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 rough landing / gypsy
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MessageSujet: rough landing / gypsy   Mer 5 Oct - 20:28
C’était à se demander pourquoi les ESHU gaspillaient de précieuses ressources – en l’occurrence, l’électricité – à garder les néons ternes et certaines attractions du parc en fonctionnement. Peut-être par condescendance, peut-être par insouciance. Les lumières qui frétillent, qui clignotent paresseusement, éclairent à peine la silhouette filiforme qui marche lentement à travers les étals abandonnés, ceux-là même que l’on a délaissés au profit de la salvation réticente des ampoules. La cigarette grésille, le mégot presque entièrement consumé laissant entrevoir un rougeoiement caractéristique; puis, plus rien, alors même que celui que l’on appelle Cyrus se glisse sous les pattes de la roue, l’araignée maîtresse des lieux. Or, si les hauteurs ne l’effraient pas, il n’ambitionne pas atteindre sa cîme. Il se hisse dans une chaise qui émet quelques craquements, la rouille n’ayant pas été particulièrement clémente sur la charpente métallique, pose ses pieds sur le cadrage, allume une autre cigarette. Le calme lui plairait presque s’il n’était pas habitué au chaos, au bruit, à la désorganisation : dans cette optique, les ESHU lui conviennent. Personne ne lui remet sur le nez son absence ni son implication lacunaire. Personne ne lui demande rien, et il ne demande rien à personne. Comme il se doit.

Ça craque, plus haut, aussi; il distingue presque de petits pas, une poignée de mètres au-dessus de lui. Un autre fantôme s’est peut-être installé dans la tranquillité de la grande roue. ESHU ou non, ça lui importe peu, tant que personne n’ose le déranger. Pas qu’il soit armé, prêt à défendre son oasis de paix avec ferveur; il trimballe trois fois rien, un pistolet merdique accroché à la ceinture et qu’il préférerait ne pas avoir à utiliser. Il aime à croire que sa simple parole peut le sortir des pires situations; et jusqu’à maintenant, ça fonctionne, alors pourquoi douter? Les craquements se font plus insistants, plus irréguliers : puis, un cri déchire la pénombre, suivi du son sourd d’une masse qui s’écrase contre le sol poussiéreux. Un souffle amusé s’échappe de son nez alors qu’il tire sur sa cigarette, daignant finalement se lever pour s’approcher du désastre. Sous ses yeux, un cadavre – ou plutôt, les prémices d’un corps mort, qui ne tarderait pas à se volatiliser en une nuée de pixels colorés. Il lève les yeux : il semble évident que la fillette se soit jetée du haut de la roue. Pourquoi une telle envolée? Il y avait des façons plus simples et moins douloureuses de faire décroître le compte d’un tatouage. Alors qu’il repose son regard noisette sur la masse informe, elle disparaît, comme prédit, le laissant à nouveau seul. Il s’appuie contre un stand, détaillant sans grand intérêt le point de chute, le sang qui macule le sable. Bientôt, quelqu’un réapparaîtrait, et quelqu’un tomberait sur lui.

La reconnexion ne tarde pas beaucoup; suffisamment, toutefois, pour que le tabac de sous-catégorie, le feuillage sauvage qu’il siphonne sans relâche lui manque presque. Il agite le petit paquet bricolé alors que ses yeux croisent les boucles dorées, la menue silhouette, l’air hagard. « Dur atterrissage », qu’il prononce simplement, à moitié assis sur le comptoir délabré, partiellement camouflé par l’ombre du petit toit de toile troué.


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MessageSujet: Re: rough landing / gypsy   Jeu 3 Nov - 23:26
Les ailes trop déployées, elle avait chuté l'enfant du paradis. Le sol, bouche béante ouverte l'avait engloutie dans une tombe où la douceur pixelisée contrastait fortement avec le réveil douloureux qui l'attendait de l'autre côté de la barrière. Le seul réconfort qu'elle trouva à la perte de sa première vie fut le matelas moelleux de son hébergement actuel. Le nombre délirant d'oreillers pour une si petite tête blonde. Le veste océan de ses pupilles s'ouvrit alors même que sa bouche de poupée éclatait dans un hoquet déchirant, le coeur perdu dans ses battements trop pressant, l’œsophage compressé, obstrué par la bile qui menaçait d'envahir sa bouche. Elle observe ses mains tremblantes d'un retour hâtif sur terre, les anneaux d'argents crissant de ses phalanges, elle les égraine sur le matelas, essayant vainement de reprendre une respiration correcte. Dans un geste maladroit elle ramène contre elle ses jambes, fouillant à sa cheville parmi les bracelets de perles, celui qui cache l'encre noir d'un tatouage maudit. Le chiffre est là. Brûlant d'une vérité dont elle ne saurait dire si c'est un soulagement ou une angoisse. Ce monde qui la tente tant, cette évasion interdite, presque irréel n'a rien d'un imaginaire trop nourrit, il est au contraire le fruit d'une création divine qu'elle s'est mis en tête de rencontrer. Et la courbe rougeoyante du 9 qui vient de prendre place à sa cheville renforce dans la tête bien dérangée de la gamine, ce but insaisissable qu'elle prêtant atteindre. Elle et ce drôle d'objet qu'on nomme communément ordinateur. L'écran luisant, défendu se réfléchit dans ses yeux piquants de nuits d'insomnie. C'est une môme faible, tentée par la perdition de son ignorance.

Son corps frêle percute de nouveau le sol, contrecoup d'une chute inattendue. Déjà revenue, déjà perdue. Les yeux fardés, la poupée cherche son chemin à travers les longues aiguilles et les maisonnettes de la grande roue. Peut-être la silhouette de Giant Fairy se découpe-t-elle encore dans les ombres mouvantes du squelettes mécaniques du manège. Peu importe. Le sort en a choisi comme cela devait être. Après tout, si désormais elle est pourvu de neuf vies, c'est bien parce que dix scintillaient comme trop pour son compte. C'est avec neuf qu'elle doit vivre, c'est avec neuf qu'elle vivra. Ce n'est point un trésor qu'il faut jalousement garder, mais une denrée privilégiée que l'on peut gaspiller. C'est une voix, ténue dans l'obscurité de la fête endormie qui fait pivoter l'enfant sauvage, aux éclats de lunes éparpillés sur l'épiderme, aux couleurs informelles chatoyants sur son corps dansant. « Dur atterrissage. » C'est un homme qui vient de parler, un chat silencieux, tapis dans l'ombre, un énergumène dénué de la violence à laquelle ce monde les habitue, un être à l'esprit plus aiguisé que les lourdes masses qui s'entassent sur les champs de bataille. « Peut-être mais je suis revenue. » argumente-t-elle dans un vague haussement d'épaule alors que ses yeux se pose sur le sol, là où réside encore le fantôme de son corps évaporé. « C'est bien le principe non ? Mourir pour revenir. » cause-t-elle au gravas sous ses pieds, ne cherchant pas à identifier ni à approcher l'inconnu reculé dans sa cavité. « C'est une chance même. Peu de gens peuvent se targuer de posséder dix vies à dépenser. » Enfin ses yeux se relèvent, ses yeux béants d'ahurie, à la malice destructrice.
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MessageSujet: Re: rough landing / gypsy   Mer 9 Nov - 18:05
Il en grille une, deux, se perd un instant dans ses pensées, regrette de ne pas en avoir plus sur lui. La blonde réapparaît, chérubin vautré dans un halo sanglant, ange ressuscité, le décompte amputé jusqu’à ce que le jeu daigne la récompenser pour ses actes loin d’être héroïques. Elle était revenue, certes. Renvoyée sur cette terre d’opportunités, non pas par la bonté de quelque déité, mais bien parce qu’elle avait, encore une fois, cédé à l’appel hypnotisant de l’écran de son ordinateur. Ressuscitée, mais à quel prix? Elle a le regard rivé sur les vestiges de sa propre hémoglobine, visiblement peu secouée par son retour brutal. Elle l’avait cherché, après tout. « J’aurais tendance à dire que le principe, c’est de bien faire attention à conserver le plus de… chances possible », finit-il par lâcher, nonchalant, reprenant éhontément le vocabulaire pour le moins coloré – voire ésotérique – de son interlocutrice.

Il s’extirpe des ombres, ne voyant plus l’intérêt d’y demeurer, pour s’approcher de la gamine. Un bourgeon de femme, une adolescente glorifiée, à la blondeur si candide qu’il a presque l’impression de se retrouver devant celle qu’a été, à une époque, sa sœur Joanne. Or, il n’est pas dupe, et il comprend rapidement que le manque de réaction face à un décès si brutal, s’il n’est pas dû à un fatalisme funeste, est simplement attribuable à un soupçon de délire qui le rebuterait en d’autres circonstances. Il approche ses doigts du visage de la gamine, replaçant d’un geste lent une mèche dorée rebelle derrière son oreille. « Bien sûr que non. » Il s’étonnait lui-même de sa perfidité. N’y avait-il plus rien de sacré? Plus rien qui vaille la peine d’être protégé, chéri?

Il était désabusé depuis longtemps de quelque sainteté attribuable à ce qu’il était socialement convenable de respecter : l’autorité, la maternité, la jeunesse, l’innocence d’une génération qui façonnerait le monde de demain. Un monde qu’il ne connaîtrait jamais de toute façon; il en était conscient. « T’es certaine de pouvoir te permettre de les dilapider comme ça? Vaudrait peut-être mieux faire plus attention. À moins que… » Il s’arrête un instant, feignant une pensée calculée, mystérieuse. Il cale la cigarette qu’il s’apprêtait à allumer derrière son oreille, rangeant finalement le paquet improvisé dans sa poche arrière. Son regard s’ancre dans celui de la blonde, ses sourcils se froncent dans un élan de préoccupation mathématique. « À moins que tu l’aies mérité. »


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MessageSujet: Re: rough landing / gypsy   Dim 15 Jan - 22:01
Le drôle de pantin dégaine les cigarettes comme on enclencherait la gachette d’un flingue chargé. Il s’dégomme les poumons à coup de canon fumigène, encrassant de poussière l’élan vital reconstitué dans le nouveau monde. Quelle drôle d’idée, songe l’enfant, d’engloutir les cendres de l’enfer au paradis.  Ses yeux vacillant se posent sur le drôle d’énergumène qui s’échappe de l’ombre foraine pour venir se poser devant l’inconsciente ressuscité. Il développe des propos dans un langage identique au sien, se permettant des gestes anodins comme celui d’écraser une mèche lunaire derrière l’oreille de Gypsy. Le nez froncé elle observe  l’éclat de ce qu’elle prend pour de la tendresse. Des doigts aux pensées malignes qui se permettent bien des choses. Une bouche aux pensées sournoises et calculées qui se plaît à se moquer de l’excentricité de cette infortunée.

Et voilà que le perfide touchait un point sensible, non négligeable de l’idéologie démentielle de la môme. L’ange candide se décompose sous le regard sérieux de l’homme aux manières appliquées. « M… mérité ? » bredouille-t-elle, portant la main à son poignet pour s’emparer nerveusement d’une traînée de perles qu’elle égraine entre ses doigts. « Pourtant j’ai rien à me reprocher pour l’instant. » se défend la naïve, la mine songeuse de quelques mégardes qu’elle aurait pu commettre depuis son entrée dans le précieux univers. « T’crois que… eux ils voient vraiment tout ? » De sa voix d'ailleurs aux consonances des différents continents, elle insiste sur ce mot terrifiant. Cette vision divine qu'elle peine à partager sur ce monde idéalisé. Le ton est confidentiel, presque inquiet. Elle ne prend pas garde, à la manière d’un personnage de conte, se jetant dans la gueule sarcastique de ce loup avide d’un divertissement pour le moins distrayant. « J’ai peut-être menti une fois c’est vrai, mais c’était trois fois rien, ça faisait parti de mon jeu tu vois. » argumente-t-elle pour prôner un sort en sa faveur.
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MessageSujet: Re: rough landing / gypsy   Mar 24 Jan - 22:46
Pour l’instant. Un petit sourire qui aurait pu paraître compatissant, empreint d’une certaine pitié, vient assombrir le visage de l’énergumène. Il se sent empli d’une certaine condescendance qu’il parvient à cacher sans trop de mal, surtout au vu de la naïveté évidente de la gamine, dont il compte abuser au maximum. Sans raison particulière, il a envie de la tourmenter un peu, de voir jusqu’où il peut aller avant qu’elle ne se brise entre ses doigts, la poupée aux grands yeux désormais horrifiés de celle qui peine à croire qu’elle puisse être dans le tort. Elle ne l’est pas, bien sûr – or, il se fera un immense plaisir de lui faire avaler le contraire. « Bien sûr qu’ils voient tout. » Un petit rire se fait entendre, un ricanement moqueur, enjôleur. « Et quand ils aiment pas ce qu’ils voient… » De la senestre, il désigne le sang virtuel qui macule le sol, tout près d’où ils se tiennent, illuminé comme divinement par un vieux néon jaunâtre qui vacille, tremblote au gré du courant.

« Une fois seulement, peut-être, mais c’était une fois de trop, sans doute », finit-il par soupirer, comme réellement éprouvé par la misère que vit la blonde. Ça le fait rire intérieurement que de réussir à la faire avaler ainsi des inepties si… évidentes. Comme pour tourner un peu plus un fer chaud dans la plus fraîche des plaies béantes, il poursuit, après avoir repris entre ses doigts sa cigarette pour la tripoter, l’air absent. « Dans cette optique, je dirais que les gens qui conservent leur 10 sacré sont largement supérieurs au reste. Ils n’ont pas cherché à les tenter. » Asher ancre un instant ses yeux dans ceux de la gamine, dont il ignore encore le nom. Pas que ça l’intéressait de le connaître, nécessairement. Les commissures de ses lèvres s’étirent et il se penche vers la gamine, secret, pour épancher dans un murmure : « On dit que ceux qui se rachètent peuvent regagner leurs chances perdues. » Se redressant, il hausse les épaules, comme pour souligner le caractère hypothétique de la chose. Cette gamine aussi naïve que givrée était tombée sur le pire des prédateurs.


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MessageSujet: Re: rough landing / gypsy   Dim 5 Mar - 23:40
Le drôle de prophète qui se tient devant elle lui fiche la frousse. Clairement. Il en sait trop, beaucoup trop, et beaucoup plus qu’elle. De ses yeux rieurs, un peu fouineurs, et particulièrement moqueurs il se répand en constatations bibliques qui foisonnent aux oreilles de Gypsy à la manière d’oraisons funèbres. Tu vas crever si tu continues tes conneries ma jolie, tu vas clamser si ce monde ne veut pas de toi. Et dans sa panique attendrissante, la môme blonde elle fait tourner ses bagues, vriller ses yeux de cet oracle de pacotille. De ses pieds de funambuliste elle marque la distance, creusant l’écart, le gouffre idéologique qui les sépare déjà mais que sa naïveté ne fait que résorber.

Et si c’était lui, le créateur de cet univers dysphorique, aux relents violents d’un onirisme détraqué.
Elle préfère pas demander. Elle préfère se casser plutôt que de défier le diable humanisé.

« Dis leur que j’vais me racheter. Dis leur que j’suis à la hauteur. » Les mots sont presque des murmures quand ils franchissent les lèvres de l’infortuné tournée en dérision. Elle se rend pas compte de l’absurdité de sa religion. « J’suis pas une looseuse. » argumente-t-elle dans un vocabulaire contemporain qu'elle ne maîtrise pas parfaitement encore, alors que ses pieds reculent plus vite qu’une biche effarouchée.

Elle demande pas son reste Gally, certaine d’avoir vu une de ces divinités s’humaniser sur Terre, se matérialiser pour la prévenir, pour l’avertir, qu’en réalité le pire est à venir.

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