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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 Nelson has wares if you have coins - Brydenson
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MessageSujet: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mar 16 Aoû - 18:13




Hey ho, hey ho, on rentre du boulot, lalalala lalalala hey ho, on rentre du boulot.
Cette journée avait été une bonne journée. Courte, productive, elle excuserait presque l'absentéisme chronique de Nelson. Se faire passer pour grand malade auprès de son supérieur était vraiment très, très efficace. Jusque là, ce plan avait fonctionné à la perfection, il lui avait permis de venir travailler quand il le voulait, aussi longtemps qu'il le désirait, et aussi intensément qu'il en était supposément capable.
Personne ne se doutait que si l'expert comptable de la boite était bel et bien absent c'était parce qu'il jouait à jeu dont tout le monde parlait. Lui-même avait déjà critiqué ouvertement ce jeu, et principalement ses conséquences parce qu'elles l'empêchaient de vivre normalement, comme il l'avait toujours fait. Ses collègues manquaient à l'appel, ce qu'il commandait sur internet arrivait en retard, les magasins alentours étaient en rupture de stock, dans les rues on sentait une hostilité constante qui mettait tout le monde mal à l'aise et en garde les uns contre les autres
Cependant, une couverture n'était jamais sûre jusqu'à la fin des temps. Il fallait l'entretenir, faire en sorte qu'elle évolue logiquement et reste crédible. Ce jour-là, le supérieur de Nelson était entré dans son bureau pour lui expliquer qu'il devait accélérer un peu le pas et faire davantage d'efforts s'il voulait garder son boulot. L'employé hocha la tête, compréhensif. Une entreprise comme la sienne ne pouvait pas se permettre d'avoir un expert comptable constamment absent. Il allait devoir trouver une solution, soit il trouvait quelqu'un pour faire son travail, soit il se concentrait un peu moins sur DG pour se donner un peu plus dans la vraie vie. Cette dernière perspective semblait la plus évidente, mais elle l'énervait un peu. La vraie vie il en avait un peu sa claque, elle n'avait pas grand chose à lui offrir, pas assez d'adrénaline pour lui. Alors, il proposa à son supérieur de travailler directement de chez lui. On n'avait qu'à tout lui envoyer par mail, et Nelson s'en chargerait de son propre appartement. Ainsi, il pourrait travailler un peu quand il voulait, au lieu de devoir attendre chaque matins de jours ouvrés.

Il réfléchissait, pour une fois qu'il arrivait à se concentrer, tandis qu'il marchait jusqu'à chez lui.  Il était bientôt chez lui, et comme à chaque fois qu'il allait au travail, il passait devant ce petit antiquaire. C'était original comme magasin, dans un quartier comme celui-ci, c'était pour cela qu'il avait retenu l'attention de l'homme dés son ouverture. Et à chaque passage devant sa vitrine, il y jetait un rapide coup d’œil sans s'arrêter. L'intérieur regorgeait d'objets en tout genre, de tout âges et de toute provenances qui étaient à vendre mais qui semblaient avoir passé davantage de temps dans la boutique plutôt qu'ailleurs. C'était à se demander comment la propriétaire (si c'était bien elle, celle qui y était tout le temps) faisait pour ne pas devoir glisser la clé sous la porte.

Certains objets de la vitrine étaient assez amusants, il y avait vraiment de tout, mais ce que préférait Wilson c'étaient ces objets américains, moitié aussi vieux que l'Amérique elle-même. Les trucs qui dataient d'avant le vingtième étaient dotés d'une esthétique assez particulière que l'on ne retrouvait pas dans beaucoup d'objets. Souvent ils étaient complètement obsolètes, mais se dire qu'il y a plus de cent ans quelqu'un s'en servait tous les jours comme si de rien n'était, c'était impressionnant. Surtout, se dire qu'ils s'en servaient sans même imaginer que dans plusieurs années voire décennies, une version électrique, automatique, ou tout simplement bien mieux conçue de cet objet allait être inventée.

Voilà ce qui passait par la tête de Nelson lorsqu'il jetait un bref coup d’œil à l'intérieur de cet apothicaire, souvent sans s'arrêter dans sa marche rapide. Il y était entré quelques fois, lorsqu'il avait pensé se lancer dans la collection d'objets rares et anciens, mais il avait rapidement abandonné son projet, parce qu'il ne s'y connaissait pas assez. Et quel passe-temps de vieux, sérieusement.
Nelson continuait donc sa route, marchant droit devant lui, pensant à tout ce qu'il aurait à faire une fois en jeu.



Dernière édition par Nelson Wilson le Mer 24 Aoû - 11:02, édité 3 fois

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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mer 17 Aoû - 23:35
Nelson has wares if you have coins.Assise dans un fauteuil baroque, dos appuyé contre le dossier de velours bleu aux accoudoirs irrisés on ne peut plus kitsch qu'elle choyait comme s'il s'agissait de son propre enfant, elle soupira. Elle croisait et décroisait les jambes compulsivement, contemplant son livre de comptes comme si il allait se jeter sur elle pour la dévorer d'une minute à l'autre, ce qui en soit n'aurait pas été si étonnant ; il devait en avoir assez de ne servir qu'à contempler l'étendue du déficit, l'échec cuisant qu'étaient les affaires de Bryden. Elle n'avait eu que trois visites en une semaine, dont deux qui s'étaient avérées être des touristes égarés qui cherchaient le musée et à qui elle avait évidemment offert la direction, ainsi que des cookies, ce qui n'avait pas semblé attendrir leurs cœurs au point de leur donner envie d'embarquer avec eux une vieille lampe à pétrole ou un coussin brodé à l'effigie d'une forêt.
Les affaires allaient donc au plus mal, ce qui en soit ne changeait pas de d'habitude. Elle avait d'ici là toujours réussi à joindre les deux bouts en effectuant quelques petits boulots par ci par là, garde d'enfants, de chiens, de poissons rouges, balayeuse chez le fleuriste, distributrice de prospectus déguisée en cheetos.. Mais tout ça, c'était avant. Avant qu'elle ne se décide d'aller sonner chez le loup pour lui offrir galamment et sa vie et son âme. Avant qu'elle ne se retrouve à cohabiter avec ce tatouage, ces dix existences, cette team, ce jeu qui s'avérait bien trop dangereux pour qu'on le qualifie d'enfant. Cela ne faisait que quelques heures qu'elle n'avait pas joué et elle ressentait pourtant le manque, ténu pour le moment, qui se ferait plus tard monstre aux dents longues pour la dévorer entière, ne lui laissant pas le choix de se connecter. Cette dépendance nouvelle risquait de lui rendre beaucoup plus difficile la tâche de trouver un deuxième job qui viendrait la sécuriser, elle, ses antiquités et son appartement pour au moins un mois.

Le plus terrible dans tout ça était que ce qui lui arrachait ces soupirs n'étaient pas les problèmes d'argent, l'addiction au jeu mortel, la menace des huissiers qui pesaient de plus en plus lourdement sur elle.
C'était ce kit de préparation d’absinthe. L'une des uniques ventes qu'elle avait fait dans le mois. Une aubaine aurait pensé le livre de compte. Une malédiction, en réalité. A voir le type se barrer avec l'attirail que son ancien patron avait déniché dans une brocante à Paris, qui avait selon le brocanteur été utilisé par Musset lui-même, elle avait senti son palpitant se serrer. Bryden doutait en réalité que qui que ce soit d'autre que le vieux du vide-grenier lui même se soit servi de ce kit, mais il lui rappelait avec affection les histoires que son mentor lui contait sur les poètes français, vies et vices, les quelques vers qu'il connaissait et aimait à déclamer alors qu'ils étaient seuls dans leur terrier d'Alice. Elle avait aimé cet objet – comme elle aimait d'ailleurs tous les trésors de ces lieux – et, plus encore, elle l'aimait toujours, alors même qu'il avait disparu à jamais de son entrepôt d'antiquités. Et alors que les factures lui aboyaient des menaces et que le livre des comptes tentait de se refermer sur ses doigts pour la punir de son absence de sens du commerce, elle n'aspirait qu'à une chose. Récupérer son dû.

Elle leva la tête du bouquin maudit, jetant un coup d’œil à travers les vitres de son antre. Et c'est là qu'elle le vit.
C'était lui, le kidnappeur qui détenait son précieux, le vil soudoyeur aux pièces qui avaient eu raison de son affection de mère. Elle connaissait ce visage qui avait plusieurs fois passé le seuil de sa porte, ce qui était assez rare pour être relevé car d'ordinaire les gens n'entraient pas et s'ils le faisaient, c'était pour mieux ne jamais revenir. Elle observa un instant, figée, les yeux bleus, la barbe, alors que son poul s'accélérait. Lorsqu'il disparu de la devanture, elle sut ce qui lui restait à faire.
Elle se leva d'un bond, ignorant les tentatives de la table en chêne pour la retenir, tirant sur le pan de son gilet tout en s'enfuyant, envoyant dans un même mouvement s'écraser au sol le livre de comptes qui trépignait de rage. En quelques foulées, elle franchit la porte et s'approcha de l'homme, lui attrapant le bras pour l'empêcher de continuer sa fuite.

« Eh ! Bonjour.. ». Il y a des idées parfois qui lorsqu'elles vous traversent l'esprit semblent être grandioses mais qui une fois en application se referment comme un piège sur vous, vous obligeant à faire face aux erreurs qu’amène la spontanéité. Elle se trouva un peu con Bryden, devant ce quasi inconnu qui l'observait maintenant. Mais elle était décidée à aller au bout.

« Vous savez, il y a quelques jours, vous m'avez acheté ce kit à préparer l'absinthe et.. ». Elle lui remémore, persuadée néanmoins que c'est inutile. Quel genre de personne oublierait avoir fait l'acquisition d'un aussi bel objet ? Elle ne doutait pas qu'il l'avait mis sur une étagère, dans son hall d'entrée, pour pouvoir l'admirer à chacun de ses passages comme elle-même le faisait avec chaque membre de son bazar.
« Je sais que ce que je vous demande est délicat mais j'aurais aimé le récupérer. ». Elle incline légèrement la tête sur le côté et cligne des yeux, tentant de déceler l'émotion de son interlocuteur. Elle craint qu'il ne se mette en colère, ou pire, que la tristesse vienne humidifier ses azurs comme cela avait été le cas pour elle alors qu'ils concluaient la vente. « S'il-vous-plaît.. C'est vraiment important pour moi. Je suis prête à faire n'importe quelle chose qui puisse vous convaincre de me le restituer. Vous voulez des cookies ? ». Elle ajoute, s'empressant de dégainer ses arguments choc pour l'amadouer.
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Jeu 18 Aoû - 16:28




A peine avait-il tourné la tête pour que cette multi-centenaire vitrine sorte de son champ de vision qu'on tira Nelson par le bras. Était-ce le magasin qui l'intimait de revenir ? Est-ce qu'il avait affaire à un nouveau Darwin's Game version magasin ? Une boutique qui force les anciens clients à revenir, menaçant de malchance et/ou de mort ? S'il avait su, Nelson aurait acheté son kit de préparation d'absinthe petit bout par petit bout, histoire de gagner du temps. Comme ça, il aurait pu en acheter une pièce de plus à chaque fois que le magasin le forçait à revenir voir ce qu'il se trouvait de « nouveau » (parce que même si le stock se renouvelait de temps en temps, on ne pouvait jamais vraiment décrire ce type de marchandise comme étant neuve, sinon elle n'aurait pas sa place dans cette échoppe, CQFD).

Fronçant les sourcils, sursautant presque, Nelson se retourna pour voir ce qui venait de lui serrer le poignet. Au bout de cette petite main crochue et pleine de doigts il y avait toute une petite femme qui semblait vouloir lui parler. Et pas n'importe quelle petit bout de femmelette, mais la vendeuse du magasin d'antiquités elle-même. On dirait bien qu'il avait raison, comme le Darwin's Game, cette boutique s'était mise à le poursuive nuits et jours pour qu'il vienne consommer toujours plus jusqu'à ce que tous ses bibelots se retrouvent dans son appartement. Alors, l'appartement deviendrait la boutique d'antiquités et la jeune femme serait délivrée de l'antique malédiction des antiquaires, elle pourrait vivre sa vie dans son beau local, vieux et vide, et ouvrir un autre magasin normal genre un fleuriste ou un magasin de cupcakes. Elle avait une tête à faire des cupcakes, beaucoup de cupcakes.
« Bonsoir. » répondit l'homme, pas forcément très agréable, les sourcils à moitié froncés. Qu'est-ce qu'elle lui voulait ? Elle n'avait pas mieux à faire que de venir tirer sur le bras des gens comme ça ? Est-ce qu'elle avait perdu sa maman et avait besoin qu'on l'aide à la retrouver ? Si c'était ça c'était bien dommage, Nelson avait mieux à faire. Rien que le fait qu'il ai répondu bonsoir à quelqu'un qui lui avait dit bonjour, c'était mauvais signe. Lui-même détestait être repris sur ce point lorsqu'il disait bonjour en fin d'après-midi.

Nelson, dans sa grande clémence, écouta la plaidoirie de la jeune femme, fronçant de plus en plus les sourcils dans son incompréhension. Est-ce qu'elle demandait cela sérieusement ? Jusque là, tout cela ressemblait plutôt à une énorme blague, une caméra caché ou quelque chose du genre.
Le pire dans l'histoire, c'était qu'elle semblait avoir besoin de ces petits objets comme si sa vie dépendait des verres en cristal, de la petite spatule et de la jolie bouteille d'époque (vide) avec de vieux dessins et des trucs en français sur la bouteille (Nelson avait toujours su qu'il devrait s'essayer à l'apprentissage d'une langue étrangère un jour, mais flemme).
La jeune vendeuse était, selon ses termes, « prête à faire n'importe quelle chose ». C'étaient des propos que tout le monde avait déjà entendu quelque part, ceux d'une femme qui avait besoin de sa dose de peu-importe-ce-qu'elle-prenait. Celle-ci était-elle devenue accroc à l'absinthe, à ses effets psychotropes et hallucinatoires ? On n'aurait pas pu deviner comme ça, elle cachait bien son jeu, la petite dame du magasin d'antiquités. Le seul moyen de le savoir en fait, ce serait de voir comment elle réagissait à l'alcool.

« Le récupérer ? Vous perdez pas de temps, j'ai même pas pu m'en servir, j'ai reçu ma bouteille d'absinthe ce matin. » répondit Nelson, d'une voix à moitié surprise et à moitié dépitée, celle de quelqu'un que l'on privait des jouets qu'il n'a pas encore eu le temps de tester. Il cachait à la perfection la petite dose d'amusement qu'il tirait à la vue de cette jeune femme désespérée, l'homme sadique et macho qu'il était n'ayant rarement besoin de bien plus pour s'amuser. Et il avait encore moins besoin de boire de l'absinthe, mais c'était un caprice passager auquel il avait cédé quelques jours plus tôt lorsqu'il était entré dans ce magasin, parce qu'il rechignait à l'idée d'aller travailler.

« Si vous voulez tant le récupérer, vous n'avez qu'à venir m'apprendre à m'en servir, et comme ça vous pourrez repartir avec. Qu'en pensez-vous ? J'habite pas loin en plus. »
La proposition était faite, il n'y avait qu'à attendre sa réponse. Toute femme censée refuserait, parce qu'on n'accepte pas une invitation venant d'un parfait inconnu, encore plus s'il propose d'aller directement chez lui. Comment pouvait-elle savoir s'il était un tueur en série, d'un violeur et/ou d'un psychopathe ou non ? Peut-être qu'il allait la séquestrer, la priver de son alcool adoré pendant des mois puis ensuite l'abreuver uniquement de ces liquides qui brûlent la gorge et les sens ?
C'était tentant, elle était plutôt mignonne dans son genre, en plus. Mais c'était trop d'entretiens, Nelson avait déjà du mal à concilier le Darwin's Game et son travail, ce n'était même pas la peine de rajouter un être humain (surtout vivant) à sa charge.

« Vous pourrez aussi garder la bouteille, du coup. Elle ne me servira plus si je n'ai plus le kit. »
Ça, c'était une offre qu'elle ne pourrait pas refuser, si elle était réellement alcoolique. Nelson allait vraiment bien s'amuser, c'était bien parti.



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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Ven 19 Aoû - 14:49
Nelson has wares if you have coins.  « Je ne comprend pas. Tu n'as jamais manqué de rien, pourtant. Tu avais des cadeaux à noël, de nouveaux vêtements à chaque rentrée, tu nous avais nous. Jamais nous ne t'avons laissé seule une seconde. Tu n'as pas de creux matériel, pas de troubles affectifs. Alors pourquoi ? »
Je ne sais pas, maman. Je ne sais pas pourquoi je m’entoure d'objets plus que d'humains, je ne sais pas pourquoi je me suis faite Belle, à parler aux tasses et à danser avec le chandelier. C'est qu'il y a probablement, dans la vie, des choses que l'on ne peut pas expliquer.

Et elle sait Bryden ce que sa mère penserait alors qu'elle se dresse maintenant face à la clientèle, pour rappeler le produit qui n'avait nul autre défaut que celui d'être trop aimé de son ancienne propriétaire. Il te manque une case, Bry. Celle du sens des réalités, des priorités, la lucidité. Elle se moque d'avoir perdu le sens des réalités Bryden, ou du reste de ne l'avoir jamais possédé. En revanche, ce qui ne lui est pas égal, c'est de ne plus voir l'attirail de verre alors qu'elle passe à côté du meuble où il trônait fièrement, à l'époque où elle ne l'avait pas lâchement cédé contre quelques pièces qui mettraient tout juste quelques grammes de beurre de plus dans ses cookies.

« Bonsoir. » Bonsoir, vile voleur. Elle secoue la tête. C'est faux Bryden, il ne l'a pas volé, c'est toi qui lui a vendu alors que tu savais qu'il comptait pour toi. Aux prises avec son débâcle intérieur, son combat contre son ancienne elle d'il y a quelque jours qui avait eu l'audace d'accepter de vendre son intégrité contre le fric du barbu, elle ne relève pas la correction de l'homme. Bonjour, bonsoir, qu'est-ce que ça peut faire. On traite là d'une affaire importante, on ne va pas s'attarder sur des banalités telle que l'heure qu'il est, le temps qui s'écoule et le jour qui doucement s’affaisse. Alors qu'elle débite d'une traite son speech improvisé, elle guette les réactions du bonhomme, l'espoir lui tient la main, confiant. Ne t'en fais pas, Bryden. Il va comprendre. Tout le monde peut comprendre. Ce n'était pourtant pas ce que laissait présumer l'air de plus en plus renfrogné qu'affichaient les sourcils juchés au dessus de ces prunelles glacées.

« Le récupérer ? Vous perdez pas de temps, j'ai même pas pu m'en servir, j'ai reçu ma bouteille d'absinthe ce matin. » Elle se mordille la lèvre, clos les yeux un instant. Pitié, homme brun. Elle ne veut pas entendre cette pointe de regrets dans sa voix. Elle se sent soudainement comme une affreuse personne, de celles qui crèvent les ballons des gosses plutôt que de leur renvoyer et qui n'hésitent pas à arracher à la volée une sucette des mains d'un bambin qui l'aurait fraîchement acquis. Sa volonté oscille un instant, alors qu'elle se demande s'il lui est plus supportable de vivre sans son kit ou avec les remords d'avoir attristé un inconnu qui avait eu la gentillesse de s'intéresser à son bric-à-brac, ce que peu faisaient.

Mais elle n'a pas le temps de trancher ce dilemme, car il lui fait une proposition. Venir chez lui. Lui apprendre à se servir du kit. Repartir avec. Elle analyse avec précaution, se demandant quel serait l'intérêt pour lui d'apprendre à se servir d'un objet qu'elle aurait si tôt fait de lui arracher. Mais il est vrai que certaines personnes avaient parfois des lubies étranges et qu'il ne servait sans doute à rien de chercher à comprendre le pourquoi du comment. L'ombre d'un sourire vient se dessiner sur ses lèvres avant qu'un éclair de lucidité ne vienne souffler quelques nuages inquiets sur le soleil radiant, l'idée de réparer l'erreur qu'avait signé cette vente. Elle ne sait pas si l'envie de récupérer son bien est assez puissante pour la faire courir chez l'inconnu qui pourrait tout aussi bien, ennuyé par l'affront qu'elle lui avait fait, décider de la torturer pour avoir voulu rompre les termes du contrat qu'ils avaient signé, à savoir qu'après avoir payé il pourrait repartir avec l'objet de ses désirs. « Vous n'êtes pas un psychopathe, au moins ? » Elle le transperce de ses prunelles bleutées comme si elle cherchait la réponse à cette question, logée au plus profond de l'âme de son interlocuteur. Aveuglée néanmoins par la tournure positive que semble prendre sa requête, il ne lui vient pas à l'idée que si tel était le cas, il ne s'en venterait sans doute pas.

Sa dernière proposition a néanmoins raison de ses réticences. Une bouteille d'absynthe serait en effet du plus bel effet, logée à côté du kit alors qu'il serait revenu à sa place originelle. « Ok. Ne bougez pas. Je reviens. Ne bougez pas, hein ? ». Elle est déjà partie en courant vers sa boutique, lui jetant un regard en biais avant d'entrer pour vérifier qu'il n'avait pas décidé de s'enfuir alors qu'elle avait le dos tourné, emportant avec lui ses espoirs de retrouvailles. Fouillant frénétiquement parmi les meubles, elle finit par retrouver ce qu'elle était venue chercher. une lampe canard en étain, qui pesait un poids certain et dont l’abat-jour, bien qu'en soie, ne recelait aucun grain de poussière. Sa trouvaille sous le bras, elle ressort, soulagée de retrouver l'inconnu, resté planté à la place où elle l'avait laissé. Elle s'approche, lui adresse un franc sourire. « Je n'allais pas vous reprendre le kit et vous laisser dépeuplé, du coup, voilà. C'est pour vous. Je l'emmène chez vous, ne vous en faites pas. ». Sans lui laisser le loisir de refuser, elle lui emboîte le pas. Elle ne précise pas qu'elle est plutôt heureuse de lui refourguer la canne lumineuse, qui lui a toujours semblé inquiétante. Ni qu'elle compte lui écraser sur le crâne s'il tente quoi que ce soit qui serait de nature à mettre son intégrité à mal. Il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi, parfois.

« Vu qu'on se rend chez vous, je suppose que ce ne serait pas trop indiscret de vous demander votre identité ? » Elle tente, innocemment. Il sera toujours temps de la décliner à la police si l'homme s'avère effectivement être un fétichiste de Jack l'éventreur.  
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Ven 19 Aoû - 16:09




« Vous n'êtes pas un psychopathe, au moins ? »
Et nous y revoilà. Dés qu'on avait affaire à un ESHU, on se méfiait plus que d'habitude. C'était toujours la même rengaine avec les gens. Un violet qui était amical ? Serviable ? Il y avait forcément baleine sous gravillons. Ces gens étaient vraiment des monstres, ouh-là-là. Plus Nelson se trouvait face à ce genre de comportement, plus cela l'énervait.
Et comme à chaque fois, il avait la même réaction, il riait comme s'il était tout-à-fait surpris que l'on puisse penser cela de lui, et affirmait que non, il n'était pas un psychopathe. Est-ce qu'il avait vraiment l'air d'un taré buveur de sang, vêtu de son jean impeccable, sa chemise blanche et son blazer noir ? De toute façon c'était sa parole contre celles des autres, il ne pouvait pas faire grand chose d'autre. C'était soit ça soit il confessait n'être plein que de mauvaises intentions tout en mimant des griffes avec ses mains, en repliant le bout de ses doigts, le tout accompagné d'un « Agrougrou ! » plein d'ironie.
Oh non, attendez, elle ne savait pas que Nelson était un ESHU, ils étaient dans la vraie vie, pas dans le jeu. C'était l'habitude qui avait pris le dessus sur le reste. Ou alors elle avait vu le tatouage derrière l'oreille de l'homme, mais elle avait l'air un peu idiote, donc peu observatrice, il y avait peu de chances qu'elle ait fait attention à ce détail. Ok, au temps pour lui, Nelson s'était un peu emporté, elle était juste méfiante, ce qui était compréhensible en fait quand un inconnu invitait une inconnue chez elle.

En tout cas il avait dû être convaincant, et un sourire étira ses lèvres lorsque l'annonce d'une bouteille d'absinthe en rab réussit à faire peser la balance en sa faveur. L'hypothèse de départ de Nelson se vérifiait de plus en plus, c'était bien après l'alcool qu'elle en avait, parce qu'en guise de réponse, elle lui ordonna de ne pas bouger, qu'elle reviendrait (insistant plusieurs fois pour bien s'assurer qu'il ait compris, en plus). « Hmm, très bien. » se murmura donc Nelson à lui-même. Il avait bien eu envie de s'enfuir en courant, ou au moins de se cacher histoire de faire peur à la jeune femme, mais avant qu'il ne puisse essayer quoi que ce soit, elle était déjà de retour, un trésor sous le bras. Trésor, c'était incroyablement ironique comme terme, parce que franchement c'était une lampe hideuse qu'elle venait de sortir de là. Et la voilà proposée en échange du kit pour servir l'absinthe. Voilà un échange qui était bien déséquilibré. Fronçant les sourcils dans une moue surprise et exprimant une certaine incompréhension (voire un peu de dégoût mais il fallait être assez observateur pour le déceler), Nelson ne quitta pas la lampe des yeux pendant que la jeune femme lui expliquait son plan. Par réflexe, puisque c'était son dû, il tendit les bras pour la prendre (après-tout il était censé jouer le parfait gentlemen, il n'allait donc pas la laisser porter cet objet toute seule, il avait l'air assez lourd en plus), mais elle l'interrompit en expliquant que justement, elle la prendrait elle-même. Bon, grand bien lui fasse. Ils se mirent en route.
Ils n'étaient pas bien loin de là où habitait Nelson, dans une haute tour d'appartements du Near North Side. Quelques minutes de marche et ils y seraient, cela ne faisait aucun doute.

« Ah non non pas du tout. » répondit Nelson à la demande de la jeune femme. Et au lieu d'annoncer à haute voix comment il s'appelait, il préféra sortir son permis de conduire de son porte feuille et la montrer à la jeune femme. Parce que personne ne le croyait jamais lorsqu'il expliquait que sa mère avait eu le bon goût de le nommer Nelson Wilson. Et on était surpris qu'ils ne se parlent plus. Il laissa le document officiel plastifié dans les mains de la jeune femme jusqu'à ce qu'elle le lui rende. Comme toujours, sa photo était absolument abominable. Nelson avait l'air de quelqu'un de salement malade, genre enrhumé ou bien grippé. Cela pourrait au moins rassurer la jeune femme, il était un homme parfaitement normal qui était moche sur ses documents d'identité. « Et toi ? Comment tu t'appelles ? On peut se tutoyer d'ailleurs ? Oui ? Puisque je te laisse entrer chez moi, c'est un peu pareil... »
Ils seraient bien plus à l'aise s'ils se tutoyaient, en effet. Cela faisait toujours tomber une barrière qui empêchait tout le monde de s'assoir sur ses deux fesses, de faire ce que l'on voulait. Ainsi, si la jeune femme voulait se jeter sur la bouteille d'absinthe, elle hésiterait bien moins, parce qu'inconsciemment, puisqu'elle serait seule à seule avec quelqu'un qu'elle pouvait librement tutoyer, elle serait bien plus détendue.

Quelques minutes plus tard, ils entraient dans la haute tour dans laquelle habitait Nelson. Le trajet avait été rapide, et c'était une bouteille d'absinthe sous le bras (qu'il venait de récupérer par le concierge qui s'occupait des colis) qu'il invita la jeune Bryden à monter avec lui dans l'ascenseur. Ils en avaient des étages à gravir, et prendre l'ascenseur était non négociable.

Nelson ouvrit la porte de son appartement, il jeta négligemment ses clés sur la table de l'entrée, accrocha sa veste au porte manteau et se déchaussa. « Si tu pouvais enlever tes chaussures, ça m'arrangerait. La femme de ménage fait un peu grève en ce moment, donc j'essaye de garder l'appart le plus propre possible. » En effet, elle avait elle aussi dû succomber aux diables du jeu qui forçait presque tous les habitants de Chicago à ne pas aller travailler une fois de temps en temps. Et comme par hasard, cette fois de temps en temps tombait toujours sur le jours où elle devait s'occuper de chez lui. Ainsi, puisque l'habitation de Nelson n'allait pas se nettoyer toute seule, il s'agissait de ne pas le salir.
L'entrée donnait directement sur un salon, assez grand et lumineux, moderne, à la vue imprenable sur le centre-ville et ses hautes tours. Au fond à droite il y avait le coin cuisine, à l'image du salon, à côté d'une porte fermée qui donnait certainement sur la chambre et la salle de bain.
Même si la femme de ménage ne venait plus, la pièce était globalement propre, elle ne demandait qu'un peu de dépoussiérage par endroits et un coup d'aspirateur sur le tapis beige  qui se trouvait sous le canapé et la table basse, mais ce n'était pas insalubre non plus. Nelson faisait attention à ne rien tâcher ou à nettoyer directement après lui, histoire de retarder au maximum le moment fatidique pendant lequel il devrait bel et bien commencer à nettoyer par lui-même. Mais ce moment n'était pas encore venu ! Il pouvait continuer à inviter des gens chez lui sans avoir trop honte !
« Installe toi, je vais chercher les verres, la spatule et le sucre. T'as qu'à poser ta lampe là si tu veux » intima-t-il à Bryden tandis qu'il posait la bouteille neuve sur la table basse du salon.

Quelques instants plus tard, il s'asseyait dans un fauteuil gris en face de Bryden, posant les verres en cristal en face d'elle, à côté de la petite spatule gravée en métal et de la vieille bouteille d'époque, toujours vide mais qui ne demandait qu'à être remplie.
« J'ai lavé les verres, t'en fait pas. Mais j'espère que tu ne tenais pas trop à la poussière qu'il y avait dessus, là ça va être plus difficile de la récupérer fit-il, un brin moqueur, avant de reprendre. Pour l'alcool, j'en ai pris du français. Je m'y connais pas du tout donc je me suis dit que ça irait bien avec la bouteille que tu m'as vendue. Allez, je te laisse servir, t'es là pour m'apprendre je te rappelle. »

Il la regarda donc faire, impatient de voir à quelle vitesse elle viderait son verre.



Dernière édition par Nelson Wilson le Mer 24 Aoû - 11:03, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Dim 21 Aoû - 13:28
Nelson has wares if you have coins.Elle ne sait pas si l'objectif du brun avait été de la rassurer en éclatant de rire lorsqu'elle lui avait demandé s'il était de la même famille que Ted Bundy, mais si c'était le cas, cela n'avait pas réellement eu l'effet escompté. Raison pour laquelle elle était d'autant plus heureuse de tenir fermement contre elle le canard lumineux. Attention Nelson Wilson. Si tu décides de t'en prendre à Bryden, tu risques d'être retrouvé devant le seuil de ton appartement sans avoir jamais pu l'atteindre alors que le canard assassin prendra un bain dans ton sang. Il vaudrait donc mieux que tu réfléchisses à tes actes deux fois.

Elle se ressaisit Bryden, met quelques gifles à sa paranoïa. Il veut te rendre ton kit, Bryden. Ne panique pas. C'est un type bien. Au pire des cas, avant de faire quoi que ce soit, attend qu'il t'ai rendu ton bien. Elle adresse un sourire un peu crispé à son interlocuteur, qui se transforme en véritable rictus lorsqu'il lui décline son identité, lui collant son permis de conduire juste sous le nez. Elle le dévisage, incrédule. Elle ne sait trop que dire, comme dansant d'un pied à l'autre, se sachant dans le genre de situation périlleuse où quelques soient les paroles qui seront prononcées, elles tomberont à côté. « Ce n'est pas un prénom de psychopathe. ». Bravo Bryden. En la situation, il était difficile de faire mieux. Elle hausse les épaules, chassant par ce geste la pensée qui lui avait traversé l'esprit que la photo qui jouxtait le nom aurait fait un parfait mugshot pour Nelson Wilson, le sociopathe à la hache. « Et toi ? Comment tu t'appelles ? On peut se tutoyer d'ailleurs ? Oui ? Puisque je te laisse entrer chez moi, c'est un peu pareil... »  La voix la tire de sa réflexion. Elle lui adresse cette fois un sourire franc. « Moi c'est Bryden. Et oui, on peut se tutoyer, c'est pas comme si t'étais si vieux que ça de toute façon. ». Elle a toujours eu plus de mal à tutoyer les personnes âgées, considérant sans doute qu'elles étaient trop dignes de respect pour oser s'en rapprocher d'un tutoiement déplacé. Elle ne lui demande pas son âge, parce que cette livraison de canard aurait semblé prendre des tournures de speed-dating et qu'elle ne souhaite pas avoir de nouvelles surprises comme avec le « Nelson Wilson » imprimé sur ses papiers. Peut être que la barbe et les cheveux cachent des rides centenaires, marques de lourd vécu mais elle ne veut pas le savoir.

Elle le suit, docile, jusqu'à un bâtiment imposant, s’engouffre à sa suite dans l'ascenseur, prenant soin sans avoir l'air d'y toucher de laisser dame canard entre eux. Combien de meurtres ont eu lieu dans un ascenseur ? En réalité, elle n'en a aucune idée, mais elle se plaît l'espace d'un instant à se procurer le grand frisson, à se laisser enivrer par la peur factice. Il lui en faut peu, Bryden. Quelques grandes lignes d'un scénario et c'est son esprit qui s'en va caracoler pour écrire des histoires tellement tirées par les cheveux que même Hollywood cracherait dessus. On s'amuse comme on peut, on stimule l'esprit pour le distraire de la dépendance nouvelle au jeu qui elle, est bien réelle. Il semble qu'elle soit partie pour passer un petit moment avec ce Nelson et il vaudrait mieux qu'elle ne trahisse aucune attitude de junkie en manque si elle ne veut pas que ce soit lui qui appelle les flics. « Oh. Pas de problème. » Elle répond, lorsqu'il lui demande de se déchausser, avant de s'exécuter. Après tout, on est chez lui, il convient de respecter ses règles. Elle ne supportait pas elle-même les sans-gênes qui s'asseyaient sur les règles de son bazar, venant traîner leurs mains indélicates sur des objets dont ils ne percevaient pas la valeur ou pire, en briser certains en confondant sa demeure avec une piste d’atterrissage. Elle rattrape par le col son esprit qui commence à divaguer vers Dorian. Il ne fallait pas oublier qu'elle était ici pour une affaire sérieuse.
Elle jette un œil sur ses chaussettes rayées noires et jaunes, sans que la question de choquer le bon goût de son hôte ne lui effleure l'esprit. Elle cherche en réalité à vérifier que le tissu vienne couvrir le tatouage qui enjolive la cheville gauche. A y regarder avec insistance, on remarque le sommet du cercle qui entoure le nombre de fils qui la raccrochent encore à la vie. A moins que Nelson Wilson ne porte un intérêt particulier aux pieds des jeunes femmes, il y avait néanmoins assez peu de chances pour qu'il découvre le symbole funeste. C'est ce qu'elle se dit, détournant son attention de ses pieds pour venir embrasser la pièce de ses iris claires, cherchant la place parfaite pour la canne qui commence à peser lourd entre ses bras.
Elle s'apprête à demander au brun s'il souhaite l'avoir près de sa porte d'entrée ou bien s'il préfère qu'elle soit au chevet de son lit, mais celui-ci la coupe pour lui proposer de la poser sur la table basse.

Ok Nelson. Va chercher les verres, l'absinthe, tout ce que tu veux, et pendant ce temps Bryden va continuer à faire semblant de savoir se servir de ce kit autrement qu'en théorie. Elle le laisse s'affairer dans la cuisine et se laisse tomber sur un fauteuil, non sans avoir délicatement posé la dame canard qui trône maintenant sur la table comme une reine assise au milieu du domaine qu'elle vient de s'approprier.

« Il ne devait pas y en avoir beaucoup, de la poussière. Je porte un grand soin aux merveilles de ma boutique. » Elle rétorque, piquée par sa remarque. Les objets étaient d'époque, la poussière, non. Et si elle voulait que Nelson repasse un jours la porte de sa boutique, il fallait qu'il soit conscient qu'il s'agissait de marchandise de qualité. Son visage s'éclaire néanmoins à la vue du kit, intact. Aller Bryden. Un petit tour de magie, une simple entourloupe et tu repars avec.. « Pour l'alcool, j'en ai pris du français. Je m'y connais pas du tout donc je me suis dit que ça irait bien avec la bouteille que tu m'as vendue. Allez, je te laisse servir, t'es là pour m'apprendre je te rappelle. » Elle retient juste à temps le « moi non plus » qui s'apprête à franchir le seuil de ses lèvres lorsqu'il lui avoue ne rien y connaître. C'est elle le maître et Nelson, l'élève. Elle ne peut pas se permettre de faiblir devant celui qui apprend, c'est pourquoi elle tente de réunir les bribes d'explications que le vieux distillait dans ses histoires sur la façon dont on se servait de ces ustensiles. Elle se saisit de la bouteille pour en lire l'étiquette. C'est français et vieux, comme le kit en somme. En toute logique, si l'absinthe était comme le vin, plus c'était daté et meilleur c'était. La couleur  du liquide est légèrement ambrée et elle ne sait pas si c'est bon signe ou non mais ne laisse pas le trouble s'insinuer sur son visage, bien qu'incontrôlable un sourcil se lève en voyant le 60° griffonné sur l'étiquette. Elle débouche la bouteille et en verse dans les deux verres avec les précautions d'une chimiste qui manie un produit hautement explosif, avant de se saisir de la spatule pour venir déposer un sucre dessus. Elle se saisit ensuite de la carafe d'eau et en fait couler sur le morceau qui se dissout lentement pour rejoindre le liquide. Elle reproduit le même processus pour le deuxième verre, sans se préoccuper du regard de Nelson, espérant seulement qu'il n'avait jamais bu d'absinthe de sa vie et qu'il ne pourrait donc pas différencier ce probable fiasco d'un verre de qualité.

« Tiens. » Elle finit par lui tendre un des verres, avec précaution, ne souhaitant pas salir son intérieur qu'il peinait à garder propre et encore moins casser la coupe qui aurait tôt fait de retrouver sa place originelle une fois qu'elle se serait sortie de cette épreuve. « On trinque à ta générosité, alors ? » Elle se réfère au sacrifice du brun, avant de jeter un œil inquiet au liquide légèrement trouble. Elle ne tient pas l'alcool, Bryden. Raison supplémentaire qui l'avait tenue éloigner du kit à préparation aussi longtemps qu'elle l'avait eu dans sa boutique. Elle le porte à ses lèvres alors que l'odeur d'éthanol lui brûle le nez.
Sans plus de cérémonie, elle siffle son verre d'un seul trait, ignorant tout de la tradition qui voulait que l'on savoure ce genre de breuvage. Il lui sembla d'ailleurs instantanément incongru que quiconque savoure un tel liquide du diable qui vient vous arracher la gorge et vous brûler les tripes. Elle manque de répandre ses boyaux sur le tapis de Nelson et se fait violence, peu certaine qu'il accepte de lui rendre son kit si elle ajoute une touche personnelle autre que la dame canard à sa décoration. «  C'est une très bonne bouteille.. ». Elle parvient à articuler ce mensonge, exploit en considération de sa gorge incroyablement sèche, alors que des larmes se forment sous ses pupilles. Elle reprend le verre pour se donner une contenance et le fait tourner entre ses doigts, ne désirant surtout pas boire une goutte de plus de cette potion maléfique.
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Lun 22 Aoû - 11:16




Elle prend la bouteille, la tourne et la re-retourne pour en observer l'étiquette sous toutes les coutures, dans ses petites mains expertes se cache la technique pour créer la potions magique parfaite, qui fait tourner la tête et inspire les poètes. Nelson l'observe, silencieux, tandis qu'elle place les objets les uns au dessus des autres, trouble les liquide qui se superposent dans leurs verres. Il aurait pu parier qu'elle savait ce qu'elle faisait. D'un autre côté, tout cela n'avait pas l'air bien compliqué. Il y avait quoi, trois étapes au total ? S'il avait su il l'aurait fait lui-même. Un tuto youtube et c'était gagné, il n'aurait même pas eu besoin de partager son alcool et encore moins de rendre son précieux.
Parce que oui, il ne l'avait que depuis deux jours, mais il s'y était déjà un peu attaché, à ses verres, sa bouteille et sa spatule. Les verres étaient jolis, avec leur forme rigolote ils auraient pu servir pour ce genre de repas en tête à tête entre amoureux pompeux qui aiment les choses belles et désuètes (à leur image, donc). La bouteille ancienne avait certainement un peu de valeur à elle seule, ou sinon elle pourrait servir de carafe de fortune pour ce même genre de dîner. Les spatules par contre, elles ne servaient pas à grand chose, il les rendrait volontiers si cela suffisait à ce qu'il garde les verres et la bouteille.

Mais non, madame la jeune alcoolique en avait besoin pour assouvir ses rituels fanatiques tels que son rang de lady l'exigeait. Elle s'était accrochée à Nelson telle une sangsue et exigeait de récupérer ce qui ne lui appartenait plus. Ensuite, elle s'était permise de l'insulter. Non madame, Nelson n'est pas si vieux que ça, il est donc tout-à-fait possible de le tutoyer. Il s'en était mordu la lèvre qui s'étirait en un petit sourire menteur tout en levant discrètement les yeux au ciel, espérant avoir simplement mal entendu. Mais non, son ouïe était trop parfaite pour pouvoir échapper à ce genre de propos. Ainsi soit-il, mais sachez, petite insolente, que si jamais Nelson avait été un vrai psychopathe, vous en auriez déjà la preuve par l'exemple après lui avoir adressé de tels propos.
La seule vengeance de l'homme avait été une petite moquerie en échange, qui de surcroît fut assez mal reçue par la jeune femme. Elle venait le dépouiller et l'insulter tout en se permettant de jouer la susceptible. Une fois encore Nelson étira ses lèvres d'un petit sourire hypocrite. Si elle se vexait parce qu'on lavait sa vaisselle, il prierait pour ne jamais avoir à manger chez elle.
Fort heureusement, Nelson n'exprima pas le fond de sa pensée, souriant et hochant la tête comme si de rien n'était, acceptant le verre qu'on lui tendait après de si ardues manipulations. « A ma générosité, et à ton sens aigu du commerce. » trinqua l'homme en jetant un rapide coup d’œil à la lampe canard. Il n'avait aucune idée de ce qu'il en ferrait, à vrai dire, de cet objet. Ça n'allait pas du tout avec sa décoration, c'était lourd, encombrant et n'éclairait certainement pas très bien. Elle finirait certainement sur une petite table dans l'entrée, jamais allumée car même pas branchée, seulement là pour rappeler à son propriétaire par défaut qu'il avait une anecdote sympa à raconter sur la fois où une alcoolique maniérée était venue échanger un coup à boire contre cet objet.
Peut-être même que cette fille finirait par revenir, regrettant d'avoir abandonné le vilain petit canard et venant proposer de l'échanger contre un grand et majestueux cygne. Nelson accepterait, parce qu'il ne voudrait qu'une chose de cette fille, son départ. Et elle reviendrait pour récupérer une fois encore sa monnaie d'échange otage, la proposer contre quelque chose d'encore plus large, et ainsi de suite, jusqu'à ce que Nelson tombe enfin sur un objet qui lui plaise, et alors il n'aurait plus qu'à  le conserver en refusant les avances de cette niaise.

Laissant l'alcool pénétrer sa gorge, l'homme fut assez surpris de constater à quel point il s'agissait d'un alcool fort. Il n'avait pas fait attention lorsqu'il avait acheté la bouteille et encore moins lorsqu'il l'avait tenu entre ses mains. Il s'était attendu à un alcool doux, une boisson à siroter comme une fraîche douceur, mais que nenni. Ce qui était dans ce verre lui avait décapé l'intérieur de la bouche et brûlé la gorge, son goût légèrement amer et surtout anisé ne faisant que peu pour aider le tout à passer. Pour lui, l'absinthe ça avait toujours été cette liqueur que les gens riches aiment savourer. Ils étaient vraiment beaucoup plus hardcore qu'il l'avait imaginé, ces gens riches. C'était clairement pas le même niveau.
Gardant son verre après en avoir bu seulement deux gorgées, Nelson ne pu empêcher ses yeux de s'exorbiter lorsqu'il vit que celui de Bryden était déjà vidé. Il en rit presque, pour se féliciter d'avoir deviné qu'elle avait littéralement de la bouteille, cette jeune femme, mais plus il la regardait plus il se voyait forcé d'admettre qu'il avait eu tort sur toute la ligne. En l'intervalle d'un seul cul-sec, son visage avait changé du tout au tout et ses yeux se mettaient à s'humidifier, comme si c'était la première fois qu'elle buvait un alcool aussi fort.

Comble de la surprise, elle réussit même à articuler un petit mensonge innocent, qui fit sourire une nouvelle fois Nelson. Si elle trouvait cette bouteille si bonne que cela, il pourrait peut-être lui en resservir un verre, répéter lui-même tout le rituel qu'elle venait de lui montrer, pour qu'elle soit sûre de ne pas l'avoir enseigné à un mur. Mais de quoi aurait-il l'air s'il faisait boire à outrance une jeune femme qui, visiblement, n'avait pas l'habitude de l'alcool, alors qu'ils étaient seuls dans son salon ? Déjà qu'elle ne devait pas être très rassurée, elle finirait par attraper les deux verres et s'enfuir en courant avec, hurlant à tue-tête dans les couloirs de l'immeuble, cheveux au vent et bousculant quiconque serait sur son passage.

Bon, d'accord, elle n'était peut-être pas alcoolique finalement. Mais pourquoi était-elle là alors ? Est-ce qu'elle tenait à ce point à ce kit ? Prête à se jeter dans la gueule du premier loup qui passait par là juste pour quelques antiquités ? On pouvait apprécier l'effort mais Nelson n'était pas vraiment certain d'en comprendre la motivation. Si elle répondait que c'était juste pour l'amour de collectionner des vieux trucs, il lui rirait peut-être au nez.
En attendant, qui était-elle finalement ? Une jeune fille perdue qui ne savait pas vraiment que faire de sa vie donc qui se consolait en se disant qu'au moins elle était toujours moins abandonnée que tous ces objets qu'elle ramassait ? Elle avait certainement plus besoin du kit à absinthe que Nelson en tout cas. Lui ne l'avait acheté que pour se distraire un instant, pour se dire qu'au moins il avait fait quelque chose d'un peu extraordinaire ce jour-là.

« Tu trouves ? C'est quand même bizarre comme goût, je suis pas fan perso, répondit-il, sirotant une autre gorgée comme pour vérifier. Hm-hm, pas fan du tout. Mais tu peux te resservir si tu veux, c'est ta bouteille après tout. »

Puis Nelson posa son verre sur la table basse, marqua une pause puis repris sur sa lancée.

«  Mais du coup, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris mais, pourquoi tu veux récupérer tout ça, en fait ? » demanda-t-il alors, désignant d'un rapide geste du doigt tout ce qui était sur la table (hormis la lampe canard, elle était sienne désormais, qu'elle le veuille ou non (et surtout qu'il le veuille ou non)).

Elle n'était donc pas motivée par son besoin de boire, et l'homme se refusait d'accepter qu'elle faisait tout cela juste pour l'amour de son métier de collectionneuse de vieux machins. Des métiers ennuyeux, ça existait, il était bien placé pour le savoir, l'expert-comptable. Et pourtant, il y en avait qui persistaient à repousser les frontières de l'ennui en travaillant dans ce genre de boutiques qui avaient encore moins de clients qu'une maison close spécialisée dans des délires bizarres genre amputées et/ou paralysées. Impossible donc que sa seule passion soit à la base de toute cette situation.

« Et plus généralement d'ailleurs, tu t'ennuies pas trop dans ton magasin ? Tu dois pas avoir beaucoup de clients, surtout si tu retournes chercher ce qu'ils ont acheté à chaque fois. »


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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mer 24 Aoû - 15:10
Nelson has wares if you have coins. Les événement prennent parfois une tournure insoupçonnée. C'est la vie qui s'amuse à placer quelques complications, quelques obstacles sur le chemin de ceux qui avancent un peu trop tranquillement. L'obstacle de Bryden, c'était ce gentilhomme brun qui l'avait bien eu, un jour de faiblesse, un jour où la menace du banquier et les récriminations du frigo vide avaient momentanément eu raison de ses réticences à se séparer de ses antiquités. C'était lui, l'ultime barrière qui la séparait des retrouvailles avec l'objet-souvenir.
Elle n'aurait pourtant pas pensé qu'il lui serait aussi facile de surmonter cette obstacle. Elle était d'un naturel conciliant, Bryden, mais les quelques années vécues lui avaient appris que ce n'était pas le cas de tout le monde. Elle s'attendait à devoir batailler, argumenter tout son saoul et finalement menacer son interlocuteur pour récupérer son kit, mais ça ne s'était pas révélé nécessaire. Elle se réjouissait donc d'être tombée sur une personne aussi aimable que Nelson. « A ma générosité, et à ton sens aigu du commerce. ». Une personnalité aimable, donc, qui semblait néanmoins avoir un certain penchant pour les petits pics et le sarcasme. Soit, personne n'était parfait, Bryden saurait s’accommoder de son cynisme du moment qu'il tenait sa promesse. Elle se sentit rougir, néanmoins, sans trop réussir à discerner si cela était dû à la remarque de Wilson la renvoyant à son incompétence certaine ou s'il s'agissait plus d'une réaction physique visible liée à l’absinthe qui était en train de l'enflammer entière.

Une fois son verre vidé et ses yeux un peu moins humides, elle porta son regard sur la coupe que tenait son hôte. Son contenu n'avait presque pas bougé. Soit il avait au préalable versé un quelconque poison dans la bouteille pour se débarrasser d'elle et attendait tranquillement que la toxine fasse effet, ce qui aurait expliqué le léger sourire qu'il affichait en la regardant, soit la préparation n'était pas à son goût. Elle avait pourtant fait de son mieux, Bryden, pour préserver aux yeux de son élève ses apparences de gourou de l'absinthe. Peine perdue.

« Tu trouves ? C'est quand même bizarre comme goût, je suis pas fan perso ». Voilà comment il la remerciait d'avoir préparé ces verres avec tant de bonne volonté. Elle aurait pu se vexer, Bryden, si elle n'avait pas été exactement du même avis. Elle abandonna sa bonne figure et une légère grimace agrémenta ses paroles. « En fait, non. C'est assez horrible. Je ne sais pas s'il y a des gens qui boivent ça pour le plaisir. ». La vérité était sortie de sa bouche juvénile. La découverte de cet alcool n'avait pas été une franche réussite, mais maintenant qu'elle avait respecté sa part du contrat, à savoir faire découvrir au brun un spiritueux qui aurait tout aussi bien pu servir à désinfecter des plaies, elle allait enfin pouvoir reprendre ses petites verres, sa spatule et la bouteille, et s'en retourner de là où elle venait. Elle s'apprêtait à s'emparer de son dû et à saluer poliment Nelson lorsqu'il ouvrit la bouche. « Mais du coup, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris mais, pourquoi tu veux récupérer tout ça, en fait ? ». Elle resta un instant interdite, surprise qu'il semble s'intéresser sincèrement à sa vie. Elle s'attendait plutôt à ce qu'il lui ouvre la porte pour la claquer derrière elle afin de s'en retourner à ses occupations d'homme d'affaire qui devaient avoir autrement plus d'importance que les lubies de l'antiquaire du quartier. Néanmoins, elle adorait discuter, Bryden. Et s'il ne la chassait pas tout de suite, elle serait ravie d'en connaître un peu plus sur le petit homme pressé dans son costard qui passait devant sa boutique de temps en temps. Elle haussa les épaules, caressant la table du bout des doigts tout en réfléchissant à une réponse qui ne la ferait pas passer pour une monomaniaque qui parlait à ses objets et vivait des romances passionnées avec. « J'y tiens. Il a une valeur sentimentale » C'était une réponse correcte. N'importe qui possédait un objet fétiche, un bien relié au cœur dont la perte laissait endeuillé. C'était probablement le cas de Nelson également. Elle balaya la pièce du regard, à la recherche du dit objet qui aurait pu jouer avec la corde sentimentale du brun. Ses yeux qui n'avaient rien trouvé se reposèrent sur le barbu lorsqu'il lui demanda si elle ne s'ennuyait pas trop, terrée dans sa boutique dont nul n'osait passer la porte. Elle se mit à rire, sincère, comme si Nelson avait émis une idée absurde. « Je ne viens pas récupérer ce que j'ai vendu à chaque coup. En fait, c'est la première fois. » Elle n'avoua pas que l'idée l'avait déjà effleuré auparavant et que c'était seulement la première fois qu'elle la mettait en œuvre. « Je ne m'ennuie presque jamais. Je fais le métier le plus passionnant au monde, tu sais. Chaque objet que je reçois a son histoire. Tu n'imagines pas le nombre d'antiquités qui ont eu une vie extraordinaire avant d'arriver chez moi. » Elle dit, ses lèvres ne se défaisant pas du sourire qui s'y accrochait chaque fois qu'elle évoquait sa profession ou ses antiquités. « C'est plutôt à toi qu'il faudrait poser cette question. Les hommes pressés qui portent un costard exercent rarement un métier stimulant. » Avant qu'il ne dise quoi que ce soit, elle le coupa. « Non attend, ne me dis pas. On va dire que je dois deviner ce que tu fais dans la vie. Si je me trompe, je bois. ». Tout en prononçant ces mots, elle s'empara de la bouteille d'absinthe pour en verser dans son verre avant de venir diluer le tout avec l'eau glacée. Elle s'en saisit et le porta à hauteur de bouche, sans toutefois tremper ses lèvres dans le liquide trouble. Il lui en fallait peu pour s'amuser Bryden, et quoi qu'elle ait pu dire au brun, son quotidien était parfois un peu plat, elle l'agrémentait donc comme elle pouvait. « Banquier ? » Elle annonce, tout en scrutant son visage comme si sa profession y était inscrite. « Agent immobilier, peut-être. » Il avait une tête d'agent immobilier. Et à en croire les lieux, ses affaires marchaient plutôt bien.  
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mer 24 Aoû - 18:20




« Haha ça me rassure, c'est pas moi qui suis bizarre si j'aime pas ça. Aujourd'hui je doute que ce soit très populaire, mais à l'époque je sais pas ce qu'il leur prenait, à ces gens... Ils devaient être vraiment désespérés... » répondit Nelson, voyant bien qu'il avait interrompu une jeune femme prête à s'envoler, à s'enfuir et repartir de là où elle venait avec ce qu'elle était censée dérober. Lui aussi était désespéré, à sa façon. Il avait cru, comme toujours, pouvoir deviner en un regard tout ce qu'il se passait dans la vie de cette jeune fille, mais finalement il s'était trompé et c'était cela qui lui avait plu. Elle n'était pas alcoolique, elle n'était pas à ce point détruite par l'apparente faillite imminente de sa boutique chérie. Et à la regarder, elle ne semblait même pas vraiment atteinte par ce problème. Elle faisait de son mieux pour flotter de client en client pour leur vendre un bout d'elle-même et surtout un petit bout d'histoire, et peu importe que les résultats obtenus soient suffisants ou non, elle s'en fichait comme de sa dernière chemise (parce que sa première chemise avait certainement beaucoup de valeur, toute vieille, usée, « pleine d'histoire », elle devait d'ailleurs ne pas sentir très bon).

Un sourire étira les lèvres de Nelson lorsqu'elle se mit à rire. C'était bon signe, elle semblait à l'aise, elle ne garderait pas un mauvais souvenir de lui, c'était déjà ça de gagné. Peut-être qu'elle repartirait en se disant que sa lampe canard était entre de bonnes mains. Nelson avait beau se dire qu'il n'avait besoin de personne, un peu de chaleur dans cet appartement grand et sans âme n'était jamais vraiment de refus. « Vraiment la première fois ? Pas la dernière en tout cas, ça c'est sûr. » répondit-il, amusé. Pas la dernière, espérait-il.

Il l'écoutait parler, silencieux et attentif, raconter à quel point ses objets avaient tous eu un vécu incroyable, comme s'ils étaient ses meilleurs amis. C'était peut-être vrai, mais difficile à savoir. A moins qu'un vieillard sur son lit de mort ne se lève pour apporter à Bryden l'objet en question et toutes les photos souvenirs de ce qu'il a fait avec (genre une de chaque toast qu'il a fait avec ce grille-pain des années 1920), il était impossible de deviner d'où tout cela venait vraiment. Peut-être que ce n'étaient que des bobards, qu'elle se faisait rouler à longueur de journée. Même cette lampe canard, était-ce vraiment un canard ? Pourquoi pas une poule anorexique ? On n'était pas dans La Belle et la Bête, les objets de la boutique ne pouvaient pas prendre la parole façon alcooliques anonymes pour raconter d'où ils venaient et quelle série de mauvais choix ils ont fait pour finir dans cette vitrine.
Toutes ces histoires, Bryden devait certainement se les imaginer, seule dans sa boutique lorsqu'elle mourrait d'ennui. Elle voyait une entaille parasitant un magnifique buffet en bois et elle voyait déjà le meuble comme ayant traversé l'Atlantique sur un navire du 17e siècle rempli d'esclaves noirs avant d'arriver à Chicago par erreur. Puis personne n'en voulait, donc le meuble a terminé dans cette boutique depuis plus de 300 ans déjà.

« C'est plutôt à toi qu'il faudrait poser cette question. » fit-elle ensuite. Comme si l'ennui potentiel de Nelson avait besoin d'être questionné. Il était expert comptable. Bien-sûr qu'il s'ennuyait. Mais il faisait figure d'exception dans le monde de l'entreprise, à vrai dire. Il était un peu le Jésus que l'on sacrifiait pour permettre aux autres de s'amuser. Ses collègues d'autres services voyageaient, allaient en Europe ou en Asie par exemple. Ils avaient des vies bien remplies avec tout plein de choses excitantes, et une échelle à gravir. Nelson, lui, il ne bougeait pas de son bureau, il collectait les feuilles, les synthétisait, les calculait et imprimait d'autres feuilles pour d'autres suppôts  de l'ennui. Malheureusement Bryden interrompit Nelson avant même qu'il n'ait le temps de prendre son inspiration pour répondre. Son intention était pourtant bonne, il devait défendre ces hordes de gens en costumes. Ils n'étaient pas si ennuyeux que cela !

Finalement, Nelson était content de n'avoir rien dit. L'idée de la jeune femme était excellente. Un jeu à boire, rien de mieux pour se mettre à l'aise. Et cela permettait de faire un peu passer le goût de l'alcool lorsque celui-ci n'était pas si bon que cela. S'il avait de la chance, elle finirait ivre morte et dormirait sur le canapé (permettant enfin à Nelson d'aller sur son ordinateur en paix). Ensuite, au petit matin, elle irait porter plainte pour viol et récupérerait le kit pour l'absinthe et la lampe canard. Comme ça ces deux objets auraient encore plus d'histoire à susurrer à sa petite oreille.
Joueur, Nelson reprit son verre et y jeta un sucre, cela ne pouvait pas faire de mal. Il devait participer lui aussi, il ne pouvait pas décemment la laisser boire toute seule, il s'agissait de trouver des règles pour que lui aussi participe, sachant que la jeune femme avait déjà un verre d'avance sur lui.

« Banquier ?
-Tu bois.
-Agent immobilier, peut-être.
-J'ai vraiment une tête d'agent immobilier ? Tu bois. Et tu sais quoi ? Je vais t'aider. Cherche le truc le plus ennuyeux qui existe, à part le service informatique. Et si tu trouves, je bois cul-sec. »

Ça faisait bien longtemps que Nelson n'avait pas fait de jeu à boire, voire qu'il avait bu avec quelqu'un. Ici, l'enjeu était mineur, mais c'était ça qui était amusant. Rien à gagner, rien à perdre. S'il n'avait pas été d'humeur, il n'aurait jamais accepté de perdre son temps d'une telle manière, mais Bryden semblait savoir s'y prendre. Les choses semblaient alors si simple, comme si les tracas du monde entier n'avaient plus aucune incidence sur cet instant. C'était purement rafraîchissant.

« J'ai une autre idée de jeu si tu veux. J'essaye de deviner ce que tu as dans ta boutique, si j'ai raison tu bois, si j'ai tort je bois. Qu'est-ce que t'en dis ? » avait alors proposé l'homme, espérant qu'il n'aurait pas l'air trop insistant. C'était un bon moment qu'ils étaient en train de passer, ce serait dommage de le gâcher simplement en s'emballant un peu trop. « Alors j'évite les trucs évident, genre les assiettes, mais est-ce que tu as... Il réfléchissait. Est-ce que tu as une horloge avec le gros pendule qui se balance en dessous ? » demanda-t-il, amusé.


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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Ven 2 Sep - 23:12
Nelson has wares if you have coins.  « Haha ça me rassure, c'est pas moi qui suis bizarre si j'aime pas ça. Aujourd'hui je doute que ce soit très populaire, mais à l'époque je sais pas ce qu'il leur prenait, à ces gens... Ils devaient être vraiment désespérés... ». Elle sourit devant l'absurde Bry, incapable de se représenter l'odieuse créature qu'est Désespoir et qui aurait pu pousser quiconque à s’enivrer avec ce brûle-gorge, parce que la noirceur et l'amertume n'ont jamais été invitées dans son univers poudré. Elles étaient tout au plus des inconnues dont l'on entend vaguement parler au creux de quelques chuchotements taboues, de ces déconvenues bien malheureuses qui n'arrivent qu'aux autres. L'esprit romanesque se demanda instinctivement si lui les connaissait, si Nelson avait fréquenté ces dames, la boisson et les larmes. A le voir plaisanter de cette façon, elle en doutait. Elle avait d'ailleurs eu tôt fait de cataloguer ce barbu en costume comme personnage austère car trop sérieux, probablement incapable de perdre son temps à sourire à quelqu'un d'autre qu'à ses supérieurs dont il cirait les pompes à longueur de jour. Il fallait admettre qu'elle s'était lourdement trompée. Nelson n'était pas austère, Nelson n'était pas un psychopathe et elle regrettait presque de l'avoir jugé si promptement alors que les choses prenaient finalement une tournure plutôt agréable.

Sa bouche s'étira en un sourire à la remarque du brun. Elle se sentait étrangement à l'aise assise sur le canapé inconnu de cet appartement inconnu appartenant à un homme à qui elle n'adressait la parole que pour la seconde fois de sa vie. Il n'avait pas l'air ennuyé par les bavardages d'une petite antiquaire avec qui il ne semblait pas avoir grand chose en commun et elle adorait piailler, Bryden. S'il ne l'interrompait pas, elle pourrait faire l'animation dans le vaste appartement jusqu'à la fin de la nuit et plus encore, l'ivresse la rendant encore plus causante que d'ordinaire. « En fait, si ça ne tenait qu'à moi, je crois que j'aurai été sonner chez tout mes acheteurs pour leur demander de me faire cette faveur mais mon banquier maintient que ce n'est pas comme ça que les affaires marchent. » Elle avoua simplement, haussant les épaules. Un monde dans lequel il fallait se séparer d'objets chers au cœur pour espérer vivre et survivre n'était pas un monde qui correspondait à ses désirs fantaisistes d'éternelle juvénile. Mais ainsi était fait cet univers dans lequel elle avait atterri et elle était bien obligée de s'y conformer, baissant l'échine face aux créances et aux discours impérieux des banquiers.
Elle le soupçonnait d'ailleurs de l'être, banquier. Il fallait dire que malgré l'imagination fructueuse qu'elle possédait elle épuisait vite l'imagier de professions que pouvaient exercer les hommes-empereurs aux tristes plumages soigneusement peignés.
Ce fut donc du désarroi que l'on pu lire sur son visage lorsque Nelson lui intima de boire. S'il n'était ni banquier ni agent immobilier, les choses risquaient de se compliquer très vite car son champ des possibles se réduisait à vu d’œil. Bonne joueuse, elle porta le verre à ses lèvres, non sans une grimace de franc dégoût lorsque la liqueur s'infiltra dans sa gorge. « C'est vraiment pas terrible. J'espère que t'as pas un métier trop exotique parce que j'ai pas franchement envie de descendre la bouteille toute seule. » Elle se plaint en remplissant le verre de nouveau, écoutant soigneusement les indications qu'il lui livrait. Le plus ennuyeux qui existe. Elle ramena une mèche de cheveux derrière son oreille droite, toute à sa réflexion. Elle le plaignit presque, Bryden. Nelson avait le bel appartement et le beau costume mais est-ce qu'on pouvait affirmer qu'il avait la belle vie, alors qu'il se levait tout les jours pour se rendre dans des bureaux qu'il détestait manifestement ?
Elle plongea son regard dans les abysses de ses yeux, sondant ses pensées du mieux qu'elle le pouvait dans sa position de fille lambda dénuée de tout sixième sens. « T'es pas huissier, quand même ? Ou comptable ? Ce serait franchement pas terrible. » Elle rit, sans même songer à l'effet que pourraient avoir ses paroles s'il s'avérait que Nelson était effectivement comptable. Il lui semblait impensable que cette profession soit celle de l'homme qu'elle trouvait décidément très drôle, l'alcool n'y étant pas totalement étranger.

« J'ai une autre idée de jeu si tu veux. J'essaye de deviner ce que tu as dans ta boutique, si j'ai raison tu bois, si j'ai tort je bois. Qu'est-ce que t'en dis ? » Ses yeux brillèrent, et pas à cause de l'ébriété. Il n'y avait que peu de choses qui pouvaient lui faire plus plaisir que de s'étendre en long, large et travers sur sa collection curieuse, son précieux assemblage incongru. « C'est le meilleur jeu qu'on m'ait proposé depuis longtemps ». Elle dit, alors qu'à prononcer le mot « jeu » la menace du Darwin's Game passa dans son regard, bien vite balayée néanmoins par la gaieté dans laquelle la plongeait l'alcool et simplement la présence agréable du brun. « Hunhun. » Elle nia, alors qu'il évoque une horloge vieillotte qu'il avait sans doute déjà pu croiser chez sa grand-mère comme tout un chacun. « J'ai bien une horloge, mais il n'y a plus de pendule. Il y en avait un à l'origine, évidemment. A ce qu'il paraît, il était fait d'or massif et une personne l'aurait revendu, laissant la vitrine vide. C'est horrible, non ? ». Elle frissonnait presque devant un tel sacrilège. Au lieu de ça, elle adressa un sourire mutin à son partenaire de jeu momentané. « On va dire que tu en bois la moitié, du coup. C'est un deal honnête, non ? ». Elle croisa ses jambes sous elle, attendant qu'il s'exécute. Les règles du jeu étaient ce qu'elles étaient et il se devait de les suivre. Elle attendait avec une impatience non dissimulée ses futures tentatives.
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mar 6 Sep - 12:30




Nelson rit lorsque la jeune femme confirma qu'elle irait bien chez tous ses clients pour récupérer leurs biens fraîchement acquis. C'était tout de même assez touchant de sa part de voir qu'elle aimait tant son métier qu'elle n'osait se séparer de ces objets qui semblaient pourtant si banals aux yeux des autres, et surtout Nelson était touché de voir qu'il était le premier avec lequel elle avait osé franchir le pas. Peut-être qu'il renvoyait une image d'homme à qui on pouvait faire confiance, à qui on donnerait le bon Dieu sans confessions, mais c'était purement accidentel, vraiment.
« Il est un peu con ton banquier, si tu veux mon avis, commença Nelson se redressant sur son fauteuil pour poser ses coudes sur ses genoux, parce que si tu vends des objets et qu'ensuite tu les récupères, soit en ne donnant rien en échange, ou en donnant quelque chose qui a moins de valeur, genre la lampe canard,  obligé tu veux t'en débarrasser parce que t'arrives pas à la vendre et que tu l'aimes pas celle-là, t'y gagnes sur les deux tableaux parce que du coup t'as vendu l'objet et tu l'as gardé, t'as genre le beurre et l'argent du beurre, et tu peux revendre le beurre autant de fois que tu veux tant que tu sais où les clients habitent. Moi j'dis c'est une idée de génie que t'as là, faudrait que tu développes ça » confia l'homme d'affaire, un peu ironiquement. Il était vrai que c'était une assez bonne méthode pour escroquer son prochain, il en connaissait des milles et des cents des astuces comme celles-là, mais une arnaque restait une arnaque, et la petite Bryden, haute comme trois pommes et déjà trop niaise pour oser se séparer d'un kit à absinthe arriverait-elle à voler délibérément ses clients ? C'était tout de même assez improbable. Ou bien elle terminerait alcoolique pour échapper aux démons de la culpabilités sur sa petite épaule, qui viendrait lui ronger la clavicule à chaque fois qu'elle négocierait un prix, et elle boirait pour oublier, comme ce qu'elle faisait à l'instant même.

« T'es pas huissier, quand même ? Nelson nia de la tête. Ou comptable ? Ce serait franchement pas terrible. » Il sourit et descendit son verre d'une traite avant de le reposer sur la table. Elle avait mit dans le mille ; oui il était bien comptable, et non ce n'était franchement pas terrible.
Au début, l'homme en costume avait eu un peu honte de sa profession qui inspirait parfois autant de pitié que celle des hommes qui balayaient les rues ou ceux qui ramassaient les poubelles. Oui c'était un métier ennuyeux, ce n'était enrichissant que sur le plan financier, mais il en fallait bien, des comptables. « Et pas seulement comptable, surenchérit-il une fois son verre terminé, mais expert comptable, attention ! »
L'homme presque-d'affaires avait ajouté cela sur le ton de la rigolade, mais il n'en pensait pas moins. Il ne s'était jamais imaginé comme l'homme qui passerait absolument toute sa vie derrière un bureau, mais pourtant il était bien partit pour finir de la sorte, et c'était ça le plus triste de l'histoire.
Peut-être que dans une autre vie, il aurait pu songer à une reconversion, pour finir commercial (pas glorieux non plus mais au moins ça permet de voir du pays), voire patron d'une petite start-up, mais entre temps le monde avait cessé de tourner.
On n'arrêtait jamais de parler des victimes du Darwin's Game, de ceux qui n'avaient pas réussi à être assez prudents pour garder au moins l'une de leurs dix vies, mais il y en avait d'autres pour qui le supplice était bien pire qu'une dizaine de morts virtuelles dont la dernière ne permettait pas de se déconnecter. Pour certains, une vie réelle était presque rendue insupportable par tout ce que ce jeu avait apporté au monde extérieur. Déjà, il ne fallait pas oublier que Nelson était censé souffrir du cancer et qu'il ne pouvait pas se faire soigner précisément à cause de cela (au cas où ses patrons demandent, c'est ça qu'il faut leur dire), mais plus généralement, l'avenir du monde entier était bien incertain, et on ne construit pas un château sur du sable. Il faudrait que les choses se calment avant que Nelson puisse se trouver un avenir un peu plus palpitant.

Mais trêve de déprime se dit l'homme tandis qu'il remplissait à nouveau son verre. Oubliant toutes les conformités, il versa l'alcool puis directement l'eau sans se soucier de la spatule et du joli ruissellement sur le morceau de sucre. Ce dernier finit d'ailleurs directement jeté à l'intérieur du mélange. Enfin, de gestes souples du poignet il faisait tourner son verre, histoire de dire que tout soit mélangé à peu près comme il se devait, même si le morceau de sucre baignait encore comme un glaçon dans sa boisson.
Et alors qu'il préparait son verre, puisque cela ne demandait pas moult concentration, il ne put cacher l'air indigné de son visage lorsqu'il apprit que la jeune antiquaire n'avait même pas d'horloge avec un gros pendule dedans dans sa boutique. « Tu me mentirais pas, quand même... » lâcha-t-il d'un air suspicieux alors qu'il plissait les yeux dans la direction de la femme qui se mettait à l'aise dans son canapé. Mais il était bon joueur, alors il accepta son gage, non pas après quelques négociations.
« Mais heu... On boit pas tout le verre à chaque fois hein, sinon on va finir la bouteille en trois tours, c'est juste quelques gorgées qu'il faut boire. Et j'aimerai garder un bon souvenir de cette soirée quand même, alors autant ne pas finir complètement torchés, qu'est-ce que t'en dis ? Enfin là je bois quand même hein » il proposa alors, avant d'avaler deux gorgées de son verre dont la boisson n'avait pas le même goût qu'auparavant puisque le sucre n'avait pas encore tout-à-fait rejoint le reste du mélange.
« Mais franchement... Qui fait ça, de vendre seulement le pendule de l'horloge... Même moi qui n'y connaît rien je trouve ça débile »
Et le pire, là, c'était que Nelson parlait honnêtement, pas seulement histoire de donner une bonne image de lui devant la petite antiquaire qui ferrait certainement une crise cardiaque si elle voyait un de ses précieux verres à absinthe se briser devant ses yeux.

« Bon, sinon, est-ce que tu as... commença-t-il, levant les yeux vers le plafond pour mieux se concentrer. Tous les objets qui lui venaient en tête étaient bien trop évidents, il gagnerait à tous les coups, c'était de l'antijeu pour la petite Bryden qui avait probablement déjà trop bu alors qu'ils commençaient tout juste ce nouveau jeu. Une... lampe à huile ? Oh non ! Non ! Une salière qui a plus de cinquante ans ?! » proposa-t-il finalement, excité comme un petit enfant qui doit deviner son cadeau de Noël.


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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Dim 18 Sep - 1:04
Nelson has wares if you have coins. Elle ne regrette pas son choix, blondie. Elle est heureuse d'avoir brandit son culot et d'avoir accosté le barbu. Il lui plaît plus avec cet éclat de sourire que lorsqu'il déambule dans sa rue, grise mine et costume gris. Son sourire la fait sourire davantage et ils sont comme deux idiots, inconscient du monde qui s'écroule autour d'eux et qui s'émiette, de la guerre virtuelle qui commence à tâcher leur quotidien de sang dont peut être ils se laveront les mains, ignorants de ceux qui crèvent de faim dehors parce que le jeu a dévoré leurs finances et leurs vies. Ce soir, elle ne veut pas penser Bryden parce que maintenant les pensées se font douloureuses, de plus en plus souvent, des menaces qui se cachent dans l'ombre de ses trésors et qui lui jurent on t'aura. On va te broyer, toi aussi. Mais pas maintenant, pas ce soir, cette soirée est pour eux, eux qui ne se connaissent pas mais qui s'apprivoisent doucement, l'alcool aidant peut-être. Elle est reconnaissante envers sa providence Bry, elle la remercie d'avoir mis Nelson sur son chemin. Il fait définitivement un bon partenaire de jeu. « Il est un peu con ton banquier, si tu veux mon avis. » Elle acquiesce et s'échappe un éclat de rire qui respire un peu l’absinthe. C'est un avis qui lui plaît bien. Si le brun a d'autres théories de la sorte à lui exposer, elle l'écoutera avec plaisir. Elle l'écoute lui exposer son hypothèse qui lui semble extrêmement intelligente et fronce les sourcils, concentrée. Elle ne l’interrompt que lorsqu'il commence à parler de la lampe canard. « Eh ! C'est un cadeau. Tu dois faire semblant d'apprécier. ». Elle bougonne presque, sans se résoudre toutefois à lui avouer qu'il a raison. Elle est inquiétante, cette dame canard. Elle préfère la savoir chez Nelson qu'avoir à la croiser un soir de plus lorsqu'elle ferme boutique. Elle n'a jamais compris pourquoi le vieil antiquaire s'en était entiché de la sorte.
Elle relève les yeux sur lui alors qu'il finit de lui parler de beurre et d'argent du beurre. Elle ne peut pas sourire plus, Bryden, mais ses lèvres ne se défont pas du croissant de lune qu'elles portent depuis tout à l'heure. « J'suis pas sûre que ça marcherait aussi bien avec quelqu'un d'autre. T'es plutôt généreux en affaire, pour un type qui porte un costard. ». C'était vrai. Nelson n'avait aucune raison d'accepter une requête aussi malvenue et elle était pourtant là, sur son canapé, à boire l'absinthe qu'il avait lui même payé. Les gens généreux ne couraient pas les bureaux de Chicago et ils s'étaient faits d'autant plus rares alors que la situation de la ville dégénérait et que le nombre de crimes se multipliait. Elle se faisait rapidement un avis sur les gens Bryden, crédule peut-être. Et elle avait définitivement catégorisé Nelson dans le groupe des types gentils.

Et elle s'attelle à deviner ce qu'on peut bien faire de sa vie, lorsqu'on est un type gentil. Ni banquier, ni agent immobilier, ni huissier, elle commence à douter de ce que cache le costume bien coupé. Si ça se trouve, c'est un mercenaire, un mafieux ou.. Un comptable. Elle le voit porter son verre à ses lèvres et écarquille légèrement les yeux, étonnée. Elle se rappelle immédiatement des quelques qualificatifs qui lui ont échappé et croit se souvenir d'avoir lâché un « pas terrible » en introduisant la profession. « Ah merde ! ». Elle fait, l'heure et l'ambiance peu propices à une feinte élégance. Elle tente de se rattraper comme elle le peut. « Ohh, mais expert-comptable, ça change tout ! Le côté expert te donne l'air d'un homme d'affaire extrêmement prisé. Je te jure ! ». Elle ment. Elle s'apprête à porter le liquide à sa langue pour que sa bouche ne la trahisse pas et ne révèle pas à Nelson ses véritables pensées mais se rappelle in-extremis que ce n'est pas à elle de boire. Ses yeux interrogateurs tentent de deviner ce qui a bien pu amener Nelson a choisir ce métier. Gamine privilégiée qui ignore les réalités des boulots-argent plutôt que des boulots-passion, des choix du cerveau qui prévalent sur ceux du cœur. « Quand tu étais jeune.. Enfin, pas que tu sois vieux mais, avant d'avoir de la barbe tout ça, tu voulais faire quoi, comme métier ? ». Curieuse ingénue qui ne conçoit pas que le rêve de Nelson junior était de vivre entouré de chiffres et de factures.

Elle apprécie leur nouveau jeu, l'antiquaire blonde. Elle apprécie en réalité tout ce qui s'approche de loin ou de près à sa boutique. Nelson aurait difficilement pu lui faire plus plaisir. « Tu me mentirais pas, quand même... ». Elle nie de la tête farouchement. Elle sait ce qu'on peut trouver dans sa boutique, Bry. Elle connaît les moindres objets, ceux qu'elle a cherché comme ceux qui lui ont été donnés. Ils trouvent tous une place particulière dans son cœur. Elle l'observe boire, satisfaite, avant d’acquiescer à sa proposition, le piquant au passage. « T'as peur de rouler sous la table, c'est ça ? T'en fais pas, si c'est le cas je n'en profiterai pas pour m'enfuir avec le kit et la lampe ». Elle fait la belle la gamine car ce n'est plus à elle de boire l'alcool amère. « Mais franchement... Qui fait ça, de vendre seulement le pendule de l'horloge... Même moi qui n'y connaît rien je trouve ça débile ». Elle acquiesce à nouveau, c'est elle qui se fait amère cette fois. « Tu l'as dit. Sans doute quelqu'un qui ne sait pas apprécier le charme des horloges. ». Elle soupire, comme s'il était évident que tout le monde affectionnait les bibelots comme elle pouvait le faire elle. Mais son humeur ne reste pas sombre longtemps car Nelson fait une nouvelle tentative. Elle grimace lorsqu'il parle de lampe à huile et de salière, avant d'avaler deux longues gorgées qui ravivent l'incendie de sa trachée. « C'est injuste ! Je suis sûre que tu les as repérées quand t'es venu chez moi. Elles t'intéressent, c'est ça ? ». Elle interroge, se demandant si Nelson saura être digne de les accueillir en compagnie de la canne-lumière. Vu qu'il s'avère absolument gentil, elle pourra peut-être concéder à les lui céder.
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MessageSujet: Re: Nelson has wares if you have coins - Brydenson   Mar 27 Sep - 18:14




Nelson ? Généreux ? Elle disait cela parce qu'elle ne le connaissait pas. Les dons n'étaient pas vraiment du goût de l'homme. Derrière chaque chose qu'il faisait, il y avait toujours une contrepartie Insidieuses et discrètes, on ne les remarquait que rarement, et c'était cela qui les rendait dangereuses et détestables. C'était comme cela que Nelson paraissait être quelqu'un de généreux, de prêt à aider son prochain, mais la réalité était toujours autre.
Le plus souvent, ce qu'il faisait, c'était qu'il s'achetait la compagnie des autres, comme il était en train de faire en ce moment même avec la minuscule Bryden. Il avait accepté sa requête, l'avait ramené chez lui et la faisait boire, laissant la conversation traîner, traîner, encore et encore pour faire reculer toujours plus ce moment où la porte se fermerait derrière elle et enfermerait Nelson dans son appartement, sa prison à l'immense baie vitrée. Là, il n'aurait plus personne avec qui parler, rire, il n'aurait rien d'autre à faire que s'enfermer dans sa chambre, un casque sur les oreilles, les mains sur le clavier et les yeux sur l'écran. Alors, pour faire fuir la tristesse et la solitude, il invite des inconnus chez lui, leur sert cet alcool qui coûte si cher et les laisse repartir avec ses meubles. C'est un échange de bon procédé mais qui ne fonctionnera pas éternellement, il le sait très bien. Dés que l'antiquaire aura récupéré ses verres, elle disparaîtra comme le font tous ceux à qui Nelson a adressé la parole jusque là.
Mais d'un autre côté, c'est assez prévisible qu'une relation basée sur le besoin dure exactement aussi longtemps que le besoin en lui-même. A Nelson alors de trouver un autre besoin pour remplacer celui-ci. N'importe lequel, tout peut fonctionner, il a déjà essayé. Et pourtant, le résultat final sera toujours le même. Un « Salut ! Et merci ! » lâché sans vraiment le regarder, une porte qui se ferme, et le silence.
« Les hommes en costard sont toujours généreux quand ils ont quelque chose à y gagner, tâche de t'en souvenir. »
Phrase aux sens multiples, un peu trop honnête pour la légèreté de leur discussion, lâchée avec un discret sourire ensuite caché par le verre fraîchement rempli mais qui se vide peu à peu au fond de sa gorge. Bryden l’interprétera comme elle le voudra, elle croira peut-être même que Nelson lui fait des avances, cela ne changerait pas grand chose à la situation. Il se sentait seul, il était seul, et depuis la mise en place du couvre-feu, impossible d'aller faire des rencontres dans les bars, les boîtes de nuit, comme il le faisait avant pour remplir sa vie de ces rencontres chronométrées et dense, parce que tout devait être fait en une nuit. Le lendemain, chacun repartait de son côté.

Sur un ton beaucoup plus léger, Nelson rit lorsqu'il voit l'embarras de la jeune femme en face de lui. Oui il est comptable, ce n'est pas terrible comme elle l'a elle-même dit. Ensuite, elle essaye de se rattraper, selon quoi « expert comptable » c'est moins pire que « comptable » tout seul.
« Haha arrête tu sais pas mentir » fit-il, interrompant la jeune femme en riant. Il ne se vexait pas, non, l'alcool aidant, parce que ce discours il l'avait déjà entendu des centaines et des centaines de fois. Des « Mais, tu t'ennuies pas trop ? » ou encore « Pourquoi tu changes pas de métier ? » lâchés avec désinvolture sans s'inquiéter une seconde du fait qu'il fait ce métier pour une raison, et qu'il n'en a pas changé pour une raison aussi. Au début, il se vexait un peu, parce qu'en une phrase prononcée en moins d'une seconde, il finissait toujours catégorisé comme ces mecs chiants dans une pièce sombre tout au fond du bâtiment, remplie de feuilles épinglées partout, feuilles qui ne veulent rien dire, que personne ne peut comprendre sauf lui.
Mais comme toujours, on s'habitue, on se forme une carapace. Au début, on n'est qu'une petite créature rondelette, rose et molle, et au fur et à mesure, on devient un robot froid et insensible sur lequel tout le monde peut taper sans vraiment que l'on ai à s'inquiéter. Sauf qu'il ne faut pas oublier que ce robot glacial et meurtrier reste piloté par la bouboule rose, fragile et en larmes , avant de taper dessus.
« Merci du compliment, mais ça va je vis assez bien mon âge t'en fais pas. Mensonge, son anniversaire arrive bientôt et ça le tue de l'intérieur. Il ne veut pas avoir trente ans.Quand j'étais petit, je voulais être architecte, mais ça coûtait trop cher et on est jamais certain de trouver du boulot dans cette branche alors j'ai sa mère a préféré m'orienter sur quelque chose de beaucoup plus sûr, et qui paye plus aussi. » expliqua-t-il.
C'était un peu triste, quand on y réfléchit, mais on a toujours besoin d'experts comptables. Les architectes, on s'en sert une ou deux fois, et une fois que tout est construit on les laisse tomber comme une vieille chaussette.
« Mais au final, l'architecture ça m'intéresse toujours, j'ai souvent le nez en l'air quand je marche en ville et j'ai pas mal de livres dessus » continuait-il, comme si ça intéressait la jeune fille.
Au moins, puisqu'il était comptable, il ne risquait pas de se lasser de son centre d'intérêt juste parce que celui-ci est devenu une corvée que l'on se force à accomplir juste pour payer les factures. Au moins, avec le métier de comptable il ne pouvait pas se lasser, techniquement, parce que cela ne l'avait jamais vraiment intéressé. Ce n'était pas si terrible que ça en avait l'air non plus, mais rien de bien intéressant après dix ans dans le métier.
« Et toi, t'as toujours voulu faire antiquaire ? T'es passée par la case princesse ou maman, au moins ? » Il s'arrêtera là pour sa question, parce que s'il avait continué, il aurait demandé si elle avait voulu jouer à la mère de famille au foyer avant de passer directement au stade de grand-mère, avec un boulot pareil. C'était une pique agressive que même lui aurait pu trouver assez vexante, qu'il a faillit lancer purement gratuitement. C'était l'alcool qui parlait, un peu.

« Haha non j'ai pas peur de boire, ne t'inquiète pas, c'est pas une demi-bouteille d'absinthe qui va me mettre à terre, moi. »
Il échange une taquinerie contre une autre, déjà moins vilaine. Et d'un autre côté, ça lui permet de prendre la température du côté de la jeune femme. Il l'aimait bien mais n'avait pas envie de passer la soirée à lui tenir les cheveux pendant qu'elle vomisse dans ses toilettes.
« Nan même pas ! Je te promets ! s'exclame-t-il avant de marquer une pause, pensif. Enfin non je ne les ai pas vues. Après, niveau intérêt, bah je suis sûr que c'est bien mignon tous ces petits bibelots mais qu'est-ce que tu veux que je fasse d'une lampe à huile ? Bon, la salière c'est utile mais j'en ai déjà une. Je t'appellerai si elle casse. » conclu-t-il, souriant. On dirait bien que Nelson venait tout juste de trouver cette roue de secours dont il avait tant besoin, pour entretenir cette relation de besoin entre Bryden et lui. Un peu maigre comme solution, mais ça ferrait l'affaire.

C'était ensuite encore à son tour de jouer. Il réfléchit longuement, jouant avec ses poils au menton du bout de ses doigts tandis que son verre (ou celui de la jeune femme ?) trônait fièrement sur la table. « Hmmm... Je sèche déjà j'y crois pas... Est-ce que tu as... Une assiette avec des chats peints dessus ? » Un peu comme Dolores Ombrage, mais ça il le taira, parce que ce n'est pas vraiment chez un homme de vingt-neuf ans que l'on s'attend à trouver une petite obsession pour Harry Potter. Mais chacun ses vils.
En attendant une réponse, il se saisit de son verre, un large sourire sur le visage.


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