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 It ain't me | Louison
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MessageSujet: It ain't me | Louison   Jeu 16 Mar - 23:05
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Ces derniers jours, tout était allé de travers. Plus Olivia y réfléchissait, plus elle comprenait pourquoi les proportions des conséquences de ses choix avaient été de mal en pis. Le jeu l’avait bouffée, et elle s’en rendait compte trop tard.

Sa prudence, tout d’abord, avait disparu avec le temps, remplacée par l’inconscience. Elle qui se terrait toujours dans sa peur de la mauvaise surprise, confortablement installée dans sa routine, avait tout envoyé valsé en acceptant ces missions de hacking envoyées par un expéditeur inconnu. Une sorte de mécène d’Internet, caché derrière des écrans, qui l’avait rattrapé – et qui, maintenant, l’avait sous sa coupe. Si le choix avait été fait principalement pour éviter les problèmes d’illégalité et par la contrainte d’un chantage plutôt habile, Olivia ne regrettait que partiellement cette situation forcée. Certes, être la fille de parents militaires le jour et jouer à la hackeuse la nuit au nom d’une organisation peu licite n’était en rien un paradoxe agréable à vivre. Si Oli n’était plus à l’abri des ennuis, elle progressait vite au jeu codé du chat et de la souris – et surtout, au fond d’elle, elle aimait ça.

Forcément, cette masse supplémentaire de travail avait un coût. Olivia devait continuer à jouer les étudiantes sérieuses et investies, ce qui devenait compliqué puisqu’il fallait également composer en sus avec ses heures de jeu. La fatigue s’était installée dans son quotidien, peu à peu, devenant une amie plus fidèle que ceux qu’elle avait eu auparavant.

Parlant de son entourage, c’était ce dernier qui lui donnait le plus de fil à retordre. Si Dustin avait réveillé en elle son intérêt un peu trop enthousiaste des premières connexions pour le Darwin’s Game, la présence récemment découverte d’Ariel avait aussi rapidement calmé ses ardeurs. C’était un nom de plus qui s’ajoutait à la liste des condamnés du jeu. Et comme si ça n’avait pas été suffisant, le Jour de l’Unité était tombé. Véritable couperet symbolique, il avait apporté son lot de morts et de matches sanglants – mais surtout, il avait entraîné avec lui huit joueurs dans une lutte à la survie sans pitié. Il avait pris Louison dans ses filets, et depuis qu’il l’avait relâché, plus aucune nouvelle ne filtrait de la part de la jeune femme.

Tout d’abord, Oli avait cherché Lou in game, passant au peigne fin toutes les zones possibles où la blonde aurait pu être. En vain. C’était comme si elle s’était effacée du Darwin’s Gale, une hypothèse bien impossible à moins d’être morte – mais avec ses calculs et ses souvenirs, Olivia doutait fortement que la blonde ait pu perdre sa dernière chance de survie durant le combat. Toute théorie et preuve rationnelle écartée, la peur, simple et évidente, de se tromper et de ne pas avoir pu épargner à Louison une mort aussi infâme revenait cycliquement tel un mauvais rêve. La sensation, pleine d’amertume, l’avait rapidement poussée à élever ses recherches dans la vie réelle. SMS, mails, appels, tout y était passé. Ollie avait même entamé un circuit de tous les lieux habituellement fréquentés par la portée disparue quand la réponse à ses questions tomba sous la forme d’une notification de lecture. Pas de réponse, pas même une insulte, rien. Seulement la certitude que Louison avait lu et vu toutes ses tentatives pour la joindre, pour savoir comment elle allait – pour s’excuser de leur dernière dispute, celle de trop. Celle qu’Olivia avait ressassé et regretté au plus haut point. Si les derniers mots qu’elle eut adressé à son amie étaient ceux balancés à la hâte, plein de rancœur et de jalousie, la brune ne l’aurait pas toléré.

Marchant donc sur le pont de Wabash Avenue, déambulant comme un fantôme, la jeune femme revenait de ses cours de faculté la tête embrouillée par ses agitations intérieures. Elle ne savait plus à quel saint se vouer pour espérer un mot de la part de son amie, elle ne savait pas comment lui dire qu’elle avait été trop loin, elle ne savait plus grand-chose à leur sujet à part qu’elle ne voulait plus de cette relation qui se dégradait trop vite, pour trop peu.

Une chevelure blonde dans le paysage attira automatiquement son œil, aimanté par l’espoir fou que ça pouvait être elle. Elle manqua de percuter un passant en s’arrêtant brusquement, persuadée d’être victime d’une vision flouée due au manque de sommeil ou à sa volonté acharnée d’apercevoir Louison partout où elle irait. « Louison ? » Elle ne rêvait pas. C’était bien son amie qui se tenait là, debout, face au vide béant que le pont surplombait, les yeux perdus dans le vide. Fixant un point invisible pour Ollie, comme si elle était fascinée par quelque chose qu’elle seule était capable de voir. Les mains fermement posées sur le parapet, les pieds bien trop près du bord. Son cœur s’arrêta de battre pendant une infime seconde de lucidité où tout parut étonnamment limpide pour Olivia. « Oh mon dieu. » Ca ne pouvait pas être ça, elle n’était pas en train de commettre l’irréparable.

Au pas de course, la brune franchit les mètres qui les distançait, arrivant légèrement essoufflée à seulement quelques pas de la jeune fille. « Louison ! Je t’en prie, ne fais pas ça ! » La blonde parut surprise de la voir là, hasard parfait qui la faisait intervenir au moment le plus opportun possible. Car à en croire la posture de son amie, celle-ci semblait en proie à une réflexion loin d’être anodine – pas besoin de cours de psychologie pour reconnaître quelqu’un en profonde détresse. « Viens, éloigne-toi du rebord s’il te plaît. » Sa main droite se tendit vers elle, par réflexe.



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Dernière édition par Olivia Kinsington le Dim 26 Mar - 17:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Dim 19 Mar - 22:47
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Son bonnet sur la tête coiffé de son casque de musique ne s’accordait pas à dire que le printemps arrivait déjà, étant donné qu’on passait encore difficilement les huits degrès, pendant que dans le sud du pays certains se baignaient déjà. Pour sa part, du haut de son pont, elle regardait l’eau et les petites barques qui passaient, le temps de récupérer un peu de son jogging quotidien. La course à pied n’était définitivement pas ce qu’elle préférait en sport, si bien qu’elle s'autorisait toujours une pause au bout de cinq kilomètre avant de repartir en direction de son appartement ou une bonne douche l’attendait. Cependant, aujourd’hui, elle se surprit à trainer sur ce pont, à regarder l’horizon en attendant que le temps passe. La blonde se faisait clairement chier et depuis quelques temps avait littéralement l’impression de ne rien faire d’autre que d’attendre que le temps défile. Parfois, elle avait réellement l’impression de se battre dans le vide, étant donné qu’elle savait bien que sa fin arriverait un jour ou l’autre et que tout ça ce n’était plus qu’une question de temps.

Depuis le jour de l’unité, Louison remettait beaucoup de chose en question sur sa vie et ses choix. Elle ne savait plus vraiment qui elle était, ce qu’elle devait faire et à quoi elle pouvait encore servir. D’un côté, il y avait ses études, qui bien que toujours dans la branche qu’elle aimait, n’avaient plus vraiment de sens ou bien la saveur d’autrefois. D’un autre côté, il y avait sa famille ravagée par la mort de son frère inconscient qu’elle n’avait pas été capable de sauver. Sans parler de ses amis qui l’avait trahi au moment où elle en avait le plus besoin et cela sans le moindre remords. Et enfin, ce jeu qui la rendait chaque jour moins instable, s’assurant qu’elle ne puisse fermer l’oeil de la nuit. La blonde se revoyait mourir chaque nous, revivant dans son esprit toutes ses douleurs insupportable de ces morts bien trop violentes pour son petit corps et pour son esprit. Le ras-le-bol était bel et bien présent et pour ne pas céder à la colère, elle menait une vie calme et saine depuis déjà plusieurs semaine.

Alors qu’elle se penchait un peu pour regarder un petit bateau passer avec à son bord une classe d’enfant, une voix dans son dos la fit presque sursauter. Elle reposa ses pieds sur le sol gris, avant de se retourner vers cette voix familière qui l’agaçait déjà. Olivia se précipita à son niveau, avec une tête inquiète qui sonnait terriblement faux. Elle se souvenait parfaitement de leurs dernières rencontres et bien qu’elle se soit contenu ce jour là, elle n’était pas du genre à oublier. Les paroles avaient été dures et injustes, mais avaient surtout prouvées à Louison qu’elle s’était trompée sur cette brune. « Je n’ai aucune envie de te parler. » Sa voix était terriblement froide, tandis qu’elle n’écoutait que d’une oreille les paroles de Olivia.

Cette dernière semblait croire à une tentative de suicide, ce qui en plus d’être faux donna presque l’envie de rire à Louison. Bien sûr, comme beaucoup de joueurs dans sa situation, la blonde avait déjà pensé à mettre fin à toute cette histoire en se jetant sous un train. Seulement, elle n’était pas si lâche ou si égoïste pour infliger ça à sa famille ou même à Jonah qui n’avait rien demandé. Cela dit, à cet instant précis, elle trouvait que cela serait bien fait pour Olivia ou même Dustin. En effet, après tout c’était eux qui s’étaient assurées à ce qu’elle se retrouve seule et complètement perdue, alors qu’elle cherchait juste à oublier la mort de son frère. Plus le temps était passé, plus la colère qu’elle ressentait contre eux était montée, si bien que voir Olivia avec ce visage ne lui fit absolument rien. « Pourquoi ? Si j’ai envie de sauter je ne vais tout de même te demander une autorisation ? » Non sans une certaine amertume, elle lui renvoya les mots qu’elle lui avait jeté au visage la dernière fois.





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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Mar 4 Avr - 22:13
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Elle n’était pas contente de la voir. Pire, elle était pleine de rancœur acide et tenace. Olivia l’avait cherchée, et s’il ne s’était pas agi d’une situation d’urgence, elle aurait accueilli la pique sans sourciller. Mais là, c’était différent. La révolte agita ses traits et sa voix. « … On parle quand même de ta vie là que je sache ! » La première fois, c’était la première fois qu’Ollie se montrait presque en désaccord dans la vraie vie face à Lou.

Cette fois-ci elle ne se battait pas pour avoir raison, elle luttait pour lui faire retrouver celle que la boxeuse avait du perdre en contemplant les tréfonds aquatiques de Chicago trop longtemps. Olivia se moquait bien d’avoir raison ou tort, elle était seulement horripilée par la possibilité de voir la blonde plonger tête la première vers un repos éternel et tranquille. Ce n’était pas ce qui était prévu, ce n’était pas ce qui aurait du se passer. Rien de tout ça. Mais qu’est-ce qu’ils espéraient tous ? Que cette fille tout juste sortie de l’enfance et du décès traumatisant de son frère vivrait bien le Jour de l’Unité ? Qu’elle encaisserait tout ça sans broncher ? Qu’elle était faite pour ce jeu, qu’elle était parfaitement blindée ? Personne ne méritait de vivre ça. Personne, et surtout pas elle. Le hasard, pervers malicieux, ne demandait jamais l’avis de qui que ce soit quand il décidait qui placer sur le chemin des cadavres. Olivia avait compris une chose cette nuit-là, en découvrant avec atrocité le nom de Mythos parmi les participants du sordide Jour : si elle avait pu, elle aurait pris sa place. « J’ai merdé, je le sais, j’aurais jamais du te dire tout ce que je t’ai dit l’autre fois, et c’est encore toujours trop tard, mais j’étais juste … » Jalouse, possessive, incroyablement blessée dans ma fierté, vexée à mort. « … Conne. » Inutile de se lapider sur la place publique, elle laissait bien volontiers à la jeune blonde qui se tenait à quelques pouces d’elle tout le loisir de l’insulter copieusement.

La brune reprit, la voix toujours aussi nerveuse, la gorge toujours aussi sèche. Elle ne savait pas si la solution était la bonne, si parler autant ne risquait pas de davantage donner envie à Louison de se jeter du ponton sans un regard pour elle. Qu’importe ; retenir son attention, c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment. « Je sais que j’ai fait que ça depuis le début, te décevoir, te mentir, te cacher des trucs, te faire de la peine pour rien, je pensais pas moi-même que ça arriverait un jour. » Si on le lui avait conté dans un passé lointain, Olivia en aurait sans doute bien ri. D’amertume ou d’incrédulité, mais elle n’aurait jamais songé à une telle finalité dans leur relation. La belle, douce et ineffable amitié qu’elles avaient vécu avait brûlé au contact du virtuel comme un feu de paille.

Fébrile, le bout des doigts de sa main gauche se posa contre la rambarde de métal rouillée. Elle était glacée. Ses pas se prolongeaient vers Lou, plus lents, plus timides aussi, mais ça n’en réduisait pas moins l’écart entre elle. Bientôt Ollie ne fut plus qu’à un mètre à peine de McKenzie lorsqu’elle s’arrêta, ses lèvres continuant de s’agiter sans que son inconscient ne stoppât le flot de paroles, semé d’incohérences et de vérités. « Je sais pas si c’est juste que je pète un plomb ou que je fais n’importe quoi parce que j’ai aucun contrôle sur la situation … » Elle qui aimait tant tout maîtriser avait vu son échiquier valser au vent. Perdus les pions si judicieusement placés, englouties les stratégies des premières heures pleines d’insouciance et d’ingénuité. La vraie vie l’avait rattrapée au premier tournant. Non, on ne manipulait pas ses amis en espérant qu’ils ne s’en rendent jamais compte. Non, ça ne faisait pas rien de tuer un innocent pour sa propre survie. Non, personne ne vous aiderait quand vous vous retrouverez seule face à votre mort virtuelle. Non, les clans, ça ne durait qu’un temps, même avec ceux qui avaient juré que vous resteriez frères et sœurs d’armes jusqu’à la fin – la fin, arrivée trop vite. « Louison je t’en conjure, ne fais pas ça. T’as pas traversé toutes ces horreurs pour finir comme ça. » Ses yeux noirs sondèrent le visage aux traits si fatigués et au teint si pâle détourné d’elle. Même à bout de forces, Louison ne cessait pas de trouver une forme de beauté triste à son point de vue déformé par l’attachement.



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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Jeu 6 Avr - 0:25
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Son visage était plus fermé que jamais, alors qu’elle regardait droit dans les yeux la brune qui jouait la bonne samaritaine, comme si elle avait encore son mot à dire. Malgré sa seconde chance, elle avait à nouveau trahi Louison, qui voyait en elle une véritable amie, sa plus grande amie. Elles avaient autrefois partagé tant de choses que la blonde s’était même demandé si elle ne les avait pas imaginé elle-même. Peut-être que cela n’avait jamais existé, après tout ça ne sera pas la première fois qu’elle imagine des choses, la première fois que son cerveau lui dessine des événements fictifs. Pourtant, elle était presque certaine que cela se soit réellement passée, certaine de connaître le parfum et la chaleur de celle qui se tenait devant elle, sans pourtant réussir à réellement s’en souvenir. Ses mains tremblaient pendant qu’elle fouillait dans ses souvenirs un détail qui permettrait d’être sûre que tout soit vrai, seulement cela était parfaitement impossible. Puis dans tous les cas, elles en étaient tout de même là, à se regarder comme des inconnus sur un bon, séparé d’un espace vide et pourtant lourd de sens. « Et alors ? Tu te sentais concernée par ma vie quand tu te plaignais à Dustin de moi ? » La blonde le prenait réellement comme une trahison, aussi bien de la part de la brune que du brun et elle avait réellement du mal à faire abstraction de tout ça. Pourtant, elle le faisait, prenant à chaque fois sur elle pour rester calme, parce qu’il fallait bien que quelqu’un le soit, parce qu’elle l’avait toujours été.

Pourtant, alors qu’elle se tenait face à son amie ou ancienne amie, elle ne savait même plus quel nom lui donner, elle n’avait qu’une envie, lui coller son poing dans la figure. Olivia le méritait, du moins c’était ce qu’elle pensait et elle était réellement à deux doigts de la faire taire d’une droite monumentale qui dans cette réalité laisserait des marques pour plusieurs semaines. Louison ne supportait plus sa manière de se mettre toujours en victime, alors que finalement elle ne valait pas mieux que toutes ses connasses hypocrites dans les cours des lycées. Comme si c’était elle qui fallait plaindre, comme si c’était elle qui avait perdu son frère, ses amis et qui en plus se retrouvait au coeur d’un tournois à mort. Eh bien non, c’était bel et bien Louison qui devait faire face et encaisser, sans jamais recevoir le soutien de ses amis, comme si elle était un rat de laboratoire à qui on pouvait tout faire -et pourtant, même si elle ne trouvait plus sommeil, qu’elle perdait clairement la tête et qu’elle avait déjà envisagé d’y mettre fin, elle ne se plaignait pas comme une gamine immature. En s’inscrivant dans ce jeu, elle savait à quoi s’attendre, contrairement à certaines personnes qui auraient mieux fait de rester devant les sims pour s’imaginer une vie. « Oh ta gueule, si tu savais ce que ça fait de perdre le contrôle sur absolument tout, tu serais pas là à faire ta petite crise d'adolescence ! » Parce que oui, à ses yeux c’était absolument rien de plus qu’une crise de gamine pourrie gâté qu’avait faite la brune et même si elle n’avait rien dis jusqu’ici, elle lui en voulait réellement. Louison n’avait jamais montré autant de colère envers la brune et elle se doutait bien que cela devait plus que la déstabiliser. Elle venait de perdre la petite place en or dont elle avait toujours profité jusqu’ici. Olivia avait demandé à ne plus être traité comme une petite chose précieuse, elle allait être servie.

Plus la brune parlait, plus la blonde se montrait virulente dans ses propos et pour la première fois se passa de filtre pour s’exprimer. Les silences habituels laissaient place à un flot incontrôlable. « Tu crois que je veux de ta compassion ? Tu crois que j’en ai quelque chose à faire ? Je pense que tu n’as rien à dire ok ? Tu m’as lâché pour ta petite gloire personnelle, j’espère que tu profites hein ! » La blonde ne réfléchissait même plus à ce qu’elle disait, elle était hors d’elle et lâchait complètement prise, cédant à sa folie cachée. « Tu penses quoi ? Que le jeu il t’a fait pousser des ailes ? Que maintenant tu es capable d’affronter le monde ? Tu sais faire quoi en dehors de ce tas de pixel ? Hein ! Je te parle ! » Dans une sorte de défis, ses mains heurtèrent le buste de la jeune fille, la bousculant sévèrement pour la faire chuter en arrière, devant le regard étonné de quelques passants dont Louison se moquait bien. Elle était tellement en colère que si quelqu’un lui disait quelque chose, elle lui foutrait sûrement la tête dans la barrière du pont.

Celle qui évitait la violence venait de craquer et maintenant qu’elle ne gérait plus du tout ses émotions, tout pouvait arriver. Son regard se posa sur l’autre qui se tenait désormais sur les fesses, sûrement choquée par ce qui était en train de se dérouler. « Me regarde pas comme ça, comme si ça t’étonnais, comme si tu ne t’y attendais pas ! Y avait personne quand je me suis réveillée, personne ! J’étais seule et toi tu m’envois quoi ? Un sms, sérieusement ? Tu veux mon poing dans ta gueule ou quoi ? Après tu oses me dire que tu es mon amie ? » Sans s’en rendre compte, elle hurlait sur Olivia, vidant tout ce qu’elle avait retenu en elle depuis de mois, sans jamais broncher. A ce moment précis, elle revoyait des flashs, comme si tout ce qu’elle avait traversé pour arriver sur ce putain de pont défilait devant ses yeux, lui rappelant les injustices dont elle avait été victime sans jamais recevoir l’aide des deux seules personnes qu’elle considérait plus que sa propre vie. Elle s’était toujours battue dans l’ombre pour eux, à contre courant, mais ça n’avait jamais eu d’importance, parce qu’elle savait qu’elle le regretterait si elle ne l’avait pas fais en retour. Seulement, elle se sentait bien conne quand elle avait réalisé que ce n’était pas du tout réciproque.

Parce qu’elle n’avait pas tiré les bonnes cartes, malgré ce qu’elle avait pensé, malgré ce qu’elle avait pu défendre jusqu’ici. Olivia n’était pas celle qu’elle avait pensé, pas plus que Dustin, pas plus que le monde, pas plus que cette vie qui commençait à devenir trop difficile à encaisser, à supporter. Son esprit allait lâcher et quand ça sera le cas, elle espérait réellement la force de s’offrir elle-même son dernier souffle avant le repos éternel. « Tu sais ce que tu es ? Une petite égoïste de première qui voulait prouver au monde qu’elle était pas juste une gentille petite fille, mais tu sais ce que tu as prouvé ? Que tu étais la première des connes. » Louison s’était voilée la face, se fourvoyant à merveille et maintenant elle se retrouvait au bord du gouffre sans aucune corde de sortie. Pourtant il fallait vraiment qu’elle sorte d’ici avant de faire une bêtise, qu’elle sorte de ce jeu, à moins que ce ne soit pas le jeu, mais la vraie vie. impossible.




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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Jeu 6 Avr - 18:12
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Ses mots n’avaient aucun effet. Aucun. C’était comme si Louison la regardait sans la reconnaître, sans jamais l’avoir connue en réalité. Seul le souvenir de sa conversation avec Dustin à son sujet lui revenait en mémoire – et Olivia ne regrettait pas d’avoir allégé son cœur de sa pensée, mais elle avait l’impression que ses paroles anodines avaient pris des proportions grotesques. « Mais la seule chose que je t’ai reproché et que je lui ai dit c’est de vouloir m’infantiliser et c’est tout, j’ai jamais souhaité ta mort bon sang, lui non plus, on a juste agi comme des gamins vexés ! A quel moment ça remettrait en cause tout le reste ? » Elle était presque hallucinée par la tournure démente de leurs échanges. Louison ne lui accorderait pas la moindre pitié, certes, mais il semblait à la brune que la blonde avait tellement macéré dans sa rancœur qu’elle en était imbibée jusqu’au plus profond de sa chair. Les insultes vinrent, méchantes, bestiales. La boxeuse ne donnait pas encore de coup mais elle savait faire mal avec sa verve et Ollie, devenue muette, commençait à se demander si son comportement n’avait pas touché bien plus la jeune McKenzie que ce qu’elle pensait.

L’étudiante en psychologie ne répondit rien à sa remarque sur une prétendue crise d’adolescence. Ce n’était pas un concours à qui avait la vie la plus misérable, la fille face à elle n’était pas là pour lui exposer tous ses malheurs et pour cause, Oli en connaissait déjà tous les détails. C’était la détresse qui parlait, l’énervement, la tension. Elle ne devait pas l’interrompre, parce que peut-être que c’était juste ce dont elle avait besoin : parler jusqu’à épuiser sa salive, vider son cœur alourdi par la rage et sa tête pleine d’idées noires. La suite de ses attaques avait cependant autant de signification aux yeux d’Olivia qu’une tirade élucubrée en mandarin. « Il n’y a aucune gloire, je comprends pas ce que tu racontes, Louison, c’est même pas question de ça … » murmura la brune, persuadée qu’elle ne serait pas davantage écoutée ou prise en compte. Pour elle, c’était le brouillard complet : elle avait voulu prendre son indépendance, et Louison l’avait pris comme une attaque personnelle. Là où Olivia aurait voulu qu’elle y distingue la volonté d’être meilleure et de ne plus représenter un fardeau, l’ex-Eshu avait seulement senti le goût de la trahison et de l’égocentrisme. Ne penser qu’à soi, parce qu’il n’y avait que soi pour se protéger.

Son air devait laisser apercevoir l’ahurissement, la déconfiture progressive sur son visage. La blonde la provoqua dans ses retranchements, Ollie se sentant naturellement braquée, agressée par son interpellation. C’en fut au point où la jeune femme devant elle en vint aux mains, la bousculant physiquement comme pour la secouer et l’ordonner de réagir vite, avant qu’il ne fut trop tard. Pas en sucre mais prise de court, la brune trébucha, se rattrapant sur ses mains pour éviter d’avoir l’air plus sotte et gênée qu’elle ne l’était déjà, le regard des passants accrochant leur scène avec une curiosité malsaine et déplacée. « Qu’est-ce qui te prend ? » Elle aurait voulu lui demander de se calmer, mais se rappela qu’elle n’était plus aussi bien placée pour quémander de l’indulgence. Après tout, c’était bien ce qu’elle lui avait reproché initialement : d’être trop protectrice avec elle.

Olivia récoltait ce qu’elle semait, et pas qu’un peu. A terre, elle écoutait religieusement, sans parler, la blonde en proie à une colère noire éclater sous ses yeux éberlués. Pas surpris, seulement inquiets de l’ampleur du ressentiment qui habitait la jeune fille, qui parcourait chaque muscle tremblant de son corps, qui faisait briller de fureur ses iris clairs, qui animait sa voix et ses gestes avec fureur. Aux oubliettes, la tempérance habituelle dont elle savait faire preuve. Vindicative, Louison était au pied du mur et elle déballait enfin tous les griefs retenus envers Olivia, sa prétendue amie, son soi-disant soutien.

L’instant fut long, péniblement et douloureusement étiré. Ollie en avait vécu, des moments humiliants, mais celui-là resterait lourdement gravé en elle. Ce n’était pas tant le fait d’être encore à moitié assise sur le béton sale de Chicago à se faire hurler dessus devant des tas de badauds qui la dérangeait, non ; c’était le contenu de ses mots, c’était la voix qu’elle connaissait si bien qui la tailladait à coups d’injures aiguisées et de reproches sanglants. Elle lutta intérieurement, longtemps, réprimant le tremblement de son menton, mordillant ses lèvres et l’intérieur de ses joues de toutes ses forces pour ne pas se mettre à pleurer comme une gosse capricieuse qui n’a pas ce qu’elle veut. Ce n’était même pas ça qui la touchait : c’était juste qu’elle était en train de réaliser beaucoup trop tard la chance qu’elle avait peut-être ratée. Peut-être qu’elle n’avait jamais vu ce qu’elle voulait voir et que maintenant, elle avait tout foutu en l’air.

Il lui fallut quelques secondes pour se souvenir qu’elle ne s’était toujours pas relevée et que Louison la contemplait, toujours ancrée dans sa tempête personnelle. Lorsqu’Ollie releva enfin les yeux vers elle, ce fut pour se redresser, époussetant vaguement ses mains sur son pantalon avant de finalement reprendre, d’un ton qu’elle s’obligea à garder égal, sans vacillement, sans faiblesse. Elle devait être forte, elle devait montrer à Louison qu’elle l’écouterait, qu’elle la comprendrait, qu’elle arrêterait de jouer l’enfant, qu’elle pouvait encaisser les coups. « Je peux pas imaginer ce que ca a été pour toi que d’être dans cette arène. Je sais pas ce que ça t’a fait d’avoir à tuer un mec que tu connaissais pas et te préparer à devoir en affronter, encore et encore, jusqu’à il n’y ait plus que toi. Je pourrai jamais comprendre tout ça. Et je vais pas faire semblant que si. » C’était sûrement trop de paroles pour bien peu d’actes au goût de la blonde, mais au moins Olivia ne jouerait pas au jeu de l’empathie. Elle savait qu’elle n’avait rien vécu comparé à la blonde écorchée ; elle ne voulait pas dire le contraire. « Y a rien qui changera mes erreurs, je peux pas corriger toutes les débilités que j’ai pu faire. Je sais juste que j’ai été catastrophique avec toi, on peut même pas appeler ça être une amie à ce stade. » Pas l’ombre d’un sourire triste ou d’une vaine tentative de dérider son interlocutrice. Olivia poursuivit, se préparant à reprendre une salve d’attaques. « T’as raison sur tout. Je vaux pas le coup, clairement. J’ai pas de parole, j’envie les autres sans jamais les égaler, et en plus, je suis trop faible pour pouvoir essayer de faire autre chose que de m’apitoyer sur mon sort. Je le sais, et crois-moi, j'étais persuadée que le jeu changerait ça. Mais je me suis trompée. Y a que moi qui peux changer ça, seule. » Elle baissait la garde sans lâcher les armes, et continua encore. « Et je suis égoïste, oui. Egoïste, incapable de te dire que … » Le nœud invisible, toujours présent, celui qui retenait tout, garda encore une fois pour lui ce non-dit tissé de fils blancs, cette chose impossible à formuler, murée entre ses lèvres obstinément apeurées par la vérité. « De te dire que je tiens à toi, et que même si tu me hais à mort je voudrais que ça s’arrange pour toi, je voudrais que t’ailles mieux. Je veux pouvoir faire ça pour toi. » C’était presque risible à entendre après tout ça, après toutes ces histoires immatures et ces conflits puérils. Mais c’était aussi vrai, même si ça ne ferait ni chaud ni froid à Lou, même si elle ne la pardonnerait pas avant un moment. Il faudrait faire ses preuves, il faudrait qu’elle soit patiente. Olivia était résolue à tout ça, mais si Louison refusait pour de bon, elle savait qu’elle devrait abandonner tôt ou tard et lâcher prise, oublier pour de bon cette fille qui pendant un temps, lui avait fait entrevoir la possibilité d’une vie un peu plus douce.



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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Jeu 13 Avr - 18:34
it ain't me
olivia & louison
Jamais elle n’aurait imaginé s'énerver autant sur quelqu’un et encore moins sur Olivia. Elle s’était sentie si proche et si connectée avec elle, qu’elle avait l’impression aujourd’hui de se tenir devant une parfaite inconnue. Leur amitié lui paraissait presque irréelle et n’avait plus rien à quoi s’accrocher. Louison était plus que jamais perdue et même si elle faisait bonne figure, on pouvait la voir se consumer peu à peu et chaque jour un peu plus rapidement. Les jours lui étaient sûrement comptés et elle ne pouvait s’empêcher de se demandé à quoi elle pourrait bien les consacrer. Jusqu’ici, elle avait toujours opté pour protéger ceux qu’elle aime, prêtant ses poings à ses amis, histoire de se sentir un minimum utile. Seulement, maintenant qu’elle ne pouvait même plus faire cela, elle avait l’impression d’être déjà morte et ne savait plus quoi faire pour occuper cet énorme vide. Elle perdait les pédales et étrangement Olivia ne semblait pas comprendre ce qu’elle leur reprochait concrètement. « Tu comprends pas ?! Vous comprenez rien ! Va falloir vous greffer un cerveau sérieusement ! » Il était évident qu’elle était dépassée par leur volonté de prouver qu’ils étaient capables de s’occuper d’eux, qu’ils pouvaient aussi se classer dans le rang des meilleurs joueurs, prouvait qu’ils étaient plus que de simples adolescent. Ils menaient tous une vie bien tranquille avant tout ça et si rien ne s’était passé, elle serait sûrement en train d’organiser ses prochaines vacances avec Dustin et elle aurait peut-être tenté quelque chose avec Olivia, même si cela sous-entendait se prendre un vent. Elle aurait à nouveau valider son année dans l’école dont elle avait toujours rêvé et surtout, elle pourrait serrer son frère dans ses bras en lui rappelant qu’il est tout de même un peu stupide. Seulement, pour elle si tout ça semblait être une évidence, il fallait croire que ce n’était pas le cas de ses amis et cela la blessait profondément.

Louison n’était plus celle qu’elle avait pu être avant et savait bien que ce n’était pas seulement la rancoeur qui parlait. La folie lui montait à la tête et d’après ce qu’elle avait lu sur internet, cela n’allait pas aller en s’arrangeant avec le temps. Plus ses vies allaient descendre, plus elle allait sombrer à l’image des aventuriers de Lovecraft. « Ce qu’il me prend ? Tu oses me demandé ça ? Pourtant c’est toi qui aime ce putain de jeu, tu devrais savoir ce qu’il se passe ! » Olivia devrait savoir que ce jeu n’était pas seulement dangereux pour ta vie, mais aussi pour ta santé mentale et si elle s’étonnait du comportement de la blonde, c’était qu’encore une fois elle avait bien mal jaugé la situation. Au final, elle n’était pas sûre de pouvoir réellement lui en vouloir pour ça, après tout elle verra bien quand son tour viendra. Seulement, ce n’était qu’un détail dans tout ce qu’elle pouvait lui reprocher et les belles paroles de la brune n’allait pas débloquer la situation. La blonde était tellement en colère que cela la rendait encore plus énervée et telle une cocotte minute, elle était littéralement à deux doigts d’exploser en plein milieu de la rue passante. A chaque phrase on pouvait voir un nouveau rictus sur son visage, tandis que ses poings se serraient sous la rage légendaire. « Tu vois ! Il est là le problème ! Tu fais tout le temps ta gamine à te rabaisser sans cesse. Un coup tu joues l’enfants et un coup d’adolescente en crise ! Tu veux qu’on te traite comme une grande ? Ok, bah comporte toi comme ça ! » Les mots étaient chargés d’amertumes, devant cette fille qu’elle avait autant aimé que détesté. Elle aurait aimé que la brune respect cette foutue promesse, si seulement elle en avait été capable, elles n’en seraient pas arrivées là -sur un pont à se disputer devant le regard impuni des passants.

Comment Olivia pouvait remettre en cause l’attachement qu’elle pouvait avoir pour elle, après tout ce n’était pas elle qui avait failli dans leur amitié. L’étudiante en cinéma avait tout accepté, tout pardonné et aujourd’hui c’était encore à elle de faire comme si de rien était, à elle d’accepter les erreurs des autres. Seulement, qui l’écoutait réellement ? Qui était là pour la soutenir quand ce jeu la tirait vers les abysses ? Absolument personne et surtout pas Olivia ou Dustin. Ils avaient été ses plus grandes déceptions et malgré tout ça, elle ne les avait jamais abandonné. L’ingratitude des deux lui donnait envie de tout casser et même les yeux humides de la brune ne pouvait rien y changer. « J’ai jamais rien dis, j’ai jamais bronché devant vos putains de crises d’égos et là tu viens me demander de ne pas sauter ? Tu sais quoi ? Je te demanderais pas ton avis si l’envie m’en prend. D’ailleurs tu sais quoi, je fais ce que je veux ! » Ses bras s'agitaient pour accompagner ses paroles, tandis qu’une sorte de sourire inquiétant se dessina sur son visage, alors qu’elle recula en direction de la barrière de sécurité.

Ses jambes enjambèrent la palissade, tandis qu’elle s’accrochait encore à la rambarde. Plus rien ne la séparait du vide et elle pouvait sentir son coeur s'accélérer en sentant le vide sous le devant de ses chaussures. Louison laissait parler la colère, ne raisonnant plus comme avant avec prudence. La plupart des gens s’arrêtèrent alertés par la scène. Certains dégainèrent leurs smartphones pour filmer, tandis que d’autres restaient immobiles, se demandant ce qu’ils devaient faire. Seulement, la blonde s’en moquait, trop préoccupée à regarder Olivia. « Comme ça, tu pourras jouer comme une grande avec ton grand ami Dustin ! Vous aurez personne pour vous déranger ! La belle vie hein ! » Son regard la défiait presque, tandis que le temps semblait presque s’être arrêté sur le pont du North Side.




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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Dim 30 Avr - 18:07
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Comment elles avaient pu en arriver là. Comment elles pouvaient en être réduites à quasiment se hurler dessus, sans même s’écouter l’une et l’autre. Un dialogue de sourdes, épais, étouffant, poisseux. Les torts et les rancoeurs s’étaient accumulés, tapis dans l’ombre, et maintenant ils prenaient la place qui leur revenait, centrale, pour les diviser une bonne fois pour toutes. L’une, prête à franchir la dernière limite qui ne lui offrirait aucun retour, et l’autre … perdue, paralysée, tétanisée par ce qui se passerait si jamais le drame devenait réalité. La culpabilité d’être fautive de tout ceci, la responsabilité d’avoir enfoncé quelqu’un si profondément dans le mal-être qu’il était déjà trop tard. Et plus que tout le reste, le constat irrémédiable qu’elle n’était pas foutue d’aimer quelqu’un sans le saccager à sa manière. Ce qu’elle avait toujours aimé et chéri chez Louison, elle s’était fait un malin plaisir de le lui mettre sous le nez comme autant de défauts.

Lou, elle, l’avait toujours acceptée telle quelle. Pour une fois, on ne lui avait pas fait comprendre qu’elle était bizarre, trop bizarre pour ne pas faire des efforts. Et passée la reconnaissance infinie, le filtre d’une jalousie étrange, ou quelque chose d’approchant, avait réussi à déformer les bonnes intentions de son amie. Louison ne voulait pas protéger les siens, elle voulait tout s’accaparer. Louison n’était pas gentille, elle était étouffante. Louison n’était pas idéaliste en voulant nuire au jeu, elle voulait juste retrouver l’équilibre normal des choses : une vie où elle serait toujours plus forte qu’elle, toujours dominante, toujours ascendante.

Mais tout ça, c’était des conneries. Une pluie de bêtise, un tissu de mensonges cousu par une paranoïaque en mal de confiance qui avait enfin sorti la tête de l’eau après des mois à s’enfermer dans une virtualité morbide. Le jeu n’était qu’un divertissement mortel pour tous ses adeptes, et il lui avait fait perdre le sens commun sur des repères pourtant évidents : Louison n’avait jamais voulu que son bien-être. Après avoir perdu injustement Tristan, elle ne voulait simplement plus revivre une énième tragédie. Sauf que tout en prenait la direction et que le Jour de l’Unité avait sonné comme une apothéose à cette redite inarrêtable. Si même Olivia, si même Dustin ne voulaient pas le comprendre, alors elle n’avait plus rien d’autre à perdre que sa propre vie.

Il avait fallu en arriver au point de non-retour pour qu’Oli réagisse. Mais à voir la jeune fille enjamber le rebord du pont, la sensation de l’échec était de plus en plus persistante. Et elle eut peur d’avoir échoué au fur et à mesure que la blonde s’époumonait, en proie à la folie – ça ne pouvait être que ça, ce n’était pas elle qui parlait. « Tu vas sauter pour me prouver que j’ai tort ? » Le chevrotement dans sa gorge peinait à se cacher. « C’est ça que tu veux ? Tu veux juste … te tuer pour montrer que t’avais raison ? » C’était absurde, grotesque et délirant. L’étudiante en psychologie aurait aimé découvrir que tout cela ne résultait que d’une mauvaise farce, que c’était une caméra cachée ou un scénario médiocre d’une série pour ados. Mais non. « Ca sert à rien Louison ! Je le sais déjà ! » Elle criait presque maintenant, levant les bras en signe de défaite, l’épuisement de celle à court d’arguments se lisant progressivement dans ses gestes, sa voix, son regard.

Et à présent Louison était passée de l’autre côté. Ses pieds étaient appuyés sur le rebord, ses mains encore accrochées au parapet mais pour combien de temps ? Les paroles d’Olivia n’avaient réussi qu’à l’éloigner encore plus. Est-ce qu’elle était capable de la fuir au point de lui préférer une mort certaine ? Au-delà d’un doute saisissant de cruauté sur la nature ternie de leur lien, c’était le doute qui prit le dessus à cette idée. Et si elle-même n’était plus une bonne raison pour que Lou comprenne l’importance de son existence sur cette Terre, Ollie se résoudrait à invoquer les autres – ceux qui trouveraient plus de grâce à ses yeux céruléens. « Tout ce que tu vas faire en faisant ça c’est faire du mal à tes parents, à qui tu vas enlever leur dernier enfant. Et tu vas lui donner raison, à ce jeu, et à tous les gens persuadés qu’il n’y a pas d’issue, qu’on doit tous y passer. Tu vas enlever sa meilleure amie à Dustin, tu vas enlever à ce monde quelqu’un qui doit y rester le plus longtemps possible. Ils ne méritent pas ça. » Ses iris noirs scrutèrent la blonde, espérant que cette fois-ci, l’électrochoc serait le bon. Si après tout même sa famille ne représentait plus rien pour la boxeuse, il n’y avait plus rien à faire d’autre qu’à prier pour que les secours arrivent, vite. Si tant était qu’un passant avait eu le bon sens de les appeler. Pitié, pourvu que le vice n’eut pas raison à ce point de la curiosité malsaine de tous ces gens, de tous ces joueurs potentiels que le suicide d’une gamine aurait, quelque part, naturellement arrangé. Depuis la naissance du Darwin’s Game, sauver la vie d’autrui n’était plus louable, mais cyniquement stupide.

Acte de bravoure irréfléchie ou mouvement de panique incontrôlé, à son tour la jeune fille s’avança vers la balustrade de fer. Ses doigts s’y posèrent, rencontrant avec un frisson le métal glacé et humide. « Si tu veux me punir et m’en vouloir toute ma vie et me faire payer pour tout ça, fais-le, de n’importe quelle façon, de n’importe quelle manière ! » Elle aurait aimé ne pas se laisser submerger par la peur qui l’habitait mais ses pieds, puis ses genoux légèrement tremblotants qui basculèrent par delà le rebord du Wabash Avenue Bridge. « Mais je t’interdis de mourir et je m’en fous que tu veuilles pas m’écouter, ou que tu veuilles pas faire ça pour moi. » A son tour, aux côtés de Louison, elle s’interdit de ne seulement penser qu’à la quitter du regard. Le vertige, les yeux des autres passants, tout ça ne devait pas terrasser les minuscules miettes d’inconscience qui la poussaient à faire tout ça. Olivia Kinsington avait toujours été une pleutre et une lâche mais il n’était plus possible pour elle à ce stade de continuer dans cette voie. « Je te laisse pas le choix : tu ne seras plus seule. » Elle n’avait pas besoin de baisser le regard vers le vide pour savoir que si elle n’y prenait pas garde, elle pouvait tomber pour de bon. Mais elle ne bougerait pas.



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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Jeu 4 Mai - 0:02
it ain't me
olivia & louison
Le vent soufflait fort du le pont et ses cheveux volaient dans tous les sens, rappelant tous les tourments qu’elle avait traversé. Louison était fatiguée, aussi bien physiquement que psychologiquement, si bien que plus le temps passait, plus elle doutait sur son espérance de vie. Bien sûr, elle se montrait toujours aussi téméraire dans sa volonté à survivre, mais commençait sérieusement à se demander pourquoi elle faisait tant d’efforts. Le temps avant qu’elle ne finisse six pieds sous terre était compté et intérieurement, elle avait déjà le sentiment que quelque chose était déjà mort. Le manque de ses amis, de son équilibre passé, de la chaleur humaine et enfin de la symbiose entre tous les éléments qui occupaient sa vie prenait de plus en plus de place dans son esprit. La nuit quand elle finissait par trouver le sommeil et qu’elle ne faisait plus de cauchemars, elle se retrouver à rêver d’un monde où ce jeu n’avait jamais existé et elle le trouvait étrangement divin. Seulement, ce monde n’existait pas et elle devait affronter l’ignorance et le rejet qu’elle subissait depuis presque un an. « Te montrer ce que ça fait d’être seule, te montrer ce que ça fait de perdre quelqu’un ! Que ce jeu c’est de la merde et que tu peux dire ce que tu veux, tu n’es pas prête pour ça, tu le seras jamais, parce que personne ne l’est ! » Un gout de vengeance dans ses propos, alors que son petit nez se plissait en regardant la brune. A chaque fois qu’elle lui avait dis qu’elle n’était pas prête pour ce monde, Olivia l’avait presque pris comme un challenge, alors que ce n’était qu’un constat. Personne n’était prêt pour ça, peu importe à quel point il était solide, vaillant ou dangereux. Ce jeu savait pousser chaque être humain dans ses plus grands retranchements –et savait mettre en difficulté absolument tout le monde.

C’est dans les situations les plus délicates que l’être humain se révèle réellement, laissant sortir ce qu’il garde enfermé à double tours dans la vie quotidienne. On avait tous un monstre en nous et Louison avait du mal à accepter cette part d’ombre qu’elle savait terriblement dangereuse en elle. Elle avait peur de pouvoir faire du mal à ceux qu’elle aime, de commettre l’irréparable en tuant quelqu’un dans ce monde. La réalité et le fictif se mélangeait de plus en plus, elle en était consciente et cela lui faisait infiniment peur. Ses hallucinations étaient de plus en plus fréquentes et elle ne savait même plus réellement quand elle était réellement là ou si elle était déjà dans le jeu. Bien sûr, elle avait déjà imaginé se tuer dans la vraie vie, mais elle n’en était tout bonnement pas capable et comme le disait si bien Olivia, elle ne pouvait point se résoudre à imposer cela à ses parents. Cependant, elle était réellement agacée de l’entendre de la part de Olivia. Louison estimait ne pas avoir de morale à recevoir d’elle. « Laisse mes parents en dehors de ça ! Puis Dustin se moque bien de moi et le monde aussi. Sinon je serais pas seule en train de devenir folle à cause de mes putains de vies qui descendent ! » Le chiffre quatre occupait ses côtes depuis déjà un petit moment, lui rappelant que la fin était proche, mais surtout qu’elle n’était pas assez forte pour ça.

Le vent frappait son corps de face, la plaquant légèrement contre la paroi, ce qui détendait légèrement ses bras. Le vide lui faisait peur, même si elle ne laissait rien paraître en extérieur, si ce n’est peut-être un léger tremblement dans la jambe. « Je suis morte des dizaines et des dizaines de fois, alors une de plus ou une de moins, ça change quoi ? » Dans sa colère, elle en avait oublié la foule, le bruit des voitures et toutes ses choses qui différencient la réalité du jeu. Une erreur qui pourrait bien lui être fatale, si elle s’entêtait à vouloir avoir sa revanche sur sa brune. Puis l’impensable arriva, Olivia passa à son tour la palissade, se retrouvant du même côté qu’elle, pour la dissuader de sauter. Louison n’avait pas la moindre envie de lui obéir. Si elle le pouvait, Louison les oublierait tous les deux, surtout elle qu’elle ne connaissait finalement que depuis quelques années. Seulement, elle en était clairement incapable, trop attaché à cette présence, qui l’avait autrefois tant apaisé. « Je veux juste trouver la paix. » Sa voix était distante, comme si elle parlait à une entité lointaine, comme si elle n’avait rien écoute de ce qu’avait la jeune femme. « Il t’en reste assez pour sauter aussi. » Elle le savait, Olivia avait encore des vies au compteur, si bien qu’elle avança ses pieds du bord, prête pour le grand saut.

Son corps se laissa doucement tomber vers l’avant, attiré par le vide et l’eau sombre qui se déversait de toutes ses forces sous elle. La chute allait sûrement être fatale, mais si ce n’était pas le cas, le courant se chargera de la terminer. Ses pieds quittèrent la base métallique du pont, jusqu’à ce que deux mains l’agrippèrent pour la tirer violemment du bon côté du pont. En moins de deux secondes, elle était de retour derrière la rambarde. Ses battements de cœur l’empêchaient d’entendre clairement ce que lui disait l’individu, qu’elle identifia comme un policier pour l’uniforme. Une foule s’était formée autour d’elles, guettant ce qui allait se passer. Elle bloqua, perturbée par la situation, se demandant ce qu’elle avait bien pu faire, ce qu’elle s’apprêtait réellement à faire et surtout ce que cela aurait pu entrainer. L’homme lui parlait, mais elle n’écoutait pas, tremblant légèrement, tétanisée par la peur et rancœur. Elle ne pouvait s’accepter un tel comportement de sa part, c’était tout ce qu’elle avait toujours regretté, sans parler que cette erreur aurait bien pu couter la vie de la brune. Une hésitation, alors qu’aucun son ne semblait vouloir sortir de sa bouche alors que l’homme essayait de la calmer.

Pétrifier, la blonde prit simplement ses jambes à son cou, courant le plus rapidement possible à travers la foule. Elle avait besoin d’air, besoin de fuir et de se défouler. Elle couru jusqu’à sentir ses poumons bruler, jusqu’à un endroit désert, les yeux et les joues humides. Louison se détestait, plus que jamais, ayant l’impression d’avoir définitivement passer la dernière frontière entre la normalité et la folie.





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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Lun 8 Mai - 15:42
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Dieu merci, Olivia n’avait pas le vertige. Ce n’était pas pour autant que la brune était particulièrement détendue ainsi perchée, avec pour seuls points d’accroche ses deux mains fermement agrippées à la rambarde. Mille choses pouvaient se produire : un pied qui glissait, un faux-pas, un mouvement un peu trop brusque ou un souffle de vent inattendu et c’était son équilibre qui basculerait, son corps qui finirait dans les tréfonds de Chicago River. Terminer sa courte existence de cette façon l’effrayait, mais son instinct l’avait défendu de fuir face à la gravité de la situation. Louison ne pouvait pas mourir, c’était impossible.

Elle ne voulait pas retrouver sa vie d’avant. Elle ne voulait plus de ces journées seule à ne rien faire, seule à attendre vainement que quelque chose la sorte de ce quotidien nauséabond d’ennui. Olivia voulait simplement retrouver ces jours transitoires où elle avait eu l’impression pendant quelques temps infimes et précieux de compter pour quelqu’un. Si Lou lui ôtait ça et se décidait à tout abandonner, il ne lui resterait que des souvenirs. Le pire, c’était que la boxeuse le savait. Elle avait toujours su où placer ses coups, même envers Olivia. Elle s’était seulement retenue depuis le début.

Une claque en plein visage, voilà à quoi se résuma la réponse chaotique de la joueuse à ses côtés. Les paroles de plus en plus décousues de la blonde ôtaient toute capacité de répartie à la brune, qui sentait tout espoir filer comme de l’eau entre ses doigts. Est-ce qu’elle délirait, ou est-ce qu’elle était coincée entre deux réalités, incapable de dissocier le fictif et le véritable ? Est-ce que c’était à ça que ressemblait la folie qui piégeait sournoisement chaque joueur dont le compteur frôlait peu à peu le zéro ? Vivre ses morts en jeu comme si elles étaient réelles, et croire en neuf autres chances de revenir dans la vraie vie. Prendre les siens pour des ennemis mortels, et le premier étranger pour une aide salutaire. Quelque part en elle, une sensation nauséeuse et effrayante lui serra la gorge. Si c’était déjà trop tard pour la raisonner, Olivia ne voyait que cette seule solution en espérant que quelqu’un leur vienne en aide, que quelqu’un dans cette maudite foule ait eu un peu de bon sens. Son regard alternait, cherchant de l’aide par-dessus son épaule, puisant tant bien que mal un peu d’instinct de survie dans celui de son amie. Aucune réponse, personne au bout du fil. Démerde-toi. « C’est la vraie vie, Lou ! C’est plus un jeu ! Si tu sautes, tu reviendras pas ! C’est pas ce que tu veux, tu le sais, tenta de marteler avec une conviction acharnée la jeune étudiante en psychologie. Tu te souviens ? Tu te souviens de ce que tu veux ? » Elle répétait les questions avec angoisse, priant intérieurement pour que la lucidité revienne hanter les iris bleutés de Louison. Consciente de sa fin plus que quiconque, il semblait que la jeune femme était la seule à voir la solution dans l’horizon, et cette fin de chapitre paraissait la rasséréner. Le calme après la tempête, illusoire. Cette victoire n’en avait ni la saveur ni le ressenti et pour cause, Olivia ne vit que trop tard les phalanges rougies de la blonde se desserrer lentement du rebord métallique.

« NON ! » Le hurlement fendit les airs, de ses yeux écarquillés de terreur coulèrent les premières larmes. Elle l’avait vue tout lâcher, tout quitter définitivement. Une seconde plus tard, et un bras masculin avait retenu le buste de Louison McKenzie contre le parapet. Son visage, blanc comme la mort et figé dans un état de choc hébété, ne réalisait que maintenant ce qui avait failli se produire – ce que l’irréparable choix commis aurait pu provoquer.

Ce fut en étant à son tour tirée en arrière, en sécurité sur les dalles bétonnées du Wabash Avenue Bridge qu’Olivia découvrit la voiture écarlate, la sirène aussi lumineuse que silencieuse qui balançait ses rayons d’un bleu électrique sur eux, les pompiers, la foule en mouvement curieuse et avide. Par chance, elles n’occuperaient peut-être qu’un entrefilet dans les faits divers, mais tout ce monde et tout le contrecoup de cette situation retombait sur les épaules d’Ollie brusquement, faisant naître dans ses poumons et dans sa gorge une boule de feu douloureuse, pesante, que seuls les larmes ou les cris pourraient parvenir à atténuer. Tout allait à nouveau très vite, trop vite. L’on s’enquérait déjà de son état, cherchant à savoir par quel motif d’inconscience deux gamines voulaient jouer à se faire peur au beau milieu d’une journée et en plein centre-ville. Ca n’avait pourtant rien d’amusant, s’apprêtait à répondre d’une voix hachée la brune quand son regard ne trouva en soutien à son témoignage rien d’autre que des visages anonymes et inconnus. « Où est-elle ? » Aucune réponse de la part de ses interlocuteurs, qui ne comprenaient pas davantage la nature de sa question que l’anxiété qui anima ses traits. Plusieurs mètres derrière l’homme du feu qui lui parlait et qu’elle n’écoutait déjà plus, l’ombre de Louison fuyait en avant, prise de panique. A peine assise, Olivia se remit déjà sur ses jambes, un brin chancelante, pour se faufiler entre les quelques personnes sans leur laisser le temps de réagir pour la retenir. « Laissez-moi passer ! » Mue par un réflexe qui profita à l’inattention passagère des individus présents face à elle, la brune joua des coudes, poussant sans aucune considération les rares personnes qui se trouvaient encore sur son chemin. Au loin, les pompiers ne tarderaient pas à les rattraper si elle ne les semait pas. Elle redoubla d’effort pour aller plus vite, tirant sur ses muscles endoloris, forçant ses dernières ressources d’énergie à s’épuiser pour pouvoir réduire la distance entre Lou et elle.

Si la condition physique de l’une lui avait permis de prendre de l’avance, l’autre pouvait miser en ce jour inédit sur le seul talent sportif qu’elle possédait, sa rapidité. Rattraper la blonde fut un jeu d’enfant en dépit de l’état de stress dans lequel elle était coincée, autant parce qu’elle devait être exténuée que parce qu’Oli ne lui accorderait plus la moindre chance de s’éloigner d’elle. A présent, elle n’était plus qu’à quelques mètres d’elle, et pouvait entendre son souffle erratique. « Arrête-toi … S’il te plaît. » Arrivée à sa hauteur, sa main attrapa son bras pour ne plus le lâcher, la tirant vers elle une bonne fois pour toute. Ce n’était pas la violence qui animait son mouvement mais la crainte d’être devenue si illégitime pour lui demander quoi que ce soit que la force physique était devenue la seule solution. L’instant d’après, la jeune hackeuse coinçait son amie entre ses bras, accrochée à elle comme une naufragée pouvait être suspendue au seul moyen pour elle de s’en sortir. « Plus jamais. » parvint à articuler la brune, le visage encore humide, tout son corps prêt à former ce rempart qu’elle aurait voulu plus solide et plus rassurant pour retenir son amie. « Ce que t’as dit sur le pont … Ce que t’as failli faire … » Elle hoqueta avant de reprendre, à bout. « Louison, tu peux pas continuer comme ça toute seule. T’as besoin d’aide. » Pendant quelques ridicules secondes, Olivia avait réussi à la garder contre elle et à parler à cœur ouvert. Cette demi-minute s’apparentait à une heure. Il ne faudrait pas beaucoup plus de temps à Louison pour recouvrer ses esprits et la repousser, mais ce ne serait que se voiler la face sur un problème qui avait pris des proportions démesurées.



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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Mar 21 Nov - 12:40
it ain't me
olivia & louison
Chaque pas semblait plus lourd que le précédent, tandis que sa gorge brûlait plus que jamais, peinant cruellement sa respiration. A bout de souffle et parfaitement désorientée, elle déambulait de manière totalement aléatoire dans les rues du West Side, sans jamais s’approcher de chez elle. Louison aimerait fuir le plus loin possible et pouvoir oublier toute cette dernière année qui venait de s’écouler. Tout depuis la mort de son frère semblait la mener doucement vers sa propre perte et si cet inconnu en uniforme ne l’avait pas sauvé d’elle-même, elle ne serait plus là. La folie s’emparait chaque jour un peu plus d’elle et s’il était désormais difficile de nier, il l’était encore plus de l’accepter. Sa plus grande peur devenait sa nouvelle réalité et elle n’était pas certaine de pouvoir composer avec. Alors fuit semblait être la solution la plus logique et efficace, bien que tout cela ne servait qu’à remettre le problème à plus tard.

Les larmes coulèrent sans qu’elle ne puisse les retenir, alors qu’elle continuait à courir de toute ses forces en direction de nul part. Sa gorge serrée l’empêchait de respirer et alors qu’elle envisageait d’abandonner sa course frénétique, une voix familière la rattrapa avec une facilité déconcertante. La course n’était définitivement pas sa tasse de thé, malgré sa condition physique plus que optimale. Olivia la suppliait de s’arrêter et même si la boxeuse refusa, elle fut rapidement forcé de le faire, quand une main lui agrippa le bras. Prise au piège et surtout incapable de se calmer, elle se laissa faire, sentant la chaleur de la brune l’étreindre, une première depuis bien trop longtemps pour elle.

Les pleurs arrivèrent rapidement, alors que la blonde craquait pour la première fois de cette manière, laissant tomber le masque de la fille forte et robuste. Jamais la brune ne l’avait vu pleurer ainsi, même pas après la mort de son cher grand frère et pour dire vrai, Louison aurait préféré que ce jour jamais ne vienne. Se montrer vulnérable n’était pas dans ses habitudes, encore moins face à des gens qui l’avaient blessé, comme celle qui la serrait dans ses bras. « J’en peux plus Olivia, j’ai jamais voulu tout ça... » Les mots peinaient à sortir, coincé entre sa colère et tristesse, tandis qu’elle se frottait les yeux, d’un geste incroyablement innocent. Avec ce jeu, on en venait à oublier que ce n’était encore que des enfants, perdus dans un monde apocalyptique, qui ne leur donnait rien d’autre que la mort pour se construire.

Si la blonde était définitivement dévastée, il n’en valait pas moins pour la hackeuse dont elle pouvait aisément sentir le coeur battre la chamade. Bien que la sincérité de la hackeuse était évidente, elle n’en venait pas pour autant légitime. Olivia aussi innocente pouvait elle apparaitre, n’en restait pas moins l’un des démons qui l’avaient poussé dans les entrailles des abysses, sans se poser plus de questions. Si pendant longtemps Louison avait accusé comme unique coupable le jeu, elle savait désormais que ce n’était pas le cas et que dans son enfer, ses amis en était pour beaucoup. S’ils avaient été capable de se comporter comme des amis et capable d’écouter ce qu’elle disait depuis le début, rien ne se passerait comme aujourd’hui. Alors quand Olivia parla d’aide, elle ne put retenir un léger rire, avant de se dégager de ses bras pour la regarder droit dans les yeux. « J’ai besoin d’aide, je sais. » Louison à l’instar de certains, n’était pas stupide et savait se rendre à l’évidence lorsqu’il le fallait. Elle ne contrôlait plus rien et si elle continuait ainsi, elle finira sûrement six-pieds sous terre avant la fin du mois.

Seulement, si elle avait définitivement besoin d’aide, elle ne comptait pas la demander à n’importe qui et surtout pas à ses bourreaux. « Je veux pas de la tienne, ni celle de Dustin. Laissez moi tranquille. » Les mots étaient durs, mais sincère. Laissant comprendre qu’ils étaient allés trop loin et que leur n’était plus aux réconciliations. Louison n’avait plus le temps de faire la part des choses et de vivre pour eux, elle devait se recentrer sur elle, et cela le plus rapidement possible. « Je.. Je suppose que tu as ce que tu voulais ? Ton espace à toi, pour devenir la meilleure, ce que tu as toujours voulu. » Ses mains tremblaient encore, tandis qu’elle s’éloignait doucement de la brune, se reprenant légèrement et se souvenant du chemin pour retourner chez elle. « Pour moi, tu l’étais déjà, mais il faut croire que ça ne te suffisait pas. » La conclusion frappa dans l’air comme un coup de tonnerre, tandis qu’elle lui tourna définitivement le dos, enterrant les souvenirs. Ce soir, elle racontera tout à ses parents, un moment qui sera sûrement difficile, mais nécessaire, en espérant ne pas trop les décevoir.




Tomorrow is another day, and you won’t have to hide away. You’ll be a man, boy ! But for now it’s time to run, it’s time to run ! Run boy run ! This ride is a journey to. Run boy run ! The secret inside of you. Run boy run ! This race is a prophecy. — WOODKID.
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MessageSujet: Re: It ain't me | Louison   Mer 22 Nov - 18:58
Who's gonna walk you through the dark side of the morning ?

feat. louison & olivia

Contre son corps, elle sentit les épaules de Louison se secouer au rythme de ses pleurs silencieux. Elle laissa les mots couler comme les larmes, sa parole tout à coup bloquée dans sa gorge. Olivia réalisa avec un temps de retard qu’elle arrivait plus naturellement qu’elle ne l’aurait pensé à tenir dans ses bras cette fille qui avait toujours paru plus forte que n’importe qui et prête à affronter le reste du monde à elle seule. Ses mains, hésitantes, finirent par frôler doucement, du bout des doigts, comme si elle touchait un feu brûlant qui aurait pu la dévorer instantanément les mèches blondes de la boxeuse.

Ollie aurait aimé que tout soit aussi simple à régler. Il ne fallait pourtant pas rêver, ce n’était pas une simple étreinte qui bouleverserait le cours des choses. Lou admettait qu’il y avait un problème, et la brune aurait du comprendre qu’elle faisait partie des raisons qui avaient poussé à bout la jeune femme. Son rire était tout sauf heureux tandis que la tiédeur de sa présence s’échappait de ses bras sans violence ni regrets pour s’écarter d’elle et la dévisager de la tête aux pieds. Louison la voyait enfin telle qu’elle aurait du la voir, soit comme l’une des fautives de cette situation proche du chaos.

Ni Dustin, ni elle n’auraient plus voix au chapitre à partir de maintenant. A force de vouloir jouer les indépendants, c’était tout ce qu’ils récoltaient. Olivia aurait pu, aurait du s’en mordre les doigts mais en son for intérieur, une sorte de résignation l’avait gagnée peu à peu et la paralysait sur place. Lou faisait une erreur, non pas en s’éloignant d’elle et de ces « amis » toxiques qui ne feraient rien de mieux que d’empirer son état mais plutôt en pensant que c’était l’objectif voulu depuis le début par l’étudiante en psychologie. Les mots trébuchèrent nerveusement sur ses lèvres. « C’est pas ce que je voulais … » Est-ce que la blonde ne s’en moquait pas un peu ? Au final, c’était ce qui s’était passé qui importait. Ce qui avait failli se passer.

Ses dernières paroles agitèrent quelque chose de profond et d’inconscient en Olivia, la mine blanche. Semblable au vertige effrayant qu’elle avait éprouvé face au vide pendant un court instant, le sentiment était à mi-chemin entre la culpabilité et la déception – celle d’avoir presque touché du doigt ce qu’elle avait espéré en silence sans même se l’avouer. « L-lou – » Impossible de dire quoi que ce soit pour la retenir, elle reculait, s’éloignait, la défiait du regard d’aller contre sa volonté. Lentement mais sûrement, la blonde était en train de faire une croix sur elle et Olivia était tout bonnement incapable de faire preuve de cran – ou d’égoïsme ?. Trop tard pour se rebeller, trop tard pour –ré-agir. Trop tard.

« Mademoiselle ? » La voix d’un policier – comme l’uniforme en témoignait – l’arracha à sa contemplation hébétée. Si l’homme âgé d’une trentaine d’années paraissait avoir compris qu’il n’aurait que l’une des deux responsables de l’attroupement qui avait eu lieu sur le Wabash Avenue Bridge, il ne laisserait pas pour autant tranquillement filer celle-ci. « Il va falloir nous suivre. Nous avons des questions à vous poser sur l’incident qui vient de se produire. » Son timbre sous-entendait qu’il n’y avait rien à craindre et Oli était prête à le croire sans insister, elle qui n’avait plus la force de lutter contre qui que ce soit.

Ses talons pivotèrent à contrecœur, Olivia abandonnant pour la dernière fois la silhouette lointaine de Louison. Un goût amer dans la bouche et la sensation d’avoir tout gâché lui vrillant le cerveau, la brune n’arrivait pas à prendre la mesure d’un fait certain et avéré qu’elle n‘intègrerait que bien trop tardivement : c’était sûrement la dernière fois que McKenzie et elle se parlaient de vive voix.



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