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S'inscrire au DARWIN'S GAME, c'est montrer de quoi nous sommes capables et prouver que nous sommes l'avenir. Une seule regle : survivre. A partir de maintenant, c'est chacun pour soi. Nous devons oublier qui sont nos freres, nos femmes, nos amis, parce qu'aujourd'hui ils sont nos ennemis. Tuer ou etre tue est notre seule motivation. Le jeu debute.



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 Heavydirtysoul | Amadeus
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MessageSujet: Heavydirtysoul | Amadeus   Jeu 23 Fév - 19:12
heavy dirty soul

feat. amadeus & olivia

Voilà ce qui arrivait quand on s’amusait à jouer avec le feu. On se brûlait douloureusement le bout des doigts. Commencer par une flammèche de bougie, même sans conséquences apparentes, cela finissait inlassablement par déraper. Olivia aurait pu le prévoir, elle l’aurait même vu venir si elle avait été plus attentive, moins imprudente. L’inconscience avait une saveur piquante et nouvelle qu’elle se surprenait à apprécier avec les récents événements. Pourtant, après les délices, arrive l’arrière-goût de l’amertume.

Olivia n’avait jamais eu les épaules faites pour être menaçante. Ca n’avait pas empêché sa curiosité quasi-maladive de s’y essayer en grandissant. Fouiner, creuser, chercher jusqu’à épuiser à la source même de l’information pour en extraire la moelle précieuse et véritable : c’était son domaine de prédilection. Elle n’en était pas à son premier coup d’essai mais avec les semaines et les discussions échangées à demi-mot avec Praying Mantis, la sage petite étudiante en psychologie avait fini par se perdre un peu trop loin dans les méandres du deep web, s’égarant pour quitter dès que possible ces sentiers trop fermés. Ses recherches avaient besoin de faire sauter des verrous virtuels, il n’appartenait qu’à elle de trouver les clés nécessaires.

Sur Internet, la légalité semblait moins tangible, moins réelle. Là où s’arrêtait la liberté de l’un, celle de l’autre avait déjà commencé bien avant. Passer outre les informations confidentielles de profils de réseaux sociaux n’était plus quelque chose d’insurmontable pour la petite brune aux yeux plus gros que le ventre. Des ambitions trop grandes ou tout simplement l’avidité, l’envie de tester ses capacités. Pourquoi pas des sites plus protégés, des comptes privés, ou bien même des sites d’envergure ? Est-ce qu’elle pourrait y arriver là où d’autres hackeurs, plus vieux, plus expérimentés avaient échoué ? La possibilité de jouer à l’héroïne des temps moderne était tentante, et s’imaginer comme le Robin des bois 2.0 capable de s’infiltrer dans les failles pour donner des leçons aux inconnus, parfaitement en sécurité derrière son écran, attirait trop Olivia. Bien évidemment, une petite souris comme elle avait eu ses quarts d’heure de chance et ses moments de gloire éphémères. Une fois les premières intrusions réussies, on avait tendance à être un peu trop confiant. Et c’était souvent là que l’on se faisait piéger la main dans le sac.

Le premier signal d’alarme avait commencé lorsqu’un jour, une de ses attaques avait été bloquée. Un coup dans l’eau que la brune avait interprété comme un simple échec, et rien d’autre. Elle redoubla simplement de prudence. Six jours plus tard, c’était des fichiers qui avaient subitement disparu de son ordinateur – des dossiers entiers parfois – et un unique fichier, un curieux document texte codé trônant sur le bureau comme une signature que la jeune fille avait réussi à déchiffrer. En substance, le message anonyme paraissait mettre en garde sur ses activités autant qu’il lui inspirait de deviner qui était l’auteur de cet avertissement implicite. Elle pensait ne rien risquer de grave, à moins qu’au contraire elle cherchait tout bonnement à voir jusqu’où son mystérieux interlocuteur pousserait ce qu’elle prenait encore pour une farce.

La suite lui avait donné tort, substituant la curiosité à un mélange de peur et de fascination. D’autres incidents revinrent, à une fréquence aléatoire et indéterminable. A chaque fois, des messages différents cachés au cœur de documents nouveaux aux codages variables. Et puis, un midi, un colis, posé au pas de sa porte. Le premier d’une courte mais infiniment généreuse série de matériel informatique à l’expéditeur toujours inconnu et pourtant, forcément lié à ce jeu de piste étrange et risqué dans lequel elle se retrouvait embrigadée. Comme si le petit poucet disséminait au beau milieu de sa route des indices pixellisés, l’entité qui prenait le contrôle de son ordinateur – et qui savait très bien ce qu’elle en faisait – n’était plus seulement une surveillance ; c’était devenu une sorte d’adversaire joueur, presque provocateur. Elle avait la sensation d’être poussée constamment un peu plus loin dans ses retranchements. Et Olivia n’était pas sûre qu’obéir à celui ou celle qui pouvait faire imploser son disque dur fut une bonne idée – mais aucune autre solution ne se présentait à elle.

La jeune fille bien sous tous rapports avait accepté le défi. Et puis plus rien. Depuis à présent une semaine, plus de messages, plus rien de la part de l’autre. Peut-être que tout cela n’avait été qu’une plaisanterie, un vaste canular. Peut-être que c’était simplement des bêtises auxquelles elle avait voulu trop vite croire, trop vite profiter. Si Ollie n’avait plus de nouvelles, il n’y avait plus aucune raison d’espérer – quoi, au juste ? Une existence plus trépidante, un danger véritable, une apparition divine et subite d’un salvateur ?

Ou tout simplement un enlèvement au beau milieu de la nuit, alors qu’elle rentrait seule d’une soirée ?

Tout s’était passé vite, tellement vite qu’elle n’avait même pas pensé à crier. Olivia n’avait rien vu, à peine senti qu’on couvrait son visage et qu’on bloquait ses mouvements, qu’on l’empêchait de fuir. Sa respiration soudainement accélérée, la peur qui mordait son ventre, lacérait ses poumons et faisait tressauter son cœur brouillaient toute lucidité dans sa tête. Et puis le néant. Un choc derrière la tête, ou une piqûre dans le bras, elle ne se souvenait même plus – la première chose qui s’était fait sentir à son réveil était son corps endolori et l’humidité fraîche d’une pièce sans éclairage.

Reste calme. Tout ira bien. Quelqu’un va forcément te retrouver. N’aie pas peur. Ne panique pas. Tout. Ira. Bien. Tout … ira … bien.

Malgré toute sa persévérance et son obstination à ne pas céder à la panique, Olivia avait sincèrement commencé à s’inquiéter. Et le noir d’encre dans lequel elle était noyée de force depuis plusieurs heures maintenant n’aidait en rien la jeune fille à se calmer. Ses yeux auraient pu s’habituer aux ténèbres qu’ils n’auraient rien pu distinguer. Son leitmotiv, répété inlassablement en boucle par son subconscient, perdait peu à peu en puissance et en auto persuasion. Non, les choses n’allaient pas bien se passer. Ca ne pouvait pas en être autrement, pas quand on vous séquestrait en pleine nuit, cagoule sur le visage. Qu’on vous installait dans un endroit inconnu sans aucun point de lumière, aucun mot, aucune possibilité physique de fuir. Ses mains étaient parfaitement liées, la rugosité de la corde qui frottait ses poignets le lui rappelait furieusement bien. Est-ce qu’elle était tombée sur un cinglé qui allait la garder enfermée pour le restant de ses jours ? Un taré psychotique qui allait la torturer ? Pire encore, un potentiel joueur fou du Darwin’s Game ? Les hypothèses valsaient vertigineusement dans son esprit, l’imagination trop fertile nourrie des faits divers abjects qu’on pouvait lire tous les jours dans n’importe quelle gazette de Chicago.

Peut-être que c’était à elle de commencer les hostilités. Sa gorge sèche pouvait bien faire un effort. Après ces longues minutes où la jeune fille était restée obstinément, parler pouvait devenir, naïvement, sa seule planche de salut. « Est-ce qu’il y a quelqu’un ? » Bien sûr, évidemment qu’il y avait quelqu’un. Tapi dans l’obscurité ou protégé par une caméra braquée sur elle, d’une manière ou d’une autre, un œil l’observait dans un silence complet et effrayant. « Qui êtes-vous ? » Sa voix résonna, solitaire, contre les murs encore invisibles pour celle qui était entièrement plongée dans le noir.



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MessageSujet: Re: Heavydirtysoul | Amadeus   Sam 25 Fév - 12:59
Les flammes dansaient sensuellement sous ses prunelles sombres. Un hurlement déchirait le silence ponctué par les crépitements des flammes. L'odeur de chair brûlée envahissait soudainement l'hangar. Le bidon d'essence était posé sur le côté, l'allumette était tombée sur le sol aussi, atrophiée, noircie par la flamme qui l'a dévorée, elle aussi. Il observait l'homme se tortiller à ses pieds avant de tomber inconscient. Les flammes n'étaient plus, l'essence ayant été brûlé sur le dos nu du traître à ses pieds. Il y avait un homme surveillant à l'entrée de l'hangar, dans un costume sobre, armé lui aussi. Il n'y avait rien à craindre, il était chez lui. « Réveillez-le. » Deux autres, simplement vêtus de vêtements confortables et noirs vinrent attraper le type au sol pour le relever. Bientôt, ils jetèrent de l'eau glacée sur son visage - à moins que ce ne soit de l'alcool sur son dos sur lequel les tatouages avaient disparus. La chair fondue, la chair anesthésiée. Son visage était pourtant intact, figé dans une expression de fatigue. L'inconscience l'avait figé dans le soulagement, pourtant la douleur sollicitait ses moindres nerfs. Et maintenant, l'homme s'éveille. Bientôt, il fait simplement face à cette lame dansante et les mots de son boss. Celui qu'il a trahit sans une once d'hésitation. Il a trahit la famille, alors la famille le récupère. Sauf que le boss n'est pas d'humeur clémente ce soir. Pas avec les temps qui courent, pas dans ce climat si instable, pas lorsque les ennemis peuvent devenir des amis, et lorsque les alliés deviennent vos pires cauchemars. Amadeus Pimkins est pourtant connu pour sa patience et son calme légendaire. Le mec si froid face à son frère qui a le sang si chaud et la gâchette facile. Mais aujourd'hui, il est question d'obtenir des réponses. Et il les obtient, les réponses qui cherchent, dégoulinant lentement de sa bouche sanguinolente. Le regard du mafieux est sombre, observant un instant ses hommes. « Mes hommes vont te couper la langue, Peter... » Le désespoir est intenable. Le Parrain se redresse avant d'échapper un soupire. « Ils vont te ramener chez toi, ensuite, Peter. » Il ne sourit pas le Pimkins. Mais il essuie lentement la lame de son couteau sur un morceau de tissu trop clair. Il appose le sang du traître. « Et tu vas les regarder violer ta femme et ta fille. Elle est belle, Jessie, non ? Avec ses jupes toujours trop courtes... Elle va sûrement apprécier, n'est-ce pas ? » Il pose la lame, il pose le chiffon. « Il n'y aura pas de prochaines fois, Peter. Car la prochaine fois, je te fais bouffer ta famille. Je te le fais vomir... Et ensuite nous allons te laisser aux rats affamés. Alors tu vas te tenir à carreau... Continuer à travailler normalement... Et lorsque tes chers amis reviendront vers toi... Tu nous diras tout. » Il observe le visage du Peter, il ignore ses supplications. Il méritait la mort. Il le fera surveiller. Les informations qu'il peut détenir sont néanmoins un brin précieuses pour les prochains coups à jouer pour le Pimkins. Mais le boss s'éloigne, abandonnant le Peter aux deux hommes qui l'encadraient. Son second garde-du-corps le suit, pour rejoindre le premier posté à l'entrée. Sa voiture l'attend avec son chauffeur. Il attrape une serviette humide qu'on lui tend pour effacer le sang sur ses mains. Il redescend les manches de sa chemise et attrape sa veste de costume qu'il enfile. Il remet le col de sa chemise correctement en place. Toujours présentable. Il s'éloigne vers sa voiture alors qu'il demande : « Je dois voir jip... » Pourtant son garde l'observe et répond, calmement : « La fille est arrivée dans l'hangar, monsieur. » Il fronce les sourcils. « La fille ? » Il ne comprend pas de quoi il parle. « Oui, monsieur. Olivia Kingsington. ... L'étudiante en psychologie. » Il comprend soudainement. Il se rappelle de ses autres affairs. « Ah, la gamine. Cela fait combien de temps qu'elle est enfermée ? »  Il entre dans sa voiture. « Deux heures. » Il semble réfléchir un instant, alors qu'il pianotait sur son téléphone. « Cela attendra demain. » L'un des gardes prend le volant, l'autre la place avant passager. Ils sont partis vers les entrailles du south side.

(...)

28 heures. Cela faisait exactement 28 heures et 31 minutes que tu étais enfermée dans cette pièce ridiculement petite, plongée dans le noir. Tu étais attachée dans une position qui tirait tes muscles. Tu étais attachée et personne ne te donnait écho. Pourtant, une main vint libérer tes membres. Tu pouvais te lever. Mais la pièce était petite. Les murs étaient lisses. La porte était glacée. Tu sentais un fin courant d'air couler de sous cette porte. Il y avait une bouteille d'eau contre laquelle tu avais faillis trébucher. Une simple couverture sur le sol si froid. On t'avait probablement donné un morceau de pain et un bouillon à peine tiède pour te nourrir. Jamais un mot. Jamais un contact avec toi. Tu étais enfermée dans le noir.

28 heures et 32 minutes avant que la porte ne s'ouvre. Des bruits de pas. De nouveau un sac se glisse sur ton visage. On t'échappe quelques mots froids : « Laisse-toi faire. » Il te guide ailleurs. Dans une autre pièce. On te pousse sur une chaise. Lorsque l'on libère ton visage, la lumière brûle tes prunelles, illumine tes sens. Elle est braquée sur toi la lumière, intense et brûlante. La chaleur coule sur sa peau si pâle. Tu es perdue, déboussolée.

28 heures et 34 minutes. Un dossier se pose lourdement face à lui. « Mademoiselle Kingsington... » Une script-kiddie, à la base. Elle s'était appuyée sur des bases existantes. Comme tout le monde, elle tâtonne, elle découvre. Elle a testé ses premiers programmes sur des sites lambda. Elle a testé plus gros. Elle a joué avec les armes qu'on lui a données sans qu'elle ne se pose réellement de question. Il observe ses démarches de loin, il s'amuse de sa naïveté, mais surtout il apprécie sa manière de penser. Différente. Différente de toutes celles qu'ils possèdent déjà : ces hommes qui travaillent pour lui. Il aime attraper des profils différents, qui se recoupent. « Que désirez-vous le plus au monde, Olivia ? » La voix est douce. Délicieuse.
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MessageSujet: Re: Heavydirtysoul | Amadeus   Ven 3 Mar - 17:45
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Aucune réponse. Rien, pendant de longues minutes. L’incompréhension, pour commencer. Et puis peu à peu la tête de plus en plus lourde, la langue de plus en plus râpeuse, l’espoir de plus en plus amer. Olivia aurait préféré trouver le sommeil, réussir à s’assoupir pour oublier où elle était – ou plutôt où elle ignorait être – et ce qu’il adviendrait de sa petite personne. Dans le noir, les angoisses refluaient et remontaient, s’appropriant si facilement tous les recoins cachés de cette pièce. La peur de l’obscurité ne nous quittait jamais vraiment, de l’enfance jusqu’à nos derniers jours ; face à elle, le plus dangereux des loups redevenait le gamin terrorisé par les monstres imaginaires cachés dans la pénombre.

Au début, elle avait commencé à compter, à s’imposer un rythme de temps approximatif mais qui lui aurait permis d’évaluer la durée de sa séquestration. Elle parvenait même à se rappeler de quelques bribes de lois qu’elle avait du entendre ou lire au sujet des kidnappings. Pour se rassurer, pour se raccrocher à du concret, du tangible. Au bout de six heures, Olivia avait abandonné toute raison. Chaque fibre musculaire lui donnait la sensation d’être paralysée dans une tétanie infâme, comme si on s’était assuré que quand bien même la fatigue mentale lui donnerait envie de fermer les yeux, son corps se rappellerait physiquement à elle pour l’en empêcher. Ca fonctionnait diablement.

A force de n’avoir comme unique solution la réflexion, la brune avait sombré dans quelques extrapolations teintées de paranoïa. Ses parents militaires s’étaient sans doute fait des ennemis qui se vengeaient sur le tard en punissant leur fille aînée. Ca collait et c’était le plus logique, mais ça ne lui donnait aucun indice sur l’identité de ses ravisseurs. Quant à ses propres inimitiés … Personne n’aurait été capable de faire un truc pareil. Elle n’avait jamais été méchante, elle n’avait jamais fait de mal à personne … Pas intentionnellement, et quand bien même, ça n’avait jamais été loin, Ollie connaissait un peu trop le goût de la persécution gratuite pour ne jamais s’y être stupidement rabaissée.

Au bout de la dixième heure, la jeune fille commençait à croire qu’on voulait la tuer à petit feu pour voir. Ou peut-être qu’on était en train de chercher à l’humilier. Elle avait soif, terriblement soif – et comble de l’ironie, elle aurait également juré que sa vessie devenait douloureuse. Economiser sa salive aurait du être sa première pensée de survie mais elle éprouvait la nécessité d’occuper le vide auditif de l’endroit pour ne pas craquer et se mettre à pleurer comme une enfant – un bébé, voilà ce qu’elle était. « S’il vous plaît … Je ne sais pas qui vous êtes, mais laissez-moi sortir … Laissez-moi, je ne sais même pas ce que je fais ici … »

Vingt-huit heures. Vingt-huit heures plus tard et quelques mèches de cheveux collaient à son front moite, ses mains ankylosées tremblotaient, bloquées dans son dos, sa gorge était devenue un désert et tout son squelette s’était affaissé. Elle avait arrêté de parler. Elle ressemblait à une poupée de chiffon désarticulée. Qu’on en finisse, s’il vous plaît, qu’on en finisse … Elle n’arrivait même plus à le murmurer, les mots restant des pensées hermétiquement emprisonnées dans son esprit hagard.

Jusqu’à un contact, à peine perceptible. Le lien qui maintenait ses poignets sauta, réveillant le bout de ses doigts glacés. Olivia voulut se lever aussitôt mais n’y parvint pas, trop faible, et chuta à nouveau sur sa chaise. Ses mains se mirent à tâter l’espace, le vide, rencontrant bientôt le sol, froid et bétonné. Toujours hésitante, elle prit son temps pour quitter son point d’assise et explorer la pièce où elle était : nue, vide, sommaire. Une porte – seule sortie possible -, mais fermée et même si un air frais et nouveau y soufflait de l’autre côté, aucune clé, aucun moyen de briser cette satanée serrure n’était présent dans la pièce. Rien qu’un bouillon et du pain sec qu’Olivia n’avait pas touchés par peur qu’ils furent empoisonnés – mais elle n’avait pu résister et faire l’impasse sur l’eau, bien trop vitale et tentatrice. Elle se sentit comme un chien affamé pour être plus docile, et elle en avait presque honte. Toujours personne à l’horizon jusqu’à ce qu’un sac de tissu revienne se plaquer sur son visage. Pas encore, non, pourquoi ? Est-ce qu’ils allaient la déplacer pour la tuer ?

Son cœur affolé s’arrêta de battre à l’instant même où, après vingt-huit heures et trente quatre minutes, un bruit sourd se fit entendre et la vue lui fut rendue. La lumière fit éclater ses pupilles en points si minuscules qu’elle ferma les yeux, des larmes y perlant d’elles-mêmes. Impossible de reconnaître quoi ou qui que ce soit tant le faisceau lumineux était intense. Pourtant, une voix, masculine, lui parlait à elle, avec une douceur loin d’être apaisante. Son nom avait été distinctement prononcé – elle était connue de cet homme. Ses premières syllabes, difficiles à éructer à cause de la déshydratation encore forte, lui arrachèrent une toux pitoyable avant qu’elle ne réussisse à parler, la voix cassée. « Je veux sortir d’ici. » Une réponse terre-à-terre et cruelle d’honnêteté. Olivia rouvrit lentement les yeux, plissés face à la lumière imposée de force à sa rétine. « Qui êtes-vous ? » Elle n’avait rien à perdre à demander, une fois de plus. « Pourquoi est-ce que je suis là ? Qu’est-ce que je vous ai fait ? » Rien, rien, c’était tout ce qu’elle espérait, qu’elle n’ait rien fait, que tout ça soit une grossière erreur, une lamentable blague du plus mauvais goût. Pas la réalité.



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