Accueil  FAQ  Rechercher  Membres  Groupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



Le forum appartient à sa fondatrice Alaska. Le forum est optimisé pour Chrome. Toute copie partielle ou complète est interdite.
LE FORUM EST FERME POUR LE MOMENT. MERCI D'AVOIR ÉTÉ LA.


 god put a smile upon your face / roy
Répondre au sujetPoster un nouveau sujet
avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: god put a smile upon your face / roy   Mar 15 Nov - 20:49
« Merci de m’avoir accompagnée. T’avais pas à le faire. » Sibel replace discrètement sa robe noire, sobre, comme le voulait l’usage, lissant les plis sur ses cuisses après un bref silence. L’église était vide, mis à part le diacre, qui récoltait les enveloppes contenant la dîme sans faire attention à la paire qui était restée, obstinément, assise en première rangée. Elle laisse son regard passer d’un ornement à l’autre, fascinée par les vitraux colorés, les boiseries et les dorures onéreuses, les draperies sobres, mais élégantes, les sculptures détaillées. C’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans une église – et sans doute la dernière. Quelque temps s’était déjà écoulé depuis le décès d’Açelya, mais la situation de la ville avait fait en sorte qu’ils ne pouvaient souligner son départ que maintenant, dans un lieu qui emplissait la taciturne diplomate d’un mélange égal de nostalgie, de fascination et de tristesse aiguë.

Elle avait d’abord refusé que Roy l’accompagne, jugeant qu’il n’avait pas à supporter le fardeau qu’elle portait. Si elle appréciait ses intentions, l’indéniable preuve de son amitié, ça n’était pas sa responsabilité. Elle l’avait retrouvé devant la cathédrale malgré tout, à l’attendre, vêtu de son solennel uniforme de cérémonie militaire. Dire qu’elle avait regretté avoir refusé était un euphémisme; là où d’autres auraient jugé l’insistance de l’ATOM audacieuse, irrespectueuse, elle n’y voyait qu’une preuve qu’ils restaient les mêmes qu’autrefois, qu’il n’avait rien oublié et qu’il la connaissait toujours aussi bien. « Ça va peut-être sembler un peu insensible, mais… je ne peux pas dire que je suis mécontente de mettre tout ça derrière moi. » Désormais, elle serait libre de pleurer le départ d’Açelya sans se soucier de quelque paperasse, libre de chérir le souvenir de sa demi-sœur, de s’en remettre, à son rythme, autant qu’elle le pouvait.

La Turque plonge la main dans son sac pour en sortir un miroir de poche dans lequel elle décoche un regard préoccupé. Les inévitables larmes qu’elle avait versées avaient abîmé le maquillage qu’elle avait soigneusement appliqué sur son visage pour camoufler les cernes creusés dans sa peau, son teint terni par la fatigue et le manque d’énergie. Elle tente de rattraper le coup, retouchant le fond de teint sans grand succès, avant d’abandonner dans un soupir. C’était de plus en plus difficile de cacher les effets nocifs qu’avait fini par avoir le jeu sur son existence. Ses problèmes mentaux s’amenuisaient pour laisser place à la fatigue et à l’impatience, à la paranoïa, à une dépendance malsaine qu’elle s’efforçait de tenir en laisse sans grand succès. Posant un instant les yeux sur son téléphone portable, elle est prise de l’envie soudaine de se connecter au jeu qui, pourtant, causerait sa perte avant l’heure. Ça la terrifiait autant que ça l’apaisait; elle ne voulait pas mourir, mais elle ne voulait plus de cette vie de malheur qui semblait s’acharner sur elle et ceux qu’elle aime.

Brusquement, elle referme le sac, comme pour se soustraire à une tentation bien trop forte. Sans la présence de Roy, elle s’y serait sans aucun doute laissée prendre. « Sortons », qu’elle suggère, adressant un sourire éprouvé à son ami. Chacun de ses traits témoignait d’un épuisement incommensurable. « Je t’offre un café? Je connais un endroit sympa, pas loin. » Égoïstement, peut-être, considérant qu’il venait déjà d’assister à toute une cérémonie de funérailles pour lui faire plaisir, elle grappillait la moindre seconde qu’elle pouvait arracher au vétéran.



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Invité
Invité


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Jeu 17 Nov - 2:04
Fut un temps où il avait une certaine fierté de porter cet uniforme. Aujourd'hui, s'il est loin de regretter, Roy ne supporte pas le drapeau américain cousu sur son torse. Ça le renvoyait au cercle vicieux dans lequel il était pris et dont il ne semblait pas pouvoir se dégager. Un soldat peut quitter l'armée mais l'armée ne le quitte jamais. Il n'avait que pour fierté les diverses médailles de couleurs dorées qui s'alignaient juste en-dessous. Le brun s'assure d'avoir attaché le moindre bouton, de n'avoir aucun pli, soucieux de l'image de ce costume malgré ce qu'il en pensait malgré son fauteuil. Il avait réquisitionné son frère pour l'emmener à l'église, chose qu'il du brièvement justifier vu la nature de la demande. Il n'était pas rentré dans les détails, juste suffisamment pour que Charles ne s'inquiète pas.

Sur le parvis de l'église, Roy avait imposé sa présence à son amie malgré toutes ses réticences. Il était venu et c'est avec un certain soulagement qu'il la vit accepter son soutient né de bonnes intentions. Lui qui avait toujours regretté ne pas être à ses côtés dans les moments les plus dur, séparés par le temps et les circonstances, il essayait aujourd'hui de rattraper ces absences. L'ancien militaire s'était fait discret tout le long de la cérémonie, posé avec son fauteuil à l'extrémité des bancs et surtout du côté du mur. Il avait attendu le temps qu'il fallait, dit au revoir à une ATOM qu'il regrettait d'avoir trop peu connu, et c'était contenté de sourire quand Sibel en avait besoin. Lui qui avait craint sa présence imposée c'était finalement rendu compte de l'importance de son geste quand il vit l'état morale de la jeune femme marqué son visage. A de nombreuses reprises il avait ouvert les lèvres pour tenter de briser le silence comme il savait bien le faire. Et puis les murs de la cathédrale lui rappelaient sans cesse qu'il était impuissant en ces lieux. Aussi il se contente d'hocher la tête quand elle propose un café.

Une fois à l'extérieur, comme libérer, il lève la tête pour l'observer et lance alors : « Dans ton état, je suis pas sûr qu'un café soit le meilleur des remèdes mais si tu connais un endroit sympa je peux pas dire non. » Tout ce dont elle avait besoin c'était d'une bonne nuit de sommeil, des heures d'insouciance où elle pourrait se laisser aller. La laissant engager le pas, il finit par la suivre en poussant les roues qui avaient remplacé ses jambes. Silencieusement, il remarque le regard moins pesant des passants, comme plus respectueux quand il portait son uniforme. A l'entrée du café, on lui ouvrit même la porte avant même qu'il ne s'engage sur le porche. Il porte un regard en direction de la brune, lui montrant son agréable surprise avant de rentrer.

« Promet-moi d'aller dormir après ça. » Ayant trouvé une table pour eux, même si ce n'était que l'histoire d'un café, Roy est bien décidé à lui faire entendre raison. « Sinon c'est moi qui m'en occuperais et ne crois pas que j'en suis pas capable parce je suis cloué dans cette chaise. » Il hausse un sourcil, entre pure menace et amusement. Aujourd'hui, il se promettait de veiller sur elle jusqu'à ce qu'elle ferme enfin les yeux.
avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Jeu 24 Nov - 20:13
Elle ne réprime pas un petit rire nerveux au commentaire du militaire. Non, certainement, le café n’aiderait pas sa cause; or, ni les stimulants ni les somnifères ne semblaient avoir la moindre incidence sur son état, peu importe les dangereux mélanges qu’elle tentait pour enfin prendre le dessus sur cette fatigue perpétuelle. Marchant d’un pas lent, comme pour étirer au maximum le temps que daignait lui accorder son ami, elle remarque avec émotion la déférence dont font preuve les passants, qui cèdent le chemin à Roy sans la moindre hésitation. Entrant à sa suite, elle s’installe à la table trouvée par le vétéran sans rechigner. Habituée de l’endroit, elle apostrophe au passage une serveuse, qui la reconnaît sans peine, lui commandant deux cafés. « Promis », qu’elle fait dans un petit sourire, incapable de se montrer convaincante, sachant que ce genre d’impératif n’était plus en son pouvoir. « Je n’en doute pas une seconde. Je n’oserais pas m’opposer à tes ordres de toute façon, surtout habillé comme ça. » Son air s’adoucit soudainement; prise d’un élan de nostalgie, elle se rappelle à quel point il a meilleure mine dans cet uniforme de cérémonie comparativement à la tenue de combat à laquelle elle avait fini par s’habituer.

Elle pose ses coudes sur la table, appuyant sa mâchoire dans la paume de sa main. C’était inhabituel pour elle, une telle posture, elle qui aimait se tenir droite et fière; pourtant, l’impératif était là. Elle n’avait pas l’énergie de garder son habituel port de ballerine. « C’était sympa de recroiser ton frère après toutes ces années. Il a l’air bien. » Elle ne connaissait pas beaucoup le cadet Jaeger, mais connaissait tout l’attachement que Roy éprouvait pour lui; et à quel point il avait pu l’aider dans les moments difficiles. Or, elle n’échangerait jamais le plus audacieux des deux frères contre le plus posé. Elle n’avait jamais compris comment deux êtres si différents pouvaient être si complices; ce n’était que désormais qu’elle avait perdu Açelya qu’elle souhaitait que ni l’un ni l’autre des Jaeger ne doive être confronté à cette expérience éprouvante.

La serveuse revient avec un plateau chargé, déposant avec précaution les tasses brûlantes devant les convives. Elle pose un premier verre d’eau sur la table, devant Roy – or, au moment de servir celui de Sibel, une collègue maladroite la bouscule, renversant inévitablement le contenu du petit verre sur la robe de la diplomate. Elle darde un regard noir, furieux sur la jeune femme qui se confond en excuses sincères, prête à lui déverser toute son irritation; croisant l’œillade de Roy, elle se calme instantanément, se ressaisissant de ce comportement qui ne lui ressemble pas le moins du monde. « T’en fais pas », qu’elle finit par balbutier à l’adresse de la demoiselle, qui file chercher de quoi réparer son dégât. Sibel se lève, hésitant entre l’hilarité et l’irritation, pour finalement hocher la tête en décochant à Roy un regard confus. « C’est toujours à moi que ça arrive, ce genre de trucs », qu’elle fait dans un petit rire jaune, saccadé. Attrapant les pans de sa robe et quelques serviettes de table qui traînaient par là, elle tord le vêtement pour en absorber l’eau, soulevant l’épais tissu jusqu’à ses cuisses sans se soucier des potentiels regards indiscrets des quelques clients présents, qui ne semblaient pas faire attention à eux outre mesure.

Elle fige, l’espace d’une seconde, lorsqu’elle remarque le tatouage sur sa cuisse. Elle l’avait presque oublié – elle l’avait oublié. Le chiffre 1 funeste qui marque sa peau, la raison de sa fatigue, de son comportement inhabituel. Elle laisse tomber le tissu, épongeant machinalement le reste sans trop faire attention, comme pour se donner quelques instants pour déterminer la marche à suivre. Elle inspire sèchement, prenant un instant pour changer de chaise, histoire de ne pas s’asseoir dans une mare d’eau. Autant faire comme si de rien n’était. « Heureusement que je porte du noir. C’est bien moins évident comme ça. » Un rire nerveux ponctue la fin de sa phrase; le temps de verser un peu de lait dans son café, elle le porte à ses lèvres, ignorant la brûlure qu’il lui cause instantanément.



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Invité
Invité


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Mar 29 Nov - 2:50
Roy voit le verre tombé avant même que la serveuse de percute, mais bien trop tard pour éviter la catastrophe. Il n'a que le temps d'entrouvrir les lèvres, prêt à retenir leur attention quand le verre se renverse déjà sur la robe de son ami. Incapable de faire quoique ce soit, même de se lever pour les aider, il reste difficilement spectateur de la confusion. Dans une autre situation, le militaire aurait déjà dédramatisé la scène avec un sourire et une touche d'humour bien à lui. Mais les deux joueurs étant tout juste sortis d'un enterrement, il était forcé d'avouer que cette maladresse arrivait au moment. Fixé sur la brune qui s'active pour minimiser les dégâts, il essaye de déceler tout débordement de sa part ou d'au moins l'en dissuader par un regard adouci. Il finit alors par demander à la serveuse de quoi l'aider tandis qu'il lui tend la seule serviette qu'il a sous le coude. Et d'une œillade curieuse de juger les dégâts, il aperçoit ce chiffre 1 durement encré sur la cuisse de la diplomate.

Quand elle change de chaise, Roy a l'impression d'avoir manqué un moment. Avait-il seulement manqué quelques secondes ou avait-il réellement manqué la détresse de son amie ? La chaleur de son café s'évade dans une épaisse fumée odorante mais il n'ose pas attraper sa tasse. De peur que la porcelaine trahisse le tremblement de ses mains quand il la porterait à sa bouche. Il lui adresse un sourire parce que c'est tout dont il se sent capable de faire. Un sourire qui le sauve, preuve d'une fausse innocence, d'yeux fermés sur ce qu'il venait réellement de voir. Il se ressaisit et entame enfin son café entre deux échanges de banalité qui ont pour but d'oublier ce mauvais moment.

Mais la gorge du brun n'en demeure pas moins serrée. Et chaque courant d'air provoqué par l'ouverture de la porte n'ont aucun sur ses mains moites. Il avait une folle envie de hurler de rage, d'écraser son poing sur la table et d'y renverser tout ce qu'il y avait dessus. Qu'il se trouvait con. De ne pas avoir vu plutôt, de ne pas avoir remarqué, de ne même pas avoir demandé... La soudaine prise de conscience de Roy du danger imminent de Sibel l'accable de remord. Il comprenait les cernes, il comprenait le dos courbé, les épaules rabaissées. Il comprenait son irritation et sa fragilité. Il avait pourtant tout mis sur le compte de décès de sa sœur. Sans se soucier qu'il n'était qu'une conséquence de sa descente aux enfers. Roy est passé à côté de tout. Ironique quand ces derniers jours ils s'étaient enfin retrouvés. Il se sentait égoïste. D'avoir pensé aux vies de tous, sauf aux siennes persuadées qu'elle était loin de tout ça.

Mais ce qui le déchire réellement, c'est de prendre conscience seulement à cet instant qu'il tenait à elle plus que de raison.

« Dis, ça te dérangerais de m'héberger ce soir ? » Roy repose sa tasse dans sa petite assiette alors qu'il interrompt soudain la conversation. « Je sais que mon frère aimerait avoir l'appart pour lui de temps en temps mais je lui roule constamment sur les pieds. » Charles avait beau lui assurer avec certitude qu'il ne dérangeait pas, l'aîné savait qu'il avait obligé certain sacrifice à son frère de par sa présence. Il était donc la raison apparente. Mais celle qui le poussait réellement à demander une telle chose était autre. Il avait besoin de veiller sur elle. Si tout à l'heure il ne pensait qu'à la persuader de dormir, maintenant il voulait avoir l'assurance même qu'elle fermerait l'œil. Il espérait faire de sa présence, encore une fois imposée, une sécurité. Il ne serait pas là chaque soir pour l'empêcher de jouer mais il serait là ce soir. Demain il relayerait sa surveillance à Darwin Harbor. « Pardon, c'est soudain. Mais je me dis qu'on aurait pu passer à l'épicier du coin prend une ou deux bouteilles et passer à autre chose. Dont cette robe trempée. » Qu'il finit en dernier argument alors qu'il dépose de quoi payer la note au milieu de la table.

avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Mer 30 Nov - 18:10
C’était à son tour de ne pas voir, de croire qu’elle avait échappé au coup d’oeil inquisiteur de Roy. Elle ne décèle rien d’étrange, d’anormal chez le militaire alors qu’elle se rassoit nerveusement. Peut-être qu’elle ne voulait rien voir; peut-être qu’ils ne se connaissaient plus comme avant, plus assez pour pouvoir déceler dans le moindre tic les états d’âme de l’autre. Jadis, elle ne serait jamais tombée si bas. Autrefois, elle aurait su interpréter l’inaction de son ami. Maintenant, plus rien, sinon le soulagement factice de savoir qu’il n’avait rien vu – qu’elle mourrait dans la plus grande surprise, même si ça lui faisait mal de laisser derrière elle les amitiés qu’elle avait renouées. Celles-là même qu’elle avait tant rêvé de rafistoler et qu’elle envisageait déjà abandonner une deuxième fois.

La question la surprend. Trahie par le haussement subit de ses sourcils, elle repose doucement sa tasse, osant décocher à Roy un sourire qui se veut décontracté. Mauvaise actrice qu’elle était, terrible comédienne, son désir de dissimuler sa détresse ne fait qu’accentuer tout ce qui la rend évidente. « Bien sûr que non », qu’elle répond finalement, étirant un peu plus les commissures de ses lèvres. « J’ai bien de quoi te recevoir. Ça ne peut pas être pire qu’un lit de camp. » Outre le fait que la demande de Roy n’est pas surprenante, voire compréhensible, il n’en reste pas moins qu’elle n’est pas sotte; elle se doute bien qu’il souhaite garder un oeil sur elle dans ces moments difficiles, de deuil, de solitude, sans imaginer qu’il y a une toute autre raison derrière l’insistance du militaire. Le café lui brûle encore la gorge, mais elle récidive, laissant la moitié de sa tasse intouchée alors qu’elle se lève, non sans remercier silencieusement Roy de régler la note.

[...] Elle tient la porte ouverte pour permettre à son invité d’entrer sans trop d’embûche, une caisse de bière sous le bras, un sac rempli de quelques trucs à se mettre sous la dent dans l’autre. Roy avait souvent visité son appartement en Syrie – un deux pièces aussi sobre que sombre – à l’occasion de soirées entre amis, mais Sibel réalise que c’était la première fois depuis leurs retrouvailles qu’elle invitait qui que ce soit. C’est tout aussi sobre, mais bien plus luxueux, et ça rappelle le bon goût de Sibel, celui-là même qu’elle avait toujours pris soin d’afficher… ou d’imposer. « Fais comme chez toi. » Elle déballe prestement leurs achats avant de filer dans sa chambre, d’où elle ressort presque aussitôt, vêtue bien moins formellement, mais surtout, au sec. Attrapant deux bières, elle se dirige vers le salon, en tendant une à Roy avant de faire tinter les bouteilles. « Ça fait bizarre de recevoir quelqu’un ici. Les gens qui ont mis les pieds dans cet appart’ se comptent sur les doigts d’une main », qu’elle s’amuse finalement après un moment de silence, comblé par une longue lampée de bière ambrée, le regard rivé à travers la baie vitrée. La ville s’offre à eux, pleine de possibilités, et pourtant, rien ne la raccroche à son existence; rien ne lui promet que demain ira mieux. Que l’avenir sera moins pénible. « La main de quelqu’un qui aurait perdu deux doigts, genre. » Elle étouffe un petit rire nerveux. Qu’est-ce qu’elle était pathétique.



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Invité
Invité


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Jeu 8 Déc - 17:00
Le brun n'a pas le temps de s'avancer dans l'appartement que son hôte disparait déjà dans ce qu'il devinait être sa chambre. Il se fige et finalement, il soupire. Sa large main glisse le long de son visage pour finir par rabattre les poils de sa barbe vers le bas, un habituel tic de nervosité. « Bordel de merde. » Ça lui échappe. Mais c'est plus fort que lui. La situation lui pèse. Accablé par plein de sentiment différent, il ne sait pas trop quel approche aborder. C'était la première fois. Depuis tout ce temps, c'est la première fois qu'il est confronté à un tatouage au nombre de 01. Bien sûr qu'il a connu de nombreux joueur, parfois même proche qui ont finis par ne jamais se reconnecter. Il a entendu bien des histoires, aussi. Mais cette fois, ça avait quelque chose de différent. Sibel était... Il n'aime pas le terme amie, qu'il juge soudain trop réducteur quand il prend conscience de l'importance qu'elle a eu dans sa vie. D'autant plus avec les événements du jeu. Sans parler de cette soirée au bord des quais.

C'est cette image de cette soirée qui sort Roy de sa torpeur. Il tire sur les roues de son fauteuil et découvre l'appartement aux goûts soignés. Il sourit en faisant le tour de la décoration, bien obligé de reconnaître ce chic n'allait qu'à elle. Il se débarrasse de son épaisse veste aux couleurs de l'armée et vient la suspendre au dossier d'une chaise pour ne pas la froisser. Le tintement des quelques médailles qui pendent sur le pan gauche lui rappel une époque où le danger était tout autre. Et qu'il était celui qui risquait de mourir à tout moment. Aussi il essaye de prendre du recul, de calmer l'angoisse qui le prend aux tripes depuis qu'il a vu sa cuisse tatouée. Parce qu'il repense à toutes ces fois où il refusait qu'on lui fasse la leçon pour qu'il fasse attention à lui.

Lorsqu'elle revient, Roy s'était déjà installé sur le canapé, non sans une certaine retenu de peur de froisser un quelconque tissu coûteux. Sa chemise ouverte tirée en arrière, il descendit à grandes gorgées les bières tout justes achetées. S'il pensait pouvoir détendre l'atmosphère, il finit par s'étouffer quand elle évoqua cette main d'amputé.
Essuyant sa barbe du dos de sa main, il porte un regard injustement sévère vers la jeune femme. « A quoi tu joues Sibel ? » S'il s'était résolu à une approche en douceur et des mots soigneusement choisis, cette dernière comparaison réveille en lui une colère inexpliquée. C'était comme si elle jetait d'avance tous les efforts qu'il s'apprêtait à faire pour la rattraper. « J'ai peut-être tenu une arme plus longtemps que j'ai ouvert de bouquin mais ça fait pas de moi le dernier des idiots. Qu'il soupire d'agacement, puis il reprend à peine a-t-elle ouvert les lèvres. J'ai vu ton tatouage. » Autrement dit, c'est qu'il avait vu la mort imminente qui menaçait la jeune femme.

« Je porterais pas de nouveau cet uniforme. Et il lève le doigt collé à sa bière pour montrer la veste qui pendait à la chaise. J'irais pas t'enterrer sous prétexte que tu as décidé de renoncer parce que ton entourage se compte sur les doigts d'un amputé. Si ton but c'est de rejoindre ta soeur, n'espère pas que je croise les bras en te regardant faire. Parce que moi je compte encore sur ces putains de doigts. » Son doigt accusateur passe d'elle à lui. Il insiste en appuyant à plusieurs reprise sur son torse alors qu'il menace à tout moment de déverser sa bière. Il insiste pour lui montrer qu'il est là, qu'il comptait. Le brun finit par souffler bruyamment avant de tirer ses cheveux au-dessus de son front, comme pour faire disparaître le coup de chaud qu'il venait de prendre.

Il porte de nouveau sa bière à ses lèvres puis il tape à plusieurs reprises le cul de bouteille contre ses cuisses insensible. « Crois-moi que si elles marchaient encore j'irais chercher ton téléphone et ton ordi pour les jeter par la fenêtre. » Il finit par se racler la gorge alors qu'il tente de retrouver ses intentions premières, soit garder son calme. « A la place j'me contenterais de rester coincé sur ton canapé. »



Dernière édition par Roy Jaeger le Ven 16 Déc - 4:38, édité 1 fois
avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Jeu 8 Déc - 23:52
Son maigre sourire vacille à peine alors que tombe le couperet, que sonne le glas. Ironiquement, savoir qu’elle n’est plus la seule à porter le fardeau de son tatouage la rassure presque; égoïstement partager la finalité de ses angoisses les plus intimes, les plus profondes. Elle fixe un instant les traits tirés de son interlocuteur, les talons plantés dans le sol, résolument debout, se noyant dans une gorgée aussi salvatrice qu’effervescente. Roy hausse le ton, plein de reproches, plein d’inquiétude. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il ne s’agissait pas nécessairement d’animosité. Sibel, malgré l’accusation, sourit. Dans son visage, on lit une résignation écœurante tant elle est vraie; ce n’est que dans ses yeux mordorés que l’on décèle une parcelle infime de tristesse, de regret, qui ne saurait toutefois éclipser l’insolente certitude que c’était pour le mieux. « J’aurais préféré que tu voies pas. » Ça semble toutefois évident dans la façon dont elle détourne finalement les yeux qu’elle regrette amèrement la situation à laquelle elle est confrontée. Elle s’était persuadée que c’était pour le mieux, que rien ne la retenait à cette misérable existence. « Mais t’imagines pas que je te prends pour un idiot, Roy. Tu sais que c’est faux. »

Même si elle s’évertuait à se justifier une si morbide décision, s’il y avait un seul idiot dans cette pièce, c’était elle. Une crétine qui n’avait pas encore compris, à son âge, que jouer au martyr n’était plus un recours acceptable. Une amie médiocre qui s’imaginait aisément que personne ne pleurerait son départ outre mesure. Roy refuse d’assister si tôt à des funérailles qui, dans le meilleur des mondes, n’auraient pas lieu avant une trentaine, une quarantaine d’années; elle croise les bras sur sa poitrine, faisant un pas de côté pour se tourner vers la fenêtre, présentant son dos à son invité. Injustement, sachant pertinemment qu’il ne pouvait pas la forcer à assumer son regard réprobateur. D’irrépressibles frissons lui parcourent l’échine et elle sent le funeste 01 qui lui tache la cuisse s’enflammer; une invention de son esprit, une conséquence de sa culpabilité, de la réalisation qu’elle ferait peut-être au moins un endeuillé en dehors de ce qu’il lui restait de famille.

« Si je pouvais échanger ma place avec celle d’Açelya, je le ferais. » La déclaration vient quelques instants après que Roy se soit tu. La diplomate fait tournoyer nerveusement le liquide ambré dans la bouteille, cherchant visiblement à dissimuler le trémolo révélateur dans ses mots choisis. « J'ai cherché de quoi m'accrocher dans le jeu, mais je me suis ruinée. Je me suis soignée, j’ai réappris à vivre, au péril de vies qui descendent plus vite qu’elles ne remontent. » Elle ricane doucement, dissimulant avec peu de succès un sanglot étranglé. « Personne aime les traîtres. Même pas les développeurs. J’ai… j’ai réussi à m’intégrer, je crois; j’ai contribué à la vie de l’équipe, j’ai entraîné même les cas les plus désespérés, je me suis donnée corps et âme pour une chance de rédemption. Jamais mon tatouage ne m’a montré qu’on me donnait une chance de bien faire. » Des larmes silencieuses s’écoulent le long de son visage pour mourir dans le col de son t-shirt. « Alors j’abandonne. » Elle se tourne finalement, posant un regard étrangement vide dans celui de Roy. Osait-elle le considérer comme un meilleur ami? Non. Si elle s’accrochait à une telle notion, alors elle passerait ses derniers instants à regretter ses choix. Même si c’était difficile. Hésitante, elle finit par faire quelques pas en direction de l’homme, se posant près de lui sur le canapé. Elle cherche son approbation dans un regard suppliant. Fais pas ça, me fais pas sentir coupable, qu'il crie, qu'il hurle, dans le plus grand des silences.



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Invité
Invité


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Dim 11 Déc - 4:53
« Tu abandonnes ? » Il sait ce que cela veut dire. Mais il n'est pas sûr qu'il s'agisse une véritable affirmation. Sa question, quoiqu'indirecte, lui donne l'espoir qu'il y aura une suite à sa décision et qu'elle s'expliquera pour préciser qu'elle abandonne seulement le jeu. Et non sa vie. Mais le silence morbide confirme le pire. En deux mots, Sibel ou tout l'affection qu'il lui portait avait réussi à déstabiliser un homme au sang-froid quasi-imperturbable. Son séjour dans les tréfonds de Camden Church en était la preuve irréfutable. Mais si le brun ne tombait pas sous les coups, il était vulnérable aux sentiments trahis. « Très bien. D'accord. » Il pose bruyamment sa bière sur la table et impose un mur invisible entre eux. Son corps entier se raidit, un comportement soudain distant qui ne fait que refléter la colère et la déception qui agissent en une alchimie étrange. Et pourtant, il ne peut lui tourner le dos complètement. Parce que cela se résumerait à l'abandonner et être lui-même responsable de sa fatale décision. « C'est ce que tu veux m'entendre dire ? Etre ok avec ça? » Il tire sur sa barbe dans une vaine tentative de récupérer son assurance. La situation le dépassait.

Sur la table, alors qu'il perd son regard loin de la jeune femme, il repère son téléphone. Il le saisit du bout du bras et lâche un faux rire ironique. « Se suicider avec son téléphone, on vit une drôle d'époque. » Loin de celle où le danger premier de l'Amérique était le terrorisme, un ennemi qui lui avait fait porter cet uniforme. Sans gêne, il ouvre son répertoire de contacte et le dévale les noms assez aléatoirement. « Je devrais dire quoi à cette... Hailey ? Ou encore à ce Jonathan ? A ton enterrement je veux dire. Quoique c'est surement de vielle connaissance qui se souci plus de toi. » Il hausse les épaules alors qu'il utilise ce ton grinçant de cynisme qu’elle avait utilisé plus tôt. Son pouce descend encore et il énumère quelque prénom qu'il ne connait pas jusqu'à être interpellé. Il tire un sourire triste à ses lèvres et lui montre l'écran qui affichait un nom qu'ils connaissaient bien tout deux. « Et Markus, tu crois qu'il se souci de toi ? » Roy imagine déjà la droite monumentale qu'il prendrait s'il devait un jour annoncé à son vieil ami qu'il avait laissé la brune faire. Ça n'a aucun sens mais il continue son petit manège en espérant réveiller Sibell face à son idiotie. « Ou encore lui ? Il tient peut-être à toi non ? » Il recommence, lui mettant l'écran sous le nez alors que son propre nom était affiché. « Tu.. Rha. Quel con je fais. » Finalement, il était peut-être plus idiot qu'il ne l'affirmait. Quelque chose lui avait échappé pendant tout ce temps et désormais c'est à lui qu'il en voulait.

« Je vais être papa. » Ça sort de nulle part et surtout au mauvais jour. « Ça fait un moment que j’essaye de te l’annoncer mais ce n’est jamais le bon moment, et encore moins aujourd’hui. » Le brun serre ses mains sur ses cuisses insensibles, tâchant à chaque fois de s’en empêcher pour dissimuler l’anxiété qui le malmenait. Il aurait sincèrement voulu lui dire avec plus de tact, à un meilleur moment. Il aurait voulu lui expliquer tout, depuis le depuis. Mais le 01 qui tachait sa cuisse pressait les choses. « Ça n’a peut-être plus d’importance maintenant mais j’voulais que tu le saches. A défaut de vouloir que tu la voies grandir. »

avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Ven 16 Déc - 4:32
Suicide. L’entendre de la bouche de Roy lui fait un tout autre effet. Elle pensait avoir accepté sa décision, être en paix avec l’imminente éternité qui l’attendait, bras ouverts, qui ne faisait que se languir qu’elle se jette corps et âme dans le vide sans un regard en arrière. Sibel détourne son regard mordoré alors que le vétéran insiste. Devait-il accepter bêtement qu’elle s’enlève ainsi la vie? Elle l’aurait souhaité; ça aurait rendu la suite bien moins compliquée. En rétrospective, elle ne savait pas trop comment elle avait pu imaginer qu’il se résolve rapidement et docilement à la voir disparaître. La diplomate pince les lèvres, ne pouvant retenir un coup d’œil en direction de Roy alors qu’il reprend la parole. Chaque nom qu’il énumère fait l’effet d’une flèche dans son cœur déjà meurtri. Hailey Palston, la première fille qui lui avait adressé la parole à l’université, simplement parce qu’elles avaient été jumelées par ordre alphabétique pour un dossier. Elles avaient aussi remis leur tout dernier travail ensemble; une amitié forgée dans les hauts et les bas de la vie estudiantine, par les défis d’un cheminement universitaire autrement concurrentiel, impitoyable. Jonathan Miller, le premier véritable copain qu’elle avait eu pendant la même période – ils s’étaient laissés en de meilleurs termes qu’ils ne s’étaient mis ensemble lorsque Sibel avait été dépêchée en Italie, et lui en Nouvelle-Zélande. Ils s’échangeaient des photos par e-mail; la dernière qu’elle lui avait envoyée, c’était deux jours avant la bombe qui avait fait exploser la moitié de l’ambassade américaine en Syrie, lunettes de soleil sur le nez, sourire aux lèvres, avec un marchand de chameaux. En retour, il lui avait envoyé presque aussitôt une photo de lui dans un restaurant chic, flûte de champagne à l’avant-plan.

Elle n’avait plus répondu à ses messages depuis. Il avait arrêté de lui en envoyer après une demi-douzaine de photos sans réponse.

C’est cependant le nom de Markus qui lui cause un choc visible : un bris de verre qui se voit dans ses iris noisette et qui fait remonter quelques larmes discrètes au seuil de ses paupières fébriles. Une profonde respiration lui permet de les retenir avec succès alors qu’un dernier contact clôture l’argumentaire de Roy. Lui-même. Sans penser, Sibel lui arrache le téléphone des mains, l’élève au-dessus de sa tête comme pour le lancer contre le mur, mais son bras s’arrête en plein geste et elle préfère serrer le petit appareil contre ses cuisses. Elle ne peut pas démolir ce qui contient autant de souvenirs, bons comme mauvais. Il lui est impossible de le massacrer comme elle le voudrait, comme ça la ronge de le faire, parce qu’elle aurait un moyen de moins de se connecter au jeu. Ça la frustre, ça la torture de se savoir esclave d’une réalité virtuelle, sans pouvoir nier que c’est le jeu qui lui a permis de se retrouver – et surtout, de ne pas se perdre à nouveau.

Le visage tordu par la confusion, par la frustration, se détend instantanément lorsqu’il reprend la parole. La déclaration de l’invité salutaire lui fait l’effet d’une seconde bombe : une révélation qui explose dans son salon et qui projette sur eux deux des gravats d’incompréhension, un moment d’arrêt, une non-réalisation des implications qu’ont ces quelques mots sur la psyché de la diplomate. « T… Tu m’as rien dit…? » qu’elle hoquette simplement à demi-mot, désemparée. Elle ne sait où donner de la tête, ne sait comment poser toutes les questions qui se bousculent dans son esprit. Qui est la mère? Quand comptait-il lui annoncer? Ne lui faisait-il pas confiance? « Tu me dis ça maintenant? En sachant très bien que… » Que ça la ferait sans doute changer d’idée. Je vais être tante, qu’elle a envie de s’extasier; elle a envie de serrer Roy dans ses bras comme elle pouvait le faire à l’époque où tout était moins compliqué. Or, Roy n’a de frère que la place qu’il occupe dans son cœur, celle qu’occuperait un jumeau si elle en avait eu un, juste à côté du trou béant qu’avait laissé la disparition d’Açelya. Elle pourrait être tiraillée entre la frustration du secret, du mensonge par omission et la sincère émotion qui lui fendait l’âme, le désir insurmontable de découvrir ce que ce sombre avenir réservait à l’enfant à naître.

« C’est… »
entame-t-elle avant de se lever, contournant le banc du piano pour se planter un instant devant la baie vitrée. La vue de Chicago était splendide et elle ne l’appréciait pas assez; surtout pas ce soir. « C’est malhonnête de jouer avec mes sentiments comme ça. Mais t’as toujours su comment faire. Comme si j’avais une ficelle accrochée au sommet de la tête et que tu me faisais faire ce que tu veux. Une marionnette. » Elle soupire, hoche la tête, les bras croisés sur sa poitrine; son regard s’élève un peu, non pas pour admirer le ciel, mais pour tenter une énième fois de retenir les larmes qui perlent au coin de ses yeux. Que rajouter? Là où prendre la décision de ne plus faire d’efforts lui avait pris des semaines, elle semblait prête à faire volte-face maintenant, en quelques phrases bien placées conjuguées à une révélation-choc. Sibel n’oserait pas remercier, reconnaître que c’était lui qui la ferait changer d’avis. D’entre toutes, c’était son opinion qui importait le plus, celle qu’elle avait le plus peur d’affronter. Maintenant qu’elle y était confrontée, elle comprenait pourquoi : parce que ce qu’elle croyait être une décision ferme et indiscutable vacillait inévitablement à chaque mot que le vétéran prononçait. « Ça a de l’importance, Roy. Je veux la voir grandir. Je veux l’entendre gazouiller derrière lorsqu’on parlera au téléphone. Je veux lui offrir sa première bicyclette, aller voir son premier récital. Je… » Elle s’est retournée vers le brun, ne faisant plus l’effort de retenir les larmes qui coulent discrètement sur ses joues.



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Invité
Invité


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Mar 3 Jan - 8:14
En sachant très bien qu’il jouait sa dernière carte pour défier la mort imminente qui tentait la jeune femme. Il aurait préféré que le coup du téléphone soit suffisant, peut-être aurait-il même dû essayer d’hurler pour réveiller une envie de vivre en elle. Sauf qu’il savait la méthode vaine. Et Roy ne voulait pas tomber dans les travers de la rage. Il lui en voulait mais il avait le sentiment que la violence verbale n’apporterait aucune solution. Alors cette soudaine nouvelle, cette perspective de futur, était sa dernière arme. « Tu m’as rien dit non plus pour ton tatouage. » Cela sonne comme un écho à son reproche, une rancune qu’il gardait malgré toute l’affection qu’il lui portait. Il en était pas fier, vraiment pas. Il baisse la tête, maltraitant nerveusement ses doigts qu’il trouve plus intéressant que le dos de la diplomate. Il aurait sincèrement voulu un meilleur moment pour lui annoncer. Et par-dessus tout, il aurait préféré la voir sourire à la nouvelle plutôt que de la voir ainsi avec les larmes aux yeux. Des larmes qu’il ne su déchiffrer et qui le mis d'autant plus honteux. Et puis après un instant de silence, un léger rire échappe à Roy, celui de la joie après un moment éprouvant, celui qui veut dire que tout est enfin fini. « Pardon, mais je peux pas m’empêcher de t’imaginer de sans cesse la gâter. J’en deviendrais fou. » Mais au fond il rit surtout à l’idée de retrouver la Sibel qu’il avait connu à Alep. Une chose surement impossible mais qu’il se plaît à imaginer. Car si ça ne sera jamais comme avant, il y aurait un semblant de.

« Viens t’asseoir. » Leurs mots sonnaient peut-être comme une résolution mais la voir aussi éloigné de lui l’empêcher d’en être sûr. Sûr que demain à son départ, elle ne laisserait pas tout tomber à nouveau. Tout ça n’est qu’un début, il fallait néanmoins commencer par-là, par lui donner une raison. Le brun relève la tête pour la suivre du regard jusqu’à ce qu’elle daigne revenir à ses côtés. Et à peine était-elle assise qu’il vint l'enlacer contre lui. Doucement, il avait refermé l’emprise autour de son corps. Il ne demandait pas à ce qu’elle l’enlace en retour, il voulait sentir sa tête s’alourdir sur son épaule, signe s’y reposait totalement. Dire les choses, manipuler les sentiments, c’était un fait mais les gestes avaient bien plus d’impact. Surtout quand ils étaient aussi rares entre eux. La dernière fois qu’il l’avait ainsi tenu dans ses bras remontait au bal organisé à l’ambassade. Il aurait voulu s’excuser pour tellement de chose, lui qui venait de passer les dernières minutes à l’accabler. « Fais-moi plaisir cinq minutes et restes là, juste… reste. » Ici, dans le jeu, plus tard. S’ils avaient survécus jusque-là, ils pouvaient bien survivre un peu plus.

avatar
KERRIGAN
<b>bavardages</b> 765 <b>présence</b> REDUIT
AVATAR : Natalie Portman
CREDITS : avatar (c) avengedinchains, sign (c) anaelle
<b>NIVEAU</b> <b>VIES</b>

ALIGNEMENT : Milice (Guenièvre)


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   Jeu 19 Jan - 0:08
Il n’avait pas tort, quelque part. Si elle lui avait caché la plus funeste de ses nouvelles, en retour, il avait omis de lui annoncer la joie qu’il allait bientôt vivre en accueillant son premier enfant. Ils étaient quittes, en quelque sorte, dans l’esprit de la diplomate, qui essuie d’un geste vif les larmes douces-amères qui s’échappent de ses yeux rougis. Le rire de Roy, contagieux, fait apparaître un sourire sur les lèvres de Sibel; un sourire de regret, un sourire de réalisation, celui qui veut dire qu’elle change doucement d’avis, celui qui rassure. Au commentaire du militaire, elle hausse les épaules, comme pour s’excuser – bien qu’elle ne soit aucunement désolée d’être d’office étiquetée comme tel. Elle gâterait cet enfant si elle en avait envie, de toute façon. « Va falloir faire avec », réplique-t-elle finalement, non sans laisser échapper un petit éclat de rire ému. Sa voix tremble toujours, mais elle semble résignée à donner une seconde chance à ce jeu impitoyable. À une vie qui, à son sens, ne valait plus spécialement la peine d’être vécue.

Un soupir brise le silence qui s’était installé après la demande de Roy avant qu’elle n’obtempère. Pas à contre-coeur, mais bien avec une certaine retenue honteuse, celle d’une femme qui regrette d’avoir ainsi mis à nu ses états d’âme devant quelqu’un qui n’avait pas besoin d’un poids supplémentaire. Sibel se laisse tomber délicatement sur le canapé, aussitôt surprise par les bras du militaire autour d’elle. Elle se fige l’espace d’une seconde avant de réaliser qu’elle ne s’était jamais sentie plus en sécurité qu’en ce moment depuis très, très longtemps. Sa tête se pose doucement contre l’épaule de l’homme et elle ferme les yeux, soudainement épuisée, drainée par l’ouragan émotionnel qu’elle venait de vivre. « Ok. Ok. » Le murmure s’étouffe dans la chemise impeccable du militaire. Sibel se cale un peu mieux dans les bras de Roy, s’octroyant un instant de répit égoïste auprès de son meilleur ami. Ils y arriveraient. Ils survivraient encore. Ensemble.

- FIN -



it's a cruel world to face on your own
a heavy cross to carry along

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: god put a smile upon your face / roy   
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Page 1 sur 1


Sauter vers:  





liens utiles
AU RP ET AU FORUM