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 At the end, we die alone so let's live together. || Ivan
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MessageSujet: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Dim 22 Jan - 12:17

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Ce n'était pas le tout de pleurer les morts, mais il fallait aussi savoir les honorer. Alors, quand quelques militaires du régiment lui ont envoyé un message pour lui proposer de venir boire avec eux à la santé de Franck, de tous ceux tombés en Afgha et en Irak : Astrid avait accepté. Parce qu'elle n'était pas sortie de la caserne depuis plusieurs jours et qu'un peu d'air frais lui ferait du bien. Alors, elle quitte son pyjama douillet pour aller sous la douche et enfiler un jeans, un chemiser et sa veste en cuir.

Partie boire un verre avec les gars, on est au pub du coin de la rue. Max a mangé, tu as des lasagnes dans le frigo si tu as faim. Love, xxx

Elle laisse le un mot tendre à Colin sur le bar américain qui séparait la cuisine de la salle à manger et lui envois un message juste au cas où il s'inquiéterait : lui donnant l'adresse du bar et avec qui elle était. Naturellement un :

Viens nous rejoindre si tu en as envie.

Conclus, le sms qu'elle envoie avant de glisser son portable dans sa poche. Elle caresse Max tendrement, le serre contre elle avant de sortir malgré les pleurs du canidé qui n'aimait pas voir sa maîtresse partir. Il ne faut que dix minutes à Astrid pour rejoindre ses compagnons. A peine arrivé que son nom est hurlé et les verres levées. Alors, sincèrement, elle s'approche d'eux et les prend un à un dans ses bras. Elle ne les voyait pas tous les jours, mais elle savait qu'en cas de pépin : ils seraient tous là pour venir la sauver. Ils étaient tous joueurs de DG, sauf un ou deux dans la bande des six. Elle va commander au bar une pinte de Dogfish Head, paye et revient à la table.
La conversation est animée, elle passe du coq à l'âne, des mines déconfites à des explosions de joies quand un souvenir heureux vient s'inviter aux discussions.

"Oh Astrid ! Tu te souviens de votre soirée de départ avant votre déploiement en Afgha ?!" Astrid rigole et lève sa bière : "Man j'avais tellement bu cette nuit-là ! Si Colin n'était pas venu me chercher : je ne me serais pas réveillée !" Ils rigolent tous. "C'est sur Abba non que tu te déhanchais avec Frank ? - Ouep, tu sais qu'il m'a légué la vidéo !" Elle sort plusieurs clés USB de sa veste, en donne une à chacun : "Je me suis dit que vous seriez aussi heureux d'avoir ces images de lui. De nous. Jo' t'étais pas encore là."

Dit-elle envers le plus jeune qui sourit. Un silence quelque peu pesant s'installe sur la table. C'est Raphaël pose son regard sur Astrid : elle sait que la suite ne va pas lui plaire.

"Frank... Tu sais qu'il jouait ?" Elle hoche la tête : "Ouais... Je l'ai pris sous mon aile quand il s'est connecté la première fois." Elle fait tourner le verre entre ses mains : "Toutes les conversations de l'armée, les transmissions, même avec leurs proches étaient écoutés. La seule façon pour lui de parler librement, c'était dans le jeu. Le seul endroit où les bureaucrates ne mettent pas leur nez ! - T'oublies ces traîtres de milicien." Astrid sourit et regarde Léo : "Oh je t'en prie, ne me sort pas ce discours hein ?! Les Miliciens font ce qu'ils pensent être le mieux comme nous quand on a signé pour l'armée. Leur travail dans le jeu n'est pas si différent du nôtre." Quelque peu éméché : le joueur se lève et pointe du doigt la jeune femme à la chevelure dorée : "T'es l'une des leurs ?!!!!" Astrid hoche la tête doucement et rigole avec les autres. "Nope, c'est pas mon genre de me reposer sur un gouvernement qui n'est pas le mien." Elle l'attrape par la manche et le tire pour qu'il se rassoit : "Assis-toi, tu nous fais honte et tu vas attirer le regard sur nous !" Elle porte sa chope à ses lèvres et boit plusieurs gorgées.

"Astrid, tu es avec nous ?" Demande finalement Raphaël tout bas, pour elle : laissant les autres reprendre une discussion normale. Elle fronce les sourcils, le regarde : "C'est quoi ta proposition ?" Il souffle : "On a besoin d'un meneur... Enfin j'ai besoin d'un bras droit en quelques sortes... Pour m'aider et convaincre les autres : pour que le jeu ne soit pas détruit par les lois et le gouvernement" Elle avale sa salive : "Je ne fais plus la guerre, Raph et tu le sais." Elle regarde sa main mécanique. "Mais c'est notre chance de montrer à tous ceux qui pensent qu'on est surpayé : les risques que l'on prend ! Qu'ils souffrent comme nous !" Astrid pose sa main valide sur le bras de son ami : "Sauf que nous, nous avons choisis.  -Et ?! Ta choisis toi de te faire torturer ?! Et moi de tuer des innocents supposés être des criminels. T'as quitté le front depuis plus d'un an, tu sais pas ce que c'est devenu sur le terrain à cause du jeu ! A cause des fous qui nous donnent des ordres et si on refuse d'exécuter telle ou telle personnes : on passe en cours martiale ! Fred a été torturé par son propre officier !" Elle n'aime pas ce qu'elle entend. Elle avale difficilement sa salive : "C'est pour ça qu'il est pas là ?" Raphaël hoche la tête : "Ouais..." Elle souffle longuement, finit sa pinte et relève sa tête. "Tu sais que si le jeu n'est pas modéré, la guerre va devenir civile et venir dans la réalité... -C'est déjà le cas et tu le sais."

Astrid voit alors un visage familier au bar. "J'irais le voir demain ok ? Et... Je vais réfléchir à ta proposition." Elle monte sa chope vide : "La prochaine est pour moi !" Elle glisse sous la table pour s'extirper du groupe et s'approcher d'Ivan. Elle commande, le regarde : "Tu as la tête d'un mec qu'à besoin d'un verre." Elle regarde les bouteilles derrière le bar: "Besoin de parler ou de boire en silence ?" S'il y avait bien une personne qui connaissait ce regard, qui pouvait le comprendre : c'était Astrid.
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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Jeu 26 Jan - 18:08
at the end we die alone,
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astrivan.

T’as l’esprit déchiré par ces souvenirs incandescents, et le sommeil refusant toujours de venir, hanté par des images que tu préfèrerais oublier. À tes oreilles persiste le fracas de la balle extirpée au canon de ton arme, et sur ta rétine s’est incrusté l’éclat vermeil du sang arraché à son corps. Sous tes prunelles se dessinent plus profondément encore les larges cernes violacés, signe évident des nuits agitées de cauchemars et de ces heures interminables passées à projeter ton regard sur les ombres que le crépuscule peint sur les murs mouvants. T’as les nerfs à vif et le cœur au bord du vide, tes pensées s’embrouillent et s’emmêlent, au point que tu n’es plus capable de seulement distinguer le vrai du faux, de voir la différence entre tes souvenirs ravagés et cette réalité douloureuse que tu t’obstines à dénier. Les pixels se dématérialisent sans cesse sous tes opales, à t’en faire tourner la tête, à t’en amener la bile au bord des lippes, et tu ne peux que te demander tout cela est-il bien réel ?, retraçant dans ta mémoire les traits tirés de douleur de celle que tu as tant aimé, revoyant cette scène insupportable, le diamant qui roule dans la boue sanguinolente, ces quelques mots soufflés dans l’agonie. Tu ne veux pas y croire – tu préfères ne pas y croire, incapable de réaliser que tu as porté le coup fatal à ce que tu croyais n’être qu’une illusion morbide de ton esprit, une imposture envoyée pour te torturer par des développeurs redoutables.

Les journées défilent, et tu te morfonds dans cet appartement trop vide, muré dans ce mutisme qui te coupe le souffle. Et ce silence, devenu oppressant, t’es désormais insupportable. Alors, animé d’un besoin soudain de tout oublier, t’attrapes seulement un manteau avant de claquer cette porte, espérant enfermer derrière toi les démons qui te poursuivent depuis trop longtemps. La bise gelée d’un Chicago embué te prend aux trippes, te mord les chaires, et t’as enfin l’impression de respirer de nouveau. Tu balances ta capuche sur ta tête, couvrant quelque peu ton visage épuisé, et tu t’élances aux travers des ruelles blanches, désireux t’extérioriser ce malaise qui t’étouffe – de tes lèvres entrouvertes s’échappent les volutes glacées, rythmées par ton souffle saccadé et ta marche effrénée. Il ne te faut guère longtemps avant de parvenir à la devanture de ce lieu que tu n’as que trop souvent côtoyé, lorsque tes peines étaient si profondément ancrées que seul l’alcool te permettait de les oublier le temps d’une ivresse. Tu pousses alors les lourdes portes, pénétrant dans la chaleur envoûtante de ce bar trop blindé, te glissant jusqu’au comptoir sans te défaire de ta capuche. Les effluves de conversations endiablées te parviennent à peine, comme si un bourdonnement incessant t’avait rendu étanche à ces moments de partage innocent devenus si rares. « Un whisky, sans glace. » que tu lâches faiblement au barman, te hissant sur l’un des tabourets, abrité par un coin de pénombre.

Un premier verre qui, à peine à portée de ta main fébrile, est aussi vite avalé, alors que tu sens à peine la morsure de l’alcool dans ta gorge. Tu reposes aussitôt ton verre dans un claquement sec contre le bois défoncé du bar, faisant signe au serveur de te mettre la même chose. Les doses s’empilent, et tu te laisses tomber dans cet état léthargique que tu ne connais que trop bien, le fil de tes pensées rapidement perturbé par la brûlure du whisky, pour ne devenir qu’un trou noir réconfortant. Devenu incapable de réfléchir, tu pousses un soupir, délivré de ces fantômes, de ces souvenirs accablants, de la culpabilité qui te ronge. T’as maintenant les membres engourdis, la tête ravagée, et tes iris se perdent dans l’alignement des bouteilles contre le mur. Tu te laisserais couler doucement dans l’ivresse, si une voix familière ne te sortait pas alors de cette torpeur enveloppante. Tu lèves tes yeux embués vers la blonde qui se tient alors à tes côtés, déchiffrant les traits d’Astrid que tu as d’abord peiné à reconnaître. En réponse à sa question tu hausses les épaules, jouant sur les rebords de ton verre déjà vide du bout des doigts, alors que ton regard retourne à la contemplation des bouteilles. « Tu dois sans doute avoir mieux à faire que d’écouter les malheurs d’un pauv’ soulard, non ? » que tu balbuties à grand peine, tes mots se mélangeant sur ta langue. « Tu n’as pas à t’forcer, j’image que tu dois être attendue… » Nouveau soupir, alors que tu lâches enfin ton verre, faisant un nouveau signe au barman de t’apporter une autre rasade.


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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Sam 28 Jan - 15:49

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Le soldat n’avait probablement pas eut l’idée du siècle en rejoignant ses amis dans un bar. Avec un esprit aussi en proie au mal-être : pouvoir boire jusqu’à en perdre son latin n’était pas conseillé. Mais il n’y avait qu’a jeté un coup d’œil au bar pour comprendre que tous étaient là pour ça. Les pubs ne devaient pas connaître la crise non. Il y aurait toujours des personnes pour venir boire et oublier leur vie, leurs problèmes. Astrid peut déjà sentir les effets de l’éthanol sur son corps et son esprit. A peine debout que son monde tangue. Elle serre d’ailleurs son verre pour ne pas le lâcher : la paume de son autre main posée contre ses lèvres par réflexe. Si elle avait bu la dernière fois avec Grim, elle n’était pas encore capable de tenir la distance. Alors, elle s’affale presque sur le bar et après plusieurs tentatives arrive à monter sur le tabouret. Installée, elle remarque son nouveau voisin et un coup d’œil suffit pour comprendre le bougre.
Astrid tape le bar de sa main artificielle au rythme de la batterie. Elle ne voulait pas forcer la main à celui qu’elle venait de rejoindre. S’il voulait parler, il le ferait. Elle ne serait pas la personne qui mettrait un couteau sous sa gorge. Elle n’était pas psy. Ce n’était pas son rôle non plus. Elle pouvait l’accompagner et se bourrer la gueule. Ca elle savait faire. Mais ouvrir ses chakras pour qu’il se détende : nope. Elle commande pour sa tablée, pour elle avant de demander au barman de resservir l’ancien soldat.

« Na. Parce que je suis certaine que tu es incapable de montrer du doigt une seule personne qui n’est pas un soulard dans ce bar. Alors… Ta compagnie ne me semble pas si désagréable. On se connaît après tout ? »

Répond-elle finalement. Elle regarde les bouteilles au lieu de le regarder lui. Le son de sa voix suffit à Astrid pour deviner son état d’ivresse. Le pire était qu’elle l’encourageait à boire un peu plus en lui offrant un autre verre. Mais elle savait qu’il fallait souvent toucher le fond pour pouvoir remonter à la surface… Ou pas et dans ce cas mieux valait être ivre mort pour partir en douceur que de se rendre compte du passage d’un monde à un autre ; de celui des vivants à celui des morts.

« Je ne suis pas attendue. Sauf par la mort, mais on l’est tous à un moment ou à un autre alors ça compte pas. Je ne suis pas une privilégiée. »

La commande est devant elle, Astrid paye le barman avec sa carte, rentre son code et une fois le paiement fait range sa carte bancaire.

« Je reviens. » Inutile de dire : ne bouge pas. Il n’était clairement pas en état. Elle coince les pintes dans ses mains et retourne à la table de ses amis. Elle les sert, lève son verre : trinque avant de boire dedans puis de repartir. Elle attrape Ivan par l’épaule. « Viens. » Astrid lui fait signe de la suivre : « T’es pas le seul à avoir envie de te soûler la gueule et ça sert à rien de le faire dans ton coin ! » Elle lui montre une table au fond de la salle qui était inoccupée. « Et non je te laisse pas le choix et t’es même pas en mesure de refuser alors move ok ? Ça ne sert à rien de rester à découvert quand on est en état de faiblesse. Attirer l’attention non plus ! »

Elle demande deux verres, arrive à porter les trois pintes en s’y reprenant plusieurs fois histoire de trouver la position la plus sage. Elle pose le tout sur le bois avant de se laisser tomber sur la banquette. Elle met un verre rempli d’eau devant Ivan. Elle allait prendre soin de l’ancien GAIA. Elle était passée par-là trop de fois pour ignorer le spleen qui semblait émaner de lui. Une fois tout installée, elle prend sa bière et trinque avec son ancien camarade.

« Skål ! » Puis boit de longues gorgées avant de reposer avec force son verre. « Bon. Maintenant que ça s’est fait… Tu as tué qui pour être dans cet état ? » Il n’y avait pas cinquante mille raisons pour tomber dans un état pareil. « Je te raconte une histoire si tu m’en racontes une. Tu verras, on est tous humains et pareils et que les remords sont la seule chose qui nous lie tous. »
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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Lun 30 Jan - 13:34
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astrivan.

Les effluves d’alcool cognent déjà contre ton crâne, et tu sais ton esprit en proie à ce brouillard provoqué par les saveurs tourbées du whisky. Alors que tu fais tourner ton verre entre tes doigts, les dernières goutes du précieux liquide ambré lèche la paroi cristalline et tu te perds dans la contemplation de ces reflets perlés. La main de métal d’Astrid tape contre le bois usé et râpé du bar, rythmant cette musique que jusque là tu n’entendais pas – si d’ordinaire t’étais plutôt du genre mal à l’aise avec les gens, c’était différent avec Astrid. Tous deux anciens combattants, vous aviez été contraints et forcés de suivre ces séances de torture qu’ils appelaient réhabilitation du soldat – en d’autres termes, ils s’agissaient simplement de réunions de groupes pour les fracassés de guerre tels que vous, ceux-là même étant sujet au stress post-traumatique. Après la mort de Quinn, tu t’étais réfugié dans l’unique chose que tu connaissais encore, et c’est lors d’une dernière mission en Irak qu’on t’avait jugé dangereux pour les autres, mais surtout pour toi-même. Rapatrié d’urgence, on t’avait collé un psy au cul et des réunions imposées. C’est là-bas que t’avait rencontré Astrid, elle aussi bousillée par la guerre. Mais si vos relations étaient d’abord parties d’un mauvais pied, empli de haine à l’égard de ces officiers qui prenaient trop de mauvaises décisions, vous aviez fini par vous rapprocher via le Darwin’s Game, tous deux membres des GAIA, jusqu’à nouer une amitié solide et empreinte de profond respect.

La voix de la jeune femme te fait émerger de tes pensées brouillées, tandis qu’elle commande une tournée pour sa tablée, ainsi qu’une dose supplémentaire à te mettre sous le nez. « C’pas faux. que tu marmonnes en levant ton verre de nouveau plein. Merci pour l’verre. » Deux secondes elle s’éclipse, ramenant les pintes commandées à ses collègues bruyants, deux secondes suffisante pour que tu te rinces de la boisson alcoolisée – lorsqu’elle reparaît à tes côtés, ton verre est déjà vide et reposé sur le bar. Les doigts frais de la jeune femme s’emparent de ton épaule, alors qu’elle t’intime de le suivre dans un coin plus reculé du bar. Tu peines à te soulever du tabouret, et lorsque tes pieds rencontrent le sol tu titubes, envahi par une bouffée d’alcool qui n’avait pas encore eu le temps de parvenir à ton cortex imbibé. « Ca va, ça va, j’arrive. » Tu la suis difficilement, te frayant un passage entre les tables occupées et la foule qui meugle, jusqu’à parvenir à t’assoir sur l’une des chaises. « J’crois que pour la discrétion on remettra ça à une autre fois – tout le monde a dû remarqué mon état de faiblesse. que tu lâches dans un ricanement. Elle pose devant toi un verre d’eau, alors que tu lui lances un regard ahuri. Pourtant, tu prends conscience en le portant à tes lèvres que t’es assoiffé, desséché par le whisky. Une fois fini, tu t’empares bien vite de la bière devant toi, trinquant avec cette camarade d’une vie. « Na zdraví qu’on dit chez moi ! » Les verres s’entrechoquent violemment, la mousse s’échappe du bord des parois.

« Un fantôme du passé. » tu marmonnes sans vraiment faire attention à ce que tu dis, avant d’engloutir plusieurs gorgées de bière, noyant par la même occasion les paroles qui allaient échapper à tes lippes. T’as pas envie d’y repenser, t’es venu pour oublier. Mais Astrid semble décidée à te faire parler, alors tu pousses un soupir. « Ok, j’te raconte, mais c’toi qui commence à parler. » tu baragouines. Vous aviez chacun vos vieux démons, ces souvenirs brûlants qui vous consumaient de l’intérieur. Et même si vous étiez particulièrement proches, vous comprenant dans ces épreuves difficiles que vous aviez surmontées au front, nul ne savait la véritable raison de ce retour au pays, après des années de loyaux services offertes à la patrie. Mais à y réfléchir un instant, une seconde fugace, t’avais peut-être besoin de te débarrasser de ces fantômes qui te hantaient.



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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Jeu 2 Fév - 23:29

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Elle n’avait jamais su gérer les crises des autres. Bonne qu’à écouter, le peu de fois où elle a tenté de donner des conseils : cela s’est mal terminé. Parce qu’elle ne sait pas faire. Astrid était du genre brut de pommes. N’importe qui aurait été plus tendre, plus doux avec Ivan qui semblait mal au point. Mais pas elle. A ses yeux : cela était le meilleur moyen pour rester dans son spleen. Il fallait un moment sortir les doigts de sa merde pour pouvoir relever la tête. Il ne fallait pas être un génie pour voir que cela faisait plusieurs nuits qu’il ne devait pas dormir, qu’il devait se morfondre dans son mal-être. Astrid faisait aux autres ce qu’elle aimerait qu’on lui fasse : qu’on ne la voit pas comme une handicapée ou une personne qui portera toujours des séquelles de la guerre. Elle voulait qu’on la traite normalement. Mais surtout qu’on la relève et qu’on lui donne une tape dans le dos pour la pousser à avancer ! Elle préférait ça plutôt qu’on la prenne gentiment par la main. Et puis ce n’est pas comme s’ils avaient un jour mâché leurs mots ou bien peser leurs paroles. Ils avaient réglé leurs comptes. Ivan avide de chercher un coupable au sein des officiers et Astrid qui essayait de lui faire comprendre qu’elle aurait préféré se sacrifier, crever la gueule ouverte entre deux collines de sables plutôt que de vivre. Mais la vie était une pute et la seule chose qu’elle pouvait faire maintenant c’était d’avancer pour tous ses camarades tombés.
Astrid l’emmène au fond du pub, dans un coin calme : tout du moins dans l’ombre. Elle garde un œil sur lui : au cas où il tomberait, cependant il tient le bon bout et arrive finalement à bon port.

« La plupart sont dans un pire état que toi dude. Puis même, je te protégerais et les mecs à la table aussi. T’en fais pas pour ça. »

Dit-elle d’une voix ferme avant de prendre une gorgée de bière. Elle n’était pas du genre aimable, l’ancienne militaire ne faisait pas dans la dentelle et cela semblait empirer au fil de ses connexions. Se battre dans un bar, comme au bon vieux temps avec Drathir… Son cœur se serre en même temps qu’elle resserre l’étreinte sur son verre. Sa salive passe difficilement dans son gosier, elle doit s’y reprendre à plusieurs fois. Dra… Sa meilleure amie… Son pilier. Aujourd’hui disparue, enterrée. Astrid trinque finalement sans grande conviction, un sourire en coin s’étire pourtant quand elle l’entendant trinquer dans sa langue. A peine la chope reposé qu’elle prend le taureau par les cornes et demande qui était mort de sa main pour qu’il soit dans cet état. Faisant un deal : elle hoche la tête quand il accepte. Du bout de ses doigts métalliques, elle se gratte le menton avant de prendre une grande inspiration :

« Elle s’appelait Aurà, dans le jeu. Une CAHO. Ma pire ennemie, mon amante, ma douce et tendre amie, ma folie : tout ce que je détestais en moi. » Son regard se pose dans le liquide ambré devant elle, lentement : elle fait tourner le verre. « C’était au début du jeu, je venais de perdre mon mentor et j’étais seule, blessée. Un orage a éclaté et je me suis mise à l’abri dans Ruderoche. Elle m’a trouvé et aurait pu me tuer. Au lieu de cela… Elle s’est mise à couvert avec moi, m’a soigné… » Elle sourit en repensant à la douceur de sa peau, aux baisers qu’elles avaient échangés avant de s’aimer charnellement. Un soupir traverse ses lèvres : « Elle a été la première personne à m toucher depuis mon retour, à pouvoir atteindre ce qui reste de bon en moi. Ce qui est intact. Aurà à embrasser ma folie, mes démons, mais cela ne nous a jamais empêché de nous battre. Jamais. Parce que c’est en se détruisant qu’on s’aimait un peu plus. » Elle boit plusieurs gorgées : « Elle est morte début Janvier 2016. Je lui ai pris sa dernière vie. » Elle ne l’avait jamais dit. N’en avait jamais parlé. « C’est pas la seule âme qui hante mon quotidien anyway. » Astrid finit par regarder Ivan : « On tue et détruit ceux qu’on aime. C’est la base de notre Humanité. C’est pour ça qu’on est différent des animaux, qu’ils sont plus intelligents que nous. Et puis… Les sentiments évoluent avec la société, à l’heure actuelle, avec DG : c’est par la mort et les combats. »
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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Lun 20 Mar - 20:02
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Tu te souvenais encore de ces querelles d’antan, ces joutes futiles dans lesquelles tu te lançais corps et âme, sous prétexte que tu avais un trop plein de haine à déverser. Astrid avait déjà essuyé tes remords, tes reproches suintant tant de mépris que de violence, ta douleur, cuisante et brûlante, tes excès de rage incontrôlables. Il y avait eu cette période dans ta vie où tu t’étais trouvé le besoin de désigner un coupable, de pointer du doigt quelqu’un que tu pourrais rendre responsable de ton malheur, responsable de ces pertes insoutenables – t’avais alors craché ce que tu avais tenté de refouler trop longtemps, blâmant Astrid de tous les maux de ce monde et dont elle n’était évidemment, pas responsable. Mais aveuglé par ta peine, tiraillé de l’intérieur, que pouvais-tu en savoir – comment aurais-tu pu voir que, dans les prunelles de la blonde ne brillait plus aucune lueur, et qu’elle aurait préféré crever dans le sable irakien plutôt que d’endosser ce retour trop pénible, balayant les pots cassés. Comment aurais-tu pu voir que tu n’étais pas le seul à agoniser ?

Les vapeurs de bière te chatouillent les narines tandis que tu l’écoutes te raconter une partie de son histoire. Pas un instant tu ne quittes du regard son visage, lisant sur ses traits les émotions à mesure qu’elle débitait les mots, dont tu n’étais plus sûr de capter le sens. Pourtant tu te laisses absorber dans ces paroles, au point d’oublier ce qui te tord les trippes depuis des semaines, le temps d’un fugace instant. Et alors que le dénouement approche, qu’elle termine de partager l’un de ses démons avec toi, tu te sens soudainement vidé, comme si l’entendre parler te soulageait aussitôt. Était-ce parce que tu te sentais moins seul, tourmenté par les aléas d’une chienne de vie qui se délectait à te torturer ? Sans doute, mais jamais n’oserais-tu te l’avouer. Et alors qu’elle achève sa tirade, un silence se pose à votre tablée, réconfortant et léger, tandis que tu avales de nouvelles goulées du liquide ambré. Tes iris se perdent dans les siennes et pendant un instant tu te sens connecté à cette femme avec qui tu avais finalement si peu partagé de ton vécu, pudique et bouleversé à l’idée de balancer sur le tapis des choses qui, des années passées, creusaient encore ce trou béant dans ta poitrine. La douleur ne s’évaporait-elle jamais – ou trouvait-on plutôt un remède pour la faire taire, la refouler dans un coin de la psyché, sans jamais réellement l’effacer ? Ferait-elle partie de toi pour l’éternité, ancrée profondément, contraint de vivre avec et de l’oublier pour continuer d’avancer ? Astrid avait-elle appris à museler ses peines – en serais-tu seulement capable, ou préférais-tu encore souffrir en silence, te murer dans un mutisme devenu tiède et réconfortant avec le temps ? Mille questions se bousculent dans ta tête à mesure que ton alcoolémie grimpe en flèche, voilant ton regard d’un masque sombre tandis que ton esprit virevolte et que tes repères s’envolent.

Et finalement, tes doigts attrapent ceux, métalliques, de la jeune femme, les enserrant dans une étreinte amicale, dans une caresse silencieuse. « Je suis désolé, je… Je ne savais pas. Je. Je n’imaginais pas… » tu bégayes maladroitement, mal à l’aise alors que tu peines à trouver quoi répondre, et que l’alcool grignote doucement ton vocabulaire censé et clair. Que dire, alors qu’elle t’apprend avoir tué de ses propres mains une personne qui lui était chère, qu’elle haïssait autant qu’elle l’aimait. Dans ces mots tu te retrouves un peu, parmi cette confusion qui te porte depuis des semaines, qui te noue l’estomac et t’empêche de respirer. Une dernière goulée de mousse, et tu fais signe au serveur de vous remettre la même chose – il est de toute façon trop tard pour te préoccuper de la gueule de bois qui pointera son nez au levé de l’aube. « J’me rends compte que j’ai été dur avec toi. Au début. J’connaissais rien de toi, et je t’ai jugée. T’as vécu des trucs pas faciles, tant là-bas, en Irak, qu’avec ce jeu, et j’en suis désolé. » ton marmonnement se noie dans ta bouche, alors que tu peines à sortir des excuses minables sur un sujet que vous auriez préféré tous deux oublier. Mais l’alcool te déliant la langue, tu ne mesures plus la portée de tes mots. « C’mon tour c’ça ? » Une longue rasade pour t’hydrater la gorge, et tu tapes du poing sur la table, ne sachant pas réellement par où commencer. « T’sais pourquoi on m’a déclassé ? Pourquoi j’me suis tapé ces réunions miteuses avec le psy, outre le soit disant stress post-traumatique ? tu commences en grinçant des dents. On m’a remercié car jugé trop dangereux pour les autres, et surtout pour moi-même. J’aurais pu craquer, et m’foutre un putain d’balle dans le crâne. Parce que j’me suis enfermé dans la seule chose qu’il me restait : ce foutu travail. » Tu renifles, cherches un endroit où caler ton regard, loin de celui de ton interlocutrice. « J’avais qu’elle, elle était la seule chose qui importait… Et elle est morte ! tu beugles en vacillant sur ton assise, serrant tes doigts autour de ton verre jusqu’à ce que tes jointures blanchissent et qu’un fourmillement s’empare de ta peau. Y’a eu une explosion, elle était dans le camion, ce camion que je devais protéger. Tout le convoi a sauté. Son… Son corps… mutilé, perdu dans le sable. On m’a ramené de force, j’ai même pas pu la prendre avec moi, la ramener chez nous… » Tes poings se referment plus fort encore sur le verre, jusqu’à briser en mille morceaux le contenant, le précieux liquide s’en échappant, déversé sur la table. Pourtant tu le remarques à peine, tes yeux exorbités figés dans le néant. « Je… je crois que je perds la tête Astrid. » tu finis par souffler en clignant des paupières, comme si un instant tu avais été possédé. Ce n’est que là que tu constates l’œuvre de tes pulsions, et le liquide mousseux qui glisse sur la table. « Merde, fait chier. Bouge pas, j’vais chercher de quoi essuyer. » Et tu titubes jusqu’au comptoir, avant de ramener le nécessaire pour nettoyer tes bêtises.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: At the end, we die alone so let's live together. || Ivan   Ven 24 Mar - 22:40

I'm here for you if you need, because I know your sorrow.
L’ancien Lieutenant regardait l’homme qui lui faisait face. Tant de choses les avaient déchirés alors qu’ils se ressemblaient bien plus qu’ils ne le pensaient. Astrid sait au fond qu’ils pouvaient être les meilleurs amis du monde s’ils acceptaient de baisser les armes et détruire les murs qu’ils ont mis tant d’ardeurs à construire pour tout et pour tout le monde. Au moins, Ivan ne semblait plus avoir d’arguments, de preuves à lui jeter à la gueule pour faire un deuil qu’il ne sera jamais en mesure d’accepter. Tout comme Astrid ne sera jamais capable de se pardonner de s’être laissé entourlouper par un enfant qu’elle aurait dû tuer d’une balle dans la tête avec son sniper. Leurs blessures étaient salées et ne se refermeraient jamais réellement même s’il y avait un maigre espoir qu’un jour la douleur s’atténue pour être supportable. Et un jour peut-être : ils seront en mesure de vivre dans le présent et non dans le passé des jours heureux. Car pour affronter le quotidien qui s’offrait à eux : ils devaient être forts. Ils devaient être entiers s’ils ne voulaient pas chuter et déshonorer la mémoire de leurs camarades morts sur le front.
Les picotements dans ses doigts et la chaleur qui enlaçait son corps témoignaient à la jeune femme que l’alcool faisait son effet. Astrid avait réussi à tenir ses distances avec la boisson alors que l’alcoolisme était un fléau chez les vétérans. Pourtant, elle aimait boire de temps à autres. Pour se remémorer ces soirées endiablées avec sa compagnie : sous les étoiles au milieu du désert ; sous la pluie au régiment ; autour d’un feu de camps… Qu’importe. L’éthanol lui rappelait une chose : qu’elle était en vie. Une existence remplis de morts. L’histoire qu’elle souhaitait partager à Ivan comptait le décès d’Alaska. Sa CAHO. Sa guerrière. Cette joueuse qui avait en quelque semaine chamboulée son monde pour le laisser en ruines une fois l’arme à gauche passée. Les mots sortent de sa bouche tandis qu’Astrid revit chaque moment : la poignardant un peu plus dans son sein pour raviver des douleurs qui faisaient partie intégrantes de son quotidien. Plusieurs longues lampées de bière viennent finir son histoire. Elle noie son chagrin en vidant sa pinte qu’elle pose avec force sur la table.
Astrid ne sent pas la main d’Ivan. Ce n’est seulement qu’en baissant ses iris qu’elle voit le geste. Elle fronce les sourcils : peu habitué à recevoir un tel geste. Elle hésite quelques instants avant de tourner sa dextre pour empoigner plus solennellement cette main tendue qu’elle serre modérément pour ne pas lui faire mal. Il bégaye, semble chercher ses mots alors qu’il n’y a rien à dire. Elle ne l’interrompt pas. Ne commente pas ses paroles et le laisse faire son mea culpa.

« Je ne t'ai pas raconté ça pour que tu me prennes en pitié, Ivan. » Elle voulait mettre les choses aux claires : « Je veux juste que tu trouves un peu de paix, de repos. On est tous dans le même bateau. Tu n’es pas le seul à avoir des regrets, à souffrir. Faut juste que tu imprimes ça et que tu trouves les bonnes personnes sur lesquelles te reposer quand tu es à bout de souffle et que tu te sens chavirer. » Des personnes comme elle. Astrid ne le lâcherait pas. Non pas parce qu’ils ont partagé les mêmes couleurs dans DG, mais parce qu’ils se ressemblaient et c’est pour cela qu’ils ne pouvaient pas se laisser couler. « On a tous les deux vécu l’enfer et on en ait ressorti. »

La tatoueuse ne quitte pas des yeux le GAIA : oui c’était son tour. Il devait passer au confessionnal. Parler des morts était un des meilleurs moyens pour ne pas les oublier et en même temps alléger le deuil. Elle ne juge pas, écoute attentivement les sons et les mots qui sortent d’entre les lèvres d’Ivan. Elle comprend mieux, pour ne pas dire parfaitement. Astrid avale sa salive en sentant un étau enserrer sa gorge. Quand il beugle, elle ne sursaute pas, ne bouge pas. Ses amis se lèvent pour la regarder, elle leur fait signe de se rasseoir. Elle pouvait gérer. Il n’était pas en colère contre elle. Mais contre la terre entière. L’homme en face d’elle avait perdu son phare, l’amour de sa vie peut-être et cela lui rappelait bien trop Colin qui avait décidé de ne pas la laisser mourir en autorisant l’amputation de son avant-bras. Serait-il dans le même était si son corps aurait explosé en même temps que celui de ses hommes ? Lui aurait-il survécu ? Le lieutenant remarque rapidement la pression sur le verre et sans surprise ce dernier explosa. Elle recula sa chaise pour éviter de salir un peu plus son jean puis regarde Ivan qui semble dans un autre monde. Un qui lui était propre et dont la douleur devait y être Seigneur. Astrid avait le même. Peuplé de fantômes qui n’étaient là que pour la torturer psychologiquement. Quand il revient à la réalité, elle hausse les épaules.

« Ce n’est qu’un verre. »
Elle le regarde se lever avant d’attraper les morceaux avec sa main métallique. Elle ne pouvait pas se couper comme ça. Astrid les glisse dans le reste du verre avant de se lever à son tour pour aller le déposer sur le comptoir. Elle s’excuse auprès du tavernier qui sourit pour toute réponse. Elle attrape l’éponge et le torchon qu’il lui tend et retourne à leur table. « Laisse, je vais t’aider. » Dit-elle doucement. Une fois l’alcool épongé, elle alla redonner le tout au barman : reprenant au passage deux pintes d’eau qu’elle pose sur la table.

« La douleur ne part pas. » Commence-t-elle. « Elle restera toujours dans un coin de ta tête, tu la sentiras toujours dans tes tripes. Parce que c’est tout ce qui nous reste d’eux. » Astrid ne voulait pas qu’il croie à un miracle, pourtant : « Mais tu vas apprendre à vivre avec. » Elle termine sa bière et pose son verre sur la table vide à côté : « Parce que toi et moi on est des survivants et que tant qu’on vie : ils ne sont pas oubliés. » C’était ce qu’elle se disait tous les jours. « En tout cas, tu ne perds pas la tête. » Elle pousse vers Ivan avec sa main la pinte d’eau : « Pas plus que moi en tout cas. » L’archère prend le deuxième verre : « Les gens, les ‘autres’ comme je les appelle : ils ne peuvent pas comprendre. Ils te jugeront. Comme les psys : ils nous mettent dans des cases sans avoir une seule idée des épreuves qu’on a endurées. Comment pourraient-ils le savoir ? Comprendre ? » Elle regarde ses amis un peu plus loin qui rigolaient : « La plupart des vétérans comme nous pensent que le jeu est le meilleur moyen pour que ceux qui nous ont jugés et nous jugent encore de comprendre ce qu’il en coûte de prendre des vies et de perdre des êtres chers. » Astrid perd son regard dans le liquide translucide : « Mais à quoi bon… ? Je ne souhaite à personne de vivre avec ce poids. »
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