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 amen omen. (riley)
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MessageSujet: amen omen. (riley)   Dim 25 Sep - 22:30

amen omen. (riley&ivan)

theme song.
La pluie bat sur les carreaux de la voiture. Le ciel a étendu son lourd manteau orageux sur Chicago, et le tonnerre passé, le déluge s’abat sur la ville. Morne journée. Ton regard se perd, ton regard s’enfuit, les gouttes s’écrasent, ruissellent sur la vitre, et t’entends plus le vrombissement du moteur, t’entends plus rien. Sous tes doigts les épines meurtrissent ta peau, et le poison s’écoule dans tes veines. Tu serres le poing contre le cuir usagé de ton siège, les dents serrées. Les pivoines embaument l’habitacle, de leur parfum sucré, de leur parfum tendre – de leur parfum de mort. T’étouffes, tu suffoques. Le véhicule cabane sous la flotte, t’as l’impression qu’il fend la ville. Jusqu’à ce qu’il s’arrête. Mais tu ne sors pas, tu froisses le papier coloré du bouquet entre tes doigts, t’arrêtes de respirer un instant – comme si ce serait plus facile ainsi, comme si ça allait t’aider à t’extirper de cette caisse miteuse. Comme si ça allait t’aider à oublier. « Bon vous sortez ou faut qu’jvous pousse dehors ? » qu’il ronchonne, ce chauffeur fade et gris.
T’as le cœur qui bat à tout rompre. Chaque semaine, ce même rythme effréné, à t’en exploser la poitrine. À t’en comprimer les poumons. À t’en vriller l’estomac. T’as mal. Et la pluie qui te single la joue, dégouline contre ta nuque. T’avances dans les allées, et tu sens que tu t’enlises un peu plus à chaque fois. Tu t’effondres, t’écroules – tu te noies. De longs mois que ça dure ; que tu remontes les chemins la tête baissée, toutes les semaines, redoutant cet instant où tes iris fantomatiques se poseraient sur quelques mots. june 21th, 1986 – may 15th, 2014. Quinn Horak, beloved wife and daughter. La pierre grise semble bouffée par le temps – deux ans déjà. Les gouttes ont trempé le lieu de son ultime repos. Tu poses le bouquet sur la tombe. C’étaient ses fleurs préférées. Les pivoines. Blanches.
Tu t’accroupis, les genoux plantés dans le sol humide. Tu sors une cigarette, la plaque entre tes lèvres, et le craquement de l’allumette. Et la volute de fumée qui s’évanouie, les bouffées cendrées, la fragrance âpre. Et ta tête qui tourne un instant. Dans la poche de ton jean, une vieille photo froissée. Les couleurs ont délavé, mais son sourire est là. Sa cascade blonde et son rire qui tinte, claque dans l’air. Tu la serres entre tes doigts. « Pourquoi tu m’as laissé Quinn. » Rageusement t’éteins ta cigarette dans l’herbe, écrasant le tabac sous tes doigts. « J’avais encore besoin d’toi. » Et sous le fracas de la pluie qui s'abat, qui te vrille les oreilles, t'entends le chuintement des pas qui approchent. Tu planques la photo de là où elle sortait, et tu te lèves. L'orage reprend de plus belle.


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Dernière édition par Ivan Horak le Mer 21 Déc - 11:53, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Jeu 29 Sep - 12:11
AMEN OMEN
ivan & riley

Elle respire l'odeur de la pluie sur le goudron, fermant les yeux, laissant les effluves la guider vers un monde imaginaire. Emportée dans un tourbillon, Riley n'a jamais pu expliquer cette sensation qui s'empare d'elle les jours de pluie, une énergie nouvelle, d'une violence incroyable, incroyablement belle. L'eau qui ruisselle dans ses cheveux, les clapotements des gouttes contre le sol, et ses gens qui disparaissent dans leur manteau, sous leur parapluie, qui se pressent au lieu d'admirer l'élégance de la nature. Elle ouvre les yeux et sourit. Riley ressemble à une enfant, les iris flamboyants d'étoiles, trempée mais heureuse. Rien ne pourrait entacher son bonheur soudain, à part peut-être la mélancolie qui l'enveloppe lorsqu'elle pénètre dans la nécropole. Évidemment, le souvenir de celui qu'elle aimait réapparaît dans son esprit et son cœur se compresse dans sa poitrine. Silas est mort. Cela fera un an en décembre. Déjà. Ses yeux s'embrument avant qu'elle ne chasse la tristesse d'un mouvement de tête. Il n'est pas question qu'elle laisse le chagrin l'emporter. Poussant la grille, elle s'avance dans ce lieu mystérieux, s'égarant parmi les pierres tombales sans pour autant perdre de vue l'arche d'entrée du cimetière. Et c'est là qu'elle le voit. Immédiatement, elle se cache derrière une crypte, comme un gamin pris en faute, posant sa main sur la pierre, tout en fixant l'homme qui s'enfonce parmi les sépultures. Il s'arrête devant une tombe, dépose des fleurs aux couleurs immaculées sur celle-ci, avant de s'accroupir. Sans qu'elle ne puisse l'expliquer, il l'intrigue. C'est pour lui qu'elle est là d'ailleurs. Pour son histoire.

Doucement, la blonde sort de sa cachette et s'avance vers l'ancien soldat. Il tient une photographie dans la main, elle sait pertinemment qui est dessus. Sa femme. Elle connaît tout de son histoire tragique. Étonnée d'abord par les révélations que sa sœur avait pu lui faire sur ce client régulier, Riley s'était documentée, recherchant sur internet, dans les archives, les raisons de sa mort. Bouleversante, certes, mais poignantes, passionnantes, elle avait décidé d'en faire son cas d'étude. Médecin dans l'US Army, les risques du métier. Quoi de mieux que d'avoir le témoignage d'un proche disparu. Dans sa poche, elle allume le magnétophone, puis excitée par son projet, elle s'approche davantage du jeune homme. Celui se redresse, sur la défensive, alors qu'il n'y a plus que les larmes du ciel pour les séparer. « Excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger. », fait-elle innocemment, en prenant un visage attristé, lui souriant poliment. Ne pas l'attaquer en frontal, pas tout de suite. Trouver un alibi. « Riley Whitaker, je vous ai déjà furtivement croisé dans la boutique de ma sœur jumelle. Je n'étais pas sûre qu'il s'agisse de vous, même si je n'oublie jamais un visage. ». Sa justification est bancale, elle n'explique pas la raison de sa présence ici, bien qu'il puisse penser qu'elle soit là pour se recueillir également. Après tout, la tombe de Silas est bien dans ce cimetière, même si elle n'a jamais eu le courage, ni la force de s'y rendre. Elle glisse une mèche de ses cheveux mouillés derrière son oreille en contemplant l'inscription sur la pierre tombale. « Je suis navrée pour votre femme. J'ai cru comprendre qu'elle était décédée en Irak. ». L'information est glissée subtilement, elle espère ainsi ouvrir une brèche avant de se montrer trop intrusive.
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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Lun 3 Oct - 13:14

amen omen. (riley&ivan)

theme song.
Ses godasses s’enlisent dans le sol détrempé tandis qu’elle s’approche. Inondée par les gouttelettes qui se fracassent sur ses joues, dégoulinent le long de ses cheveux. Son visage poupin te frappe, ce regard attristé qu’elle te jette, iris d’azur se dardant dans les tiennes. Erin. Tu fourres les mains dans tes poches, rentrant les épaules. Les frissons s’abattent sur ton corps, mordant ta chaire tremblante de froid. T’es trempé, t’as oublié depuis combien de temps t’es rendu là, immobile sous la pluie battante. T’aurais accueilli la jeune fille avec au moins un pauvre sourire décharné, si seulement tu n’étais pas surpris de la voir ici. « Excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger. » Un murmure engloutit par la flotte. Tu détournes ton regard du sien, le laissant vagabonder sur les pétales blanchâtres et gorgés d’eau du bouquet qui se noie. Toi aussi t’as les poumons pleins d’eau, au point que tu respires plus. T’as tellement mal que t’en crèverais. Et pourtant la présence d’Erin, quoi que gênante, t’apaise. Si sur DARWIN’S GAME c’est toi l’épaule compréhensive et rassurante, ici, à Chicago, Erin est la gentillesse discrète, la compassion silencieuse. Celle qui t’empêche de tomber au fond du gouffre, mince espoir que l’humanité n’est plus foncièrement mauvaise.

« Riley Whitaker (…) » T’entends plus rien. Ses mots percent la barrière de ses lèvres, s’évaporent dans l’air, mais ne parviennent plus à ton oreille. Riley. L’autre. La sœur. Deux miroirs, les traits semblables, ce même timbre de voix. Elle n’est pas Erin. Tes opales de cristal se perdent dans la grisaille, un instant s’étire, tu déconnectes. «J’vous ai prise pour Erin. » tu souffles, plus pour toi-même que pour l’inconnue au visage familier. Tes mots sont rocailleux, t’arrachent la gorge. Elle devrait pas être là. Tu avais connaissance de l’existence de la jumelle d’Erin – sans doute avait-elle mentionné son nom, une fois ou deux, au détour de civilités échangée au milieu des rangées de fleur de son magasin, dans lequel tu te rendais toutes les semaines. Et même si la fleuriste ne t’en avait pas parlé directement, tu ne pouvais pas ignorer Némésis, ex-leader des ESHU dans le jeu. « Que faites-vous ici ? » que tu lâches, presque agressif. Tu sens ton intimité bafouée, ce moment privilégié avec le souvenir de ta femme arraché. Les nerfs te titillent, cette inconnue t’agace. Elle n’a rien à faire ici, sur la sépulture encore trop fraîche, sur le caveau se refermant sur le vide. Car son corps n’est pas là. Son corps réduit en cendres, son corps envolé parmi le sable du désert. « Je suis désolée pour votre femme. J’ai cru comprendre qu’elle était décédée en Irak. » Décédée. Morte. Par ta faute. C’est encore trop tôt, trop dur. Le deuil n’est pas fait, la douleur est là, cuisante, lancinante, te rappelant chaque jour que c’est toi, qui a envoyé ce convois sur le chemin miné. Que c’est toi, qui a laissé les véhicules partir en poussières, soufflés par la rage de l’explosion. Que c’est toi, qui portera jusqu’à ta propre mort la responsabilité d’autant de vies ôtées, d’autant de deuils à supporter. Riley observe les gravures de la tombe, et tu te sens soudain fatigué. Las de ce silence qui t’enserre la trachée. Las d’être seul contre tous. « Oui. » C’est tout ce que tu as à répondre. Qu’aurais-tu pu dire d’autre – merci ? Et ainsi partager ce deuil que tu n’arrives guère à faire ? Intolérable. T’as pas envie d’en parler, et pourtant ça t’a échappé, comme un battement de cœur loupé. « Que me voulez-vous Riley Whitaker ? » Comme une supplication masquée dans une question arrachée. Tu fermes les yeux un instant, masquant tes iris dans l’obscurité de tes paupières trop lourdes. Pourvu qu’elle s’en aille.


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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Jeu 27 Oct - 17:23
AMEN OMEN
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Elle sourit légèrement, tristement pour allier avec sa pitoyable stratégie. Cela ne l'étonne guère, beaucoup de gens les confondent. Il faut dire que la ressemblance est frappante, deux copies conformes au premier regard, sosies qui se différencient par leur caractère divergent. Erin a toujours été la plus douce, la plus sincère, Riley est plus... brutale, presque cruelle. Il faut du temps pour s'en rendre compte, Ivan ne la connaît pas, mais elle ne doute pas qu'il fera rapidement la différence, surtout après le petit tour qu'elle compte lui jouer. La voix du jeune homme est rocailleuse, il est bouleversé, elle le ressent, cela la touche. Un simple oui, un simple mot. Il ne veut pas en parler. Elle comprend, Riley hésite. Elle a un cœur après tout. Parfois, elle se perd elle-même dans ce rôle de méchante qu'elle s'est forgé. Mais il faut pourtant qu'il en parle, elle en a besoin. Alors elle joue à l'insensible, elle se fout de le blesser, ce n'est qu'un pas de plus vers l'abîme qu'est sa vie. Puis, après tout, ce serait aussi un mal pour un bien, Ivan pourrait la remercier ensuite de l'avoir libéré d'un poids. Ou pas. Elle hausse les épaules.

Ivan l'interpelle, un peu brusquement, un peu suspicieux aussi non sans raison. Son regard vient trouver ses paupières fermés de l'homme torturé. Elle soupire, remets toi gars, elle est morte, elle ne reviendra pas.. Elle a envie de se gifler d'oser penser ça alors qu'elle avait été dans le même état il n'y a pas si longtemps. Justement, elle sait ce que c'est de perdre tout ce en quoi on pouvait croire, mais la vie continue. La vie continue. « En vérité, votre histoire m'intéresse... L'histoire de votre femme. ». Autant jouer la carte de l'honnêteté. Sa voix est claire, elle ne tremble pas, frissonne tout de même en sentant le froid s'engouffrer dans sa gorge. Gardant la tête haute, Riley le fixe du regard, elle ne baisse pas les yeux, elle n'a pas peur de lui. Peut-être le devrait-elle. Mais c'est ce goût du danger, ce franchissement des limites qui lui donne cette adrénaline qu'elle a besoin pour survivre ici, à Chicago. « J'ai lu énormément d'articles, j'ai fouillé les archives pour en apprendre plus à son sujet. Je suis en cursus de médecine, en vérité, et travailler dans l'US Army m'intéresserait. », tente-elle d'expliquer. Ce n'est pas faux, après tout, l'idée lui a déjà effleuré l'esprit à de nombreuses reprises depuis quelques temps, mais c'est surtout pour son devoir qu'elle a besoin de lui, de ses mots, de ses émotions. Un instant, elle a l'impression qu'une flamme de fureur traverse son regard ou peut-être était-ce seulement le reflet de la pluie qui continue d'inonder les lieux, mais elle ne recule pas, allant même jusqu'à s'avancer vers lui, envahissant son espace sans montrer la moindre pudeur.
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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Ven 4 Nov - 20:42

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theme song.
Une lueur étrange s’empare de ses iris tandis qu’ils te sondent en silence – cette fausse compassion qui suinte par son regard avide se posant sur chacun de tes traits, chacun de tes rictus désolés, chacun de tes trop-pleins de peine. Un instant tu te sens comme révulsé par cette femme que tu as l’impression de connaître alors que jamais tu n’arriveras à voir clair en elle comme tu le pourrais avec Erin. Ces mêmes traits délicats, cette même face de poupée empreinte d’une aura malsaine. Et elle soupire, alors que tu la questionnes sur ses intentions, haussant les épaules d’un air désinvolte, comme soudainement désintéressé de tes sentiments confus et enragés. Alors tu rouvres tes paupières scellées, dardant tes prunelles sur cette enfant sans limites – et elle te renvoie le même regard, cette défiance suintant par chaque pore. Et sans siller elle te lance sa bombe entre les doigts. Ellie. Voilà ce qui l’intéresse, objet de son impudeur, curiosité cruelle qui te bouffe les trippes. Profitant de tes maux, elle s’infiltre dans ta peine pour nourrir son intérêt de manipulatrice narcissique, écrasant quelque sentiment que ce soit au passage s’il le faut. Son cœur est froid, son cœur est vide, dénué de toute humanité. Tu serres les poings, à t’en arracher les phalanges, à t’en écorcher les paumes.

Sa voix s’emmêle dans ta tête alors qu’elle se perd en explications confuses. Archives, médecine – US army. Tu tilts sur le dernier terme, et l’allusion rameutent en toi nombre d’images contagieuses, de souvenirs empoisonnés. Le son des détonations, les tempêtes de sable, ton regard perdu dans le viseur, et ces chars qui poursuivent leur route dans le désert. Ca te tord les boyaux, te remue les tripes, un instant dans la bile au fond de la gorge, et puis tu reviens à toi. Sous la pluie diluvienne qui te trempe jusqu’aux os, et dont la morsure froide te glace les sangs. Et Riley qui continue d’avancer vers toi, brisant cette barrière que tu avais formé autour de ton corps en maigre défense, enjambant un gouffre qui depuis longtemps n’avait pas été franchi. Tu voudrais juste la repousser, l’envoyer valser au loin, elle et ses questions stupides, elle et son intérêt carnassier mais tu te rends compte que t’es à bout de force, que t’arriverais tout juste à la bousculer, à l’effleurer. Alors tu souffles, et ton haleine s’envole en fumée dans l’automne humide et morne. Tournant le dos, tu jettes un œil à la sépulture, avisant les pivoines flottées qui déjà laissent tomber leurs pétales dans les flaques boueuses. « Qui croyez-vous être Riley Whitaker, pour v’nir cracher sur mon deuil avec vos questions à la con ? » que tu lâches sans la regarder. Ta rage s’est essoufflée, évanouie dans une trombe d’eau qui te roule contre la nuque – aussi n’épanches-tu ton venin que dans un souffle, sans même oser rencontrer ses prunelles. « Vous ne comprenez donc pas, hein ? Vous n’avez donc aucun cœur, aucune empathie. » Un sourire en coin qui te creuse la joue un moment, alors que tes iris se perdent au fond du cimetière. C’est bien ce qu’on t’avait de Némésis – une vipère au cœur de pierre.


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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Dim 6 Nov - 23:17
AMEN OMEN
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Elle ne connaît ni les limites de bienséance, ni même celle de la bonne conscience, animée par l'envie d'en savoir plus, elle se risque à s'avancer vers lui, sans éprouver la moindre crainte. Oh Riley devrait sans doute se méfier. Rien n'est jamais sûr désormais, rien ne lui permet d'avoir la certitude qu'il n'a pas un couteau ou même une arme planquée sous son manteau. Peut-être croit-elle toujours en l'espèce humaine, malgré tout. La fougue l'emporte, elle croit surtout en elle. L'homme se détourne de son regard inquisiteur, il se perd parmi les songes d'une journée d'automne devant la tombe de sa bien-aimée disparue. Riley soupire, discrètement, lève les yeux vers le ciel d'orage, laissant les gouttes rafraîchir son visage avant de repartir à la charge. Elle n'en a pas besoin, l'homme s'irrite, l'homme s'énerve, et pourtant ses mots ne sont que des souffles parmi les clapotements irréguliers de l'averse. Si il croit l'intimider, c'est raté. Riley est tenace, il lui en faut plus pour l'effrayer, elle a l'ascendant pour l'instant. Elle le regarde même avec un air de défi alors qu'il fuit son regard. Lâche.

Elle ne répond pas, se contente de sourire, machiavel, amusée. Empathie ? Elle est prise d'un rire qu'elle ne contrôle pas d'abord, Riley n'a que faire de son deuil, elle trouve ça aussi pathétique que pitoyable. La mort est devenue son quotidien, il devrait être le sien aussi. « Cela ne sert à rien de se larmoyer, les morts ne nous entendent pas. », dit-elle seulement dans un murmure. Voilà pourquoi elle n'est jamais venue à l'enterrement de Silas, voilà pourquoi elle n'a jamais mis un pied devant sa tombe, parce que cela n'apporte rien. Les morts sont morts, il n'y a plus que le néant. Rien. Faire son deuil pour quelqu'un qui n'existe plus est stupide et inutile, mais elle se garde bien de le lui dire. « Votre femme n'est plus là. Son corps n'est même pas ici. », fait-elle en haussant les épaules, son regard se posant sur les fleurs qu'il a déposé, symbole d'un au-delà qui n'existe pas. Pivoines d'outre tombe chimérique. Fini le temps de la fausse compassion, cela ne lui sied pas au teint de toute façon. Elle doute d'obtenir des informations complémentaires de sa part, Ivan n'est clairement pas éloquent à ce sujet, mais peut-être qu'en le piquant un peu plus... « D'ailleurs, à ce sujet, j'ai trouvé quelques informations contradictoires. Le corps de votre femme n'a pas été retrouvé, c'est bien ça ? ». Outch, elle y va un peu loin la gamine insouciante, un peu plus et elle signerait même son arrêt de mort. Son regard fait le tour du cimetière pour constater qu'ils sont deux âmes esseulés au milieu de milliers de tombes. Un cadavre de plus ne ferait guère illusion.
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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Sam 26 Nov - 15:25

amen omen. (riley&ivan)

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Son rire se fracasse sur tes tympans, faisant écho à l’averse qui gronde, à ton cœur qui s’emballe, à ton souffle qui s’enfuit. T’en as des fourmis au bout des doigts, des crampes aux phalanges qui te démangent, et tu lui foutrais bien un coup pour qu’enfin elle se taise. Ses mots sont assassins, dégoulinant d’un venin qui te meurtrit la peau, te meurtrit le cœur. Les morts sont morts. Tu déglutis difficilement, avalant avec peine cette réalité que tu ne faisais que repousser alors qu’elle s’était toujours tenue là, sous tes prunelles aveugles de chagrin. Ellie est morte, et jamais plus tu ne verrais son doux visage pourtant encore encré sur ta rétine, jamais plus tu ne sentirais son parfum qui mille fois aura troublé tes sens, jamais plus tu n’entendrais sa voix qui murmure telle une berceuse. Ta femme n’est plus là, qu’elle te jette à la gueule sans une once de compassion, qu’elle te crache dans une sorte de plaisir infini. Tes doigts se serrent sous tes paumes, et pourtant tu inspires calmement avant que la rage ne se joue de toi, marionnettiste de tes membres décharnés. Car tu sais de quoi tu es capable dans la colère et la douleur – et vous n’êtes pas dans le Darwin’s Game, vous êtes réels, vous êtes bien vivants, de chaire et d’os. Un seul geste déplacé te couterait ta peau. Aussi laisses-tu ces onces d’agacement s’envoler avec la pluie qui tambourine, dardant tes iris dans ceux de cette demoiselle effrontée.

Elle te provoque, silencieuse pourtant, étirant ce sourire cynique sur ses lippes, alors que tu jauges la portée de ses nouvelles paroles. Tu laisses couler ton regard sur la tombe d’Ellie – sanctuaire vide où jamais ne reposera son corps mutilé, oublié parmi les grains dorés du désert d’Irak. Cette idée t’es intolérable, aussi détournes-tu aussitôt les yeux de cette pierre insipide et presque insolente. Des mois durant tu auras balancé ton deuil fleuri sur cette sépulture inhabitée, n’osant penser que son cadavre avait sûrement été dévoré par les charognards. Mais Riley s’était appliquée à te ramener à une réalité monstrueuse, à un égoïsme fade que sa famille avait fini par faire naître en tenant à mettre sous terre un cercueil se refermant sur le néant. Et ses mots te brûlent. « Le corps d’Elisabeth a été soufflé par l’explosion, rongé par les flammes de son convoi, et ramené à l’état de cendres, mêlées au sable du désert. » que tu essaies de te convaincre au passage – finalement, tu n’as jamais su ce qu’il s’était passé, jamais su s’ils avaient vraiment cherché trace d’un quelconque survivant parmi les décombres et les chairs brûlées. Et sans doute l’ignorance était-elle la plus douce des consolations.  « Je n’ai pas envie de vous parler Riley. Contentez-vous donc de ce que vous avez cru lire dans les archives, et laissez-moi en paix. » tu grinces, serrant les dents et les poings. T’es soudainement fatigué, las de cette lutte incessante avec toi-même, avec les autres. T’es fatigué de te battre contre tes souvenirs trop amers, ton présent désabusé et ton avenir incertain. Aussi écartes-tu la jeune fille dans un geste un peu brusque, presque bourru, avançant vers le sentier couvert de flaques. « Le jour où vous comprendrez ce qu’est de perdre la personne la plus chère à vos yeux, j’accepterais peut-être de vous parler. » Tu jettes ça un peu au hasard, te permettant des mots furibonds alors que tu ne sais rien d’elle, de son passé et de ses épreuves. Mais au diable tout ça, après tout n’a-t-elle eu aucun égard pour toi, aussi n’en aurais-tu aucun pour elle.



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MessageSujet: Re: amen omen. (riley)   Lun 5 Déc - 15:17
AMEN OMEN
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Elle attend une réaction de sa part, espère secrètement avoir attisé la rage en lui. Puisqu'il ne semble pas décidé à lui révéler quelques informations, elle décide de le mettre hors de lui, qu'elle ait au moins quelque chose à se mettre sous la dent après l'avoir suivi ici. Et pourtant, il tient bon. Il résiste. Ivan ne se laisse pas aller, même si son corps brûle de l'écraser, la réduire à l'état de poussière, il n'en est rien. Au lieu de ça, il lui répond aussi cordialement que possible, soutenant la mort de sa femme et son corps réduit à l'état de poussière. « Si vous vous plaisez à croire ce genre de sottises... À votre place, j'aurais tout fait pour savoir la vérité, si c'est la vérité. ». Riley garde la tête la tête haute, bien droite, alors qu'il la fusille du regard et qu'elle le soutient sans se démonter. Elle ne sait pas ce qui l'incite à le pousser ainsi dans ses retranchements, peut-être cette quête de vérité, à moins que ce ne soit le goût du danger. Cette adrénaline qui pulse ses veines et qu'elle n'arrive pas à retrouver ailleurs que dans le Darwin's Game.

Et puis, Ivan, à la suite d'un dernier discours équivoque, l'écarte de son chemin, traînant ses pieds dans la boue pour quitter ce lieu désolant. Le laisser en paix, Riley rit. Ce n'est pas une injonction de sa part qui va guider ses actions. Au contraire, elle s'amuse de le voir si bouleversé. Du moins, jusqu'à ce qu'il ne lui renvoie sa cruauté au visage. « Qui vous dit que ce n'est pas déjà le cas ? », crache-t-elle véhémente, se tournant vers cet homme qui s'enfuit comme un lâche, incapable d'affronter son passé. Pourquoi refuse-t-il de lui faire face ? Elle ne comprend pas. Si leur rôle avait été échangé, Riley l'aurait giflé de se montrer aussi cruel, elle se serait déchaînée telle une furie sortie tout droit des songes mythologiques. Jamais, elle ne serait enfuie comme il le fait. Pitoyable, pathétique. Il baisse les bras alors que le monde lui impose de combattre. Il n'est pas prêt à affronter la nouvelle réalité de ce monde, mais Riley va l'y forcer. De gré ou de force. « On se reverra bien assez tôt, Ivan », se permet-elle de dire dans un sourire, insistant sur son prénom comme si elle cherchait à s'infiltrer désormais dans sa vie alors qu'il s'efface peu à peu au bruit des gouttes de pluie clapotant sur les pierres tombales. Puis, sans un dernier regard, il disparaît. Riley est seule désormais dans le cimetière, silencieuse face à cette tombe vide, les yeux perdus sur un bouquet de pivoines blanches, face au fantôme d'une femme dont elle désire percer les secrets. Et son sourire ne présage rien de bon.
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