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 REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar
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MessageSujet: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Dim 18 Sep - 22:14

kairos & purplehaze
reached the wrong ends
by the wrong means
Furieux, il était rentré chez lui sans daigner porter la moindre attention au chemin du retour pour se précipiter devant son ordinateur, prenant simplement la peine de jeter ses clés sur un meuble avant de s'y installer. Il était sur le point de se connecter au jeu lorsqu'il se ravisa, passant plusieurs minutes à fixer son écran avant de se lever et d'attraper une cigarette pour tenter d'atténuer sa colère et son dégoût. Au fond, il était inéluctable qu'Edgar finisse par perdre une de ses dix vies tôt ou tard et c'était déjà un miracle qu'il ne se soit pas fait écorché vif par l'ours sur lequel ils étaient tombés la dernière fois qu'ils s'étaient croisés dans le jeu, une grâce divine qui n'avait malheureusement pas touché Jacob. Mais la façon dont il avait perdu cette première vie était tout bonnement répugnante. Empoisonner quelqu'un qui venait de déloger une balle de sa chair, ce n'était pas très glorieux mais soit, c'est le jeu : l'éthique, le respect et les valeurs morales ne sont pas de mises pour tout le monde et si l'on est trop bon, on finit par le payer de manière amère. C'est bien pour ça que l'inscription d'Edgar l'avait tant gêné, en dehors du fait que son ami lui avait avoué que s'il s'était inscrit, c'était en partie pour le suivre. Le chef d'orchestre était trop généreux et droit pour parvenir à survivre correctement dans un monde pareil bien qu'il soit difficile de lui reprocher d'avoir agi ainsi lorsqu'il ne faisait que tendre la main à un vieil ami en position difficile et que l'on voit dans quel état l'issue de cette retrouvaille l'avait plongé. C'est bien ce qui rendait le tout méprisable : ce n'était pas qu'un simple joueur lambda qui avait abusé de sa gentillesse pour le poignarder dans le dos mais quelqu'un qu'il connaissait depuis plusieurs années, quelqu'un qu'il avait déjà tenté d'aider par le passé. Edgar n'était pas rentré dans les détails mais son récit avait suffi à énerver Jacob contre cette ordure dont il connaissait alors que le prénom. Un caho avec un masque à gaz, une information qui l'avait à peine fait tiquer sur le moment mais qui avait suffi à saisir son intérêt suffisamment pour que le rouquin pousse l'atom à décrire cet « ami » à la lame empoisonnée, juste au cas où. Les poignards empoisonnés et les masques à gaz ne sont pas assez rares pour pouvoir identifier directement leur possesseur mais les deux cumulés étaient moins communs, en particulier chez un caho en général plus friand des explosifs que des poisons. Quand Edgar lui avait parlé de ces deux éléments caractéristiques, son esprit avait immédiatement pensé à son coéquipier eshu, non pas parce qu'il pensait qu'il s'agissait de lui mais simplement parce que cela correspondait à son équipement caractéristique. Purplehaze avait refusé ne serait-ce que d'envisager de le laisser avec sa jambe déchirée dans le motel miteux où ils s'étaient aventurés alors qu'ils n'étaient que deux personnes appartenant à la même team, faisant régulièrement équipe et s'entendant certes assez bien mais sans être pour autant de vieux amis, ce qui dénaturait quelque peu avec l'idée qu'il puisse tuer un ancien proche lui étant venu en aide. Toutefois, alors qu'Edgar continuait de lui donner des détails sur l'apparence physique du prétendu caho sous ses questions pressantes, force était de constater que l'image de Purplehaze se faisait de plus en plus forte dans son esprit jusqu'au point où il était presque certain que lui et Reinar ne faisaient qu'un. C'est pas un caho. avait-il fini par siffler avec venin avant de s'énerver véritablement contre un homme qui n'était même pas présent dans la pièce.

Jacob avait fini par s'installer à nouveau devant son ordinateur, toujours incertain quant à ce qu'il voulait faire. Il voulait confronter son coéquipier mais pour dire quoi ? Est-ce qu'il avait même le droit de dire quoi que ce soit ? Beaucoup lui diraient que c'est le jeu, que c'est courant et qu'il devrait simplement être content que ce ne soit pas lui qui ait perdu une vie aussi naïvement. Que ce n'était pas à lui de s'énerver ou de reprocher quoi que ce soit à quiconque, que ça ne le regardait pas. Peut-être bien mais l'envie de s'en prendre à Purplehaze était trop forte. Alors il s'était connecté, sans avoir la moindre idée de ce qu'il attendait de cette altercation qu'il désirait tant, et l'avait attendu dans le quartier général. Impatient, il avait déambulé dans les couloirs jusqu'à ce qu'une affaire relative aux crieurs demande son attention, une attention minime et difficile, durant une trop longue période à son goût. Trop énervé pour se contenir, son ton sec avait fini par entraîner une dispute avec l'un de ses crieurs au sang chaud dont la tête ne lui revenait pas. Les autres avaient fini par calmer le jeu et il avait fini par les renvoyer faire leur propre vie en essayant tant bien que mal de dissimuler son agacement et son soulagement d'être enfin débarrassé d'eux, du moins suffisamment longtemps pour qu'il puisse passer devant le laboratoire installé au sein de la pieuvre mélomane pour voir si le maître-chimiste s'y trouvait, ce qui était le cas. Le regard mauvais, Jacob l'observa être occupé à préparer l'une de ses potions dont il avait la spécialité, en s'adossant silencieusement dans l'embrasure de la porte. « C'est quoi ? finit-il par demander sans annoncer davantage sa présence, se contenta d'un vague coup de tête moyennement intéressé vers ce que faisait son coéquipier. Du poison ? Il détourna alors son regard pour empoigner une fiole à sa proximité dont il observa le contenu avec un intérêt tout aussi peu prononcé que celui qu'il avait jeté au reste de la pièce. Il tenait peut-être une potion explosive entre ses doigts tout comme il pouvait s'agir d'un liquide insignifiant, en vérité, il n'en avait rien à faire. Il la reposa toutefois avec précaution sur la surface où il l'avait trouvé avant de se tourner à nouveau vers l'autre eshu, un sourire feint sur les lèvres contrastant violemment avec l'antipathie présente dans ses yeux. C'est que faudrait pas que tu finisses par en manquer, hein Reinar ? »






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Dernière édition par Jacob Fletcher le Dim 23 Oct - 13:01, édité 5 fois

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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Mar 20 Sep - 15:03



REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS


Comme un enfant désorienté, il se laisse aller contre le bord du canapé avec la nonchalance habituelle qui lui colle à la peau, la tête penchée en arrière et échouée contre les coussins, les jambes allongées sous la table basse bancale, inclinée à cause du pied défoncé. Le regard perdu dans le néant absolu, il expulse lentement de ses poumons les volutes de fumée grise et observe leur danse aérienne jusqu'à ce qu'elles meurent contre les moulures du plafond. Les volets fermés depuis plusieurs jours, il ne profite ni du chauffage ni de l'électricité, résultat de la négligence flagrante de son propriétaire qui ne se souciait pas de l'insalubrité des appartements qu'il louait. Au lieu de se battre, Reinar préférait dissoudre ses soucis dans la bière et les joints qu'il enchaînait sans modération, comme si son cas était trop désespéré pour laisser d'autres solutions s'offrir à lui. Sa seule consolation reste la compagnie de son fidèle Gadget qui lui lèche la main et le scrute de son regard affectueux et pétillant pendant qu'il lui donne une grattouille derrière l'oreille. Si seulement il était capable de parler et d'avoir une conversation intellectuelle avec son maître, ce dernier lui aurait volontiers demandé comment il avait bien pu en arriver là, plus bas que terre. Mais son mutisme était aussi devenu un avantage, depuis que Reinar ne parvenait plus à se positionner sur la même longueur d'ondes que n'importe quel être doté de la conscience de soi.

Une fois la bouteille de bière vidée, siphonnée jusqu'à la dernière goutte et le dernier joint écrasé nerveusement dans le cendrier, il balaye du regard la pièce plongée dans l'obscurité et la poussière, avant de se décider à se rabattre sur l'ultime issue salvatrice, son petit bout de paradis dévastateur. Il repousse son chien et se jette à corps perdu dans le darwin's game, une fois de plus, pour fuir cette réalité soporifique qu'il ne supporte plus. Et comme si le sort tenait à s'acharner sur lui en particulier, à peine se trouve-t-il projeté dans les entrailles de la Pieuvre Mélomane qu'il se sent submergé d'ondes négatives, comme si son instinct de survie était soudain alerté par un très mauvais présage. La sensation désagréable et inexplicable d'être traqué et observé l'étreint violemment, et réveille en lui cette paranoïa exacerbée dont il n'arrivera jamais à se défaire, ni dans la réalité, ni dans le monde virtuel. Les voix des autres Eshu se font trop fortes pour ses tympans, sa vue se trouble au milieu du petit groupe qui l'entoure, et pendant une fraction de seconde, ses sens sont décuplés et lui font perdre les pédales. Il se sent défaillir, comme si même le sol cherchait à se dérober sous ses pieds. Frappé de plein fouet par un pétage de plombs imminent, il prend la fuite par le premier couloir qu'il trouve et part s'enfermer dans son laboratoire malsain. Les récents événements ont bien trop affecté son humeur, sans qu'il accepte de l'admettre. Le geste meurtrier qu'il avait eu envers son ami Edgar, qu'il n'avait pas su contrôler, et les confrontations incessantes avec Lucilla le mettaient dans un état de névrose qu'il contenait difficilement devant ses camarades. Au lieu d'assumer, il se réfugie dans son laboratoire, se noie dans ses potions et ses parchemins démoniaques.

Paresseusement, il entame le processus de fabrication du poison foudroyant qu'il affectionne particulièrement. Il ne porte pas son masque à gaz aujourd'hui, et laisse les odeurs chimiques nocives s'introduire par ses narines et dérégler ses sens, pris soudain d'un goût pour l'auto-destruction. Ses yeux injectés de sang et incendiés par les vapeurs toxiques se lèvent alors vers l'embrasure de la porte lorsque Kairos y apparaît comme par enchantement. Ses prunelles noisettes toisent l'autre rouquin avec une pointe de questionnement, de curiosité, ne sachant déterminer la raison de sa visite. Quand bien même Kairos était son indéfectible ami et partenaire Eshu, comme les autres il ne mettait jamais les pieds ici, ils étaient tous conscients de la dangerosité du laboratoire de Purple et s'en tenaient éloignés autant que possible. Il le gratifie alors d'un sourire amical, comme pour lui signifier qu'il est le bienvenu dans son antre gangrenée. Il reste silencieux quelques instants, analysant les moindres gestes de son coéquipier qui prend la liberté de lui emprunter une fiole déposée là, à portée de main de n'importe quel fou osant s'aventurer dans la caverne du monstre. Il le laisse s'en emparer sans rien dire, bien peu de gens ont la chance qu'a cet homme-là d'avoir su s'accaparer la confiance aveugle de Reinar. Pourtant, il ne met pas longtemps avant de deviner qu'il n'est pas venu jusqu'ici juste pour lui passer le bonjour. Non, il ne perdrait pas son précieux temps en simples échanges de politesses si cela ne cachait pas autre chose de plus important.

Faudrait pas que tu finisses par en manquer, hein Reinar. Son expression se fait soudain grave, son visage parsemé de tâches de rousseur se fige au dernier mot qu'il prononce avec désinvolture. Une multitude de questions lui traversent l'esprit en même temps, beaucoup trop pour qu'il puisse tout retenir. Il se noie dans la masse d'informations, ses neurones explosent et son cerveau se déconnecte pendant quelques secondes, laissant place à un vide sidéral, un vent glacial. Entendre son nom de la bouche d'une personne qu'il n'a jamais rencontré dans la vraie vie lui fait l'effet d'un violent coup de fouet dans le dos. Il ne s'est jamais méfié de Kairos, mais il réalise que peut-être, il aurait dû être beaucoup plus vigilant. Lorsque son horloge interne parvient à redémarrer, il est soudain pris d'une toux virulente, provoquée en réalité par l'absorption de substances toxiques lors de la préparation de ses poisons. « Effectivement, ce serait problématique. » articule-t-il difficilement, tentant de garder son sang-froid et ne pas laisser paraître sa gêne. Profondément perturbé par cette nouvelle problématique, il se met en tête de découvrir comment ce type a fait pour obtenir l'information, et c'est l'image de Lucilla qui s'impose dans son esprit comme une évidence. « C'est cette folle de Vesta qui t'a donné mon nom ? Je te suggère de la prendre dans ta petite bande de colporteurs, elle a un talent exceptionnel pour les calomnies. » lâche-t-il en poussant un rire nerveux, au bord de la démence. Il se lève de son siège et repousse son matériel d'un geste nonchalant, faisant quelques pas vers Kairos pour lui faire face, la tête haute, le regard arrogant. « Je vois très bien que quelque chose te tracasse, ne sois pas timide Kairos. Abrège. » Il ne peut s'empêcher de froncer légèrement les sourcils, il fait craquer les articulations de ses doigts, laissant aisément entrevoir son impatience et son agacement.


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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Sam 8 Oct - 19:32

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Reinar. Une faible entrée en matière en comparaison de ce qu'il avait envisagé de faire plusieurs heures plus tôt mais toutefois assez marquante pour se suffire à elle-même. Il aurait pu hurler ou le frapper, mais il s'était contenté d'une allusion voilée à ce qui avait provoqué la mort d'Edgar tout en lâchant une information capitale qu'il n'était pas censé savoir. Pas en tant que Kairos qui croisait uniquement Purplehaze dans les recoins virtuels du Darwin's Game et non dans la réalité. Il n'était pas censé connaître son prénom et aussi futile cette information puisse être, il n'en restait pas moins qu'à cet instant, il en savait plus sur son interlocuteur que ce dernier n'en savait sur lui. Il avait l'avantage, aussi dérisoire soit-il, de savoir que le maître-chimiste se prénommait Reinar, qu'il connaissait Edgar et que malgré la main serviable de ce dernier, il s'était fait planter sans aucun scrupule de la part de l'eshu. Et oh comme il allait profiter de ces informations pour s'amuser un peu, avant de révéler à Reinar pourquoi il le dégoûtait à cet instant même alors qu'il le considérait encore comme un partenaire appréciable et sympathique quelques heures plus tôt. Les propos du maître-chimiste ne semblent révéler aucune gêne face à l'utilisation de son prénom à la place du pseudo qui, normalement, devait être la seule identité connue par Jacob à son propos. Cependant, il aurait fallu être stupide pour croire un seul instant que quelqu'un ne serait pas perturbé à l'idée qu'un simple coéquipier dans un jeu virtuel connaisse une partie de sa véritable identité, en particulier lorsque cette personne n'avait jamais laissé filtrer la moindre information sur son compte, pas même la plus absurde ou triviale. Jacob lui-même aurait été profondément décontenancé si Purplehaze ou qui que ce soit d'autre qu'il n'avait jamais côtoyé hors du jeu l'aurait appelé par son prénom et non par son pseudo, auquel il était temps habitué entre ces murs. D'ailleurs, Reinar ne tarde pas davantage à l'interroger sur la personne ayant pu lui donner cette infime mais précieuse information et c'est non sans étonnement de la part du crieur qui l'entend accuser Lucilla en premier, signifiant au passage qu'elle connaissait Reinar et non pas uniquement sous le pseudo de Purplehaze. Toutefois, il se retient d'afficher une quelconque surprise sur son visage et se contenta d'afficher un sourire amusé face aux suppositions du maître-chimiste, mettant de côté les reproches à peine voilés que ce dernier faisait à Vesta, trop focalisé sur Edgar et la haine qu'il avait pu ressentir face au comportement de son partenaire eshu. Toujours un sourire satisfait sur les lèvres, Jacob préféra garder le silence alors que Reinar se relevait de son siège pour se rapprocher de lui, ses propos, son rire nerveux et son attitude témoignant du fait qu'il n'avait suffi que d'énoncer son prénom pour le piquer à vif. Un prénom et rien d'autre et voilà que le dénommé Reinar venait se poster devant lui, arrogant et fier, en faisant craquer ses doigts dans une menace implicite.

Cette attitude hautaine et ces craquements suffirent à faire éclater soudainement de rire le crieur, en regardant presque Purplehaze avec pitié. Comme s'il en avait quelque chose à faire de prendre des coups, comme s'il avait peur de son ancien partenaire. Après ce que lui avait rapporté Edgar, il n'avait plus aucune estime envers le maître-chimiste alors grand bien lui fasse s'il voulait le cogner pour avoir osé prononcer son prénom sans avouer immédiatement d'où il le détenait. Le crieur n'avait pas une assez grande estime de lui-même non plus pour craindre les coups d'autrui et vouloir se protéger à tout prix. S'il évitait les combats lorsque cela était possible, c'est simplement parce qu'il était las de toujours observer la même chose. Un assoiffé de sang, voulant se prouver qu'il n'était pas un raté comme il le pensait dès l'instant où il se déconnectait du Darwin's Game, sautant sur le premier venu, engageant ainsi un combat souvent long et maladroit pour qu'au final l'un des deux disparaisse dans un nuage de pixels, laissant une fameuse question en suspens : « à quoi bon ? ». Une fierté momentanée, un sentiment d'accomplissement de soi ? Foutaises. « Visiblement, c'est pas moi le plus tracassé de nous deux. » Il avait enfin réussi à s'arrêter de rire et ses yeux s'étaient abaissés sur les mains de son coéquipier dont les os avaient été craqués quelques instants auparavant, pour souligner ses propos, avant de remonter lentement vers ceux de son interlocuteur, son expression redevenant sérieuse alors que son regard perdait toute lueur d'amusement pour refaire place au dégoût et à l'animosité, sans essayer un seul instant de le cacher. « Faudrait pas que je te rende service avant que tu me casses la gueule ? C'est pas comme ça que ça marche avec toi ? poursuit-il, en penchant légèrement sa tête sur le côté pour exagérer son intérêt feint pour la question avant de jeter un regard désintéressé au reste de la pièce. Ou alors c'est un principe qui s'applique que pour tes vieux amis et dans ce cas-là, autant pour moi. Ses yeux se posèrent à nouveau sur ceux du maître-chimiste alors qu'il prenait son temps pour en venir au fait, espérant intérieurement que cela faisait bouillir de rage son interlocuteur. Qui sait, il allait peut-être se prendre un poing dans le visage avant même d'avoir pu donner à Reinar la réponse que ce dernier attendait tant, à savoir qui lui avait donné son prénom. Et dire que je venais simplement te donner des nouvelles d'Edgar. Je vais pas te mentir, il était assez énervé contre toi mais en même temps qui ne le serait pas à sa place ? » annonce-t-il enfin en prenant un pas de plus en direction de Purplehaze, profitant des quelques centimètres de plus qu'il avait sur son coéquipier pour le toiser du regard, toutefois incertain quant à ce qu'il allait faire maintenant qu'il avait lâché ce qui le « tracassait ».






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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Jeu 13 Oct - 17:45

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Des éclats de rire soudain, une condescendance à peine dissimulée. C'est un violent affrontement entre deux ego démesurés qui s'amorce devant les petites fioles bouillantes parfumées de venin virulent. Après un dernier craquement de phalanges, les mains de Reinar se figent l'une contre l'autre pour laisser place au silence propice à la discussion. Le visage ancré dans la neutralité absolue devant l'hilarité démente de son partenaire, il prend son mal en patience et laisse le temps faire son œuvre. Il finira par parler, pour peu qu'il ait quelque chose d'intéressant à dire. L'écho de son prénom résonne encore dans le vide de son crâne, ses pupilles vacillantes s'accrochent au moindre indice que sa gestuelle pourrait trahir. Malgré l'impassibilité qu'il s'efforce de maintenir pour ne pas perdre la face, il se sent soudain défaillir, à deux doigts d'être jeté brusquement d'un précipice vertigineux dont il ne connait même pas la profondeur approximative. Sonné par les paroles de Kairos qui s'écrasent violemment sur lui et le noient dans la plus totale incompréhension, il creuse vivement dans sa mémoire chamboulée pour retrouver à quel moment il a merdé à ce point. L'instant crucial, la maladresse fatale qui lui a coûté son anonymat dans le jeu. Pas un mot sur Lucilla, comme si cette dernière n'avait jamais existé, ni même eu la moindre place dans leur conversation. Effacée d'un revers de la main pour partir vers une autre direction bien plus dangereuse, remplie d'inconnues qui foutent un bordel monstrueux dans l'équation qu'il s'efforce de tenter de résoudre malgré les tourments qui perturbent sa concentration.

Rendre service avant de se faire casser la gueule. En un éclair, toute sa réflexion s'écroule brutalement comme une pile de cubes défoncée par le coup de pied d'un gamin hargneux. Ce sale gamin hargneux et méprisable qu'incarne Reinar, même dans ses meilleurs jours. Il penche légèrement la tête et écarquille les yeux lorsque l'hilarité de son partenaire prend fin, dissipant ainsi les échos insupportables qui cognent de tous les côtés de son crâne. Ses lèvres asséchées esquissent le début d'un sourire narquois et énigmatique, il se contente de rester silencieux comme une tombe jusqu'à ce que son interlocuteur aille directement à l'essentiel, cesse de tourner autour du pot et de le tourmenter davantage. Il acquiesce d'un geste du menton, attend patiemment la sentence. Ne pas céder à la violence. Ne pas lui envoyer son poing à la figure pour qu'il parle, ne pas risquer de déclencher un cataclysme en provoquant une bagarre dans son laboratoire plein à craquer de substances nocives. Dans le meilleur des cas, ils se brûleraient tous les deux à l'acide, dans le pire, ils feraient exploser littéralement la Pieuvre Mélomane, et peut-être même un peu plus. Il ne peut pas se réduire à une telle bassesse, une telle pauvreté d'esprit. La violence, ça ne lui ressemble pas, dans le fond. Pourtant, lentement, l'évidence commence à s'imposer à lui lorsque Kairos achève finalement son discours tortueux.

Edgar. Edgar Owens et Kairos.
C'est à se taper la tête contre un mur, tellement la probabilité que ces deux gars se connaissent dans la vraie vie était faible. Dans un soupir, Reinar détourne le regard et se pince le haut de l'arête du nez, irrité. Le temps de faire passer le suppositoire.

« Ce cher Edgar. Toujours dans la musique ? Comment se portent ses charmants enfants ? » déclare-t-il en relevant la tête, le visage soudain illuminé d'un sourire enchanté. Ses mots englués entre l'hypocrisie et le sarcasme, le je-m'en-foutisme à peine dissimulé, il nie l'évidence alors qu'il sait parfaitement où il veut en venir. Il croise les bras avec une pointe d'agacement, son corps crispé se fige dans une position défensive devant l'agressivité de ses reproches. Il en a fallu du temps et des moyens, pour qu'Edgar commence à lui en vouloir, à Reinar qui avait rejeté son ami dans l'espoir d'apaiser sa peine en se débarrassant des vestiges du passé qui subsistent encore. Dans le fond, il s'en fout. L'amitié, la solidarité, deux notions froissées comme du papier et jetées aux ordures sans regret. « Je ne sais pas ce que tu attends de moi, mais sache que je ne regrette pas mon geste. Je n'ai ressenti aucune peine lorsque j'ai planté mon couteau dans sa nuque. » Des mots assassins, un ton tranchant. Son impassibilité en serait presque perturbante, une attitude bien différente de ce qu'il était lorsqu'il avait fait ses premiers pas dans le jeu. Il a appris à ne plus se soucier des cadavres qu'il abandonne sur son sillage, pour peu que ce soit de simples morts virtuelles. Sans honte, il se donne l'air compréhensif et pose une main rassurante sur l'épaule de son ami, lui faisant comprendre par la même occasion qu'il ne formulera aucun début d'excuses, quels que soient les reproches.

« Tout le monde doit passer par des expériences un peu douloureuses pour s'endurcir, t'es bien placé pour le savoir, mister jambe de bois. Je lui ai forgé le caractère, et je te garantis qu'il ne reproduira pas deux fois la même erreur. Peut-être même qu'il me remerciera un jour, qui sait. » C'est ainsi que l'on se fait ses premières armes dans cet univers hostile. C'est en se faisant massacrer de sang froid que Reinar a appris à se défendre et à anticiper toutes les éventualités, et il en va de même pour chaque âme qui se perd dans les recoins de Darwin Harbor. Pourtant, un doute subsiste dans son esprit, un tracas dont il ne parvient pas à se défaire. Le visage inexpressif, il tente de retourner la question dans tous les sens, et se heurte toujours au même problème. « C'est un ATOM. Je ne vois pas pourquoi tu prendrais sa défense, ça ne te ressemble pas de copiner avec l'ennemi. » Favoriser la team à ses proches dans la vraie vie, c'est devenu commun, pour tous ceux qui considèrent leur team comme leur propre famille. Reinar, le père amputé de la chair de sa chair, avait fini par s'accrocher à ce sentiment d'appartenir de nouveau à une grande famille alors que la sienne lui avait été brutalement arrachée dans la réalité. C'est ainsi qu'il se sent apaisé.


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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Sam 22 Oct - 22:05

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La dévastation avait été si grande et si soudaine, qu'elle s'était abattue sur lui aussi avec fracas tout en laissant derrière elle un vide abstrait dont le silence était insupportable. Un engourdissement latent l'avait pris, l'empêchant de ressentir pleinement la peine qu'il devrait ressentir, tel un mécanisme de défense incongru utilisé par son cerveau en dernier ressort lorsque ce dernier savait que ce qu'il occultait aurait été insurmontable autrement. La deuxième plus grande perte de sa vie et il n'a même pas l'originalité de réagir différemment qu'il n'avait pu le faire avec la première. Feindre l'indifférence et prétendre que la vie continuait, jusqu'à se leurrer soi-même, c'est bien ce qui avait marché la première fois. Ou bien il n'avait fait que remettre à un autre jour le chagrin incommensurable dans lequel il aurait dû plonger et ne jamais ressortir, ce qui ne faisait que lui donner une raison de plus de ne pas céder cette fois-ci, sous peine de ne jamais pouvoir se relever. Alors Jacob se concentre sur autre chose pour s'y jeter corps et âme afin de s'occuper l'esprit et donc de perpétuer cette routine artificielle et mensongère. La haine qu'il ressent envers Reinar depuis qu'Edgar lui avait partagé l'anecdote de leur rencontre funeste, s'étant muée en rage obscure lorsqu'il avait appris qu'Edgar ne pourra plus rien partager avec lui, fera l'affaire quelques temps, assez longtemps pour qu'il parvienne à trouver une autre occupation qui le détourne suffisamment de ce à quoi il ne doit pas penser. Au pire, la satisfaction de pouvoir s'en prendre à Reinar lui apportera un certain sentiment de réconfort aussi étrange que non négligeable.

C'est toujours avec la même inertie qui lui était devenue propre ces dernières heures que le crieur l'écouta s'enquérir sur la vie d'Edgar et l'ironie de la chose le partagea entre la volonté d'éclater d'un rire mauvais à nouveau ou bien lui éclater la tête contre le mur. Au final, il se contenta de grimacer à la mention des enfants d'Edgar, comme si le maître-chimiste avait la moindre foutue envie de savoir comment ils allaient. Presque ennuyé parce que ce dernier pouvait raconter, Jacob pouvait toutefois sentir sa colère monter alors que Reinar semblait prendre un malin plaisir à lui avouer qu'il n'avait rien ressenti alors qu'il avait enfoncé sa lame dans la chair d'Edgar, répandant lentement le poison qui s'y trouvait dans son organisme, le condamnant à une mort certaine dont le seul avantage était qu'elle serait rapide. Il n'avait ressenti aucun regret et semblait avoir accompli son acte dans l'apathie la plus totale. Le regard du crieur se fit toutefois tout bonnement malveillant lorsque son ancien partenaire eshu lui affirma avec condescendance que les expériences douloureuses vécues par un individu ne pouvaient que l'endurcir, osant même jusqu'à associer la chute de Jacob dans le motel miteux qu'ils avaient visité ensemble dans le désert à l'une de ces expériences douloureuses, comme si sa jambe déchirée pouvait être considérée aussi douloureuse que les véritables expériences douloureuses qu'il avait pu connaître dans sa vie. Il arracha presque la main méprisante qui était venue se poser sur son épaule mais laissa toutefois le chimiste poursuivre son petit discours, presque élogieux envers sa propre personne. Je lui ai forgé le caractère. Peut-être même qu'il me remerciera un jour, qui sait. Sa colère en devint délirante et il hochait doucement la tête à chacun des mots prononcés par Reinar avant de laisser échapper un rire désabusé au fait même que l'eshu envisage la possibilité qu'il soit remercié pour son acte, ô combien généreux de sa part.

« Et moi j'aurais dit que ça te ressemble pas d'empoissonner un vieil ami qui vient de te rendre service mais pourtant...  daigna-t-il enfin laisser échapper de ses lèvres, préférant cependant accorder son attention à ses mains qu'il observait d'un œil las, paume en l'air puis paume vers le sol. Il est vrai que malgré son appartenance à une équipe dont la réputation n'est pas des meilleures, Jacob aurait difficilement pu imaginer que le même Purplehaze qui ait refusé d'envisager l'éventualité de l'abandonner derrière lui, alors que sa jambe était en piteux état et que des ennemis étaient à quelques mètres d'eux, ait pu poignarder quelqu'un qui avait été là pour lui par le passé et qui venait à nouveau de le sortir d'une mauvaise passe avec une telle facilité déconcertante. Mais force était de constater qu'il s'était trompé à son sujet. Reinar n'était pas mieux que les autres joueurs abjects que l'on pouvait croiser dans les couloirs de la Pieuvre Mélomane. Dis moi, t'as vraiment rien ressenti à ce moment-là ? Pas même une petite pointe de satisfaction ou de soulagement ? Si la réponse du maître-chimiste ne lui importait pas tant que ça, Jacob devait avouer qu'il était tout de même curieux de comprendre comment l'on pouvait aussi tomber aussi bas pour faire une chose pareille et rien en retirer comme plongé dans une léthargie que lui-même ne serait pas capable de feindre à ce point-là. Si t'as rien ressenti, ça n'avait vraiment aucun intérêt de le tuer dans le fond. T'aurais pu le laisser repartir, tout simplement. » continua-t-il en observant toujours sa main droite, dont la paume était maintenant levée vers le ciel, en serrant et desserrant le poing dans un mouvement qui semblait le captiver tout autant que le désintéresser, avant de subitement détourner son regard pour enfin lever ses yeux vers ceux de son interlocuteur.

« Alors pourquoi t'irais pas prendre tes propres nouvelles de ses charmants enfants et leur expliquer que s'ils doivent enterrer papa dans la semaine, c'est parce que t'as eu envie, à un moment donné, de tuer le si bon et charitable Edgar Owens. Qui sait, peut-être que Judith t'en remerciera. Après tout, tout le monde doit passer par des expériences douloureuses pour s'endurcir. Ses doigts se serrent à nouveau instinctivement mais cette fois-ci, il ne les rouvre pas lentement mais, au contraire, enfonce ses ongles dans la chair de sa paume quitte à la marquer de demi-lunes. Son poing fuse mais il ne ne rencontre aucun tissu, aucun muscle ni aucun os. Au lieu de cela, sa main vient s'abattre contre le mur, quelques centimètres à droite seulement de là où se trouvait le visage qu'il aurait pu viser, s'étant ravisé à la dernière minute en déviant la trajectoire de son poing pour venir heurter ses phalanges contre le béton. Il ramène sa main vers lui pour en observer les jointures rougies, à la peau quelque peu déchirée, avant de focaliser à nouveau son attention sur Reinar. Ça leur forgera le caractère, pas vrai ? » Vas-y, frappe-moi. Il n'attendait que ça, de recevoir un coup. Pour se donner encore une autre bonne raison de viser ce qu'il souhaitait vraiment frapper. Pour ressentir quelque chose qu'il n'aurait pas à prétendre et quelque chose de plus supportable que ce qu'il dissimulait à son propre esprit.






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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Sam 22 Oct - 22:05
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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Mar 25 Oct - 14:56

REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS


Dans le fond, c'est vrai, Reinar aurait pu simplement se contenter de remercier Edgar pour son geste généreux, lui offrir la reconnaissance qui lui était due, à cet homme remarquable qui n'avait jamais montré le moindre signe d'hostilité alors que le rouquin l'aurait amplement mérité. Pour son comportement exécrable, aujourd'hui comme hier, pour ce rejet inexplicable deux ans plus tôt, pour l'avoir effacé de sa vie du jour au lendemain sans jamais se soucier d'autre chose que de son nombril. À force de s'enliser dans sa douleur inguérissable, il avait fini lui aussi par sombrer dans les ténèbres, se laisser aller à des abjections qu'il aurait abhorré quelques années plus tôt. Une perte de contrôle, un brusque changement de direction, en une fraction de seconde il a basculé dans l'obscurité. Sans que personne ne le sache, Reinar Schrodinger était mort depuis longtemps maintenant, dissout par sa propre médiocrité, et il ne reste plus que gangrène et perfidie à l'intérieur de ce pantin désarticulé. Les entrailles pourries par la souillure du Darwin's Game qui empoisonne ses veines un peu plus chaque jour, le cerveau incapable de mettre une barrière entre la réalité et le virtuel. Un esprit diablement brillant qui se couple à une folie incontrôlable. Non, il n'a rien ressenti ce jour-là. Ni peine, ni joie, ni animosité, rien de tout cela. Il a seulement réalisé qu'il avait malencontreusement égaré un important fragment de son humanité. La minuscule pièce manquante qui dérègle l'entièreté de ses mécanismes.

Figé, dans l'attente de réponses à ses nombreuses interrogations, il ne lâche pas son vis-à-vis du regard, les prunelles vacillantes. Aucun intérêt. Le laisser partir. Il fronce les sourcils, renifle avec agacement, cherche un sens aux paroles de Kairos qui perturbent sa logique. Pourquoi se consacrer à un jeu dangereux comme le Darwin's Game si ce n'est pour tuer ? Dans le fond, ils se cherchent tous des excuses pour justifier leurs choix, mais tous se réduisent à ce simple instinct basique et animal parce qu'ils sont indéniablement attirés par le meurtre. Aucun d'eux ne fait exception à la règle, il le sait. « Tu as raison, laissons filer tous nos ennemis en les remerciant pour leur bonté, et devenons donc la risée du Darwin's Game pendant qu'on y est. » lâche-t-il dans un souffle, le sarcasme non dissimulé face à ce dissident qui semble oublier dans quel camp il est. L'angoisse monte, lui fait triturer nerveusement ses doigts décharnés. Devant l'agressivité de son camarade, son esprit fertile commence à imaginer le pire scénario, mais il se refuse à croire qu'il ait pu le tuer pour de bon. Il a plusieurs vies, suffisamment nombreuses pour ne pas courir de risque à se faire assassiner de temps en temps, comme tous les autres. Pourtant, un frisson glacial lui traverse brusquement l'échine, il recule d'un pas inconsciemment, poussé par une frayeur soudaine. Peu à peu, il comprend, il finit par avaler difficilement l'information qui cogne comme une balle rebondissante de tous les côtés de son crâne. Pour dissiper tout ce remue ménage dans son cerveau, le plat de sa main cogne brutalement sur la table à proximité, faisant trembler ses petites fioles bouillantes.

« Mais regarde les choses en face, bon sang. C'est lui le putain d'irresponsable qui a délibérément abandonné ses enfants et détruit leur avenir juste pour un jeu, pas moi. Edgar s'est jeté tout seul dans la gueule du loup et il est le seul coupable dans cette histoire, tu le sais aussi bien que moi. » lâche-t-il comme un virulent crachat de venin. La preuve irréfutable de sa culpabilité dissimulée derrière des accusations, qui ne sont pas tout à fait infondées malgré tout. Il le sait, dans le fond, pourquoi il a fait ça. Blessé à l'idée d'imaginer ces pauvres chérubins délaissés par leur père qui risquait sa vie inutilement par pur égoïsme, il n'a pas pu retenir son geste, comme un châtiment pour ce crime abject aux yeux de Reinar qui n'aurait jamais abandonné son enfant pour le Darwin's Game, si seulement la petite était toujours en vie. Il l'a mérité, pense-t-il, le regard pour une fois sincère. Edgar aurait dû tenir compte de son avertissement et arrêter le jeu, il n'aurait pas infligé son deuil à sa famille désemparée. Reinar, incapable de reconnaître sa culpabilisé, ouvre à nouveau la bouche pour prendre la parole et continuer sur sa lancée, mais il se laisse surprendre par le poing de son camarade, qui le frôle de peu, manque de lui écraser le crâne contre le mur. Le cœur battant, il pose un regard grave sur les pupilles méprisantes qui le fixent. « Tu veux quoi, me frapper ? Me tuer ? Vas-y mon pote, je ne vois pas pourquoi tu te retiens comme ça. » conclut-il d'un ton ferme, un soupçon d'incompréhension dans sa voix, les regrets qui rongent ses entrailles à petit feu. Il ne parvient pas à réprimer au fond de lui la tristesse de la mort définitive de son ami, s'efforce pourtant de rester de marbre devant l'hostilité. Malgré lui, son poing part tout seul, cogne dans la mâchoire de son camarade, avec une certaine retenue pourtant, due à l'angoisse persistante de la nocivité des produits entreposés à côté d'eux.



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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Mar 25 Oct - 14:56
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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Lun 14 Nov - 20:49

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Son regard, pourtant occupé à observer les muscles de sa main se contracter et se décontracter successivement, ne put s'empêcher de se lever vers le maître-chimiste eshu alors qu'il lui sembla entendre les mots les plus stupides qu'il n'avait jamais entendus de sa vie, ce qu'il ne se gêna pas pour le faire savoir d'un reniflement dédaigneux. « Oh pitié, Edgar, un ennemi ? Justifies-toi comme tu veux mais pas avec des conneries pareilles. Le fait même de considérer Edgar, en tant que la personne qu'il était et qu'ils connaissaient tous deux et non un vulgaire joueur inconnu répondant au pseudo de XIII, comme un ennemi était risible au possible dès lors qu'on avait pu côtoyer l'homme ne serait-ce que quelque temps et en particulier si on l'avait connu une période difficile durant laquelle il faisait partie de nos proches comme ce que Jacob avait pu comprendre de la relation qui avait pu exister entre l'atom et l'autre eshu. Ensuite, tout était question de la définition que tout un chacun se faisait d'un ennemi mais dans l'esprit du plus grand nombre, il semblerait qu'un individu faisant preuve de bonté envers un autre serait plus proche de la qualification d'allié que d'autre chose mais peut-être s'agissait-il là encore d'une valeur que les gens jetaient par la fenêtre dès leur inscription sous le simple prétexte que tous ceux n'ayant pas le même tatouage qu'eux sur leur peau ne méritaient que la mort à leurs yeux. Bien souvent les mêmes que l'on surprend à se plaindre dès lors que leur équipe se retrouve seule et dépourvue de toute alliance, attaquée de toute part et sans la moindre denrée alimentaire. Mais c'est vrai qu'il fallait garantir et entretenir la bien belle réputation qui avait été dépeinte des eshus, vils traîtres et usurpateurs, autrement nous devons « la risée du Darwin's Game » simplement pour n'avoir pas voulu se traiter comme le dernier des connards fini avec un minimum de jugement et d'empathie. Quelle idée, mieux vaut semer le chaos derrière soi. Bien plus distrayant, cela va de soi.

Néanmoins, comme fasciné par le plissement de ses doigts contre sa paume, le crieur reposa son attention sur sa main qui semblait vibrer chaque instant un peu plus, lui hurlant son envie de frapper quelque chose que cela soit du béton ou des os. Frapper, sentir de la douleur, en infliger peut-être, se faire frapper. Un choc ou deux pour ressentir, pour s'assurer que l'irréel est toutefois bien réel, peut-être moins qu'en dehors de tout écran projetant des décors pixelisés mais toutefois assez pour causer la mort de son plus proche ami. Pour s'assurer que tout est vrai, qu'il a encore perdu quelque chose, quelqu'un. Un coup suffirait, le reste ne serait que pour le plaisir. Mais frapper cette gueule qui lui crachait des aberrations absurdes au visage comme s'il s'agissait d'une vérité absolue serait tout aussi jouissif comme chaque mot que le chimiste prononçait le lui confirmait. Mais si les premières phrases n'avaient fait que l'inciter à s'énerver davantage, ses ongles venant blanchir la peau de ses paumes, ce n'était rien en comparaison à ses derniers mots aussi suffisants que les premiers mais encore bien plus faux que ce qu'il avait pu prononcer jusque-là. Non, il ne savait pas aussi bien que lui et il ne le savait pas car il n'y croyait pas. S'il fallait jeter la pierre à la moindre personne ayant des enfants s'étant inscrite au Darwin's Game pour les avoir abandonnés en sachant que dès lors que l'épée de Damoclès pesant au-dessus de sa tête s’abattrait sur elle, ils seraient laissés seuls sans ascendant, alors ne fallait-il pas la jeter à quiconque ayant ainsi pris le risque d'abandonner père, mère, conjoint, frère ou sœur ? Les seuls méritants, les seules personnes responsables étant celles qui s'étaient inscrites en n'ayant rien à perdre et personne à abandonner derrière soi ? Ceux-là même qui avaient des vies qui leur paraissaient tellement insipides et insupportables qu'ils ressentaient le besoin d'aller pourrir celles des autres même en dehors de tout jeu, détruisant et tuant Chicago comme s'il s'agissait d'une énième mission à accomplir pour son équipe. Mais dans ce cas-là, toute la question est de savoir ce que l'on fait de ces irresponsables et de ce qu'ils méritent pour avoir abandonné leurs proches. Donc quoi ?! Fallait l'aider à crever plus vite pour qu'il comprenne la leçon? » Il ne joue plus mais questionne avec haine et incompréhension parce que dans le fond, il souhaite savoir si c'est comme cela que certains peuvent voir les choses. Si l'on est déjà tombé aussi bas que ça et s'il ne tarderait peut-être pas à tomber lui aussi dans une gouffre de pensées noires et de rage contre ces irresponsables qui avaient encore une vie décente et qui avaient tout à perdre.

Le coup part instinctivement mais  il vise ailleurs, sans vraiment savoir pourquoi. Il était fort improbable qu'il ait eu envie d'épargner son coéquipier et si éviter toute action positive pouvant le rendre responsable des prémices d'un combat, aux risques décuplés par le fait qu'ils se trouvent dans un laboratoire qui menaçait d'exploser à toute fiole brisée, semblait être une raison bancale mais d'une certaine façon logique, il n'en avait en réalité pas grand chose à faire sur le moment. Si cela aurait pu résulter d'une certaine lâcheté ne souhaitant pas avouer l'agressivité dont il pouvait faire preuve dans une autre situation, et encore, il n'en était pas le cas maintenant. Non, en réalité il voulait tout simplement pousser Reinar suffisamment à bout pour qu'il le frappe en premier afin de réaliser l'amplitude de ce qu'il venait de se passer ces derniers jours et donc pour comprendre une bonne fois pour toutes que cette fois-ci il lui serait difficile de prétendre la nonchalance et l'indifférence mais aussi pour lui faire réaliser pleinement qu'il voulait saigner et faire saigner dans une sorte de catharsis malsaine et dérangée.  Par conséquent, ses lèvres esquissèrent un faible sourire une fois la grimace initiale s'étant formée sur son visage suite au coup qu'il venait de se prendre à la mâchoire avait disparue, sans pour autant emporter la douleur avec elle, ce dont il ne lui ne tenait toutefois pas rigueur. Crachant par terre le sang venu s'accumuler dans sa bouche, il envoya son poing voler à son tour vers le visage du maître-chimiste mais manqua sa cible, involontairement cette fois-ci, un râle d'agacement grinçant entre ses dents alors qu'il constatait son échec. Même pas fichu de casser la gueule à quelqu'un qu'il détestait, il n'y avait pas à dire, il était un raté sur tous les plans.


40 points de vie VIE 39/40







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MessageSujet: Re: REACHED THE WRONG ENDS BY THE WRONG MEANS / reinar   Lun 14 Nov - 20:49
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