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 Town of Strangers
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MessageSujet: Town of Strangers   Mer 9 Nov - 15:26
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Eliott Jones & Astrid Jallek
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Bras croisés, flan contre l’encadrement de la porte, elle observait, silencieuse. Deux fois qu’il s’y reprenait, deux fois qu’il massacrait cette ailette de turbine. Elle serra les dents en voyant la scie à métaux entamer le stellite comme un bulldozer. N’y tenant plus, elle s’éclaircit la gorge.
« Tu peux m’expliquer ce que tu fous, Redgie ? »
L’autre pivota, en sursautant. Son visage, déjà bien rougeaud, vira pivoine.
« Ben j’taille les pièces pour les turbines ! »
Elle haussa un sourcil. Appelle moi crétine, aussi…
« Combien ?
- Pas cette fois, y a rien cette fois. J’ai fait gaffe.
- Combien de mètre de tôle t’as flingué ? »
Le type piqua un fard.
« 4 m20 environ. J’ai essayé toute l’après-midi, Elliot.
- Je veux bien le croire. Et je t’ai vu essayer de cintrer les tuyaux de refroidissement ce matin.
- Ouais je suis un peu naze.
- J’avais remarqué. T’as dormi combien d’heures cette semaine ? 10 ? 15 ? 12 h ? »
L’homme eut un haussement d’épaules et une mine gênée.
« Tu pourras jamais finir le mois comme ça. Maintenant, c’est marre. Tu prends des congés.
- J’ai pas fini l’aile gauche et on doit livrer mardi en quinze. Le client va gueuler, Elliot.
- J’en fais mon affaire de l’aile gauche et du client. T’as des mômes, nan ? Ils vont être ravis d’avoir leur père pendant deux semaines. »Elle fouilla dans une poche et glissa une cigarette entre ses lèvres.
« J’peux pas prendre deux semaines. J’ai encore le prêt de la maison sur le dos, j’dois finir de payer la caisse de Carole et …
- C’est bon, c’est pour moi. » Elle alluma sa clope, stoïque.
« Maintenant range ce stellite aux chutes et grouille toi de te barrer avant que je te foute dehors moi-même. »

Il lui adressa un sourire, hocha la tête et s’exécuta sans demander son reste. Elliot soupira et ferma à clé la porte vitrée du bureau. Elle attendit que l’homme soit dehors pour activer la fermeture du grand rideau de fer qui barrait l’atelier. Tirant une taffe, elle regarda l’homme partir vers sa voiture. Pauvre Redgie. Deux gosses encore jeunes, des dettes sur le dos et maintenant une épouse sous terre depuis deux mois. Chienne de vie, quand même... Elle parcourut le chemin qui jouxtait les docks en gardant le véhicule comme point d’horizon.

Une bonne dizaine de ruelles plus tard, elle déboulait dans son quartier. L’endroit était constitué de petites maisons de briques rouges, hautes mais étroites et tassées. Quelques-unes étaient condamnées et servaient de squats aux crackeurs du quartier depuis un bail. Elliot se dirigea vers une bicoque qui faisait quasiment l’angle, passant devant un buraliste au couleurs passées et aux murs décrépis. Un petit escalier en ferraille serpentait le long de la façade est. Elle l’emprunta et grimpa ses marches, le pas de ses bottes faisant résonner la vieille structure. Un jour ce truc-là allait salement se casser la gueule… Elle arriva devant une porte en acier, chopa un trousseau dans sa poche, fourra la clé dans la serrure et tourna sans ambages. Les gonds couinèrent un bruit métallique et la porte s’ouvrit sur une pièce. Le salon exactement. Leur salon. Une sorte de grand rectangle paré chichement d’un grand mur de brique et tapissé d’un papier peint floral criard et suranné. Aucune lumière n’éclairait l’endroit sinon un poste de télévision archaïque vomissant en sourdine les infos du jour. Le sol était jonché de magazines, paquets de chips, restes cartonnés de malbouffe en tout genre et vêtements divers. Eliott entra en grinçant des dents. Devant la télévision grésillante, sur le gros canapé jaune, était vautrée une femme d’une petite quarantaine d’années, les yeux rouges, la face blanche et fatiguée.

«  Bonsoir M’man. »
La femme la regarda avec un air hagard. Une boîte d’antidépresseurs ouverte trainait sur la table à côté d’un verre de gin aux trois quarts vide et d’un paquet de biscuits éventré.
« Ils ont encore arrêté des terroristes. »
Soupir. « Bonsoir ma chérie, as-tu passé une bonne journée toi aussi ? Pas trop galère ta dernière hangar queen ? Ça se passe bien avec ton équipe ? » « Oui super maman, ça roule impecc’ et toi, pas trop longue la journée ? » se récita ironiquement Eliott en collant sa veste sur un porte-manteau avant de foncer vers un pan mural en fer bleu sur rails, de l’ouvrir, de s’engouffrer dans la pièce et de le refermer aussitôt d’un geste sec.  La chambre baignait dans la lumière d’un lampadaire de la ruelle. Une grande baie vitrée façon atelier donnait sur un petit balcon exiguë orné d’un large pot de fleurs en béton où s’empilaient des mégots. La pièce était murée d’un parement de briques rouges simple, d’un grand lit aux draps et couette blanche lissée, de quelques livres entassés en colonnes au sol, d’un petit canapé bas entièrement noir et d’une chaîne hifi un peu datée. Eliott attrapa le pc, s’installa sur le canapé et tapota quelques chiffres sur le clavier. Son compte s’afficha. Au lieu des habituels nombres rouges dus aux factures de la maison et aux diverses dépenses de Heather, sa mère, la page affichait un beau montant noir en gras à quatre chiffres. Yes ! Ses économies avaient payé, les taxes et le loyer étant réglés elle pouvait enfin faire un peu ce qu’elle voulait de son argent durement gagné. Elle s’imaginait déjà avec une partie supplémentaire du bras droit enfin couverte de ce motif qu’elle se destinait. Ravie, elle se déconnecta du site de sa banque, bondit sur ses pieds, repris le chemin du salon où elle chopa sa veste, s’emmitoufla dans une large écharpe de mailles et claqua la porte en lançant un :« Je sors ! T’as de la soupe au frigo pour ce soir ! »

Enthousiaste, elle dévala les escaliers tapageurs, rejoint le trottoir de bitume et s’élança vers le quartier où elle avait repéré un nouveau salon chouette, son tatoueur ayant migré en Europe suite aux événements récents aux USA. Arrivée sur place, elle reconnut rapidement la façade vue sur Google et s’engouffra dans l’endroit, d’un pas motivé, faisant tinter la sonnerie de l’entrée. C’était ouvert et le panneau d’accueil affichait une réduction de vingt pour cent pour les nouveaux clients. Ça c’était une putain d’aubaine !
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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Sam 17 Déc - 21:33
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Eliott Jones & Astrid Jallek
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Astrid tapait son crayon de bois contre son plan de travail. Sa main mécanique se perdait dans ses cheveux, entortillant ses cheveux dorés nerveusement. Se concentrer, se concentrer, faire quelque chose de productif : des desseins pour ses clients. Ils étaient nombreux. De plus en plus. Ils voulaient recouvrir des cicatrices, les numéros de leurs vies, les emblèmes de leurs équipes. Ce n’était pas le risque qui coupait son inspiration, ce n’était pas non plus le manque d’intérêt, d’inspiration. Elle était tout simplement incapable de se concentrer pour faire quoique ce soit de productif. Le militaire ressassait sans cesse les paroles de ses collègues, de ceux qui ont survécu aux atrocités de la guerre : qui sont appelés vétérans. Elle ne peut pas enlever leur raisonnement de son esprit : le jeu devrait être gardé et promu tel quel pour faire connaître à tous ce qu’il en coûte aux soldats quand ils partent. Voir ses amis, frères d’armes tombés sans pour autant pouvoir faire quelque chose. Être impuissance face à la roue implacable de la mort. Ne pas pouvoir faire autre chose que croiser ses bras et regarder le désastre arriver. Les scènes d’horreurs, les tortures, les attentats, les gens qui explosent pour leurs idées : voilà le quotidien des soldats qui sont loin de leur pays. En OPEX, il n’y a plus de règles. Comme le DG ne réponds qu’à une seule loi : celle du plus fort. Qu’importe que la milice tente de modérer les choses en arrêtant des combats à mort dans l’espoir de changer le futur du jeu. Astrid n’avait pas été surprise en apprenant que Faust ou bien Kerrigan faisaient partie de ces miliciens. Elle savait au fond qu’elle ne pourrait pas manger de ce pain-là. La vérité était que le discours de ses camarades avait fait écho dans son cœur. Bien trop. Oui. La population méritait de savoir le sentiment qui tordait les entrailles de ceux qui survivaient à ces combats, à ces massacres. Il était temps que ceux qui crachent sur les militaires comprennent le sens du mot « sacrifice » pour le bien de tous, ou plutôt pour les ingrats dans leur genre. Astrid ne pouvait dès lors pas s’opposer au jeu. Elle ne pouvait que continuer. Et puis… Elle était lucide. Elle savait que jamais elle ne retournerait sur le terrain alors DARWIN’S GAME était un moyen comme un autre de ne pas perdre la main.
La sonnette l’arracha de ses pensées, un long soupire traversa ses lèvres tandis qu’elle releva la tête. Il était tard. Les clients à cette heure n’étaient pas nombreux. Par précaution, elle prend son couteau de chasse et l’accroche à sa ceinture en se levant. Légèrement débraillé, portant seulement un jeans et un débardeur kaki : montrant sa prothèse et la plupart de ses cicatrices, brûlures. Quand son regard croisa celui d’Elliott : un sourire franc et sincère illumina son visage. Une vague de souvenirs soulève son cœur d’allégresse et la pousse à se diriger rapidement vers elle pour la prendre dans ses bras. Elle n’était pourtant pas ce genre de personne, mais Elliott était différent. Elle était sa plus longue amie. La serrant doucement contre elle, elle ne dit rien. Profitant de l’instant tel qu’il l’était. Elle ne voulait pas que la jeune femme se rende compte que devant elle n’était plus qu’une pâle copie de son amie d’enfance. Elle finit cependant par s’éloigner pour la regarder :

« Hey… » Se raclant la gorge, elle se sent soudain gênée d’avoir exprimé autant son affection alors elle sent le rouge monter à ses joues. Elle tire ses cheveux blonds en arrière et la regarde : « Je… Je ne sais pas si tu te souviens de moi… » Souffle-t-elle en se massant la nuque tout en relevant son regard : « C’est moi… Astrid… On a été babysitter ensemble, je… » Elle avale difficilement sa salive : « J’ai beaucoup changé faut dire… » Les désastres de la guerre se retient-elle d’ajouter. Elle s'éloigne et passe derrière le comptoir : « Je peux faire quelque chose pour toi ? »


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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Lun 16 Jan - 23:19
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Ce visage lui disait quelque chose. Eliott plissa les yeux, d’où la connaissait-elle ? Avant même qu’elle ait pu répondre à cette question, la jeune femme l’étreignit. Elle resta interdite. Mais qu’est-ce que c’était encore que ces tatoueuses qui vous serraient dans leur bras quand vous passiez leur porte ? Cette fille n’allait pas bien, elle devait avoir un grave problème d’affection, ou alors c’était la dernière mode ? Ces questions s’accumulaient encore dans la tête de Jones quand l’autre s’écarta.

« Hey…Je…Je ne sais pas si tu te souviens de moi…»
Eliott fronça le nez. Dire que non eut été un euphémisme.
« C’est moi…Astrid…On a été babysittées ensemble, je… J’ai beaucoup changé faut dire…»
Les pupilles de la jeune femme  s’agrandirent. Merde, se pouvait-il que…
« Je peux faire quelque chose pour toi ? »
Un silence lourd s’installa une seconde.
« Rossignol ? » souffla-t-elle, les yeux écarquillés.

* * * * * * * * * * * * * * *
Une lumière chaude de fin d’après-midi baignait poétiquement l’intérieur de la petite véranda et son lambris de chêne. Les rideaux de vichy écarlates filtraient les rayons du soleil d’été. La vieille femme était assise sur le tapis de laine tressée, livre d’enfants sur les genoux, ses grandes jupes de voiles fleuris étendus autour d’elle, sa longue natte blanche effleurant le sol, son regard gris pétillant derrière le verre de ses lunettes. A ses côtés deux petites filles étaient allongées, fixant le plafond où se dessinaient de curieuses formes de lumière mouvant sous les ombres des feuillages de dehors. La fenêtre était ouverte, le rideau tiré, laissant passer une brise chaude. Les petites filles devaient avoir pas plus de huit ans. L’une était blonde comme les blés et l’autre tête d’un brun intense comme celui des chocolats de noël. Attentives et rêveuses à la fois, elles écoutaient l’histoire, laissant leur imagination vagabonder loin, très loin du joli cottage.

« Et ainsi, tous les animaux de la forêt purent vivre en paix et furent très heureux. »
La vieille main ferma doucement le livre.

- « Grand-mère ?
- Oui, Eliott ?
- Si nous on était des animaux de la forêt aussi, tu penses qu’on serait quoi ? »
La femme âgée fit malicieusement mine de réfléchir.
« Mmh voyons voir …toi tu serais un louveteau ! Tu as le caractère joueur et intrépide d’un jeune loup, tu veux toujours jouer, tu ne mesures pas toujours ta force et tu as un appétit insatiable !
-  Oh, ouais ! Un louveteau ! Et Astrid ?
- Astrid, ce serait un oiseau je pense. Un joli rossignol ! Elle chante tout le temps et elle volète partout pour tout découvrir. C’est un oiseau gracieux et vif qu’on peut écouter infiniment mais qui sera le plus malheureux du monde si, par malheur, on voulait le mettre en cage. »
Les petites filles échangèrent un regard.
« J’adore les rossignols dans tes histoires, Mamie. » acquiesça la petite Astrid.
« Et bien voilà ! Vous serez mon Louveteau et mon Rossignol préférés, à partir de maintenant ! Allez, filez jouer dehors pendant que je vous prépare un goûter digne de ce nom ! »

En éclat de rires les fillettes cavalèrent vers l’herbe verte, jouèrent à s’attraper un moment, courant entre les arbres puis essoufflées, s’appuyèrent contre l’écorce d’un large tronc.
- « Je suis ta meilleure amie Louveteau pour toujours. Et toi, tu es ma meilleure amie Rossignol ? »
- Oui pour toute la vie ! Personne ne nous mettra jamais en cage ni l'une ni l'autre, on jure ?
- Oui, juré !»
Les mains se lièrent en un claquement, signe d’un pacte éternel.

* * * * * * * * * * * * * * *

Eliott, toujours le regard fixé sur Astrid, marmonna comme un enfant perdu qu’elle était redevenue en quelques instants :
« Mais …tu es partie...Du jour au lendemain, tu n’étais plus là ..Et quand Mamie est morte je n’ai plus eu aucun moyen de savoir où te retrouver…Te revoir ici, c’est…Comment vas-tu ? Qu’as-tu fait pendant tout ce temps ? »
Elle se ressaisit.« A part des tatouages, je veux dire.. »
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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Mer 18 Jan - 1:16
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Cette étreinte à un goût de miel, comme les gâteaux et les bonbons que leur nourrice avait. Elle respire cette odeur qui n’avait pas changé, ou était-ce son esprit qui falsifiait cette dernière ? Qu’importe, la militaire était reconnaissante de pouvoir l’espace de quelques instants se remémorer des jours heureux. Où la vie était plus simple malgré sa situation d’orpheline. Astrid ne peut pas en vouloir à Eliott, comment le pouvait-elle ? La guerre avait fait des ravages. Sur son corps, sur elle. Le ravalement de façade n’était clairement pas une réussite il fallait appeler un chat, un chat et encore aujourd’hui, même si plusieurs mois s’étaient écoulés : elle n’acceptait toujours pas ce nouveau corps. Cette apparence hideuse qui fait détourner les regards de certains passants si elle ne met pas du fond de teint pour cacher ses cicatrices. Parce que les gens étaient gênés, peut-être que certains se méprenaient sur l’origine de ses cicatrices. Qui sait. Elle n’était pas dans la tête de ceux qui se permettaient de juger. Astrid s’éloigne finalement, pour chasser tout possible malaise, elle continue sur sa lancée : comme si rien ne c’était passé. Des fois que ça ne serait pas Eliott mais une autre personne qui lui ressemble. Elle était certaine de ne pas se tromper, mais dans le doute. Quand elle dit son pseudonyme elle sourit en coin et se retourne pour la regarder.

Ce surnom remontait à son enfance, quand elle est arrivée aux Etats-Unis, dans ce pays dont elle ne connaissait rien si ce n’est le célèbre fast-food McDonald. Sa tante n’ayant pas le temps de s’en occuper l’avait confié à une vieille dame. C’est sous le regard aimant de cette personne qui avait traversé les âges qu’Astrid s’est construite en compagnie d’Eliott. Elle était sa seule amie. La seule personne qui prenait le temps de lui parler, de la laisser s’exprimer dans une langue qui n’était pas sienne. Eliott … Ce prénom raisonne dans sa tête pour se mêler aux rires et aux sourires complices; aux exclamations quand elles mangeaient trop de cerises d’un coup ou bien aux jeux qu’elles inventaient avec un morceau de ficelle et de cartons: créant des scénarios dignes d’Hollywood. Ces moments heureux assaillent en traitre Astrid qui en se plongeant dans le regard de la brunette : faisant un bond dans le temps. Avait-elle oublié la promesse ? Celle d’être toujours amie ? Pour le meilleur et surtout pour le pire ? Oui. Astrid avait tout oublié pour ne garder que l’amertume des jours qu’elle a passés seule dans sa chambre une fois l’enfance terminée. Elle avait signé comme son père, pour pouvoir suivre ses traces et faire quelque chose de sa vie. Pour aider les gens dans le besoin, pour tendre la main à ceux qui le demandent. Sa vie aurait été différente probablement si elle avait choisi la voix de la simplicité en continuant d’exceller au tir à l’arc pour rejoindre l’équipe nationale de Suède. Mais Astrid n’avait jamais été le genre de personne à prendre le chemin sans embûches. Comme elle regrettait aujourd’hui de ne pas avoir suivi la route la moins dangereuse au lieu de vouloir jouer au héros sous les balles ennemies. Il n’y avait pas de gloire pour ceux qui ressortaient vivants de la guerre : il n’y avait que des cauchemars pour seuls lauriers de gloire.

La tante d’Astrid l’avait retiré oui, décidant finalement de s’occuper de sa nièce personnellement au lieu de la laisser en garde. L’enfant trop jeune pour se rendre compte, n’avait pas réalisé qu’il était si facile de perdre quelqu’un. Il était trop tard après pour pouvoir faire marche arrière et retrouver Eliott. Elle avait essayé, mais du haut de ses onze ans n’avait pas plus de moyens que cela d’en savoir plus sur ce qui était devenu le louveteau censé être son meilleur ami vit aeternam. Honteuse, elle baisse la tête :

« Je sais… J’ai appris trop tard… »


Pour lui dire au revoir. Un long soupire traverse ses lèvres tandis qu’elle masse nerveusement sa nuque pour tenter d’apaiser les tensions qui s’installaient toujours trop rapidement dans son corps quand on parlait des morts. Comment elle allait… ? Ses dents se serrent, elle les fait grincer avant de prendre une longue inspiration.

« Je suis en vie. » Il n’y avait rien d’autre à dire. Elle souffle longuement. « J’ai défendu un pays qui n’en valait pas la peine. J’ai mené des hommes qui me faisaient confiance à leur fin. J’ai subi la folie humaine dans toute sa splendeur. J’ai souffert pour un état-major qui aurait préféré me laisser crever dans les geôles de mes bourreaux plutôt que de me retrouver en vie. J’ai servi de cobaye à la médecine, comme un rat de laboratoire on a expérimenté sur moi des traitements et des prothèses. On est des soldats après tout, on peut tout encaisser et contrairement au commun des mortels : on a généralement plus rien à perdre. C'est ce qu'ils doivent se dire pour se donner bonne confiance ces enfants de catins ! Et on peut pas vraiment dire non parce qu'on a espoir que ça aille mieux. »

Elle regarde son bras mécanique qui était caché par son gilet, le gant cachait les extrémités métalliques. Cela mettait les clients mal à l’aise alors elle dissimulait son handicap. Son haut cachait également ses cicatrices bien que les brûlures sur son cou étaient visibles malgré ses efforts pour les masquer. Mécaniquement, elle joue avec ses Dogs Tags. Elle ne les a pas enlevées. Les porter pour ceux qui ne sont pas revenus.

« Bref, j’ai voulu jouer au soldat : être brave comme le lion dans les histoires de Granny, mais j’ai échoué. Je suis revenue avec une aile brisée et sans mes compagnons : tous fauchés en me laissant seule survivante de mon unité. Le tatouage… C’est une façon comme une autre de m’occuper et d’arrondir mes fins de mois. »

Astrid va vers la bouilloire, elle met de l’eau à chauffer et fait un thé à sa meilleure amie.

« Dis-moi que tu as une histoire plus joyeuse que la mienne louveteau. »


Elle se retourne, croise ses bras. Elle avait besoin de croire que la vie avait épargné celle qui est sa plus longue amie. Astrid réalise alors qu'elle s'était confiée, ouvertement. Elle souffle longuement : à croire que les années ont passées mais les choses n'ont pas changé entre elles.


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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Mer 18 Jan - 20:55
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Eliott l’écouta, silencieuse et incrédule. Elle détailla un peu plus la jeune femme. Dieu que la vie l’avait malmené, le petit Rossignol…S’obligeant à assimiler toute cette histoire sombre, elle déglutit. Un sourire gêné passa furtivement sur son visage.

« Oh moi, rien de bien nouveau à l’horizon. Maman n’a pas changé, mon père et toute la smala restent les mêmes et Mamie nous a quitté depuis quelques années maintenant. Ah et si, je bosse dans la chaudronnerie. J’suis devenue choumac’, enfin «chaudronnière mécanicienne » en aéronautique exactement. C’est plutôt le pied même si je fais des horaires de dingue… »
Elle passa sa main sur son front, entre ses cheveux en attrapant la tasse de thé que lui tendait Astrid.
« Wha…Je ne réalise toujours pas que c’est toi. C’est quand même un putain de truc bien délirant la vie.. »
Elle lui adressa un regard brillant.
« Si tu veux, je te montrerai mon taff ! On bosse là, sur le bord du lac Michigan !  Je suis chef d’une équipe de six gars. Des cracks dans leur spécialité, je les adore. On monte et répare des avions, des bateaux aussi, des structures nautiques.. On a bossé sur un chantier pour un porte-avion le mois dernier. C’était phénoménal. »
Elliot eut un petit sourire.
« L’armée et la chaudronnerie…On est loin des robes et des fleurs de nos huit ans, hein ? »

C’était vrai, après tout, elles avaient toute deux choisi des métiers sacrément peu commun pour des petites nanas. Des tâches ingrates, physiques et nécessitant un fort mental. Coïncidence ? Quand on connaissait le Rossignol et le Louveteau, il y avait peu de chance.
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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Sam 21 Jan - 21:24
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Il ne servait à rien de prendre des pincettes. Nier la vérité n'allait pas lui faire revenir son bras, lui redonner sa vie ou sa peau lisse de toutes cicatrices. Non. Elle l'avait accepté depuis longtemps, mais ce n'était que récemment qu'elle avait trouvé la force d'en parler avec un détachement certain. Astrid savait bien que de toute façon se lamenter était fatiguant pour son entourage et la dernière chose qu'elle souhaitait : était de perdre le peu de personnes chères à son coeur encore en vie. Comment Eliott allait réagir ? Elle ne le savait pas. Des sourires tristes, peinés, remplies de pitiés aux enlacements : les réactions étaient diverses et variées. Certaines réactions étaient plus supportables que d'autre. Inspirer de la pitié à ceux qui lui faisaient face énervait l'ancienne militaire qui avec les nerfs à vif pouvaient très bien se refermer sur elle-même. Eliott ou non.
Cependant, elle ne réagit pas plus que cela a son histoire ce qui fait plisser ses yeux. Au moins... Les choses étaient claires. Elle s'était confiée, mais son amie avait choisi de ne pas épiloguer sur le sujet : préférant probablement répondre à sa question plutôt que de s'aventurer sur cette pente plus que glissante en vue des antécédents de la demoiselle et de son instabilité émotionnelle. Alors, Astrid écoute. Elle parle de ses parents : son coeur se serre. A part sa tante, son mari et son fils : l'ancienne GAIA n'avait plus de familles proches. Zeke était mort. Ses parents aussi. Elle souffle longuement et baisse la tête avant de finir les thés puis donner une tasse à son amie. La mort de sa grand-mère la peine, mais son coeur tellement endeuiller ne réalise plus vraiment ce que ces mots veulent dire.

« Du moment que ça te plaît. Le reste importe peu non ? » Ce contente-t-elle de répondre en haussant nonchalamment ses épaules avant de porter la tasse à ses lèvres. Une triste risette s'étire sur son visage fatigué. « Quand elle n'agit pas comme une pute, ouais. »

Aigrit, elle se mord nerveusement la lèvre avant d'arrêter ce geste en continuant de boire le breuvage.

« Pourquoi pas, ça changerait du salon et de mon appart. » Elle réfléchit : « Je suis allée une fois sur un porte-avion, j'ai eut le mal de mer la plupart du temps. »

Astrid ne sortait plus, ou rarement : quand elle était obligée. Le souvenir de son agression était encore vivace. Elle remarque le sourire d'Elliot qui souligne la différence entre leur vie et celle d'avant.

« Tu portais des robes, moi je préférais largement la salopette. » Un sourire plus sincère et heureux se dessine sur son visage. Ce n'est pas le sourire de Mona Lisa, mais elle ne peut pas offrir plus. Contrairement à son amie, la vie ne l'avait pas épargnée et le Rossignol qu'elle était dans ses jeunes années ne batifolait plus autant à cause de son aile brisée. « Je ne suis pas étonnée perso. On a jamais été des gamines lambdas. Je n'avais pas prédit toutes mes aventures... Mais j'ai toujours su au fond de moi que je ne serais pas seulement serveuse, employé de bureau ou autre. »


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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Lun 24 Avr - 14:50
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Eliott fixa la jeune femme qui lui faisait face. Tout était tellement si loin et si proche à la fois. On aurait juré qu’elles s’étaient quittées la veille tant les sentiments fraternels qui l’inondaient en ce moment même lui semblaient palpables.
« Tu sais, je ne t’ai jamais oubliée. J’ai guetté des heures entières devant cette foutue fenêtre et aujourd’hui tu es là en chair et en os, et… »

Un flash de lumière aveuglante fusa dans la pièce. Les vitres éclatèrent et des bris de verres foncèrent droit dans les airs, lancés à une vitesse folle. Un son assourdissant retentit et les projeta au sol.
Eliott sentit sa tête frapper un meuble et sa vue se fit trouble avant d’afficher un écran noir.

« Le Darwin Games est sur Chicago !  Le jeu n’en est bientôt plus un ! » scanda une voix d’homme lontaine dans un microphone.
« Prenez ça sur vos quartiers de merde, politicards de mes deux !  Le Game est plus fort ! Le peuple reprend enfin ses droits ! » brailla un autre d’un ton prophétique.

Rires et sifflements.

« Alors les guignols, ça balance des bombes dans vos rues ? On va rire maintenant ! » reprit un troisième.
Si l’on regardait vers la source du bruit, derrière les vitres explosées, se tenaient, au centre de l’avenue, un gros fourgon où étaient monté 3 hommes cagoulés, vêtus de gilets tactiques et rangers, armés d’AK47 qui riaient grassement. Dans la main de l’un d’eux, un téléphone affichait « En direct » sur Facebook.

«  « Les frontières du virtuel », hein, ? Tu les sens les putains de frontières, là « Basileus » ?! »
Et le troisième de renchérir en faisant un geste obscène devant l’écran :
« Suce ma teub, pétasse ! On va tous les décimer tes citoyens, quartiers par quartiers ! Chicago est le vrai Game ! C’est fini pour toi, salope ! »

Déclic de grenade. Nouvelle explosion. Bruit sec de bottes qui rejoignent le sol. Cliquetis brutaux d’armes qu’on charge.

«  Welcome to the jungle, Chicago ! »

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MessageSujet: Re: Town of Strangers   Sam 29 Avr - 1:27
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Il ne faut pas longtemps à Astrid pour que son cœur se mette en alerte. Elle tourne vivement la tête, tire Elliott pour la mettre en sécurité et court déjà dans un automatisme parfait ouvrir l’armoire dans sa salle de tatouage. Elle sort son m9 qu’elle glisse dans sa ceinture et prends son arc qui était toujours dans la pièce où elle se trouvait. Pas mesure de sécurité. Elle revient auprès d’Elliott :

« Tu ne bouges pas ! »
Et c’était un ordre. Purement et simplement.

Elle se redresse, encoche sa flèche et vise le téléphone portable qui tombe de la main de l’individu : éclatant en mille morceaux au sol.

« What the… ?! » Il n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une flèche vient se loger dans sa jambe. Dans des gestes mécaniques, qu’elle a travaillé pendant des années pour être la meilleure, elle lâche son arc et sort son M9 pour viser le second homme qui la pointait déjà avec son AK47.

Le fourgon démarre rapidement sous les injures des joueurs. Tremblantes, Astrid serre les dents, elle grogne. La folie meurtrière la reprend. Si le jeu commençait à venir à Chicago : le monde allait vraiment tomber dans une anarchie totale. Elle court pour récupérer l’arme qu’ils ont faite tomber et les débris du portable. Ses camarades militaires pourront en tirer quelque chose et tracer ces enfoirés. Ils allaient payer. En attendant, elle revient rapidement dans le salon en entendant déjà les sirènes de la police. Astrid cache soigneusement les armes dans sa planque et revient près de son amie.

« Ils sont partis. C’est bon tu es en sécurité. » Elle pose délicatement sa main sous son menton pour forcer Eliott à la regarder. Elle inspecte la blessure avant d’aller chercher le kit médical. Elle avait vu pire. Astrid ravalait les souvenirs douloureux que la situation lui rappelait, se répétant dans sa tête qu’elle n’était pas en Irak ou en Afgha. Elle était aux Etats-Unis, dans un pays qu’elle n’avait jamais aimé certes, mais qui était ce qui ressemblait le plus à un chez soi. « Je laisserais rien t’arriver. » Sa voix est stricte et pourtant elle tente de s’adoucir. Peine perdue, certes, tout dans sa gestuelle trahissait son état. Astrid venait de faire un bond en arrière et elle savait qu’elle mettrait du temps à revenir à la réalité. « Il n’y a pas d’éclats dans la blessure. » Elle désinfecte et fait un point de compression pour arrêter le sang de couler. « Ils risquent de pas revenir et le cas échéant : ils ne reviendront pas seuls. Je vais te raccompagner chez toi ok ? »



it's eating me alive


⋆ why don't you just fuck off and die


It seems that all that was good has died and is decaying in me. Madness is the gift, that has been given to me. @excelsior
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