité. Pour la première fois de sa vie, Mera ne pensa même pas à jouer au DARWIN’S GAME.


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