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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 LIE TO ME / ARSEUS
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MessageSujet: LIE TO ME / ARSEUS   Mer 4 Jan - 23:54
lie to me
arseus & amelia

Le plan était parfait. Amelia l’avait préparé pendant des mois, rien n’avait été laissé au hasard. Alors pourquoi était-elle si nerveuse ? Sûrement parce que sa réussite – ou son échec – déterminerait son avenir. Une vie plus dorée, ou une vie en prison. Cette seconde perspective l’enchantait beaucoup moins. Etre séparée d’Olivia était la pire chose qui puisse lui arriver, alors qu’elle faisait tout cela pour sa fille. […] Amelia observa une dernière fois son reflet dans le miroir. Propre, vêtue d’une jupe crayon noire, d’un chemisier un brin trop décolleté et d’un manteau sombre, la jeune femme était méconnaissable. La sans-abri ne se souvenait pas être allée chez le coiffeur ou s’être maquillée, mais c’était important. Avoir l’air riche et professionnelle faisait partie du plan. Elle inspira une grande bouffée d’oxygène, réajusta le faux-badge qui lui avait permis de passer les portes du bâtiment et s’empara de la valise qu’elle avait posée à côté d’elle sur les lavabos. Amelia quitta les toilettes pour se diriger dans le hall d’un pas décidé ; si tout se passait comme prévu, Arseus Sandman descendrait à 15h35, dans exactement une minute. […] La jeune femme baissa les yeux vers sa montre, au moment où elle percutait de toutes ses forces l’homme qui se trouvait en travers de son chemin. Amelia prit un air faussement étonné en lâchant sa valise – heureuse de voir qu’il avait lâché la sienne aussi – puis en croisant son regard. « Quelle maladroite ! je suis désolée, je … » Ses joues tournèrent à l’écarlate. Elle savait que ce moment serait particulièrement angoissant, mais elle ne s’attendait pas à être aussi sincèrement impressionnée par lui, par ce regard clair et cette carrure charismatique, et les réactions qui suivirent furent naturelles plutôt que jouées, un grand point pour elle. Lèvres pincées, la demoiselle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et se baissa pour ramasser sa valise qu’elle donna au Sénateur Sandman, puis celle de l’homme qu’elle garda précieusement entre ses bras, victorieuse. « J’étais pressée, je ne faisais pas attention … je vous prie de bien vouloir m’excuser. » Devant le regard insistant et anxieux des gardes du corps, Amelia recula d’un pas pour signifier qu'elle ne voulait aucun mal à leur employeur (pas encore). Son regard sombre croisa à nouveau celui d’Arseus dans lequel elle se perdit avec une délectation non-feinte. Il était encore plus beau en vrai qu’en photo ou à la télévision. Plus grand que ce qu’elle avait imaginé, plus désirable aussi. Une chose était sûre, Amelia allait prendre un sacré plaisir à courir à sa propre perte. La brune recouvra ses esprits, et esquissa un sourire qu’elle voulait doux mais malicieux. Elle savait qu’elle n’était pas la femme la plus belle sur terre et qu’elle devait être assez adroite pour intéresser un homme de sa trempe, si tenté qu’il choisisse la voie du jeu plutôt que de la menace qui lui pèserait bientôt sur les épaules. « Bon, je ne vais pas vous faire perdre plus de temps. Bonne journée. » souffla-t-elle en glissant ses doigts dans ses cheveux de sa main libre, avant de le contourner pour prendre la fuite de façon tout à fait innocente et mesurée, non sans se retourner pour lui jeter un dernier coup d’œil. Amelia disparut à l’angle du couloir et s’arrêta, les jambes tremblantes et le cœur battant à tout rompre. Elle dut se retenir au mur pour ne pas flancher. C’était une expérience terrifiante et excitante ; la plus dangereuse de toute sa vie d’arnaqueuse. Elle avait la valise, et c’était tout ce qui comptait.




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MessageSujet: Re: LIE TO ME / ARSEUS   Ven 6 Jan - 5:50


wolfe&jupiter

Le cliquetis de l’horloge. Tic. Tac. Les secondes défilantes. S’échappant du cadran pour résonner dans la salle de réunion, brisant le silence de leur rythmicité nauséeuse, perfides petites régularités que personne n’entendait mais que tout un chacun captait. Tic. Tac. L’heure exacte. L’heure fatidique. L’heure qu’on surveillait du coin de l’œil, certains s’en inquiétant quand d’autres se trouvaient rassurés de son avancée. Le parcours inéluctable des aiguilles, lancées dans une course folle que rien n’arrêtait, tournant et tournoyant encore jours après jours. Tic. Tac. Une heure. Une journée. Une semaine. Une année. Une vie entière. Et la satisfaction simple d’entendre ce que tous les autres se forçaient à ignorer. Un léger sourire en coin. Le stylo qui tournait nonchalamment sur le bureau en verre. Tic. Le dossier qui se refermait. Tac. Les feuilles glissées. Le bruissement du tiroir. Le tintement de la chaise. Tic. Le froissement du manteau. Même pas un regard en arrière. Tac. La mallette en main, nonchalante, insouciante ou au contraire aussi ingrate qu’entêtée. Curieuse. Mais soumise, à cette poigne qui la serrait tandis qu’Arseus quittait son bureau du neuvième étage. Tic. Tac. Fin du délai.

« Excusez-moi, je suis désolée, je … »

La voix était comme sa propriétaire : charmante. Audacieuse mais pourtant toute en timidité et en finesse… Une voix qu’il n’avait jamais entendue auparavant ; et pourtant, il en avait rencontré, de ces voix : suaves ou sèches, rêches ou grasses, rauques ou aigues. Un panel impressionnant mais aucune qui ne ressemblait à celle-ci. Gracieuse avant même de croiser le regard malicieux de sa propriétaire, dont les joues se coloraient de rouge quand lui restait interdit face à l’apparition. Une surprise. Un choc. Un contact et soudain, plus rien. Rien d’autre que cette simple phrase d’excuse qu’elle lui débita tandis qu’elle lui rendait sa valise… Pouvait-elle en dire plus ? Pouvait-elle parler plus ? Pouvait-elle seulement… Rester plus ?

Arseus se mordit l’intérieur de la joue face à une telle pensée absurde, parvenant difficilement à détacher son regard de ce visage pour en explorer le reste du corps.  Svelte. Elancé. Des vêtements sobres mais qui la mettaient en valeur – une marque de bon goût. Une simplicité apparente et pourtant un air de recherché, quelque chose qui attire le regard et attise la curiosité. Il esquissa un sourire de circonstance, poli, courtois, et pourtant terriblement demandeur de plus d’informations. D’indices… Faute de temps, il n’en saura pas davantage. Un mot à peine esquissé, ses doigts qui se refermèrent sur la poignée de sa valise et voilà que déjà, la délicieuse silhouette s’éloignait de lui. Chacun sa route. Chacun sa course. Il avança mais se retourna, observant les cheveux qui flottaient sur ses épaules. L’apparition d’une nuque gracile.

Et puis il disparu dans le véhicule qui venait de se garer à la juste sortie du bâtiment.

* * *

Un verre de scotch posé nonchalamment sur la table en bois, Leda fixait cette valise qui n’était évidemment pas la sienne. Elles se ressemblaient, indéniablement, mais certains détails permettaient de ne pas s’y tromper ou se leurrer : les bords amoindris, la poignée plus austère, le manque de cuir aux angles qu’il affectionnait tant… Cet objet n’était pas le sien. Mais alors, a qui était-il ? Une gorgée avant qu’il ne sourit à nouveau, secouant la tête dans un ricanement en imaginant que ce soit à cause d’elle : de cette femme éphémère qui lui avait apporté un brin de lumière dans la morosité de sa journée. Avait-elle put ? Avait-il manqué à ce point de discernement ? D’attention ? Il fallait croire et le reconnaître…

Le code de sécurité se révéla bien plus facile qu’il n’aurait songé. Soit la personne qui possédait la mallette était passablement simple d’esprit, soit elle voulait que quelqu’un le trouve. Sciemment. Il fit sauter les verrous et ouvrit l’objet, observant un intérieur de vêtements féminins soigneusement pliés. Rangés. Le strict nécessaire, une trousse de toilette, mais strictement rien qui ne lui soit véritablement utile en soit. Cela n’allait pas lui servir… Arseus passa sa main sur le haut en dentelle qui gisait sous les liens, n’ayant pas le souvenir d’en avoir approché un depuis longtemps. Une femme de goût, disions-nous. De saveurs et d’intrigues. Si cette mallette appartenait à la curieuse imprudente, il savait d’ores et déjà qu’il en appréciait la douceur et l’odeur. Un parfum léger, vivace et pourtant radoucit sur la note de fin.

Et puis, au creux d’une poche, un numéro. Griffonné sur le coin d’une carte de visite qui n’avait ni de nom, ni d’adresse. Juste un numéro. Il hésita, haussant un sourcil intrigué en reprenant une gorgée d’alcool. Ainsi s’égrainaient les premiers indices et s’ancrait l’enquête. Le défi. L’appel au jeu et le vice de vouloir y céder. Se laissant tomber contre le dossier de la chaise où il se trouvait, il alluma une cigarette, tira une bouffée et souffla en continuant de regarder cette précieuse valise. Arseus fumait peu, parfois quand l’envie lui prenait ou lorsqu’il avait une bonne raison de sortir pour cela. Le voilà face à un dilemme, entre la réponse ou l’ignorance : il était fort probable que la personne en face possédait sa propre valise, avec des documents qu’il aurait du pouvoir travailler ce soir… Mais au lieu d’être en colère ou agacé, il était plutôt amusé. Joueur. Comme un limier qu’on remet sur le chemin de la chasse après une période d’abstinence. L’intérêt. L’envie. La curiosité.

Devait-il appeler ce numéro ou bien simplement considérer ses effets comme perdus dans la nature ? Cela serait fâcheux, tomber ainsi entre de mauvaises mains… Mais aussi très drôle quand on y songeait. Inconvenant mais imprévisible. Un coup d’œil au pull replié. Le souvenir de ce visage aux fossettes hautes et au sourire timide, une innocence tranchante face à des yeux qui en disaient longs. Très long. Beaucoup trop et pas assez à la fois… Il s’était perdu moins d’une minute à l’intérieur mais déjà il ressentait l’envie de s’y replonger. Etrange sensation. Inconnue. Incongrue, vu sa situation.

Il détourna le regard puis referma la mallette. Il ne pouvait s’adonner à ce genre de pratiques, voilà tout. Alors pourquoi finit-il par attraper son téléphone personnel, le faisant tourner dans sa main face à l’hésitation. Arseus n’hésitait pas. Jamais. Il savait et agissait en connaissances de causes ; se plonger dans l’inconnu relevait d’une témérité qu’il n’avait pas senti fourmiller ses veines depuis longtemps. C’était une perte de temps. Une perte d’argent. Une inutilité face au travail qu’il pouvait faire à la place… Pourtant, finalement, ses doigts pianotèrent le numéro. Une fois. L’effacèrent pour recommencer. Plus sûrs. Plus décidés.

Et quand il entendit cette voix au téléphone, il su que c’était elle. A nouveau. Indélicate et raffinée. Feintant l’innocence alors même qu’un sourire étirait les lèvres du politicien tant il savait déceler les parcelles du mensonge. Du secret. Un échange bref. Court. Mais aussi efficace que nécessaire quand ils convinrent d’un rendez-vous pour échanger les précieuses valises : un hôtel, à quelques rues de son lieu de travail. Suffisamment loin pour ne pas éveiller les soupçons, mais proche pour ne pas avoir à s’absenter outre que raison. Un sourire, amusé. Le léger rire au bout du fil.

« Rendez-vous demain, Mademoiselle… Amelia. »  Conclut-il en raccrochant, répétant ensuite plusieurs fois ce prénom comme pour s’en souvenir encore et encore.

Incompréhensible délice sur la langue.

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Dernière édition par Arseus Sandman le Dim 22 Jan - 1:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LIE TO ME / ARSEUS   Sam 7 Jan - 2:04
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« Putain, mais c’est pas vrai ! » « Amelia, ça sert à rien, tu y arriveras pas comme ça. Si mes calculs sont bons, il y a environ 6 millions de codes potentiels. Tu aurais dû réfléchir à ça avant … » « J’ai fait la liste de tous les codes potentiels avant ! » le coupa-t-elle en tapant du pied par terre, profondément agacée. La mallette restait obstinément fermée depuis qu’elle l’avait récupérée. Toutes ses tentatives étaient se soldaient par des échecs cuisants, ses hypothèses quant au code utilisé étant tous plus faux les uns que les autres. Son ami –  qui l’avait suppléée dans cette entreprise folle en lui fournissant les plans du bâtiment ainsi qu’un faux-badge pour entrer – commençait sérieusement à lui taper sur le système à répéter que ça ne marcherait pas. La peur s’empara d’elle à mesure que la liste de ses échecs grandissait. Si elle n’arrivait pas à ouvrir cette valise, Amelia aurait échoué, et tout ça n’aurait servi à rien. « Ok, j’ai besoin de caf… »   Son portable vibra sur la table à côté d’eux, annonçant un appel entrant. La belle se figea. « Bordel, Sam. Appel d’un numéro inconnu. C’est lui tu crois ? » « Bah décroche, t’attends quoi ? » La jeune femme tenta de se calmer et s’éloigna de quelques pas pour répondre ; elle trouvait ça étrangement trop intime pour rester près de Sam, qu’elle ne voulait pas témoin de la conversation à venir. Lorsque la voix d’Arseus Sandman s’éleva à l’autre bout du fil, Amelia se sentit faiblir, de la même manière que ses jambes s’étaient mises à trembler et ses joues s’étaient empourprées face à lui. Découvrir sa voix – Arseus n’ayant été que peu loquace lors de leur entrevue – en rajouta à sa frayeur et à l’excitation, et Amelia n’en fut que plus troublée. Elle se laissa choir sur la chaise la plus proche. Il lui fallait garder son calme. Maîtriser la situation. Sa main resta crispée au téléphone de toutes ses forces quand il la salua, comme si elle avait cherché à le retenir juste un peu plus longtemps. « A demain, Arseus. » répondit-elle en raccrochant. « On doit trouver ce code avant demain, Sam. » lâcha-t-elle froidement, sans se retourner, pour qu’il ne voie pas ses joues écarlates et ses airs troublés.

▽▽▽

Amelia ignorait royalement comment une femme était censée se vêtir ou se comporter pour ce genre de rendez-vous, si d’un rendez-vous il s’agissait bien. Elle opta pour une robe près du corps d’un bordeaux délicieux et d’escarpins noirs simples, avant de relever ses cheveux en une couette et se maquiller sobrement. Olivia valida la tenue par un « t’es bizarre habillée comme ça », habituée à voir sa mère en pantalon et tee-shirt déchirés, les cheveux en bataille. La brune prit le chemin de l’hôtel en taxi, la dernière paye de Roman ayant été suffisamment généreuse pour s’offrir toutes ces tenues et payer un taxi, et s’arrêta devant l’immense bâtisse pour l’observer. Mallette dans une main et téléphone dans l’autre, frigorifiée sous son manteau, elle se demanda si elle pouvait encore faire demi-tour. Elle pouvait prétexter une maladie, une urgence, du travail. Amelia n’était pas faite pour ce genre d’endroits, bien trop luxueux pour elle. Elle n’était pas non plus faite pour partager un repas avec un politicien. Courageusement, elle gravit les marches et pénétra l’hôtel en veillant à avoir l’air naturelle sur ses talons trop hauts. Happée par la chaleur réconfortante, Amelia regarda autour d’elle dans l’espoir d’apercevoir Arseus Sandman. « Madame, puis-je vous aider ? » « Nan. » Elle se racla la gorge et reprit, en levant les yeux vers l’hôtesse d’accueil venue l’interpeller. « J’ai rendez-vous avec Arseus Sandman. » Amelia fut un peu étonnée que la femme en face d’elle acquiesce et se dirige vers le fond de la salle. Connaissait-elle le nom de tous les clients, ou le sien précisément ? Elle s’apprêta à poser la question – juste comme ça - quand la jeune femme fut distraite par l’apparition de l’homme, assis à la table qui leur était réservée. « Bonjour. J’espère que je ne vous ai pas fait attendre trop longtemps. » souffla-t-elle en plongeant son regard dans le sien. L’espace d’un instant, le reste du monde disparut. La serveuse, les autres clients, les serveurs dont les bras étaient chargés d’assiettes, et même Olivia, et le DARWIN’S GAME, plus rien n’avait d’importance. Seul importait ce jeu débuté avec lui. Qu’était-elle censée faire maintenant ? Lui serrer la main ? Lui faire la bise ? Se contenter de s’asseoir en face de lui ? Finalement, elle opta pour la main qu’elle tendit de façon peu assurée, bien que déterminée à se montrer polie. La politesse et la courtoisie n’étaient pas le fort d’Amelia Rhodes, qui insultait et jurait plus qu’elle ne parlait. Ce simple contact suffit à l’électriser, et son regard sombre se posa sur sa propre mallette, posée au sol aux côtés des pieds d’Arseus, pour penser à autre chose. Elle déposa la sienne sous sa chaise et se mordit la lèvre. « Merci de m’avoir appelée et de m’avoir donné rendez-vous aussi vite, et surtout dans un si bel endroit. Vous n’auriez pas dû vous donner tant de mal, vu le tort que je vous cause depuis deux jours. » Et Arseus n’était pas au bout de ses peines. Son téléphone était rempli de photographies des documents de Sandman, dont elle serait obligée de se servir pour lui soutirer une forte somme d’argent s’il refusait de jouer. Et elle espérait sincèrement que ce ne soit pas le cas, parce que l’envie de passer des moments comme celui-là en sa compagnie était plus grande que de le faire bêtement chanter. « Ma maladresse a sûrement du vous mettre en retard dans votre travail. J’en suis navrée, vraiment. Je pourrai toujours vous faire un mot d’excuse pour que vos collaborateurs ne soient pas trop durs envers vous.  » Lèvres pincées, Amelia rougit. « C’était une blague. Pas très drôle. Je crois que j’ai besoin d’un verre. » Elle murmura la fin de la phrase, un peu honteuse, pour ne pas dire carrément gênée de son incapacité à arriver à la cheville d’un homme comme lui. Elle était sûrement beaucoup moins cultivée et s’avèrerait d’un ennui mortel pour lui. « Désirez-vous quelque chose à boire ? » Amelia sursauta un peu trop brutalement sur sa chaise. Elle ne s’attendait pas à la présence de la serveuse qu’elle n’avait pas vue venir, trop concentrée sur le beau visage d’Arseus sans doute. Et puis, le DARWIN’S GAME la rendait parano ; pour un coup comme ça, la brune pouvait tout à fait sortir l’arme à feu attachée contre sa cuisse et la diriger en direction du danger. Elle tenta de calmer les battements excessifs de son cœur. « Je vous laisse choisir, Arseus. Surprenez-moi. » lança-t-elle d’une voix suave et enjôleuse qui sembla irriter légèrement la serveuse, ce à quoi Amelia répondit par une mimique amusée et discrète.





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MessageSujet: Re: LIE TO ME / ARSEUS   Dim 22 Jan - 1:29


wolfe&jupiter

Il était arrivé en avance, étrangement. Louis lui avait pourtant proposé de le conduire en le voyant quitter son bureau, mais il avait poliment refusé en prétextant vouloir marcher un peu. Certes, c’était un pari risqué dans les conditions actuelles ; mais un peu d’imprévisibilité ne lui ferait pas de mal. Lui qui était toujours bien organisé pouvait se permettre ce genre d’écart, ses détracteurs ne s’attendraient pas à le croiser en pleine rue pour lui lancer quelque chose au visage. Un manteau qu’on enfile, et les marches qu’on descend d’un pas tranquille, prenant une grande inspiration une fois dans le brouhaha de la ville. L’hôtel n’était pas très loin, suffisamment discret, savamment orienté. Arseus y allait assez régulièrement pour se savoir d’une tranquillité quasi militaire dès qu’il y mettait les pieds. La preuve, personne ne lui demanda quoi que ce soit ni ne sembla s’étonner de l’installer à une table près du fond de la salle. A la fois dissimulé et ayant pourtant une vue imprenable sur la rue grâce aux larges baies vitrées éclairant l’endroit. Sombre par ses velours, clairs par ses murs et son design.

Une attente, une femme qui s’esquisse derrière les vitres et déjà il lui semble la reconnaître. Ses cheveux relevés dévoilaient à nouveau cette nuque gracile sur laquelle reposait un visage agréable. Il nota inconsciemment le taxi d’où elle était sortie et attendit qu’enfin elle ne pénètre dans la salle secondaire du restaurant pour se lever. Dire qu’il ne l’avait croisé que quelques secondes et pourtant il se souvenait très bien de ses grands yeux parlants ; surpris par l’irrépressible envie de garder cette main qu’il serrait dans la sienne un peu plus longtemps qu’il ne le devrait. Sa peau était douce, mais sa paume était un peu rugueuse… Signe qu’elle ne travaillait sûrement pas autant dans un bureau qu’elle voulait le faire croire. Ou qu’elle était manuelle, au choix. Debout dans une proximité raisonnable, le politicien se surpris à observer sa robe avant qu’elle ne décide de s’asseoir. Il l’y invita avec un plaisir dissimulé, pour l’instant aussi bien intrigué que conquis par la première impression qu’elle lui laissait.

Amelia. Amelia…

« Je me devais de rapidement réparer ce tort, je craignais que vos affaires ne vous manquent ou que vous choisissiez d’en acheter d’autres en constatant leur disparition. »

Et cela aurait, bien évidemment, empêché cet échange d’avoir lieu… Ou du moins ne l’aurait pas facilité. Arseus sourit à cette blague enfantine, plus par compassion que par réel amusement, ayant bien du mal à considérer ses collaborateurs remettant quoi que ce soit en cause dans son organisation ou son travail. Il savait se tenir suffisamment en avance pour ne pas être pris au dépourvu lorsque quelque chose de ce genre survenait… Ou presque. La sécurité d’une mallette était accessoirement relative, les documents qu’elle contenait étaient importants – pas autant que certains autres, mais il n’aimait pas l’idée qu’ils se promènent dans la nature sans son accord. Un accident était si vite arrivé.

« Un Manhattan pour mademoiselle. Et un martini. Ainsi que deux plats du jour. »

Il avait d’abord hésité à commander du vin, mais cela aurait donné à cet échange un sérieux qu’il ne souhaitait pas installer trop vite. Non pas que cette jeune femme lui déplaisait, bien au contraire il la trouvait des plus agréable à regarder et s’intéressait étrangement à qui elle pouvait bien être… Mais se serait l’effrayer sans doute. La précipitation n’était pas le propre du sénateur Sandman, bien qu’il prenne parfois des décisions lourdes de conséquences en un claquement de doigt. Il adressa un bref sourire à la serveuse qui opina avant de disparaître, les laissant de nouveau seul.

Enfin. Il avouait volontiers l’avoir prise au dépourvu et à son expression surprise, il ne put s’empêcher un ricanement amusé.

« Vous m’avez dit de vous surprendre... Mais je reconnais qu’il n’est guère surprenant d’inviter une charmante jeune femme à déjeuner. Puis-je voir la mallette ? »

Arseus avait une gestion des priorités professionnelles qui dépassait l’entendement, tendant la main en attendant qu’elle lui remette le précieux sésame. Quand il l’eut dans les mains, il su qu’elle était parvenue à l’ouvrir : il mettait toujours rigoureusement la même suite de chiffres quand il la verrouillait, une forme de sécurité, et celle-ci n’était pas identique. L’un des nombres avait changé. Elle aurait très bien pu les toucher par erreur en essayant son propre code, mais le reste était bien trop parfait pour laisser croire a des essais infructueux. Il marqua un temps d’arrêt en l’observant, avant de se résoudre à ne pas l’ouvrir et de simplement la poser à côté de lui. Puis il pris la poignée de la sienne et la lui tendit en retour.

Echange terminé. Ou presque… Sa main resta près de la sienne quand la jeune femme s’en empara, ne la lâchant pas immédiatement. Le contact fut quasiment électrique pourtant il résista, la dévisageant avec un air calme mais des yeux perçants de curiosité.

« Dois-je m’avouer chanceux de vous revoir ? Le contenu de cette valise laissait présager que vous deviez vous absenter… Ou au contraire, que vous reveniez d’un voyage ? »

Il reconnaissait clairement l’avoir ouverte, sinon comment aurait-il obtenu le numéro de téléphone ? Précieuse sésame. Unique lien pour l’instant qui la liait à lui et permettait d’envisager quelque chose qu’il n’avait jusque là pas tenté : l’inconnu. Une rencontre, simple. Importune. Quelques petits détails qui clochaient et pourtant l’attention qu’elle mettait à paraître naturelle avait quelque chose de touchant. D’attendrissant, s’il voulait pousser le mot au delà de son sens premier. Il lui rendit la pleine possession de son bien après quelques secondes, profitant de l’interruption de la serveuse pour déposer les deux cocktails pour l’observer encore avec cette même attention qui le prenait.

Il ne l’avait jamais vue. Arseus savait cependant qu’elle se nommait Amelia Rhodes et que, malgré l’apparence chic de ses tenues, elle n’était pas exactement ce qu’elle semblait être… Une des chemises en soie de la valise possédait encore l’étiquette et il était évident que d’autres vêtements n’avaient jamais été portés. Soit elle était extrêmement précautionneuse, soit elle demeurait d’une superficialité qui l’empêchait de remettre deux fois de suite la même tenue, soit… Ces vêtements étaient un tout autre message. Il avait eut près de quarante-huit heures pour retourner la question, demandant à Louis de se renseigner et obtenant quelques informations qu’il taisait pour le moment.

A dire vrai, il était extrêmement curieux de savoir si cet échange n’était qu’un malencontreux tour du destin ou bien s’il y avait effectivement anguille sous roche. Il attrapa son cocktail quand elle l’eut fait, le levant à son attention avant d’en boire une gorgée.

« Quoiqu’il en soit, j’espère qu’un peu de temps en ma compagnie ne vous donnera pas envie de vous enfuir en courant. J’admet volontiers avoir envie d’en apprendre un peu plus sur vous que votre prénom… Amelia. »

Le prononcer encore. Salvateur. Délicieux. Aussi doux que ce qu’elle renvoyait, malgré son menton haut et son dos droit, presque forcé de se tenir dans une position impeccable. Ses mains pianotaient sur la table, des ongles propres mais non manucurées qu’il remarqua sans le signaler. En réalité, elle lui inspirait une simplicité drapée dans une superbe allure, une élégance naturelle qui n’avait pas toujours besoin d’artifices pour être effective. Il ne la connaissait pas, il avait simplement pu se baser sur les retours, pourtant quelque chose le poussait à s’y intéresser. A vouloir en connaître plus. A vouloir simplement être en sa présence, une attirance électrique qu’il tachait de faire taire malgré tout. Ce n’était pas son genre de flirter aussi ouvertement… Et pourtant.

Pourtant quand elle se mit à rire au cours de la discussion, il la trouva d’autant plus adorable à dissimuler sa bouche derrière sa main. Elle l’avait fait avec un petit temps de retard, comme si elle s’obligeait la politesse alors qu’elle était si belle à déclarer ouvertement sa joie. Arseus s’efforçait de ne pas relever malgré les automatismes, l’instinct d’observation pour tout connaître de son interlocuteur. En apprendre. En retenir… Il n’était pas arrivé là où il était simplement comme un parvenu, mais bien par le travail et l’assiduité. Cela passait par des habitudes de vie et de pensée qui pouvaient parfois le couper du reste de la population.

Pourvu qu’elle ne lui en tienne pas rigueur pour cette fois.  

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