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 Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)
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MessageSujet: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Dim 14 Aoû - 20:15
Pour l'amour et la haine.
Céleste & Lucilla.

La nuit ne va pas tarder à taper le dos des passants et les pousser chez eux avec en bande sonore la peur de se faire poignarder par un joueur névrosé. Même mon patron a le cœur qui n’arrive plus à battre correctement ; il me demande de finir mon service et rester un peu avant la fermeture pour m’assurer que les autres fassent bien leur boulot. Mais, comme à chaque fois, j’accepte en hochant la tête et au fond je me dis juste que je vais prendre un verre avant de rentrer chez moi.

Mon regard balaie la pièce et je sens mon âme s’égarer. Je suis plus qu’une ombre. Une pauvre gosse perdue dans les bars et les bras des inconnus. Je n’arrive à me reconstituer qu’une fois mêlée à un souffle étranger. Je me sens vivante qu’une fois touchée par un épiderme qui viendra ensuite me bercer à l’aide de soupirs de plaisirs dégueulasses.

Je ne me reconstitue qu’une fois accrochée à l’impression d’être aimée.

Pourtant je sais bien que ce n’est que le temps d’une nuit. Lorsque les âmes apaisées s’endorment, moi je me réfugie au creux des bras qui n’ont ni nom ni identité ; juste le parfum du plaisir et de la vie. Sans ça, je me sens esseulée, je me sens vide d’intérêt ; j’ai beau m’accrocher à mon frère, je me sens flancher à chaque fois que le soir vient me rappeler que sans lui, je suis seule.

Je vois alors une forme inconnue. Elle me fait sourire. Son visage est unique, ses traits délicieux se regroupent en deux iris d’un azur où il ne manque qu’un pas pour s’y plonger. Sous le brouhaha ambiant du café qui se prépare à fermer, je vois son regard croiser le mien – certainement car je dois la fixer depuis quelques secondes. Je ne suis plus la personne que je connais. Je deviens celle qui part embrasser les lèvres qu’elle croit salvatrice. Je suis celle qui ne rougit plus car elle n’a aucune honte à avoir – la honte vient avec la conscience, et je la perds au moment même où je commence à agir ainsi.

Me persuader de vivre, voilà ce que je fais.

D’un pas léger, je m’approche de la demoiselle et je la détaille toujours un peu plus. Je sens son corps, ses gestes et son existence même m’attirer ; c’est de elle dont j’ai besoin. Elle sera mon second souffle. Et, alors, dans les draps mouillés par des ébats sauvages ; dans la nuit et le soleil engouffré jusque dans l’oubli : je me sentirai être à nouveau. Elle soufflera un coup – peut-être chez elle, ou bien chez moi – et ma bouche viendra trouver la sienne. Une énième retrouvaille charnelle qui lui dira Tu vois ? Tu vois comme je souffre ? Tu vois comme je te désire ? Tu vois comme le monde n’a plus de sens, mais comme la beauté de ton corps nu me rappelle combien certaines choses sont et resteront belles ? Peu importe combien l’univers peut être affreux, toi tu es une fleur dans le désert de ma vie, et j’ai besoin de te cueillir pour pouvoir sourire à nouveau.

Pour pouvoir respirer à nouveau.

Je prends place à côté d’elle et détache enfin mon regard de son visage – de son esprit. Ma voix, elle, lance une phrase quelque peu banale ; et pourtant, jamais je ne l’avais dit à une fille. Même celle d’il y a quelques jours. Ou même lorsque j’avais quinze ans et que je ne savais pas aborder les inconnues. Jamais je n’avais dit ça. Peut-être parce qu’elle, je la veux particulière. Je la veux peut-être pas dans un lit. Peut-être sur un canapé, ou bien simplement dans un endroit un peu moins personnel. Histoire de ne pas tout dévoiler d’un coup.

Comme ça, elle apprendra à me connaître qu’une fois ses reins embrasés ; embrassés.

- Salut, est-ce que je peux t’offrir un verre ? Promis, j’ai de la discussion. Ou en tout cas, bien plus de discussion que les gros lourds qui ont dû déjà te dire ce genre de phrases. Et, au pire, si t’es pas d’humeur à discuter, je sais aussi me taire.
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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Lun 15 Aoû - 2:23
 

LUCILLA ∞ CELESTE.



Elle sait pas trop ce qu’elle fout là. Sûrement le masochisme, qui la pousse à côtoyer les lieux qu’elle exécrait le plus, juste pour avoir l’impression de faire des efforts d’intégration dans cette ville qui serait la sienne jusqu’à la fin de ses jours. C’est un peu triste, quand elle y pense parfois, d’envisager qu’elle allait abandonner sa vie de nomade. Puis elle pense à son frère, la seule putain de raison qui fait qu’elle était pas encore perchée sur sa bécane pour se tirer dieu seul savait où. Mais quitte à devoir vivre ici, pour le plaisir simple mais néanmoins compréhensible de pouvoir côtoyer son propre sang, la brune s’était mis en tête de connaître le quartier. Elle voulait pas passer plus longtemps pour la touriste de passage qui connait même pas le nom de la rue principale ou du monument le plus important de cet endroit. Alors elle parcourt les rues vides, non sans crainte et de plus en plus souvent avec son chien pour se rassurer, puis elle étudie les places, le monde. Elle prend note des coins les moins réputés, tous ou presque vers chez elle bien évidemment vu l’appartement miteux qu’elle a pas eu le choix de prendre, et de ceux qui pourraient lui plaire. Elle consigne dans un coin de son esprit les routes les plus longues et droites, juste pour le plaisir de pouvoir fuser à toute allure, l’adrénaline procurée par la vitesse lui manquant énormément. Enfin, ce fut ainsi pour toutes ces raisons que la jeune femme se retrouve assise à une table, au sein de ce bar fortement réputé, au point qu’il ne paraissait pas vide au possible malgré le contexte actuel. On pourrait presque en oublier ses soucis, et il y avait quelque chose de drôle à savoir que les personnes qui se planquaient dans les toilettes n’y allaient pas pour sniffer de la coke mais pour pouvoir se connecter au jeu sans se faire prendre et balancer à la police. C’était amusant, mais la brune a aussi le mépris au bord des lèvres, une bile amère qui remonte le long de la gorge tandis qu’elle observe les gens autour d’elle boire à n’en plus finir. Elle songe à la violence que cela provoquera, à la peine qui ne sera pas effacée par les buveurs et au malheur que cela engendrera chez leurs proches. Et il y a ce sentiment, au fond des tripes, cette voix qui lui souffle "Tu vois ? Tu vois les hommes ? Tous les même." Comme quoi, elle a eu raison de s’en méfier toutes ces années, et si le souvenir de l’aîné Abramovic effleure son esprit, elle l’efface aussitôt en songeant au fait que cela aurait mal terminé de toute façon. En fait, ça s’était déjà mal fini, même si elle était l’instigatrice de leur rupture.

Plongée dans ses pensées, un diabolo à la grenadine entre les mains, ce fut finalement une présence à ses côtés qui l’arrache à sa rêverie, les prunelles d’ambres de la brune se relevant pour se planter dans celles de la blonde qui venaient naturellement s’installer à ses côtés. Difficile de ne pas la reconnaître, ce n’était ni plus ni moins qu’une des serveuses de l’endroit, qui avait dû passer sa soirée à servir les gros lourds qu’elle évoquait désormais avec légèreté mais non sans une forme de mépris à l’encontre de ces derniers. Lucilla ne peut retenir un léger ricanement, amusée par l’audace et le franc parler de son interlocutrice mais ne pouvant également qu’approuver le fait que les talents de drague des hommes laissaient franchement  à désirer. Ils étaient prévisibles, tous autant qu’ils pouvaient être et jamais, ô grand jamais, il n’y en avait eu un pour l’aborder d’une manière unique qui aurait pu titiller sa curiosité. « J’imagine que mes gros lourds sont moins pénibles que les tiens, ils me mettent pas systématiquement la main au cul quand je passe près d’eux. Contrairement à elle, qui devait en voir de belles tous les jours. Faut dire que ce ne serait pas surprenant, la jeune femme à ses côtés était charmante, indéniablement, et sûrement que les hommes devaient le lui rappeler à tout bout de champ, que ce soit à renfort de sifflements désagréables ou de propos malhabiles.  Lui renvoyant un sourire amusé, elle finit par vider cul sec ce qu’il restait de son verre avant d’en tapoter les bords du bout des ongles comme pour en signaler l’absence de contenu. Mais quitte à se faire servir, autant que ce soit par une autre que celle qui lui proposait actuellement ce verre, aussi Lucilla attrapa tranquillement par le bras une serveuse qui passait par là pour avoir son attention. Un autre diabolo grenadine, à mettre sur le compte de ta collègue, demande-t-elle en désignant ladite collègue d’un signe de tête, relâchant la serveuse et se focalisant de nouveau sur sa compagne du moment. Enfin, si c’est vraiment mis sur ta note… J’imagine que sans regard indiscret pour te surveiller, tu peux bien te permettre de pas payer un verre ou deux. Nouveau sourire, un peu moqueur, un peu complice. Fallait bien des avantages à exercer ce métier de merde. Même si, après tout, elle n’en savait rien. Peut être que son interlocutrice aimait son taff, même si il y avait de quoi en douter. C’est comme un étudiant bossant au McDo, il aime rarement ça. Lucilla. » Se présente-t-elle simplement dans un énième sourire, incapable de réfléchir convenablement. Elle savait pas trop ce qu’elle foutait, ayant déjà eu l’occasion de vérifier qu’elle ne désirait pas les femmes de cette façon là. Et pourtant… Pourtant elle était prête à jouer le jeu, comme une idiote, juste parce qu’elle voulait oublier l’espace d’un instant que la gente masculine qui l’entourait en ce moment lui donnait envie de vomir et pleurer à la fois.
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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Lun 15 Aoû - 16:33
Pour l'amour et la haine.
Céleste & Lucilla.

Je suis à quelques centimètres de la belle inconnue. Elle est un peu plus grande que moi, mais ça me déplait pas – au contraire. Ses mèches essaient de suivre la courbe que la demoiselle a du leur imposer en les coiffant, mais on voit bien qu’ils préfèrent se rebeller en quelques courbes qui donnent à sa chevelure un air décoiffé. Pourtant, c’est dans cette déconstruction que l’inconnue s’est bâtie ; il y a en elle comme un non-sens qui lui donne une essence. Ses traits, eux, se détendent légèrement sous ma voix et ça me tire un léger sourire - et pourtant largement assez visible pour qu’une collègue au fond de la salle le remarque. Cependant, la réponse qu’elle me donne me donne semble souffrir ; il réside dans ses mots une amertume que je ne peux desceller. Une haine souffle en arrière-plan sa rage lors des premiers mots articulés, avant d’être oubliée et laissée de côté le temps de cette soirée.

- J’imagine que mes gros lourds sont moins pénibles que les tiens, ils me mettent pas systématiquement la main au cul quand je passe près d’eux.

Un ricanement sort de ma gorge et je m’apprête à lui répondre lorsque la jeune femme arrête une serveuse pour commander le verre qui lui sera offert.

- Un autre diabolo grenadine, à mettre sur le compte de ta collègue. Son regard céruléen retourne alors sur moi et j’apprécie ce non-contact partagé lors d’un échange où chacune essaie de faire plonger l’autre dans son océan. Mais, elle, son regard est différent ; il n’y a pas d’horizon de dessiné. Enfin, si c’est vraiment mis sur ta note… J’imagine que sans regard indiscret pour te surveiller, tu peux bien te permettre de pas payer un verre ou deux.

Je hausse les épaules avant de me pencher un peu plus près d’elle. Je souffle dans son oreille un secret, et je vis ça comme des préliminaires. L’inconnue va bientôt passer une nuit où je lui partagerai un tas de secrets dans des soupirs, des cris et baisers. Et c’est qu’une fois que nos chairs se seront quittées ; qu’une fois que chacune reprendra le contrôle total de son corps, qu’elle comprendra. Elle aura entendu ce à l’aide.
Elle aura entendu le silence contre ma poitrine.
Cœur mort.

- Pour tout te dire, ce sera mis sur la note d’une autre serveuse. Je vais me faire virer sous peu, alors bon… Elle me doit bien ça pour toutes les heures que j’me suis tapée à sa place !

Et alors, l’inconnue vient mettre un nom sur ses traits ravagés et son épiderme aux parfums de douceur. Lucilla. Dit-elle. Nom aussi beau que celle qui le porte. Il lui sied à merveille, et pourtant, je me dis que Belle Inconnue lui va tout-autant. Belle Inconnue Lucilla. C’est sur un ton qui s’essaie d’être chaleureux que je lui réponds :

- Céleste.

Je vois du coin de l’œil ma collègue revenir avec le dit diabolo fraise et je lui fais signe de me ramener la même chose.

- Original. Habituellement, les gens qui se font inviter demandent quelque chose d’alcoolisé. Ou en tout cas, ils ne prennent pas une boisson si peu chère… Tu es sure de pouvoir me supporter sans aucun alcool dans le sang ?

Sourire non dissimulé qui sous-entend bien des choses. Pourras-tu me faire l’amour sans avoir l’esprit brouillé ? Nombreuses ont été les fois où les filles se ramenaient avec le corps et l’esprit qui tanguent – en général, on finissait par danser sur un bateau et nos corps se retrouvaient rapidement trop brûlants. Les échanges me semblaient moins vrais et souvent, l’inconnue repartait bien avant cinq heures du matin.
Mais là, Lucilla mise sur la sobriété. Elle mise sur des baisers partagés, où personne ne se trompera en touchant une joue au lieu d’une lèvre. Elle mise sur des reins qui feront des va-et-viens réguliers, et des cris non sur-joués. Peut-être même qu’elle ne fera aucun bruit ; parfois, le silence est signe de jouissance.

Ou peut-être tout simplement qu’elle n’envisage qu’un verre avant de rentrer chez elle.

Je commence alors à douter de la clarté de cette situation ; pense-t-elle que je suis ici que pour sympathiser ?
Alors, comme pour rendre les choses un peu plus limpides. Comme pour lui annoncer sur quel pied il allait falloir danser, je lui dis :

- Pour revenir à ce sujet de mains au cul… J’ai envie de te dire que, ouais, j’en ai eu pas mal. Et souvent, ce ne sont pas les personnes qui m’intéressent qui me les mettent… Mes yeux viennent essayer de creuser un tunnel dans les siens ; histoire de chercher son âme et de pouvoir enfin comprendre ses intentions. Toi, par exemple, si tu m’en avais mis une, il y a peu de risques qu’après je t’aurais refusé un verre…

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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Mer 17 Aoû - 1:44
 

LUCILLA ∞ CELESTE.



Difficile de ne pas comprendre les intentions de la jeune femme face à elle. Faut dire que Lucilla avait appris depuis longtemps que les propositions aussi prévisibles que celles concernant un verre n’étaient pas anodines, il y avait toujours un sous-entendu derrière, une envie, un désir. Le fait qu’une femme vienne l’aborder de cette façon ne changeait rien à la donne, bien au contraire cela était tellement plus rare que cela ne faisait que renforcer les impressions de la brune : sa partenaire du jour ne cherchait rien de plus qu’un coup d’un soir sûrement, un moyen d’oublier sa vie, ou son ex, ou juste une façon de se sentir désirable au possible. Les raisons pouvaient être nombreuses et la brune ne se permettrait pas de les juger. Ce qui ne l’empêche pas d’essayer de les pointer du doigt, par simple curiosité. Ce sera finalement le murmure de la blonde au creux de son oreille, cette façon de lui souffler intimement les choses lui arrachant l’esquisse d’un sourire amusé, qui lui apporta un semblant de réponse. Elle allait se faire virer. Ça semblait être une certitude pour la serveuse en question, qui ne semblait toutefois pas être trop assommée par la nouvelle. Peut être qu’elle avait eu le temps de digérer l’information, peut-être qu’elle s’en foutait. Ou peut-être étais-ce exactement pour cette raison qu’elle éprouvait le besoin de venir aguicher l’éducatrice canine ce soir précis. En tous les cas ce fut l’élément déclencheur, comme une certitude ancrée en elle, qui lui souffle que quitte à espérer de nouveau pouvoir se passer des hommes, autant que ce soit dans ces bras là. Relevant les yeux vers la blonde, offrant à cette dernière son identité dans un sourire évident, la réponse ne tarde pas et enfin la blonde ne se contente plus d’être une vulgaire inconnue. Céleste. Joli prénom, qu’elle espérait révélateur d’une potentielle bonne soirée passée en sa compagnie, faut dire qu’il y a encore quelques années, la brune aurait pu se jeter à corps perdu dans cette relation éphémère, juste pour expérimenter. Mais depuis le passage d’une certaine blonde, une meneuse dont les caresses habiles lui avaient clairement laissé entrevoir la possibilité de se tourner vers les femmes, il y avait une certaine compétition et indéniablement un moyen de comparaison flagrant. Inutile cependant de mettre en avant cette information et Lucilla préfère ricaner à son tour, amusée, en entendant son interlocutrice évoquer l’originalité du choix de sa boisson. Pas d’alcool. Forcément ça devait surprendre, elle-même ne comptait plus le nombre de fois où on lui faisait remarquer sa sobriété.

Se penchant légèrement en avant sur la table, les coudes fermement reposés sur cette dernière, ce fut en plantant l’ambre de ses yeux dans les prunelles de son interlocutrice qu’elle souffla, sérieuse malgré le sourire moqueur et quelque peu arrogant qu’elle arbora l’espace de quelques secondes. « J’ai pas besoin d’alcool pour savoir précisément ce que je veux… Murmure-t-elle en accentuant des mots de ci de là, apportant des certitudes dans son discours et révélant son assurance qui, la plupart du temps, n’était que feinte. La plupart du temps mais pas ce soir, pas alors qu’elle savait dans quoi elle mettait les pieds et pourquoi elle y mettait les pieds. Malgré son allure et ses propos, Céleste semble vouloir mettre un peu plus en avant ses propres désirs, passant à la vitesse supérieure en évoquant avec légèreté le fait que la main de Lucilla contre son postérieur n’aurait vraiment pas été ce qu’il y avait de plus dérangeant dans la vie. La situation est cocasse, et la brune image plutôt la façon qu’ont les hommes de donner une claque, comme pour s’approprier violemment ces croupes sur lesquels ils lorgnaient. L’eshu ne comptait pas franchement se montrer aussi désagréable dans sa façon de procéder, aussi bourrine. Pour l’heure cependant elle préfère rassurer sa compagne quant à ses propres intentions, prête à révéler le fait qu’elle se laissait docilement prendre à ce petit jeu nocturne, mais non sans imposer son propre jeu avant. A savoir, sa manie de laisser l’autre dans la confusion la plus totale. Ce fut donc en se reculant légèrement, remettant en place une distance courtoise entre elles, que Lucilla précisa : Je compte pas t’accompagner jusqu’à ton domicile, pas plus que je ne désire t’emmener chez moi. Cela semblait fortement à un refus, ce qui contrasterait pourtant terriblement avec ses paroles précédentes qui semblaient témoigner d’un désir sincère. La brune fait par ailleurs durer un peu le suspens en imposant un silence, avant de conclure dans un sourire. Arrange toi pour faire la fermeture alors, j’veux pas qu’il reste un seul de ces idiots dans l’établissement. Histoire qu’on ait l’endroit pour nous. » C’était à prendre ou à laisser. Peut être même que l’employée destinée à se faire virer ne possédait pas les clés, et ne pourrait donc guère offrir à la brune ce qu’elle désirait. Mais cela se ferait ainsi et pas autrement. Car si Lucilla se sentait d’humeur à perdre de son temps dans les bras d’une inconnue, il était tout simplement hors de question d’aller la suivre chez elle, ou pire, de l’emmener au sein de son propre foyer. Un lieu bien trop sacré pour ce genre de galipettes imprévues.
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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Mer 17 Aoû - 23:28
Pour l'amour et la haine.
Céleste & Lucilla.

Ma remarque sur la sobriété de la Belle Inconnue semble amuser celle-ci. Alors que le trouble et l’ambiguïté s’amusent à souffler dans mon cou l’amusement qu’ils trouvent à la situation, elle, se penche un peu plus en avant. Son parfum casse l’odeur d’alcool qui plane dans la pièce ; sa douce voix contraste avec le brouhaha ambiant. Elle appuie sur les bons mots comme elle appuierait aux bons endroits sur ma peau ; entre mes cuisses. Un frisson se glisse sur mon échine et me lèche la nuque. J’ai pas besoin d’alcool pour savoir précisément ce que je veux… Dit-elle. J’en garde l’impression d’être saoule. L’ivresse de mots que j’ai bu à grande gorgées jusqu’à ne plus réussir à discerner le vrai du faux – le bien du mal.

Est-ce mal de la désirer ? De vouloir la posséder ? De vouloir recouvrir son corps de baiser jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus respirer – seulement soupirer, s’exalter ; crier. Je dois certainement me pincer la lèvre inférieure, car lorsque je reprends mes esprits en articulant ma phrase dénuée d’embarras, je sens ma bouche me brûler. Ou alors est-ce simplement l’envie qui s’agrippe à ma langue ? Les questions font un tas de va et viens dans mon esprit ; elles semblent reproduire le geste que je souhaite appliquer sur la Belle Inconnue.

Sur Lucilla.

Mais le jeu est les fabulations prennent vite fin lorsque la jeune femme se recule assez pour que je doute de tout. Peut-être était-ce une vision ? Que des illusions dans lesquelles je me berce pour me persuader que même elle, veut bien de moi. Peut-être qu’elle se joue de moi depuis le début. Je ne suis rien de plus qu’une distraction avant l’heure du couvre-feu. Mes pensées qui décident de retourner mon esprit en un mal de crâne horrible semblent alors convaincues d’avoir raison, lorsque l’inconnue articule :

- Je compte pas t’accompagner jusqu’à ton domicile, pas plus que je ne désire t’emmener chez moi.

C’est à ce moment là où je me demande si j’ai bien fait. Si je fais bien de l’aborder, et si elle s’appelle bel et bien Lucilla. Mais je sens au fond de moi battre quelque chose ; je n’arrive pas à déterminer si c’est mon instinct ou bien mon cœur. Mais la chimère invisible qui s’agite en mon sein semble me murmurer qu’elle n’en a pas fini, et que cette phrase n’est rien d’autre que la continuité même de ce qui se déroule depuis le début : un jeu. Un jeu, car l’excitation aime s’amuser ; car s’emparer de la chair d’un autre, c’est jouer avec ses sens. La recherche de la synesthésie est comme une carte au trésor que chacun décortique à sa façon ; Lucilla, elle, s’amuse.

- Arrange toi pour faire la fermeture alors, j’veux pas qu’il reste un seul de ces idiots dans l’établissement. Histoire qu’on ait l’endroit pour nous.

Un sourire se dessine sur mes lèvres ; il doit être quelque peu provocateur car je me sens en même temps comme réveillée. Je me lève de ma place, et me penche en avant jusqu’à ce que mon souffle puisse toucher le bout du nez de la belle inconnue. Ma voix coupe alors ce souffle irrégulier sur un ton à la fois calme et amusé :  

- Dans moins de trois minutes, l’établissement ne sera plus qu’à nous deux.

Après être plongée dans ses deux saphirs pendant quelques secondes, je décide de sortir la tête de l’eau et saisis mon téléphone de ma poche. Je pose celui-ci sur mon oreille tout en marchant lentement vers une collègue qui a deux ans de moins que moi.

- D’accord Monsieur… Oui je comprend. Oui c’est normal. Je m’en occupe. Oui… Je vais le dire à Alycia tout de suite. Bonne soirée Monsieur. Je fais mine de raccrocher en baissant les épaules et en soupirant. Je me surprend tant mon jeu d’acteur est parfait – certainement l’influence de ma team qui ressort.
- Il se passe quoi ? C’était le patron ? Me questionne la rousse qui hausse un sourcil. Je lâche un second soupir en levant les yeux au ciel :
- Il a eu des plaintes comme quoi certaines personnes l’autre jour n’étaient pas rentrées avant le couvre-feu à cause de notre bar qui sert trop tard et je suis donc chargée de faire sortir tout le monde maintenant et de m’occuper de la fermeture. Je jette un coup d’œil à l’heure sur mon écran. Putain… Bon tu peux te charger de faire passer le mot aux autres ? J’ai plus beaucoup de temps là… Sinon je vais être obligée de rester ici toute la nuit. Je peux compter sur toi pour virer les derniers clients ? Je vais demander à une amie si elle veut bien rester avec moi pour m’aider… Putain.
- C’est pas cool de la part du boss sérieux… Bon on va faire sortir tout le monde. Ca ira ? Tu veux que je reste t’aider ?
- Non c’est bon, ne t’inquiètes pas pour moi. Un faux sourire et une main posée sur l’épaule de la jeune fille qui me rend mon sourire et s’empresse d’aller voir les autres serveuses. Je retourne ensuite vers Lucilla et prend place face à elle cette fois-ci.

- Bon… Reste plus qu’à attendre. J’suis bientôt à la porte, mais pour le moment c’est moi qui les dirige quand le patron n’est pas là.

Un rire pour conclure ma phrase, puis je dispose sur la table mon tabac et mes feuilles pour jouer avec en attendant patiemment que tout le monde parte. Le temps passe alors à une allure quelque peu inattendue ; moi qui croyais devoir compter les secondes, voilà que la rouquine me dit au revoir de loin et m’indique où sont rangées les clefs avant de fermer la porte. Le silence devient alors le seul obstacle entre moi, et elle. Elle et son corps que je ne me retiens plus de détailler. Mes yeux se baladent un long moment avant que je ne me lève et aille chercher le trousseau de clefs pour fermer la porte d’entrée.

- Et voilà.

Je passe ensuite derrière le bar et décide de mettre ma propre musique. Je sens alors, au rythme de la voix et de mes pas, démarrer enfin la soirée. La nuit. Le tout. Mes pas me mènent à nouveau vers Lucilla à qui je tends ma main pour déclarer :

- Une danse ? Je te préviens, je sais pas danser. Enfin… Si, y’a un type de danse auquel je suis plutôt douée. Mais celui-là, je ne te le proposerai pas – tu y auras le droit au moment voulu. Et à l’endroit que tu préfères. Mes doigts tapotent le dessus de sa main en attendant qu’elle se décide à saisir la mienne, et je frémis ;
Notre premier contact.
Le début d’un lien qui allait se concrétiser dans la chair et la chaleur. Dans le désir et les corps entremêlés.
Toute une nuit, ici.
Au creux du silence, et des traces laissées par un monde maintenant disparu.


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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Ven 26 Aoû - 23:19
 

LUCILLA ∞ CELESTE.



Elle exige Lucilla, elle exige car si elle est prête à jouer ce jeu avec sa partenaire du moment, elle désirait imposer ses règles. Plus elle y pense et plus les paroles du rouquin lui reviennent en tête : c’est toi l’obsédée du contrôle. Oui, sûrement, bien qu’elle ne l’assume guère, bien qu’elle préfère se croire libre, dépourvue de chaînes ou d’entraves et n’ayant de ce fait pas besoin de gérer parfaitement les situations. Elle s’estimait imprévisible et capable de tolérer l’imprévisibilité d’autrui, mais la réalité était un poil plus complexe. Par ailleurs, n’en étais ce pas une, en cet instant précis ? N’étais-ce pas une chaîne qui pendait à son cou et qui, malgré ses allures presque autoritaires, était simplement à la portée de Céleste, cette dernière pouvant ainsi s’octroyer l’affection passagère de la brune simplement parce que celle-ci en désirait en retour. Sûrement que si, mais là encore la motarde préfère se voiler la face, s’autorisant un simple sourire en entendant la blonde face à elle lui assurer qu’elles auraient l’endroit pour elles seules d’ici quelques minutes. Haussant légèrement un sourcil, intriguée par cette promesse somme toute difficile à tenir, le sourire de la brune s’élargit progressivement en voyant la femme à ses côtés jouer la comédie avec brio. Le téléphone est dégainé et, sans même qu’elle ne prenne le temps de composer un numéro ce qui prouvait bien qu’il ne s’agissait que d’une vaste blague, elle se dirigea vers sa collègue. Elle ne s’éloigne cependant pas assez pour que l’ensemble de la conversation n’échappe à Lucilla, qui met un point d’honneur à ne pas perdre une miette de la discussion. Visiblement Céleste était écoutée, pas franchement critiquée ou remise en question par ses collègues qui se contentent de la croire sur parole. Soit il n’était pas dans les habitudes de la blonde de mentir, ce qui semblait peu probable au vu de l’habileté avec laquelle elle arrive à le faire, soit elle était justement bien trop douée dans ce domaine pour s’attirer les soupçons de quiconque. Elle n’avait jamais été prise la main dans le sac et, l’espace d’un instant, Lucilla espère qu’elle ne se fera pas prendre à cause d’elle cette fois ci non plus. Encore que… Elle était destinée à se faire virer de toute façon non ? Autant profiter et abuser de ses privilèges dans l’immédiat par conséquent, ce n’était plus franchement important que de se faire prendre ou non.

En tous les cas, le mensonge passe et rapidement le personnel se retrouve à expliquer qu’ils vont fermer, mettant à la porte les derniers clients et ne laissant en paix la brune que parce qu’elle était, l’espace de quelques minutes, la fameuse amie censée donner un coup de main. Difficile pour la concernée de se retenir d’admettre que le coup de main en question serait d’une nature bien différente que celui supposé par la populace. Ravalant de ce fait ses provocations, ce fut simplement qu’elle attendit que tout le monde finisse par partir, jetant un regard amusé à sa compagne lorsque cette dernière se vanta de tout diriger en l’absence de son supérieur et gratifiant la dernière serveuse qui partait d’un sourire poli. Puis vient le silence. Un silence qui aurait presque pu être gênant s’il ne faisait pas un bien fou à Lucilla, contrastant brutalement avec l’ambiance précédente. Lâchant un soupir d’aise, ce fut du coin de l’œil et sans se départir de son sourire en coin, qu’elle observa alors Céleste se relever pour aller mettre de la musique non sans l’avoir dévoré des yeux auparavant. Hochant doucement la tête dès les premières notes, la motarde commenta rapidement : « Bon choix. Bien qu’un peu… Cliché ? S’amuse-t-elle dans un sourire tandis qu’elle baissait désormais les yeux à hauteur de ces doigts qui pianotaient sur sa peau, en une invitation silencieuse qui se voit bien vite confirmée par les propos de la blonde. Celle-ci affirmait ne pas être spécialement douée pour la danse, du moins pas de ce genre ci, mais le reste finirait par venir. Dois-je m’attendre à un odieux mensonge, comme ta collègue y a eu le droit ? Nouvelle pique, amusée, avant qu’elle ne s’empare de cette main ainsi tendue, se relevant et délaissant son siège pour accompagner sa partenaire au milieu de la salle, les deux femmes s’octroyant suffisamment d’espace pour entamer quelques pas. Ce fut instinctivement que la brune posa une main sur l’épaule de sa compagne, remarquant qu’elle s’était d’office approprié le rôle de la cavalière et s’en excusant dans une moue à la fois charmeuse et faussement gênée : Désolée, question d’habitude. » Se justifie-t-elle simplement, expliquant ainsi au passage qu’elle n’était guère habituée à côtoyer la gente féminine de la sorte. Elle n’avait eu qu’une seule expérience avec une femme, suffisamment agréable pour lui donner l’envie de recommencer ce soir là, dans les bras d’une autre, mais de ce fait même pour une simple danse elle ne se posait guère la question de savoir où elle irait poser ses mains. De toute manière, cela n’avait que peu d’importance, surtout au vu des circonstances. La blonde face à elle pouvait bien les poser où elle le désirait par ailleurs qu’elle n’irait pas s’en offusquer, pas alors même que c’était le but de cette soirée improvisée : poser ses mains là où on désirait les poser.

Ce fut pour cela que Lucilla, passé les premiers instants, laissa ses doigts glisser de l’épaule au cou de la blonde, effleurant sa peau du bout des doigts et suivant du regard ce qu’elle faisait dans le même temps. Elle sait pas ce qu’elle fait, et une voix lui chuchote que la jeune femme face à elle ne devait pas non plus le savoir. De toute façon, c’est toujours comme ça non ? Quand on se décide à draguer dans un bar en expliquant franchement ce que l’on espérait à la fin de la soirée, c’est qu’on ne sait pas ce qu’on fait, ou qu’on ne sait plus quoi attendre de la vie, non ? Elles devaient être pareilles en un sens, brisée d’une façon ou d’une autre au point d’avoir envie de se taper la première inconnue qui passe. Se supporterait-elle le lendemain ? Difficile à dire, et il n’y avait au fond qu’une seule façon de le savoir. Alors les doigts glissent de nouveau, remontant le long de la gorge, esquivant le menton, effleurant les lèvres du bout du pouce pour ensuite poursuivre le long de la joue jusqu’à la chevelure blonde qui s’offrait à elle. Ramenant l’ambre de ses yeux dans les prunelles de son interlocutrice. « Je sais pas ce que tu cherches à oublier, mais j’espère bien réussir à ne plus t’y faire penser, Céleste. » Céleste. Elle prononce le prénom comme pour oublier que c’était bien la seule chose qu’elle possédait à propos de son interlocutrice. Elle souffle un prénom comme pour soulager sa conscience, comme pour mieux se dire qu’elle n’allait pas se faire une simple inconnue mais une personne qu’elle connaissait un peu. Comme si un simple prénom pouvait préserver sa dignité mainte fois bafouée, par les autres et par elle-même. Et, les doigts toujours perdus dans cette chevelure à laquelle elle compte s’agripper la nuit durant, elle finit par venir l’embrasser. C’est léger, un peu hésitant, comme si malgré les propos explicites de son interlocutrice, elle craignait d’aller trop vite. Sûrement parce que ce n’est pas un de ces homme qu’elle méprise qu’elle a en face d’elle, mais bien une femme. Une poupée, telle qu’elle aurait pu l’être, une personne déjà brisée qu’elle ne tient pas le moins du monde à abimer encore plus. Céleste n’hantera peut être sa mémoire que le temps d’une soirée, mais elle tenait à ce que cela soit bien fait.
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MessageSujet: Re: Pour l'amour et la haine. (LUCILLA)   Mer 21 Sep - 10:07
[C'EST NUL JE PUE]

Pour l'amour et la haine.
Céleste & Lucilla.



La danse commence avec quelques pics balancés par la belle inconnue. Des mots quelque peu dérangeants car à la fois délicieux et amers. Mais après réflexion, ils sont simplement à l’image de cette soirée ; à l’image de nous : des choses perdues, pauvres, un peu abimées qui ne se retrouvent complètes qu’une fois assemblés. Et une fois cette union faite, la morosité laisse place à une grâce que l’on pensait oubliée.

Ici c’était exactement ça.

Lucilla est de ces gens dont l’ombre a été perdue dans la foule. Elle a fini par s’en retrouver une en devenant un être effacé par sa propre perdition. Non, je ne dis pas qu’elle est fade –loin de là. Je dis simplement qu’elle est pleine de couleurs et qu’elle a abandonné son combat contre le gris de ce monde. C’est pourquoi elle est ainsi : un tas de nuances presque oubliées que l’on voit sursauter de temps à autre.

Et maintenant, c’est du vermeil que je vois agiter ses joues.

Promptement, elle se met à devenir plus tactile, plus entreprenante ; mais il est difficile de ne pas remarquer une légère gêne dans ses gestes. Ils ne sont pas complets. Ses doigts ne s’enfoncent pas dans le creux de mon cou, et ils ne saisissent pas la totalité de ma chevelure. Pourtant, c’est dans cette mi-teinte de rouge que mon cœur reprend enfin un rythme correct. Je le sens s’agiter dans ma poitrine, prêt à me pousser contre ses lèvres ; mais je préfère sentir son souffle fébrile sur ma peau. Et attendre sagement qu’elle vienne rompre ce contact.

-        - Je sais pas ce que tu cherches à oublier, mais j’espère bien réussir à ne plus t’y faire penser, Céleste.

Dit-elle entre deux caresses. Elle doit certainement articuler cette phrase plus pour elle que pour moi – et pourtant, je sens ses mots embraser mes maux jusqu’à les éteindre ; le temps d’un soir. Je m’apprête à lui répondre mais ce sont ses lèvres qui viennent rompre toute discussion : elle vient tracer un horizon sur ma bouche et je n’ai plus aucune envie si ce n’est celle d’aller parcourir ce paysage qui m’est offert. Son baiser est timide, quelque peu retenu, mais je décider d’y rajouter un peu de fougue en plaçant ma main derrière sa tête et en le prolongeant d’un mouvement de la tête. Sa respiration coupe la mienne et je suis obligée d’interrompre l’échange au bout de quelques secondes pour pouvoir reprendre mon souffle. Mon regard croise le sien et l’océan s’ouvre à moi tout comme le microcosme que son corps représente.

Un sourire coupe mes lèvres et mes doigts descendent jusqu’à sa taille que je saisis pour coucher délicatement le dos de la belle sur une table. Chaque geste effectué essaie d’être le plus doux possible ; Lucilla tremble au moindre mouvement brusque, et je ne veux pas savoir pourquoi un être aussi fort peut avoir une âme aussi fragile. Je veux simplement ne pas l’abîmer plus qu’elle ne l’est déjà. Je viens m’allonger à côté d’elle pour poser ma main sur sa joue où des cercles invisibles sont dessinés du bout de mon index.

- On a toute la nuit devant nous… Alors n’allons pas trop vite, ce serait du gâchis que d’avoir fait le tour de tout ça en une ou deux heures…

Au rythme de mes mots, mon visage se rapproche jusqu’à lier sa bouche à la mienne. Un baiser long où j’ai le temps de visualiser chaque pli de ses lèvres sur ma langue. Puis, quelques secondes, je m’interromps pour déclarer :
 
- Je ne sais pas ce que tu cherches à oublier, mais il serait temps pour toi de te laisser aller. Lucilla.
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