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 LUCIDITY GONE / nils
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MessageSujet: LUCIDITY GONE / nils   Mar 24 Jan - 22:40

solveig & nils
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Les noms se bousculent, les syllabes s’entrechoquant dans un pêle-mêle de sons débités à une vitesse empêchant presque l’oreille de reconnaître les prénoms et patronymes énoncés dans cette nécrologie télévisuelle, comme si l’on souhaitait en faire la liste aussi rapidement que possible dans une tentative désespérée d’en diminuer l’horreur ou bien, pire encore, comme si l’on était tant habitué à entendre le nom de dizaines de personnes décédées dans le dernier attentat en date pour vouloir leur consacrer davantage de temps, préférant les débiter à toute vitesse comme s’il s’agissait d’une liste anodine et triviale. Si l’on pouvait espérer que l’on n’en était pas encore arrivé là, rien n’interdisait de penser que le jour où nous serons imperméables aux pertes toujours plus grandes des attentats viendra, sentence presque inévitable lorsque cela devient le quotidien, l’indifférence ne pouvant qu’être troublée que si le nom énoncé nous sera familier. Une vision effrayante que de s’imaginer stoïque face à la mort de centaines d’autrui mais pas impossible pour autant. Quoi qu’il en soit, Solveig garde ses yeux rivés sur l’écran tandis qu’une voix presque mécanique rappelle aux auditeurs les victimes funestes de l’attentat qui a eu lieu au Lee’s Unleaded Blues quelques semaines plus tôt, l’émission rendant un hommage éphémère à ces personnes qui seront remplacées par d’autres bien trop rapidement malheureusement. Elle attend que l’énumération soit terminée pour baisser le son encore quelque peu, craignant de réveiller sa mère endormie dans la pièce d’à côté, n’ayant pas voulu le faire plus tôt de peur de manquer involontairement de respect à ces personnes malchanceuses, comme si cela avait une quelconque importance.

La télévision ne laissait plus qu’échapper un bruit résiduel, les images continuant quant à elles de s’enchaîner, montrant un instant les vestiges du fameux bar du south side puis les dernières émeutes qu’avaient connues les rues de Chicago, les plans tellement similaires aux centaines d’images de manifestations ayant mal tourné qu’ils auraient pu être repris d’un incident ayant eu lieu deux mois plus tôt que personne n’aurait vu la différence. Malgré tout, la danseuse laissa la télévision allumée émettre un bruit de fond sourd mais rassurant, le volume étant trop bas pour discerner les propos inquiétants tenus, tandis qu’elle se concentra de nouveau sur ses étirements, assise sur le sol de son salon. Ses gestes n’avaient plus grand intérêt maintenant qu’il n’y avait plus de répétitions auxquelles se rendre chaque jour mais elle continuait pourtant de s’y afférer quotidiennement chez elle, profitant parfois de la barre installée dans sa chambre ou de l’espace plus grand qu’offrait son salon dès lors que son frère n’était pas dans les parages, sa mère alitée quittant rarement sa chambre. Ce n’était pas tant avec la volonté de rester suffisamment en forme pour pouvoir reprendre son travail dès lors qu’elle en aurait la possibilité, puisqu’une telle idée serait forcément alimentée par l’espoir vain que les choses vont s’améliorer d’ici peu. En réalité, il était davantage question d’une simple habitude dont elle avait du mal à se détacher, pas qu’elle ne veuille s’en défaire non plus. Danser était toute sa vie et ce n’est pas parce que cette dernière pouvait disparaître à tout moment à cause d’une bombe artisanale placée au mauvais endroit qu’elle devait arrêter de s’y adonner, d’autant plus que ces étirements lui permettaient de se vider l’esprit, suffisamment pour prétendre quelques instants que les gens ne s’entre-tuaient pas pour un jeu et plus particulièrement, pour ignorer ce sentiment incertain qui la rongeait de l’intérieur qu’aussi horribles soient ces actes, ils visaient à sauvegarder un jeu indispensable à ses yeux et pour cette raison, sa terreur face aux événements récents n’était pas aussi totale qu’elle pouvait le faire croire.

Sa jambe droite tendue devant elle, elle attrapa ses orteils de sa main droite, jetant un coup d’œil au chiffre encré sur la peau de son pied avant de clore ses yeux, restant ainsi quelques instants avant d’entendre du bruit dans une pièce adjacente. Ayant aperçu sa mère endormie dans sa chambre quelques minutes plus tôt, elle appela la seule personne dont la présence était vraisemblable à cette heure-ci. « Nils ? »  Instinctivement, elle se positionna en tailleur sur le sol, repliant ainsi sa jambe de façon à ce que le tatouage sur son pied ne soit pas visible. C’était une mesure guère utile pour son frère qui l’avait déjà aperçu plusieurs fois, lorsqu’il était encore constitué du symbole de sa team, mais elle n’appréciait pas vraiment lui rendre la tâche plus aisée d’observer le nombre de vies lui restant, bien qu’elle était la première à tenter d’apercevoir ce chiffre sur la peau de son frère pour s’assurer qu’il était toujours relativement sain et sauf. Son propre tatouage avait d’ailleurs été bien plus inquiétant qu’il ne l’était aujourd’hui, ayant frôlé de peu le zéro fatidique, mais il n’empêche qu’elle n’était jamais à l’aise à l’idée qu’il soit vu par autrui, d’autant plus que si la menace du jeu pesait sur la tête des Söderblom, elle ne voulait pas inquiéter son frère outre mesure. « Raphaël est pas avec toi ? » demanda-t-elle finalement lorsque son frère rentra dans la pièce, un léger sourire amusé aux lèvres, bien trop habituée à les voir collés l’un à l’autre depuis des années pour ne pas se demander si l’ami de son frère n’allait pas le rejoindre d’un instant à l’autre dans leur salon.  







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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Jeu 16 Fév - 22:16

solveig & nils
lucidity gone
Chaque jour, depuis que tu avais commencé à jouer était pire que le précédent, chaque jour apportant dans son sillage ses listes de morts, de catastrophes, d'attentats, chaque jour la peur qui reculait pour laisser place à la lassitude dans la voix, dans les regards, la lassitude ou peut être même pire, l'habitude, comme si finalement une routine nouvelle s'était installée, était acceptée, et s'il y avait pire que de renoncer, c'était d'accepter, même toi tu ne pouvais pas te vanter de faire exception, si au début tu avais eu peur de sortir, si au début tu avais détesté l'idée de pouvoir te faire assassiner au moindre pas dehors, tu avais pourtant fini par t'habituer, t'adapter, accepter.
Tu sortais toujours armé, du moins les rares fois où tu le pouvais encore, car malgré tes sourires, malgré tous tes efforts pour maintenir une illusion, une apparence inchangée, pour toi aussi, chaque jour était une nouvelle épreuve, un nouveau combat, tu le savais pourtant en t'inscrivant que tu te mettais en danger, tu avais bien lu et étudié les effets du jeu, tu n'étais pas stupide, tu savais que la fatigue qu'il provoquait associé à ta maladie allaient créer un cocktail dévastateur, tu le savais mais tu n'avais pas reculé, parce que pour lui, pour Raphaël, tu n'avais jamais reculé devant rien.
Tu ne t'étais pas trompé pourtant, plus le temps s'écoulait, lentement, grain par grain dans ce funeste sablier, plus tu avais de mal à rester éveillé, te lever était une torture, le sommeil ton pire ennemi, tu allais de moins en moins à l'université, regardant tes notes s'écrouler, ton rêve s'effondrer sans avoir même l'énergie d'en parler ou de lutter, tu étais juste épuisé.

Aujourd'hui n'avait pas été une exception, tu avais ouvert les yeux alors qu'il faisait déjà nuit dehors, la lumière verdâtre du réveil indiquant une heure beaucoup trop avancée, ton dernier souvenir datait du début d'après midi, alors que tu essayais de réviser avec Raphaël, tu ne te rappelais pas avoir sombré, et il avait probablement préféré t'emmener te coucher plutôt que te réveiller. En soupirant tu t'étais redressé dans ton lit, te passant les mains sur le visage à plusieurs reprises, sur ton téléphone un simple message de Raphaël, pour te dire qu'il était rentré, et qu'il espérait que tu avais pu te reposer alors qu'en bas tu entendais l'écho de la télé.
Ta sœur devait encore être réveillée, alors, parce que ça faisait une éternité que tu n'avais pas passé de temps seul avec elle, et parce qu'au fond peut être que ces moments te manquaient, tu es descendu jusqu'à la cuisine et a commencé à te faire un thé. Soudain, dans le silence, seulement brisé par la voix monotone du présentateur, tu as entendu ton prénom, à croire que définitivement tu n'étais pas plus discret ici que dans le monde virtuel.
Répondant à l'appel, tu as rejoins ta sœur dans le salon, air de gamin que tu avais alors que tu te glissais à ses côtés , pieds nus, seulement vêtu d'un pull un peu trop large pour toi, probablement emprunté à Raphaël, cheveux ébouriffés, tasse dans la main et sourire sur les lèvres, éternel sourire que rien n'aurait jamais pu assassiner.

« Raphaël est pas avec toi ? » 

Simple question, mais sous-entendu tellement énorme, dans son regard, dans son sourire, que tu te mis à rire par réflexe, tu lui avais déjà dit des millions de fois avant, qu'il n'y avait rien entre vous, juste de l'amitié, un lien très fort au delà même de l'espace et du temps, il était ton âme sœur, tu étais la sienne, et vous n'aviez pas prévu de tout gâcher...Pour vous oui, vous aimer, d'une autre manière, de la manière dont tout le monde voulait c'était tout gâcher, c'était prendre un risque insensé...Bien sûr que tu avais envie de l'embrasser, que tu avais envie de connaître le goût de ses lèvres, que tu avais même envie de lui promettre l'éternité, mais tu n'étais pas prêt, c'était trop risqué, dans ce monde où tout partait déjà en vrille, où tout se brisait la dernière chose dont tu avais besoin, c'était de perdre ton repère, ton ancre, celui qui te maintenait encore du bon côté.

« Non, il est rentré, il était là cet après midi pour m'aider à réviser le cours de programmation avant le partiel de demain mais je me suis endormi »

Immédiatement tu as baissé les yeux, comme fasciné par le contenu de ta tasse de thé, tu savais que tu aurais dû te taire, maintenant elle allait s'inquiéter, pour toi, pour ta santé, pour tes notes, elle allait te poser des questions et tu n'avais pas envie de la regarder en face et de lui mentir, lui sortir le même couplet qu'à tous les autres dégénérés, mais tu ne pouvais pourtant pas vraiment te permettre de dire la vérité, tu allais devoir improviser.

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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Sam 25 Fév - 20:37

solveig & nils
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Il est tard, plus tard qu’elle ne l’aurait cru ; la lumière s’infiltrant dans la pièce par la fenêtre avait lentement faibli et une fois le crépuscule passé, la pièce s’était assombrie sans qu’elle ne s’en rende compte alors que les reflets bleutés de la télévision venaient illuminer son visage. Trop occupée à tendre ses membres pour les sentir sous sa peau et trop subjuguée par le rappel incessant des dernières émeutes ayant ébranlé Chicago qu’elle ne s’était pas rendu compte qu’elle se trouvait dans le noir, ses yeux ayant adapté leur vision en fonction de la luminosité décroissante sans l’avertir qu’il serait désormais judicieux d’allumer la lumière afin de ne pas simplement être illuminée par ces images d’incendie et de violence dont les couleurs vives et les flashs se reflétaient sur les murs. Il aura toutefois suffi d’entendre la présence de son frère dans l’appartement pour la sortir de cette sombre torpeur. Néanmoins, elle ne fit aucun geste pour se lever, n’étant pas certaine de vouloir être dérangée par une lumière vive alors qu’elle s’était si bien accommodée de son obscurité, se contentant d’appeler son frère qui une fois dans la même pièce qu’elle, aussi sombre fut-elle, parvint à l’illuminer du simple fait de son sourire, un sourire dont il ne se passait jamais. Un sourire parfois faux, cachant des choses derrière cette esquisse de ses lèvres, mais dont il ne démordait malheureusement jamais.

A cet instant, son sourire ne pouvait qu’être sincère alors qu’il se mit à rire à la question de sa sœur, ne faisant qu’agrandir le propre sourire de sa sœur. Nils et Raphaël, Raphaël et Nils, pour quiconque les côtoyant, ils apparaissent comme les deux côtés d’une même pièce, jamais l’un sans l’autre et toujours l’un pour couvrir les arrières de l’autre. Des années que cela dure, au point qu’il soit parfaitement routinier pour Solveig d’apercevoir l’ami de son frère dans leur appartement, comme s’il habitait avec eux depuis toujours, ce qui – d’une certaine façon – était en partie vrai. N’importe qui les observant, ne serait-ce que quelques secondes au détour d’une rue, pouvait voir qu’il y avait entre eux un lien plus fort qu’une simple amitié, aussi forte puisse-t-elle être. Leur amour allait au-delà et bien que les intéressés ne prêtaient pas intention aux sous-entendus, voire aux remarques plus agressives de personnes moins tolérantes, les concernant, cela était bien trop évident pour convaincre qui ce soit que leur relation actuelle suffisait à l’un comme à l’autre. Lorsque les deux jeunes hommes étaient dans la même pièce, Solveig échangeait parfois des regards complices avec sa mère, comme deux spectatrices  aux premières loges de l’épanouissement d’une relation qui pouvait éclore et prendre tout son sens à n’importe quel moment, si seulement les intéressés réalisaient qu’ils voulaient tous deux la même chose autant que l’autre.

Le sourire de la danseuse quant à sa question se fane cependant doucement alors, son regard effacé se portant sur la télévision allumée mais sa vision ne se concentre pas sur les images qui s’animent et se suivent dans un flot incohérence de formes floues qu’elle ne cherche pas à distinguer, hochant silencieusement la tête aux propos de Nils. Ses crises de narcolepsie semblaient de plus en plus graves ces derniers temps et la cause de cette dégradation de sa santé n’était pas bien difficile à devenir ; cela était aussi aisé que de faire deux plus deux. Si le jeu parvenait déjà à détruire les cycles du sommeil, et plus largement, la santé psychologique d’individus lambda, en bonne santé et sans aucune pathologie venant leur compliquer les choses, évidemment qu’il allait avoir un impact désastreux sur son frère. Bien qu’elle savait pertinemment que le jeune homme n’avait jamais souhaité entraîner Nils dans ces histoires, son frère étant parfois assez têtu pour prendre des décisions irréfléchies sans se préoccuper de lui avant tout, elle ne pouvait s’empêcher de blâmer quelque peu Raphaël pour l’inscription de son frère à ce jeu qui n’avait rien fait pour arranger son état, sans même prendre en considération le fait qu’il pouvait mourir à tout moment s’il venait à être à court de vies. Elle n’en avait toutefois jamais touché un mot au jeune homme lorsqu’il se trouvait dans leur appartement, jugeant inutile de faire des reproches à quelqu’un qui devait déjà suffisamment s’en vouloir ainsi alors que le mal était déjà fait ; son frère était maintenant inscrit et il n’y avait plus qu’à espérer qu’il continue de rester en vie sans que son état se détériore jusqu’au point de non-retour. « Alors, tu le sens comment ce partiel ? lui demanda-t-elle, reposant son attention sur elle, un sourire aux lèvres pour masquer vainement ses inquiétudes. Elle ne dit rien de plus pendant un moment mais ne put se taire bien plus longtemps, les mots finissant par s’échapper de sa bouche malgré elle alors qu’elle avait repris ses étirements, la question se voulant nonchalante mais était davantage assimilable à un murmure témoignant du sujet fâcheux. Nils, ça fait longtemps que t’es pas allé voir ton médecin, non ? Elle sait très bien que ce sont des mots qu’il ne veut pas entendre, que c’est un sujet qu’il ne veut pas aborder et qu’elle aurait sans doute pu continuer la mascarade en ignorant le problème plus longtemps, du moins plus que quelques courtes minutes, mais elle ne pouvait pas se permettre de regarder ailleurs alors qu’il allait mal, quoi que son sourire puisse en dire. Je pourrais venir avec toi si tu veux ou je suis sûre que Raphaël voudrait bien t’accompagner. poursuit-elle en prétendant s’intéresser à ses mouvements, pour éviter de donner davantage l’impression à son frère de le mettre dos au mur en l’accablant d’un regard grave qu’il aurait du mal à fuir sans se jouer d’elle. On a pas besoin d’en parler à maman si tu préfères que ça reste entre nous. » finit-elle, cette fois-ci, ses yeux clairs en portant malgré tout ses yeux clairs sur ceux de son frère, quasiment identiques aux siens. Une phrase qu’elle s’en veut de prononcer, sachant que sa mère s’inquiète tout autant qu’elle, mais qui constitue une tentative désespérée de convaincre son frère d’aller voir son neurologue avant que sa narcolepsie s’aggrave davantage et aussi, d’une certaine manière, une volonté d’épargner des tourments supplémentaires à sa mère qu’elle essayait de préserver autant que possible des dégâts du Darwin’s Game, quitte à mentir sur sa propre inscription s’il le fallait.  







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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Ven 3 Mar - 3:19

solveig & nils
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Tu avais à peine terminé de répondre à sa question, à peine terminé ta phrase que tu le regrettais déjà, tu savais que tu en avais trop dit, que tu aurais juste dû répondre que Raphaël était venu cet après midi là mais qu'il était reparti, sans détailler, sans mentionner ta santé, ta scolarité, des sujets que tu évitais au quotidien mais que tu n'avais pas été assez malin pour ne pas mentionner cette fois, trop fatigué pour réfléchir peut-être, préoccupé aussi malgré le sourire sur tes lèvres qui semblait dire le contraire.
Tu savais qu'elle allait se mettre à poser des questions ensuite, tu connaissais ta sœur, tu savais qu'elle s'inquiétait toujours pour toi, qu'elle cherchait juste à t'aider, tout comme tu savais que tu ne serais jamais capable de lui mentir en face, que si c'était facile d'embobiner les autres, que si c'était simple pour toi de dire ce qu'on attendait de toi, face à elle tu ne saurais pas le faire, alors tu regardais ta tasse de thé avec insistance, tu espérais juste qu'elle en vienne vite aux faits, tu savais que cette fois tu n'allais pas pouvoir y échapper et tu t'étais déjà résigné, même si la première question ne portait jamais que ce partiel que tu n'avais pas su réviser, tu avais appris à te méfier.

« J'ai pas assez révisé, mais c'est de la programmation, ça devrait aller quand même, je suis pas trop mauvais »

Doux euphémisme, petit génie de l'informatique depuis ton plus jeune âge tu savais improviser pour au moins obtenir la moyenne, tu le faisais toujours, tes notes avaient certes énormément baissées depuis des mois mais tu aurais tout de même ton année, tu perdais juste le prestige et la mention que tu désirais tant, rien de bien important quand on est en train de vivre la fin du monde, impuissant.

Le silence revint dans la pièce, tu sentais qu'elle hésitait à se lancer et secrètement tu espérais qu'elle finisse par renoncer, tu aurais même pu croire que c'était ce qui allait arriver alors que ton regard se perdait sur la télévision pour patienter. Les informations, les images d'émeutes, de violence, de sang qui se répétaient, tu te mordis les lèvres avant de détourner les yeux pudiquement, vous ne parliez jamais de ça à la maison, personne n'en parlait réellement à vrai dire, c'était une des nombreuses choses à ajouter à la liste de ce qui pouvait te préoccuper, en plus de ta maladie qui s'aggravait et de tes notes qui n'étaient plus ce que tu espérais, ce silence, ce tabou, le monde s'effondrait complètement et tu ne comprenais pas pourquoi personne ne parlait, pourquoi tout le monde restait là, impuissant, pourquoi personne dans ton entourage, pas même toi, ne semblait décidé à choisir un camp. Tu étais en train de te plonger à nouveau dans tes pensées, dans ce débat que tu avais déjà eu des milliers de fois sans pour autant arriver à une conclusion convenable, si tu haïssais autant le gouvernement que le jeu, alors où était ta place ?
Tu en avais presque oublié le présent, presque oublié la situation délicate dans laquelle tu étais, mais la voix de ta sœur ne tarda pas à te ramener à la réalité, avec les mots que tu attendais, que tu redoutais.

Nils, ça fait longtemps que t’es pas allé voir ton médecin, non ?

Purement rhétorique, elle savait bien que tu n'avais pas vu ton neurologue depuis une éternité, que tu détestais tellement parler de ta maladie que tu préférais l'ignorer, tant que le traitement suffisait à te stabiliser.

Je pourrais venir avec toi si tu veux ou je suis sûre que Raphaël voudrait bien t’accompagner. 

"Non !"

Simple mot qui était sorti trop rapidement, bien plus brutalement que prévu, comme un mécanisme de défense qui n'avait absolument aucun sens. Tu as baissé la tête à nouveau, coupable, tu détestais lever la voix contre elle, ou contre n'importe qui.

« Raphaël s'en veut assez comme ça »

Tentative pour te justifier, et en même temps, tu ne mentais pas, tu disais la vérité, tu ne pouvais pas te permettre de demander à Raphaël de t'accompagner chez le neurologue, pour la simple et bonne raison qu'il s'en voulait déjà assez comme ça, de ton inscription, de ton état, te voir aller de plus en plus mal était une torture pour lui, il se pensait responsable de tout ça, pas à tort dans un certain sens puisqu'il avait été le premier de vous deux à s'inscrire, puisqu'il avait refusé d'arrêter de jouer, mais le suivre après ça, lui dire « Si tu meurs, je meurs avec toi », ça, c'était ton propre choix.

Lentement tu t'es passé les mains sur le visage, essayant de maintenir ton sourire en place, malgré tes yeux qui brillaient déjà un peu trop, et tu t'es levé pour fermer la porte du salon, revenant vers ta sœur ensuite, posant ta tête contre son épaule, tu étais épuisé, et tu n'en pouvais plus de jouer, de faire semblant, tu avais envie juste instant, dans ce moment d'intimité, de lui dire la vérité

« C'est pas que je veux pas retourner voir mon neurologue, moi aussi j'aimerais bien faire moins de crises qu'en ce moment, c'est insupportable, mais il est loin d'être stupide, il va savoir ce qu'il se passe et j'ai aucune envie d'être fiché et surveillé »


Tes yeux ont à nouveau dérivé vers la télévision, et tu as senti les larmes qui commençaient à couler sur tes joues alors que tu tournais la tête vers elle, tes yeux dans les siens, jumeaux des tiens, juste un murmure qui s'échappait de tes lèvres.

« On sait tout les deux ce qu'il s'est passé la dernière fois que des gens ont été fichés dans l'Histoire»


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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Dim 19 Mar - 17:37

solveig & nils
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Son visage blême avait la fortune de pouvoir se camoufler de couleurs aléatoires, une lumière orangée inondant la pièce alors que les flammes d’un incendie léchaient l’écran de télévision, aussitôt remplacée par un halo bleuté alors que les images se succédaient, se substituaient et s’évinçaient les unes les autres dans un capharnaüm de couleurs capricieuses se répercutant inlassablement sur la pièce, ses murs et ses meubles mais également ses occupants. Son visage se travestissant de teintes qui n’étaient pas les siennes pour mieux dissimuler son expression alors le désaccord jeté brutalement par ses lèvres avait l’effet d’une gifle, de celle que l’on n’a pas pu venir, lorsque l’on s’attendait à une autre réaction moins violente, peu importe laquelle. Comme si le mot l’avait frappé au visage, elle détourne son regard de celui de son frère alors que celui-ci s’empressait de compléter ce mot revêche, une justification qui aurait pu faire arracher un sourire à la danseuse si les enjeux de leur discussion n’étaient pas si soucieux. Même dans sa propre peine, Nils souhaitait toujours protéger Raphaël quoi qu’il en coûte, même si cela signifiait donner un compte à rebours à son espérance de vie, simplement pour ne pas laisser son ami seul dans ce couloir de la mort incertain. Un acte noble mais ô combien exaspérant alors que le garçon foutait sa santé en l’air et continuait malgré tout de faire passer autrui avant sa propre personne. Et dans le fond, Solveig ne pouvait que comprendre la peine que Raphaël ressentait vis-à-vis de l’inscription de son ami au jeu parce qu’elle aussi lui en tenait rigueur. Elle avait averti Nils qu’il fallait s’en tenir à l’écart sans pour autant interférer dans son libre arbitre, se contentant de donner des avertissements en le surveillant de loin. Si elle avait su qu’il aurait suffi que Raphaël s’inscrive pour tout chambouler, elle lui aurait réservé ses avertissements mais de façon bien plus véhémente. « Très bien mais dans ce cas, laisse-moi t’accompagner. » dit-elle en posant à nouveau ses yeux navrés sur les siens. Qu’il ne veuille pas importuner son plus proche ami était une chose mais il ne pouvait pas décemment espérer qu’elle resterait sur la touche alors que son esprit venait à le pénaliser chaque jour un peu plus pour sa décision.

Le silence s’installa à nouveau dans la pièce, les présentateurs à la télévision mouvant leur bouche sans qu’un mot n’en sorte, alors qu’il se dirigea vers la porte et pendant un instant, elle crut qu’il allait quitter la pièce, las d’entendre le même discours d’inquiétude de sa bouche. Mais ce fut avec un certain soulagement de le voir près à en discuter, mêlée à une certaine appréhension pour les mêmes raisons, qu’elle l’observa simplement fermer la porte avant de venir s’installer à ses côtés, posant sa tête sur son épaule, fendant de peine le cœur de sa sœur par la même occasion. Le bras de Solveig vint entourer le corps frêle de son frère alors que sa main se posa sur sa tête ainsi posée contre elle, caressant ses cheveux lentement dans un geste se voulant aussi affectueux que rassurant, comme s’il était de son devoir de le protéger à cet instant plus qu’à tout autre alors qu’il se permettait la vulnérabilité de ne plus écarter les questions par un sourire innocent. Silencieuse, elle l’écouta aussi attentivement que possible, le regard posé sur l’écran sans y accorder la moindre attention, cette dernière étant focalisée sur les mots de Nils dont elle pouvait sentir les larmes s’écraser contre le vêtement sur son épaule avant qu’il ne lève sa tête pour confronter son regard au sien, assenant le coup fatal dans un murmure qui se glissa entre ses lèvres. Dans le fond, elle savait pertinemment que le sinistre dessein qu’il venait de conter allait effectivement se réaliser dès lors qu’il aurait parlé de ses crises à son médecin : des questions plus agressives les unes que les autres, posées avec une certaine rancœur dans le regard face à cette énième personne tombée dans les bas fonds du Darwin’s Game, suivies d’une batterie de tests et d’études pour tenter d’améliorer son état et, plus officieusement, tenter de comprendre plus en détail les impacts du jeu sur une personne dans sa situation. Confié à de mauvaises mains, il pouvait devenir un rat de laboratoire et leur nom de famille serait murmuré dans les couloirs avec encore plus de pitié que cela fut le cas auparavant tandis que les gens les toiseraient du regard, cette famille malade et condamnée. Elle ne pouvait pas se le permettre et plus que tout, elle ne pouvait laisser cela arriver à Nils et encore moins à sa pauvre mère, déjà aussi accablée que ne pouvait l’être une âme aussi généreuse que la sienne.

« Nils, je te promets que je les laisserai jamais te ficher et te surveiller ou s’en prendre à toi d’une quelconque manière. Elle ne pouvait discerner qu’une forme floue derrière le voile humide des larmes que ses yeux contenaient malgré tout, décidés à ne pas les laisser couler, préférant les retenir tant bien que mal que de montrer sa peine à son frère. Elle l’avait toujours dit : elle encaissera ses maux et ses coups pour lui, quoi qu’il en advienne. Ce sera toujours notre famille avant tout le reste et personne ne pourra changer ça. dit-elle dans un souffle, lui rappelant que leur famille pouvait surmonter tous les obstacles si seulement ils étaient ensemble, tous les trois à se soutenir. Mais s’il te plaît, il faut que tu vois quelqu’un. On peut changer de neurologue si tu penses qu’il va te juger sans pouvoir t'aider, peu importe si ça signifie faire le déplacement jusqu'à un autre État, mais il faut que tu sois suivi. Sinon ça va ne faire qu’empirer et je peux pas te voir tout perdre à cause de ce jeu. finit-elle, son regard toujours rivé sur celui de son frère, ses yeux lui conjurant de l’écouter et au moins de considérer sa demande. S’il te plaît Nils. » Ne me fait pas ça. Je ne sais pas si je pourrais le supporter. Pitié Nils, ne me fait pas ça. Ce n’était rien d’autre qu’une supplication se voilant derrière une inquiétude.Une plainte car elle se savait prête à craquer à tout moment, une noirceur dans son être rampant peu à peu à la surface et enserrant férocement son cœur dans un étau étouffant, le noircissant chaque jour davantage alors que les drames et les pertes s’accumulent. Une sorte de rancœur innommable et infâme qui pourrissait lentement son esprit au point d’en vouloir à la moindre personne à qui la fortune avait pu sourire, une forme d’intolérance croissante envers une injustice toujours plus grande. Quoi qu’il en était exactement, Nils ne pouvait pas sombrer ou bien il était certain qu’elle sombrerait à ses côtés dans cette noirceur qui semblait l’attendre avec impatience.  







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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Mer 22 Mar - 3:04

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Fermer cette porte, accepter de laisser ton sourire était tout un symbole, une manière de dire à ta sœur que pour quelques instants tu acceptais de cesser de faire semblant, tu acceptais de mettre à nu une vulnérabilité qu'elle n'avait pas vue depuis des années, depuis le départ de ton père à dire vrai. Cet instant de votre passé marquant le moment où tu t'étais dit que tu en avais déjà assez fait, trop fait et qu'à présent tu allais devoir sourire sans jamais t'arrêter,  ce serait là ta punition, pour avoir commis un crime horrible, impardonnable, celui d'exister et d'être malade.

Lentement, tu as posé ta tête contre l'épaule de ta sœur, commençant à parler doucement de tes craintes, de ce monde un peu trop grand qui t'effrayait tant, alors que les larmes commençaient à couler le long de tes joues sans pour autant faire trembler ta voix, perles salées qui gouttaient sans s'arrêter alors que tu évoquais l'obscurité d'un avenir qui te paraissait impossible à éviter, alors que tu écoutais ta sœur essayait de répondre, de te consoler, comme lorsque vous étiez enfants, comme deux enfants encore et toujours seuls contre un monde qui n'avait jamais vraiment voulu d'eux, qui les avait toujours un peu trop mis à l'épreuve, par l'abandon d'un père, la maladie d'une mère, celle du frère, comme une malédiction qui planait sans cesse au dessus de vous mais qui cette fois planait au dessus des autres aussi, au dessus du monde tout entier, une ombre noire prête à s'abattre et à tout emporter, comme dans tes cauchemars d'avant.
Mais tu n'étais plus un enfant Nils, et si plus jeune tu croyais ta sœur quand elle te promettait de toujours te protéger, quand elle promettait de ne jamais laisser quelqu'un s'en prendre à toi, à vous, sa famille, quand elle te faisait ses promesses, ses serments, tu la croyais alors qu'aujourd'hui tu ne le pouvais pas, tu ne le pouvais plus et ce constat te brisait le cœur, faisait encore plus couler les larmes sur tes joues pâles, tu aurais aimé retourner en arrière, tu aurais aimé retrouver l'innocence que tu avais eu, tu aurais aimé que ses quelques mots suffisent à te rassurer mais ce n'était pas le cas,tu étais adulte maintenant, tu le devinais, le comprenais, et tu le rejetais. Si c'était ça que d'être adulte, si c'était ne plus réussir à croire, ne plus réussir à espérer, être rattrapé par les réalités alors tu ne le voulais pas, ne le voulais plus, tu n'avais pas signé pour ça, pour la maturité, le réalisme, le pragmatisme, tu refusais.

« Je peux pas... »

Les mots avaient du mal à sortir, murmurés, la voix qui se brisait, ça te tuait de lui répondre ça, de lui dire que tu ne pouvais pas mais c'était impossible, tu ne pouvais pas prendre le risque de revoir un neurologue, tu ne pouvais pas prendre le risque d'être fiché, d'être surveillé, dans ton esprit tournaient des images, des articles, mélange de réalité, et de fiction, d'horreurs du passé, horreurs du futur, horreurs du présent, camisoles, injections, esclaves, cobayes, douleur, souffrance, comme un kaléidoscope de souvenirs qui ne t'appartenaient même pas, tu avais trop peur, de ce qu'ils feraient de toi une fois entre leurs mains, peur de devenir un instrument, peur de devenir un cobaye, peur de n'être même plus qu'à peine humain.

« Je suis désolé. »

Et c'était sincère, tu étais désolé, toujours désolé, à croire que c'était ce que tu savais le mieux être au fond, mais tu as chassé ces pensées sombres, chassé l'obscurité qui s'installait en toi, parce que tu voyais qu'elle était au moins aussi bouleversée que toi, parce que tu savais qu'elle voulait se montrer forte, courageuse, pour toi, parce que tu lui devais au moins des explications, au moins ça, pas un simple refus, pas de simples excuses, des explications, une argumentation, et peut être pour finir une petite note d'un trop amer espoir.

« Sol', écoute moi, regarde moi»

Ta main qui relevait doucement son menton pour planter tes yeux dans les siens, parfaits jumeaux des tiens, tu essayais d'avoir l'air rassurant, au moins déterminé, tu essayais d'avoir l'air fort, de ne plus pleurer, laissant les dernières traces de larmes sécher sur tes joues.

« Si j'en parle ils vont me ficher et me surveiller, tu sais aussi bien que moi que tu ne pourras pas les empêcher de faire ça, c'est la loi. On est face à des pouvoirs qui nous dépassent, des choses beaucoup plus grandes que nous, qu'on ne peut pas contrôler, changer d'état n'y fera rien, c'est partout pareil, sur tout le territoire et même ailleurs probablement. Si je peux encore avoir un peu de liberté ce sera celle là, celle de décider de ne pas terminer comme un cobaye, de garder ma dignité »


Tu as soupiré doucement, ton sourire revenant lentement sur tes lèvres, un sourire un peu différent, un peu plus triste, un peu plus doux, le calme après la tempête.

« Je vais trouver une solution d'accord ? Je vais me débrouiller, j'ai déjà des idées »


A vrai dire tu avais une idée, une solution, un échappatoire que tu avais toujours connu, gardé dans ton esprit depuis le jour où tu t'étais inscrit, espérant ne jamais avoir à y repenser, et pourtant tu y étais, à ce jour là, ce jour maudit, tu savais que c'était le moment que tu redoutais, que tu ne pouvais plus vraiment te permettre de repousser l'échéance encore très longtemps.
Tu allais devoir beaucoup sacrifier, perdre énormément aussi dans la manœuvre, tu savais que ce n'était pas sans risque et pour ces raisons tu préférais ne pas détailler ton plan à ta sœur aînée, tu avais juste besoin d'une chose avant de te lancer, une dernière promesse avant d'ouvrir la boîte de Pandore, avant de te présenter aux portes de l'enfer, une requête, à nouveau chuchotée.

« Promet moi simplement de pas me laisser »


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MessageSujet: Re: LUCIDITY GONE / nils   Jeu 18 Mai - 20:13

solveig & nils
lucidity gone
Je peux pas. Les mots sonnent comme une claque au visage, plus violente mais surtout plus décevante que ne l’avait été celle qu’elle avait ressentie lorsqu’il s’était empressé de refuser sa première proposition, sans doute car cette fois-ci, il s’agissait plus d’une supplication que d’une simple suggestion. Une imploration qui s’expliquait, au-delà de l’évidence qu’elle estimait nécessaire que son frère voit un médecin pour qu’il puisse obtenir les traitements et les conseils nécessaires, par son besoin de ne pas devoir le soutenir seule, le surveiller seule, ce mot qu’il crachait presque de dégoût. Seulement, il fallait surveiller un individu souffrant de sa pathologie, en particulier lorsqu’un jeu l’empire, la détériore, la bouleverse et la rend imprévisible, plus qu’elle ne l’était auparavant. Elle doutait de leur capacité à s’en sortir indemnes mais surtout elle doutait de sa capacité à subvenir au soutien de son frère et de sa mère si les choses s’aggravaient encore alors qu’elle-même semblait craquer sous la pression, silencieusement et sans que personne n’en sache rien. Immédiatement, elle détourna son regard de celui de son frère, agacée et frustrée de ce refus catégorique, encore un. Peu importe ses excuses, elle était lasse d’entendre toujours les mêmes mots sortir de sa bouche. Comme si cela allait faire quoi que ce soit pour eux, les sortir de cette situation qui ne cessait d’empirer depuis que leur père était parti. Honnêtement, elle était fatiguée de faire de son mieux pour que tout échoue lamentablement de manière systématique, comme si ses efforts étaient réduits à une simple et misérable blague cosmique dont s’amusait l’univers. A quoi bon, si ce n’était que pour écoper du pire à chaque fois.

Néanmoins forcée de rencontrer son regard à nouveau, elle le regarda, méfiante de ce qu’il allait encore pouvoir sortir pour se justifier comme si elle allait tolérer la moindre excuse pour le voir décrépir petit à petit sans traitement approprié. Un claquement de langue irrité vient frapper son palais alors qu’il donne ses raisons et sans doute qu’un observateur extérieur à leur conversation aurait pu déterminer lequel des deux avait raison mais il n’en restait pas moins qu’elle désapprouvait ces explications qui lui paraissaient exagérées et risibles face à ce qui l’attendrait sûrement s’il restait ainsi sans rien faire ou s’il se débrouillait, comme il le disait si bien, lui-même. « Mais quelle solution Nils ? s’exclama-t-elle en se relevant soudainement, trop exaspérée pour rester en place, trop exaspérée pour le voir sourire comme si tout allait bien. C’est quoi le plan ? Tu t’endors n’importe où et n’importe quand, tu laisses tomber tes études, tes muscles vont te lâcher et tu seras exténué constamment mais, ô tout ira bien, parce que tu auras la liberté de jouer à un jeu qui te ruine la santé ? Si ses mains ne pouvaient rester immobiles à ses côtés, forcées d’appuyer chacun de ses mots en bravant l’air dans une gestuelle floue et incohérente, son regard accusateur restait posé sur Nils. Pourquoi il a fallu que tu t’inscrives ? T’avais réussi à t’en tenir éloigné mais il a suffi que Raphaël s’inscrive pour que tu décides de faire de même ! Tant qu’à faire, mieux vaut deux morts qu’un seul, c’est ça ? C’est vrai que toutes tes idées ont toujours été magistrales. » lâche-t-elle d’une voix lassée avant de secouer la tête, préférant observer les façades illuminées partiellement des immeubles visibles de la fenêtre de leur salon, ses yeux analysant chaque carré de lumière se distinguant des fenêtres sombres indiquant que l’occupant de l’appartement était endormi ou bien absent.

« Je t’avais dit de pas y toucher. Plus d’accusation ni de colère dans sa voix, seulement de la tristesse marquant ses yeux embués transformant les immeubles illuminés en un ensemble de lumières jaunes floues sur une tour sombre, ses bras collés à ses flancs cette fois-ci. L’énergie lui manquait. Vouloir tout supporter à bout de bras alors que tout semble vouloir imploser était bien trop épuisant pour qu’elle puisse continuer davantage. Elle était énervée certes, mais par contre lui. Jamais contre lui. Nils… Doucement, elle vint attraper les mains de son frère entre les siennes, les serrant autant que possible, autant pour lui prouver qu’elle ne le quitterait pas que pour s’assurer qu’il ne disparaisse pas. Je te promets que je ne te laisserai pas. Je serai toujours là pour toi, je te le promets. dit-elle, le ton lourd tandis que ses paupières se soulevaient doucement pour apposer son regard sur le sien. Mais qu’est-ce qu'on est censées faire maman et moi ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Rester dans mon coin et attendre que les urgences m’appellent, ou pire ? Elle cligne des yeux, une fois, deux fois, pour qu’elle puisse le voir clairement mais ses traits restent flous,  imprécis. Si leurs voisins pouvaient les voir, les deux gosses Söderblom en larmes, ils les prendraient sûrement encore davantage en pitié, comme s’ils en avaient quelque chose à faire. Mais qui dit que dans l’appartement d’à côté ou bien deux étages en dessous, deux membres d’une famille ne se déchiraient pas pour la même raison ? Qui sait ce qu’ils passent derrière les portes closes quand personne ne peut voir les gens s’effondrer. Derrière les portes closes, c’est là où le jeu impacte en premier. C’est toi qui dois me promettre de ne pas me laisser. » finit-elle, son regard enfin débarrassé des obstacles larmoyants. Sa voix ne tremble plus désormais. Son chagrin irascible ne peut plus rien pour eux. Ils se sauveront eux-mêmes, comme à leur habitude. 







i have no mouth and i must scream
SOLVEIG SÖDERBLOM ☽ in the souls of the people the grapes of wrath are filling and growing heavy, growing heavy for the vintage.


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