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 survive ▬ kerrigan & lucifer
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MessageSujet: survive ▬ kerrigan & lucifer   Mer 26 Oct - 8:20
survive
kerrigan & lucifer




Autour de toi, plus rien n’existe. Seul ce crucial instinct persiste, celui-là même qui semble relier tous les hommes, qui les maintient en vie depuis la nuit des temps : survivre. Ton cœur bat une chamade que tu ne lui connais pas, ton souffle est manquant et tes jambes ont parcouru une distance qu’elles n’avaient encore même jamais frôler auparavant. Depuis combien de temps tout cela dure ?  Tu lèves un regard vers le ciel. Est-ce qu’Il te voit ici ? N’est-ce pas ce que tu mérites, après tout ? Tomber dans les filets du Darwin’s Game, c’était de condamner toi-même. Mais tu n’as plus le temps d’y réfléchir. Tu perçois derrière toi la cadence tranquille de ton chasseur. Tu t’es retourné, étrangement calme, vers la silhouette de l’homme. Il ne lâche pas l’affaire. Sur son visage, un sourire. De ceux qu’on prête à la folie, de ceux qui glacent le sang. Si tu as peur ? Tu es tétanisé. Tu as bien essayé de fuir, de contourner le problème sans penser un seul instant à faire front. Cela n’a pas suffi. Ton destin t’a rattrapé. Il porte les traits d’un homme haut et fort, à l’endurance remarquable et au crâne rasé. Tes yeux se plissent pour mieux l’observer un instant. C’est un démon. Pas question qu’il t’attrape. Pas aujourd’hui. Jamais, même. Tu t’en fais la promesse.

Tu es reparti dans ta course effrénée contre la mort. Tu aimerais trouver refuge. Trouver quelque chose, n’importe quoi, qui pourrait te venir en aide. Plus tu parcours du chemin et plus la lance contre ton échine semble peser. Elle te presse, te murmure au creux de l’oreille qu’elle est la solution à tous tes problèmes. C’est ridicule penses-tu. Toi, tu n’as rien d’un chasseur, d’un traqueur, d’un tueur, rien de cet espèce-là. Toi tu es un homme d’église perdu dans un monde infernal. Les forces commencent à te manquer. Tu trébuches de plus en plus et apercevoir du coin de l’œil la silhouette menaçante te poursuivant ne semblant souffrir d’aucune espèce de fatigue te grignote peu à peu les nerfs. Alors, tu comprends, enfin. Que tu n’as pas le choix. Tu t’es arrêté au milieu d’un carrefour perdu au fond de cette ville abandonnée. Le souffle haletant, tu t’es saisi de la lance que tu n’as jamais utilisée jusqu’ici, pointant fébrilement l’arme vers ton assaillant te rejoignant d’un pas étrangement tranquille.

« Fais-gaffe, tu risques de te blesser. » Lâche-t-il. Tes sourcils se froncent. Il sait que tu es nouveau dans le coin ou tout du moins que tu n’adhères pas vraiment aux règles principales du jeu – tu mords ou t’es mort. Quel genre de plaisir peut-il éprouver à ainsi traquer une âme comme la tienne ? « Alors comme ça tu veux te battre ? » L’homme fait craquer sa nuque puis ses poings. Il ne prend même pas la peine de sortir une quelconque arme. Il est si sûr de lui. Il maîtrise parfaitement la situation là où tu as complètement perdu pied. Tu ne dis rien, te raccrochant avec désespoir au manche de ton arme. « Vas-y, j’attends. Frappe. Moi. » Il articule chaque syllabe, prend le temps de poser ses mots et se délecte d’ainsi provoquer une impuissance fatale chez ton être. Tu sais qu’à ta place il n’hésiterait pas. Pas un seul instant. Quel genre d’homme peut tuer sans hésitation ? Que peuvent-ils leur passer par l’esprit ? Leur être arrivé au sein de leur existence pour arriver à un tel dénouement ? « N’approchez pas ! » Tentes-tu avec l’air le moins convaincant du monde. Tu déglutis lentement, sentant tes muscles se crisper sous les éclats de rire de ton vis-à-vis. Il sait que tu es fini. Vous le savez tous les deux.

Tu ne retiens plus les cris. Personne ne t’entend de toute façon. Il t’a traîné au fond d’un de ces bâtiments désaffectés et abandonnés de tous. Pour que vous soyez plus tranquilles. Il n’y a que lui et toi. Lui et ses coups précis, qui savent causer du tort sans aller jusqu’à la mort. Toi et ton corps brisé, l’esprit embrumé, répétant quelques prières pour ne pas perdre complètement le fil de tes idées. C’est tout ce qu’il te reste en cet instant : ta foi. Elle est là qui brûle ardemment au fond de ta poitrine alors que tout s’écroule autour de toi. Etalé sur le côté, tu observes la forme étrange qu’a pris ta dextre. Ce n’est pas très rassurant comme couleur, ces tons violacés. Tu t’attends à être interrompu dans ce court moment de répit, dans cet instant de contemplation étrange de la chute de ton propre être. Mais rien ne vient. Tu essayes de voir par-delà le voile de sang s’étant logé par-dessus tes pupilles. Rien. Tu ne ressens plus la présence de ton assaillant. Aurait-il abandonné ? Est-ce que tu as été inconscient ? Tu es incapable de le dire. Tu sens cependant un élan mêlé d’espoir et de courage soulever ton cœur. Regardant autour de toi, tu aperçois l’arme avec laquelle tu as lamentablement tenté de défendre de ta vie précédemment. Une seconde chance t’est offerte, il faut que tu la saisisses. Tu te relèves péniblement avant d’agripper la lance, non sans tituber un instant. Dieu veut que tu sois fort répètes-tu sans cesse au fond de ton esprit. Mais cela ne veut pas dire que tu es prêt à défoncer le crâne du salaud qui t’a à moitié torturé. Ce serait contre tous tes principes.

Il n’y a qu’une seule porte dans cette pièce, un mûr écroulé te donnant peu de chance de sortie. Rien de bon augure pour ton avenir. Tu décides tout de même de tenter le tout pour le tout. Ouvrant doucement la porte, tu jettes un œil dans le couloir sur laquelle elle donne. Rien, personne. Tu avances à pas de loup, la peur au ventre. Il faut que tu rentres au QG des ATOM. Il faut que tu retrouves où il se cache. C’est le seul moyen pour te sauver la mise. Arriver dehors sans encombre est déjà une grande victoire pour ton être mais tu es bien vite rattrapé par la terrible brutalité du monde dans lequel tu évolues. Un nouveau coup s’abat sur toi, dans le creux de ton échine déjà marquée de coups. A nouveau, tu tombes. Mais tu te relèves rapidement, prenant appui sur ta lance. Tu fais face, tu fais front, à cet homme devenu bourreau. La peur, la rage, la douleur, tu es incapable de dire ce qui a mené ta main mais la lame de ta lance finit par se ficher dans les chairs de ton assaillant. Il ne réagit pas vraiment. Observe le bras légèrement coupé avant que son rire ne résonne à nouveau. « Vraiment ? C’est tout ? » Tu pourrais lui ficher la pointe de cette maudite lance au milieu de la poitrine, du crâne, de n’importe quel autre point vital de son corps. Tu en es incapable. Vous le savez tous les deux. « Qu’est-ce que vous me voulez ? » La question est légitime. Peut-être y a-t-il méprise ? Aurais-tu pu causer du tort, d’une quelconque façon à cet être ? Il ne semblerait pas. Vu son rictus malsain, cet air de cinglé qui te confirme qu’il ne fait cela que pour s’amuser. « J’veux juste jouer. » Il confirme tes pensées. Il t’a achevé. Cela se lit dans ton regard ; au creux de tes pupilles, le désespoir. Si bien que tu ne vois plus vraiment venir la main de ton assaillant écraser ta gorge afin de te ramener violemment contre le mur. « Et crois-moi, j’ai pas fini de m’amuser avec toi. »
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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Jeu 27 Oct - 19:40
Les drapeaux qui flottent doucement dans le contre-jour, balayant lassement les parois des barricades de fortune, ont presque réussi à l’hypnotiser. Sur les banderoles immaculées, le symbole du Jour de l’unité, de l’espoir, de l’enfance maudite du jeu, lorsque les équipes assistaient en personne aux affrontements; une ère révolue qui pesait l’ancienne CAHO, visiblement trop pour son propre bien. À une distance raisonnable des entrées condamnées, elle observe en silence le mystère qui se dresse devant elle. Un inconnu qui ne tarderait pas à être révélé, elle n’en doutait point. Elle pousse un soupir paresseux. Un nuage de condensation volatile s’élève devant elle, lui rappelant soudainement la fraîcheur qui l’enveloppait, transperçant les pièces d’armure de cuir qui sanglaient ses membres. Dans un frisson, elle se frotte les bras, puis enfonce ses mains dans ses poches, tournant le dos à l’île de Northdell pour rentrer au chantier naval. C’était la maison qui l’avait accueillie, la famille qui tentait tant bien que mal de l’intégrer, de lui faire sentir qu’elle faisait partie des leurs; et elle était l’enfant indigne qui sabotait une à une ses relations avec ceux qu’elle aurait pu appeler ses frères et ses sœurs. Kerrigan n’avait pas l’habitude de se montrer ingrate; les circonstances faisaient simplement en sorte qu’elle répétait le même cycle qu’elle avait vécu chez les CAHO. Une intégration marquée par le respect; la lune de miel envoûtante; l’effacement graduel…

Dans un monde idéal, elle ne répéterait pas la dernière étape chez les ATOM; celle-là même qui l’avait conduite à la porte du chantier naval.
Or, ce monde n’avait rien d’idéal.

Ses pas sont silencieux – une habitude dont elle ne se défaisait plus – alors qu’elle traverse une section particulièrement endommagée de la ville; un quartier qu’elle ne pouvait que s’imaginer un tant soit peu plus animé à une hypothétique époque où Darwin Harbour se tenait encore debout. Un rappel funeste de ce qui attendait Chicago, métaphoriquement, si le fléau persistait. Pas qu’elle échangerait le jeu pour quoi que ce soit : c’est sous les traits de Kerrigan que Sibel avait réappris à vivre, et elle en serait à jamais reconnaissante.

Ses oreilles captent une conversation et elle se dissimule aussitôt dans l’ombre d’un pan de mur, le temps de distinguer à quelle distance se trouvent les voix masculines qu’elle perçoit. Agresseur et agressé. C’est évident; ça pue l’attaque gratuite jusqu’à ses narines, ça empeste l’injustice, et ça lui fait plisser le nez. À une autre époque, elle aurait passé son chemin. Maintenant, elle se sent prise d’une compulsion altruiste qui ressemble davantage à la femme qu’elle était dix ans passés. Tant pis. Refaire une place à cette entité d’autrefois n’est pas un si grand problème en soi. Kerrigan fait un pas devant, puis un autre, jusqu’à apercevoir la scène par un effondrement dans le ciment. Il n’est pas difficile de comprendre lequel des deux est le plus mal en point : tenu par la gorge contre le mur, à la merci de son agresseur, la victime se laisse malmener, la terreur bien visible au fond de ses yeux. Coup de chance : l’agresseur tourne le dos à ce qui fait office de porte. Elle détache lentement, dans un grand silence, la chaîne fine enroulée quelques fois autour de son cou. Un objet dont elle n’arrivait pas à se départir malgré l’avantage stratégique qu’il offrait à ses ennemis; le seul bijou le moindrement délicat qu’elle avait trouvé depuis ses débuts dans le jeu.

Kerrigan profite des quelques mots qu’il prononce pour s’avancer sans qu’il ne puisse la détecter, puis passe à l’attaque, trop rapide pour qu’il puisse riposter : la brune passe la chaîne par-dessus la tête de l’assaillant pour l’étrangler, le tirant vers l’arrière. Un coup derrière le genou suffit à lui faire perdre l’équilibre et elle tire plus fort pour le faire tomber, étranglant les cris de surprise du prédateur dans sa gorge avant même qu’ils ne soient entendus.

L’homme porte sa main à sa ceinture pour en décrocher un pistolet, mais la femme se montre plus rapide, abattant son talon sur les doigts de son adversaire dans un craquement à glacer le sang. Désormais persuadée qu’il n’est pas en mesure de tenir une arme convenablement, Kerrigan empêche l’homme de s’échapper en appuyant de tout son poids sur son torse de sa jambe droite, accroupie près du corps. L’homme halète, le souffle coupé par le talon qui s’enfonce dans son diaphragme. « Des dernières paroles? » Sauveuse, exécutrice : des concepts qui n’étaient pas nécessairement conflictuels, incompatibles. Pas pour elle, en tout cas. « Salope », parvient à crachoter l’homme à terre, le regard noir; Kerrigan, elle, rit jaune, frottant ses doigts lacérés par la chaîne, peu soucieuse d’étaler le sang sur ses mains. « C’est bien ce que je me disais. » D’un geste vif, elle dégaine le couteau sur sa cuisse et l’enfonce sans une seconde d’hésitation dans la jugulaire de l’assaillant. Un cri ou la détonation d’une arme à feu auraient pu alerter d’autres joueurs à leur présence, or, le mourant s’étouffe dans son propre sang sans pouvoir hurler son désespoir, sa fin inévitable, dans le plus humiliant des silences. La femme se redresse alors qu’une explosion de pixels illumine la pièce. Dans la poussière, elle récupère la chaînette, qui s’est sectionnée lors de l’assaut. Elle pince les lèvres, mais n’en fait pas toute une histoire; elle trouverait bien quelqu’un capable de la réparer éventuellement. Elle met le bijou dans la pochette attachée à sa ceinture avec une délicatesse presque burlesque lorsque comparée à la sanglante affaire qu’elle vient de régler.

Ce n’est qu’à ce moment qu’elle croise le regard de la victime rescapée. Le visage meurtri, les doigts bleus, les blessures qu’elle ne peut qu’imaginer sous les vêtements poussiéreux, tachés par son propre sang; le tableau n’est pas coquet. « Viens, on va au moins s’éloigner avant qu’il ne revienne deux fois plus frustré. » Elle ne lui demande pas comment il va; ça serait une insulte à la souffrance qu’il a dû endurer pour en arriver là. Kerrigan tend sa main – recouverte du sang ennemi et mutilée par la morsure de la chaîne – à l’homme, prête à le soutenir s’il a du mal à marcher, prête à le traîner jusqu’à son quartier général s’il le fallait, où qu’il soit. Elle l’avait déjà fait pour Faust, elle le ferait pour cet inconnu, si c’était nécessaire. « J’ai quelques trucs qui pourront te faire du bien jusqu’à ce que tu puisses retourner chez toi. » Chez toi. Dans ce monde ou dans l’autre.



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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Mar 1 Nov - 22:38
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« NON ! » Ton cœur sursaute, ta voix tressaille. Seigneur, que vient-elle de faire ? Même lui, même cet être de malheur, ce bourreau sans cœur, ce démon sadique, même lui ne méritait pas de mourir. Ta main dressée comme seule barrière vers la scène du crime, tu te sens bien impuissant et ridicule. Tout s’est arrêté autour de vous, tu as l’impression que chaque seconde s’étend en une éternité. Tu ne l’avais pas vu venir. Tu pensais, à nouveau, périr par la main d’une brute fanatique de ce jeu d’aliénés. Jamais tu n’aurais pensé être sauvé par ce que tu considères être une autre dégénérée. Tu te ravises à propos de ton jugement. Ce n’est pas juste. Tu ne peux pas l’appeler comme cela, non, elle t’a sauvé la mise, a épargné une de tes vies. Mais était-elle obligée d’occire cet homme ? Non, bien sûr que non.  Même si elle a des allures de sauveuse, à tes yeux, elle ne vaut pas beaucoup plus que ton assaillant ayant désormais disparu. A-t-il définitevement péri ? Impossible à dire. Ton regard s’égare un long moment sur l’endroit où le cadavre aurait dû reposer, s’il avait été de chairs et non de pixels, avant de glisser jusqu’à la silhouette féminine. Au fond de tes pupilles, pas de rage, de mépris ou de sentiments de cet acabit qui auraient pourtant pu t’animer. Non, seulement le désespoir de ton impuissance face à ce monde si brutal. Ignorant la femme, tes lippes s’agitent dans la symphonie d’une prière. Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que brille sur lui la lumière de ta face. Qu’il repose en paix. Amen. C'est tout ce que tu peux lui accorder, ne connaissant de cet homme que sa soif de sang et une cruauté malsaine affichée. Lentement, de ta dextre endommagée et tremblante, tu te signes. Tu as encore besoin de quelques instants pour toi avant que ton attention ne se dirige à nouveau vers la demoiselle à qui tu dois une vie.

« Vous, vous n’auriez pas dû… » Ta voix est posée, calme. Etrangement calme pour ce genre de situation. « Le tuer, je veux dire. Vous auriez pu épargner sa vie, ce n’était pas… vous n’étiez pas obligée de le tuer. » Lui briser les os, le plonger dans l’inconscience, bref, le neutraliser aurait été suffisant. Mais donner la mort, non, vraiment, tu ne peux pas t’y résoudre. Même ici, même après tout ce que tu viens de vivre. Ton discours se révèle bien ingrat pour quelqu’un venant d’être sauvé. Tu t’en rends alors compte et tentes de réparer l’affront. « Je vous suis reconnaissant, vraiment, vous m’avez épargné beaucoup de souffrance... supplémentaire. » Tu jettes un œil à ta dextre, essuie d’un revers de la main une partie du sang et de la crasse qui s’est collée contre ton front. Les dégâts ne sont pas anodins. Tu ignores leur ampleur véritable mais tu ressens ton corps fatigué et brisé qui cherche farouchement à fuir la douleur, réclame du repos et te maudit de ne tout simplement pas avoir accepté d'aide. Comment oses-tu prendre le temps de contester les actes de cette femme ? Mais si tu ne le fais pas, qui, ici, le fera ? « C’est assez inespéré et inhabituel par ici. » Tu t’accordes un demi-sourire triste. Ce que tu détestes ce jeu maudit, tu lui voues une haine sans limite. « Tout comme épargner une vie j'imagine. » Tu n'en démords pas. Tu as l'impression d'être un illuminé perdu au fond de cette jungle triviale. Comment est-ce donc possible que tant de personnes acceptent l'idée de s’entre-tuer, uniquement dans le but de jouer ? Encore, tu peux comprendre que les premiers colons de ce monde inexploré n'aient pas de suite compris l'ampleur de leurs actes. Mais, aujourd'hui, alors que tous savent ce qu'impliquent leurs agissements, comment peuvent-ils continuer ? Tu ne comprends pas, même en retournant le problème sous toutes les coutures. Tu ne t'imagines pas tuer, même pas pour défendre ton existence, même pas pour t'épargner tout le mal du monde, même en sachant que ton adversaire n'en crèverait pas pour de vrai. Tuer reste tuer à tes yeux, peu importe que ce soit en arrachant l'une des dix vies virtuels de tes comparses joueurs ou de définitivement éteindre leur existence.
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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Ven 4 Nov - 4:51
« Il n’est pas mort mort. » On ne saurait dire si le timbre est agacé ou amusé; dans tous les cas, si elle ne cherchait pas la reconnaissance à tout prix, elle s’admet surprise d’être confrontée à une telle réaction. La précision tranche le silence alors que la main de l’homme termine le signe de croix sur son épaule droite; alors qu’il lui reproche d’avoir accéléré son décompte vital. Kerrigan pose son regard mordoré successivement sur les traits tirés de l’homme, puis sur l’endroit où gisait, quelques secondes auparavant, son agresseur. « Sinon, il serait encore là. » Passé le temps où l’on pleurait l’une des vies de ses coéquipiers : c’est maintenant l’instant fatidique où son corps ne se dématérialiserait pas que l’on redoutait le plus, signe qu’il avait été foudroyé, de l’autre côté de l’écran, par le zéro fatidique sur sa peau. Kerrigan sent le jugement, la critique; et pourtant, devant ce qu’elle perçoit comme de l’ingratitude, elle ne fuit pas, se contentant d’essuyer la lame qui a mis fin au calvaire de l’inconnu sur un pan de sa chemise. Amère, certes, elle l’était un brin; or, elle ne le laisserait pas à son sort, surtout qu’il risquait de perdre la vie qu’elle lui avait épargnée en tentant de rentrer seul à son quartier général.

Elle relève la tête alors qu’il reprend la parole, par réflexe. Un merci à demi-mot qui suffit à apaiser l’amertume qui l’envenime. Elle décoche à son interlocuteur un sourire bref, rangeant son arme soigneusement dans son arsenal. D’abord, le remerciement dissimulé, puis la critique bien plus évidente; elle plisse le nez, agacée. « On sait vraiment pas sur quel pied danser, avec toi. » La politesse avec laquelle il s’adresse à elle ne l’embête pas outre mesure. Si c’est ce qui lui plaît, alors soit. Aussi gentiment qu’elle le peut, elle invite l’inconnu à sortir du bâtiment en ruine, fouillant d’une main distraite dans son sac pour y trouver de quoi apaiser ses souffrances. « Tu me mets au même rang que le dégénéré qui t’a fait souffrir, de toute évidence. Certains choisissent la voie facile. Pas moi. » Plus maintenant. Le geste religieux qu’avait esquissé l’homme alors qu’ils étaient encore à l’intérieur lui revient en tête, comme un flashback éloquent. Ça lui rappelle qu’elle aussi, à une certaine époque, avait vécu selon des préceptes bien stricts; cru que, quelque part, quelque entité veillait sur elle. S’il existait réellement un Dieu, alors il l’avait abandonnée depuis longtemps. « Et qui te dira ce qu’est la voie difficile? C’est délier un joug ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent ou un pauvre dans le dénuement. Et c’est être, en outre, de ceux qui croient et s’enjoignent mutuellement l’endurance, et s’enjoignent mutuellement la miséricorde », récite-t-elle finalement, presque machinalement, comme un vieux souvenir indélébile. La voie facile, c’était ignorer la souffrance d’autrui. La difficile, c’était celle qu’empruntait Sibel à l’instant.

Kerrigan pêche finalement dans son sac un petit pot scellé qu’elle ouvre aussitôt. L’odeur est répugnante, mais elle sait que le baume ferait le plus grand bien aux coupures subies par l’inconnu. « Tes mains », qu’elle exige, attrapant finalement d’elle-même la dextre pour y appliquer l’onguent odorant, peu soucieuse de quelque protestation. « Comment t’es arrivé jusqu’ici? » demande-t-elle finalement, comme pour changer le sujet, alléger l’atmosphère. Le choc finirait par tomber, et sans doute l’inconnu finirait-il par lui pardonner ce qu’il interprétait comme de la sauvagerie. « Comment je dois t’appeler? »



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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Mar 22 Nov - 22:20
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Elle a les mots qui réveillent ton âme, la lèvent de sa torpeur et te rappellent que, même ici, Il a le regard posé sur ton être. Oh, tu ne l’as jamais vraiment oublié mais l’état de choc dans lequel tu te trouves t’a écarté de ton droit chemin, le temps d’un instant. Un instant de trop à tes yeux, désormais. Tes pupilles se fondent dans les siennes tandis qu’elle prononce la psalmodie. Quelques syllabes pour apaiser ton esprit, quelques syllabes afin de balayer la terreur et la souffrance s’étant installées au fond de tes entrailles. C’est ce dont tu avais besoin. D’un regard, tu la remercies tacitement. Un soupir s’échappe d’entre tes lippes tandis que tes pupilles scrutent les alentours. Il n’y que vous et le souvenir éphémère d’un monstre aux traits humains. Tes yeux glissent à nouveau sur le sol où son corps éphémère avait reposé. Il n’est pas vraiment mort t’a-t-elle dit. Cette femme a l’air bien plus expérimentée que ton être dans ce jeu, tu as tout intérêt à la croire sur parole. Elle te sort de ton obsession pour ce cadavre évaporé, te demandant tes mains. Tu lui laisses s’occuper de ces dernières, sans aucune protestation. Ce serait idiot de refuser son aide. Et il serait idiot de sa part de te causer du tort après avoir épargné ta vie. Dans tous les cas, tu n’as pas vraiment le choix ; peu importe ce qu’elle compte faire de toi, tu es à sa merci.

Les questions qu’elle te pose sont légitimes. Tu n’y réponds cependant pas tout de suite. Les paupières closes, tu sembles en pleine réflexion. A vrai dire, tu es en train de réfléchir à ce qu’il vient de se passer. Quelles étaient les chances qu’une bonne âme passe et te sauve la vie ? Infime. Tes pupilles réapparaissent aux yeux du monde, fixant la demoiselle aux allures d’ange gardien. Un ange armé et dangereux. Ta main gauche, moins amochée que ta dextre dont les phalanges tordues n’augurent rien de bon, vient délicatement se poser sur le poignet de ta nouvelle compagne. «Pardonnez-moi. » C’est un murmure, une demande sincère, que tu as prononcée tête baissée. «Je n’aurais pas dû vous juger. » Tu relèves le regard vers son visage, scrutant ses traits avec attention. «Mais je n’y me ferai jamais. » A l’idée de tuer ? La mort en général ? A ce jeu infernal ? Tu n’es pas sûr de toi-même de ce que tu as voulu insinuer. Si tu regrettes de t’être toi-même jeté dans cet Enfer de pixels ? Absolument. Mais c’est pour veiller sur elle, que tu t’es lancé à corps perdu vers ce monde désastreux. «Je ne voulais pas me battre. Alors j’ai fui jusqu’ici. » Tu soupires longuement. Vraisemblablement, ton plan n’a pas vraiment été très concluant. A nouveau tu jettes un œil à l’emplacement du meurtre. « Mais il était plus coriace que moi. Et étrangement déterminé à m’avoir. » Tu plisses les yeux, te demandant ce qui a bien pu pousser cet homme à t’en vouloir de cette façon. La folie ? Un sadisme maladif ? Rien de bien très reluisant, assurément cet homme portait en lui les plus sombres traits de l’humanité. Tu as laissé le temps au silence de s’installer quelques secondes avant de reprendre la parole. « Lucifer. » A chaque fois que tu prononces ce nom que tu t’es attribué, tu repenses à la première fois que tu l’as confié à un autre joueur. Le début de ton existence ici, tes premiers pas dans cet Enfer terrestre. « C’est comme cela que vous pouvez m’appeler. » Précises-tu, afin d’éviter toute confusion. C’est que l’homme que la demoiselle a chassé avait bien plus des allures que ton propre être. Toi, tu es cet ange tombé des cieux, condamné à vivre au sein de ce monde infernal.
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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Mer 30 Nov - 3:00
La sauveuse soigne en silence la main écorchée, délicate, attentionnée, dans une sorte de torpeur qui ne ressemblait en rien à la furie qu’elle avait déchaînée contre l’inconnu volatilisé. Elle laisse l’homme reprendre ses marques, se remettre du choc causé par l’attaque démesurée, par la traque; son silence se veut respectueux là où elle n’a pas fait de cérémonie avec son entrée sans invitation et son exécution sanglante. Kerrigan se concentre sur sa besogne, recouvrant soigneusement chaque coupure, chaque égratignure afin d’assurer à son interlocuteur une convalescence des plus courtes. Les doigts qui effleurent finalement son poignet lui font relever la tête, curieuse, pour ne croiser qu’un regard fuyant accompagné d’excuses qui n’étaient pas nécessaires. « J’ai l’habitude », qu’elle fait finalement, esquissant l’ombre d’un sourire gêné. Le jugement faisait partie de sa vie, pour le meilleur et pour le pire. On l’avait jugée inapte au travail, on ne l’avait jamais considérée comme tout à fait CAHO, et on continuait de ne pas la considérer comme tout à fait ATOM. Sa famille lui avait reproché d’insister pour des funérailles catholiques pour sa jeune sœur, on avait pointé du doigt sa foi défaillante. Alors qu’elle était au bord du gouffre, la personne en qui elle avait le plus confiance au monde avait jugé sa décision d’abandonner égoïste et malvenue. C’était le jugement qui avait fait le plus mal, mais qui avait été le plus bénéfique de toute son existence.

« On s’est tous dit ça, au début », poursuit-elle enfin dès que les derniers phonèmes de son interlocuteur s’éteignent. Kerrigan croise enfin le regard d’acier de l’homme, qui tranche avec la chaleur de l’ambre du sien. Pourtant, elle décèle plus de chaleur dans cette simple œillade qu’elle n’en fera jamais preuve. « Puis, la réalité nous rattrape. Tôt ou tard. » Elle ignore ce à quoi son interlocuteur réfère, mais elle pensait comprendre, par le contexte, que la violence intrinsèque à Darwin’s Game ne le réjouissait pas le moins du monde. C’est le regret qui s’installe finalement sur le visage de la brune, brièvement, avant qu’elle ne mette un terme à ses soins, jugeant la situation de ses mains impossible à améliorer davantage. Elle passe ses mains sur ses cuisses pour étendre sur ses vêtements l’excédent d’onguent, puis range, pêle-mêle, ses affaires dans son sac. Alors l’inconnu avait fui les coups acharnés de son adversaire pour mieux se retrouver acculé au pied du mur, à la merci la plus totale de son bourreau – elle semblait être arrivée au bon moment, même si croiser le chemin de la traque aurait pu lui permettre d’épargner la santé de son interlocuteur. « Certains ne jurent que par la chasse. D’autres ne sont satisfaits que par la boucherie. » Elle savait mieux que quiconque que l’appel du sang avait suffi à ôter toute décence à certaines personnes pourtant honorables, en temps normal. Pour d’autres, ça n’était qu’une occasion parfaite d’exprimer leur véritable nature.

Kerrigan décoche un coup d’œil curieux à son interlocuteur lorsqu’il lui déclame finalement le nom maudit qu’il a dû choisir à son inscription. Lucifer. Elle réprime un sourire cynique. « Il n’y avait pas de pire Enfer dans lequel tomber, Lucifer », lui souffle-t-elle finalement. Le pseudonyme était trop de circonstances pour qu’elle ne le souligne pas. « Je suis Kerrigan. » Elle se présente à son tour, consciente que le sobriquet honni des CAHO ne lui serait sans doute pas connu – et c’était sans doute mieux ainsi. Il n’était pas difficile de constater qu’il n’était pas un joueur de longue haleine, à moins qu’il ait réussi à survivre, malgré tout, en refusant de se battre. La brune s’éclaircit la gorge, fait quelques pas pour observer les alentours, comme si elle préférait ne pas rester trop longtemps au même endroit. « Je vais faire une supposition éclairée et déduire que je dois te ramener chez les ATOM », qu’elle finit par lui lancer, reprenant un air plus sérieux. Son regard se porte vers le ciel. « Repérer le nord et longer la mer. » L’énumération sonne comme un mantra, comme si la mnémotechnique lui était gravée dans l’esprit. « Ça pourra sans doute te servir un jour. » Elle adresse à Lucifer un sourire compatissant, l’enjoignant à la suivre.



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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Ven 16 Déc - 12:30
survive
kerrigan & lucifer

Pas de pire Enfer dans lequel tomber. Et c'est peu dire. Depuis que tu y es, tu n'es attiré que souffrance et angoisse. Une erreur qui t'a pris quelques secondes et qui finira très certainement par te tuer. Que ce soit ici ou dans le monde réel, tu sais, qu'inévitablement le Darwin's Game finira par anéantir vos vies, votre monde entier. Comme si l'Apocalypse était à vos portes, grondant et se préparant à se déverser sur vos existences. Bientôt, le son de la trompette de Gabriel résonnera contre vos tympans. Tu soupires doucement, chassant toutes ces pensées peu optimistes de ton esprit. Tu gardes le regard posé sur la jeune femme, observant le moindre de ses gestes. Si tu t'en méfies ? Cela serait idiot. Elle est ta seule chance de rentrer vivant, comme une lumière te guidant au fond d'un tunnel bien sombre. Tu te relèves avec la lenteur de la douleur mais sans te plaindre pour autant. Tu prends juste le temps de réfléchir à quels gestes exécuter afin d'éviter le plus de souffrance à ton corps malmené. Tu prends la peine de ramasser ton arme s'étant révélée inutile jusqu'ici. T'entraîner seul ne mène à rien, il va falloir que tu trouves quelqu'un capable de t'apprendre. Mais qui donc pourrait endosser cette tâche alors que tu crains à chaque instant qu'on reconnaisse ton être ? Un problème qu'il faudra remettre à plus tard. Un sourire sincère illumine ton visage quand la demoiselle t'identifie ATOM. Forcément. Par élimination, elle a trouvé sans aucune hésitation.  « Je suis démasqué. » Lâches-tu en écartant les mains sous la fatalité de la chose. Pas de doute, tu ne peux pas faire partie des CAHO. Tu as rapidement cerné les valeurs de cette équipe ; sang, violence et arrogance. Les ESHU ? Impossible, trop bienveillant. GAIA, peut-être. ATOM sans aucun doute. Même si finalement, ici, tu ne te sens à ta place nulle part. Tu as le ressentiment d'être une brebis perdues dans un monde de loups.

Repérer le nord et longer la mer.
Elle a prononcé ses mots telle une prophétie, de celles que l'on conte dans les livres et les films fantastiques. Tu murmures l'indication comme un aventurier perdu. C'est le genre de conseils dont les joueurs novices ont besoin. Le genre de conseils que l'on t'aurait très certainement donné volontiers si tu traînais un peu plus au sein du QG, si tu ne t'efforçais pas de fuir tant que faire se peut le moindre être humain.  « Merci, je tâcherai de m'en souvenir. » Lui réponds-tu avant de lui emboîter le pas. Tu as cette étrange impression d'être un enfant à qui l'on doit encore tout apprendre. Ce monde est bien différent de celui que tu connais. Tu restes sur les talons de ta nouvelle compagne de route, scrutant les alentours. Même peu expérimentée, une paire d'yeux supplémentaires n'est pas trop pour veiller. Chaque pas est douloureux mais tu serres les dents ; plus vite vous serriez arrivés sur les terres des ATOM et plus vite vous serriez en sécurité. La question te vient alors à l'esprit ; appartient-elle également à la team bleue ? Tu la scrutes un instant. Ne fréquentant que trop peu le repère de ton équipe, tu n'as jamais eu l'occasion de rencontrer cette femme - à vrai dire tu n'as pas eu l'occasion de rencontrer grand-monde. Tu élimines la possibilité qu'elle appartienne au CAHO, ignorant complètement que Kerrigan en ait un jour fait partie. L'espèce de bête toute à l'heure, cet homme prédateur, en porte les couleurs, assurément. Elle, elle n'a rien en commun avec ce genre de chasseur sanguinaire. Du reste, il n'y a qu'une seule façon de trancher : lui poser la question. Tu t'éclaircis un peu la gorge avant de te lancer. « Est-ce que je me trompe en supposant que vous faîtes également partie des ATOM ? » Au final, la réponse t'importe peu. Mais sans doute est-ce pour te rassurer un peu, pour te confirmer que dans l'équipe étant tienne, il y a de bonnes âmes. De bonnes âmes un peu barbares, certes, mais il semblerait que soit de coutume par ici.
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MessageSujet: Re: survive ▬ kerrigan & lucifer   Jeu 12 Jan - 0:09
Il semblait évident d’amalgamer Lucifer au reste des pacifiques, de ces marins improvisés qui occupent le chantier naval. Elle était sans doute la plus inapte d’entre eux, la rescapée d’un naufrage qu’elle s’était infligé à elle-même. Kerrigan n’avait pas le pied marin, n’aimait pas l’air salé qui lui piquait les narines lors des journées venteuses. Pourtant, elle ne se voyait pas d’ores et déjà délaisser la sécurité relative des quais pour affronter le jeu en solitaire, à jouer la desperada, en proie à tout l’environnement qui l’entourait – aussi hostile que sécuritaire, aussi familier qu’inconnu. Alors elle ronge son frein, sachant pertinemment que les idées qui bouillonnaient au fond de son encéphale finiraient par prendre forme, concrètement, un jour ou l’autre. Plus tôt que tard. Même parmi les bleus, Kerrigan n’avait remarqué qu’un nombre bien faible, voire nul, de gens qui refusaient de blesser même si leur vie était menacée. Même chez les pacifiques, sa place était parmi une minorité silencieuse.

Elle prend les devants sans plus tarder, espérant éviter de devoir affronter à nouveau l’assaillant de Lucifer. Kerrigan ignorait en réalité combien de temps il mettrait à revenir dans le jeu. Pour se venger, ou non. Pour traquer à nouveau la proie qui lui avait échappé ou alors le prédateur supérieur qui la lui avait arrachée. Ils suivent le bord de l’eau d’un pas ferme, décidé; elle l’aide à se tenir, parfois, lorsque ses membres endoloris le font vaciller. Pourtant elle ne dit rien. En guise de réponse à sa question, un sourire doux-amer, presque teinté de regret, les dents serrées derrière des lèvres minces, asséchées par les aléas de la température, accompagné d’un hochement de tête. Oui. Un silence équivoque. Depuis combien de temps? Plus longtemps que lui, assurément, même si d’aucuns iraient jusqu’à dire qu’elle n’en faisait pas partie depuis assez longtemps; voire qu’elle n’avait pas sa place parmi les bleus. Pour combien de temps encore? Ça, elle l’ignorait, mais savait que son temps parmi eux s’égrenait lentement.

[...] Le soleil se couche lentement à l’horizon, mais ils aperçoivent les lumières familières du chantier naval, qui leur laisse croire qu’ils parviendront à s’y rendre avant la noirceur. Elle presse le pas, Kerrigan, comme si une ombre la poursuivait. L’ombre de sa victime, peut-être. « On y est presque », qu’elle encourage l’éclopé, pressée de finalement mettre les hauteurs de la ville derrière elle. Pour eux, les portes du chantier s’ouvrent instantanément. Ça n’est pas la première fois qu’elle ramène un ATOM blessé au bercail; ça devient presque une routine, un rituel, pour les autres, de voir la traîtresse leur ramener l’un des leurs. Elle repousse ceux qui tentent de venir l’aider. Elle est épuisée, mais elle veut mener à bien son œuvre. Elle veut le mérite, le crédit, si égoïste soit-ce; elle veut montrer qu’elle est là pour les bonnes raisons. « Va juste chercher Hippocrate », qu’elle souffle à une joueuse qui se tient non loin et qui file aussitôt en direction de l’infirmerie. « Pas de protestations », fait-elle finalement avec un sourire en coin à l’adresse de Lucifer. « Tu me dois bien ça. »

Alors elle le laisse s’éloigner avec l’aide des médecins de l’équipe lorsqu’ils accourent, les mains sur les hanches, comme une bergère regarde un mouton renégat revenir parmi le troupeau. Un soupir, mi-satisfait, mi-épuisé, franchit ses lèvres. Être bon demandait beaucoup d’énergie, visiblement. Mais elle ne détestait pas ça. Surtout, elle aurait aimé pouvoir convaincre Lucifer de se joindre à son projet. Celui qu’elle mettait en place pour ceux qui, comme lui, ne supportaient pas de devoir se battre. Elle se battrait à leur place, si on le lui permettait.

- FIN -



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