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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 it's where my demons hide (BRYAN)
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MessageSujet: it's where my demons hide (BRYAN)   Sam 3 Sep - 1:09
it's where my demons hide


Le thermomètre indique un joli vingt-trois degrés et pourtant, une jeune femme marche dans la rue, les mains enfouies dans les poches de sa veste en jean, le nez camouflé par une écharpe d'une autre saison. Il n'y a nul doute possible, elle est déjà enrhumée à l'aube de Septembre. Comme ci ses défenses humanitaires avaient prit congé, Erin Whitaker est abattue par la fatigue qui de plus est, s'accentue avec ce rhume. Elle n'a pas beaucoup dormi de la nuit, une nuit partagée entre cauchemars et connexions sur le Darwin's Game. Pourtant, il faut bien gagner son pain et alors que d'habitude, la jeune femme est enjouée à l'idée de rejoindre la boutique, aujourd'hui elle n'a qu'une envie : fuir et se cacher sous les draps, dormir des années s'il le faut. Se reposer, oublier. Oublier les images sanguines qui la tourmentent, oublier la situation de Chicago, oublier les morts et oublier la peur. Mais la fleuriste n'est plus naïve depuis longtemps, alors en tournant la clé de la boutique de fleurs, elle accepte tristement son sort, entre dépendance, faiblesse et tout le malheur de cette ville, qui sombre doucement, mais surement.

Il est presque onze heures et les rayons du soleil caressent les milliers de pétales colorées et parfumées de la boutique. Alors qu'ils devraient être quatre à tenir le magasin, Erin se retrouve seule, si on ne compte pas la collègue dans l'arrière boutique, enfermée là-dedans depuis presque une heure. Erin ne veut même pas savoir ce qu'elle fait, elle le sait déjà, ayant remarqué la tatouage ATOM qu'elle arborait à la naissance de ses reins. Le regard posé sur un bouquet de tulipes rouges, la tête dans une main, un coude sur le comptoir, la blonde sursaute brusquement quand la clochette à l'entrée retentit. Après un instant de stupeur, la fleuriste reprend ses esprits pour se concentrer sur son client. Oh, elle le connait assez bien désormais, régulier, chaleureux, elle avait presque oublié que c'était la semaine où il passait. La femme redresse d'un geste habituel le badge qui porte son prénom sur la pochette de sa chemise et tente d'offrir son plus beau sourire. Elle a pourtant de plus en plus de mal à faire croire que c'est la grande forme, qu'elle se porte à merveille et qu'elle est toujours si enthousiaste quand un client arrive dans sa boutique. "Bonjour Mr. Lithe ! Belle journée, n'est-ce pas ?" Sur ces mots, elle renifle, la gorge est enrouée et ses yeux bleus certainement rougies. Elle n'ose même pas penser à l'allure qu'elle doit avoir et quitte son siège pour rejoindre son client. Mais tout se passe trop vite quand le bassin d'Erin percute un vase. En moins d'une seconde, le fracas du verre s'ensuit de morceaux brisés sur le sol, de trois orchidées éparpillées et d'eau qui coule sur le carrelage. "Mer.. C'est pas vrai... Je suis désolé !" Mais au lieu de réagir, Erin s’affaisse sur le comptoir, le front dans une main, la lèvre tremblante. Plus rien ne va et il semblerait que la Whitaker doit renoncer au déni : son calme et sa stabilité ont décidément volés en éclats pour laisser place au chaos. Telle est la dure loi de Darwin's Game.

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MessageSujet: Re: it's where my demons hide (BRYAN)   Sam 3 Sep - 22:14
It's where my demons hide
Bryan & Erin



Les Anglais disent "La mort ne consulte aucun calendrier". Pourtant, mes morts ont une date, le 23, pour vous, c'est un jour que vous verrez chaque mois, parfois ça sera un jour de la semaine comme un autre, ou peut être un jour de congé, de vacance, de week-end. Certains seront joyeux, d'autres tristes, les miens seront tristes à jamais, les démons ne dorment jamais, les miens me maintiennent éveillé. Un mort que l'on oublie est mort deux fois, je ne suis pas superstitieux ni très croyant, je ne pense pas qu'ils me regardent de là-haut, et si c'est le cas, j'espère qu'ils ne sont pas trop déçus. Le 23, pour moi, est un jour de recueillement, où la tombe de mes parents devient un petit sanctuaire, l'espace de quelques minutes, où je passe dans la même boutique florale, toujours la même, qui me conseille toujours le même bouquet, que j'apprécie toujours.

À vrai dire, la journée commençait dès le 22 au soir, la nuit liant les deux jours étant rarement reposante, les yeux grands ouverts à tourner dans ce grand lit à deux places, avec ses draps froids. La maison était vide, comme d'habitude, habitée par ce brouhaha silencieux qu'émettaient mes battements de cœur et ma respiration nasale. Pourtant, à l'intérieur de mon crâne se jouait un festival de voix et de souvenirs, repensant vainement à mes parents, leurs visages, leurs tics, les bêtises qu'on a faites, dans un miasme fantomatique. 23H à 5H, 6 heures à rester béat, les yeux près à fondre en larmes, la poitrine compressée que je décide de faire quelque chose de constructif, l'ordinateur portable en main, installé dans le canapé, le travail commence, dans un monde qui ne dort jamais, celui de la comptabilité informatique. Un œil dérivant doucement sur l'horloge me ramène doucement vers la réalité, le rituel doit continuer, 10H n'allaient pas tarder, se préparer, aller chercher des fleurs, se rendre sur la tombe, puis manger.

Les secondes continuaient de s'écouler tandis que je prenais ma douche, rien d'incroyable me direz-vous, du moins rien qui demande un écrit, après tout, tout le monde se lave, quotidiennement, non ? Du moins, j'espère... L'étape suivante est plus intéressante et moins commune cependant, taillage millimétré de la barbe, finition au coupe-chou pour que celle-ci soit impeccable, la coiffure devait-elle aussi parfaite, rien n'était laissé au hasard, le moindre cheveu devait être dressé, aucun rebelle ne sera toléré dans les troupes d'aujourd'hui, là où des exceptions auraient été faites même pour un rendez-vous galant. Une chemise bleu-ciel pour un ensemble de costume marron, une cravate rouge, la montre adéquat, me voici prêt. La voiture m'attend, impeccable elle aussi, l'avantage d'avoir un parking privatif clos, de toute manière, ce n'était pas Chicago qui allait salir la voiture, du moins, pas si je la conduis, la laisser à la vue de tous était un autre problème, la sécurité de la voiture n'était plus garantie. Le doux ronronnement de la voiture lorsque mon pied appuya sur l'accélérateur m'arracha un sourire malgré la mélancolie lié à ce jour.

C'est donc au volant de la mustang, que je me dirigeais vers la prochaine étape, oui, vous avez deviné, les fleurs. C'est donc devant que je garai la voiture, le créneau n'était pas complexe, il n'y avait pas foule devant, comme dans la boutique, à ma plus grande joie, je n'aime pas attendre pour des raisons stupides. Onze heures à ma montre, je pousse doucement la porte de la boutique, la clochette maintenant si familière retentit, le rituel peut continuer.

"Bonjour Mr. Lithe ! Belle journée, n'est-ce pas ?"


La fameuse hypocrisie sociale qu'à toute personne envers son client, en même temps, j'étais un client fidèle et régulier, qui pourrait en vouloir à une personne qui vient tous les mois vous prendre de la marchandise ? Personne, bien au contraire, le marchand est très heureux de ce fidèle client, et aimerait le garder le plus longtemps possible. Je ne pourrais pas lui en vouloir pour cela, même si je le voulais profondément, elle ne fait que son métier. Mais avant que les mots ne puissent sortir de ma bouche, la femme se lève, percutant de son bassin un vase de fleurs, je n'y connaissais rien en fleur, je ne le cacherais pas, je savais cependant que je venais pour des chrysanthèmes, c'est la saison et cela n'en était pas. L'eau venait lécher la surface du carrelage, agrandissant lentement, mais sûrement sa zone de répartition, des bouts de verres, du bruit de l'eau, rien d'incroyable, d'effroyable ou d'insurmontable, et pourtant, la réaction de la blonde était plus qu’inapproprié à cette situation qui devait sûrement être à la limite du courant.

"Mer.. C'est pas vrai... Je suis désolé !"

Une main couvrait son front, ses lèvres tremblaient, et maintenant que je le remarquais, elle reniflait d'un nez un peu bouché, celui-ci était légèrement rouge, un rhume sans doute. Des cernes sous ses yeux m'indiquaient aussi de la fatigue, elle faisait surement elle aussi parti du club des "nuits courtes pas très agréable". J'étais pris de sympathie pour elle, vu que nous étions plus ou moins dans le même cas, un peu de pitié aussi, mais il ne faut sûrement pas le dire, cela pourrait énerver certaines personnes. Cependant, le problème ne venait que de commencer, une bonne femme sort alors de l'arrière de la boutique, brayant au possible
"Erin ! Qu'est-ce que t'as foutu !"
Elle se rapprochait alors de la scène du crime, me voyant, à coté de l'incriminé
"Je suis vraiment désolé M. Lithe, le problème ne se..."

C'est ici que je la coupais net, j'ai horreur des gens qui crient pour rien, la situation est banale. Banal à souhait, elle ne demande en aucun cas des cris des dramas ou quoi que ce soit, juste une pelle et un balai pour retirer les débris, un nouveau vase et de l'eau pour les plantes, et une serpillière pour enlever l'eau. En 3 min c'est torché bordel.

Le problème ? Je n'en vois aucun, Erin était sur le comptoir lorsque j'ai heurté malencontreusement le pot de fleurs qui est maintenant au sol, voulant aussi le vase, elle réfléchissait simplement à un vase semblable afin que je puisse en faire l'acquisition. Pourriez-vous cependant éviter de crier, j'ai mal à la tête, le son trop fort n'arrange rien, au contraire.

Mes paroles voulaient dire "ferme ta gueule grognasse", mes yeux disaient "je vais te tuer", ma main sur l'épaule de la blonde se voulait réconfortante et protectrice.

Je m'excuse pour les dégâts cependant, je paierais pour la charge de travail supplémentaire et le vase
La phrase en elle-même n'avait aucun intérêt, ça voulait juste dire "va voir ailleurs", elle l'a très bien compris d'ailleurs, vu qu'elle rentrait d'elle même dans l'arrière boutique. L'argent, le costume donnant le pouvoir social, le fait que j'étais un habitué, tout ceci me permettait d'être roi, et la boutique était mon royaume, je pouvais ainsi disposer de mes sujets et de ses biens à ma guise.

Mes azurs rentraient en contact avec les céruléens de la blonde, les yeux étaient tous légèrement injectés par le sang, le dessous légèrement noirci par les cernes, à la seule différence, elle était malade, mes voix nasales et buccales, elles, se portaient parfaitement bien.

J'imagine que ce n'est pas de l'eau, un vase brisé et des fleurs au sol qui vont ont mis dans cet état, pourtant, il vous faut garder la tête froide. Si je peux vous aider de quelconque façon, dites-moi, Erin.

La voix se voulait calme, rassurante, elle était basse dans le but d'être apaisante, ma main était toujours sur son épaule, mes chaussures étaient légèrement humidifié dû à l'eau qui continuait de s'étendre, c'est fou l'eau qu'il peut y'avoir dans un si petit vase. Mettre le prénom dans la phrase rajoutait de la proximité et de l'intérêt, je ne pouvais pas la tutoyer, même si j'avais voulu, après tout, elle m'appelle par mon nom de famille, elle dit même monsieur bien que l'on ait sensiblement le même âge. La fin n'était que pure fantaisie et poudre aux yeux, cela m'attristait juste de la voir dans cet état, après tout, je passe tous les mois ! Pourtant, quelque chose me disait que ces mots allaient avoir un tout autre sens pour elle.
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Dernière édition par Bryan Lithe le Sam 17 Sep - 23:09, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: it's where my demons hide (BRYAN)   Sam 17 Sep - 0:56
it's where my demons hide


Et là, le hurlement à taper la crâne de la blonde dans tout les sens. Erin serre les poings, les phalanges se blanchissent. De quel droit ? Comment cette absente se permet de critiquer de quelque sorte possible sa collègue qui elle se mène seule au comptoir pour le même salaire ? Le poing sur la figure, c'est tout ce que la Whitaker rêve. Elle, auparavant si douce, réfléchie, souriante à les nerfs qui lâchent et le jeu en est la principale raison. Mais trop fatiguée, usée, émiettée, Erin n'en fera rien. "Le problème ? Je n'en vois aucun, Erin était sur le comptoir lorsque j'ai heurté malencontreusement le pot de fleurs qui est maintenant au sol, voulant aussi le vase, elle réfléchissait simplement à un vase semblable afin que je puisse en faire l'acquisition. Pourriez-vous cependant éviter de crier, j'ai mal à la tête, le son trop fort n'arrange rien, au contraire. " Ces mots lui font relever la tête, le regard azur, rougi, presque larmoyant, se pose sur son client. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il prenne sa défense, la bonté est devenue qualité rare ces derniers temps. L'égo, toujours l'égo, les yeux rivés sur le smartphone et peut-être la paranoïa qui vous dicte de faire vos petites affaires en public rapidement et d'au plus vite, se renfermer chez soi, à double clé, pour jouer et oublier. A moins que Monsieur Lithe n'éprouve que de la pitié pour la poupée en porcelaine qu'est devenue Erin : fragile, fragmentée, faible. Mais les derniers mots du jeune homme lui arrache un sourire, le ton sarcastique qu'il prend lui va à ravir et en une seconde, la collègue devient muette. Erin sursaute légèrement quand la main se pose sur son épaule, n'étant plus trop habituée aux marques d'affections quelconques, même les plus anodines qu'ils soient. Comme celle-ci. Elle ne le repousse pas, au contraire. L'irritable et irritée collègue retourne à ses occupations qui lui mériterait d'être virée sur le champ. Erin reprend légèrement ses esprit et se redresse. Elle a beau avoir les jambes mouillées à cause du malheureux accident, elle semble l'oublier et laisse -pour le moment- les dégâts là. Elle se pose sur sa chaise de bureau, bien consciente qu'il ne sert plus à rien de feindre la parfaite forme entre les reniflements agaçants et la pression qui se ressent.

"J'imagine que ce n'est pas de l'eau, un vase brisé et des fleurs au sol qui vont ont mis dans cet état, pourtant, il vous faut garder la tête froide. Si je peux vous aider de quelconque façon, dites-moi, Erin." Un autre regard se pose sur le visage sérieux de son client et tout ce à quoi elle pense, c'est qu'elle ne sait pas quoi en penser. Rares sont les clients aussi aimables, quand on sait que certains auraient hurlé pour l'accident arrivé quelques secondes plus tôt et quitté la boutique sans plus jamais remettre le pied dedans. Elle ne connait pas le brun plus que son goût pour certaine fleur et le peu d'importance qu'il met dans le prix des fleurs qu'il achète, à en conclure qu'il à soit un boulot bien rémunéré, soit la personne à qui la tombe est fleurie est très importante. Ou éventuellement, les deux. Ce client qu'elle connait depuis des mois et des mois, elle ne connait même pas son prénom, tel est le fonctionnement de son métier. Jamais d'indiscrétion, toujours cette barrière entre client et vendeur. Pourtant, il se montre particulièrement attachant, cela d'une certaine manière, son costume ne laissant pas oser à Erin se permettre de croire qu'ils peuvent facilement franchir cette barrière et devenir amis. Les riches et les bourgeois, la Whitaker a toujours eu cette tendance à les éviter. Elle même gosse de riche, elle a du se battre pour faire exploser les barrières et devenir celle qu'elle voulait, fleuriste à l'âme artistique, portant peu d’intérêt à la gloire et l'argent. Pourtant, elle n'est pas pourtant construite sur des préjugés et sait bien que les bien friqués ne sont pas tous des humanoïdes sans cœurs, exécrables, arrogants et radins. "Ce ne sont que des fleurs, après tout". Un mince sourire se dessine sur son visage alors qu'elle était prête à fondre en larmes auparavant. Plus instable émotionnellement que jamais, elle souffle un coup, bois un peu d'eau dans la bouteille posée sur son bureau. "C'est vrai. Ce n'est pas la grande forme... Mais ne vous en faîtes pas pour moi. C'est le contexte actuel, et ce rhume interminable. On est tous un peu à cran, vous ne trouvez pas ? Comme cette vipère au fond de la boutique. Un exemple concret !" Elle sourit, rigole, mais n'en pense pas moins. Remonter la pente dans de telles conditions n'est pas une affaire facile et Erin ne sait pas du tout comment s'y prendre. Parler, certainement, était déjà un pas. Or, elle ne savait pas si Monsieur Lithe était la bonne personne pour cela et que peut-être il se montrait réconfortant par pure pitié. "C'est gentil, tout ce que vous dîtes. Merci" Un mot soufflé, sincère. Cela faisait du bien, de recevoir, enfin, une proposition d'aide, infime soit-elle. "Je ne connais même pas votre prénom..." Une phrase qu'elle ne prononçait jamais dans son métier, sauf aux enfants qui venaient acheter un bouquet pour leur mère. Une sorte de confiance innée, aveugle, qu'elle donnait en son client. Mais le besoin présent de recoller avec l'humanité.

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MessageSujet: Re: it's where my demons hide (BRYAN)   Sam 17 Sep - 23:07
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"Ce ne sont que des fleurs, après tout" disait-elle passant des yeux humides et tristes à un sourire qui semblait sincère. Je la regardais, prendre une gorgée de son eau comme s'il allait être un remède à son état émotionnel changeant, à son rhume rendant son nez flamboyant. Sombre reflet d’un miroir autrefois étincelant, brisé par des raisons aussi obscures que le visage qu’elle montrait quelques minutes auparavant. Brisée, c’était le mot qui la décrivait le mieux, elle avait déjà un pied dans le vide, j’avais le choix de la laisser là, de la pousser, ou de la faire revenir sur la falaise, à regarder ceux qui sont tombés et qui ne sont pas remontés. Aveuglés par nos larmes, on en devient des pions, le sort s’acharne au fond, telle une opinion, tout ce qu’on demande, c’est un peu d’aide, quoi que ce soit pour sortir de là, et le monde nous observe, d’un œil sans nom, d’une voix sans son. Nos amis, ils ne sont plus ici, ils ne sont là que pour les moments de joie, des moments de réussite, et toi, quand tu as besoin d’eux, les voici disparus, envolés, comme s'ils n’avaient jamais existé.

Je réfléchis, j’inspecte, je m’interroge, je rétrospecte. Qu’ai-je à gagner à aider une inconnue, quand moi-même, j’ai besoin d’aide, peut être plus, peut être moins, au final ça ne change rien.

"C'est vrai. Ce n'est pas la grande forme... Mais ne vous en faîtes pas pour moi. C'est le contexte actuel, et ce rhume interminable. On est tous un peu à cran, vous ne trouvez pas ? Comme cette vipère au fond de la boutique. Un exemple concret !"


Oh non, elle n’avait pas besoin d’une main, elle avait besoin d’une oreille, d’une épaule éventuellement, mais pas d’une main. Gagner quelque chose n’est pas forcément une priorité, mais ne rien perdre en est une, à donner de l’importance aux choses, on en souffre lorsque l’on s’en sépare, j’étais si bien derrière ma petite prison glaciale, tout ce que j’avais à faire, c’est de ne surtout pas en sortir, à regarder, comme derrière un écran, ces gens qui m’ignorent complètement, qui ont autant à faire de mon existence que j’ai quelque chose à faire de la leur qui me semble sans importance. Même si nous sommes loin de l’accointance, pourquoi devrais-je faire plus que j’ai déjà fait ?

Car je sais mieux que quiconque ce que c’est la douleur de n’avoir personne, de cette demande de réconfort qui peut nous être inconnue même dans la mort. Cette envie de pleurer, de blâmer le sort, et tu te retrouves avec toi-même, en introspection, à accuser un univers dénué de toute sensation si ce n’est celle, qui te fait peur à perdre la raison. Pression sociale te poussant à aller, quoi qu’il arrive au travail, privé de motivation tu sombres petit à petit, dans ce néant infini nommé dépression. Tu peux en vouloir à la conjoncture, au mauvais sort, au karma, crois-moi rien ne changera, tout ce dont tu as besoin, c’est d’un petit quelque chose, un petit coup de pouce du destin qui te ferait sourire l’air de rien. Enfant d’un peuple sourd, tu demandes à ce qu’on vienne à ton secours, tu peux fermer les yeux la vie suivras son cours, pourtant, tu souhaiteras ne pas être pris de court, courir, tu ne fais que ça, poursuivis par des démons invisible, indicible qui te hantent en ton antre, te pourrissant de l’intérieur et bientôt, tu seras des leurs, tu regarderas les autres de haut, au lieu de les aider comme tu l’as tant souhaité.

Et si je n’avais pas envie de ressembler à ces moutons, si j’ouvrais les portes de ma prison, être cette oreille dont elle a besoin, de toute façon, ça ne me coûte rien, et ça ne changera rien à ce quotidien, frustration, exaspération, expiation, de choses que l’on aurait dû faire, chimère idyllique à tendance utopique, on te dit qu’il faut mieux vivre de remords que de regret. Pourtant, tu regretteras d’avoir des remords.

Un merci, un sourire, n’est-ce pas ce qu’on peut déjà appeler une motivation ? Arracher un sourire à quelqu’un en dépérir, c’est un exploit en soit, et puis elle qui d’habitude est si enjouée, ne pourrais-je pas l’aider à retrouver ce bonheur oublié.

"Je ne connais même pas votre prénom..."


Un sourire aussi perce ma profonde couche glace, difficile de ne pas se mettre à sa place, inconnu jouant les chevaliers déchus, son nom ne sera pas retenu ni dans les livres, ni dans l’histoire, pourtant, c’est lui qui écrira l’espoir, pendant une semaine, un mois, un an, c’est plus que suffisant.

« Je trouve bien trop amusant le fait que nous nous vouvoyons et que vous m’appeliez M.Lithe, alors que nous avons sensiblement le même âge. Donner mon prénom m’enlèverait ce petit plaisir, outre le fait de vous voir sourire habituellement. Si vous me les enlevez tous, je ne vois pas pourquoi je reviendrais aussi souvent dans cette boutique. »


Sais-tu seulement à quel point tu ne sais pas ?

« Si vous tenez tant à le savoir, je vous propose un déjeuner, une fois que vous m’aurez donné ce que j’étais venu chercher, même si votre nez pourrait vous empêcher d’apprécier la nourriture à sa juste valeur, au moins aura-t-il la faculté de vous changer les idées, et il me semble que vous en avez grand besoin. »

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MessageSujet: Re: it's where my demons hide (BRYAN)   Lun 31 Oct - 2:01
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Qu'est-ce qu'elle espérait, au fond d'elle-même ? Ah, l'espoir, cette chose plus forte que la peur comme disent certains. Or, l'espoir, il était mort pour Erin, Erin de nature pourtant si optimiste, le sourire toujours accroché sur le visage, illuminant sa mâchoire. Oui, Erin, cette même Erin qui est devenu ce fantôme du passé. L'espoir s'est fait écrasé par la peur et est dorénavant venu le temps des regrets.
Mais dans ce sourire franc que lui rendait son client, elle osait espérer. " Je trouve bien trop amusant le fait que nous nous vouvoyons et que vous m’appeliez M.Lithe, alors que nous avons sensiblement le même âge. Donner mon prénom m’enlèverait ce petit plaisir, outre le fait de vous voir sourire habituellement. Par ces mots, la fleuriste était quelque peu interloquée. Et cette façon de si bien parler, d'usant de styles complexes linguistiques, un truc proche aux bourgeois, se disait-elle, la faisait bien rire intérieurement. Si vous me les enlevez tous, je ne vois pas pourquoi je reviendrais aussi souvent dans cette boutique. Si vous tenez tant à le savoir, je vous propose un déjeuner, une fois que vous m’aurez donné ce que j’étais venu chercher, même si votre nez pourrait vous empêcher d’apprécier la nourriture à sa juste valeur, au moins aura-t-il la faculté de vous changer les idées, et il me semble que vous en avez grand besoin." Les sourcils de la jolie blonde se froncèrent instantanément, examinant la situation, malgré la fatigue extrême et les nerfs qui flanchent. L'un de ses plus fidèles clients avec qui elle se cantonnait à de la pure et simple courtoisie teintée d'une réelle appréciation pour Mr. Lithe, lui proposait de déjeuner dehors, parce qu'il avait vu sa détresse, son besoin de prendre l'air, de se vider la tête et bouleverser ses habitudes. Il y eu alors un petit vide, un silence, même si Erin n'avait pas vraiment à réfléchir à deux fois. Sans trop savoir pourquoi, la Whitaker mourrait d'envie de s'en aller manger de plus est avec ce grand brun. "Oh ! Avec plaisir, ça ne se refuse pas." Elle glissa une mèche blonde derrière son oreille avant de jeter plusieurs coups d’œils sur les fleurs de sa boutique, se rappelant soudainement pourquoi Mr. Lithe, dont elle ne connaissait toujours pas le prénom, était venu ici. Sans ajouter un mot, elle se dirigea vers un bouquet de chrysanthème orangées. Elle prit cette fois la prudence de ne rien renverser, s'occupa comme à son habitude de soigneusement l'emballer dans un beau papier bleu turquoise, presque transparent. Machinalement encore, elle prit entre ses doigts l'argent que lui tendait son fidèle client, l'encaissa et releva enfin ses yeux azurées sur le visage de Mr. Lithe, comme un rappel à la réalité, à l'humanité. Après avoir éternué, encore et encore, elle s'empressa d'aller chercher sa veste et sa grosse écharpe. Elle ne voulait pas prendre la peine de prévenir sa collègue qui de toute façon n'en aurait rien à faire de son départ, si seulement elle allait le remarquer. "Guidez moi, Mr. Lithe."

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