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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 lose it all / silas
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MessageSujet: lose it all / silas   Sam 10 Déc - 3:10
Le verre se brise dans un tintamarre impressionnant. Les sacs de papier s’éventrent, se décomposent, détrempés par la bouteille de vin et le carton de lait qui ont cédé sous le choc. Pendant une poignée de secondes qui lui paraissent une éternité, son regard toise celui de l’intrus dans son appartement. Elle n’entend plus les sons de la ville, ne remarque même pas que le suède de ses bottes absorbe bien trop rapidement le liquide bordeaux qui se répand bien trop vite dans les joints du carrelage. Sa main gauche se plaque sur ses lèvres, la droite glisse sur ses hanches dans un réflexe qui aurait été bien plus salvateur dans l’autre monde. Ici, elle n’est pas armée, ici, elle n’a rien; elle n’est rien. Elle hoquette derrière ses doigts. Elle ignore comment l’appeler. Starkiller? Silas? Difficile à dire, difficile à décider maintenant, sur le moment, sur le vif. Surtout qu’il la prend au dépourvu, qu’il la surprend, en se trouvant dans son appartement qu’elle croyait pourtant blindé, qui, elle en était persuadée, était son dernier rempart contre une invasion barbare, sa dernière protection contre un jeu qui envahissait désormais toutes les facettes de sa vie.

Il s’est calé dans le canapé comme s’il était à la maison, comme s’il allait dîner chez sa mère. Elle ne sait pas ce qu’elle lit dans son visage; Sibel est incapable d’analyser ce qu’il peut bien penser à l’instant même. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’une question lui brûle les lèvres, alors elle baisse sa main. « Qu’est-ce que tu fous ici? » Elle tremble, imperceptiblement; ça n’est que dans sa voix que l’on décèle ce trémolo caractéristique de la panique. Puis, lentement, elle réalise que si elle n’est pas en train d’agoniser, son sang se mêlant au vin sur le sol, c’est parce que ça n’était pas la raison de la visite de celui qu’elle avait déjà considéré comme un coéquipier. Il n’avait pas cédé à la tentation perçue de se venger lorsqu’ils s’étaient sortis de justesse des décombres d’un parking souterrain, mais ne semblait pas non plus vouloir terminer son œuvre entre ces murs. Puis, elle revient à elle, reprend ses esprits. Elle se ressaisit lorsqu’elle plonge son regard sur ses pieds, lorsqu’elle sent que ses orteils pataugent dans une chaussette détrempée, et elle plisse le nez, ôtant prestement ses bottes. « J’ai fait poser des loquets hors de prix et blinder la porte. Comment t’as fait pour entrer? » Quelque part, un serrurier recevrait bientôt une plainte monumentale.

Gardant un œil prudent sur le blond, elle fait quelques pas dans la cuisine, retirant ses chaussettes en sautillant sur le parquet glacé. Elle sort d’un tiroir une demi-douzaine de serviettes à main qu’elle lance sur le sol pour absorber rapidement le dégât, tout de même peu préoccupée par l’état de son plancher considérant que quelqu’un avait trouvé un moyen de forcer la porte de son appartement pour s’installer confortablement dans son canapé préféré. Au premier coup d’œil, rien ne manquait dans l’appartement luxueux; de toute manière, il semblait peu probable qu’un cambrioleur reste tester les meubles avant de repartir avec son butin. Dans un grand soupir, elle fait cesser ses tremblements et son stress retombe quelque peu. Elle n’avait rien à craindre. Elle l’espérait, du moins. « Tu pouvais aussi attendre dans le hall, si c’était urgent à ce point. » À vrai dire, elle ignore pourquoi il est là. Elle n’a eu de contacts avec lui que dans le jeu, et rarement. Il ne devrait même pas connaître son adresse, et encore moins savoir son emploi du temps. Peut-être qu’abaisser sa garde est mal avisé, finalement.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Sam 10 Déc - 11:56
Techniquement, Silas n'avait pas menti à son agent de probation. Ayant des horaires à respecter, il était obligé de lui demander la permission pour tout déplacement après son couvre feu personnel et il lui avait donc demandé la permission d'aller voir une dame ce soir. Il n'avait simplement pas précisé que la dame en question n'était pas au courant de sa venue, donc bien sûr, il avait reçu l'approbation de son agent à l'unique condition qu'il porte une chemise et pas l'un de ses éternels t-shirt, visiblement de bonne humeur pour cette fois.

Préparer cette visite surprise avait bien sûr requit une certaine préparation en amont, il avait fallu faire marcher son réseau de connaissances pour retrouver la diplomate, puis la filer jusqu'à chez elle et enfin, noter ses allées et venues pour avoir le temps d'examiner précisément à quoi il allait devoir s'attaquer en terme de protection et système d'alarme. La première fois qu'il s'était retrouvé devant la porte, il avait tout simplement sifflé. Elle ne plaisantait pas. Une porte blindée, rien que ça ! En tant qu'ex diplomate, elle devait s'être fait suffisamment d'ennemis pour craindre qu'on vienne la retrouver chez elle.

Pour entrer, il avait fallu se montrer malin. Enfoncer la porte serait compliqué, la crocheter encore plus et il n'avait pas envie d'entrer en brisant une fenêtre depuis le balcon. Cette fois-ci, la manière douce était donc de mise. Il engagea tout simplement un type qui lui devait un service pour lui faire une emprunte de ses clés et alla chez un serrurier du quartier sud pour s'en faire un double. Rien de plus simple. Un pickpocket exercé pouvait prendre un objet dans un sac et l'y remettre sans même élever le moindre soupçon chez sa victime. Celui-ci n'était pas aussi fort, mais ses capacités étaient suffisantes pour avoir fait l'affaire.

Il avait donc attendu qu'elle sorte, sachant qu'il était probable qu'elle parte faire ses courses dans la soirée, puis était tout simplement entré par la porte avant de soigneusement refermer derrière lui. Bien entendu, il s'était offert une petite visite de l'appartement, très sobre, mais bien plus luxueux que tout ce qu'il avait pu connaître, observant les quelques bibelots qui s'y trouvaient et estimant mentalement leur valeur. Déformation professionnelle. Il n'alla pas jusqu'à ouvrir les placards, finissant par tout simplement s'asseoir sur le canapé dans un grognement de bien être pour l'attendre, dans l'inconfort de sa chemise.

L'attente fut de courte durée, elle ne tarda pas à rentrer des courses qui s'écrasèrent d'ailleurs par terre lorsqu'elle l'aperçu, invité imprévu, tranquillement posé sur le canapé. Il grimaça un peu lorsqu'il vit la bouteille exploser au contact du sol, il n'avait pas l'air mauvais, ce vin, puis il se leva à sa première question.

-C'est la grande question, pas vrai ?

Un CAHO notoire dans l'appartement d'une double traîtresse, à l'improviste, ça n'était jamais de bonne augure, même en dehors du jeu. D'autres n'auraient sans doute même pas prit la peine de poser la question et auraient directement pris la poudre d'escampette. Cependant, l'issue de leur dernière rencontre devait l'avoir mise suffisamment en confiance pour qu'elle examine la possibilité qu'il ne soit pas là pour la tuer. Ce qui était le cas.

À la vérité, et bien qu'il aie du mal à l'admettre, il était inquiet. Elle était de ceux qui avaient fait tomber le masque, la surprise avait été grande, mais la colère plus encore. Les CAHO n'appréciaient pas l'idée d'avoir eu non seulement une traîtresse dans leurs rangs, mais aussi une milicienne. Qu'ils la tuent dans le jeu s'ils le voulaient, elle ne méritait que ça. Cependant, la violence ne se limitait plus au Darwin's Game depuis un long moment et l'exemple en date le plus récent n'était autre que l'assassinat de la leader ATOM en personne. Sans être certain de rien, Silas avait des soupçons sur l'identité du tueur et cet événement avait éveillé en lui l'inquiétude que quelqu'un vienne aussi s'en prendre à Sibel. Silas voulait bien jouer le jeu, mais il lui paraissait important de faire la distinction entre les monde.

-Passer les portes blindées c'était mon métier, répartit-il sobrement. Et puis si j'avais attendu dans le couloir, ça aurait pas fait le même effet, pas vrai ?

Comme un signe de paix, il s'approcha pour l'aider à ramasser les courses répandues sur le sol de l'appartement. Un simple coup d’œil sur le contenu des sacs lui appris qu'être dans les petits papiers du Gouvernement payait apparemment bien mieux que d'être vendeur de sandwich.

-Est-ce que t'as envie de mourir ? Lança-t-il alors brusquement. Pourquoi est-ce que t'as fait ça ? T'aurais pu survivre avec seulement les CAHO sur le dos, surtout chez les ATOM, mais avouer que tu es une milicienne ? Vraiment ?

Il se redressa, des courses pleins les mains, tâchant de cacher son inquiétude comme il le pouvait derrière un masque de sombre sérieux.
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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Lun 12 Déc - 17:33
Elle lâche un soupir secoué alors qu’elle s’affaire à sa tâche, ramassant lentement chaque article éclaboussé de rouge et de blanc pour les déposer sur le comptoir. Sibel avait pris la décision de vivre – avait changé d’avis quant à l’utilité de son existence dans cette existence corrompue, pour tout dire – et il serait mentir que de dire qu’elle n’avait pas momentanément craint que le blond ne soit là pour lui infliger ce qu’elle avait trouvé le courage de ne pas faire. Silas ne lui semblait pas du genre à discuter avec une potentielle victime; c’était sans doute son côté CAHO qui lui donnait cette impression. Dans tous les cas, elle le laisse s’approcher pour contribuer à la tâche sans pour autant lui accorder une once d’attention, craignant que son pauvre encéphale ne supporte pas une énième tentative de décortiquer les messages contradictoires. « C’était – tu l’as dit toi-même. » Il avait du culot d’imaginer qu’elle ne ferait pas tout en son pouvoir pour le renvoyer directement derrière les barreaux. Parce qu’elle savait, elle était parfaitement au courant que la moindre incartade mettrait un terme à sa liberté conditionnelle.

Pourtant, elle ne dit rien. Elle l’écoute alors qu’il hausse le ton, se questionne quant à la bête qui l’avait ainsi mordue et qui l’avait poussée à se dévoiler en tant que milicienne aux yeux de tous. Sibel s’interrompt un moment, deux pommes dans la dextre et un pot d’épices dans la senestre, les sourcils froncés. « Mais qu’est-ce que ça peut bien te faire, à la fin? » Un petit rictus lui échappe, un soupir d’incompréhension et d’exaspération à la fois. Elle dépose les articles sur le comptoir, poussant les lambeaux de carton des sacs et les serviettes du pied pour absorber davantage du dégât. « À mon âge, je peux encore prendre les décisions que je considère les plus éclairées. » Si elle est convaincue par le fond, l’implication de sa défense laisse à désirer. Elle-même sait que ce n’était pas spécialement brillant de s’exposer ainsi. Pourtant, elle demeure convaincue que c’était la meilleure chose à faire pour l’avancement de la milice et de ses idéaux. « Avoir les ATOM sur le dos c’est pas grand-chose, et les CAHO, je les subis depuis le jour où je me suis inscrite. Ça ne change rien. » Le jour où le gouvernement lui avait mis sous le nez le contrat qui ferait d’elle l’un des membres fondateurs de la milice; le jour où, pour remplir les conditions de son nouveau travail, elle avait dû s’inscrire au jeu sous peine de voir sa généreuse pension de diplomate coupée à sec.

Maintenant, c’était la conviction qui la muait et qui la poussait à prendre des décisions potentiellement dangereuses. « Il faut prendre les choses en main si on veut que ça change. » Elle pense aux grands révolutionnaires, à ceux qui ont amélioré le sort des leurs, aux dissidents, aux utopistes; elle s’en inspire pour ne pas baisser les bras. « Je ne perdrai plus rien, plus personne à cause de ce jeu. Surtout, je ne me perdrai pas moi-même », conclut-elle en hochant la tête. Sibel ne reperdrait plus la tête. Elle avait promis.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Lun 12 Déc - 22:58
Silas haussa un sourcil lorsqu'elle souligna le temps utilisé, mais il ne répliqua pas. Lorsqu'on est doué dans quelque chose, on le reste et Silas avait tout fait pour devenir le meilleur. Il avait simplement accordé trop de foi en l'un de ses partenaires d'affaire, mais il était déterminé à ne pas refaire la même erreur une deuxième fois et n'attendait que l'occasion de se venger. Une vengeance à la CAHO, sanglante, sale, pleine de colère, mais sans aucun doute libératrice. Le tout était de veiller à ne pas se faire prendre par les mauvaises personnes. Il accompagna son hôte dans la cuisine et déposa également les courses qu'il avait ramassé sur le comptoir, ne détournant pas le regard lorsqu'elle posa sa question.

-Et si je n'étais pas simplement un CAHO ? Rétorqua-t-il. Et si j'étais aussi un être humain à part entière ?

Il ne pensait pas qu'avec son fusil à pompe. Des gens mourraient, ça n'avait certes rien de nouveau, mais quand soudainement il s'agissait d'un visage connu, d'une tête sur laquelle il pouvait mettre un nom, tout changeait. On a beau connaître la réalité des choses, tant qu'on est pas frappé personnellement, on en saisit pas vraiment la portée. Tout devient beaucoup plus tangible, plus inconfortable car plus proche. Silas n'avait pas envie que Sibel soit la prochaine sur la liste. Se faire tuer dans le monde réel pour un jeu avait quelque chose d'étrangement bien plus dérangeant pour lui que de finir quelqu'un à Darwin Harbor, même si le compteur atteignait zéro.

-C'est pas parce que tu les considères comme éclairées qu'elles le sont. Y a pas que les CAHO et les ATOM sur la map. Tu crois que ça va plaire à ces cinglés qui ont installé leur QG au milieu des bois ?

Ces GAIA... il fallait vraiment être allumé pour planter sa tente en pleine forêt Darwinienne. Silas avait déjà eu affaire aux bêtes sauvages qui vivaient et il ne comptait pas réitérer l'expérience. Même les écureuils étaient dangereux là-bas, il pourrait en jurer. Il poursuivit :

-Tu crois que ces traîtres d'ESH...

Il s'interrompit et leva les yeux au ciel, les mains sur les hanches. Parler de traîtres à une traîtresse, hein ? Riche idée. Il reporta ensuite son regard vers le sol, déterminé à ne pas terminer sa phrase pour qu'elle comprenne à demi-mot qu'il l'avait encore mauvaise, mais qu'il ne comptait pas avoir cette conversation à nouveau. Ils l'avaient eu lorsqu'elle les avait quitté. Une fois avait suffit. Les raisons il les avait, mais l'acte en lui-même, il ne pouvait pas l'oublier. Quant à son pardon, il importait peu finalement.

Il releva les yeux vers elle, interpellé par sa tirade, mais pas d'accord pour autant. Il y avait des dizaines de façon de lutter, de faire changer les choses, de prendre le contrôle d'une situation. Toutes ne nécessitaient pas de courir au suicide en s'exposant ainsi.

-Les choses ne peuvent changer que si les masses le souhaitent. Ici la masse, ce sont les joueurs, tu crois qu'ils ont envie que les choses changent ? Tu sais comment ont réagi les CAHO ? Tu crois que c'est différent dans les autres team ? Tu parles de ne rien perdre, de ne pas te perdre, mais t'auras l'air de quoi quand t'auras rien perdu à par ta vie ? La vraie ? Celle que tu peux pas racheter, hein ?

Il s'écarta du comptoir et déambula sans se presser dans la cuisine, promenant sa main sur la surface propre avant de s'arrêter devant le présentoir à couteau. Il en tira un de taille conséquente, sans doute destiné à couper de la viande, l'examina un instant avant de se tourner vers Sibel, toujours désinvolte, mais désormais légèrement plus menaçant à cause de la présence du couteau dans sa main.

-Et si j'étais venu pour te tuer ? Il ne fit pas un pas dans sa direction, mais la fixa avec suffisamment d'insistance pour la mettre mal à l'aise, dirigeant légèrement la pointe du couteau vers elle. Si j'étais venu faire le sale boulot pour un groupe quelconque, que ça soit CAHO ou autre ? Tu sais à quel point ce rôle m'irait bien.

Il était de notoriété publique que Silas détestait les traîtres. Ça aurait pu être la trahison de trop. Ça aurait pu être le moment opportun pour le pousser au meurtre. Après encore quelques instants à garder le couteau en main, il mit fin à la menace passive en rangeant l'ustensile à sa place.

-Une chance que ça ne soit pas le cas. Je suis pas là pour te tuer, Sibel, je suis là pour te faire passer un message. Si j'ai pu passer ta porte, d'autres le pourront. D'autres qui pourraient se révéler bien moins amicaux que moi. J'ai pas envie que ça t'arrive.
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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Ven 6 Jan - 5:52
« Ah, ces sales traîtres, hm? » Le rictus vient sans qu’elle puisse le retenir, scindant, condescendant presque; il démontre ostensiblement qu’elle a parfaitement compris pourquoi Silas a interrompu sa phrase. Ses bras se croisent sur sa poitrine, ses ongles s’enfoncent immanquablement dans ses triceps, contenant le mécontentement qui bouillonnait dans ses entrailles. Elle reste civile, pour l’instant, alors même qu’un homme qu’elle prétendait connaître n’avait de cesse de faire voler en éclats tous ses repères – à commencer par le sentiment de sécurité indéniable qu’elle éprouvait dans son appartement. Celui qu’elle croyait sûr, son dernier rempart contre une vraie vie qui voulait sa peau. « Bien sûr qu’ils veulent que ça change! Ils ne le savent pas encore, c’est tout. » Il avait suffi de prononcer ces quelques mots pour se rendre compte qu’ils n’avaient, a posteriori, aucun sens. C’était à la limite de la dictature éclairée, une philosophie qui partait d’un bon fond, d’une intention noble, sans qu’elle ne sache comment gérer une telle machine. Ne s’improvisait pas Marie-Thérèse d’Autriche qui le souhaitait, simplement par volonté.

Quant à sa vie, son ultime, la seule qu’elle ne puisse pas regagner par quelque exploit virtuel, elle demeure silencieuse. Elle luttait déjà suffisamment contre l’envie de tout plaquer, de tout abandonner derrière elle à des successeurs dont elle doutait, pour que quelqu’un vienne lui remettre sous le nez qu’elle était passée à ça de mettre fin à ses jours. À bien y penser, ça lui donnait envie de se battre encore plus. Sibel laisse le blond déambuler dans son appartement, le regard vrillé sur ses moindres gestes. Chaque pas qu’il fait la confond un peu plus, comme si chaque seconde qui s’écoulait sans qu’elle soit seule dans l’appartement qu’elle croyait blindé comme une banque était impensable, farfelue, même. Le bruit d’un couteau que l’on extirpe de son présentoir lui arrache un frisson d’horreur alors même qu’elle pensait s’être persuadée que Silas n’était pas là pour lui faire du mal. Par réflexe, elle recule d’un pas, de concert avec l’enjambée qu’il fait dans sa direction. « Range ça avant que ça finisse mal », qu’elle fait finalement, en écho aux paroles qu’il vient de prononcer. Il est lunatique et ça lui fait peur, quelque part, de le savoir aussi menaçant que protecteur, aussi intrusif que salvateur. Les lèvres pincées, nerveuse, elle demeure pourtant de marbre – sinon un second frisson qui la prend soudainement – lorsqu’il pointe la lame dans sa direction.

« T’es beaucoup de choses, Silas Wright », qu’elle entame, la voix vaguement chevrotante. « T’es un escroc raté, un taulard qui mérite mal sa liberté conditionnelle, mais t’es pas un tueur. » Elle espérait avoir raison, et elle s’imagine que c’est le cas lorsqu’il finit par ranger l’objet à sa place. Le sermon se poursuit, mais elle ne peut que soupirer, peinant encore à réaliser qu’on venait de la menacer de la pointe d’un de ses propres couteaux. Kerrigan s’était déjà retrouvée dans de bien pires situations, mais Sibel n’avait simplement pas la force de se défendre. « Je vais éviter de te remémorer la définition du mot “amical” », fait-elle simplement après un autre soupir ébranlé. Si la forme laissait à désirer, elle comprenait le fond, mais elle n’avait pas besoin d’une personne de plus sur son dos. « J’ai déjà assez de gens qui s’en font pour mon existence. Ça me touche, vraiment, mais quitte à te rappeler que je frôle la quarantaine, je peux prendre soin de moi-même. » Ça restait à prouver pour plusieurs d’entre ceux qui se faisaient du sang d’encre pour elle. Elle ignorait ce qui poussait les gens à ainsi s’inquiéter de sa santé, de son bien-être. Elle avait été odieuse à bien des égards, avait mis ses propres intérêts – et ceux de la milice – avant ceux des autres, alors même qu’elle prônait l’entraide au sein du jeu et ailleurs.

« T’aurais pu m’avoir, tu sais. » La déclaration vient après un silence nerveux qu’elle brise avec plus de tonus qu’elle en avait eu dans les dernières minutes. Elle passe une main lasse dans ses cheveux foncés, s’appuyant finalement contre la cloison. « Quand on était coincés, à Darwin Harbour. J’étais sur ma dernière vie. » Peut-être que ça n’était guère le genre de renseignement qu’elle était à mieux d’offrir considérant que son invité venait d’entrer par effraction dans son appartement pour lui faire la morale. « J’aurais compris un besoin de vengeance rapide et efficace, même si tu traînes cette rancune depuis trop longtemps pour que ce soit sain. Mais… merci. » Merci de ne pas avoir tiré. C’était sous-entendu, mais équivoque, cette gratitude impensable en retour des émotions bipolaires qu’il lui faisait vivre.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Lun 16 Jan - 21:55
Silas ne s'amusait pas de l'inquiétude qu'il causait à Sibel. Pas ici. Pas dans la vraie vie. Cependant, quoi de mieux qu'un exemple pour démontrer son point de vue ? Il pourrait parler pendant une heure sans avoir ne serait-ce que le quart du doute qu'il voyait planer dans son regard. Il n'était pas un homme de discours, il ne serait jamais capable de soulever des foules avec des paroles, non, Silas était un homme d'action. Le travail qui devait être fait serait accompli proprement et efficacement si on lui en confiait la charge. L'insulte lui arracha malgré tout un rictus. Il n'avait rien d'un escroc, ni d'un raté. Sa seule erreur était d'avoir fait confiance aux mauvaises personnes.

-Qui n'est pas un tueur depuis le jeu ? Je suis sûr que la moitié de Chicago a le sang de quelqu'un d'autre sur les mains.

Il croisa les bras. Il n'était pas un tueur de profession, sur ça au moins elle avait raison et son séjour en prison, bien que plus court que prévu, avait largement suffit pour lui faire passer l'envie d'y remettre les pieds un jour. Néanmoins, d'autres personnes pouvaient ne pas avoir ce genre de retenue et la porte blindée n'était pas un obstacle suffisant pour la mettre à l'abri de ce genre de menace, comme le prouvait la conversation qu'ils étaient en train d'avoir. Il s'amusa de sa remarque sur la définition du mot « amical ».

-Quoi ? Tu n'aimes pas que tes « amis » te fassent des visites surprise ? Ton canapé est sympa au fait.

Silas lui repassa devant, remontant les manches de sa chemise, agacé par ce vêtement mal ajusté. Il préférait les t-shirt, il n'y avait aucun doute là-dessus. Il retourna dans le salon sans cesser de l'écouter, ne relevant pas le fait que de son point de vue, elle avait passé l'âge d'être maternée, même si visiblement ça ne l'empêchait pas de mettre volontairement sa vie en danger pour des convictions que personne ne respectait. C'était une erreur stratégique de la part de la milice tout entière que de dévoiler certains de ses membres. Tant pis pour eux, la protection que leur conférait le masque tombait en même temps que celui-ci.

-Tu ne devrait pas rejeter l'aide de ceux qui te la proposent gratuitement. Ça va être suffisamment compliquer de te garder en vie sans que tu envoies balader ceux qui te veulent encore du bien après tout ça.

Il se mettait malgré lui dans cette catégorie. En s'asseyant à nouveau sur le canapé, il se demandait ce qui poussait les gens à vouloir la protéger. C'était sans doute par nostalgie dans son cas. Par respect aussi. Il avait apprécié la CAHO qu'elle était autrefois et même sa désertion n'avait pas pu effacer ça. Elle l'avait fait par conviction, non pas par lâcheté et pour lui, ça changeait pas mal de choses. Assez pour qu'il pardonne, bien qu'elle n'aie jamais réclamé son pardon. Pas assez cependant pour qu'il oublie.

Sa déclaration suivante le plongea dans la confusion pendant quelques secondes. L'avoir ? Avoir quoi exactement ? La précision qu'elle apporta fut la bienvenue pour éclairer sa lanterne et remis ses idées sur les bons rails. Il passa une main dans ses cheveux blonds en se rappelant de leur association temporaires pour se tirer mutuellement d'affaire. En vérité, il n'avait pas songé ne serait-ce qu'une seconde à l'idée de se débarrasser d'elle, mais il n'était pas encore prêt à l'avouer.

-T'emballes pas, je gardais mes balles pour les zombies, prétendit-il sans faire preuve de suffisamment de conviction pour être réellement crédible. Il soupira et regarda autour de lui. Ça paye bien d'être au service de son pays apparemment.

Un appartement comme ça, il ne cracherait pas dessus, c'était certain, mais si en échange il devait se suicider pour le Gouvernement, ça n'en valait pas la peine, vendre des sandwich lui convenait parfaitement.
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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Mer 25 Jan - 16:11
La diplomate hoche la tête, haussant les épaules. « Tu dis ça pour te donner bonne conscience. » Ses sourcils froncés indiquent clairement qu’elle réprouve la logique bidon de son vis-à-vis. « Est-ce que ça légitimerait ton geste? “Votre Honneur, tout le monde le fait” » se moque-t-elle, plissant le nez, visiblement dépassée par le manque de réflexion de Silas. Peut-être était-ce simplement parce qu’elle avait l’habitude de remballer ses interlocuteurs politiques qu’elle se sentait contrainte de le remettre à sa place. Son expression se tord un peu plus; elle n’avait pas besoin que le malfrat qui venait d’entrer par effraction dans son appartement lui fasse des compliments sur son bon goût. L’homme s’éloigne et elle en profite pour retirer ses bottes, prenant garde de marcher en dehors du dégât causé par sa surprise. Appuyée sur le mur, elle ne quitte pas Starkiller des yeux, persuadée qu’il a encore un tour dans son sac – qu’il a quelque chose derrière la tête, même s’il s’obstine à lui faire croire qu’il ne s’agit que d’une visite de courtoisie.

Il se laisse tomber sur le canapé, probablement juste à temps pour voir Sibel lever les yeux au plafond, exaspérée. Elle jette ses bottes trempées de vin et de lait près de la porte, envoyant des gouttelettes maculer le mur contre lequel elles atterrissent. Elle soupire. « Je– C’est pas mon intention de t’envoyer balader », commence-t-elle, ne sachant visiblement pas trop comment formuler son propos. Si elle ne voulait pas paraître ingrate, elle espérait tout de même qu’il comprenne qu’il était mal avisé d’entrer chez les gens sans leur autorisation sous prétexte qu’il s’agissait d’une mise en garde. Elle esquisse un soupir, les mains sur les hanches, détaillant l’intrus. Hochant la tête, elle retire ses chaussettes, puis son veston, jetant les premières dans la cuisine et le second sur le dossier d’une chaise. Comme pour l’imiter, elle s’installe face à lui, dans un autre fauteuil. Son regard se pose un instant sur la carafe de whisky qui trône sur la table d’appoint, juste à côté de l’homme.

« Sers-nous », qu’elle fait finalement en désignant le liquide ambré. « Il est pas encore venu le jour où, même s’ils sont indésirables, mes invités seront mal reçus. » Une pointe d’humour émane de la phrase, corroborée par l’ombre d’un sourire. Ses nerfs retombent, lentement, mais sûrement. Elle ne relève pas le commentaire de Silas, mais elle le retient, certainement : quelque part, elle aimait à croire que c’était le même instinct qui l’avait poussé à venir ici ce soir qui l’avait empêché de tirer la gâchette, de l’autre côté du miroir. Pour ce qui était du reste, il n’avait pas tort. « Prestations d’invalidité et quelques zéros au bout d’un chèque pour mon “rôle indispensable” », qu’elle ricane discrètement. « Ça fait cinq ans que j’ai pas bossé. Pendant que t’étais en prison, moi j’étais enfermée ici. » Elle lève les yeux au plafond, détaillant son propre appartement, qu’elle connaissait pourtant par cœur. Certes, sa prison était plus spacieuse et moins contraignante que celle de Silas, mais l’impression de douce amertume qu’elle ressentait dans cet endroit était omniprésente. Elle n’osait pas estimer le nombre d’heures qu’elle avait passées, catatonique, enfoncée dans le canapé à l’endroit même où son invité était présentement assis. « Et toi, alors? Comment te traite le système de justice? » Mine de rien, ça l’intéressait. Sibel avait connu le tiers monde et leurs conditions inhumaines, et le seul endroit pays industrialisé où elle avait eu des relents des mêmes pratiques était dans ce beau pays qu’elle appelait le sien. Visiblement, s’il avait pu se retrouver ici, c’était qu’il avait brisé ses conditions, ce qu’elle éviterait de lui remettre sous le nez – il était déjà, sans doute, parfaitement au courant.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Mer 1 Fév - 0:01
Silas ne releva pas le commentaire accusatif qu'elle lui adressa et se contenta de sourire alors qu'il la dépassait pour s'installer sur le divan. Il la laissait spéculer sur l'état de sa bonne conscience, il n'allait pas se laisser entraîner dans un débat moral et n'avait pas à se reprocher les moyens qu'il utilisait pour survivre. Les CAHO avaient une façon bien à eux de se mettre à l'abris des attaques, une politique de magiciens d'Oz, en plus concrète. Les rouges terrorisaient leurs ennemis par la violence, au point d'être protégés par leur image. Leur réputation de brute n'était pas volée, mais certains se contentaient de profiter de cette aura plutôt que d'y participer activement. Dans ce tableau, Silas se trouvait entre les deux ; tuer dans le jeu ne le rebutait pas, mais il n'irait pas jusqu'à dire qu'il s'en amusait. Il parlait plutôt de mal nécessaire.

Quant au fait d'envoyer balader son aide, Silas se contenta de hausser les épaules. Il comprenait bien dans quel situation il la mettait. Accepter l'aide de quelqu'un qui avait réussi à entrer chez soi sans y être invité et ce, pendant une absence, ne semblait pas être la meilleure idée du siècle. Néanmoins elle serait désormais plus sur ses gardes à l'avenir. En tout cas il l'espérait. Il ne plaisantait pas en disant que si lui avait réussi à rentrer, d'autres en auraient aussi les moyens.

-Ah ! J'ai cru que tu ne le demanderais jamais, déclara-t-il en se penchant sur le whisky.

La bouteille lui avait bien entendu accroché l’œil lorsqu'il était entré, mais qu'elle le retrouve ivre mort sur son canapé n'aurait sans doute pas eu le même effet que sa prestation de faux méchant de James Bond. Il servit deux verres, plus que la dose de bar recommandée et en tendis un à celle qui l'accueillait chez elle malgré ses manières cavalières. Il observa le sien avec un air pensif, assimilant ce qu'elle lui disait. Être enfermé chez elle n'avait pas l'air si terrible, il aurait préféré ce salon au dortoir qu'il avait connu pendant de longues années. En plus de ça elle avait été payée pour ne rien faire. Il y avait vraiment des élus dans ce bas monde. Pour les gens comme lui, il n'y avait que la misère sociale et une vie passée les mains dans la merde et le sang pour en nourrir d'autres. Après on s'étonnait qu'il ai choisi la voie de la facilité en cambriolant une bijouterie.

Dégoûté par cette idée, il serra les dents pour ne pas s'enflammer et finit par soupirer. Il n'était pas venu s'apitoyer sur son sort, ni porter des accusations sur le train de vie des uns et des autres. Il était venu délivrer une mise en garde et on l'avait invité à boire un verre au lieu d'appeler la police, le moment était mal choisi pour exploser. Il leva enfin les yeux vers elle pour répondre à sa question.

-Bof, je suis en phase de réinsertion sociale, ou un truc comme ça. En gros le gouvernement me donne l'assurance de garder mon travail si j'y mets du mien pendant que mon patron cherche à me faire virer par tous les moyens possibles. Il a peur que je pique dans la caisse. Il releva l'une des jambes de son pantalon pour dévoiler son bracelet électronique. Je dois aussi me balader avec ça pour qu'on sache où je suis en permanence et je ne dois surtout pas dépasser un certain couvre feu. Il sourit légèrement en remettant correctement son pantalon. En gros je suis de nouveau au lycée, sauf que mes parents peuvent m'envoyer directement à la case prison si jamais je suis pris à faire le mur.

Son regard tomba de nouveau dans son verre, qu'il faisait tourner entre ses doigts. Il se voyait mal le goûter sans avoir trinqué à quoi que ce soit, il n'allait sans doute pas boire à nouveau un alcool de qualité avant longtemps. Pris d'une inspiration soudaine en perdant son regard sur les tâches de vins restantes, il tendit son verre vers celui de Sibel et annonça, les coins de la bouche tressaillant :

-À ce vin qui ne sera jamais bu.

Il fit sonner son verre contre celui de Sibel, puis goûta enfin le liquide ambré qu'il contenait. Sa gorge accueillit la brûlure presque libératrice de l'alcool et ne pu s'empêcher de comparer le breuvage avec les boissons du même genre qu'il avait pu goûter précédemment. Il était clair que s'il avait eu accès à ce genre de chose lorsqu'il était jeune, il aurait tourné différemment. Alcoolique sans doute. Un peu moins glorieux que le tristement célèbre cambrioleur qu'il était devenu, mais ça aurait peut-être eu l'avantage de ne pas l'envoyer en prison. Il posa son verre loin d'être vide sur la table et repris tranquillement.

-Tu devrais prendre un chien. Les portes blindées c'est bien joli, mais si un bon doberman m'avait attendu derrière la porte j'aurais sans doute réfléchi un peu plus avant de m'inviter.
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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Mar 21 Fév - 3:10
« C’est carrément légitime », qu’elle fait, haussant les sourcils d’un air vaguement amusé. Pas certaine qu’elle oserait faire confiance à un voleur condamné autour d’une caisse et d’un montant d’argent conséquent. Or, elle s’imaginait aisément que Silas n’était pas assez idiot pour recommencer – ou du moins, pas en piquant deux ou trois billets à la fois dans le tiroir d’un Burger King. Sibel pose son regard sur le bracelet que porte l’homme à la cheville. Ça rendait l’entrée par effraction dans son appartement terriblement préméditée, à bien y penser : il avait dû d’abord demander une permission de sortie pour commettre son crime sans victime. « Aaah », lâche-t-elle, un brin malicieuse, alors qu’elle se cale dans le fauteuil. « Alors t’as prétexté quoi, hm? Sortie entre amis? Rencard? » Les commissures de ses lèvres s’étirent. Elle se moque, gentiment, certes, mais n’hésite pas à remuer le fer dans la plaie. « Vu la tentative de tenue soignée, je pencherais pour le rendez-vous galant. » Son sourire s’étire.

Elle hoche la tête au toast bien senti de son invité impromptu et fait tinter son verre contre le sien. « Il y en aura d’autres. » Ses lèvres trempent un peu trop longtemps dans le whisky ambré pour dénoter quelque classe que ce soit. C’était l’habitude, le vice, l’alcoolisme fonctionnel qui lui faisait profiter d’une longue lampée plutôt que de quelques gouttes du bout des lèvres. Personne n’était parfait, et si Darwin’s Game était devenu, pour plusieurs, la dépendance du moment, pour nombre d’entre eux il ne s’agissait que d’un couvert de plus sur une table déjà surchargée. « Joyeux Noël d’avance », fait-elle, par politesse d’abord, ne fêtant elle-même pas le célèbre anniversaire. En guise de cadeau improvisé, elle se garderait d’appeler la police pour dénoncer l’irruption inappropriée dans son appartement. Sibel avale une autre gorgée avant de poser son verre. Un chien, ça n’était pas une mauvaise idée. Elle n’avait jamais eu d’animaux de compagnie, mais sans doute pourrait-elle joindre l’utile à l’agréable. « Ça n’est pas une mauvaise idée », admet-elle. « Ça ferait un peu de vie. » Inutile de préciser qu’elle était seule à vivre entre ces murs; s’il avait pris le risque d’entrer, Silas était sans doute déjà au courant. [...] Le premier verre est rapidement rempli à nouveau, mais elle est seule à se servir une troisième fois; prétextant le couvre-feu, son invité impromptu finit par se lever. Elle l’accompagne à la porte, osant un coup d’œil curieux à l’appareil qu’elle devine attaché à sa cheville. Quelqu’un prendrait-il la peine de vérifier à quelle adresse il s’était rendu?

« Tu rentres en L? » Question idiote, sans doute. « Je peux te déposer si tu préfères. » Appuyée contre la porte, les bras croisés sur sa poitrine, elle fait tournoyer le liquide ambré dans son verre, silencieuse. Le regard qu’elle pose sur son interlocuteur est occulté; par la fatigue, par l’alcool qui court dans ses veines, juste assez pour faire remonter son audace naturelle à la surface. « Ou tu peux rester… » Elle marque ses mots en posant ses lèvres sur celles de l’éhonté brigand, brièvement, comme on brave l’interdit, même si elle se permet tous les droits tant qu’elle est chez elle. Sibel note aisément l’ironie de son comportement dans un petit sourire espiègle alors qu’elle s’éloigne, levant son verre. Si toutes les victimes d’entrées par effractions invitaient leurs cambrioleurs à rester dormir, le monde serait infiniment plus étrange; mais Silas n’était pas un inconnu, après tout.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Mer 22 Fév - 19:48
Silas haussa les épaules à la remarque. Il était trop malin pour s'insurger et dire qu'il n'était pas un vulgaire malfrat de bas étage. S'il devait risquer sa liberté conditionnelle, il ne le ferait pas pour le prix d'un hamburger. Il monterait un vrai coup, un vrai casse. Le fameux casse du siècle, comme il en rêvait à l'époque, celui après lequel courent tous ceux de sa profession. À lui la richesse et la gloire ! À destinations exotiques et vie tranquille. Il s'exilerait des USA pour ne plus jamais y revenir, mais serait probablement toujours condamné à errer virtuellement dans les rues de Chicago jusqu'à ce que quelqu'un le tue pour de bon, ou bien que les développeurs du jeu soient arrêtés. Inutiles pour le moment de se la rejouer Bonnie and Clyde.

En revanche, la perspicacité de son interlocutrice lui arracha un sourire. En effet il avait du baratiner son agent de probation pour lui soutirer la permission de sortir et Sibel visait douloureusement juste en devinant également le prétexte utilisé. Il lissa sa chemise avec l'air faussement inquiet de celui qui cherche l'approbation de ses paires.

-Quoi, ma chemise ne te plait pas ?

La question était purement rhétorique et récréative. Ils trinquèrent avec une raison faible, mais bien suffisante et Silas pu enfin goûter le breuvage qui lui faisait de l’œil depuis son entrée par effraction. Sa proposition d'adopter un chien de garde rencontra du succès et l'ex cambrioleur hocha la tête d'un air satisfait. Elle ne le ferait sans doute pas dès le lendemain, mais au moins l'idée était attrayante à ses yeux. Il bu à ça également, recherchant une nouvelle fois le goût de cet alcool bien plus délicat que ce qu'il avait l'habitude de consommer. Au moins celui-ci avait un vrai goût, il ne faisait pas que désinfecter l’œsophage et brûler son bon sens.

-Si c'est la vie que tu cherches je peux te proposer un échange d'appartement. Mes murs sont en papier, j'ai l'impression d'habiter avec dix personnes, plaisanta-t-il.

Il échangerait sans hésiter à vrai dire, si seulement cet échange ne ruinait pas totalement ce qu'il essayait de faire en venant ici : prévenir sa vis-à-vis pour qu'elle se protège du danger. Elle ne tiendrait pas trois jours dans son immeuble. Lui-même manquait de se faire bouffer par le cinglé de chien de sa voisine dès qu'il les croisait dans le couloir. Dommage d'ailleurs, l'appartement de Sibel était vraiment à son goût. Il bu à cela également. Bien vite, son verre se vida et au fur et à mesure de la conversation, un deuxième suivit le premier. Lorsqu'elle se resservit un troisième verre cependant, Silas eu le bon sens de ne pas la suivre une nouvelle fois, l'esprit déjà embrumé et pas certain de pouvoir retrouver le chemin de son propre logement s'il continuait sur cette lancée, le manque d'habitude et l'absence de nourriture dans son estomac ne le servant pas.

Il se leva donc et attendit une ou deux secondes d'être prêt à faire un pas avant de déclarer que son couvre feu le forçait à rentrer. Il la remercia maladroitement pour l'accueil et récupéra sa veste avant de se faire accompagner jusqu'à la porte. Il hocha la tête lorsqu'elle demanda s'il prendrait les transports en commun pour rentrer, mais alors qu'il allait refuser qu'elle le raccompagne, elle se rapprocha et lui présenta une dernière alternative, appuyée d'un argument qu'il savoura sans doute plus qu'il ne l'aurait du. Il ne la laissa pas s'éloigner bien loin lorsqu'elle fit mine de s'écarter, posant une main sur sa taille pour la retenir.

-J'imagine que dans le cas d'un rendez-vous galant, ils ne s'attendent pas forcément à ce que je rentre, souffla-t-il avant de se pencher pour l'embrasser à son tour, presque hésitant au départ.

Ce baiser avait une saveur étrange, faite d'alcool et d'interdit, que le whisky rendait presque électrique alors que le cambrioleur repenti prenait de l'assurance. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion de fréquenter qui que ce soit depuis sa sortie de prison et devait avouer que les contacts humains de ce genre lui avait terriblement manqué, il n'en appréciait donc que plus la direction imprévue que prenait la fin de cette soirée.

Regagnant enfin l'assurance qu'il lui manquait, Silas pressa l'ex diplomate contre lui tout approfondissant le baiser, sentait la chaleur se répandre en lui bien plus rapidement que s'il avait terminé toute la bouteille de Whisky à lui seul, tandis que l'impatience commençait à naître en lui. Se séparant d'elle, il lui subtilisa le verre des mains et en bu le contenu avant de le poser sur le premier meuble à sa portée et d'entrainer Sibel vers la pièce qu'il se souvenait être sa chambre. Il coupa court à tout probable commentaire sur sa connaissance de la disposition des lieux en l'embrassant encore, ses mains se faisant plus baladeuses que précédemment. Il avait encore du mal à se dire que tout ceci arrivait vraiment, mais préférait profiter au maximum de l'opportunité qui lui était offerte avant qu'elle ne lui soit retirée, détaillant de ses doigts les courbes qui avaient plus d'une fois attiré son œil, alors que ses lèvres se détachaient des siennes pour souligner le tracé de son cou.
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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Jeu 23 Mar - 2:20
Le malaise avait fait place à une certaine aisance, comme si, une fois le choc passé, Sibel était parvenue à mettre en perspective l’arrivée impromptue de Silas. Il n’avait fallu qu’un élément déclencheur – dans ce cas-ci, le whisky duquel elle avait été généreuse – pour que l’étincelle s’embrase, alors même que le blond s’apprêtait à sortir. Quelques mots suffisent à le retenir et elle ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire espiègle, consciente de son propre attrait. Appelez ça de l’égocentrisme, du narcissisme; c’en était peut-être, après tout. Faire semblant de n’avoir jamais remarqué les œillades, les regards insistants, ce serait de la fausse modestie. Ses lèvres se heurtent à nouveau à celles de son invité avant qu’il ne la déleste de son verre – elle n’en avait plus besoin, de toute manière. Désormais, elle avait besoin d’un tout autre type d’ivresse, et ses sens étaient saturés par la présence, tout compte fait, bienvenue du blond.

Elle se laisse d’abord entraîner, peu soucieuse de paraître passive, profitant des doigts du blond qui glissent sous sa blouse. Du bout des ongles, elle défait un à un les boutons de la chemise de Silas, lentement, avec une nonchalance presque arrogante. Elle perd patience pour les trois derniers, tirant sèchement sur le tissu; si deux des boutons survivent, le dernier vole dans un coin de la pièce sans qu’elle s’y attarde la moindre seconde. Sa peau frissonne en sentant les baisers de l’homme dans son cou et elle s’y abandonne un instant, se pressant éhontément contre son corps, pressée, impatiente. Ses doigts trouvent le torse de Silas et elle le fait tomber à la renverse sur son lit, visiblement peu intéressée par davantage de tergiversations. Le regard fiévreux, elle fait glisser son chemisier sur le sol et détache ses cheveux, grimpant sans plus tarder à son tour dans les draps soigneusement placés.

Les genoux de chaque côté des hanches de l’homme, c’est à son tour de prendre les devants; elle ne comptait pas non plus le laisser reprendre les rênes, maniaque du contrôle qu’elle était, incapable de s’abandonner réellement. Peut-être lui en laisserait-elle la chance plus tard, mais pour l’heure, elle menait la danse, sans équivoque. Le reste de leurs vêtements trouvent rapidement un coin de la pièce, empilés les uns sur les autres sans la moindre considération pour leur état futur. Quelques minutes suffisent pour réchauffer la pièce d’ébats désinvoltes, alimentés par l’alcool et le manque, d’un concert de soupirs éreintés qui s’essouffle finalement, les plongeant dans un silence léthargique et un sommeil qui s’empare d’eux comme un étau.

****

Elle est déjà debout lorsque le soleil filtre à travers les persiennes; à moitié vêtue après une longue douche, Sibel lance à l’homme assoupi dans son lit ses vêtements sans ménagement, s’assurant de l’atteindre en pleine figure. « Debout », l’enjoint-elle finalement en fouillant ses tiroirs pour trouver de quoi se vêtir. Collants, jupe et chemisier sont rapidement enfilés avant qu’elle ne complète l’habit par un veston bien taillé. « Tu peux manger ici si tu veux, mais sois parti avant… » commence-t-elle, jetant un coup d’œil à la montre qu’elle passe à son poignet. « … midi. La femme de ménage risque de faire une crise cardiaque si t’es encore là. » La brune fouille dans sa boîte à bijoux, se parant de boucles d’oreilles et d’un anneau en argent tout simple. Elle croise le regard de Silas dans la glace, osant esquisser un bref sourire. « Je suis sûre que tu trouveras un moyen de sortir en gardant la porte verrouillée. J’ai foi en toi. » Elle n’avait pu se retenir de la remarque sarcastique, même si elle était prononcée avec une certaine affection. Quoi qu’il en soit, elle se devait malgré tout d’aller travailler – une échappatoire comme une autre à ce qu’elle considérait n’être qu’une brève incartade.



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MessageSujet: Re: lose it all / silas   Jeu 23 Mar - 9:40
Rapidement, le contrôle de la situation fut repris par Sibel presque dès que la porte de la chambre fut franchie. Les boutons de la chemise de Silas ne firent long feu malgré la lenteur exaspérante avec laquelle elle s'appliqua à les défaire au début et en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, l'ex cambrioleur se retrouvait poussé sur le lit, dévoré par un désir partagé qu'ils assouvirent ensemble avant de sombrer dans un sommeil réparateur, Silas épuisé d'avoir ainsi relâché tension et frustration à la fois en une seule nuit.

Cependant, si la nuit fut agréable, le réveil fut bien plus violent que ce à quoi il s'attendait. Encore endormi lorsque la frappe aérienne l'atteignit, il s'éveilla en sursaut, sa main se dirigeant d'instinct sous sa table basse pour récupérer son arme, avant que tout ne lui revienne et que Sibel ne reprenne la parole. Il poussa un soupir de soulagement et retira les affaires de son visage pour observer sa partenaire d'une nuit en petite tenue, déjà douchée et visiblement en train de s'habiller. Choisissant d'être docile, il se leva et enfila rapidement ses vêtements en gardant pour lui un regard vers le plafond à la mention d'une femme de ménage. Il y avait vraiment des gens qui pouvaient tout se permettre.

En revanche, sa deuxième remarque lui arracha un petit rire amusé. Avec les clés de l'appartement toujours en poche, il n'aurait aucun mal à réaliser l'exploit. Seulement après avoir prit un petit déjeuner digne de ce nom, malgré tout, puisqu'on l'invitait. Il l'accompagna jusqu'à la porte lorsqu'elle s'éclipsa, sans doute pour travailler, s'arrangeant pour ne pas être vu depuis l'extérieur par un voisin de palier curieux, lui souhaita la bonne journée et retourna prendre ses aises dans son appartement.

Il fit ce qu'il ne s'était pas permis lorsqu'il avait mis les pieds ici de son propre chef, fouillant dans les placards pour trouver de quoi se préparer à manger tout en s'interrogeant. Sibel avait visiblement apprécié cette soirée passée ensemble et l'avait même laissé traîner chez lui, alors qu'elle aurait pu tout simplement le pousser dehors en même temps qu'elle et l'enjoindre à ne plus jamais revenir. Le pouvoir des chemises devait sans doute être plus fort que ce qu'il le pensait au départ.

Après avoir abusé de l'hospitalité de Sibel en restant pour le petit déjeuner, il prit tout de même la peine de débarrasser de ranger un minimum pour ne pas laisser trop de trace de sa présence, allant jusqu'à se mettre à quatre pattes dans la chambre pour retrouver le dernier bouton de chemise qu'il avait perdu. En vérité il ne se permis qu'un seule écart : cherchant et trouvant du papier et un stylo, il lui laissa un mot court qu'il dissimula dans sa boîte à bijoux, afin que la femme de ménage ne tombe pas dessus.

Enfin, il quitta à son tour l'appartement, verrouillant derrière lui en vérifiant au préalable que personne ne soit dans le couloir et attendant patiemment d'être dans la rue pour se mettre à siffloter. Il comptait profiter de la bonne humeur dans laquelle l'avait mis la soirée avant de replonger dans les frites, les clients désagréables et un jeu qui, il en était certain, lui volerait un jour sa dernière vie. Des considérations qui pour le moment le laissaient froid, comparées à la question qu'il se posait : y aurait-il une prochaine fois ?

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