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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 Need you like a picnic needs the rain
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MessageSujet: Need you like a picnic needs the rain   Mar 20 Sep - 19:51
Need you like a picnic needs a rain
Bryan & Ramona



La semaine dernière était fort compliquée à gérer dans ma petite vie répétitive. Accueillir un nouveau colocataire n’était pas de tout repos, surtout le premier jour à vrai dire. Entre-temps, ça s’est plutôt calmé, je dois l’avouer. Bon, on n’était pas devenu copain comme cochon, mais on mangeait ensemble, dans des dîners peu animés, il faut l’avouer, pour autant, c’est lorsque on était séparé qu’on s’entraidait le plus. Le matin par exemple, je commençais avant elle, son petit-déjeuner était prêt lorsqu’elle se levait, car oui, comme on s’en doutait, j’étais le cuistot attitré de la maison.

Elle de son côté, faisait aussi part de petites attentions, elle m’amenait un café de temps à autre lorsque je travaillais dans le bureau. Elle avait aussi entrepris de mettre un petit « panier à fruit » sur une des tables, qu’elle réapprovisionnait elle-même, sûrement grâce à son boulot. On veillait l’un sur l’autre, sans dire grand-chose, en même temps, on avait peur l’un de l’autre. Elle peur que je m’énerve de nouveau, moi, peur qu’elle me blesse de nouveau. On se disait bonjour, on se disait bonne nuit, et on parlait de choses complètement futiles, voilà ce qu’on avait pu tirer d’une semaine de cohabitation.
Elle avait ramené ses affaires le jour même où l’on avait signé le contrat, afin de pouvoir dormir au plus vite, maintenant la chambre devait être très personnalisé, mais je n’en avais aucune idée, je n’y étais pas entré. La seule personne autre que Mona à être entré dans cette nouvelle chambre est la femme de ménage.

Aucun de nous n’entrait dans l’espace personnel de l’autre, on ne se marchait pas dessus, bien au contraire, on s’étendait. Un peu trop de sa part, pendant 3 jours sur 7 de la semaine, elle n’avait même pas dormi à la maison. Vu le bruit que fait la porte lorsqu’elle se ferme, je savais dès le départ si elle était rentrée ou non. Mais en même temps qu’allais-je lui dire ? Tu n’as pas le droit de sortir ? Ta place est dans cette maison ? C’est ridicule, je n’avais rien à lui reprocher, je n’avais même pas à lui en parler. Pourtant, je le désirais. Je la voulais ici, sans qu’elle soit trop proche. Comme une sorte d’ange protecteur qui me surveillerait. Et elle ne pouvait pas me surveiller si elle n’était pas là. N’avait-elle pas dit qu’elle serait là pour moi, pour m’aider ?

Certaines choses n’avaient cependant pas changées, je ne parlerais pas du boulot qui n’a en effet pas bougé depuis son arrivée, je parlais de Darwin's game. J’y passais toujours autant de temps, j’y faisais les mêmes choses sans distinction. Et je me demandais si elle aussi, jouait. Et si c’était bien le cas, de quelle équipe ferait-elle partie ? Si on se rencontrait, nous affronterions nous, ou choisirions-nous de s’éviter, comme si nous n’avions rien vu. Et que se passerait-il ensuite à la maison ? Toutes ses questions demandaient réflexion, et toute réflexion demandait un endroit adéquat.

La connexion au serveur se faisait sans aucun problème avec mon ordinateur, me voilà dans cette seconde vie, où je prenais le temps de me poser, c’était du délire. Quel était le meilleur endroit pour penser ? Nous le savions tous, dans ce foutu hamac entre les branches près du lac dont je ne savais toujours pas le contenu, ça aussi, c’était un truc à faire, balancer un machin sanguinolent à l’intérieur voir si ça allait être dévoré ou juste pourrir à la surface. Nul doute que l’eau n’était pas potable de toute manière, les animaux doivent pisser, chier dedans au possible. Pourtant, elle était si claire, en même temps, comment pourrait-il en être autrement, ce n’est pas la réalité Bryan, c’était bien une fiction, une réalité virtuelle dans laquelle tu venais d’entrer de ton plein grès.

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MessageSujet: Re: Need you like a picnic needs the rain   Mar 20 Sep - 20:59
Ramona & Bryan
 Need you like picnic needs the rain.
HEY, HAVEN'T WE MET SOMEWHERE IN THE PAST ? HEY YOU'RE SPECIAL TO ME, I WANT TO TALK TO YOU. HEY, WHAT TIME  IS IT ? WHAT'S TODAY ? I DON'T KNOW. IT WOULD BE GREAT IF WE COMPLETELY FORGOT. Oh, somewhere deep inside of these bones, an emptiness began to grow. There's something out there, far from my home, a longing that I've never known.

T'échapper sur le jeu n'était pas aussi pressant qu'avant. Disons que depuis ton emménagement, tout se passait plus ou moins au mieux : tu maintenais une relation assez cordiale et maladroite avec ton colocataire, mais vous partagiez de petites attentions. Sans parler du froid qui s'était installée quand tu avais disparu plusieurs jours. Il avait tenté de t'appeler, mais quand tu pars, tu réponds jamais. Tu t'attendais à de sacrées représailles, mais seul le silence t'avais accueillie.

Darwin's Game. Maintenant tu n'étais plus obligée d'y jouer planquée dans un coin, tu avais un endroit à toi. Dans ta chambre, allongée sur ton lit, le téléphone sur la page de chargement. Tu avais toujours ce petit pincement au cœur, coincée entre l'addiction et la peur. La peur de retomber sur le même visage, de mourir continuellement sous sa main. Mais essaye de ne pas trop t'en faire. Tu es libre une fois sur Harbor. Te voilà aspirée dans le jeu, trouvant ta place dans la forêt, peut-être l'endroit le plus reposant du jeu. Parfait. Tu checkes ton avatar rapidement : ta combinaison ne te quittant pas. Quand tu la retrouves, tu te sens toujours mieux. Recouvrant intégralement ton corps, l'armure te protèges sous tous les angles. Derrière, une sorte de cape file au vent. Une écharpe protège ton petit cou fragile, et tu remontes tes lunettes sur ta tête. Tu préfères toujours les garder : dans le désert, les grains de sable deviennent vite des ennemis cruels. Tressant tes cheveux roux sur le côté, tu les noues avec un ruban, et te voilà fin prête, tes armes à disposition.

Tu te balades, tu retrouves tes repères. Tu n'as pas vraiment d'objectif. Tu pourrais retrouver des camarades de jeu, mais tu ne te sens pas encore prête. Peut-être que tu ne seras jamais prête à revenir vers ta team entièrement, comme tu l'as été à tes premières connexions. La vision de ce 1 gravé sur ton téléphone t'as anéantie, t'as brisée, t'as laissé une marque indélébile que rien ne pourrait réparer. Puis quand tu te balades à travers les arbres, une pensée te surviens. Et si ton colocataire était dans Darwin's Game aussi ? En réalité, ça ne t'avais jamais effleuré l'esprit. Pour la simple et bonne raison que tu le trouvais trop rigide et attaché à son travail. Mais pourquoi pas après tout ? L'autre question, c'était : s'il jouait, à quelle team appartenait-il ? La tienne ? Chez les sanguinaires CAHO ? Chez les manipulateurs ESHU ? Chez les ATOM ? Ou bien chez les GAIA ? Tous pouvaient correspondre à sa personnalité, du moins, du fragment de personnalité qu'elle connaissait chez lui, autant dire très peu. A mesure que tu t'enfonces dans la forêt, au bord de l'eau, tu réalises que tu n'es pas seule : bingo, il y a un autre joueur. Tu ne l'as encore jamais vu, il faut dire que même s'il était dans ta team, tu ne le saurais pas puisque tu ne retournes que très peu au quartier général. Par précaution, tu t'empares de ton revolver, et tu t'approches avec nonchalance. Tu as un don pour les armes à feu, alors tu peux te permettre un peu de zèle.  Tu enlèves la sécurité, et l'arme émet un petit « clic », comme s'il te disait qu'il était d'accord.

« Je vois que je ne suis pas la seule à apprécier le calme et la sérénité qu'apporte la nature. »

Tu dis ça calmement, pour attirer son attention. Tu restes assez à l'écart pour qu'il ne puisse pas te sauter dessus, et tu te caches suffisamment pour être hors de danger, au moins le temps de viser et tirer.  


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MessageSujet: Re: Need you like a picnic needs the rain   Mar 20 Sep - 21:54
Need you like a picnic needs a rain
Bryan & Ramona



La voix de la femme résonnait dans ma tête, mais je ne pouvais déterminer qui s’était. Je la connaissais cette voix, elle était familière, il fallait juste que je mette le doigt dessus. Ce n’est pas comme si je parlais à des millions de femmes dans ce foutu jeu. Ce n’était pas Daredevil, ni Isayr, qui ça pouvait être bordel de merde… De mon arbre perché, par les feuilles caché, je ne pouvais pas voir son visage, mais je ne pense pas qu’elle pouvait voir le mien non plus. Ce que je pouvais voir, c’était son arme dans sa main, un superbe revolver, si elle me tirait dessus avec ça, je pouvais avoir des réflexes largement supérieurs à la moyenne, à moins de m’appeler Matrix ou d’activer un bullet time, impossible d’esquiver ça avant même que je ne puisse en entendre le bruit, la balle m’aura déjà transpercé quelque part. Le plus gros problème, c’est que je pensais reconnaître l’arme, c’était du calibre .44, et ce n’est pas connu pour faire des bisous ce genre de bêtises.

Autre chose que je pouvais voir de mon arbre perché, dans mon hamac allongé, c’est que c’était une femme, ou alors un mec avec une poitrine et un corps vachement efféminé, je devrais peut-être devenir Gay si c’est le cas. En même temps, les chances pour qu’un homme porte une telle combinaison sont faibles. Quoi que, j’ai entendu parler d’un homme qui se baladait en forêt assez dangereux. Crazy quelque chose, un grand taré de chez les caho tout de rouge vêtu avec une combinaison en cuir.

« La nature t’aime en retour, il faut croire. »


En effet, c’était une très belle bête qui s’approchait de la jeune femme. Une panthère, rien de plus rien de moins, une panthère noire, je ne donnerais pas plus de précision, car j’y connaissais rien en panthérologie. Ce que je savais, c’est qu’elle devait faire presque 2,5 mètres sur ses deux pattes. C’est quoi ce monstre… En plus, ça grimpe aux arbres ces saletés-là. J’avais intérêt à me casser pendant que la panthère allait déchirer la jeune femme. Désolé chérie, j’ai des choses à faire.

Quand mes pieds touchèrent le sol en sautant du Hamac, c’est à ce moment que je compris d’où je connaissais cette voix, et maintenant que j’y faisais attention, je reconnaissais aussi les courbes à travers la combinaison de ma colocataire. La suite se fit naturellement, je me demandais ce qu’il se passerait si je la rencontrais, et bien, j’avais ma réponse. J’étais simplement incapable de la laisser face à ce félin. Mais normalement une panthère, ça n’avait rien à faire ici, vous codez le jeu avec le cul ou ça se passe comment ? J’en ferais un rapport à Isayr à ce sujet.

« J’aime beaucoup la tenue, si tu veux porter la même dans la maison, je suis pour. Tu me couvres avec ton jouet dans les mains, je passe devant. »

Mon premier pas vers elle me fit entrer dans cette phase de concentration que j’aimais tant avant un combat, lorsque les pupilles se dilatent, l’adrénaline monte lentement, les sens sont tous aux aguets. La lame de la machette sortant du fourreau faisait ce bruit si particulier que j’appréciais tant. Oh oui, nous allions nous amuser avec ce chat de gouttière, le plus important, c’était de minimiser mes déplacements le plus possible, je devais avoir la panthère de face, et Mona de côté. On sait tous les deux ce qu’impliquerait qu’elle me tue de manière volontaire. Je serais déconnecté, irais dans sa chambre, la trouverais, et la tuerais. La même chose se ferait sûrement dans l’autre sens. Une sorte d’accord tacite venait de se mettre en place, tandis que j’étais bas sur mes appuis. Ça me rappelait la partie de chasse avec les chiens-loups, on va essayer de reproduire le même exploit. Si elle saute, je m’écarte et je frappe, avec la lame aiguisée de la manchette, ma force brute, et la force de la bestiole, c’était la mort assurée pour celle-ci. Le mieux serait encore que Mona la touche en plein dans son bond, me créant une ouverture facile pour achever la bête, si la balle n’avait pas déjà enterré la panthère.

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MessageSujet: Re: Need you like a picnic needs the rain   Mar 27 Sep - 10:53
Ramona & Bryan
 Need you like picnic needs the rain.
HEY, HAVEN'T WE MET SOMEWHERE IN THE PAST ? HEY YOU'RE SPECIAL TO ME, I WANT TO TALK TO YOU. HEY, WHAT TIME  IS IT ? WHAT'S TODAY ? I DON'T KNOW. IT WOULD BE GREAT IF WE COMPLETELY FORGOT. Oh, somewhere deep inside of these bones, an emptiness began to grow. There's something out there, far from my home, a longing that I've never known.

Tu serres ton arme dans ton poing, ton colocataire non loin. Il ne t'avais pas attaquée lorsqu'il t'avais reconnue, mais en quoi cela était la preuve qu'ils n'était pas ATOM, CAHO ou ESHU ? Mais il ne faut pas écarter l'hypothèse qu'il puisse être dans la même équipe que toi, et donc un allié. Mais tu as bien fait de ne pas tirer. Il t'aurais assassinée; mais cette fois, en vrai. Quelque chose te dis que tu risques bien trop ta vie avec lui dans les parages, il serait prêt à te prendre la vie au moindre dérapage. Dans quoi tu t'es embarquée ? Mais ton attention est détournée par l'apparition d'un félin affamé. « La nature t'aimes en retour, il faut croire. » Merde, depuis quand il y a des panthères dans cette forêt ? Quel créateur assez taré s'était dit qu'il était bon de mettre ici des prédateurs pixelisés ? Comme s'il n'y avait pas assez de joueurs à déglinguer. Le bruit court que depuis peu, un dingue en combinaison rouge avait décidé de s'approprier une partie de ces terres verdoyantes, territoire pourtant revendiqué par les GAIA. Assez bête pour être un CAHO, quoi. Faut croire que les tests d'intelligence qu'ils font passer ne sont pas très brillants. Bref, pour le moment, il fallait oublier le colocataire perché dans l'arbre et se concentrer pour ne pas finir dans le ventre de l'animal.

Le colocataire descend de son perchoir pour te rejoindre, et dans sa délicatesse habituelle, te sers ce qui ressemble à un compliment plus qu'à une invitation. « J'aime beaucoup la tenue, si tu veux porter la même dans la maison, je suis pour. Tu me couvres avec ton jouet dans les mains, je passe devant. » Et là tu lèves les yeux au ciel, parce que en plus d'être limite, t'avais presque l'impression d'être sous-estimée. Coco, tu sais, je sais utiliser un flingue. « C'est pas vraiment la tenue que je porte quand j'ai envie de me détendre sur le canapé. »

Ton regard coule en direction de la créature, qui ne semble pas sur le point d'attaquer. Un mob, qui n'attaque pas. En soi, un animal qui fait sa vie. Appelons le Bagheera ; c'est cliché mais c'est mignon. « Fais pas le malin, on a une chance de se tirer de là sans qu'elle attaque si on se barre. J'ai moyennement envie de risque ma vie pour un gros chat. » Au pire, ton flingue est chargé et tu fais confiance à tes capacités de tir. Le plus important maintenant, c'est de déguerpir. T'as suffisamment risqué ta peau dans ce jeu, t'allais pas en plus la mettre à la disposition de n'importe qui. L'image du « 1 » blanc sur l'écran noir de ton téléphone, gravé sur ta cuisse, la peur de te reconnecter et de te faire tuer, ton rush jusqu'à acheter de nouvelles vies, ton traumatisme aussi indélébile que le tatouage qui s'est incrusté sur ta peau. Non, il était définitivement hors de question que tu risques ta vie, là, maintenant, pour Bagheera, surtout si c'était pour laisser les rênes à ton colocataire qui avait envie de te tuer un coup sur deux. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche. Rien à signaler. « Écoute, qu'importe dans quelle équipe tu es, je veux juste me barrer d'ici et aller à mon Q.G avant qu'elle nous bouffe les entrailles. Si on fait ça vite et discret, on a le temps de s'échapper. »


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MessageSujet: Re: Need you like a picnic needs the rain   Jeu 13 Oct - 23:12
Need you like a picnic needs a rain
Bryan & Ramona



Sarcastique, ironique, réplique toxique, voilà ce qu’elle éprouvait du compliment gênant, arrogant que je lui avais adressé quelques minutes auparavant, d’un ton cinglant, brisant la faible concentration que j’avais gardée entrant dans mon petit monde palpitant de combattant.

« C'est pas vraiment la tenue que je porte quand j'ai envie de me détendre sur le canapé. »

Oh sincèrement ? Moi qui croyais niaisement qu’on pouvait porter ce que l’on souhaitait lorsque l’on voulait se détendre, c’est fort déplaisant. Et la voilà qui me donnait des ordres à présent, dénonçant un manque de logique de ma part, blessante, pointant du doigt qu’une panthère n’avait rien de dérangeant, qu’elle avait même un côté charmant, la pacifiant, la traitant de gros chat. Présumant qu’on pouvait, en courant, échapper au monstre qui était, malgré tout ce qu’elle pouvait dire, menaçant.

« Fais pas le malin, on a une chance de se tirer de là sans qu'elle attaque si on se barre. J'ai moyennement envie de risque ma vie pour un gros chat. »

La langue pique, restreinte politique, voulant garder cette forme chimérique prouvant que je pouvais ne pas être colérique. L’astreinte faisant foi de mon côté ecclésiastique tomba rapidement à l’eau tandis que la pression mêlée à cette tension qui se formait dans l’air ne faisant qu’augmenter ce besoin de colère, cette incompréhension de ce retournement de situation, depuis quand en étions-nous au point qu’elle avait quelconque ascendant, quelconque supériorité envers moi ? Ne comptons que la réflexion, à quel moment a-t-elle pu penser bon de fuir à travers la forêt pour échapper un prédateur qui d’un bond, attendrait la soixantaine de kilomètres heures tandis que nous peinerons à atteindre les trente ? Mais ce n’était que le début d’une future connerie édénique, m’achevant dans un futur commentaire manquant cruellement de raison, voulant absolument fuir un combat qui selon elle était perdu d’avance, la peur se lisait dans ses yeux, absence d’un courage qui sera peut-être nécessaire, et oui, c’est ça la guerre.
« Écoute, qu'importe dans quelle équipe tu es, je veux juste me barrer d'ici et aller à mon Q.G avant qu'elle nous bouffe les entrailles. Si on fait ça vite et discret, on a le temps de s'échapper. »

C’est vrai, j’avais omis qu’un fauve n’avait ni odorat ni ouï surdéveloppé comparé à nous autres humains. Tu me montres comment tu fais ? T’as des pouvoirs que j’ignorerais, tel l’invisibilité ? Je suis intrigué.
Et puis ce n’est pas comme si elle ne nous avait pas vus, ses prunelles d’or nous dévisageaient depuis un moment. D’en déduire qu’elle n’attendait qu’un faux pas pour nous dévorer était peut-être quelque peu exagéré. De là à dire qu’on aurait le temps de s’échapper si on était rapide était un mensonge éhonté. Si on s’en tirait en fuyant, c’est qu’elle n’avait pas l’envie ni le besoin de nous courir après pour nous étriper, voilà tout. Cependant, la première partie de la phrase tiquait dans ma tête, comme le bruit d’une montre, marquant les secondes, un sourire passant brièvement sur mon visage qui se tourna vers la rousse devenue plus belliqueuse que je ne le pensais.

« Quand tu dis, qu’importe dans quelle équipe je suis, tu sous-entends que tu pourrais m’éliminer si je n’étais pas dans la tienne ? »

Les yeux s’écarquillent, les pupilles se dilatent, les muscles se raidissent. Plaisir non dissimulé d’un futur combat engagé. La lame de la machette tournoyait dans cette main frustrée, cherchant les ouvertures. On considère comme jeu ce qui est amusant, ludique, et qui nous détourne de la réalité fatidique. Pourtant loin de moi, l’envie de rire, et je pouvais ressentir que c’était aussi son cas.

Je la dévisageais, rien de plus ni de moins, je la toisais de toute ma hauteur, de toute ma pesanteur. L’envie de me précipiter sur elle se faisait pressante, laissant le sang distraire la panthère tandis que je rejoindrais le QG sans avoir de quoi m’inquiéter. La constante restait cependant la même, si elle mourait de ma main, je serais tué de la sienne, mais dans un monde où je n’en ai qu’une seule. Le regard se détourna revenant inlassablement vers la menace principale, ayant rapidement pesé le pour ou le contre d’un suicide assisté.

« Quand tu dis qu’on peut s’échapper rapidement et discrètement du fauve. Tu sous-entends que tu peux te téléporter ou voler ? Car je te vois mal sprinter à la vitesse de ce machin-là. Fuir en lui tournant le dos, c’est lui laisser l’initiative, c’est le réel problème, je ne me vois pas me relever si elle me saute dessus par-derrière. Mais encore, peut-être me caches-tu des choses que j’ignore ? Si tu as quelconque talent surnaturel et utile dans cette situation que tu voudrais me dévoiler, je suis suspendue à tes lèvres. »

C’était plus fort que moi, cet air arrogant, hautain, supérieur, cette sensation de devoir montrer que les autres n’étaient que des ignorants, toutes ces choses que je réprimande, toutes ces paroles que j’enferme au plus profond de moi-même, qui sont exposées aux yeux de tous lorsque je rentre dans ce jeu de malheur me servant de catalyseur, au même titre qu’un punching-ball, me libérant de tout ce que je retenais jusqu’alors. Par période, selon les tensions accumulées, aux antipodes de ce que l’homme que je suis dans la « vrai » vie, schizophrénie à moitié avouée, à moitié prononcé, complètement assumée. Je me sentais vivant lorsque je n'étais plus opprimé par ce corps là ou la lâcheté avait trouvé refuge, je me montrais au monde sans subterfuge, la où la haine se déchaine, pleinement exprimé, déliée de tous les vices de cette société. Me voilà désabusé, refusant le fait d'être brisé, d'être prisonnier, exploitant pleinement le potentiel que mon corps m'offrait dans ce monde ou seul la force, la violence, et l'intelligence comptaient.

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