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 no turning back (isaïah)
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MessageSujet: no turning back (isaïah)   Mar 8 Nov - 20:32
Encore un matin à souhaiter ne pas s'être réveillé, de ne jamais plus le faire. Encore un matin pendant lequel Jerzy se retrouvait seul dans cet appartement trop grand, sans Holly ou Eryk. Il n'avait plus réellement de raison de se lever - si ce n'était de savoir que plusieurs jours plus tard, son fils viendrait vivre avec lui pour une petite semaine comme il en avait convenu avec son ex femme. Jerzy ne faisait que de penser à cette fameuse semaine, sachant que cela ne se passerait pas aussi bien qu'il pouvait l'espérer. Eryk lui avait bien fait comprendre qu'il préférait être aux côtés de sa mère et de son nouveau compagnon plutôt qu'en sa compagnie. Pouvait-il lui en vouloir ? Non, tout comme il ne pouvait pas en vouloir à Holly d'être partie - avec un autre homme ou non. Elle l'avait supporté, lui et sa maladie, durant de nombreuses années, faisant passer ses besoins avant les siens, et il était normal qu'elle craque. Il se demandait même comment elle avait fait pour tenir autant de temps à ses côtés et lui était toujours reconnaissant de lui avoir montré autant d'amour. Elle lui avait fait oublié le reste et c'était ce qui importait le plus. Chaque matin, il pensait à elle et à ce qu'ils avaient eu l'habitude d'avoir. Le cinquantenaire faisait bonne figure lorsqu'il la voyait mais, au fond, il était toujours autant brisé de l'avoir perdu; de savoir qu'elle se trouvait dans les bras d'un autre homme alors qu'il n'avait personne. Il avait l'impression de revivre la situation qu'il avait vécu avec Janka et ressentait, de nouveau, cette douleur atroce qui lui donnait envie de vomir. Sans Holly, il n'était rien et il fallait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte.

(...) Les heures étaient passées et il était désormais dix huit heures. Jerzy avait passé la journée dans son appartement, ne se sentant pas apte à sortir et à affronter la foule. Il n'avait pas fait grand chose de plus que de regarder à sa fenêtre pour voir les passants se presser sur les trottoirs et la pluie tomber. Le cinquantenaire aimait la pluie parce que Janka, elle, elle l'aimait aussi. Il avait apprit à apprécier les mêmes choses qu'elle, pensant qu'elle allait l'aimer un peu plus si c'était le cas. Sa mâchoire se contracta à la seule pensée de celle qui l'avait rejeté et il secoua la tête violemment. « Non, Jerzy. Commence pas. » Qu'il s'ordonna. Penser aux deux femmes de sa vie n'aidait absolument pas mais lui rappelait simplement qu'il n'était qu'un raté, incapable de se battre jusqu'au bout et qui gâchait la vie de ceux qu'il aimait. Il ne doutait aucunement qu'il gâchait celle de son fils et, ça, c'était le plus dur. Le polonais voulait être un bon père, le meilleur qui soit pour Eryk mais il ne pouvait juste pas. Sa maladie en décidait autrement.

Il termina par se lever après avoir respirer un bon coup pour se calmer et éviter de laisser ses émotions prendre le dessus. Jerzy se dirigea ensuite vers la cuisine où il attrapa ses médicaments pour en reprendre même s'il savait que cela faisait trop comparé à la dose qui lui était prescrite, mais la vérité était qu'il voulait simplement se sentir normal. Evidemment, ce n'était l'effet que ça lui faisait mais il ne pouvait pas s'en empêcher, ayant l'espoir naïf de pouvoir être soigné complètement. Il enfila ensuite une veste et ses chaussures avant de prendre son sac de boxe qui se trouvait à l'entrée. Le seul moyen qu'il avait de se vider la tête était la boxe et la salle était le seul endroit où il ne se sentait pas impuissant et incompétent.

(...) Arrivé à destination, le cinquantenaire ne mit pas longtemps avec d'aller se changer, et à peine eut-il terminé qu'il commença déjà à s'échauffer. Il savait quoi faire ainsi que comment pour avoir pratiqué presque depuis le début de sa vie. C'était dans ses veines. « Oleksiak ! » La voix qui l'appela lui était bien plus que familière et Jerzy se crispa même si un sourire s'étendit sur les lèvres avant qu'il ne se retourne pour faire face à l'un des boxeurs avec qui il avait pu travailler pendant plusieurs années. « Pete, comment tu vas ? » Il le prit rapidement dans ses bras avant que ses iris ne se posent sur un jeune homme à l'autre de bout de la salle qui le regardait d'un drôle d'air.

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MessageSujet: Re: no turning back (isaïah)   Sam 12 Nov - 0:24
Rechercher mon père biologique, c'était une idée qui s'était imposée à moi un peu par hasard, un soir alors que je réfléchissais encore et toujours à des solutions pour aller mieux, alors que je cherchais encore et toujours à me connaître et me comprendre pour me sortir de la situation sans issue dans laquelle j'étais depuis des semaines déjà, incapable de sortir de chez moi sans paniquer au moindre bruit trop fort, au moindre contact accidentel, incapable d'aller travailler, de mettre les pieds sur le ring sans être terrassé par les flashback du jour de l'unité, incapable même de dormir sans en cauchemarder, et tout autant incapable de tendre la main pour me faire aider...
Il m'était apparu à force de réflexion, qu'un autre de mes problèmes, en plus des angoisses liées au stress post traumatique, restait que je ne me connaissais pas, ou tout du moins qu'un pan entier de mon identité manquait. En effet, j'avais connu ma mère, peu de temps certes, six toutes petites années à Varsovie mais je gardais d'elle un nombre conséquent de souvenirs, suffisamment pour savoir qu'elle m'avait aimé, suffisamment pour savoir qu'elle m'avait protégé plus que quiconque ensuite...Je savais qui était ma première famille d'accueil, ceux qui avaient décidé de me rejeter peu avant l'arrivée de leur enfant biologique et je savais qui étaient les Kowalski, ces parents adoptifs avec qui je ne partageais rien, pour qui je ne ressentais rien mais j'ignorais qui était mon père.
Ma mère ne l'avait jamais évoqué et je n'avais jamais pu qu'émettre des suppositions une fois en âge d'y réfléchir, terminant par avoir en tête plus de questions que de réponses... Etait-il vivant ? Était-ce un de ses clients ? Était-ce à l'inverse un homme qui l'avait aimée ? Etait-il au courant de mon existence ? Des questions que j'avais ressassées en silence des années durant mais qui aujourd'hui étaient devenues insupportables, plus que jamais j'avais besoin de savoir, en quelques heures à peine, c'était devenu plus qu'une priorité, une véritable obsession, je m'étais lancé dans une enquête acharnée, allant jusqu'à jouer des relations de mes parents pour obtenir enfin après quelques jours une identité quelques mots sur un papier froissé que je tenais entre mes doigts, Jerzy Oleksiak, ancien boxeur, et juste en dessous, l'adresse de la salle qu'il avait encore l'habitude de fréquenter.

J'avais longtemps contemplé la feuille, si longtemps que je me demandais par quel miracle l'encre n'avait pas fini par pâlir et s'évaporer, j'étais incapable de savoir comment je me sentais, de mettre
des mots sur mes émotions, j'avais un nom, ce père que j'avais tant rêvé, que j'avais tant imaginé, avait un nom, et un métier, c'était probablement ça le plus grand choc pour moi, découvrir que j'étais le fils biologique d'un boxeur, découvrir que mon amour pour ce sport, cette impression qui m'avait toujours habitée, d'être né pour ça, d'avoir ça dans le sang, n'était pas si fausse.
Tout comme je me rappelais avoir les yeux de sa mère, maintenant je savais que j'avais la passion de mon père et étrangement ça me nouait la gorge, me dire que j'étais le fils de quelqu'un, que je n'étais plus le fils de rien.

J'avais attendu quelques jours, le temps de m'habituer à l'idée, de me préparer psychologiquement aussi et j'avais fini par décider d'aller à l'adresse indiquée, le trajet  fut long, plus d'une fois j'avais eu envie de faire demi-tour en voyant la foule de gens qui se pressait mais j'avais fait un effort, je m'étais forcé à rester calme et j'avais fini par arriver au bon endroit
Et maintenant quoi ? C'était ce que me soufflait la voix dans ma tête, maintenant quoi ? J'avais vaincu mes angoisses, traversé la moitié de la ville alors même qu'aller chercher le courrier était difficile ces jours-ci et maintenant quoi ? Comment trouver mon père au milieu de tout ces hommes, je ne pouvais quand même pas leur demander un par un de décliner leur identité, si ?

Heureusement, peut être même pour la première fois de ma vie, la chance décida d'être de mon côté et une exclamation retentit, couvrant les dizaines d'autres voix « Oleksiak ! »
Je tournai la tête par réflexe et repérai rapidement les deux hommes, celui qui avait crié, et l'autre mon père.
A cet instant, mon monde se figea, je ne réalisais pas vraiment, je ne comprenais pas, que l'homme qui m'avait conçu il y a 25 ans de cela à Varsovie était à seulement quelque pas de moi, c'était comme si tout était irréel, comme si ça n'existait pas.
Mais ça existait et, comme l'homme regardait dans ma direction, je pris mon courage à deux mains et traversai la salle pour aller l'interpeller à mon tour.

« Excusez moi, vous êtes bien Jerzy Oleksiak ? »

Je lui laissai juste le temps d'approuver, après tout, la question était plus rhétorique qu'autre chose, avant de demander ce qui importait vraiment.

« Est-ce que je peux vous parler ? En privé ? »

Les battements de mon cœur ne cessaient d'accélérer, j'avais peur qu'il refuse, peur qu'il accepte, je ne savais pas ce que je devrais dire ensuite et sentais déjà les larmes qui me brûlaient les yeux, l'autre homme, mon propre père, devait être en train de sérieusement me prendre pour un dingue et je me maudissais pour ça

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MessageSujet: Re: no turning back (isaïah)   Sam 12 Nov - 12:36
Janka et Jerzy. Jerzy et Janka. Une histoire folle, passionnelle, éphémère et impossible du début à la fin. Peut-être même avait-elle été à sens unique. Le cinquantenaire se posait souvent la question, seul et se ressassant toutes les choses qu'il avait fait de travers dans sa vie déjà bien avancée. Janka revenait toujours. Elle était là, comme incrustée dans sa peau et coulant dans ses veines. Il se demandait, Jerzy, si elle pensait aussi à lui. Si elle se disait qu'elle aurait dû le suivre, embrasser cette vie qu'il avait voulu lui offrir. Si elle ne regrettait pas d'avoir choisi son travail au lieu de le choisir lui, celui qui l'aimait toujours au point d'en crever même après vingt cinq ans de séparation. Il l'aimait autant qu'il aimait Holly parce qu'elles étaient les femmes de sa vie, les seules, les uniques. Il s'était fait à l'idée qu'elles étaient une partie de son existence, une partie qu'il ne changerait pour rien au monde. Ça faisait mal, c'était douloureux au possible, mais ça en valait la peine. Elles en valaient la peine. La chute était toujours aussi douloureuse mais la vérité était qu'elles avaient fait de lui le plus heureux des hommes, lui offrant la possibilité de se sentir normal et aimer malgré sa maladie qui lui pourrissait la vie. Il regrettait ses écarts, ces petites choses qui avaient fait, qu'au final, elles étaient parties, l'avait laissé en plan en lui brisant le cœur et le bousillant un peu plus encore. Ces petites choses incontrôlées, ses épisodes, ses crises. Même si Jerzy avait fait la promesse à Holly de changer, il savait que ce n'était pas possible, qu'il n'y arriverait jamais même s'il essayait de toute sa force. Sa maladie aussi faisait partie de lui, il fallait qu'il continue de vivre avec et accepte qu'au delà de ses cinquante années, il ne pouvait pas vivre une vie ordinaire et basique comme il avait toujours rêvé de vivre.

Cependant, cette différence qui lui bouffait la vie s'évaporait au même moment qu'il passait les portes de la salle de boxe. Le cinquantenaire se retrouvait dans un autre moment, un monde qui était fait pour lui, comme créé pour ses beaux yeux. Il en oubliait presque la présence d'une dizaine d'autres personnes autour de lui, réussissant à contrôler son anxiété. Il avait toujours considéré cela comme une sorte de signe, une façon de lui dire qu'il était là où il devrait être et que le reste n'avait plus d'importance lorsqu'il jouait de ses poings. La boxe était son échappatoire, sa force. C'était pour cela que Jerzy osait sortir de chez lui et affronter la foule; parce qu'il savait qu'il allait retrouver son havre de paix, son paradis damné.

Dès son arrivée, il se sentit chez lui, en sécurité loin du monde qui se démantelait peu à peu et finirait par se détruire. Il ne fallut pas longtemps avant qu'une voix ne l'interpelle, lui rappelant qu'il n'était pas seul sur une autre planète. Jerzy se crispa en sentant les regards se tourner vers eux et faisant monter l'anxiété contrôlée en lui mais il arriva tout de même à sourire, s'autorisant même à prendre son vieil ami dans ses bras pendant un court instant. Il tenta d'éviter de croiser les iris d'une autre personne pour ne pas faire monter un peu plus la gêne au fond de ses entrailles mais, finalement, il croisa tout de même ceux d'un jeune homme qui se tenait à l'autre bout de la salle et le fixait bizarrement. Le boxeur fronça légèrement les sourcils alors qu'il voyait l'individu se rapprocher de lui, le rendant légèrement plus nerveux qu'il ne l'était déjà depuis que Pete avait décidé de crier son nom dans l'immense pièce. « Excusez moi, vous êtes bien Jerzy Oleksiak ? Il avala difficilement sa salive et ne quitta pas les yeux de son interlocuteur, comme pour trouver des réponses aux questions qui se mélangeaient dans sa tête. Il ne répondit pas tout de suite mais termina par lâcher un oui hésitant. Est-ce que je peux vous parler ? En privé ? » Jerzy jeta un rapide coup d'oeil à Pete qui était aussi interrogatif que lui. « Bien sûr. » Il retira ses gants et les posa sur un banc à côté de lui avant de lui faire signe de le suivre.

Le cinquantenaire ouvrit la porte des vestiaires puis rentra, suivit du jeune homme. Il se retourna et passa une main dans sa nuque, montrant son malaise. « C'est l'endroit le plus calme de la salle, qu'il expliqua. Il ne savait pas de quoi il voulait lui parler mais cela semblait un peu trop important pour qu'ils ne discutent en plein milieu des autres personnes se trouvant dans la salle. Est-ce qu'on se connaît ? Jerzy se doutait que non mais c'était possible que ce soit le cas également parce qu'il n'avait pas une très bonne mémoire. L'homme sentait ses paumes devenir moite et son pouls s'affoler, son anxiété prenant le dessus sur toute autre chose à l'intérieur de lui. De plus, l'inconnu ne l'aidait pas à se détendre puisqu'il semblait réellement qu'il se sentait mal et était à deux doigts de fondre en larmes. Tu veux t'asseoir ? T'as pas l'air de te sentir bien. Il se permettait de tutoyer une grande partie des personnes qui était moins âgées que lui. Son regard montrait l'inquiétude qu'il ressentait envers le jeune homme en face lui. Tu... Tu vas pas me faire un malaise, pas vrai ? Le boxeur avala difficilement sa salive une nouvelle fois, détournant le regard une demi-seconde. De quoi veux-tu me parler, ... ? » Il s'arrêta, se rendant compte qu'il ne connaissait pas son prénom.
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MessageSujet: Re: no turning back (isaïah)   Dim 27 Nov - 4:07
Les mains qui tremblent, les poings qui se serrent fermement, les ongles qui transpercent la peau et pourtant la douleur qui n'atteint pas le cerveau, l'impression d'étouffer, d'être en train se noyer, tant de symptômes devenus bien trop familiers qui m'envahissaient alors que mes yeux s'accrochaient à ceux de mon père.
J'avais peur,  peur qu'il refuse de me parler et d'être rejeté, abandonné une énième fois mais peur aussi qu'il accepte, peur de rendre les choses concrètes, peur de l'affronter, peur de connaître la vérité. J'avais l'impression d'être piégé, une seule pensée en tête, une seule envie plus forte que les autres, plus forte que le reste, partir, courir, fuir et oublier, quatre mots qui tournaient en boucle dans mon esprit, et auxquels j'aurais probablement fini par céder si la voix de mon  père n'avait pas soudain finit par briser le silence qui s'était installé, comme si mon intervention avait suffit à figer la salle entière, acceptant ma requête avant de me faire signe de le suivre.

Sans réfléchir, je lui emboîtais le pas vers les vestiaires, jouant machinalement avec le cordons de mon pull, devant lutter contre l'envie de mettre ma capuche pour me soustraire à tout les regards, pour me protéger de leurs interrogations malsaines, de la curiosité mal venue dans leurs regards de serpent. Ce ne fut qu'une fois la porte fermée que je me détendis un peu, vaguement, me sentant pourtant incapable de dire quoique ce soit, incapable de parler ou de prononcer un mot, secouant simplement la tête en guise de réponse, pour lui dire que non, non nous ne nous connaissions pas, non je ne voulais pas m'asseoir et non, je n'allais pas faire un malaise, ou du moins pas à ma connaissance.
Malgré mon mutisme apparent, malgré cette distance, cette froideur presque que j'imposais, sa sollicitude, son inquiétude à mon égard et que je pouvais lire dans ses yeux me touchait énormément, la plupart du temps, quand je me retrouvais dans cet état, les gens préféraient m'ignorer, devenaient soudain aveugles et me laissaient seul à devoir lutter.
Le silence s'installa brièvement, à peine une demi-seconde avant qu'il ne le brise pour me demander de quoi je souhaitais parler, laissant la fin de sa phrase en suspens, cherchant probablement une identité qu'il ignorait et que je m'empressais de décliner.

« Je m'appelle Isaïah... »

J'hésitais un instant, sur le nom de famille à employer, sur les papiers il était vrai que je portais le nom de  Kowalski depuis plus de dix ans déjà, mais je n'avais pourtant pas oublié mon véritable nom, celui qui m'avait été donné à la naissance, celui qui me liait par le sang à une famille, des ancêtres, une histoire, je l'avais même ajouté en secret en nom d'usage, une promesse de ne jamais oublier d'où je venais, pour ne pas oublier que je n'étais pas du même monde que ceux qui m'avaient accueilli, que je n'étais pas, et ne serai jamais, comme eux.
Je finis par me décider enfin, après de longues secondes, me forçant à regarder l'homme dans les yeux, alors même que je détestais ça en temps normal, sondant son regard, espérant secrètement qu'il reconnaisse les yeux de la femme qu'il avait peut être aimé, prenant la parole d'une voix tout sauf assurée.

« Isaïah Romanovski »

Je scrutais son visage,cherchant à voir le moindre signe, à deviner la moindre réaction, me demandant si un simple nom de famille suffirait à le faire réagir, après tout il y avait peut-être des milliers d'autres Romanovski en Pologne..Je n'en savais rien, n'ayant pas vécu assez longtemps à Varsovie pour connaître ces détails, à vrai dire les rares souvenirs que j'en avais étaient flous, plus des sensations que des images, je me rappelais de ma maison, la chaleur, l'odeur de l'encens que ma mère faisait brûler, je me souvenais aussi de la chambre interdite où je n'avais pas le droit d'aller...
Ma mère n'était pas parfaite, elle vendait peut être son corps, mais elle avait toujours tout fait pour me protéger, m'épargner au maximum, avoir dû la quitter, avoir été arraché à elle restait une blessure qui ne guérissait pas, pour moi, elle était impossible à oublier...Mais, je ne savais pas ce qu'il en était de l'homme face à moi, je ne savais toujours pas s'il avait été un simple client là bas ou bien si ça avait été sérieux entre eux, pas plus que je savais pourquoi il était parti, pourquoi il m'avait laissé, s'il connaissait mon existence même...Je ne pouvais pas deviner s'il avait tenu à elle, si elle l'avait suffisamment marqué pour qu'il puisse reconnaître son nom, alors, pour contrer le doute, je repris la parole, toujours autant paniqué, perturbé et perdu.

« Je crois que vous avez connu ma mère, Janka»

J'aurais aimé pouvoir en dire plus mais je ne m'en sentais pas la force, j'espérais que l'homme allait comprendre, allait faire les liens qui s'imposaient parce que je ne pourrais pas le dire à haute voix, je n'en aurais jamais le courage, celui de dire, je suis ton fils, tu es mon père.

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