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 La toile qui relie les âmes | Felicity
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MessageSujet: La toile qui relie les âmes | Felicity   Mar 30 Aoû - 0:34
La toile qui relie les âmes
Felicity & Elizabeth
We all are a single dust in the universe

Le son aérien des synthétiseurs et de la musique électronique résonnait doucement dans les écouteurs. Puis, tranquillement, sans que l’on s’y attende vraiment, la voix cosmique de la chanteuse se joignit aux sons arrangés sur ordinateur.

This, this music makes me cry
It sounds just like my soul, oh
Oh I'm not ready to win
Oh lord cause I don't wanna know what they say
'Cause I get carried away
Commodifying all the pain


Elizabeth avait toujours aimé les musiques pleines de « booms » et de « blips ». Des intonations artificielles que l’on aurait pu créer en laboratoire. Des intonations que l’on sort du ventre d’une machine compréhensible et profondément rationnelle. Les morceaux de Grimes n’échappaient pas à la règle et quelques uns de ses albums occupaient ses playlist aléatoires.

Les paroles se mêlaient étrangement avec le texte qui s’étalait sous ses yeux alors que ses doigts pianotaient sur le clavier à toute allure. Darwin’s Game. Les joueurs, le monde entier se posait des questions sur le pourquoi. Beaucoup trop de questions. Pourquoi avoir créé le jeu ? Pourquoi les incidences furent si graves ? Pourquoi le monde merdait carrément ? Mais le pourquoi n’intéressait pas vraiment Ellie. Loin de là, même. Ce qui la fascinait, elle, c’était le comment. Comment créer un programme aussi complexe liant virtuel et réel ? Le jeu tuait littéralement. Il avait créé des vies, des animaux, des plantes dont on pouvait se nourrir virtuellement. Sur base de quoi ? Comment créer la sensation de faim puis la combler par une viande artificielle ?

Ses pérégrinations mentales furent interrompues par une série de grands gestes au-delà de son écran visant à attirer son attention. La bouche de Tomas s’ouvrait et se fermait à mesure qu’il lui parlait, mais les écouteurs vissés sur ses oreilles l’empêchaient d’entendre. Avec un soupir, le cocon musical fana et elle retrouva le silence serein de la bibliothèque universitaire. À cette heure là, la plupart des étudiant préférait rentrer chez eux pour dîner devant la télévision plutôt que de rester cloîtrer à travailler.

« Qu’est ce que tu fais ? » lui demanda-t-il probablement pour la enième fois.

Elle haussa les sourcils, éberluée et leva les mains en l’air. Une grimace désabusée s’inscrivit sur ses traits.

« Je travaille… J’imagine ? »

Un rictus miroir, intentionnellement exagéré vint peindre le visage du jeune scientifique moqueur. Il imitait ses mimiques à la perfection.

« J’aurais pu deviner ça tout seul, Sherlock. Ce que je voulais savoir c’est sur quoi ? Sur quoi tu travailles ? T’arrêtes pas de marmonner dans ta barbe. »

Elizabeth remonta ses lunettes qui glissaient le long de l’arrête de son nez avant de fermer les yeux et de se masser les tempes. Son long tête à tête avec l’écran commençait à laisser une empreinte sur son cerveau et une migraine était à prévoir. Malheureusement pour elle, la jeune femme n’avait pas encore trouvé la molécule triptan adaptée à son fichu mot de tête et ne cessait d’essayer différentes combinaisons de molécules, en vain.

« Mon mémoire… » soupira-t-elle. « Trouver la séquence dans le génome d’un ADN virtuel et synthétique… Considérant leur taille et leurs déformations physiques, j’imagine qu’il est transgénique, mais comment pourrais-je le savoir sans échantillon ? Raaaaah ! »

Un soupir rageur franchit le seuil de ses lèvres. Le volume sonore toléré par la bibliothèque se trouva largement dépassé. Des dizaines de paires d’yeux se posèrent sur son dos. Elle les ignora tous et continua de se triturer les méninges.

« Sérieusement, de quoi tu parles Lizzie ? » l’interrogea sa voisine en retirant son propre casque.

L’autre secoua la tête en rassemblant ses affaires avant de se lever en tachant de faire le moins de bruit possible.

« Chut, elle est simplement bizarre. »

La jeune femme ouvrit la bouche et posa une main sur sa poitrine, prenant une mine faussement outrée.

« Oh allez les gars, je ne suis pas plus bizarre que vous ! Nous sommes tous des scientifiques, non ? Nous sommes tous bizarres. Je suis peut-être une nerd scientifique niveau 82 avec de putains de score de perspicacité et de bon sens, mais mes aptitudes physiques sont carrément daubées… Vous pourriez carrément me filer des potions de soins. »

Il leva les yeux au ciel, tourna les talons et lui fit un rapide signe de la main pour lui signifier sans plus de cérémonie qu’il se cassait.

« Oh et d’ailleurs, la guilde et moi aurions carrément besoin que tu nous rendes l’épée gold que je t’ai filée pour notre prochaine mission ! »

Tomas ne rétorqua rien et disparut en franchissant la porte. La secrétaire en profita pour lancer un regard furibond à la fauteuse de trouble qui leva les mains en l’air, tel un voyou pris en flagrant délit par le shérif du coin, et lui offrit un sourire d’excuses.

Le divertissement terminé, Elizabeth enfonça ses écouteurs à nouveau et replongea dans le dossier interminable qui en plus de s’afficher sur son ordinateur jonchait sa table de travail au point de grignoter l’espace vital de sa voisine. D’ailleurs, celle-ci finit par suivre Tomas après un au-revoir discret. Hé bien, je crois qu’il ne reste plus que toi et moi, maintenant, pensa-t-elle en attrapant un surligneur qui traînait là.

Mi exaspérée mi épuisée et surtout absorbée par son travail, la microbiologiste ne vit pas pénétrer dans la bibliothèque une longue silhouette familière qui s’installa sans hésitation à ses côtés, passant outre le bordel qu’elle avait mis. Ce n’est qu’après quelques longues minutes d’un silence ponctué par ses soupirs qu’elle sentit la nouvelle présence humaine à ses côtés. Elle leva rapidement le nez et reconnu le profil studieux de Felicity.

« Oh, hey Felicity ! » s’exclama-t-elle. « Ça fait un bail que tu n’es pas venue ! »

Son large sourire sincère s’étiola légèrement lorsqu’elle remarqua la mine fatiguée, le teint pâle et les légers cernes bleutés qui pesaient sous ses yeux. Elle fronça les sourcils et se mit à mâchonner son crayon à papier, n’osant pas encore lui poser de questions à ce sujet.


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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Mar 30 Aoû - 23:00

“Qui trouve un ami, trouve un trésor.”
L’Historienne se réveilla en hurlant, touchant avec frénésie son visage en pleurant. Oui. Elle pleurait. Elle tremblait aussi et elle sentait la sueur couler le long de sa colonne. Le visage de Giant Fairy n’était plus devant elle : pourtant, son image était imprimée dans sa rétine. Un sanglot, sonnant plus comme un râle, sortit de sa poitrine alors qu’elle attrapa sa tête entre ses mains. Il ne fallut pas longtemps avant que ses doigts s’enfoncent dans sa chevelure pour tirer nerveusement dessus. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine et les enserra puis posa son front sur ses rotules. Elle continua de pleurer ainsi pendant des minutes, ou bien était-ce des heures ? Elle ne savait plus vraiment… Elle avait perdu la sensation de faim, elle était épuisée et pourtant n’arrivait pas à trouver le sommeil dans ce lit trop grand, trop froid. Le calme et le silence de son appartement qu’elle avait toujours tant aimé la rendaient folle. Elle ne trouvait plus de paix dans la méditation : son esprit bien trop agité l’empêchait de se poser. Seul son dummy arrivait à la calmer. Apprendre à tuer. Apprendre à frapper pour faire souffrir. Pour se défendre et prendre une vie à Giant Fairy. Elle ne voulait pas abandonner, elle n’abandonnerait jamais. Elle tuerait l’ESHU. Un jour ou l’autre, elle arriverait à faire chuter son nombre de vies. Même si elle devait y rester. De toute façon…. Qui l’attendait le soir ? Personne.
C’est pour éviter d’avoir ce genre de pensées morbide que Felicity avait accepté. Ida lui avait proposé de revenir dans la demeure des Rotschild, une demeure que jamais elle n’aurait dû quitter. Jamais. Elle commençait déjà à empaqueter ses affaires. Il n’y avait plus rien dans cet appartement si ce n’était des fantômes, des mauvais souvenirs, des plaies ouvertes qui suintaient. Elle ne voulait plus être une victime de sa vie, mais bien le maître. Il était donc fini le temps de l’apitoiement. Il était temps pour elle de prendre son envol et de briller grâce à Itzapapalotl : jamais loin à présent. Quand la douce et tendre Felicity peinait à se faire une place dans ce monde devenu cruel et égoïste : elle était certaine que son personnage In Game prenait la relève et montrer les crocs. L’époque où elle se laissait faire, où elle se laissait piétiner par tout et tout le monde étaient révolue. Elle était bien décider aujourd’hui à se battre et rendre les coups au besoin. La raison derrière ce changement de comportement était simple, peut-être trop : elle n’avait rien à perdre.
Son portable sonna, elle sursauta et manqua de tomber du lit. Reprenant sa respiration, elle vit le prénom d’Adam s’afficher sur le téléphone. Elle soupira longuement, décrocha. Son étudiant préféré et assidu malgré les impacts du jeu voulait finir sa thèse. Non pas que cela serve encore, mais Felicity ne dirait jamais non pour aider les passionnés comme elle. L’Histoire lui manquer. Passé des heures à la bibliothèque encore plus. Se concentrer est de plus en plus difficile, mais elle devait continuer sa passion. Elle avait tellement sacrifié pour l’Histoire : qu’elle ne pouvait pas abandonner maintenant. Alors, elle se força à s’extirper du lit et de ses peurs pour aller prendre une douche froide. Admirant le six sous son aisselle, elle savait que le décompte allait continuer. Giant Fairy ne perdait rien pour attendre. Elle se sécha et refit un bandage autour de sa jambe et appliqua des onguents sur ses côtes en grimaçant, en laissant couler une larme. Ses blessures guérissaient lentement, trop à son goût. Et le fait qu’elle ne puisse pas se reposer ne faisait qu’allonger sa convalescence déjà interminable.

Des heures durant ils ont fait et défait les livres, les récits. Passant de la culture Aztèque à celle des Mayas puis des Incas. Felicity partageait encore et encore ses connaissances et Adam boit : insatiable du savoir de son professeur. Quand la nuit commence à tomber, son étudiant part en la remerciant mille fois. Au lieu de rentrer, ayant encore peur de rencontre son agresseur si jamais elle sortait à la lumière des lampadaires, elle décida de se réfugier dans la bibliothèque universitaire. Il ne lui fallut que quelques minutes pour ranger ses affaires et pousser la porte de ce qu’avec Gabriel, ils appelaient : le Sanctuaire. L’Historienne ne put empêcher une risette immense de fendre son visage. Elle était là. Elizabeth. Son amie. Sa chère et tendre amie. En voyant que Lizzie était plongée dans ses recherches, elle n’ose pas interrompre la quiétude de la jeune femme. Elle s’installe donc à côté d’elle en ouvrant un livre et en griffonnant la date d’aujourd’hui sur une page vierge de son petit carnet. Quand enfin Elizabeth lève le bout de son nez pour la saluer, elle retrouve son sourire et arrête sa lecture pour la regarder.

« Les aléas de la vie… » Felicity hausse les épaules avant de poser sa tête dans sa main. Elle remarque que le sourire de son amie s’étiole. Elle sait pourquoi. Elle fait peur à voir : « Je suppose que je ne peux pas les cacher. » Elle met son marque-page et ferme, son livre. « Je sais au moins maintenant ce que ressentaient les guerriers Aztèques quand il partait et survivait à la guerre. À défaut que je ne risque pas de me faire sacrifier sur l’autel si jamais je perds. » Elle avoue à demi-mot les raisons derrière ces blessures. « Tu travailles sur quoi… ? » Demande-t-elle doucement d’une voix fatiguée.
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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Mer 31 Aoû - 17:02
La toile qui relie les âmes
Felicity & Elizabeth
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Les longs cheveux sombres de l’historienne encadraient un visage pâle comme la mort. Felicity ne semblait pas avoir fermé l’œil de la nuit. Faisait-elle des recherches ? Comme Elizabeth, passait-elle ses soirées les iris rivées sur l’écran de son ordinateur ? La lumière blafarde de celui-ci éclairait-il ses traits des heures durant ? Cependant, la microbiologiste doutait que leurs occupations étaient similaires lorsqu’elles allumaient leur tour centrale ou leur PC portable. Si Ellie commençait généralement à travailler sur son mémoire, son esprit venait à dériver rapidement vers le Darwin’s Game et il ne fallait pas bien longtemps avant qu’elle ferme tous ses fichiers Word et clique sur le si tentant « CONNEXION ». Après tout, le temps s’écoulaient différemment sur le jeu et lorsqu’elle reviendrait dans la vie réelle, l’aiguille de son réveil n’aurait pas vraiment bougé, quand bien même aurait-elle passé plus de deux heures plongée dans le QG ATOM. La calme et observatrice Felicity avait beaucoup trop de raison et l’étudiante ne lui connaissait aucun penchant pour les jeux-vidéo. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle se laisse happer par le virtuel.

La situation à Chicago était loin d’être au beau fixe. Peut-être était-ce cela qui la troublait ? Étant la fille de Margareth et Fitzgerald Hyde, elle n’avait pour sa part pas vraiment eu de souci à propos de tout cela. Fermée dans sa cage dorée, loin de tout problème, elle ne se serait pas forcément rendue compte des changements qui opéraient dans sa ville si les informations ne rabâchaient pas sans cesse les mêmes informations et si elle ne se connectait pas au jeu. Elizabeth évitait les réseaux sociaux, considérait Twitter comme réservé aux imbéciles et Instagram pour les imbéciles qui ne savent pas lire, aussi elle manquait une bonne partie des avis et des opinions de ceux jugeant bon de s’afficher sur la toile. Elle n’avait pas besoin de cela pour avoir ses propres idées à ce propos. La fermeture des frontières était un désastre et la jeune femme avait de plus en plus l’impression de vivre dans un microcosme fermé et imperméable au mode extérieur. La ville était devenue une île isolée au beau milieu d’un pays qui un an auparavant se vantait d’être la puissance numéro un.

Lizzie fronçait les sourcils et pinçait les lèvres aux propos mystérieux de la spécialiste. Sur son écran défilait encore le curseur indiquant que sa playlist aléatoire défilait.

« La guerre ? Ne me dis pas que tu as été prise dans une de ces manifestations… »

Il était évident que Felicity utilisait une image, mais sa phrase et sa mine éreintée laissait penser à la biologiste à un double-sens ou à des sous-entendus. Sa consœur n’avait probablement aucune raison de se trouver au cœur des événements du 17 août, mais les journalistes avaient bien spécifié que de simples citoyens se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment avaient pu être pris à parti dans les rixes apposant policiers aux protestants pro-Darwin’s Game. Il y avait eu morts et blessés et si l’historienne n’en était pas ressortie indemne, cela expliquerait sa longue absence de l’université. Elizabeth aurait pu s’y rendre. Elle y avait d’ailleurs sérieusement songé. Après tout, dans l’idée, l’événement était pacifiste.
La spécialiste ferma son carnet avant de s’intéresser à son travail.

« Hé bien, j’imagine que ce n’est pas vraiment le moment… Tu sais à propos de tout ce qu’il se passe… »

Elle grimaça en haussant les épaules. L’état de siège à Chicago démotivait la plupart des étudiants qui avaient déserté les bancs des amphithéâtres. Ils préféraient manifester, se cloitrer chez eux à jouer au Darwin’s Game ou tout simplement profiter des catastrophes pour délaisser leurs études et trembler de peur dans leur lit.  

« Mais je tiens à finir mon mémoire. Je sais que ça peut paraître futile… Ok, d’accord, c’est futile, mais je ne peux pas rester avec un dossier ouvert. »

Elle s’obstinait à le finir. Pourtant, depuis quelques temps, elle avait reçu plusieurs mails et de nombreux appels de la part de laboratoires, d’entreprises pharmaceutiques et mêmes d’institut de recherche. On lui proposait de travailler sur des vaccins pour l’Afrique, de faire des études sur le lien entre virtuel et réel pour mettre le doigt sur le lien étrange et meurtrier qui unissait vies IN et vie IRL… Ce n’était pas le manque de moyens qui lui faisait peur. Elizabeth était une bidouilleuse et une bricoleuse.

De là où elle était, Felicity ne pouvait voir son ordinateur que de profil et ainsi ne pouvait pas parvenir à lire les lignes qui noircissait l’écran. Le sujet du mémoire d’Ellie n’était connu que de ses amis les plus proches ainsi que de sa tante Maeve. Elle ne craignait pas la réaction des gens, mais le Darwin’s Game était devenu un sujet sensible. De plus en plus d’anti-DG pointaient le bout de leur nez et elle ne voulait clairement pas être là si l’un d’eux décidait de la confronter. L’historienne ne pouvait pas être une de ces personnes. Comme la microbiologiste, elle respectait la curiosité et les recherches aussi, Elizabeth était intimement convaincue qu’elle ne la jugerait pas.
Elle tourna son écran d’ordinateur pour que la spécialiste puisse y jeter un œil et elle lui tendit une feuille volante où s’inscrivait le sujet précis de son mémoire : Microbiologie et Génétique : du génome virtuel au génome réel.

« C’est sur le Darwin’s Game. Biologie, environnement… Mes trucs à moi quoi, » lui avoua-t-elle sans aucune gêne avec une détermination non feinte.

Elle étudia sa réaction tout en lui expliquant rapidement de quoi il retournait. Elle s’agitait, parlait avec ses mains pour expliquer ses propos et son flux de parole avait considérablement augmenté. De comprendre lui tenait à cœur. Car en comprenait le lien qui unissait le personnage à la personne, peut-être réussirait-elle à mettre le doigt sur ce qui finissait par tuer IRL lorsque le nombre de vie IG atteignait le chiffre fatidique de 0.
Elizabeth n’avait pas révélé à Felicity qu’elle était elle même une joueuse active et son sujet de mémoire ne le dévoilait en aucun cas. Cependant, la microbiologiste répétait souvent qu’un véritable scientifique ne restait pas enfermé dans son laboratoire comme un rat dans une cage. Il y passait certes du temps, mais devait également tâter le terrain pour comprendre. Et cette philosophie, l’historienne en avait entendu parlé plus d’une fois.

« Je m’arrête là, » sourit-elle. « Sinon, je risque de te coincer toute la soirée avec mes histoires ! »

Elle entreprit de rassembler ses papiers trainant ça et là et d’en faire une pile bien compacte. L’ordinateur resta cependant à sa place, ouvert et les écouteurs encore branchés laissant filer une faible musique, audible uniquement pour ceux étant proches de la source.

« Mais assez parlé de moi, » continua-t-elle. « Tu veux que j’aille te chercher un café ? Tu me parleras de tes fameux aléas si ça te dit. Je te donne toujours mon avis sur tes recherches, peut-être que je peux t’aider pour ça aussi. »

La curiosité était un vilain défaut qui avait attiré plus d’une noise à la jeune scientifique. Cependant dans ce cas précis, elle ne voulait en aucun cas forcer la main de la spécialiste qui portait les stigmates de la fatigue sur son visage.



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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Dim 4 Sep - 22:00

“Qui trouve un ami, trouve un trésor.”
L’Historienne savait qu’elle faisait peur à voir. Comme la plupart des joueurs de DG qui avaient perdu des vies dans un laps de temps si court. Parce que cela était éreintant de mourir. Une phrase ironique, il faut appeler un chat, un chat, mais qui pourtant était vraie. Elizabeth avait toujours eut cet esprit curieux pour la technologie contrairement à Felicity qui était bien trop old school pour pouvoir rivaliser avec elle. De quelques années, son aîné : Lizzie a appris beaucoup de choses au professeur d’Histoire sans s’en rendre compte. Quand on sait qu’elle utilise sa machine à écrire pour travailler : on peut se demander à quelle époque elle vit. Et le pire, c’est que la société n’allait pas dans le sens de la modernité ou bien de l’évolution humaine. Chicago, le monde entier régressait. L’homme n’apprenait jamais de ses erreurs et ses contemporains n’avaient probablement aucune idée de ce qu’ils les attendaient. Felicity n’était pas une diseuse de bonne aventure, une voyante, mais elle savait que rien de bon ne sortirait de ce contexte instable. Guerre, voilà ce qui allait arriver sur eux. Tôt ou tard. Ici ou bien là-bas : les frontières du réels allaient se mélanger avec celle du monde irréel. Ce jour-là, Felicity allait mourir pour laisser la place à la vaillante et forte Itzapapalotl. Celle qui n’a peur de rien, surtout pas de mourir comme peut témoigner son acharnement à affronter Giant Fairy alors que le combat est perdu d’avance. Elle se mit à rire en entendant Elizabeth lui demander si elle ne s’était pas fait happer par une manifestation.

« Non…. Non je te rassure. Sincèrement : tu me vois avec mes lunettes et mes livres autour de ces gens qui portent dans leur cœur des messages de haine et d’intolérance ? Que cela soit le gouvernement ou bien les joueurs qui manifestent : ils ne font qu’envenimer la situation. Les deux partis restent sourds aux demandes, arguments des autres : créant des débats stériles et les contestations inutiles. »

Oh oui tout ce qui se passe… Felicity comprenait, elle n’avait pas besoin d’un dessin. Elizabeth parlait de DARWIN’S GAME c’était évident. Elle sourit en coin :

« Quand on y pense… Ce n’est jamais le bon moment pour rien hein… Je crois qu’aujourd’hui, il nous suffit de vivre comme bon nous semble sans nous soucier des lendemains. Parce qu’on ne sait pas si on verra un nouveau lever de soleil. »


Pessimiste ? Quelqu’un a parlé de pessimisme ? Felicity. Elle était devenue quelque peu aigrit de la vie, des gens en général, de la société… Bref tout lui montrait qu’elle était impuissante et que quoiqu’elle fasse : la roue implacable du destin continuait d’avancer en détruisant tout sur son passage.

« C’est tout à ton honneur, j’ai bien publié mon livre malgré le contexte alors ce ne sera pas moi qui te convaincrais de tout arrêter. »


Elle sourit sincèrement. Elizabeth lui redonnait foi en quelque sorte. Il y avait encore des élèves intéressés par les études, qui voulaient tout de même apprendre. C’était après tout leur meilleur ami. À Chicago pour comprendre les évènements et dans DG parce que l’ingéniosité pouvait sauver une de vos vies. Le but n’était pas d’être le meilleur de toute évidence une fois connectée, c’était de survivre et d’évoluer en apprenant des erreurs. Felicity lui demanda sur quoi elle travaillait. Les deux jeunes femmes s’étaient toujours entre aider dans leurs spécialisations. Avoir un œil neutre sur le travail de l’autre est utile. Elizabeth tourne l’écran, l’Historienne commence à lire puis attrape la feuille en souriant en coin :

« Waow ! C’est extra ! » Elle était sincère, elle rapprocha sa chaise pour lire les premières lignes et hocher la tête pour approuver ce choix : « C’est une excellente idée ! La faune et la flore de DG sont tellement riche qu’il serait dommage de ne pas la comprendre. »

Felicity était… Excitée par ce sujet de travail. Non seulement, cela était intéressant, mais elle savait qu’elle pourrait beaucoup apprendre de son amie sur le sujet. Elle n’avait jamais eu la prétention de tout savoir. Lizzie commence à ranger ses affaires, elle rend poliment la feuille en souriant :

« Cela ne me dérange pas, tu sais, au contraire. Je n’ai rien de mieux à faire… » Elle était sincère. « J’ai un thermos dans mon sac. »

Elle se redresse et sort son litre de thé ainsi que deux verres en plastique puis le thé vert. Elle poussa l’un des deux vers Elizabeth avant de prendre le sien. Elle soupira longuement, souffla sur le thé avant d’en prendre une gorgée. Savourant le breuvage, elle finit par céder à l’envie de poser sa tête sur l’épaule de la scientifique. Le regard dans le vide, elle avoue tristement :

« Je ne travaille sur rien en ce moment… Pas vraiment tout du moins. Je n’arrive pas à me concentrer. J’ai commencé un nouveau livre sur l’évolution des supplices et des exécutions publiques en Europe du XVème siècle jusqu’au XXème, mais…. Je fais page blanche. » Elle soupire longuement. « Ça ne m’est jamais arrivé… Généralement, j’ai trop d’idées et je ne sais pas par quoi commencer. Là… C’est juste que je n’aie pas la volonté… Ou… Je ne sais pas. » Elle serre les dents : « J’ai juste peur, je pense… De ne pas être prête pour défier la loi du plus fort dans le jeu. » Si Elizabeth faisait sa thèse dessus… Il n’y avait aucun doute qu’elle jouait : « Parce que j’ai beau m’entraîner, j’ai beau m’endurcir : je me rends compte que… Que je ne suis pas une guerrière, une combattante comme certaines de mon équipe. » Felicity était fatiguée, lasse de tout. « La vérité c’est que… C’est que ce : la personne que je suis sur DG est aux antipodes de celle que je suis ici. C’est… Triste de penser qu’on peut changer autant pour un simple jeu. »
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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Mar 6 Sep - 22:26
La toile qui relie les âmes
Felicity & Elizabeth
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Lorsqu’Elizabeth s’imaginait les manifestations des joueurs du Darwin’s Game, elle était loin de se représenter une foule en colère, grognant, hurlant et grondant lorsque l’on tentait de les approcher. Peut-être était-elle optimiste et un brin idéaliste, mais pour elle, ce genre de rassemblement pacifiste s’apparentait plus à un Woodstock urbain où l’on défilait non pas pour profiter de la musique et se détendre, mais afficher ses convictions qui, après tout, reposait sur le droit de chacun de jouir de son temps libre comme il l’entendait. Elle avait assisté à quelques réunions où les plus extrémistes et les plus véhéments appelaient aux armes et à la lutte. Les plus timorés et les plus sensés gardaient les pieds sur terre. Il ne manquait plus que l’odeur passée de joints qui s’attardait comme le parfum d’une haie de chèvrefeuille et elle se sentirait presque retournée des années en arrière, lorsque les jeunes combattaient Nixon et réclamait la fin de la guerre et le respect du communisme aux Etats-Unis : un rêve utopique qui s’était bien mal terminé.

Et les choses aujourd’hui prenait malheureusement la même direction qu’autrefois. L’atmosphère était à la révolution et toute personne mettant le nez dehors la sentait qui prenait de la puissance comme une charge d’électricité statique.

La fin de la dernière manifestation, dans la sueur et les larmes n’était pas une fin. Mais bel et bien le commencement de quelque chose de plus grand. De plus vaste. De plus violent encore. Et Elizabeth, si elle avait été séduite par l’idée de faire entendre sa voix pour ses convictions, n’avait plus envie d’avoir à faire avec des hommes et des femmes prêts à mourir dans une masse compacte. Elle n’était pas prête pour cela. Elle aurait aimé le croire, être capable de se sacrifier pour des valeurs… Mais malheureusement, elle tenait trop à son organe creux assurant la circulation du sang que certains appelaient cœur pour oser se mettre en première ligne. Que Felicity en pense la même chose était un soulagement. En revanche, sa vision n’était pas exactement la même que celle de la scientifique. Mais soit, les deux points de vue se valaient.

L’étudiante secoua la tête avec un sourire lorsque qu’abattue, Felicity afficha un pessimiste non feint.

« Carpe Diem, » dit-elle avant de plonger son visage dans ses mains. « Oh s’il te plaît, dis-moi que je n’ai pas dit ça… Un peu plus et je me le ferrai tatouer juste là ! »

Elle montra sa nuque. Sa voix sonnait comme un tintement ironique. Il n’était pas rare de croiser des adolescents dans la rue affichant fièrement leur premier tatouage. « Cueille le jour. » La jeune femme trouvait cette phrase kitsh à souhait pour l’avoir trop souvent lu et entendu à tord et à travers. Mais aujourd’hui, alors qu’elle était d’ordinaire synonyme d’optimisme et de plaisir, elle contrastait avec la mine morne de l’historienne. Et pour la première fois, elle sonnait moins faux aux oreilles de la microbiologiste.

« Tu as écris un livre ? » s’écria-t-elle. « Je ne savais pas ! »

Elle fit une moue faussement outrée.

« Quel est le titre ? J’irai l’acheter à l’instant même où nous sortirons de cette bibliothèque. »


Lorsque Felicity jeta son regard de spécialiste sur le travail déjà bien entamé de sa thèse, Elizabeth ne put empêcher un soupçon d’appréhension de poindre. D’habitude, elle ne redoutait jamais l’avis bienveillant de la jeune femme, mais le contexte actuel et en particulier ses nombreuses heures passées sur le Darwin’s Game la rendait quelques fois angoissée. Les compliments qui jaillirent de sa bouche ravirent Ellie qui laissa un large sourire s’étaler sur son visage. Si cela plaisait à la professeur, alors les autres pouvaient bien aller se faire voir ! L’étudiante sourcilla cependant et fut prise de court lorsque sa consœur parla de la faune et de la flore du jeu comme si elle la connaissait bien. Il n’y avait, à sa connaissance, aucune étude encore publiée à ce sujet, les joueurs et les politiques étant plus obnubilés par la mort, les armes et les trafics en tout genre.

Le thé brûlant offert par l’historienne lui réchauffa les doigts. Elle la remercia d’un signe de tête et trinqua doucement avec un « à la tienne ! » enjoué.

Pourtant, son sourire s’effaça bien vite lorsque Felicity posa sa tête sur son épaule et lui fit part du vide qui l’habitait. Tentée de lui remonter le morale, Elizabeth ouvrit la bouche, mais sa ravisa lorsque la spécialiste continua son discours. Ellie manqua de laisser s’échapper un « Quoi ?! » de pure surprise lorsque sa consœur lui avoua tranquillement qu’elle jouait, elle aussi. Il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’elle y joue… mais Felicity ? Elle avait toujours été d’un calme, d’une maturité et d’une patience exemplaire et la biologiste avait du mal à se la représenter arpentant Darwin Harbor, pistolet à la main, prête à creuser des trous sanglants dans les chaires de ses adversaires.

L’étudiante se laissa entraîner dans son jeu et à la confidence. Contrairement à Felicity, elle n’avait aucun mal à en parler avec le club des Science Monkeys ou même avec Maeve. Sa participation au Darwin’s Game n’était un secret pour personne, si ce n’était ses parents et ceux-ci n’étaient pas assez bêtes pour ne pas l’avoir deviné depuis le temps. Mais l’historienne, elle, semblait être si seule…

« Tu sais ce que je trouve le plus triste, moi ? C’est justement de ne pas changer. Je suis trop lâche pour me battre pour mes convictions et je suis trop lâche pour me battre tout court. Je préfère jouer avec mes molécules et mes cellules en laboratoire plutôt que de défendre mon équipe dans l’arène. »

Un petit soupir s’échappa du seuil de ses lèvres, puis elle leva les yeux au ciel, faussement désabusée. Elle referma son ordinateur et la musique aérienne à peine audible s’évanouit dans une dernière note aiguë.




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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Dim 25 Sep - 0:48

“Qui trouve un ami, trouve un trésor.”
Felicity avait depuis longtemps arrêté de regarder les informations. Sa vie était déjà compliquée et quelque peu déprimante : ce n'était pas pour prendre le poids du monde sur ses épaules. De toute façon, ce n'est pas comme si le statut actuel de Chicago la surprenait. Il n'y avait qu'à les voir les conflits d'avant pour comprendre que rien de bons ne sortiraient de ces guerres. Que de toute façon, l'Homme trouverait toujours le moyen de se détester et de favoriser les inégalités sociales que cela soit en jouant la carte du racisme, de l'extrémisme ou bien encore de l'intolérance. Combien de soldats ont donné leur vie pour une nation qui les utilise comme chair à canon ? Les plus lâches, ceux qui n'ont pas eu le courage ou bien la vocation de devenir soldat, s'inscrivaient dans le jeu pour être des guerriers, des combattants. Ce n'est plus alors une nation qu'ils défendent : juste une équipe. Le principe reste le même. Comme dans l'armée, un joueur de DG a des compagnons d'armes, des frères et sœurs qui partagent son calvaire, son quotidien. Ces camarades s'insurgent à la moindre mort et réclament vengeance comme si au fond cela important. Après tout, ils finiraient tous par perdre leurs dix vies et cela sera la fin de leur histoire. Pas celle de DARWIN'S GAME. Au même titre que l'épopée de l'humanité : les récits du jeu s'écrivent dans le sang, la guerre et en même temps, la camaraderie. Une forme d'amour que l'on ne trouve que dans l'adversité. Qui fait et défait des couples. Instaurer la violence dans une entente conjugale était peut-être le meilleur test possible.
Il ne se passait pas une soirée sans qu'elle griffonne sur l'un de ses nombreux carnets ce genre de penser. Tentant de réfléchir sur le monde réel et irréel pour mieux l'appréhender, le comprendre et le dominer. Puisqu'elle était condamnée à rester enchaîner au GAIA et à son nombre de vies jusqu'à ce que mort s'en suive : autant le faire avec intelligence. Étudier, philosopher, se documenter a toujours été une passion pour elle. Aujourd'hui, plus que jamais, c'était devenu une raison de vivre. Le feu avait depuis longtemps été mis aux poudres, dès les premières interdictions et il fallait maintenant choisir entre respecter la loi et devenir un hors-la-loi. Les États-Unis et le reste du monde imposeront-ils des lois dictatoriales ? Cela sera un comble pour les Alliés que de juger les personnes sur leurs faits et gestes, sur un tatouage alors qu'ils ont mis tant d'ardeurs à combattre des injustices telles que le Nazisme ou bien le Communisme poussé à son extrême par Staline. Quand on a libéré les camps, le monde entier criait son indignation et répétait encore et encore : plus jamais. Les lois anti-DG ne vont-elles pas contre cela ? Hitler aussi avait commencé par de simples lois interdisant des choses au quotidien.
Si le pessimisme était bel et bien là, un rire sortit de sa gorge alors que Lizzie fit une blague sur la fameuse phrase que tout le monde voulait se faire tatouer pour se donner un genre. Pour prétendre être sage peut-être, Felicity ne l'avait jamais compris et elle n'avait que celui de DG pour une raison. Elle n'avait pas encore trouvé une idée qui aurait un sens. Se faire tatouer juste pour être tatoué n'a aucun intérêt à ses yeux.

"Oh non, je t'en prie ne fais pas une telle chose. Tu vaux mieux que ça, tellement mieux..."

Elle rigolait pourtant, car elle espérait son amie plus intelligente que cela pour ne pas faire une erreur comme ça.

Le sujet dévia sur quelque chose de plus sérieux. Son livre, elle en était fière. L'Historienne n'avait rien lâché, malgré les épreuves, malgré avoir été traînée dans la boue : elle était restée sur son chemin. Ne pas perdre son objectif de vue lui avait aussi permis de ne pas perdre la raison et se faire engloutir par ses idées morbides.

"L'acculturation de la religion Nahuatl par le Christianisme." Felicity sourit. "Ou comment les colons ont réussit à imposer leur religion en utilisant les dieux Aztecs durant la conquête de l'Amérique du Sud." Dit-elle pour résumer le sujet. "Je voulais réhabiliter la culture Aztecs, qu'on arrête de dire qu'ils étaient des barbares. Ils n'étaient pas plus violents que les Catholiques, les Romains, ou bien les Vikings." Plaidoyer pour la cause de ceux qui ne peuvent pas ou en l'occurrence ici : ne plus parler. "Pour être honnête, j'ai juste repris ma thèse en l'approfondissant. Les ressources sont maigres sur ce sujet." Se rendant compte qu'elle avait monopolisé toute la conversation, elle se moti à rire. "Et voilà que je t'ennuie avec mes recherches. Je pense que l'Université à acheter le livre. Ils font ça avec tous les professeurs qui publient. Tu devrais pouvoir le trouver. Je ne sais pas si ça vaut le coup que tu l'achètes puis si tu le veux vraiment j'ai des copies à la maison."

C'était au tour de la jolie brune de parler de son travail. Échange de bon procédé. Un duo du tonnerre qui avait plusieurs fois ses preuves. Felicity ne l'utilisait pas seulement pour ses projets de recherches, elle cherchait son conseil pour pouvoir savoir si ses leçons n'étaient pas ennuyantes. Déjà que ses élèves dormaient, mais si en plus elle endormait le reste... La pauvre Elizabeth t'était au fil des semaines devenus une pièce maîtresse dans sa vie professionnelle et privée. Parce que leurs conversations semblaient sans fin, leurs arguments inépuisables : rebondissant chacune sur l'avis de l'autre pour parfaire un peu plus leur jugement et avancer. Felicity s'était toujours sentie grandie de leurs conversations et elle savait que celle qu'elles avaient n'échapperait pas à la règle. Sans le savoir, la brune parlait d'un sujet que Felicity admirait. Elle n'était pas scientifique, biologiste, herbologiste mais l'univers de DARWIN'S GAME était bien trop fascinant pour rester inconnu. En tant que GAIA, elle s'était portée de nombreuses fois volontaires pour aller récupérer des plantes pour le maître-chimiste : accompagnant même ce dernier pour en apprendre plus. Toujours plus car Felicity, comme Itzapapalotl, était assoiffées de connaissances. Et puis... Elle avait toujours été de nature à chercher le positif dans le négatif et tentait par tous les moyens de voir la coupe à moitié pleine plutôt qu'à moitié vide. Cela était terriblement plus sain. Enfin... Elle essayait au jour d'aujourd'hui de faire cela. Ce qui était parfois mission impossible, mais il serait mal la connaître de croire qu'elle abandonne. Si elle baisse fréquemment les bras, elle trouve toujours la force de rebondir. Sans quoi, elle serait morte il y a bien longtemps.

Trinquant avec du thé la promesse des jours heureux et de sa thèse intéressante. L'historienne avait besoin de parler. Elle avait confiance en Lizzie. Trop. Peut-être. On lui avait toujours rappelé encore et encore de se méfier de la nature humaine. Le fait est que le professeur d'Histoire voulait encore garder sa foi en l'Humanité, en l'espèce humaine. Alors, elle posa sa tête sur l'épaule de la scientifique et parla. C'est alors qu'elle comprit que la demoiselle aussi était une joueuse. Elle releva la tête.

"Il y a plusieurs formes de courage. DG est évidemment une question de qui est le meilleur en un sens, mais je pense que l'essence même du jeu repose sur la survie. Ce ne sont pas les plus musclés, les plus violents qui survivent forcément le plus longtemps et le mieux. Tu es intelligente, débrouillarde, tu es vaillante à ta manière et je suis convaincue que tu contribues à l'évolution de ton équipe. Je pense que le maître-chimiste de ta team serait ravis de recevoir ton savoir sur la faune et la flore du jeu. Dans un groupe, il y a de tout et c'est la diversité qui fait la force de ce dernier."

Voilà sa façon de penser, comment elle voyait les équipes. Si elles différaient sur la façon d'agir : ils avaient tous en commun d'utiliser les aptitudes et points forts de chaud renforcer leur blason. "Tu as commencé à jouer pour quelle raison si je peux le permettre ?" Demande-t-elle en portant le thé à ses lèvres.
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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Dim 25 Sep - 13:28
La toile qui relie les âmes
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Le tatouage avait toujours été un moyen d’expression pour Elizabeth. Graver sur sa peau à l’encre noire ou colorée des symboles, des images exprimant une émotion fugace ou un sentiment qu’elle pensait éternel. Elle se rappelait nettement de la première fois où l’aiguille avait transpercé son épiderme. Quel âge avait-elle alors ? Seize ? Dix-sept ans ? Elle avait menti sur son âge et avait bidouillé comme elle avait pu sa pièce d’identité pour que l’artiste n’ait pas besoin d’une autorisation parentale. Car l’adolescente le savait alors, ni sa mère ni son père n’aurait adhéré. Bloqué dans leurs esprits conservateurs et protestants d’anglais, comment aurait-il pu accepter que leur fille unique décide de marquer sa chair de façon irréversible ? Alors, elle avait pris les devants. La jeune femme ne s’était jamais encombré l’esprit de superstitions religieuses et il y avait bien longtemps que ce « Dieu » avait été remplacé par la science. Y avait-il d’ailleurs un jour cru ? Elle en doutait. Son premier tatouage avait donc été le logo tarabiscoté d’un groupe de musique qu’elle adorait à l’époque. Il était peut-être naïf, mais elle l’avait longtemps aimé. Puis, elle l’avait recouvert par un dessin des molécules d’oxygène. Petit à petit, ses côtes et ses cuisses étaient devenues de véritables toiles où elle laissait libre cours à son imagination et à sa créativité. Ces parties du corps n’avaient pas été choisi au hasard puisqu’elles restaient toujours cachées, dissimulées par des vêtements. Cette préoccupation l’avait longtemps restreinte, elle ne voulait pas provoquer de guerre inutile avec ses géniteurs. Puis, en grandissant, elle n’en avait plus eu rien à faire. Majeure et vaccinée, sa mère ne pourrait plus rien lui dire et son père ne lui ferait plus les gros yeux. De toute façon, elle avait déménagé et s’était mise en colocation dès son entrée à l’université.
Pourtant, aujourd’hui, elle maudissait quelques fois l’entrelacement de tableau périodique et de stylisation de cellules qui fleurissaient sur sa peau. En effet, ceux-ci masquaient en partie les nouveaux tatouages qu’elle avait hérité sans trop savoir comment du Darwin’s Game. Si l’emblème de son équipe apparaissait plus ou moins, celui indiquant son nombre de vie était beaucoup plus difficile à déceler. Une chance pour certain puisqu’ils passaient inaperçus –un vrai don du ciel par les temps qui courraient-, mais une malédiction pour d’autres, les plus étourdis ou ceux obsédés par ce chiffre vital gravé dans leur chair. Elizabeth n’éprouvait que rarement le besoin de se rassurer, n’étant pas d’un tempérament anxieux, mais quelques fois, elle voulait juste les regarder et passait donc de longues minutes à les trouver et à se tordre dans tous les sens pour en avoir un aperçu approximatif.

La blague de Lizzie dérida un instant Felicity qui se laissa aller à un rire discret. La biologiste secoua la tête en haussant les sourcils. Aujourd’hui, se faire tatouer revêtissait une symbolique encore plus forte. Depuis le Darwin’s Game laissant apparaître des marques sur les nuques, les mains ou les avant-bras, tout le monde devenait plus ou moins suspicieux. Par chance, Ellie n’avait encore jamais croisé de malchanceux arborant son appartenance en jeu au milieu de son front. Bien que cela devait exister. Probablement.

La spécialiste retrouva sa fierté en lui parlant de son livre. L’étudiante ne put qu’acquiescer d’un air intéressé lorsqu’elle lui en dévoila le titre. L’histoire et la littérature n’étaient clairement pas les points forts de la scientifique, mais elle éprouvait toujours une certaine curiosité lorsque Felicity lui exposait ses idées et ses théories. Elle s’arrêta cependant en admettant que tout cela était ennuyant.

« Mais pas du tout ! » s’anima Lizzie. « C’est même carrément intéressant. Bon, j’imagine bien qu’il n’y a pas énormément de référence. C’est quand même assez pointu comme sujet ! »

Elle laissa son esprit vagabonder quelques secondes en appuyant son menton contre sa a-paume.

« La religion… Pour moi, ce n’est qu’un ramassis de conneries et de superstitions ridicules qui posent leurs idées comme absolues. Les anciennes cultures, comme tes aztèques, sont plus spirituelles que religieuses, non ? Leurs croyances sont basées sur des choses concrètes comme leur environnement, le cycle du soleil… Des choses scientifiques en somme. Et je préfère nettement ça que d’assurer sans sourciller que le mariage est une vertu absolue sans que ce postulat n’est réellement de fondement. »

Avec un haussement d’épaules, elle reprit :

« Et puis qui n’aime pas les sacrifices sanglants sur un autel en haut d’un temple un jour d’éclipse, hein ? »

Son faux air sérieux fut bien vite remplacé par un sourire. Un « chut ! » sifflant lui fit tourner la tête et elle croisa le regard furibond d’un mec, le nez plongé dans un énorme bouquin. Ellie grimaça en levant les yeux au ciel. Elle avait tendance à parler plus fort et plus vite lorsqu’un sujet l’intéressait.

Felicity répondit à sa dernière remarque désabusée de la façon la plus positive qui soit. Elle n’avait pas eu besoin d’écrire noir sur blanc qu’elle était une joueuse active pour que sa consœur comprenne. Elle l’écouta attentivement, comprenant bien le sens de ses paroles. Cela suffit à lui remonter un peu le moral. De toute façon, la jeune femme ne restait jamais abattue bien longtemps.

« Qu’est ce que tu parles bien ! » sourit-elle. « Je n’avais vu les choses sous cet angle là. »

Elle reprit une gorgée de thé brulant.

« Je suis médecin. Dans le jeu, je veux dire. »

Sa connaissance de l’anatomie, ses études et son savoir-faire l’avait poussé à occuper ce rôle, en plus de son inaptitude à se battre. Il fallait bien qu’elle trouve sa place et il semblait que rien ne pourrait mieux lui convenir. Et elle préférait nettement recoudre une plaie sanglante que d’être celle à l’origine de celle-ci.

« Pourquoi j’ai commencé à jouer ? » répéta-t-elle. « C’est plutôt à moi de te poser cette question ! Avec mon club de science on en a entendu parler dans les couloirs, on se demandait ce que c’était et on s’est inscrit. C’est aussi bête que ça. Et puis, j’adore les jeux-vidéos. »

Le ton de légèreté sur lequel elle avait prononcé ses mots ne laissait en rien deviner de la dangerosité du Darwin’s Game. Elle aurait très bien pu parler d’un RPG tout à fait banal et inoffensif ou encore de la dernière version des Sim’s.

« Et donc toi, pourquoi ? » reprit-elle. « Tu es tellement sérieuse… J’avoue que j’ai du mal à t’imaginer. »

Le volume de sa voix avait nettement baissé. Parler du Darwin’s Game dans un lieu public n’était pas forcément recommandé. Elle savait que sur les bancs de l’université, il y avait plus de joueurs que de non-joueurs, mais il suffisait de tomber sur un anti-DG un peu zélé et elle n’aurait plus qu’à lever les mains.

« Ta team ? Oh non, non, non, ne me dis rien ! Je devine… Caho. Tu es forcément une Caho. Une déesse aztèque vengeresse qui arrache le cœur encore battant de ses ennemis ! »

Il était difficile de se représenter la délicate et la mâture Felicity en joueuse assoiffée de sang, mais le paradoxe avait pour mérite de la faire rire.





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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Dim 16 Oct - 23:11

“Qui trouve un ami, trouve un trésor.”
Felicity avait pensé à un moment à se faire recouvrir son tatouage de DG. Beaucoup le faisaient. Pourquoi pas elle ? Parce qu’elle avait passé sa vie à se cacher. Or, elle voulait défendre ses idées, ses convictions. Aussi vicelard que le jeu pouvait être : il lui permettait de s’endurcir. De devenir une personne meilleure en un sens. Plus forte moins peureuse et pleureuse. Elle devenait une autre femme et même si le changement est difficile à avaler : elle commençait à aimer la témérité qu’elle voyait dans ses yeux quand elle se regardait le matin dans le miroir. Alors oui, le tatouage de ses vies était le compte à rebours annonçant le glas. Tant pis. Il fallait bien mourir un jour ou l’autre et au moins depuis quelques temps, elle arrêtait de se blâmer, de vivre dans le passé. Même si parfois la mélancolie était plus forte : elle se battait continuellement pour garder la tête hors de l’eau. Si elle ne le faisait pas : personne ne pourrait le faire pour elle. Felicity ne voulait pas mourir noyer… Plus maintenant. Il y avait de l’espoir. Que cela soit avec Rohan ou bien avec Mera… Qui sait : un jour, elle arriverait à reconnecter avec sa famille. À défaut d’avoir la sienne, la bague au doigt et tout le blabla : elle pourrait au moins trouver la paix dans des bras aimants. La famille avait toujours été au centre de sa vie, ne plus en avoir était quelque chose de difficile. Elle avait appris à vivre avec cette douleur, ce poids dans les entrailles à contre cœur, car elle n’a pas eu le choix. Et si un jour, elle l’a eu : elle n’a pas choisi la bonne route. A force de vouloir plaire à tout le monde : on perdait de vue qu’au final, on meurt et on survit seul.
Pourtant, avoir Lizzie près d’elle dans cet environnement si familier lui donnait envie de sourire. De prendre la vie du bon côté comme elle savait si bien le faire. Felicity savait que la jeune femme était une amie qui la respectait, qui ne la jugerait pas. Elle était une épaule sur laquelle elle pouvait se reposer. Et elle en avait besoin. Terriblement besoin. Cela commençait par l’annonce officielle qu’elle avait enfin publié un livre. Non pas que les mots passionnent les gens avec les temps qui courent. Mais l’Historienne avait mis son cœur à l’ouvrage et n’avait pas reculé. Partant tout de suite dans des explications, elle réalisa elle-même au combien ce qu’elle disait pouvait être ennuyant. Une part d’elle savait que jamais Lizzie ne penserait une telle chose et justement. Elle ne voulait pas mettre sa patience et son écoute à l’épreuve.

« Malheureusement non, les Conquistadors ont tout détruit. Ils ont essayé de noter sur papiers leurs traductions, mais disons que leur priorité à cette époque n’était pas de préserver leur culture. Plutôt de conquérir des territoires et les asservir. La culture Nahuatl était orale. Très peu de documents originaux, nous sont parvenus. Il faut se baser sur des comptes-rendus d’expédition : à ne pas prendre à la lettre parce qu’ils embellissaient ou noircissaient les choses parfois pour que cela serve à leurs intérêts. » Felicity se rend compte qu’elle repart dans ses explications. « God damn it ! » Jure-t-elle. « Chassez le naturel et il revient au grand galop hein… » Dit-elle sur un ton amusé.

Lizzie parle de la religion, cela fait sourire l’Historienne. « On ne peut plus d’accord avec toi. Leur religion avait un sens. Quelque chose que je ne trouve pas dans le christianisme ou autre. » Son sourire s’agrandit quand elle parle de l’attrait que pouvait avoir un sacrifice humain :

« Je ne suis pas certaine que c’était une fête de joie, mais hey les sacrifiés étaient pour la plupart des guerriers, des prisonniers de guerre qui savaient ce qui les attendaient s’ils étaient capturés alors… » Elle regarde Lizzie : « Puis c’était un grand honneur de mourir sur l’autel.. Les sacrifices humains étaient pour payer leur dette aux dieux qui pour les crées ont donné leur sang. Les offrandes ne se faisaient pas seulement avec des prisonniers de guerre. Ils étaient faits au quotidien, les gens donnaient leur sang aux dieux. » Elle passa sa main dans ses cheveux : « Les Hommes ont créé des dieux, parfois uniques comme en Europe, pour pouvoir justifier l’injustifiable. Une épidémie : c’est l’œuvre de dieu. Une mouche qui pète de travers : c’est un message des saints... » Elle rigole : « C’est quelque chose d’humain d’inventer des choses pour se réconforter. »

Le chut la fit rire plus qu’autre chose. Elle s’en moque. Elle n’avait pas autant sourit ou rit depuis des jours et elle n’allait pas laisser un rabat-joie briser ce moment ! Il en était hors de questions ! Alors, elle prit soin de changer légèrement le discours de la belle. Parce que Felicity ne supportait pas d'entendre ce genre de paroles. Pourquoi elle dénigrait son travail et ses recherches ? Il n’y avait pas de petits efforts dans un jeu comme DG. Le moindre détail pouvait être la différence entre la vie et la mort. Felicity boit son thé en écoutant Lizzie. Il ne faut pas longtemps avant que la fameuse question ne soit posée. Son amie ouvrait la danse.

« La curiosité alors hein ? » Elle sourit et boit son thé avant de poser sa tête dans sa main et la regarder. C’était à son tour. Pourtant, elle n’eut pas le temps de formuler une réponse que Lizzie lui coupa l’herbe sous le pied. « Une CAHO ? Moi ? » Cela lui arrache un rire des plus francs. Elle est même houspillée par des chuts. « Non, je suis GAIA. » Dit-elle tout bas en gardant son sourire : « Le sang ce n’est pas ma tasse de thé. » Elle reprend un air un peu plus sérieux pour expliquer sa raison : « Pour protéger ma famille, pour tenir une promesse à une amie défunte. » Pas besoin qu’elle en sache plus. « J’ai fait ce qui me semblait juste à l’époque, ce qui était… Logique. » Elle hausse les épaules : « Et après on s’étonne que je ne sois pas bonne en math ou en science. » Elle avait été idiote ce jour-là de s’inscrire. Pourtant, elle ne regrettait pas réellement son choix. « Mais tu as raison sur un point, mon pseudo est en rapport avec les Aztèques. C’est Itzapapalotl. Mais tu peux m’appeler Itza là-bas, c’est plus simple. » Elle continue de boire son thé : « Et toi, c’est quoi ton petit nom est ton équipe… » Elle réfléchit : « Je te vois bien … ATOM. »

Felicity se sentait presque... Soulagée de pouvoir parler librement avec Elizabeth. Peut-être faisait-elle une erreure, peut-être que son amie la trahirait dans le jeu pour la tuer sans hésitation. Elle savait déjà qu'elle ne serait pas capable d'une telle chose.
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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Lun 7 Nov - 17:59
La toile qui relie les âmes
Felicity & Elizabeth
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Les remarques de Felicity sur les Conquistadors laissèrent l’étudiante songeuse. Ainsi, tout avait été détruit. Une culture entière, partie en cendres, réduite à néant sous la botte jalouse et assoiffée de sang d’un autre pays en mal d’or et de richesses. Une société matérialiste et cupide qui avait non seulement dépouillé une consœur, mais l’avait également détruite de l’intérieur. Et les Nahuatl dont les traditions étaient avant tout orales n’avaient rien pu laisser derrière eux pour leurs enfants, leurs petits-enfants déjà asservis et embrigadés par des étrangers venus d’au-delà de l’océan.
Et eux, alors ? Qu’allaient-ils laisser derrière eux ? L’ombre d’une civilisation avancée aux technologies développées ? Le mystère d’un monde qui s’était autodétruit ? Le reflet idéaliste de ce qu’ils auraient pu être avant de se laisser grignoter de l’intérieur par une nature humaine profondément corrompue ? Elizabeth n’était pas prête à penser de la sorte. Il était évident que la ville de Chicago et plus largement l’ensemble de la surface de la planète semblait se déliter au rythme des pulsations de l’affrontement entre Darwin’s Game et Gouvernement. Personne ne pouvait plus le nier. Il serait d’ailleurs idiot de chercher à encore se voiler la face. Mais l’incommensurable optimisme de la jeune femme l’empêchait de broyer du noir. Aussi, elle ne pouvait que sourire, mi-amusée, mi-désabusée, lorsqu’elle croisait sur le trottoir ou à un angle de bitume un homme ou une femme, pancarte accrochée autour du cou, hurlant que la fin du monde était proche. La faute à ces maudites nouvelles technologies ! hurlaient certains. La faute à leur mauvais usage ! rétorquait alors systématiquement la biologiste. Les ordinateurs, les réseaux et les téléphones avaient bon dos ! Felicity venait de le démontrer elle-même, des structures et des cultures s’étaient effondrées bien avant l’apparition d’internet et des satellites. L’homme n’avait besoin de rien pour se tirer une balle dans le pied. Rien, si ce n’était lui-même.

Lorsque la spécialiste se rendit compte de ses nouvelles envolées lyriques, elle jura, ce qui arracha un nouveau rire à Ellie. Elle ne pouvait pas lui en vouloir ni même la rabrouer à ce sujet. Les deux femmes partageaient ce point commun : celui d’être passionnées par leur domaine d’étude. Et lorsque l’une se mettait à divaguer, l’autre ne pouvait que l’écouter tranquillement en rebondissant toujours, jusqu’à ce que les rôles s’inversent. Leur relation était bâtie de la sorte.
Aussi, elle tendit une oreille attentive lorsque l’historienne avança l’hypothèse de l’injustifiable justifié par les dieux. Elle acquiesça, partageant son opinion.

« La mort avait donc un sens, c’est ça ? Comme une sorte de remerciement ? C’est une part de spiritualité perdue qui, je pense, manque aujourd’hui. Je n’ai pas peur de la mort. Ni de ce qu’il se passe après. C’est même plutôt excitant, tu ne crois pas ? Enfin, je ne suis quand même pas pressée de passer l’arme à gauche, hein. Y’a quand même pas mal de trucs à faire encore. Surtout en ce moment. »

Elle rit en cœur avec Felicity à la chute de son explication.

« Et alors, qu’est-ce qu’on doit inviter aujourd’hui pour se réconforter ? Des nouveaux dieux ? Le seul dieu auquel je crois s’appelle Netflix. »

La brune hocha la tête à la question de l’historienne. Oui, de la curiosité. Ce n’était rien de plus que de la curiosité.
Elle parut un instant éberluée lorsque la biologiste tenta de deviner sa team et sa question ironique la dérida. Elles baissèrent toutes les deux le ton lorsque des mauvais regards provenant des travailleurs les assassinèrent.

« C’était une blague ! » tenta-t-elle de se justifier en pouffant encore à moitié. « Bien sûr que tu es GAIA. Cette équipe te va à merveille. Même si l'idée de t'imaginer en déesse aztèque sanglante est plutôt séduisante. »

Elle était sincère. Le calme et la réflexion sereine de Felicity étaient des qualités requises et très appréciés de la team la plus discrète du Darwin’s Game. Et il ne faisait aucun doute que la spécialiste arrivait sans mal à tirer son épingle du jeu.
Sentant qu’elle ne souhaitait pas s’étaler plus sur les raisons de son inscription, Elizabeth ne poussa pas plus loin.

« Désolée pour ton amie, » lui dit-elle tout bas.

Ni condoléances –trop religieuses- ni rien de plus.

« Les sciences n’ont rien à voir là-dedans. Ni même les maths d’ailleurs. Je le regrette, crois pas. Tout serait beaucoup plus simple si on pouvait tout expliquer avec une formule. »

Elle papillonna des cils lorsque Felicity lu dévoila son pseudo, tentant de l’assimiler avant de jeter l’éponge.

« Itza, donc. Je ne vais même pas essayer de le prononcer, tu te moquerais ! »

Elle haussa les sourcils lorsque la jeune femme devina son équipe, mais n’en fut pas réellement surprise.

« Je suis si facile à lire que ça ? » soupira-t-elle, faussement déçue. « Tu ne m’as, même pas une seule seconde, imaginée ESHU ? Mais oui, tu as raison, je suis bien ATOM. Quant à mon petit nom, tu pourras m’appeler Jekyll, si on se croise. Comme mon nom de famille est Hyde, la référence me faisait rire… Malheureusement, je n’ai rien d’une savante folle. Enfin, je crois. »

Un air mutin dansa sur ses traits alors qu’elle finissait de prononcer sa phrase, laissant planer le doute quelques secondes.

Autour d’elles, la bibliothèque universitaire se vidait petit à petit et le brouhaha des pages tournés mourut à mesure que la nuit avançait.





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MessageSujet: Re: La toile qui relie les âmes | Felicity   Dim 13 Nov - 0:25

“Qui trouve un ami, trouve un trésor.”
L’Historienne était une femme passionnée, entière et qui pouvait parler de son sujet de thèse pendant des heures. Elle était intarissable et n’arrêterait probablement jamais de défendre cette civilisation perdue. Il y avait encore tellement à apprendre, à savoir, tellement de choses ont été perdues que certains fragments resteront à jamais dans l’oubli. Felicity avait pourtant espoir qu’un jour ils pourraient savoir les derniers secrets des Aztèques. La culture moderne, l’histoire de leurs ancêtres ne connaîtraient jamais cette tragédie. Il y avait des écrits, bien trop. Les réseaux sociaux aujourd’hui, les blogs, les forums permettent à quiconque de s’appeler écrivain, historien. On prend pour argent contant ce qu’on lit. On suit les auteurs que l’on aime, on s’embrase en lisant leurs mots, on s’insurge, on pleure, on vit. Felicity était partagée, n’importe qui pouvait écrire n’importe quoi. Être derrière un écran : ce n’était pas être brave. La modernité donnait la parole à ceux qui ne l’auraient jamais prise. Si parfois cela est un mal pour un bien, cela est généralement le moyen le plus aisé pour la haine de véhiculer dans la société. L’homme était un loup pour l’homme et aujourd’hui avec DG cela était encore plus vrai.
S’excusant, elle comprit rapidement qu’elle avait délié sa langue. Elle parlait encore et encore ce qui fit sourire son amie. Quand ce n’était pas une, c’était l’autre. Felicity était toujours heureuse d’écouter son amie. Elle n’était pas une férue de la science, ou des maths pourtant, elle devait reconnaître que dans l’Histoire : il était difficile d’ignorer l’influence de ces deux domaines. Ils étaient tous étroitement liés.

« Oui, c’est ça ! Chacun contribuait à son échelle ou par sa vie. »
Elle hausse les épaules : « J’aimerais avoir ton avis… Je suis convaincue qu’il n’y a rien. »

C’était triste. Cela ne l’effrayait pas. Au contraire. Elle était désireuse d’avoir un peu de silence, de repos. Ne plus souffrir, ne plus sentir son cœur lourd dans sa poitrine, ne plus se sentir asphyxiée. Malgré la gravité du sujet : elle se joint à son rire.

« Je dirais juste de profiter de bons moments avec des amis, rire, vivre tout simplement. C’est le plus bel hommage qu’on peut faire à l’espoir et à des lendemains meilleurs. Netflix du coup ne peut faire qu’aider ! »


Le sujet du jeu ne met pas de temps à arriver sur le tapis. Curieuse, elle demande à Elizabeth la raison derrière son inscription. Tous les joueurs en avaient une. Leurs voix se baissaient au fur et à mesure des confessions au cas où des oreilles un peu trop curieuses souhaiteraient avoir quelques miettes de la conversation. Ses joues rougissent quand Lizzie affirme que l’idée d’elle en déesse aztèque sanglante est plutôt séduisante. Elle se racle même la gorge : peu habituée à des compliments… De la part de quiconque. La joie est de courte durée, elle hoche la tête pour remercier son amie de ses condoléances.

« Parle pour toi ! J’y comprendrai rien, je serais obligée de te garder constamment près de moi pour être illuminé de ta lumière ! » La GAIA retrouve son rire : « Jamais je n’oserais faire une telle chose ! » Elle n’avait pas choisi le prénom le plus facile à prononcer. Même dans son équipe on la surnommait Itzapapalotl. Elle hoche la tête : « Non… Tu es bien trop intègre pour être avec ces sans honneurs. » C’était une évidence pour elle. « Dr Jekyll and Miss Hyde ! Ça sonne bien n’empêche ! T’es réellement un génie ! C’est bien trouvé ! » La brune en rit : « Si un jour tu deviens une savante folle, tu devras trouver un Igor digne de ce nom comme complice de crime ! »

Felicity regarda autour, elle remarquait que les tables se vidaient. Elle jeta un rapide coup d’œil à sa montre et remarqua l’heure :

« Je vais rentrer je pense, j’ai encore quelques cartons à faire. »
Elle avait décidé de déménager chez les Rotschild. « Même si passé une nuit ici, entre les livres et les mots ne me déplairaient pas » Elle ne peut pas empêcher son regard de s’attarder sur les étagères : « La vie semblait plus simple avant mine de rien, il n’y avait que les études, apprendre encore et encore. Ou bien est-ce qu’on a enfin été touché dans notre sphère de confort ? Pour réaliser que les problèmes ne sont pas seulement dans des contrées lointaines, mais peuvent rapidement arriver chez nous. » Elle regarde Lizzie en coin : « Tu me feras lire ta thèse une fois finie ? » Demande-t-elle en terminant son thé et en commençant à ranger ses affaires.
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The past cannot be cured. Fear not, we are of the nature of the lion, and cannot descend to the destruction of mice and such small beasts.



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