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 THE GOOD & THE BAD ▬ jip & asaël
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MessageSujet: THE GOOD & THE BAD ▬ jip & asaël   Dim 5 Mar - 16:50


THE GOOD & THE BAD



Le diable est entré dans votre église. C’est ce qu’est venu te murmurer James, l’autre prêtre officiant au sein de la Trinity United Church. Il te semble encore bien jeune, il n’officie que depuis peu. Tu t’es toujours demandé ce qui l'avait poussé à rejoindre les Ordres. Il a toujours cet air un peu perdu. Tu as mis cela sur le dos d’un manque de confiance en soi certain. Tu n’es alors pas vraiment étonné quand il t’annonce que le Malin est parmi vous. Il se prénomme Joseph-Isaac Pimkins. Depuis le temps que tu vis à Chicago, la réputation de ce nom est loin de t’être inconnue. Il aurait vraiment fallu vivre au fond d’une caverne toutes ces années pour l’ignorer. Tu lances une œillade étonnée à ton compère avant de soupirer doucement. « Et alors ? » Demandes-tu d’un ton neutre. L’autre a l’air bien surpris de cette question, un peu choqué même. Il se perd en explications, bafouille quelques instant avant de t’exposer les nombreux crimes associés aux Pimkins. La liste est terriblement longue, effroyablement variée. Tu rétorques que l’homme n’est certainement pas venu commettre un quelconque méfait au sein de votre église – il n’oserait pas, pas vrai ? Les inquiétudes du prêtre te font douter. Quel genre de monstre ferait couler le sang au sein d’un lieu sacré ? James a bien une petite idée mais il ne prend pas la peine de te répondre. Vous n’êtes pas censés juger les enfants de Dieu, aussi terribles puissent-ils être. Le son de l’orgue vous fait presque sursauter quand il résonne soudainement, coupant court à votre conversation. Vous échangez un regard. Vous vous doutez tous deux de qui peut être cette personne faisant fi du panneau indiquant qu’il est interdit de toucher à l’instrument sans l’autorisation nécessaire. Tes paupières se ferment et tu réprimes un nouveau soupir. Tu sais que ton compère n’aura pas l’audace de chasser un des meneurs de la mafia irlandaise. Quand tu ouvres les yeux, tu te heurtes à sa supplication muette d’aller voir l’indésirable organiste toi-même. Tu obtempères, assurant à ton vis-à-vis que tu t’en charges. Tu n’as pas vraiment le choix à vrai dire. Envoyer James là-bas, ce serait comme l’envoyer à l’abattoir et tu ne veux pas lui infliger cela. En contrepartie, tu lui demandes de terminer le travail administratif auquel tu t’étais attelé avant d’être dérangé.

Tu reconnais sans peine l’une des œuvres de Bach, à n’en pas douter c’est un organiste doué pour réussir une telle interprétation. Tu t’es approché calmement de l’orgue, attendant sagement et dans la contemplation que le curieux interprète finisse son morceau. Tu n’aimes pas déranger les artistes – même s’ils sont des monstres, même quand leur âme semble damnée à jamais. Tu as toujours défendu l’idée que si un être reste sensible aux arts, il ne peut pas être complètement perdu. Sauver un Pimkins ? Ah, tu sais que c’est trop tard, impossible. Même toi tu n’espères plus de ce côté-là. Tu doutes de toute façon qu’il soit venu chercher une quelconque forme de rédemption. Peut-être te trompes-tu, mais de prime abord l’homme n’a guère l’allure d’une âme tourmentée par les regrets. Aux dernières notes, suit un raclement de gorge annonçant ta présence. « Vous êtes doué. » Pas d’ironie, aucune, dans ta voix, juste la sincérité d’une oreille aguerrie. La musique a toujours été une part importante de ton existence. Toi-même, tu prends régulièrement place derrière l’orgue, même en dehors des messes pour lesquelles tu joues parfois. L’air paisible et serein, tu ne sembles nullement impressionné par ce que James décrivait être un démon. Il doit très certainement en avoir l’âme selon toutes les rumeurs gravitant autour de son être mais, d’apparence, il est tout ce qui est plus humain. Vous vous trouvez dans la maison du Seigneur, il n’y a aucune crainte à avoir, de qui que ce soit. « Mais je crains que vous ne puissiez vous trouver ici. » Tu expliques les choses, simplement, comme elles le sont. Tu aperçois un peu plus loin la silhouette de ton compère qui n’a pu résister à l’envie de surveiller la scène. Craint-il pour ta vie ? Tes mots ont l’air de manquer de le faire vaciller. Sans doute imagine-t-il déjà que tu es en train de vous créer des problèmes avec le groupe criminel. Il possède le fardeau d’une imagination angoissée et fulgurante. Il t’a avoué qu’il craint chaque jour de retrouver l’édifice sacré en cendres – voilà un événement qui risque de ne pas apaiser ses tourments. Tu lui accordes une œillade un peu sévère qui le convainc de retourner à ses occupations. Ton attention revient sur votre invité peu banal et tu ajoutes ; « Si vous en faites la demande, nous serions ravis de mettre à votre disposition notre orgue ceci dit. »  Ravis est plus une forme de politesse qu’autre chose. Tu n’en démords jamais, la politesse te colle à la peau en toutes circonstances – même au sein du Darwin’s Game malgré que ce comportement en ait fait sourire plus d’un. Sincèrement, avec les richesses qu’il a dû honteusement amasser, cet homme doit bien avoir les moyens de posséder un orgue – une manufacture entière même. Est-ce le cadre qui lui plaît ? L’acoustique est plutôt plaisante au sein de l’église, tu ne peux pas le nier. Assurément tu te questionnes sur les raisons de sa venue ici mais tu ne prends pas la peine de lui demander – ce serait si indiscret, ce n’est guère dans tes habitudes.


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MessageSujet: Re: THE GOOD & THE BAD ▬ jip & asaël   Jeu 9 Mar - 23:45

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À son cou pendait une croix en argent lorsque le prince de la pègre chicagoane franchit le seuil de la demeure sacrée qui régnait encore sur le south side comme un faible et dernier éclat de pureté lentement étouffé par le flot de péchés qui souillait d'hémoglobine la capitale du crime. Nerveux, il avait le regard affolé par l'absinthe et la pupille dilatée par la poudre, l'infâme loup des abîmes, et sur un pan de sa manche, une tache de sang rouge carmin attirait l'oeil, contrastant avec la blancheur immaculée de sa chemise. Ses deux azurs balayent l'édifice un instant tandis qu'il avance d'un pas lent, longeant le mur de l'église pour ne pas importuner les quelques fidèles qui murmuraient leurs prières, assis sur les bancs, puis il dédie presque machinalement un cierge aux études de son neveu. L'église de south side n'était pas celle qu'il fréquentait le plus souvent, il préférait de loin l'esthétisme et l'architecture européenne des cathédrales et des églises voisines, plus nobles et solennelles à ses yeux. Mais il était de passage dans les environs et, à défaut d'apprécier le manque de grandeur et l'insipide modernité de la Trinity United Church, il aimait ses vitraux et le son de son orgue. Le palpitant animé d'une fièvre virtuose, il s'était approché de l'instrument et ses iris célestes avaient un instant gratifié de leur caresse gelée les touches de l'énorme appareil, tandis qu'il s'installait sur le siège et qu'on ne sait quel mauvais ange réinvoquait en sa mémoire la partition d'une fugue de Bach.

Ses doigts habiles bredouillent trois notes hésitantes qui se répercutent en écho sur les murs du monument, puis il marque une pause et tend l'oreille afin d'en apprécier la résonnance, l'ouïe affinée par les effluves de drogue dans ses veines. Cette même drogue qui lui fait tourner la tête lorsqu'il se met à jouer, qui empourpre son visage et brûle son corps tout entier lorsque combinée à la passion d'une étreinte charnelle ou d'un orgasme musical. À fleur de peau, dans un état second, ardent, enfiévré, passionné ; plus ses mains s'embrasent, plus son cœur s'emballe dans sa poitrine. Le génie du compositeur et la suavité de l'orgue l'amputent au reste du monde ; dans sa virtuosité, il est seul, le bel archange déchu, mais sentirait presque repousser dans son dos les ailes qu'on lui avait cruellement arrachées. Quand le morceau touche a sa fin, la danse frénétique de ses doigts s'apaise doucement, son souffle se régularise à nouveau et le feu qui s'était férocement emparé de son être s'éteint. Un lourd silence finalement s'abat sur l'église, rapidement brisé par le compliment d'un homme.

N'est-ce pas ? Certaines drogues décuplent les sens... Autrement, je ne suis pas sûr d'être capable de jouer aussi bien. Enchanté, Père Murdock.

S'il n'avait jusqu'alors jamais eu l'honneur de le rencontrer en personne, le jeune seigneur de l'underground avait maintes fois entendu le nom du Père Murdock, ne serait-ce qu'en écoutant les conversations des habitants du south side qui constituaient son entourage plus ou moins proche. Comme tout véritable homme d'affaires, il avait un panel de fréquentations et de contacts particulièrement large, et parmi eux des chrétiens plus ou moins fervents qui parfois assistaient aux messes, quelques jeunes gens qui, par tradition, choisissaient de se marier à l'église, et un certain nombre nouveaux-nés que l'on baptisait, au sein même de cette paroisse, pour les plus démunis, ou bien au sein des bâtisses de prestige, plus somptueuses, qui resplandissaient au cœur des quartiers voisins. Bien que très souvent convié à ces événements, et quelquefois demandé pour témoin d'un mariage ou parrain d'un enfant, le loup de chicago se voyait généralement contraint de refuser l'offre, aussi honorante pouvait-elle être. Premièrement, parce qu'il croulait sous le travail, avait un emploi du temps chargé, menait un train de vie intensif, et était souvent beaucoup trop occupé pour se permettre de se joindre à ces festivités ; et deuxièmement, parce qu'il préférait consacrer ses rares et précieux moments de temps libre autour d'une table de billard ou de poker, en compagnie d'amis, de putes et d'alcool, plutôt qu'entre les murs d'une église. À la remarque du curé, le loup dévoile ses deux rangées de dents.

Mes plus plates excuses, mon Père. C'est une sale manie que j'ai de prendre mes aises où bon me plait. Vous ne faites que votre travail, c'est tout à votre honneur.

Dans un calme glaçant, le monstre des enfers chicagoans abandonne le siège de velours et se redresse, fait sa stature d'une majestueuse dominance mais sa langue d'une caressante soumission ; desquelles il est simple, pour qui n'est pas naïf ou imbu de soi, de discerner la sincérité et l'hypocrisie. Le pauvre naïf boira ses mielleuses paroles et les croira vérités tandis que l'imbu de sa personne, trop heureux de croire le diable à sa merci, presque volontairement demeurera sourd et aveugle à la tromperie. Seulement, Murdock n'était ni naïf, ni imbu de lui-même, et bien trop saint pour se laisser charmer par le pourtant si plaisant verbal du maître des abysses. Altier, le menton haut, il s'avance vers l'homme d'église d'un pas assuré mais révérencieux, et laisse entrevoir dans l'allure de ses mouvements un cynique respect. Le prêtre était grand, dépassait son antonyme de presque une tête et possédait une carrure imposante, mais relativement fine ; le criminel, de son côté, était plus petit, mais bénéficiait d'une corpulence bien plus massive, taillée pour le combat. Et si le premier, par sa fonction, se devait d'être naturellement doué d'une inévitable éloquence et d'un certain charisme, le second sur ces critères n'avait rien à lui envier. À voir ces deux opposés faire front l'un à l'autre, l'on aurait cru voir un brave et noble limier poser aux côtés d'un puissant et robuste pitbull. Deux illustres modèles de prestance drastiquement antagoniques, si bien qu'au moment où le jeune acolyte de Murdock les épie un instant, l'on ne saurait réellement dire lequel de l'œillade assassine de son collègue ou du regard foudroyant de l'indésirable visiteur pousse instantanément le jeune homme à prendre ses jambes à son cou.

Naturellement. J'y songerai.

Ce n'est que machinalement et dans un murmure presque absent, qu'il souffle ces quelques mots lorsque l'officiant l'invite à prendre contact avec la paroisse afin de réserver l'orgue, la prochaine fois que ses pas capricieux l'amèneront aux portes de l'église. Un caprice qui n'en serait plus un, finalement, s'il se mettait à prévenir et anticiper ses prochaines visites. Figé dans l'espace comme une inquiétante statue de marbre, son regard de givre cérulescent ne quitte pas la direction qu'avait pris le jeune compère du prêtre. Si son visage impassible et souriant, mêlé à sa voix basse, calme et posée, ne semblent traduire de sa personne que sa délicate élégance et sa courtoise diplomatie, un violent courroux bouillonnant dans son cœur noircit lentement l'abîme de ses yeux et les muscles de ses mâchoires crispées se dessinent de chaque côté de ses joues. Il n'en faut pas plus au monstre pour qu'il soupçonne le gamin responsable de son dérangement et, à la manière d'un prince trop gâté qui se verrait brutalement refusée une faveur qu'on lui accordait pourtant jusqu'alors, il ne comprend pas, le loup, pourquoi ce qui lui était autorisé hier lui est soudain prohibé aujourd'hui ; pourquoi, subitement, il n'était plus libre de faire ce qu'il voulait dans l'enceinte d'une bâtisse située au sein d'un quartier qui lui appartenait. Ou du moins, il ne comprenait pas avant que son regard ne se soit posé sur le petit froussard qui les observait, au loin, et ne le devine à l'origine de cette interdiction impromptue. L'irritation le tend, mais il reste abominablement douceâtre.

Soyez rassuré, je ne resterai pas longtemps. Ma présence ici semble perturber le travail de vos officiants et déranger les prières de vos fidèles.

Pour ponctuer ses dires, il adresse un bref regard en coin à une vieille dame qui priait dans le dédale des bancs vides de l'église, et qui, de temps à autre, entre deux souhaits, jetait un coup d'œil méfiant en sa direction. Loin d'être la seule, le bâtiment était vide et il y régnait un silence apaisant, mais à l'approche du loup de south side, une atmosphère d'insécurité avaient plongé les quelques priants présents en ces lieux dans un silence d'angoisse. Une mère avait ordonné à son petit garçon d'arrêter de courir entre les bancs et de rester près d'elle, un couple de jeunes gens s'étaient serrés un peu plus fort l'un contre l'autre, et une jeune adolescente avait manqué de se brûler en allumant un cierge. Certains lieux lui étaient bannis, il en était conscient ; les grandes surfaces, les lieux de culte, les écoles, ne tenaient pas à le voir rôder à leurs alentours, et parce que ces endroits étaient principalement fréquentés par des civils, il ne voyait généralement aucun intérêt à s'y rendre. Il savait sa réputation bien plus véloce que sa personne et, habituellement, ne souhaitait pas inquiéter inutilement des innocents.
Aujourd'hui était une exception.




God knows what is hiding in that weak and drunken heart, I guess you kissed the girls and made them cry, those Hardfaced Queens of misadventure. God knows what is hiding in those weak and sunken eyes, A Fiery throng of muted angels Giving love and getting nothing back. (People help the people, Birdy)
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MessageSujet: Re: THE GOOD & THE BAD ▬ jip & asaël   Mer 29 Mar - 19:00
Quelle curieuse scène. Deux entités qui s’affrontent soudain dans un calme pourtant sacré. La tension n’émane cependant pas de vos êtres ; elle est partout ailleurs, s’insinuant dans le cœur de chaque âme se dressant à vos côtés. Tout autour de toi, tu sens les pupilles affolées des fidèles se poser sur vos deux silhouettes. Ils sont venus jusqu’ici pour trouver un peu de réconfort et non devoir se confronter au Diable de Chicago. Ils en oublient tous leurs principes, ceux-là même qui pourtant les ont menés jusqu’ici. C’est qu’il ne les aide pas vraiment. Vous êtes, quelque part, la personnification même de deux concepts opposés. Il y a dans votre rencontre quelque chose de presque mythique, quelque chose que les tragédies grecques pourraient même vous envier. Tu gardes tout ton sang-froid pourtant ; ni l’aura terrible émanant du hère, ni les regards assassins mêlés d’angoisse n’arriveront à t’atteindre. A partir du moment où Joseph-Isaac Pimkins a décidé de pénétrer ton église, il est devenu l’un des tes fidèles, l’un des Enfants de Dieu auquel tu sauras apporter ton aide s’il la requière.

Mais il s’agit là d’un drôle d’oiseau. Il n’est pas vraiment étonnant qu’il ne se plie pas aux règles de l’église – mais à quelles règles peut-il donc bien se plier ? Seul un sourcil s’arque quand il mentionne les stupéfiants qu’il a vraisemblablement actuellement dans le sang, troublant le temps d'un instant la surface de tes traits impassibles. Ce n’est pas étonnant. Prévisible. Surprenant qu’il vive encore, peut-être. Assurément, même si tu n’es pas à même d’en juger. Tu ne connais du monde de la pègre que les rumeurs souvent rocambolesques à son sujet. Quelques œuvres, aussi, ont façonné l’idée que tu t’en fais. Ce qu’il doit être coriace – et vil – pour pouvoir toujours tenir debout dans son monde infernal. C’est qu’il s’y est fait prince. Un prince qui s’est soudainement perdu au fond de ta modeste petite église. Ses bancs rouges de cuir, son architecture plate et moderne, ses murs de plâtre blanc, … ce n’est pas un bâtiment que l’on vient visiter pour le plaisir du regard. Il n’y a que la foi qui peut mener ici. La curiosité peut-être. Le désespoir, souvent. Une fougueuse envie de jouer de l’orgue ? Tu n’en avais jamais croisé des comme celui-ci malgré tes années de service au sein de la Trinity United Church Of Christ. C'est qu'il est unique en son genre.

Votre échange est la hauteur de la singularité de votre rencontre. Il a les airs mielleux et doucereux de ceux qui savent manipuler les âmes des hommes. Rien de cela chez toi, juste la volonté de ne pas froisser un être potentiellement aussi instable qu’un Pimkins sauvage, mêlé à cette envie de toujours bien faire – et de cette inoubliable politesse, bien sûr. James aurait peut-être désiré se mêler à vous ? Tu en doutes. S’il vous épiait aussi peu discrètement, c’est qu’il craint pour ta vie – pour la sienne, pour celles de tous ces fidèles, pour le monde entier quand face à lui se trouve le Diable de Chicago. Il n’a pas les nerfs pour cela. Votre lorgnade commune dressée vers le pauvre hère le fait se carapater soudain, abandonnant tout espoir de pouvoir vous tenir tête – tant qu’à l’intrus qu’à ton propre être. Ton intention se reporte alors sur ton vis-à-vis dont les pupilles détaillent avec bien trop d’attention l’endroit d’où s’est évanouie la silhouette de ton compère. Les tiennes se sont posées sur ses traits. Il semble ailleurs. Tes sourcils se froncent subtilement. Pour ta vie, tu ne crains rien mais il émane soudainement quelque chose de si malsain de cet être que tu ne peux t’empêcher d’avoir une pensée angoissée pour James. Pour si peu ? Non, non c’est impossible. Tu as trop foi en l’humanité pour pouvoir croire une telle chose. Certains te traiteraient de fou pour cela et sans doute n’ont-ils pas tort. C’est qu’aux yeux de beaucoup, l’homme que tu as face à toi ne peut plus vraiment se taguer d'être humain.

Les mâchoires crispées se desserrent enfin après ce curieux moment de latence. Tu demandes alors ce qu’il a dans le sang. C’est que tu as déjà eu l’occasion de croiser quelques toxicomanes, cherchant désespérément un peu d’aide. Mais tu es bien incapable de discerner les effets de chaque substance – c’est qu’il y en a tellement, tu l’as découvert assez rapidement avec un certain effarement. Tu doutes que celui-ci soit venu chercher un soutien face à ce fléau. Il t’avoue alors qu’il ne tardera guère dans ces lieux ; c’est qu’ici, il semble déranger. Il n’a pas tort, sur ce point, tu ne peux le contredire. Il y a eu James bien sûr et son incroyable capacité à dramatiser mais aussi les croyants présents désormais crispés et plus silencieux que jamais. Ils semblent ne plus oser bouger, figer dans une immobilité qu’ils pensent salvatrices. Tu soupires doucement, plaçant les mains devant ton être, ta senestre agrippant ton poignet.

« Vous êtes le bienvenu ici. L’église est un refuge, peu importe qui souhaite s’y abriter. » Tu es d’une sincérité absolue, bien incapable de mentir ou même faire preuve d’hypocrisie. L’honnêteté est de loin l’une de tes plus grandes qualités. « Je vous prie d’excuser le comportement de mon collègue, il n’officie que depuis peu de temps. » Vous n’avez jamais vraiment parlé des convictions qui ont mené les pas de James sur le chemin des Ordres. Tu ne doutes pas qu’il ait paniqué face au chaos de votre monde et qu’il ait pensé pouvoir apporter un peu de paix aux Hommes. C’est qu’il en a lui-même bien besoin. « La jeunesse n’aide pas… et il fait preuve d’une disposition toute particulière à la panique. » Rapide portrait de l’avorton dont tu as rapidement cerné les plus gros traits de sa personnalité. « Rien qu’on ne puisse lui pardonner. » Tu n’es plus vraiment inquiet pour son sort – tu as espéré et es arrivé à te convaincre qu’il ne s’agissait que d’une pensée fugace et insensée. Tu te redresses doucement de tout haut, allongeant ta silhouette longiligne. « Si je peux vous être d’une quelconque utilité… » Ajoutes-tu alors, accompagnant tes dires d’un hochement de tête entendu. S’il est prince diabolique d’un Chicago dépravé, Pimkins n’est ici qu’une autre brebis à guider, à tes yeux. Toi, tu n’es guère prince de ton royaume mais serviteur ; peu importe qui quémanderas ton aide, tu lui offriras.


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MessageSujet: Re: THE GOOD & THE BAD ▬ jip & asaël   Mar 4 Juil - 0:23

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Timidement, les prudentes paroles du messager de Dieu tempèrent et raisonnent le rejeton du Diable, encore un peu irritable mais assez rapidement convaincu du manque de raisons de se sentir offensé et de l'inutilité de chercher vengeance. Ce n'était qu'un môme, après tout ; et, même s'il soutenait l'idée que tout gamin, quel que soit son âge, quelle que soit sa faute, devait toujours être corrigé, il était capable, au summum de sa tolérance, de passer outre certaines choses À la panique ? Ce garçon..? Narquois et curieusement amer, le loup étouffe un rire empreint d'un mépris manifeste à l'égard du plus jeune prêtre, tandis que son pouce, par-dessus son épaule, pointe en la direction prise par le nouvel officiant. Père Murdock savait se faire entendre et user des mots avec une certaine aisance, une indéniable justesse, une franche habileté, tant et si bien qu'il avait su, non pas se targuer d'avoir dompté l'indomptable, mais apaiser un tant soit peu le fiel du loup. Ainsi donc la force ne semblait avoir servi en rien à l'archange Michel quand ce-dernier terrassa Lucifer, la sagesse et le calme d'un esprit tranquille constituaient la seule poigne susceptible de raisonner le diable de ces lieux. Grâce au sang-froid de son collègue, et parce que ce-dernier était brillamment parvenu à désamorcer la bombe à retardement vivante qu'était le seigneur de la pègre chicagoane, ou du moins à retarder l'échéance de son courroux, le jeune curé n'avait plus à craindre d'être fusillé aux portes de l'église ou noyé vivant au fond du lac Michigan. Pour le moment, du moins.

Moi qui pensais que l'innocence poussait les jeunes à n'avoir peur de rien...

Sans même s'en apercevoir, sa main glisse machinalement sur son torse, puis sa clavicule, côté cœur, s'il en avait eu un. Un geste qui aurait pu être tout à fait anodin si à ce même endroit précis ne brûlait pas, comme marquée au fer rouge, son appartenance à ce jeu. Sur ce point, il n'avait pas eu beaucoup plus de jugeote que l'effrontée jeunesse à qui il était censé montrer l'exemple, si tant est qu'il ait un jour été un exemple à suivre. Il avait connu et croqué à belles dents cet âge béni où l'on se croit fort et invulnérable, et il s'en était violemment mordu les doigts sans pour autant en avoir tiré une quelconque leçon. Bien qu'il ne soit pas le moins du monde guéri de sa témérité et ne le sera sans doute jamais, vieillir, s'endurcir, se révéler capable, au fil des ans, de gagner en expérience, en robustesse et en poigne, avaient fini par lui faire prendre conscience de la fragilité d'un môme de vingt ans, et de la stupide et inutile dangerosité d'un bon nombre de ses propres actions lorsqu'il n'avait, lui aussi, que deux décennies au compteur. Lui qui, comme tout jeune homme en atteignant la vingtaine, s'était senti au meilleur de sa force et de son endurance, n'avait réalisé que vingt ans plus tard à quel point il s'était trompé. Les gamins avaient de la ressource et de la détermination, il ne pouvait le nier, mais la force tranquille et prudente des aînés prévalait sur la fébrile et nerveuse impulsivité des jeunes gens.

Je ne vous apprendrais rien, mon Père, si je vous disais que la couardise, avec le temps, jamais ne va en s'arrangeant. Bien souvent, elle se transforme en haine et en dégoût à l'égard de l'objet craint. Voyez par vous-même.

Son sourire se meurt au bout de ses lèvres tandis qu'il se tourne légèrement en direction des bancs de l'église autour desquels les civils méfiants le toisaient encore du coin de l'œil, assez brièvement, parfois un peu timidement, mais pas assez discrètement pour que l'assassin redouté, ou quiconque étant un minimum alerte et observateur, ne les remarque pas. À en juger par les regards assassins que lançait la vieille au criminel tout en serrant entre ses doigts fébriles un vieux chapelet usé, l'on aurait juré qu'elle priait le Seigneur de faire un jour disparaître ce démon qui, insolemment, s'invitait sans aucune honte entre les murs sacrés de son église et dérangeait les prières des fidèles. On ne pouvait pas l'en blâmer, il était vrai que la présence du diable de Chicago en ces lieux saints laissait au fond de la gorge l'arrière-goût acidulé de la provocation, et à vrai dire ce sentiment n'était qu'à moitié calomnieux, bien que sa prédisposition à l'irrévérence ne soit pas l'unique raison de sa venue en ces murs. Il se moquait bien de l'Église, de ses préceptes bien-pensants assénés à ses partisans à grands coups de lavage de cerveau, puis de bourrage de crâne, et de ses fervents adeptes embrigadés et conditionnés qui, parce qu'ils priaient chaque soir afin d'avoir la conscience tranquille, se pensaient bien au-dessus des autres. Ces gens ne valaient en réalité pas beaucoup plus cher que les mécréants qu'ils condamnaient, eux aussi s'étaient laissés prendre dans les rouages d'un engrenage pervers et nocif et à eux aussi l'on avait retourné le cerveau ; loin de lui l'idée de comparer l'Église à la Mafia, mais il devait bien avouer que les fonctionnements de ces deux organisations présentaient parfois quelques similitudes.

Qu'adviendra-t-il de ce fort et vaillant jeune homme lorsque ses os se feront vieux, s'il tremble déjà à ma vue, lui qui est si jeune et à lui seul bien plus fort que dix fois ma pauvre carcasse..?

Mais, pire que la pègre, pire que les ordres, c'est une gangrène numérique et virtuelle qui, inlassablement, tissait une toile de plus en plus vaste, se propageait dans les plus riches foyers jusqu'aux plus miséreux et infectait les plus vils caractères comme les plus magnanimes natures. La bête de South Side portait sur le torse l'empreinte immuable de ce virus, mais il lui suffisait de jeter un bref coup d'œil aux alentours pour constater que les pauvres fidèles qui lui jetaient des regards noirs de mépris n'étaient pas en reste. Le couple de jeunes gens avaient les joues creusées par le manque d'appétit et l'on pouvait, semblerait-il, distinguer la pointe d'un six dépasser du col de l'homme ; les manches de l'adolescente cachaient timidement le chiffre deux sur son poignet, ainsi que des marques de scarification, accessoirement ; la mère de famille afro-américaine avait les yeux lourds de cernes et, en plus de son petit garçon, deux jeunes hommes d'environ seize à dix-huit ans la suivaient en traînant les pieds. Sous leur air bougon, le plus vieux avait l'air du parfait délinquant, il avait, collé sur le visage, un œil au beurre noir et ce même air désabusé que portaient les voyous et les paumés qui se pointaient chez les Pimkins pour trouver un job afin de pouvoir remplir l'assiette de l'enfant en bas âges dont la naissance les avait contraints à quitter le lycée ; le plus jeune avait les yeux rouges et bouffis, brûlés par les écrans qu'il fixait à longueur de journée, il avait la lèvre inférieure éclatée, le bras dans le plâtre, et il semblait petit pour son âge, car il avait au moins seize ans : un cinq était ostensiblement dessiné en travers de sa mâchoire.

Seule la vieille bourgeoise semblait à première vue étrangère au fléau virtuel qui s'était abattu sur le monde dans son intégralité, mais ce qui rassurait un peu le loup et son effroyable dégoût pour tout ce qui était politiquement trop correct, c'est qu'elle était certainement raciste, qu'elle votait à coup sûr pour le parti républicain et que son petit-fils préféré en école d'ingénieur, lui, était sûrement en train de rater son année à cause d'un chiffre encré sur son épiderme. Après tout, la peste n'épargne personne, pas même les comptes en banque les plus garnis, les enfants les mieux élevés, ni les âmes les plus nobles. Si même Murdock était l'une de ces victimes ou, selon le point de vue, l'un de ces criminels, cela n'étonnerait pas le moins de monde la bête cynique et cruelle, qui, sans l'ombre d'un doute, s'en amuserait. À la question du prêtre, d'ailleurs, il secoue légèrement la tête en signe de négation, défaitiste. Non, je crains qu'il n'y ait rien que vous puissiez faire... Doucement, ses doigts s'enroulent autour de la fine chaîne d'argent au bout de laquelle pendait le Christ et sa croix, et d'un geste sec, mais sans avoir besoin de véritablement forcer, il brise le fermoir et arrache le bijou de son cou. Lentement, ses yeux roulent alors vers le minuscule prophète martyr en or blanc qui se balance au bout de ses doigts et le fixent d'un air pensif mais froid et sévère, presque mauvais, indéniablement accusateur.




God knows what is hiding in that weak and drunken heart, I guess you kissed the girls and made them cry, those Hardfaced Queens of misadventure. God knows what is hiding in those weak and sunken eyes, A Fiery throng of muted angels Giving love and getting nothing back. (People help the people, Birdy)

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